Roadtrip au Danemark 4: Copenhague

Notre périple nous emmène enfin à la capitale, Copenhague. Nous y passerons 3 nuits. Notre logement devient plus spartiate. Nous avons réservé dans un hôtel Cabinn. C’est une chaine d’hôtels, vous en trouverez plusieurs à Copenhague. C’est plus où moins le même prix qu’un bed and breakfast ailleurs, mais ça reste abordable scandinavement parlant. C’est petit, mais on ne peut pas les accuser de faire de la publicité mensongère en choisissant un nom pareil. Par contre c’est propre et les espaces sont optimisés. Cet hôtel nous a bien convenu et nous n’avons vraiment fait qu’y dormir. Nous avons payé le supplément pour laisser la voiture au parking et avons continué à vivre sur nos réserves pour ne pas payer le petit déjeuner.

Cet article sera vraiment trop long si je vous détaille les journées par le menu. Je vais donc vous faire un aperçu et insister sur les choses qui m’ont vraiment plu. Si je dois donner une impression générale, eh bien c’est simple, j’ai adoré Copenhague. C’est beau, calme, le vélo et les piétons sont vraiment rois ici. Il y a de nombreux parcs et comme il faisait beau nous avons énormément marché, plus de 20 km par jour, car oui c’est grand. Plus que ce à quoi je m’attendais. Lorsqu’on arrive à Copenhague, on traverse un pont. Je pensais que c’était un fleuve en dessous, mais non, c’est un énorme bassin d’eau douce qui ceinture le centre ville. Sur les berges piétonnes, à toute heure, on trouve des joggers, des gens qui vont bosser à vélo, promènent leurs chiens, des nounous qui trimballent des chapelets de blondinets dans de petits carrosses spécialement prévus et bien sûr des touristes. C’est absolument charmant.

Culturellement parlant, il y a énormément de choses à faire et si j’y retournais, j’aurais encore des choses à visiter. Je ne l’ai pas fait cette fois ci par manque de temps et par souci de ne pas exploser le budget. Je regrette un peu de ne pas avoir pris le pass pour toutes les attractions à Tivoli cependant. Voici une liste non exhaustive des jolies choses que nous avons découvertes :

  • Le Paludan Bogcafe : on commence par la « gastronomie ». Alerte bon plan ! C’est bon, copieux, pas cher et dans un cadre qui ravira les amateurs de livres et de hygge. Ce restaurant est situé dans une librairie de livres neufs et anciens. On fait la file pour commander au bar puis on s’installe et un serveur nous apporte notre commande. Nous y sommes allées deux fois, j’ai mangé un hamburger végétarien la première fois et une salade la seconde. A ne pas manquer, eau plate disponible gratuitement, un sans faute. Visitez leur site : www.paludan-cafe.dk

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  • Le château de Rosenborg : la résidence d’été de la famille royale, somptueuse et rehaussée par les magnifiques roseraies adjacentes. Nous n’avons pas fait la visite, mais l’extérieur valait déjà le coup.

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  • La relève de la garde à Amalienborg : la résidence de tous les jours de la royauté. Pour les amateurs, la garde est relevée tous les jours vers midi. Lorsque nous y étions, un gentil policier du cordon de sécurité se faisait un plaisir de répondre aux questions des touristes sur la vie des gardes, vraiment sympa !
  • La (longue, ce n’est pas du tout dans le centre) balade le long de l’eau jusqu’à la petite sirène et surtout le retour via le parc du Kastelet,. J’ai été étonnée par la taille de la statue. J’avais tellement entendu qu’elle était petite que je l’ai trouvée grande. Soyons clair, elle ne l’est pas vraiment. Elle a la taille d’une jeune fille de 14ans je dirais. A voir si vous voulez vous désespérer devant des groupes de touristes au minimum quadragénaires se comportant comme des adolescents en quête du selfie parfait au mépris de leur dignité, ah le tourisme de masse… Au retour, nous nous avons flâné (et reposé nos semelles fatiguées) dans le parc qui entoure le Kastelet, un ancien fort ceint de remparts en forme d’étoile à l’entrée duquel il y a une jolie église anglicane et une impressionnante fontaine.
  • Nyhavn : LA carte postale de Copenhague, ravissant… Nous avons dîné à proximité, un fish & chips sur un bateau/poissonnerie.

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  • La round tower : nous nous sommes laissées tenter par une ascension sans marches, sur un plan incliné en briques et en colimaçon, vue à couper le souffle sur les innombrables clochers de la ville, le pont de l’Oresund (le détroit entre la Suède et le Danemark qui est emprunté quotidiennement par des milliers de navetteurs) et les majestueuses éoliennes.

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Le fameux pont, au fond, et la Church of our Savior à droite
  • Tivoli : Le coup de cœur de mon séjour n’est pas une église, pas une merveille naturelle, pas un musée, mais un parc d’attraction. Je ne suis pourtant pas une adepte, je ne les ai jamais fréquentés, mais celui là m’a touchée au cœur. Il a 175 ans, est au cœur de la ville (ce qui n’était pas le cas lors de sa construction) et présente une délicieuse esthétique rétro et colorée. Les manèges d’antan côtoient les attractions à sensation fortes, les décors sont somptueux, tantôt asiatiques, tantôt arabisants. Rien n’est vulgaire. Il y a des concerts, un spectacle son/lumières/laser sur le plan d’eau tous les soirs d’été, une scène où on peut voit des pantomimes avec des personnages inspirés de la commedia dell’arte et, lorsque le soir tombe, la féérie n’a plus de limites puisque ce sont des milliers de lampions qui transforment le décor en rêve éveillé. J’ai été émue par un couple de californiens octogénaires qui nous ont raconté qu’ils étaient venus pour réaliser un rêve d’enfant du monsieur qui avait lu un article sur le parc lorsqu’il était à l’école primaire. Ils nous ont demandé de faire les attractions pour eux qui ne pouvaient plus et ne feraient que regarder. Un moment hors réalité pour moi, comme lorsque j’étais enfant et que je pouvais croire que le monde était comme dans mes rêves. A faire pour vous et refaire absolument pour moi. Cela a un coût, assez élevé, mais ça vaut la peine, je me demande comment cela n’est pas plus connu, je n’en avais jamais entendu parler avant de planifier mon voyage.

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  • La libre ville de Christiania : encore un endroit surprenant, je vous invite à aller lire l’histoire de ce quartier autonome de Copenhague. Une ancienne caserne militaire occupée puis finalement rachetée par une communauté hippie/anarchiste/post soixante huitarde après une lutte contre des investisseurs qui voulaient y implanter une zone résidentielle. Les habitants vivent ici selon leurs propres règles, vendent de la drogue dans la rue et ne se considèrent pas comme des citoyens de l’union européenne. Ca fait un peu trash et c’est vrai que je n’avais jamais vu de la drogue en vente ainsi comme au marché, mais c’est aussi coloré, je ne me suis pas sentie en insécurité et j’ai trouvé l’histoire de ces résistants passionnante. Ils étaient assoiffés de liberté et ont gagné contre Goliath. Aujourd’hui, les toxicomanes y cohabitent avec les bobos écolos et les vieux de la veille. A voir. Attention cependant, les photos sont interdites dans les rues où on « vend » et il est aussi interdit de courir. A bon entendeur…

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  • Church of our savior : à proximité de Christiania se trouve cette église au clocher reconnaissable puisqu’on peut l’escalader et que l’ascension se termine par un escalier qui tourne à l’extérieur du clocher. Je n’avais jamais vu ça. Comme nous avions déjà été dans la round tower, nous avons fait l’impasse. Par contre, nous avons admiré l’intérieur et notamment un des plus impressionnants orgues, en bois finement travaillé, que j’aie pu voir.
  • Malmö : Oui, nous sommes allées jusqu’en Suède, pour le fun, en prenant le train qui passe sur le pont de l’Oresund. Cela prend 36 minutes et c’est une expérience assez dépaysante. On se sent d’un coup très loin de chez soi, comme si on avait mis des centaines de kilomètres en plus entre soi et la maison. La ville en soi n’a pas un intérêt de fou, elle est mignonne. Depuis la construction du pont, les Danois plaisantent en disant que Malmö est devenu un nouveau quartier de Copenhague. Il y a un grand parc, un immeuble résidentiel construit par Calatrava (petit souvenir de Valence). Nous en avons profité pour manger un roulé à la cannelle, qui m’a rappelé mon séjour à Stockholm il y a 7 ans. Comme nous étions en fin d’après-midi et qu’elle ne voit pas tous les jours des gens qui viennent d’aussi loin (on s’était un peu perdue en zone résidentielle), la jeune fille du café nous a gentiment offert un invendu d’une autre variété pour qu’on goûte, à la cardamome si ma mémoire est bonne. Adorable de sa part et succulent !

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  • Le Jardin Botanique : pendant que S. visitait l’impressionnant musée de la ville de Copenhague, j’en ai profité pour faire un tour au jardin botanique. Je les adore, je ne peux résister à me promener dans les rocailles, lire les noms latins, admirer le travail minutieux des jardiniers. Il y a tellement de jolies images à emmagasiner. Je n’ai pas été déçue et bien sûr, le soleil était toujours radieux, quelle chance. Je n’ai pas visité l’intérieur, comme vous l’avez compris, mon programme est prêt pour un second séjour danois.
  • Cimetière Assistens Kirkegaard : c’est le grand cimetière monumental de Copenhague et j’y suis aussi allée seule, après le jardin botanique. Vous allez peut-être me trouver bizarre, mais enfant déjà, j’aimais visiter les cimetières, je jouais à me faire peur je suppose. Puis je me souviens avoir visité 3 cimetières, dont celui du père Lachaise, lors de mon premier séjour à Paris, comme une chasse au trésor à la recherche de mes auteurs favoris. En Scandinavie, ça m’a un peu repris. Les cimetières sont si différents d’ici, si apaisants, verdoyants et vivants. Les tombes sont décorées d’objets qui rappellent la personne, parfois les gens y posent un petit banc, des bricolages. Hans Christian Andersen et le philosophe Soren Kierkegaard (homophone du mot cimetière en danois vous constaterez) y sont enterrés. J’y ai rencontré et un peu coursé un écureuil roux (vivant). A l’entrée, les panneaux invitent les gens à profiter du cimetière comme d’un espace vert, avec respect et c’est ce qu’ils font. J’ai vu des gens qui y prenaient un bain de soleil, pique niquaient, y faisaient marcher leurs bambins pieds nu, jouaient de la guitare… Je me dis que le rapport à la mort doit sans doute être plus serein lorsqu’on importe la vie dans les cimetières…sujet d’étude intéressant.

C’est bizarre de conclure ainsi mon récit, mais c’est dans l’ordre chronologique le dernier endroit que j’ai visité à Copenhague. Ce fut ensuite la course effrénée pour revenir à l’hôtel et récupérer la voiture avant l’expiration de notre ticket de parking. Encore aujourd’hui, je peux dire que cette ville m’a marquée, je l’ai adorée. J’ai vécu un rêve éveillé de quelques heures à Tivoli, je suis rentrée chez moi en rêvant que rouler à vélo dans ma ville soit un jour possible comme à Copenhague. La quantité et la qualité des espaces verts (parcs, jardin botanique, cimetière) m’a impressionnée et pour ma part, cela compte beaucoup quand vient le moment de dire si j’ai aimé un peu, beaucoup ou à la folie une ville. Je vous laisse pour aujourd’hui, je pense avoir déjà été assez longue. Ce ne sera pas le cas avant longtemps, mais c’était difficile de se limiter. J’espère que cela ne vous a pas ennuyé et que vous aurez le courage de revenir par ici…

Séries, films, livres: mon top de 2017-18

Bonjour à tous et à toutes, en ce début d’année je vous propose un top de ce que j’ai aimé au cours des derniers mois. J’ai décidé de démarrer à partir d’octobre 2017 car c’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes bilans mensuels. J’ai aimé beaucoup de choses, je cible généralement bien ce qui me convient. Cependant je vais essayer de chosir. Les titres en gras sont ceux qui m’ont le plus marquée. Je ne vais pas redétailler tout, mais plutôt indiquer quelques mots clef qui vous permettrons de savoir à quoi vous attendre. Pour plus d’infos, je vous invite à parcourir mes bilans qui sont plus détaillés. Si vous ne savez pas quoi regarder/lire, à vos blocs notes.

On commence par les séries policières, un de mes genres favoris comme vous savez :

  • Happy valley : une série anglaise qui déboite avec une femme dans le rôle principal
  • Luther : série anglaise avec Idriss Elba, sombre et violence
  • Mindhunter : production netflix sur les débuts de la psychologie criminelle, tueurs en série, tirée d’une histoire vraie
  • Broadchurch : le top du top avec David Tennant, Olivia Colman et Jodie Whitaker, meurtre d’un enfant sur les côtes anglaises, un final incroyable
  • Casa de papel : est-il besoin de la présenter ?
  • Endeavour : mon chouchou, diffusé sur France 3
  • Line of duty : le top du top au niveau scénaristique, un vrai coup de cœur !
  • Bodyguard : un vétéran de guerre traumatisé est affecté à la protection de la ministre de la justice, terrorisme et suspense
Line of Duty season 4 finale: Ted Hastings star drops a ...
Les chasseurs de ripoux de Line of Duty

Séries dramatiques :

  • Poldark : Cornouailles 1770, ici aussi un gros coup de cœur pour les personnages, l’histoire, les paysages, amour, politique et vie rurale.
  • Les héritiers : saga familiale danoise autour d’un héritage, diffusée sur Arte
  • 13 reasons why : la série coup de poing qui parle viol, suicide et harcèlement chez les adolescents, dur mais nécessaire.
  • This is us : love love love !!! histoire d’une famille américaine qui mêle le présent et le passé. Impossible à résumer, mais tellement de belles choses et d’émotions !
  • Stranger things : pour les enfants des années 80 nostalgique des films de l’époque ou on résout des mystères en bande et à vélo. Surnaturel, suspense et humour au rendez-vous !
‘This Is Us’ Cast: Meet Chrissy Metz, Justin Hartley And ...
Les protagonistes de This is us à travers les âges

Comédies/formats courts :

  • The end of the f***ing wolrd: un adolescent psychopathe et une fille en colère font une virée pour échapper à leur vie, bijou d’humour noir et d’émotion.
  • New Girl: une série doudou sur une bande de colocataires déjantés à Los Angeles, emmenée par l’adorable Zooey Deschanel.
  • Grace and Frankie: avec Jane Fonda, deux femmes de 75 ans et + que tout oppose se voient contraintes d’emménager ensemble lorsque leurs mari respectifs les quittent et leur avouent leur homosexualité et leur futur mariage par la même occasion. Hilarant !
  • Lovesick: la recherché de l’amour à Glasgow au temps des MST. J’ai littéralement fondu !
  • Love : ici aussi, l’amour évidemment, sans fard, sans glamour mais authentique. Un bijou !
Love | Apaixonados por Séries
La rencontre de Mickey et Gus dans « Love »

Au niveau cinématographique, voici ce que je retiens :

  • 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh : la détermination d’une mère à découvrir qui a tué sa fille dans une petite bourgade de l’Amérique profonde.
  • Darkest Hour de Joe Wright : la vie de Winston Churchill et sa gestion du conflit mondial
  • Nos plus belles années de Sidney Pollack : un film de 1973 avec Barbra Streisand et Robert Redford au sommet de sa beauté. L’histoire d’amour contrariée entre un playboy et une militante communiste entre 1937 et 1950.
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent : le film qui m’accompagne dans ma prise de confiance et mon chemin vers une vie plus simple, responsable et durable.
  • 1900 de Bernardo Bertolucci (1976) : une amité entre deux garçons aux origines sociales opposées entre 1900 et 1945 dans l’Italie qui assiste à la montée du fascisme
Darkest Hour: Not Their Finest - Fort Worth Weekly
L’incroyable transformation de Gary Oldman en Winston Churchill

J’ai recommencé à lire davantage en 2018, j’ai donné une deuxième chance à certains livres et je ne l’ai pas regretté :

  • « L’attentat » de Yasmina Khadra : poétique et déchirant
  • « Dolce Vita » et  « Les nouveaux Monstres » de Simonetta Greggio : instructif
  • La saga « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante : chronique d’une amitié qui dure une vie dans les quartiers populaires de Naples, une écriture intime qui m’a happée, lu en italien.
  • « Rebecca » de Daphné du Maurier : un classique de la littérature anglaise, roman gothique fascinant et angoissant.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston : un essai absolument passionnant sur les rapports entre les sexes en occident
  • « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel : saga toscane, coup de cœur de cette fin d’année.
  • Les romans de Lars Kepler que je continue à adorer
22 best images about Manderley on Pinterest | Cornwall ...
Le célèbre incipit de « Rebecca »

Voilà, j’espère que cela vous donnera des idées, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos belles découvertes de l’année écoulée et si je vous ai donné envie de découvrir certaines choses. De mon côté, je vais poursuivre ces articles. J’aimerais regarder davantage de films, mais la production de séries est tellement intense et de qualité ces dernières années que j’ai regardé beaucoup moins de longs métrages. Je me suis en revanche tournée vers certains classiques et j’aime enrichir ma culture historique défaillante grâce au cinéma et à la littérature, surtout en ce qui concerne l’histoire de l’Italie et de l’Angleterre, deux pays chers à mon cœur comme vous l’aurez compris.

Roadtrip au Danemark 3: Helsingor et le château de Kronborg

Troisième étape de notre voyage au Danemark qui a duré même pas 10 jours mais qui s’étire durant des mois sur éclats d’âme. Nous décidons de visiter le château de Kronborg à Helsingor, ou Elseneur en français. Cela nous demande de faire un détour vers le Nord avant de replonger vers la capitale dans la soirée. Le château de Frederiksborg était également tentant, mais j’ai craqué pour Helsingor qui serait le château qui a inspiré Shakespeare pour écrire sa plus célèbre tragédie, Hamlet. Impossible à manquer pour une comédienne anglophile fan de l’auteur. Etonnement, il semblerait que Shakespeare n’ait jamais visité cet endroit, il n’a donc été inspiré que par des récits et des œuvres picturales pour donner un cadre aux tragiques aventures du fils du roi du Danemark.

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Cette visite, et cette journée en général, a été mon premier grand coup de cœur du séjour et je m’en rappellerai longtemps. Le soleil nous accompagnait toujours, il n’y avait pas trop de monde et l’endroit est tout simplement somptueux, en bord de mer avec vue sur la Suède. Le château est encerclé de canons car c’est l’entrée vers la mer Baltique et c’était il y a quelques siècles un important point de contrôle pour repérer les envahisseurs éventuels. Les navires marchands devaient également s’acquitter d’une taxe en passant, sous peine de se voir pris pour cible.

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Nous avons passé plusieurs heures à visiter ce merveilleux château, à contempler la Suède voisine du haut des tours et à écouter le ressac des vagues sur les galets en appréciant chaque instant dans ce cadre magnifique. Nous avons également bénéficié d’une visite guidée des appartements royaux, salles de réception et des sous sols où logeaient les armées en temps de guerre dans d’effroyables conditions. Il se raconte que les banquets duraient des jours et qu’un roi, je ne me souviens plus lequel, aimait faire tirer des salves de coups de canons. Les immenses fenêtres se brisaient alors parfois et les petites mains du château devaient s’employer à les remplacer durant le sommeil des puissants afin que les festivités puissent reprendre dès leur réveil. Imaginez-vous… J’ai également été émue en découvrant une pièce dédiée à une expo photo de portraits des comédiens et comédiennes venus jouer Hamlet lors de représentations au sein même de la forteresse au fil du temps, de Laurence Olivier à Jude Law, etc…

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vue sur la Suède

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Une fois cette enchanteresse visite achevée, nous dirigeons nos pas vers le centre ville. Nous marquons un premier arrêt près du centre culturel voisin du château et nous sirotons notre première limonade danoise en plein soleil avec vue sur de rutilants voiliers restaurés.

Nous poursuivons par une visite de la ville en suivant partiellement un sentier touristique tracé au sol. Après deux heures d’une balade qui nous envoie de la mignonnerie dans les mirettes en veux tu en voilà, nous retournons à la voiture et prenons la direction de Copenhague. Que de jolis souvenirs déjà engrangés alors que nous n’avons pas encore atteint la capitale…A suivre…

Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?

Roadtrip au Danemark 2: Roskilde

En route pour la seconde étape de mon périple danois. Ça prend du temps, mais distiller les récits durant plusieurs mois fait durer le plaisir. Et pour garder les détails frais en mémoire, j’ai écrit manuellement dans un carnet de voyage à mon retour. Ecrire à la main est vraiment quelque chose que j’apprécie et dans mon joli carnet, j’ai également collé des morceaux de plans, des tickets et des cartes de restaurants. Cela fait de beaux souvenirs. Bref, nous nous étions quittés à Odense. La seconde étape du voyage était Roskilde qui se situe sur une autre île. Nous avons quitté la Fionie pour l’île de Seeland et traversé notre premier vrai grand pont, appelé liaison du Grand Belt et long de 18 kilomètres. Ai-je besoin de mentionner que c’était assez flippant impressionnant ?

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Nous faisons étape pour deux nuits au BB Roskilde où nous sommes accueillis par notre hôte Robert. Le studio est conforme aux photos sur booking. Elle est située sous leur maison et dispose d’une petite terrasse arborée. Ambiance « hyggelig » à souhait. Salon, coussins, lits moelleux. Déco cosy et de bon goût, chaleureuse sans être chargée. Je me couche et poursuis la lecture de « Désaxé » de Lars Kepler, un polar nordique dont je parlais ici et qui permet de rester d’humeur nordique (et inquiétante).

Nous avons choisi Roskilde comme étape pour plusieurs raison : sa proximité avec Copenhague (pour l’étape suivante), sa cathédrale classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, son fjord et son musée des bateaux vikings.

Nous avons énormément marché durant notre journée de visite. Le temps est radieux. Nous descendons au fjord via un parc et de tranquilles quartiers. Ensuite, nous le longeons jusqu’au centre ville. Nous empruntons un sentier qui passe à l’arrière de jardins donnant sur la mer et je fantasme sur la vue que j’aurais d’une de ces demeures. Certaines disposent même de mini vérandas au fond du jardin et je m’imagine tellement y lire et siroter mon thé emmitouflée dans des plaids réconfortants en automne et au printemps lorsqu’il fait trop frais pour profiter de la terrasse. Quel rêve !

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Nous visitons le Musée des bateaux vikings. Comme à Odense, il faut prévoir un petit budget, mais la muséographie est très belle et le ticket nous donne droit à plusieurs visites guidées. On peut aisément y passer une demi-journée et les amateurs d’archéologie s’y retrouveront. Pour ma part, lire les panneaux m’a suffi à l’intérieur du musée et j’ai décroché de la visite guidée, mais j’ai beaucoup aimé celle proposée en extérieur. Là bas, un charmant guide spécialisé en archéologie expérimentale -ils s’attèlent à construire des bateaux en utilisant les techniques de l’époque- nous explique la démarche avec passion.

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Direction ensuite la fameuse cathédrale et ça monte, ça monte. Je ne la trouve pas magnifique de l’extérieur, mais l’intérieur regorge de merveilles à découvrir. C’est ici que reposent la majorité des monarques danois et le tombeau de l’actuelle reine est déjà prêt à l’accueillir, dissimulé jusqu’à son décès aux yeux du public par une installation assez improbable. A noter également une chaire impressionnante, un balcon royal aux motifs finement ciselés et l’horloge qui représente la scène de St Georges terrassant le dragon et qui s’anime toutes les heures, le dragon succombant dans un étrange cri/grincement. A l’étage, détail typiquement danois, les différentes étapes de construction-restructuration-agrandissement de la cathédrale à travers des siècles sont représentées sur des maquettes en légo réalisées par un passionné. Amusant.

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L’après-midi touche à sa fin et nous constatons qu’en ce dimanche la ville est déserte. Ironiquement, l’endroit le plus insolite que nous visitons sera le cimetière, premier d’une longue série. Je reviendrai sur ce point, les cimetières scandinaves sont tellement plus « vivants » que ceux de chez nous !

Nous redescendons vers le fjord et visitions un quartier de petites maisons typiques avant de rejoindre notre airbnb au prix d’une longue marche et d’une montée éprouvante. Comme nous avons fait le tour de ce que nous voulions voir, nous décidons de consacrer la journée du lendemain  à la visite du château d’Helsingør, au prix d’un léger détour  avant de rejoindre Copenhague dans la soirée. Suite au prochain épisode.

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Bilan culturel d’octobre

Bonjour,

Après une petite série d’articles sur le style de vie plus simple et les efforts écologiques que je fais, me revoici avec les découvertes culturelles du mois. Je pense que je vais alterner les articles ayant trait à des sujets de société, des réflexions et d’autres davantage axés sur l’art, la littérature et les voyages aussi.

Si vous souhaitez voir les articles précédemment écrits sur un thème donné, il vous suffit de cliquer sur les mots clé en dessous des articles et l’historique des articles qui y ont trait s’affichera.

Tout de suite, le bilan culturel du mois d’octobre. On commence avec les séries :

  • J’ai terminé les 3 saisons disponibles sur Netflix de Poldark et cela reste un grand coup de cœur. J’attends impatiemment la suite et je trouve que l’intrigue parvient à se renouveler en traitant toujours autant des intrigues sentimentales que de la réalité sociale de cette fin de 18° siècle en Cornouailles. Et Ross Poldark est l’un des personnages les plus charismatiques qu’il m’ait été donné de voir sur petit écran. A consommer sans modération pour les amoureux de l’Angleterre et des séries en costumes historiques.

"I would rather fail fighting than throw up my hands and wait for the end."--Ross

  • Dans la même veine, je me suis lancée dans la série Outlander. Le pitch est simple : à la fin de la seconde guerre mondiale, un couple de jeunes mariés anglais se retrouve en Ecosse. En touchant des pierres dressées où se tiennent des rituels ancestraux, Claire, la jeune femme, se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18° siècle, terre de clans qui lutte contre les anglais. Là bas, elle rencontre un séduisant Highlander, mais se retrouve aussi face à l’ancêtre vicieux et sans pitié de son mari du 20° siècle. La série est un peu beaucoup à l’eau de rose et assez sulfureuse, pas mal de scènes chaudes et de scènes sanguinolentes aussi. Les paysages écossais sont fabuleux et la plastique de Sam Heughan également. On est emportés, mais le scénario n’est pas fou fou, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du couple qui affronte 1000 dangers et doit les surmonter. Par contre, aucun développement, en tout cas dans la première saison du thème du voyage dans le temps. On apprend au cours de la saison que le personnage de Claire n’est pas le seul à avoir fait cette expérience, mais je reste sur ma faim. Néanmoins, je compte continuer à regarder cette série parfaite pour les longues soirées d’hiver. Par contre sur netflix Belgique, seules deux saisons sont disponibles alors qu’il y en a 4 sur netflix France, quelqu’un connait il la cause de cette injustice ?
  • Sur ARTE, j’ai regardé la seconde saison d’une série danoise qui s’appelle « Les Héritiers» et qui est absolument excellentes pour ceux qui aiment les séries nordiques mais veulent autre chose que des polars ou si vous aimez vous plonger dans les sagas familiales et leurs secrets. La série aborde ici le thème de la fratrie, une fratrie adulte qui se retrouve à gérer le patrimoine de la mère lorsqu’elle décède. Entre l’enfant caché, le père hippie, gentil mais inconsistant, le névrosé dont le père s’est suicidé, celle qui dirige tout et le petit dernier, on peut tour à tour éprouver de l’empathie ou de l’agacement pour chacun d’eux. C’est assez intense (voire violent) émotionnellement, mais j’ai aimé le fait que malgré les conflits et les trahisons, cette famille possède quelque chose de très fort, un héritage familial à la fois lourd et merveilleux qui les unit. Passionnant. A voir s’il y aura une saison 3. Les deux premières comptaient je pense chacune 8 épisodes de 50 minutes plus ou moins.
  • Au rayon comédies à regarder en faisant du sport ou en repassant (doublé en français et d’une durée de 25 minutes plus ou moins), j’ai terminé New Girl, pas trop accroché à Kimmy Schmidt et quasi fini Grace et Frankie. J’ai donc entamé The Good Place, l’histoire d’une jeune femme qui arrive au Paradis (appelé le bon endroit) lors de son décès et à qui l’on explique que c’est un privilège qu’on n’octroie qu’aux gens exceptionnellement bons, altruistes et désintéressés, les autres finissant au mauvais endroit. Le problème c’est que la protagoniste se rend immédiatement compte qu’il y a une grosse erreur de casting, elle qui a mené sa vie de façon égoïste et superficielle. Cependant, par crainte de se retrouver projetée au mauvais endroit, elle va tout faire pour cacher cette méprise et s’atteler à devenir une bonne personne. La série fait le job sans être exceptionnelle. On sourit sans rire aux éclats. Il y a aussi un peu de suspense. Parfait en pédalant ou en repassant des chemises.

Au niveau des lectures, j’ai lu « Les nouveaux monstres » de Simonetta Greggio, qui n’est autre de la suite de « Dolce Vita », dont j’avais parlé ici. Cette lecture m’a énormément plu, mais je suis consciente que c’est sans doute parce que je m’intéresse à l’histoire et que j’ai vécu deux ans en Italie. Si le sujet vous tente et que vous aimez comme moi apprendre sans toutefois avoir le courage d’ingurgiter de classiques et/ou fastidieux livres d’histoire, ces romans sont pour vous. Celui-ci s’attache à la période qui va de 1978, l’année de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, et poursuit jusqu’en 2014 en nous contant les années de plomb, le monstre de Florence, la bande de la Magliana et en dénonçant les collusions entre le Vatican, l’état italien et la Mafia. Le tout mis en parallèle avec les secrets de famille des deux narrateurs, le destin national se mêle aux destins personnels des membres d’une famille. Passionnant et extrêmement bien construit.

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Enfin, j’ai assisté à une représentation du « Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène du grand Denis Podalydès, le tout dans la magnifique salle du Théâtre de Liège. Tout était réuni pour une soirée d’enchantement : le texte de Marivaux, l’une des plus belles langues qu’il m’ait été donné d’entendre (un peu dur de se faire l’oreille au début, mais en 10-15 minutes on s’habitue et ça coule comme un nectar dans l’oreille), la scénographie qui m’a fait penser au bayou louisianais (mais peut-être juste à moi), le cadre et les acteurs. Si le spectacle passe près de chez vous, courrez-y. Même si vous n’êtes pas fan de théâtre, cela vaut la peine de se risquer à un classique et d’en prendre plein les yeux, juste pour voir si vous n’aimez vraiment pas ça. Moi en tout cas, c’est pour des moments comme cela que j’ai l’impression que la vie vaut d’être vécue, magiques et hors du temps.

Et vous qu’est-ce qui vous a distrait ou fait rêver?

Bilan culturel de février et mars : entre féminisme, Histoire et poésie

Je peine à maintenir le cap et la régularité sur mon blog. Pas que je ne vive rien d’intéressant à raconter, au contraire. Je m’astreins à beaucoup de discipline sportive et théâtrale (avoir étudié un minimum avant de me présenter aux répétitions) et je suis frustrée car j’ai tellement d’objectifs parallèles, mais je suppose que la procrastination fait partie de moi et que j’aime bien aussi être vautrée sur mon canapé. Voici que nous sommes en route vers le solstice d’été et que la clarté me donne le courage, entre une séance jambes à la salle de sport et un épisode de mon bien aimé Endeavour Morse, de m’attabler et de pianoter sur mon clavier.

Voici donc ce que j’ai consommé ces deux derniers mois :

Séries : la saison 2 de Grace et Frankie, la saison 1 de Lovesick, la saison 2 de Stranger Things, la saison 1 de la Casa de Papel, 7 seconds , Collateral, One of us et Requiem. Les 4 derniers titres sont des coproductions anglaises de netflix (sauf Seven Seconds qui est américaine). Le format est la mini série (entre 4 et 8 épisodes) et, mis à part Requiem qui appelle une suite, il n’y aura pas de saison 2. Peu de comédie, beaucoup de drame, de suspense et de tension dans ce binge watching hivernal. Ce qui ressort du lot c’est :

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  • Lovesick !!!! Le pitch – un mec avec une MST forcé de recontacter toutes ses conquêtes sexuelles – ne m’emballait pas plus que ça. Puis j’ai lu un article sur Madmoizelle et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et effectivement, pourquoi s’en priver ??? Ca se passe en Ecosse, ça parle d’amour et d’amitié, le héros (celui qui a la MST donc) est cute à se damner, et cet humour sarcastique….what’s not to love ? Le seul problème c’est que c’est trop court, 3 saisons rikiki à ce jour. Je me suis freinée et n’en ai regardé qu’une seule pour pas être en manque après. Go watch it !
  • La saison 2 de Stranger Things…faut il vraiment une explication ? Bon ok : bande de gosses pas farouches, années 80, nostalgie, monstres…excellent ! Sean Astin I love you !
  • La Casa de Papel : à trop trainer, maintenant tout le monde en parle, mais, quand je l’ai regardée, c’était pas comme ça. J’ai trouvé cette série en cherchant quelque chose à regarder en Espagnol pour rendre mon apprentissage sur Babbel plus vivant. Et comment dire ? Quel suspense, quelle originalité scénaristique, quel sens du détail et que de charisme (el Profesor te quiero…oui j’ai un homme dans chaque série, l’intelligence me séduit toujours). On se demande où cette histoire de prise d’otage dans la Maison de la Monnaie espagnole va nous emmener. On le saura demain puisque la seconde partie débarque sur Netflix. Ce sera la fin, on imagine mal une suite à une histoire de prise d’otage qui se termine et c’est sans doute mieux ainsi.
  • Dans les mini séries, j’épinglerais 7 seconds (dont je n’ai pas saisi le titre) pour son traitement périlleux et délicat de la question raciale aux USA (un thème qui revient dans beaucoup de séries et de films, ce qui est à la fois bon signe (on arrête de nier) et mauvais signe (ça n’a jamais été réglé) je suppose. En second, je dirais One of Us…je suis biaisée sans doute on me donne l’Ecosse, un double meurtre et un quasi huis clos familial et count me in ! C’est bien ficelé à nouveau mais c’est triste, je vous avertis.

Un documentaire : Secrets d’histoire « Les démons de Michel-Ange ». J’avoue, j’aime bien Stéphane Bern et puis ça m’a rappelé pas mal de souvenirs de ma vie en Italie. En ce moment, je ressens le besoin d’approfondir mes connaissances en histoire. Je n’étais pas réceptive ado et on ne me l’a, je pense, pas très bien enseigné. Je le regrette un peu maintenant et, moi qui aime me tenir au courant de l’actualité, je me sens très souvent extrêmement peu outillée pour comprendre les enjeux du monde moderne. De la lecture pas trop lourde à me recommander ?

J’ai pris le temps de lire 2 romans : « La maison du sommeil » de Jonathan Coe et « L’attentat » de Yasmina Khadra.

Le premier m’était tombé des mains il y a deux – trois ans et là, je l’ai lu en quelques soirs. Comme quoi c’est parfois une question de timing. Mes timides pas vers le minimalisme m’ont incitée à faire le tri dans ma bibliothèque et j’ai bien fait de donner une seconde chance à la maison du sommeil. Il y a pas mal de suspense et il faut un peu se concentrer car l’intrigue se déroule à deux époques différentes (un chapitre sur deux). Le twist final est inattendu, une fois de plus Coe ne fait pas dans la sobriété et aime les personnages absolutistes (un peu absurdes aussi). Son meilleur roman reste toutefois « Testament à l’Anglaise », saga familiale tourbillonnante et sidérante sur fond de tatchérisme.

J’avais déjà lu plusieurs livres de Jonathan Coe, mais encore jamais Yasmina Khadra, pourtant habitué des éloges du monde littéraire. Khadra, comme son nom ne l’indique pas, est un homme et Yasmina Khadra est un pseudonyme composé en réalité des deux prénoms de sa femme. C’était à la fois nécessaire (car il a servi dans l’armée pendant 25 ans) et révolutionnaire (quel acte féministe pour un algérien, je vous invite à aller lire ce qu’il dit de sa femme et ce qu’elle dit de lui, ça vous redonnerait foi en l’humanité). Je ne m’exprimerai pas sur la question israélo palestinienne, je n’ai pas eu la sensation de lire un ouvrage démagogique, même si la neutralité absolue n’existe pas. Bien sûr un tel roman ne peut qu’être politique, mais ce n’est pas ici son essence même. J’ai avant tout lu une histoire d’amour, une histoire d’amour qui se fracasse. J’ai lu une quête. J’ai lu l’histoire d’un homme qui perd tout ce qu’il a passé sa vie à gagner en fonçant aveuglément dans une seule direction en omettant de regarder en arrière de temps en temps. J’ai lu l’histoire de peuples qui avaient tout perdu et des fractures irrémédiables infligées à leur histoire et à leur dignité. J’ai lu de la nuance qui évitait la complaisance. Et plus que le fond, c’est la forme qui m’a séduite. Quel travail d’orfèvre et quelle puissance poétique. Ca chamboule et l’espace d’un instant, j’ai frôlé la sensation d’y être. Assurément je lirai d’autres livres de Yasmina Khadra.

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J’ai aussi vu 3 films au cinéma : « Wonder Wheel » de Woody Allen, « The Post » de Steven Spielberg et « Darkest Hour » (« Les heures sombres ») de Joe Wright. Je me suis beaucoup questionnée sur ce que signifiait pour une personne qui se dit féministe, d’aller voir un film de Woody Allen. Ses acteurs ne savent trop sur quel pied danser face aux accusations portées contre lui. La polémique suite à la couverture des Inrocks figurant Bertrand Cantat m’a amenée à me poser beaucoup de questions : si j’y vais, est-ce que je cautionne ? Peut-on aimer l’œuvre et mépriser les actes de l’homme ? A-t-on le droit de refuser à un homme, au nom de la décence, de s’afficher alors qu’il a purgé sa peine ? Est-il légitime d’exiger de lui une disparition plutôt qu’une réinsertion ? Le cheminement est toujours en cours et c’est l’important je pense, se poser des questions. Je n’écoute pas Bertrand Cantat, mais je suis allée voir « Wonder Wheel », l’atmosphère et est et Kate Winslet est tout bonnement au top, mais ça reste du Woody Allen sans trop d’inventivité, on sait où il va. Mais l’ambiance rétro et les couleurs de la fin de l’été dans une station balnéaire de la côte est en font tout de même un bon moment. Nous nous sommes tout de même demandées qui se moque de qui lorsque le personnage joué par Kate Winslet accuse son mari d’avoir un intérêt anormal (je ne me souviens plus des mots) pour sa propre fille (belle fille de Kate donc). Pied de nez à l’actualité ? Il faut oser ? Et convaincre une actrice de cette envergure de le jouer… A moins qu’Allen ne profite de cette réplique pour glisser une attaque plus directe à Mia Farrow , accusée d’avoir instigué ses enfants contre lui… Le saurons-nous un jour ?

« The Post » et « Darkest Hour » combinent un ensemble d’éléments appréciables qui les rendent difficilement criticables :

  • Des performances oscarisables et oscarisée pour Gary Oldman (qu’on ne reconnait tout simplement pas, big up au maquillage aussi)
  • On y apprend des choses, confer ce que j’ai dit plus haut
  • C’est compliqué au début, mais les éléments de compréhension de qui est qui nous sont distillés de sorte qu’on s’y retrouve avec un minimum de concentration
  • Du féminisme pour Meryl Strip
  • Tom Hanks a davantage de charme en vieillissant, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, malgré ce qu’on en dit !
  • Ces scènes au parlement anglais…ça vous prend aux tripes et je sais déjà que je visiterai l’endroit où se tenaient les réunions du cabinet de guerre de Churchill lors de ma prochaine escapade londonienne.
  • Voir Ben Mendelshon (Danny dans Bloodline) en George VI m’a fait plaisir et ses scènes avec Gary Oldman m’ont donné envie de revoir « A King Speech » (avec Colin Firth dans le même rôle faut il le rappeler) à la lumière de ce film ci. Ils devraient faire un coffret dvd si ça existe toujours…

Voilà, c’est tout pour le moment. Long et digressif, mais ça fait toujours autant de bien de ne pas juste laisser les choses filer mais de fixer ce qu’on a apprécié et qui mérite qu’on en laisse une trace. Je pense qu’en fin d’année, je ferai mon propre palmarès de découvertes toutes catégories…