Sport: mon rapport à la performance et à la motivation

Hier (à l’heure où j’écris ces lignes), dimanche 24 novembre, je suis allée courir dans la grisaille de l’après-midi et c’était assez facile. « J’étais facile », « j’avais de bonnes sensations », comme on dit dans le jargon des runners et plus largement des sportifs. J’ai couru 10 kilomètres, je me suis forcée à démarrer lentement, j’ai tenu le tempo et j’ai même pu accélérer à la fin. Je n’ai pas été vite, je l’ai fait en 1h09. Mais j’ai eu du plaisir.

Après une adolescence très sportive, mon rapport au sport a été fluctuant, teinté de culpabilité. Je m’entrainais en dent de scie à la course et c’était très décourageant de constater que mon niveau baissait rapidement si je m’arrêtais. A l’été 2016, après un arrêt de travail de 3 mois dû à une anxiété importante, je me suis réinscrite en salle de sport. J’ai commencé à faire un peu de tout, du pilates, du hiit, du cardio, des machines aussi. J’y vais 3 fois par semaine depuis tout ce temps et cela me fait un bien fou. Je me sens beaucoup moins anxieuse, je décharge colère et frustrations lors de mes séances s’il y a lieu, mon sommeil est meilleur, je suis moins fatiguée et je me sens plus forte et plus fière de moi. Beaucoup me disent qu’ils n’ont pas la motivation.

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Moi aussi trop souvent, j’ai fait l’erreur de croire qu’il fallait être motivé. En réalité, il faut être discipliné. Je me souviens qu’adolescente, les gens pensaient que j’aimais étudier…hum. Non, il s’agit d’avoir un but et ne pas le lâcher. Mon but n’est pas d’être motivée, mon but est de tenir pour toutes les raisons et bénéfices que j’ai mentionnés ici au dessus. Je mets mon sac de sport dans ma voiture et je ne repasse pas par mon appartement avant d’avoir été m’entrainer. Sinon je sais que c’est foutu. Quand je zappe systématiquement un exercice, je le remplace par un autre qui me plait davantage. L’idée, dans des semaines bien chargées, n’est pas de ne faire que souffrir.

Choisir ses contraintes, c’est pour moi la clef. Je suis quelqu’un qui n’aime pas se voir imposer des contraintes externes (comme la plupart des gens me direz-vous), mais j’ai développé un caractère qui fait que je sais m’en imposer pas mal. Pour cela il faut bien les choisir. Je suis également quelqu’un qui sait souffrir ou en tout cas persévérer malgré la douleur. Ca parait bizarre dit comme ça, mais avoir fait du sport plus jeune m’a aidée à me forger un mental, à ne pas m’arrêter, à me répéter sans cesse que la fin justifie les moyens, que la fatigue n’est pas une excuse, que les règles ne sont pas une excuse et que le froid n’est pas une excuse. De même lorsque mon anxiété revient, elle a beau me paralyser, je finis toujours par me révolter et reprendre le dessus. Depuis trois ans, j’ai réussi à aller rechercher tout ça au fond de moi et les résultats sont là.

Pourtant, je ne suis pas prédisposée à performer. J’ai un souffle au cœur (découvert lors d’une opération à 17 ans) et si ce n’est pas dangereux, le cardiologue m’a dit que cela n’aidait pas non plus à se bâtir un cardio de fou et qu’il était bon de m’entrainer. A la montagne cet été, j’ai pu constater que j’étais pas mal, que mon corps endurait sans trop se plaindre et comme j’en parlais dans cet article, ça m’a fait énormément de bien. Car je suis aussi exigeante et, si je m’entraine, c’est aussi pour pouvoir en demander plus à mon corps, pour qu’il m’obéisse et qu’il supporte mes défis. Cet été, j’ai recommencé à courir plus régulièrement hors de la salle et à présent, je suis passée à deux entrainements en salle et une sortie le weekend. Pour la première fois ce weekend, j’ai vraiment pris du plaisir sur 10km. Aussi parce que je me suis forcée à ne pas partir trop vite. Vers la fin, cependant je me suis dit à plusieurs reprises « ok tu pourrais accélérer » ou « pourquoi pas tenter d’en faire plus que 10 » puis j’ai choisi de m’arrêter à 10 alors que j’étais encore « bien » et que ce bon souvenir allait s’imprimer dans mon corps et l’encourager lors des prochaines sorties.

J’ai trop souvent cette tendance à toujours vouloir m’améliorer et je suis toujours découragée lorsque mes efforts de paient pas, trop impatiente sans doute. Je suis compétitrice et j’ai toujours eu peur de me décevoir. Cela m’a conduite à ne pas faire de compétition plus jeune au grand désespoir de mes entraineurs. Il y a des choses que je n’ai jamais osé faire et que je n’ose toujours pas faire par crainte de l’échec ou plutôt par exigence de résultat. J’aime être bonne et si c’est possible d’être la meilleure, j’aime encore plus. A l’école secondaire, je me mettais une pression de dingue. Mais là, j’ai décidé de ralentir. Je ne courrai sans doute plus jamais comme je courrais à 16 ans. Mais je cours mieux qu’il y a 6 mois et si je continue, je courrai encore mieux dans 6 mois. Je n’ai pas de temps à faire, je ne prépare pas de compétition, je veux juste me faire plaisir et me dépasser. Peu importe finalement que ce soit de passer de 1h30 à 1h15, de 1h10 à 1h05 ou de 55 min à 53. L’important c’est de ne rien lâcher.

Bon je cours pas (ça fait mille ans que je dois me mettre au sport ... ahem) mais j'aime beaucoup cette citation. Parce que quand on se lance dans quelque chose au début on n'est pas forcément le meilleur souvent même on est un peu mauvais. Mais au moins on a le mérite d'être entré dans la course et d'y aller au lieu de rester dans son canapé. Alors aujourd'hui force et courage à ceux qui débutent qui sont encore loin de la ligne d'arrivée mais qui se donnent à fond ! On a tous été le dernier quelque part et avec les années on revoit ces débuts difficiles avec tendresse #frenchquote #citationdusoir #pensées #proverbe #developpementpersonnel #citationdujour

Voilà, cet article est un peu décousu. Ca tournait dans ma tête hier alors que je rentrais chez moi en marchant après ma séance et j’avais envie de le déposer. Parce que ce rapport à l’effort, à la souffrance et à la performance est quelque chose qui a coloré et colore toujours ma vie, tantôt de couleurs flamboyantes, tantôt en noir lorsque ça devient trop. Au final, je suis peut-être en train de trouver un équilibre, du moins jusqu’à la prochaine vague. Je pense qu’en définitive, nous avons tous besoin de nous dépasser et d’avoir des buts. Pour y arriver, avoir des routines et une certaine discipline est important. Les résultats suivront alors toujours, mais ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas (tout de suite) à la hauteur de ce qu’on espérait qu’il faut tout abandonner. Il y a toujours des bénéfices collatéraux (pourquoi parle-t-on toujours de dommages collatéraux et jamais de bénéfices ?) qu’il ne faut pas négliger.

Peut-être personne ne lira-t-il cet article, peut-être répondra-t-il aux interrogations de ceux qui se demandent comment rester motivés, peut-être aussi en aidera-t-il certains d’entre vous. Moi en tout cas, je suis contente de l’avoir écrit, sans obligation qu’il plaise. J’aimerais aussi écrire sur l’anxiété, mais je n’ai pas encore trouvé mon angle d’attaque. Personnel ou scientifique ? Un avis ?

Keep your digital wallpaper looking fly with this sweet Frida Kahlo quote.

Wish list pour un Noël plus responsable

Bonjour à tous,

Les fêtes approchent et, bien que ce soit une période que j’adore (voir mes articles des autres années ici et ), je suis de plus en plus effarée par la frénésie qui les entoure. Black Friday, razzias sur Amazon, stress des cadeaux et déception… Personnellement, je fais peu ou pas de cadeaux à cette époque. Ce n’est pas une tradition dans ma famille. Cela me permet de ne pas courir dans tous les sens, de ne pas surconsommer et participer à un système complètement fou, mais aussi d’économiser car, scoop, ne pas acheter, c’est toujours moins cher que d’acheter au black Friday.

Ce n’est pas pour cela que je n’ai jamais envie de rien, je suis humaine. J’ai décidé de compiler une petite liste de choses qui me font envie ou dont j’aurais besoin. Peut-être m’en offrirai-je l’un ou l’autre. Dans cette liste, vous ne trouverez pas de liens vers Amazon ou vers les grandes enseignes. J’ai envie de soutenir les artistes et artisans, les démarches respectueuses de la planète et du travail, ainsi que les cadeaux immatériels.

Je commence donc :

  • Un bijou en bois de chez Layla Amber : j’adore l’univers fleuri et forestier de cette artisane anglaise. J’ai déjà eu la chance de recevoir pour un anniversaire ce collier et je craquerais volontiers pour une pièce plus automnale. Tout est peint à la main et fabriqué en Angleterre.

  • Un bijou de chez Eclectic Eccentricity : autre marque anglaise, uniquement gérée par des femmes. Inspirée par les astres et la nature pour une touche originale. Pour ne rien vous cacher, je me suis commandé une paire de boucles d’oreilles et une bague que j’attends avec impatience. Si la qualité est au rendez-vous, je risque de m’offrir d’autres pièces ou de les demander à mon anniversaire.

  • Une écharpe ou un plaid en laine recyclée de chez The Tartan Blanket Co…pensez-vous que j’ai une obsession avec la Grande-Bretagne ?
  • Un abonnement presse. L’an dernier, mes parents me l’ont offert et je pense que je vais renouveler. J’apprécie d’avoir accès à une presse de qualité, de savoir que mon argent va à de vrais journalistes et de pouvoir lire tous les articles. J’étais tellement frustrée de ne pouvoir lire les articles réservés aux abonnés. Je ne regarde jamais de journal télévisé, n’écoute pas la radio tous les jours et je ne suis pas sur facebook. Je m’informe essentiellement en lisant la presse en ligne plusieurs fois par jour donc c’est un investissement que je referai sans hésiter.
  • Des bougies à la cire de soja ou de colza. Je suis en train de tester les bougies de Charroux et je voudrais aussi tester les Brandtkaarsen. J’ai trouvé ces références sur la page instagram de Mango and Salt, une blogueuse/influenceuse que je prends beaucoup de plaisir à suivre et qui poste des photos et articles très inspirants.
  • Je n’ai pas encore de smartphone et mon vieux nokia est mourant. Je n’ai pas encore franchi le pas, mais je pense qu’en 2020, je vais devoir entrer dans la modernité et m’acheter un smartphone. J’hésite sur le modèle, mais je sais que je l’achèterai sur Back Market, un site qui vend des téléphones (il y a aussi des tablettes, ordinateurs et de l’électroménager) de seconde main, reconditionnés et sous garantie. J’ai lu d’excellentes revues sur le site et j’aime que pour chaque article, il soit indiqué combien de déchets sont économisés par rapport à un achat neuf. Je trouve cela très satisfaisant. Avez-vous eu une expérience avec ce site ?
  • Une Kube box : sur le modèle des boites mensuelles beauté et autres qui fleurissent, cette box propose un livre et des accessoires autour de la lecture. On peut choisir entre un livre petit ou grand format et il y a aussi des box thématiques. On peut en commander une ou choisir un abonnement. Ce qui me séduit, c’est que le livre est choisi pour vous par des libraires indépendants sur base d’un questionnaire en ligne. C’est donc une surprise mais qui devrait nous correspondre. Pour les flemmards, cela évite d’aller en magasin, ça évite aussi les erreurs de castings si on l’offre à quelqu’un et ça encourage une petite entreprise et des libraires indépendants. Tout ce qu’on aime !
Le Coffret (Terres d'Irlande)
Le coffret Terres d’Irlande, malheureusement en rupture de stock…
  • Et enfin, plus surprenant, mais j’offrirais bien ou je m’offrirais bien un bain de forêt. En regardant « Les pouvoirs extraordinaires du corps humain » (j’adore cette émission), j’ai entendu parler de la sylvothérapie d’Eric Brisbare dans les Vosges et l’idée de me reconnecter à la nature ne peut que me séduite. Prendre un weekend pour ne faire que cela, méditer et être guidée. Ca a l’air de faire tellement de bien. Et puis j’adore les Vosges…

Voilà, comme vous le voyez, mes choix encouragent les artisans, la vraie presse, le retour à la nature et les choix écologiques. Je pense qu’il y a vraiment moyen de (se) faire plaisir pour tous les budgets et respectant la planète et sans céder à la surconsommation et à Amazon. Je n’en ferai pas un article, mais le Black Friday et l’effervescence qui a précédé m’ont vraiment rendue triste et en colère. L’idéal reste de moins consommer et je recycler. Bien sûr, je sais que ce n’est pas moi qui vais faire couler Amazon, mais chaque fois que j’investis un peu d’argent pour (m’) offrir quelque chose en seconde main ou en dehors des circuits de la production de masse, je me dis que je vote pour un autre monde, que j’encourage une personne et non des actionnaires de multinationales et que je suis en accord avec mes choix.

Et vous, qu’est-ce qui pourrait vous tenter de cette liste ? Qu’avez-vous peut-être déjà testé ou quelles alternatives pourriez-vous aussi proposer ?

Humeur du jour: modeste histoire d’une fracture ordinaire

Aujourd’hui matin, comme toujours lorsque je vais travailler en voiture, j’écoutais classic 21. Nous sommes en période de vacances scolaires et la route est dégagée. J’entre en ville avec une plaisante facilité et j’arrive tellement tôt au bureau que je manque la chronique économique d’Amid Faljaoui. Dommage, il allait répondre à une question que je me pose souvent « pourquoi les riches continuent-ils à travailler ? ». Je ne comprends rien au monde de la finance, mais lui il vulgarise plutôt bien (d’ailleurs il est prof) et fait peu à peu mon éducation.

La journée se passe et, sur le temps de midi, je discute cinéma avec mes collègues et leur fait part du fait que, cette fois ci, je ne sais pas si j’irai voir le film de Ken Loach « sorry we missed you ». J’adore Ken Loach, mais « I, Daniel Blake » m’avait tellement rendue triste avec ses personnages lumineux mais implacablement écrasés par la vie. La journée de travail se poursuit et s’achève alors qu’il fait encore clair. Je reprends la route entre chien et loup comme on dit et; tandis que j’admire les reflets du coucher de soleil sur la Meuse que je longe, j’écoute la rediffusion de la chronique économique d’Amid Faljaoui manquée ce matin.

Il y disserte de l’addiction à l’argent, de la jalousie et du paradoxe d’Easterlin. Je ne connaissais pas cette dénomination, mais j’avais déjà lu de nombreux articles en parlant. En gros, c’est la théorie (étayée scientifiquement) que passé un certain niveau d’aisance financière (du style entre 3000 et 3500 euros mensuels), gagner plus d’argent ne rend plus significativement heureux et se transforme même en addiction, engendre peur, frustrations et jalousies.

Je me suis sentie riche et libre, bien qu’en dessous de ce seuil financier. Libre car pas esclave de l’argent et heureuse d’être capable de résister aux tentations du monde moderne qui entrainent tant de personnes très bien payées dans une spirale de frustration et de faim insatiable de plaisirs et de possessions. Ce sentiment de liberté a pourtant un arrière goût de découragement et même de colère face à ces foules sentimentales comme le chantait Alain Souchon et à tous les dealers d’opiums divers et variés, plus ou moins déguisés.

Je cogite chemin faisant et j’arrive bientôt à ma sortie d’autoroute. Alors que j’approche du rond point de sortie d’autoroute, je vois un Monsieur, entre deux âges, plutôt petit, avec une pancarte autour du coup. Je me dis qu’il fait du stop mais en approchant, je m’aperçois qu’il y est écrit « Nous avons faim, merci ». A quelques mètres somnole un labrador à côté de 3 sacs en plastique. Le trafic est fluide, je l’ai déjà dit, et donc les voitures ne doivent quasi pas ralentir et encore moins faire la file. Le froid est piquant et personne n’a la fenêtre ouverte. Je passe sans avoir le temps de réagir et je sens soudain mon cœur se serrer.

Je ne suis pas une sainte, loin de là et je repense à toutes ces fois où je me sens importunée lorsque je vais au cinéma en ville et que des sans abris ou des toxicomanes m’abordent avec leurs regards suppliants, leurs histoires vraies ou fausses, leurs mains tendues. Je repense à comment je peux leur en vouloir de faire effraction dans un moment de loisir où je voudrais ne pas penser à tout ça, faire abstraction de la misère du monde et profiter de la vie. Mon cœur se serre encore plus et je ressens soudain le besoin impérieux de faire quelque chose.

Pourquoi aujourd’hui et pourquoi ce Monsieur je n’en sais rien. Toujours est-il que ma voiture garée, je m’empresse d’acheter du pain, du fromage et des petits beurres et me voilà repartie en route vers le rond point. Il a été surpris le Monsieur, je me suis rendue compte qu’il devait avoir sacrément froid immobile là au milieu, pris dans les phares des voitures… Je lui ai tendu mes victuailles qu’il s’est empressé de ranger dans les sacs. Je lui ai demandé où il vivait. Il a bafouillé, m’a dit qu’il ne parlait pas français. J’ai voulu tenter l’anglais, mais il était Hongrois. Alors je lui ai souhaité courage avec les mots, avec les gestes et avec les yeux. J’ai caressé son chien et je suis partie.

Sur le chemin, j’ai senti l’urgence d’écrire cette histoire, une histoire d’une grande banalité, une banalité qui m’a désarmée à l’improviste. Lorsque j’ai commencé ce blog, j’ambitionnais de m’exprimer ainsi plus personnellement, d’offrir à ma sensibilité un exutoire, de faire réagir peut-être, sans doute. Puis j’ai choisis, hormis dans l’un ou l’autre article, de me focaliser sur le positif, le joli, le cosy. Mais aujourd’hui, j’ai été rattrapée par quelque chose qui dépasse cette rencontre et qui me pèse souvent. J’ai acheté ma paix intérieure provisoire avec quelques euros, c’est bien sûr encore plus pour moi que pour lui que je l’ai fait, j’en suis consciente. J’ai atténué provisoirement mon sentiment d’impuissance général grâce à un petit don.

Je vous remercie si vous avez eu le courage de lire jusqu’ici, j’espère que je ne suis pas celle qui a fait effraction dans un moment de loisir et à qui vous allez en vouloir…

Et vous comment faites vous pour gérer lorsque vous êtes submergés ? Qu’est-ce qui vous émeut et vous fait du mal ? Comment sortez-vous de l’impuissance ? Quels sont vos combats personnels ou communautaires ? Ca m’intéresse…

Je vous souhaite à tous une bonne soirée, de croiser un regard ami et une main tendue si et quand vous en avez besoin et de trouver la force et le temps de l’offrir à d’autres de temps en temps.

Voyage en Italie (3): Réaliser ses rêves

Quand j’étais petite, je voulais devenir guide de haute montagne. J’allais chaque année en vacances dans les Vosges avec mes parents, souvent au printemps, parfois en été. J’avais de petits guides sur la faune et la flore des montagnes et cela me passionnait. Mes premiers écrits ont été les carnets de vacances que je rédigeais scrupuleusement lors de ces voyages que j’attendais toute l’année. J’y collais des renoncules séchées, j’y dessinais des chamois et décrivais les minéraux que j’achetais dans une boutique à Gérardmer. Je connaissais les grandes chaines de montagnes de chaque continent et j’avais appris par cœur le nom et l’altitude de leurs sommets. De retour dans le plat pays qui est le mien, je lisais les romans de Frison Roche et je regardais Belle et Sébastien. Le soir dans mon lit, je désespérais car autour de chez moi, pas l’ombre d’une montagne, nulle trace de sabots de bouquetins, pas de possibilité de cheminer vers cette vocation enfantine.

A l’âge de 12 ans, nous sommes partis à Val d’Isère. J’étais émerveillée, je me promenais avec mon petit guide de la faune et de la flore et je guettais l’apparition des gentianes, digitales et surtout des édelweiss, symbole des cimes par excellence. J’avais une broche en bois gravée à l’effigie de la Fleur et je me souviens en avoir acheté en jardinerie et les avoir replantées dans le jardin familial. Hélas, elles ne survécurent jamais. A l’adolescence, nous avons cessé d’aller à la montagne en été et j’ai gouté aux plaisirs du ski lors de séjours hivernaux. D’autres plans de carrière ont succédé à celui-là, mais j’aime toujours autant la montagne. J’adore également les jardins botaniques, je ne peux résister à une visite lorsqu’il y en a un à proximité lors de mes voyages. J’ai eu l’idée de devenir ingénieure des eaux et forêts, je lorgne toujours sur les edelweiss en jardinerie mais je les y laisse et il y a quelques années, j’ai également caressé l’idée de faire une formation pour devenir guide nature. Mais bon, il y a le théâtre, le travail, le sport, l’écriture, netflix et beaucoup d’autres envies, passions et centres d’intérêts. Comme le dit la chanson, je n’ai qu’une seule vie (ne me remerciez pas si vous l’avez maintenant en tête, c’est cadeau).

Cet été, après les retrouvailles familiales à Vérone, l’escapade au Lac de Garde et les retrouvailles avec ma Merveilleuse Toscane, j’avais dit à mon père que ça ne me déplairait pas de faire un arrêt en montagne. Nous avons donc fait étape à Ollomont, à la Grandze de François. Nous y sommes restés 3 nuits au lieu de 2 car il y a eu des orages et nous avons dû reporter d’un jour notre randonnée. J’ai adoré veiller dans ma petite chambre boisée et décorée à la montagnarde, à écouter l’orage craquer, pelotonnée sous mes plaids en lisant et sirotant une tasse de thé.

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Nous avons enfin pu partir en randonnée le jour avant de rentrer. Nous avons marché 12 km et sommes partis 5h en tout. Bien sûr, nous avons fait des pauses. J’ai remercié mes entrainements cardios durant l’ascension et j’avais les jambes tremblantes lors d’une descente d’une heure 30 et 800 mètres de dénivelé. En altitude, le bonheur, vue à 360 degrés et paysage qui change à chaque virage ou chaque montée. Il fait magnifique, tout est dégagé. Nous croisons un troupeau de vaches et mes oreilles se délectent du bruit caractéristique de leurs cloches. Nous continuons, nous pique niquons (un gros pain et un bloc de fromage découpés au couteau suisse, je n’aurais rien voulu d’autre) avec une vue à couper le souffle. Nous reprenons, nous voulons aller jusqu’à deux lacs repérés sur la carte. Nous passons deux mille mètres d’altitude et entrons dans le monde du SILENCE. Pas de vent, plus de vaches, aucun bruit parasite, nous ne croisons que des papillons, un sentiment de plénitude et de grande sérénité m’envahit. Je pense que je n’avais jamais entendu un tel silence, où alors je ne m’en rappelle pas. Il n’est pas pareil au silence de la nuit, synonyme d’arrêt, de pause et parfois inquiétant. Le silence des alpages est un silence plein de vie, un silence énergique et ressourçant. Je profite de ce moment et romps moi-même ce silence peu après. Un petit cri de joie, un petit cri enfantin parce que se réalise soudain un rêve en sommeil depuis l’enfance, un rêve que je n’aurais peut-être même plus pensé à écrire sur une bucket list. Là, sur le chemin qui nous mène au lac, j’ai trouvé des édelweiss sauvages, sans même chercher.

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Le 8 août 2019, là haut, je me suis sentie soudain pleine d’espoir, je me suis sentie parfaitement calme et je me suis sentie forte. J’ai éprouvé de la gratitude, pour la beauté du monde, pour ce moment et pour ce que mon corps me permet de faire.

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Je vous souhaite à tous de réaliser vos rêves…

Voyage en Italie (2): Ode à la Toscane

Mon histoire avec la Toscane commence il y a déjà 16 ans, mais c’est comme si c’était hier. J’ai la chance de pouvoir y passer 9 mois, d’y effectuer ma quatrième année d’université. A Florence. Il serait cliché de dire que ce fut la plus belle année de ma vie, mais je mentirais si je disais que je n’y ai pas vécu des émotions uniques et inégalées. Je n’en garde aucun mauvais souvenir, même si je suppose que j’ai vécu des moments difficiles. Ils ont été dilués dans le bonheur bu à la tasse et le temps a fait le reste.  Ce fut pour moi comme un saut dans le vide, une expérience de liberté délicieuse et parfois vertigineuse. Pourtant j’étais sereine, je ne me souviens pas avoir ressenti d’angoisse. Par contre je me rappelle très bien avoir pleuré toutes les larmes de mon corps lorsqu’il a fallu repartir. Qu’il a été déchirant de quitter cette ville, ce pays, ces personnes magnifiques que j’avais rencontrées, cette parenthèse qui m’a changée et surtout révélée à moi-même sur bien des plans. J’en suis revenue parlant une nouvelle langue, avec des amis aux quatre coins de l’Europe et même du monde, décidée à me lancer dans le théâtre alors que je n’osais pas et me promettant que je ne perdrais jamais de vue l’idée qu’il faut toujours avoir une vision large et ouverte de la vie et que celle que je mènerais ne serait pas ordinaire.

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Piazza Santa Croce depuis les marches de l’église

J’ai parfois failli à cette promesse. Le travail a succédé aux études et la routine qu’il impose, même si on a la chance d’en faire un qu’on aime, émousse bien souvent la petite flamme qui brûle en moi, en nous. Les vicissitudes de la vie, les épreuves, les moments durs aussi… Les promesses d’amitiés éternelles sont elles aussi difficiles à tenir, mais je garde une place pour chacune de ces personnes dans ma mémoire. J’ai la chance d’être encore en contact avec plusieurs d’entre eux et je sais que je me dois un voyage au Canada pour revoir une personne avec qui j’ai beaucoup partagé. J’ai beaucoup voyagé par la suite pour voir ces amis et je suis retournée religieusement à Florence chaque année jusqu’à 2011. Puis la vie a fait que je m’en suis tenue éloignée durant 8 ans. Ce n’est que cet été que j’y suis retournée, pour la deuxième étape de mon roadtrip. Je trépignais surtout depuis que j’avais lu « retour à Montechiarro », sublime roman de Vincent Engel dont j’ai parlé ici et .

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La pension du Bonheur

Je ne peux décrire ce que j’ai ressenti en arrivant sur place, à la pension Bencistà (littéralement pension « on y est bien »), un bijou d’endroit lové parmi les cyprès et les oliviers sur la douce pente des collines menant à Fiesole. De là, vue sur la ville. J’ai immédiatement ressenti un bien-être d’une intensité surprenante, une vague de sérénité et de gratitude, un ancrage nouveau et pourtant familier. Je ne pratique par le yoga, mais je dirais que tout était aligné pour que je me sente bien. J’ai tout reconnu, comme si j’effleurais après longtemps le visage d’un être cher qui n’aurait pas pris une ride. Le bruit des cigales avec en arrière fond la musique d’un violon, l’unique lumière reflétée par la pierre médiévale et le marbre de Carrare, le vent et le soleil qui cogne sur ma peau. J’étais rentrée chez moi. Ce qui est merveilleux avec Florence, ce n’est pas seulement la ville, les pavés, l’ombre des Médicis et le raffinement, c’est aussi cet écrin de collines dans lequel elle se loge. Il est impossible de chercher à trouver le meilleur angle de vue sur l’une ou les autres sans se retrouver rapidement étourdi et pris de vertige. Je me suis demandée comment j’avais pu me priver de cela pendant tant d’années et pourtant cela a certainement rendu les retrouvailles encore plus belles.

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Vue sur San Miniato depuis le Forte Belvedere

Je ne vous ferai pas le guide touristique de Florence. C’est une ville qui recèle tant de merveilles. Pour ma part, j’ai fait la guide pour mon père et me suis également promenée seule. J’ai visité Santa Croce et me suis rappelée d’une multitude de bonnes soirées passées assise avec des amis sur les bancs de sa place. Je suis retournée au Forte Belvedere, un lieu magique pour moi, sur les hauteurs (attention ça monte) où se tiennent des expositions temporaires. J’ai eu le plaisir de jouir d’un Palazzo Vecchio libéré d’échafaudages. Je ne l’avais jamais trouvé si beau. Enfin, j’ai revu une amie très chère et fait la connaissance de son mari et de sa petite fille. Je me suis offerte un moment dans le jacuzzi de la pension ainsi qu’un massage. Après des mois d’économies, j’ai décidé que je méritais le meilleur et je me le suis concédé. Aujourd’hui, je ne rêve que d’une chose : retourner à la Pensione Bencistà et me gaver à nouveau d’art, d’histoire, de beauté et de douceur de vivre. Retrouver cette petite chambre occupée cinq nuits, un coin de paradis tendu de draps blancs, où il suffisait d’ouvrir une fenêtre pour mettre les pieds dans un petit jardin avec vue sur Santa Maria del Fiore. A bientôt ma belle Florence, à jamais dans mon cœur.

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Les bonnes adresses :

  • Pour dormir, la Pensione Bencistà : une découverte inattendue sur booking, un signe du destin, ce n’est pas un hôtel mais une demeure datant du 14° siècle convertie en pension familiale depuis 5 générations. Les prix ne sont pas prohibitifs et je suis tombée amoureuse de l’endroit, on s’y sent comme à la maison, un lieu de vie plus qu’un lieu de passage.
  • Pour manger des pâtes à midi à deux pas du cœur historique : Salsamenteria de Ciompi , généreux, simple, authentique et délicieux.
  • Pour manger le midi et le soir : Trattoria ZaZa
  • A Fiesole (petit village sur les hauteurs, facilement accessible en bus et d’où la vue est à couper le souffle) : Buca delle fate , mes papilles me réclament encore les gnocchis melon gorgonzola.
  • Pour se faire plaisir/jouer aux américains : un verre chez Tosca & Nino, la petite terrasse de la Rinascente. Vue sur les toits de Florence, plongée sur la piazza Repubblica, le dôme, Orsanmichele et le forte del Belvedere.

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