Bilan culturel d’octobre

Bonjour à tou-te-s,

Je cours après le temps d’écrire en ce moment. J’accumule du retard, mais je constate avec bonheur que tous les jours d’anciens articles sont lus. Je vous remercie donc chers lecteurs, que vous soyez abonnés ou non. Je prends toujours autant plaisir à créer et rédiger le contenu que vous lisez et je pense que je le ferais même sans être lue, mais c’est sûr que ça motive ! N’hésitez pas à commenter et à me dire quels articles vous préférez. J’ai l’impression que ceux qui concernent l’écologie et le slowliving vous plaisent. Aujourd’hui, on se retrouve pour mon bilan culturel d’octobre, mais à l’approche des fêtes, je prévois également des billets sur la consommation responsable et l’écologie. A suivre donc…

En octobre, j’ai retrouvé une de mes séries anglaises chouchous, Les enquêtes de Vera. Cette saison, la neuvième, ne fait que 4 épisodes, donc je la savoure. Le personnage de Vera, vieille fille au look de paysanne fait toujours mouche avec son intelligence et sa bienveillance qui surprennent derrière son air bourru.

Je suis restée en Angleterre et j’ai poursuivi les aventures ou plutôt les mésaventures de la famille Shelby dans Peaky Blinders. A l’heure où j’écris, j’ai terminé la saison 5 et j’en parlerai en novembre. Je me demande tout de même à combien de flingues sur la tempe ou le front Tommy Shelby pourra survivre. Rien à voir, mais la musique de la série est tout simplement dingue, je pourrais écouter les épisodes les yeux fermés et ça vaudrait toujours la peine.

Je n’ai pas quitté le Royaume-Uni, mais j’ai rejoint l’Ecosse pour regarder, à la télévision cette fois, une autre série de la BBC « The Victim ». J’avais été quelque peu déçue par « The Bay », le mois dernier, mais « The Victim » a été une claque. Peut-être pas du niveau de Broadchurch, mais j’ai adoré cette série et je la recommande chaudement. L’histoire est originale. Ici point de meurtre, en tout cas au temps présent de la série. Les personnages principaux sont :

– une mère (à l’antipathie brillamment jouée par Kelly Mac Donald) qui a perdu son fils, assassiné des années plus tôt par un adolescent à peine plus âgé

– un jeune père de famille qui se fait tabasser et laisser pour mort sans raison apparente un soir d’Halloween.

Ces deux personnes, qui ne se sont jamais rencontrées, se retrouvent lors du même procès lorsque la première est accusée d’avoir provoqué et poussé à l’agression du second en révélant sur les réseaux sociaux qu’il était en fait le responsable de la mort de son enfant. L’adolescent coupable avait à l’époque reconnu les faits et retrouvé la liberté quelques années plus tard sous une nouvelle identité censée lui permettre de prendre un nouveau départ. Nul ne sait ce qu’il est devenu et Anna considère cela comme une injustice.

Cette série est un vrai suspense (Anna va-t-elle être condamnée ? Qui a agressé Craig ? Craig et Eddie J. Turner sont-ils la même personne ? et si ce n’est pas lui, où est-il ?), mais pose surtout intelligemment des questions nécessaires qui créent le malaise et pousseront chacun à se faire sa propre opinion : à quoi sert la justice ? à punir ? à réparer ? à protéger ? dans quel(s) cas a-t-on ou n’a-t-on pas droit à une seconde chance et qui peut en décider ? qui est la vraie victime du procès ?

Je ne spoile rien, mais vous aurez compris que j’ai été plus qu’emballée. Si vous l’avez vue, qu’en avez-vous pensé ?

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Côté cinéma, je suis redescendue en Angleterre et je suis allée voir Downton Abbey. J’ai savouré avec un grand plaisir mes retrouvailles avec le château, le personnel et la famille Crawley. Les scénaristes ont une nouvelle fois mis Dame Maggie Smith à l’honneur avec quelques répliques qui ne m’ont pas déçue, mais également des moments d’émotion. Certains trouvent que ce film est l’équivalent d’un Christmas Special, mais j’ai tout de même trouvé que c’était davantage que ça. J’ai aimé la dimension comique très présente et je trouve que c’est une belle conclusion pour la série. A noter que le film est visible sans avoir vu la série. On est sans doute un peu perdu au début évidemment, mais il suffit de se renseigner un peu. Par contre, attention, le film spoile la série bien entendu…

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Un peu de bonheur pour Tom et Thomas, deux de mes personnages favoris!

Côté littérature, j’ai changé de pays pour me rendre en Italie avec le court roman de Niccolo Ammaniti « Moi et toi ». Ammaniti est l’un des romanciers italiens contemporains les plus lus et il a récemment été le scénariste de la série « Il miracolo » (le miracle), chroniquée ici. Ce court roman parle de Lorenzo, un jeune adolescent doté d’une personnalité particulière et qui a du mal à s’intégrer. Pour se soustraire aux tracas de ses parents, il s’invente un groupe d’amis et une invitation à une semaine aux sports d’hiver. Le but : se ménager une semaine de tranquillité totale avec livres et jeux vidéos dans la cave de son immeuble. C’était sans compter sur le débarquement d’une demi-sœur quelque peu perturbée et avec laquelle il n’a jamais vécu. Ce roman se lit hyper vite et il est rempli d’humour et de sensibilité. J’ai été conquise et je le recommande, c’est un beau texte très touchant sur l’adolescence et l’amour.

Enfin, en octobre, j’ai eu l’occasion d’aller plusieurs fois à Bruxelles pour des activités diverses et variées, mais je pense rédiger un jour un article complet sur les adresses et activités insolites que j’ai pu découvrir dans cette capitale que j’aime de plus en plus.

D’ici là, je vous souhaite de bonnes lectures et de bons visionnages. Si vous avez des suggestions de livres pour cette saison, je suis preneuse. J’ai envie de lire des récits qui se passent dans des ambiances hivernales.

Bilan culturel de septembre

Bonjour à tous, me voici enfin avec le bilan de ce que j’ai regardé, vu et lu en septembre. Il y a beaucoup de choses et je ne m’étendrai pas sur tout, mais davantage sur mes éventuels coups de cœur.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la lecture. Je suis enfin venue à bout de Blonde de Joyce Carol Oates. C’est le deuxième roman de Oates que je lis après « Reflets en eau trouble » (chroniqué ici). C’est un livre très long (1100 pages quand-même) mais prenant sur la vie de Marylin Monroe ou plutôt de Norma Jean Baker. L’auteure précise au début que son roman ne se veut pas une biographie. En fait, elle nous immerge complètement dans la psyché de Marylin, au plus près de ses sentiments, de son discours intérieur ponctué de « oh ». J’ai aimé cette lecture et j’ai appris beaucoup de choses. Cependant c’était très dur et touchant, je ne savais pas à quel point cette femme avait souffert. On y découvre, derrière l’icône, une enfant abandonnée qui a toujours désespérément cherché à être aimée. Aimée pour ce qu’elle est mais incapable de trouver qui elle est et donc toujours en train d’essayer de plaire, en quête de consolation et finalement d’une vie très simple. Un très beau livre mais il faut être bien accroché et prêt à y investir du temps.

J’ai ensuite lu Les derniers jours de nos pères de Joël Dicker. Pour rappel, Joël Dicker est l’auteur suisse du best-seller (mérité) La vérité sur l’affaire Harry Québert. Ce livre est très différent et parle d’un pan de la seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas et qui n’a apparemment été rendu public que des décennies après la fin de la guerre. On y suit le quotidien d’hommes et d’une femme français ou franco-anglais qui s’engagent pour l’Angleterre et suivent une formation top secrète qu’ils doivent taire à leur famille pour être ensuite envoyés en France et mener des opérations de sabotage contre l’occupant et préparer le terrain pour le débarquement en Normandie en organisant et équipant les réseaux de résistance. Je n’en dis pas plus. J’ai été profondément émue par ce livre. Les personnages sont beaux, remplis d’idéaux et cela parle de grands sentiments, d’amour, d’amitié et de fraternité. Il y a du suspense aussi puisque c’est la guerre et qu’il y a des missions secrètes. Attention cependant, sortez les mouchoirs. Mais lisez-le tout de même, c’est un beau livre.

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Au niveau cinéma, je suis allée voir Deux moi  de  Cédric Klapisch qui filme deux solitaires dans le Paris contemporains. Ces jeunes gens cherchent leur place et ne la trouvent pas sur les réseaux sociaux. J’ai lu que ce film était présenté comme un plaidoyer pour les vraies rencontres et je trouve que c’est vrai. On rit, on pleure, on s’attache à ces personnages, des voisins qui ne se connaissent pas. Une autre chose qui m’a plu dans ce film c’est la représentation de la thérapie. Les deux personnages se retrouvent chacun chez le psy. Pas le même. Deux psys très différents. Au début, j’ai eu peur que ça tombe dans le cliché. Le cliché du psy qui ne dit rien (François Berléand) et le cliché de la psychanalyste allumée et imbue d’elle-même (Camille Cottin). Heureusement, il n’en n’est rien. Ce film donne une idée réaliste du travail thérapeutique et je lui dis merci. Les séances sont de mieux en mieux  et montrent que dans la vie tout prend du temps et demande de l’investissement.  Que rien n’est magique et que le temps entre les séances est aussi important. J’ai adoré ce film, son humour, ses personnages, ses valeurs. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant aimé un film français. Un sourire m’en reste accroché aux lèvres.

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Le second film que j’ai regardé est un film avec Romain Duris, l’acteur fétiche de Klapisch, ici sans Klapisch. Il s’agit d’Une nouvelle amie de François Ozon. Ce film, où Duris côtoie Anaïs Demoustier parle de non binarité sexuelle et de changement de sexe. En gros, après le décès de sa meilleure amie, une femme s’aperçoit que le mari de cette dernière a pris l’habitude de s’habiller en femme. Autour de ce secret se tisse une relation ambiguë entre eux. Autant le dire, je n’ai pas vraiment aimé ce film qui frise parfois le grotesque. Cela aurait pu être intéressant, mais ça va trop vite et le réalisateur veut selon moi y raconter trop de choses. Si vous voulez voir un film sur le sujet, je vous conseille plutôt les magnifiques Laurence Anyways du prodigieux Xavier Dolan Avec Melvil Poupaud ou Danish Girl avec Eddie Redmayne et Alicia Vikander. Deux films absolument époustouflants. Je n’ai pas vu Girl  de Lukas Dhont mais il est sur ma wish list. Je remarque en écrivant que ces films parlent tout d’une transition homme – femme. Connaissez vous des films qui parlent de la transition à l’inverse ?

Niveau séries enfin, j’en ai vu 4 :

  • La troisième saison de 13 reasons why qui a de nouveau été prenante mais douloureuse. J’ai aimé l’idée que la série s’attèle ici à voir la face cachée des bourreaux et comment on en arrive à devenir un salaud. Cela remettait un peu de nuance. Cependant, les personnages restent assez stéréotypés. Bryce veut changer mais ça a même l’air trop facile. Et puis comment une classe peut-elle vraiment cumuler autant de malheurs. Ces ados portent littéralement le poids du monde sur leurs épaules et raisonnent comme des gens de 40 ans. On annonce une saison 4 où Clay va enfin aller en thérapie. Je me réjouis tout de même de voir si ça lui arrachera un sourire.
  • J’ai vu The Bay à la télévision. Une série écossaire avec Morven Christie (vue dans Grantchester) qui parle de disparition de deux adolescents dans une petite ville côtière. Cette série a été comparée à Broadchurch et, comme vous le savez, je suis fan de ce genre de séries. Cependant…ce n’est pas Broadchurch. La barre a été mise haut c’est vrai, mais j’ai trouvé que cela manquait de suspense. Personnellement, j’avais bien vu la fin venir, mais c’est peut-être mon habitude de ce genre de scénarios qui fait que… Une bonne série, mais pas la meilleure.
  • Dead to Me une série Netflix avec Christina Applegate et Linda Cardellini, qui est une de mes chouchoux. On est sur un format de comédie à propos d’un sujet dramatique : le deuil d’une épouse qui perd son mari dans un accident de voiture avec délit de fuite. J’ai adoré cette série et les deux actrices. La veuve n’est pas des plus sympathiques et cela rend la série intéressante. Sa nouvelle amie est louche, mais on s’y attache. Le suspense est là, les rires aussi même si ça parle de mort, de colère et de mensonge. Un très bon moment.
  • Enfin, j’ai regardé une autre production netflix, Criminal. C’est une série en 4 fois 3 épisodes, chaque bloc d’épisodes étant indépendant. On suit 4 équipes d’enquêteurs (Espagne, Allemagne, France et Royaume-Uni) dans leur travail en salle d’interrogatoire. Les histoires sont variées, les stratégies aussi, mais ça ne révolutionne pas le genre. Comme il y a très peu d’épisodes et que les suspects/témoins changent à chaque fois, on n’a pas vraiment le temps de s’en imprégner. Si vous aimez les épisodes avec interrogatoires à suspense, mon must reste l’indétrônable (oui je sais je me répète) Line of Duty.

Voilà, c’est tout pour ce mois de septembre, il va déjà me falloir rédiger pour octobre. Et vous, qu’avez-vous vu ? Vous ai-je donné envie de voir ou lire quelque chose ici ou dans les derniers mois ?

 

Bilan culturel (tardif) d’août

Comme dit précédemment, le mois d’août a été un mois de vacances. Fait de voyages, de sorties et de temps passé en famille et avec des êtres chers. Mais bien entendu, qui dit vacances dit lecture au jardin, siestes littéraires, soirées netflix jusqu’à passé minuit, cinéma et visites. Bref, ce bilan sera fructueux et j’ai été ravie de pouvoir passer tant de temps à lire et de retourner au cinéma. L’atmosphère des salles obscures m’avaient manqué.

Commençons d’ailleurs par l’écho des salles obscures. Je suis allée voir deux films très différents. Tout d’abord Yesterday. Dans ce film feel good, il est question d’un jeune homme qui tente de percer dans la musique et qui, alors qu’il est sur le point d’abandonner, fait un accident et se réveille du coma qui s’ensuit dans un monde qui n’a pas connu les Beatles. La suite, vous l’imaginez. C’est effectivement une jolie comédie romantique. On y retrouve Lily James et le moins connu Himesh Patel. C’est frais, original, la musique était forcément à mon goût. Il y a Ed Sheeran aussi qui joue son propre rôle. C’est réalisé par Danny Boyle (qui ne craint pas l’écclectisme, après « Trainspotting » et « Slumdog Millionnaire » notamment) et scénarisé par Richard Curtis (« Good Morning England », « 4Mariages et un enterrement » et « Love Actually). Le film est agréable, même s’il n’arrive pas au genou des autres scénarios de Curtis et du délire de Slumdog Millionnaire. A voir tout de même, pour se réchauffer le cœur et écouter les Beatles encore et encore.

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Dans un tout autre genre, je suis allée voir Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino. Le film est long, mais je ne me suis pas ennuyée, j’ai même passé un bon moment. Cependant, on se demande pendant longtemps (et même encore maintenant en fait) où Tarantino voulait en venir en mettant en parallèle (et réécrivant) l’histoire de la Famille de Charles Manson  et de l’assassinat de Sharon Tate avec celle d’une star sur le déclin (Di Caprio) et de sa doublure (Pitt) dans le Hollywood des années 60. Au final, je crois qu’il a voulu se faire plaisir, rendre hommage à une époque et prendre son pied avec ses acteurs. Di Caprio est très drôle en acteur dépressif geignard et que dire de Brad Pitt, dans un rôle qui m’a rappelé celui qu’il tenait dans « Burn After Reading » et qui m’avait fait pleurer de rire. Et la violence me direz-vous ? Ceux qui ne l’aiment pas (mais iront ils voir Tarantino ?) seront soulagés car il y en a finalement peu et ceux qui l’aiment se régaleront durant les 15 dernières minutes hilarantes mais auront sans doute un goût de trop peu. Je n’en dis pas plus. Avez-vous vu le film ? Aimez-vous Tarantino ? Je sais que c’est un réalisateur qui divise et pour ma part, je suis loin d’avoir tout vu, mais j’arrive à le prendre au 36° degré donc j’aime bien.

Enfin, à la télévision, j’ai eu l’occasion de regarder « Testament of Youth » (mémoires de jeunesse), un film de James Kent avec Alicia Vikander dans le rôle principal, Kit Harington et Taron Egerton dans des seconds rôles. Il date de 2014, avant que tous trois deviennent des stars. Ce film est un film biographique basé sur les mémoires rédigées tout au long de sa vie par Vera Brittain, une écrivaine, pacifiste et féministe britannique. Je ne connaissais pas du tout Vera Brittain, une jeune femme qui s’est battue pour pouvoir faire des études avant de les abandonner pour devenir infirmière durant la première guerre mondiale. C’est un très beau film, mais il est aussi très triste et certaines scènes dans les hôpitaux sont dures à regarder. Néanmoins, je l’ai beaucoup aimé et cela m’a donné envie de lire les mémoires de Vera Brittain. Connaissez-vous le personnage et en avez-vous lu quelque chose ?

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Au niveau tourisme, j’en ai parlé ici et , mais je suis allée en Italie cet été. J’ai visité Vérone et je suis retournée à Florence, que je connais très bien. Je me suis fait plaisir en visitant à nouveau la Basilique de Santa Croce, un de mes endroits favoris sur terre. On y trouve notamment les tombeaux de Machiavel et Michelange et de superbes tableaux. Il y a également un cloître où était exposé un parcours retraçant les évènements de 1966 lors de la crue de l’Arno. La Basilique, proche du fleuve, avait été inondée et la population et des étudiants venus du monde entier s’étaient mobilisés pour sauver ses trésors. Je ne suis pas religieuse mais je suis fascinée par les chefs d’œuvre que la religion a inspirés aux hommes et je trouve un certain apaisement à fréquenter les églises.

Niveau lectures, j’ai terminé le cycle de l’ « amie prodigieuse »d’Elena Ferrante, avec « l’histoire de l’enfant perdue », toujours en Italien. Que dire ? J’ai été captivée par cette saga qui conte une histoire intime et nationale à la fois et ravie de réussir à la lire en italien sans difficulté. Je l’ai lu en Italie pour être dans l’ambiance et j’ai à nouveau passé un bon moment, même si la vie d’Elena et Lila n’est vraiment ni facile ni drôle. Cette amitié est parfois proche de la rage et n’est pas solaire, mais c’est ce lien particulier qui fait l’essence de l’histoire, la façon dont elles se construisent l’une face à l’autre, l’une avec l’autre et l’une contre l’autre. Elena m’a souvent énervée car je l’ai trouvée égoïste et mauvaise mère, mais aurais-je aussi mal jugé un personnage masculin ? A d’autres moments, j’ai eu de l’empathie pour elle et je resterai curieuse de savoir à quoi aurait ressemblé l’histoire si elle avait été contée par Lila…

Enfin, au rayon séries, j’ai regardé la troisème saison de la Casa de Papel qui a fait le job sans plus surprendre. J’ai bien aimé retrouver Berlin dans les flashbacks et Nairobi est devenue mon personnage préféré. Par contre, Tokyo est insupportable, tout ce qui arrive est toujours de sa faute. De même, Raquel ne sert pas à grand-chose. Mais bon, on veut du divertissement et il est clair qu’on en a.

J’ai également commencé une série dont j’entendais souvent parler (en bien). Il s’agit de Peaky Blinders qui suit une famille mafieuse dans le Birmingham d’après la première guerre. Je n’adore pas, car les histoires de gangsters c’est pas mon trip et bien souvent je ne comprends pas leurs embrouilles de chevaux et paris sportifs. Néanmoins, les personnages sont intéressants et ce qui me fait rester ce sont les intrigues familiales et aussi l’hypnotique Cillian Murphy, qui se fait casser la gueule en permanence mais qui n’abandonne jamais. Si vous aimez les histoires de clans, les atmosphères noires de début de siècle, les écorchés vifs (au propre comme au figuré) et la baston, cette série est faite pour vous…

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Voilà, c’est tout pour ce bilan du mois d’août qui s’est fait attendre. Et vous qu’avez-vous lu/vu/visité de bon ?

Bilan culturel de juillet

Bonjour à tous, me voici de retour pour le rituel mensuel. Ce mois-ci, j’ai avec plaisir consacré davantage de temps à la lecture. L’été est pour moi une saison qui s’y prête. Je suis naturellement une couche tard – lève tard et c’est encore accentué l’été avec la lumière qui nous accompagne tard dans la soirée. Comme je lis principalement avant de m’endormir, cela m’aide à lire davantage. Par contre ne parlons pas du supplice de la sortie du lit les jours de travail.

Ce mois-ci, j’ai donc pu terminer 3 romans qui sortent un peu de mes habitudes de lecture. Un classique et deux romans contemporains qui se ressemblent plus qu’on ne pourrait le penser :

  • « Le dixième homme » de Graham Greene
  • « Dans la forêt » de Jean Hegland
  • « Station Eleven » d’Emily St John Mandel

Je voulais lire un roman de Graham Greene. Comme j’avais vu le film de Brighton Rock, mon choix s’est porté sur « Le dixième homme ». En fait, il présentait surtout l’avantage d’être disponible à ma bibliothèque. C’est un livre qui n’est pas très long (212 pages dans l’édition que j’ai lue). Il présente la particularité de n’avoir été publié qu’en 1983 alors qu’il a été écrit en 1944, commandé par la Metro Goldwin Mayer pour servir de base au scenario d’un film qui ne sera jamais tourné. L’histoire est simple : durant la guerre, les Allemands détiennent 30 otages et leur intiment un soir l’ordre de désigner eux-mêmes trois d’entre eux qui seront fusillés le lendemain matin. A l’issue du tirage au sort, l’un de ceux désignés offre sa fortune à qui voudra prendre sa place. Un homme accepte le marché et se sacrifie alors pour assurer l’avenir de sa sœur et de sa mère. Il devient « le dixième homme ».  Ce début est assez rapide et l’essentiel du roman se concentre ensuite sur les conséquences de ce choix sur celui qui a survécu et sur la famille de celui qui est mort. Au-delà d’être un suspense assez haletant (cela pourrait toujours faire un excellent film d’époque), les thèmes abordés sont le pardon, la culpabilité, le sens de la vie, le mensonge… Car passé le soulagement de voir sa vie épargnée, on se rend bien vite compte que le protagoniste s’est condamné à une demi-vie, dépossédé de ses biens, de son honneur et de son identité. J’ai beaucoup aimé cette lecture et je vous la recommande. Je n’ai pas du tout trouvé cela daté.

« Dans la forêt » est un roman publié discrètement par Jean Hegland en 1996. L’autrice a essuyé de nombreux refus avant que son texte soit accepté par une petite maison d’édition. Il a finalement connu un succès national aux Etats-Unis et a été adapté au cinéma en 2014. Ce n’est qu’en 2017 qu’il a été traduit en Français et il connait en ce moment un beau succès en librairie, plus de 20 ans après sa rédaction. Son accueil timide il y a 20 ans de même que son succès actuel s’expliquent peut-être par son thème. Il s’agit de deux jeunes femmes, deux sœurs de 17 et 18 ans qui vivent, comme le titre l’indique, dans une forêt au moment où la société telle que nous la connaissons s’effondre. Il n’est pas mentionné comment cela est arrivé mais dès le début du livre on comprend que depuis quelques semaines ou mois, il n’existe plus d’internet, d’électricité et que bientôt on ne peut plus trouver d’essence ni de nourriture dans les rayons des supermarchés de la ville voisine. L’histoire relate donc l’apprentissage de cette nouvelle vie pour Eve et Nell qui doivent plus que jamais apprivoiser la forêt et ses ressources, se prémunir des maladies et intrusions tout en soignant leur relation entre lutte pour la survie et moments de renoncement. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire où, de prime abord, il ne se passe pas grand-chose. La véritable aventure est ici avant tout intérieure, à mesure que s’opère chez Nell, la narratrice, un changement complet de perspective, de rapport à l’autre, à la vie et à la nature. Un roman que j’ai finalement beaucoup aimé et qui m’a captivée passées les premières dizaines de pages. Cela m’a aussi évidemment énormément fait réfléchir et fait prendre conscience à quel point je manque de connaissances et de compétences en termes de survie. Inquiétant à l’heure actuelle.

Enfin, j’ai eu un véritable coup de cœur pour « Station Eleven ». J’en avais eu un l’été dernier pour « Rebecca » (chroniqué ici) et depuis cette lecture, c’est le premier livre qui me captive ainsi. Il s’agit d’un roman post apocalyptique. Sans trop en dévoiler, je dirai juste qu’il ne s’agit pas d’une catastrophe écologique, mais rien de surnaturel non plus. Les chapitres alternent entre ce qui est le présent des personnages, à savoir l’an Vingt de la nouvelle ère, et de nombreux flash backs sur ce qui a précédé la chute de la civilisation et sur la façon dont les survivants se sont organisés après celle-ci. On y suit principalement une fanfare itinérante qui joue du Beethoven et du Shakespeare sur les routes depuis des années. Les chapitres se centrent sur des personnages qui ont connu une personne en commun, morte elle avant la chute.  Comme le précédent, ce roman fait un peu froid dans le dos et questionne notre pouvoir de résilience. Y sont abordées de nombreuses questions métaphysiques : les souvenirs sont ils un poids ou une force ? faut-il continuer à enseigner le monde d’avant aux enfants ? « Survivre ne suffit pas », tel est le leitmotiv de la fanfare. Je ne peux trouver le mot pour bien vendre ce roman mais je le conseille grandement, il est tout simplement magnifique, poétique, captivant. J’adore ce style de narration, éclatée au début et dont les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu sans effort, harmonieusement. Je lirai assurément les autres ouvrages de cette jeune autrice canadienne, des polars qui plus est.

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En parlant d’Eleven, admirez mon sens de la transition puisque je viens de regarder la troisième saison de « Stranger Things » (pour ceux qui ne regardent pas, Eleven est l’héroïne de la série, je ne vous ostracise pas, je n’ai jamais regardé Game of Thrones) et je voudrais épouser les frères Duffer ! Ou en tout cas l’un des deux. Quel bonheur cette série, j’ai l’impression que cette saison était la meilleure, mais j’avoue ne pas m’être repassée les deux premières saisons. J’ai tellement adoré, c’est bourré de références pop (et historique, les russes et les américains en prennent tous pour leur grade) qui me plongent dans une grande nostalgie, surtout le dernier épisode… « l’histoire sans fin », « retour vers le futur », mon âme d’enfant est toute émue. L’esthétique est folle, cela se clôture sur du David Bowie…on veut ma peau manifestement. J’ai ri (quelqu’un peut-il être plus drôle que Steve Harrington ? Seriously ?) eu peur et j’ai même versé une larme… Bref je suis prête pour la suite, mais il nous faut maintenant ronger notre frein durant quelques bons mois, si pas plus d’un an. Bon, revoir « Dark » saison 1 et regarder et comprendre la saison 2 devrait sans doute m’occuper un bon bout de temps.

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Girl Power!
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Funniest gang on earth

Niveau ciné, je suis allée voir « Rocketman » le biopic musical sur John Lennon et j’ai adoré. J’avais un a priori positif car je suis fan des deux films Kingsmen et donc de Taron Egerton qui joue Elton John dans Rocketman. Pour ceux qui ont vu Kingsmen, il est amusant de se rappeler le caméo hilarant de Sir Elton dans le second opus. Je me demande si c’est à cette occasion qu’Elton a pensé que ce jeune acteur pourrait l’incarner… Bref, pour en revenir au film, ce fut un excellent moment. On y découvre la jeunesse de Sir Elton, enfant sensible et délaissé, qui n’a véritablement reçu d’amour que de sa grand-mère. Musicalement, on se régale aussi puisque les meilleures chansons nous sont proposées. Cela donne lieu à des moments façon comédie musicale. Le reste du temps, le film est plus classique, les acteurs ne chantent pas les dialogues. Ce sont plutôt des capsules où la narration s’arrêtent et personnellement cela ne m’a pas dérangée, j’ai trouvé cela très originale. J’ai été touchée par l’histoire d’Elton. J’ai vu qu’il était producteur du film et je ne sais pas jusqu’où il a planché sur le scenario, mais le film ne m’a pas semblé édulcoré dans la mesure où l’on voit tout de sa descente aux Enfers. Je ne vous cache rien, Elton John est toujours vivant, donc cela se termine plutôt sur une note d’espoir. Mention spéciale à Jamie Bell (que je n’avais absolument pas reconnu) dans le rôle du meilleur ami et parolier d’Elton John, Bernie Taupin. J’ai été émue par cette histoire de l’amitié d’une vie et par la performance des acteurs. Richard Madden (vu dans Bodyguard) n’est pas mal non plus en producteur peu scrupuleux. Il se fait tailler un costard lui par contre. Et enfin, détail qui n’en n’est pas un : les légendaires mises en scène et costumes sont reconstitués et on en prend plein les yeux. A voir, sur grand écran si vous en avez encore la possibilité !

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Jamie Bell et Taron Egerton

Je conclus cet article avec un autre film vu à la télévision. En le regardant, je me suis aperçue que je l’avais déjà vu, probablement au cinéma, mais que j’avais oublié. Il s’agit de « Mr Holmes » de Bill Condon avec Ian Mc Kellen. On y suit un Sherlock de 93 ans, désormais à la retraite, qui se plonge dans sa mémoire défaillante à l’aide du jeune fils de sa gouvernante, pour résoudre une enquête qui le hante depuis des décennies. Parallèlement, l’homme et l’enfant cherchent à résoudre le mystère qui entoure la mortalité étrangement élevée de la colonie d’abeilles dont s’occupe le vieil homme. Ce film est inspiré d’un roman de Mitch Cullin et qui reprend le célèbre personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est un film gentillet dirais-je, mais il ne ravira pas les puristes. En effet, Holmes, même affecté par le grand âge, est bien différent du personnage (quelque peu dénué d’affects et cocaïnomane, dont Benedict Cumberbatch propose une interprétation plus fidèle dans la série de la BBC) créé par Conan Doyle qui l’aurait sans doute renié. A voir par un après-midi pluvieux en repassant avec une tasse de thé à portée de main, ce que j’ai fait.

Voilà, c’est tout pour ce mois-ci. Je retiendrai principalement « Station Eleven », « Stanger Things » et « Rocketman ». Et vous, quoi de neuf ?

Bilan culturel de juin

Bonjour à tous,

Petit intermède dans mes récits de voyages passés et à venir pour vous parler de ma consommation littéraire et autre en ce mois de juin. Enfin, surtout littéraire car je ne suis toujours pas allée au cinéma en juin (mais j’y suis déjà allée ce mois-ci et plein d’autres films me font envie) et niveau séries, j’ai principalement continué des choses déjà entamées avant. Par contre, en Croatie j’ai renoué avec un temps de lecture quotidien conséquent et c’est donc avec plaisir que je vais pouvoir parler de plusieurs romans.

J’ai notamment et finalement terminé « Duma Key » de Stephen King. Le premier livre de cet auteur mythique que je lisais. J’avais déjà tenté 22/11/63 qui avait été encensé par la critique et les amateurs, mais il m’était tombé des mains assez rapidement. C’est une amie qui m’a offert Duma Key lors d’un souper à 4 après les fêtes où chacune proposait un livre et repartait avec le livre d’une autre. J’ai donc mis presque deux mois à terminer Duma Key, livre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, contrairement à plein d’autres de l’auteur. Voici la quatrième de couverture de l’édition du Livre de Poche :

Duma Key, une île de Floride à la troublante beauté, hantée par des forces mystérieuses, qui ont pu faire d’Edgar Freemantle un artiste célèbre… mais, s’il ne les anéantit pas très vite, elles auront sa peau ! Dans la lignée d’Histoire de Lisey ou de Sac d’os, un King subtilement terrifiant, sur le pouvoir destructeur de l’art et de la création.

Too much, kitsch, drôle, éminemment cinématographique façon série B, il y a du Tarantino chez King. Sabrina Champenois, Libération.

Terrifier son lecteur alors que son récit se déroule en plein soleil dans l’archipel des Keys, lieu paradisiaque à la végétation luxuriante et aux plages blondes, c’est ce que King fait de mieux. Tatiana de Rosnay, Le Journal du dimanche.

Ce que j’en ai pensé : Il faut savoir que le fantastique n’est pas mon genre de prédilection, mais ça vous l’aviez compris. Néanmoins, je suis contente d’avoir terminé ce bouquin assez conséquent. Il démarre en diesel et j’ai trouvé le début lent et même le milieu lent. Peut-être aussi parce que la fatigue me faisait clore les yeux après à peine une quinzaine de pages chaque soir sans vraiment réussir à m’immerger dans le récit. Cependant, je n’ai pas eu envie de laisser tomber comme pour d’autres livres. Je ne saurais dire ce qui a fait la différence, je pense que j’étais tout de même absorbée par l’atmosphère installée peu à peu par l’auteur. Pendant longtemps, j’ai senti quelque chose planer, une forme d’étrangeté, mais c’est seulement vers la fin du roman qu’elle est devenue menaçante puis terrifiante et à la fin, je ne pouvais quasiment plus lâcher le livre. Au final, ça m’a plutôt donné envie d’en lire un autre. A vous de me dire lequel. Etes-vous fan du maître ?

Au rayon séries, j’ai regardé les saisons 3 et 4 de « The Affair », une production de Showtime diffusée par Netflix. J’avais vu les deux premières saisons il y a longtemps (je pensais en avoir parlé ici mais je n’en retrouve pas la trace ) et j’étais ravie que la suite arrive sur Netflix. Je trouve cette série brillante, originale et captivante, bien que parfois, elle s’égare en voulant traiter trop de sujets à la fois. Au départ, le pitch est simple et le titre ne ment pas : on suit la relation extraconjugale de Noah et Allison (Ruth Wilson, vue en psychopathe dans Luther), ainsi que ses conséquences sur leurs vies et celles de leurs conjoints respectifs Helen (Maura Tierney – Urgences) et Cole (Joshua Jackson – Dawson, Fringe). Ce qui la rend exceptionnelle c’est :

  • La qualité incroyable de l’interprétation des acteurs principaux entre errance et résilience
  • La finesse psychologique et la construction des personnages qui traversent passion, deuil et traumatismes avec cohérence.
  • La force de se renouveler, même si certaines trames narratives de la troisième saison étaient évitables, c’est bien plus qu’une série sur une intrigue amoureuse.
  • Le portrait réaliste fait des psys et du travail de reconstruction, ainsi que de la dynamique familiale qui permet toujours une analyse plus poussée des actes posés.
  • Enfin, ce qui fait la particularité de la série et sa signature, le traitement des évènements selon plusieurs angles. Les épisodes sont divisés en deux et montrent au début les points de vue de deux personnes sur des évènements similaires. Par la suite, ce ne sera pas toujours le cas, mais les protagonistes se passent toujours le témoin de l’intrigue, le cédant occasionnellement à un personnage secondaire. C’est très innovant, parfois on ne sait plus où on en est après un épisode, mais cela rappelle surtout le caractère subjectif de l’expérience et la nécessité de prendre du recul avant de juger.

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Bref, sur le fond comme sur la forme, je vous recommande chaleureusement cette série. Attention cependant aux âmes sensibles, il y a pas mal de scènes assez crues et émotionnellement, cela peut aussi être violent. Si vous êtes déprimé, c’est à double tranchant.

Enfin, j’ai lu la trilogie de Douglas Kennedy « La symphonie du hasard ». Voici ce qu’en disait Christine Ferniot pour site de telerama lors de la sortie du premier tome :

Capable du meilleur (La poursuite du bonheur) et du moins bon (La Femme du Ve), Douglas Kennedy se révèle un champion des destins contraires. On s’installe dans ses romans avec l’assurance d’un plaisir confortable, renforcé par son sens de la dissection psychologique. Avec La Symphonie du hasard, le romancier se lance dans un ample projet : un roman fleuve couvrant une vingtaine d’années. Le premier volume de cette épopée américaine paraît ces jours-ci, les deux suivants seront disponibles en mars puis en mai 2018. Unissant petite et grande histoire, autobiographie et fiction, Douglas Kennedy réussit une fresque sociale et familiale pleine de trahisons, de mensonges et de culpabilité. Il choisit pour héroïne Alice, éditrice à New York, qui se souvient de son adolescence, dans les années 1970. Par son entremise, il plonge dans une famille middleclass de banlieue, une fratrie de trois enfants nés des amours d’une mère dépressive et d’un père catholique irlandais rigide et souvent absent.

Racisme, antisémitisme, homophobie, mais aussi éveil politique, coups d’Etat au Chili ou libération sexuelle… Douglas Kennedy lance son kaléidoscope et n’oublie jamais de serrer ses intrigues comme ses personnages en multipliant les détails de la vie quotidienne. On file boire une bière dans un « diner » décoré comme un wagon de train pour parler existentialisme. Van Morrison jaillit dans la sono. Les étudiantes fument des ­Viceroy et s’habillent « baba cool ». ­Richard Nixon prête encore serment sur les marches du Capitole… « Toutes les familles sont des sociétés secrètes », écrit le romancier, et en effet, les ­secrets ne manqueront pas — à commencer par un peu d’espionnage paternel à la solde de la CIA. Quand le premier tome s’achève sur un « A suivre » feuilletonnesque, on peste à l’idée d’attendre trois mois. C’est plutôt bon signe !

Douglas Kennedy est indéniablement un raconteur né, difficile de lâcher un de ses ouvrages. Comme dit plus haut, il y a eu du très bon et du moins bon, tant au niveau des intrigues (qui tendent à se répéter) que du style. Ici, on a un peu l’impression qu’une commande a été passée à l’auteur (mais est-ce une impression en fait?) et qu’il a dû livrer un produit fini rapidement. Je ne veux pas cracher outrageusement dans la soupe. J’ai aimé cette saga familiale (pour le coup tout à fait un de mes thèmes de prédilection) et suivre l’Histoire au travers des histoires et pérégrinations d’Alice. Cependant, j’ai trouvé aussi trop de clichés. Clichés sur la famille, clichés sur l’Amérique, clichés sur l’Irlande. Chaque détail du quotidien était convenu, les choses n’étaient pas bien dégrossies. Et, autre problème, les personnages ne sont pas des plus sympathiques, j’ai eu du mal à être en empathie avec Alice. Je trouvais que malgré ce qu’elle disait et pensait, les choses paraissaient glisser sur elle. Hormis les aléas de l’existence, ce qu’elle veut, elle l’obtient (une admission dans une université, la reconnaissance, un mec…) et ça manque globalement de nuance. Ceci dit, ça s’améliore et devient plus complexe je trouve lors du troisième tome. J’ai fini par m’attacher à Alice et aux personnages hétéroclites qui l’entourent et j’ai été touchée par les réflexions faites sur la façon dont nous pensons nous organiser pour ne pas souffrir, au risque de passer à côté du bonheur. J’en lirais un 4° ou un 5° avec plaisir, malgré cette pauvreté relative dans l’écriture. Si vous devez lire un Douglas Kennedy, je vous conseille « quitter le monde » ou « cet instant là » qui sont les deux ouvrages que j’ai préférés.

Voilà, j’ai beaucoup parlé alors que finalement, j’ai parlé de très peu de choses. Et vous, dites-moi, avez-vous des auteurs fétiches et d’autres qu’il vous faudrait encore absolument essayer ?

Bilan culturel d’avril

Nous sommes déjà le 12 mai, il est donc plus que l’heure pour moi de faire mon bilan culturel du mois d’avril. Comme je le disais dans mon article précédent, j’ai été très occupée ce mois. J’ai passé du temps avec des amis et j’avais pas mal d’engagements en soirée avec ma troupe de théâtre, sans parler des représentations.

Au niveau lecture, je n’ai rien à déclarer pour avril. J’ai commencé à lire « Duma Key » de Stephen King, mais j’avance très lentement sans encore avoir d’avis tranché. Je ne sais pas si ça me plait ou non. J’imagine que je vais tout de même parvenir à le lire avant la fin mai.

Je suis allée au théâtre voir Hamlet, avec Thomas Mustin (plus connu sous son nom de scène musical Mustii) dans le rôle titre. C’était une production de l’atelier théâtre Jean Vilar. J’ai un avis mitigé sur cette adaptation. Le texte n’était pas intégral et il était entrecoupé de moments musicaux, en anglais pour la plupart.

Mustii sera Hamlet au Jean Vilar (Ottignies-Louvain-la ...

Les plus :

  • De bons musiciens et de bons chanteurs et des morceaux qui me plaisaient, il y avait même du Bowie
  • Thomas Mustin est une bête de scène
  • La scénographie modulable et pivotante
  • Les monologues essentiels préservés
  • L’histoire reste compréhensible
  • On ne s’ennuie pas du tout

Les moins :

  • Je n’ai pas compris cette « revisite » de l’œuvre, c’était joli et bien fichu mais sans réel plus.
  • Pas compris le pourquoi des choix musicaux…c’était à mon goût mais je n’ai pas saisi si c’était destiné à apporter un plus ou à remplacer des morceaux de texte « coupés au montage »
  • Je ne comprenais pas bien Ophélie et un autre comédien, Polonius je pense
  • L’apparition d’un personnage au parler plus vulgaire qui croire la route d’Hamlet
  • Avec les coupures et les effets, on y perd en émotion. Hamlet était touchant, mais juste quand l’émotion affleurait, il y avait souvent quelque chose, un mouvement, un intermède, qui venait casser le moment.

Au final, j’ai passé un bon moment, même si j’ai eu l’impression d’assister à un exercice de style. Le texte  été en partie expurgé des considérations politiques pour se centrer sur la quête de sens d’Hamlet, sa révolte intemporelle face à la déception que sont les adultes, son tumulte intérieur entre désir de vengeance et tentation de choisir la mort. Cependant, l’émotion manquait, il aurait suffi de pas grand-chose pourtant.

Niveau séries, j’ai regardé deux deuxièmes saisons :

  • Celle d’ « Outlander », dont j’avais déjà parlé ici. La première partie de la saison m’a ennuyée car elle avait lieu en France et ce n’était plus la même ambiance. Heureusement, Jamie et Claire sont ensuite rentés en Ecosse et j’ai beaucoup aimé, même s’il y avait beaucoup de scènes de bagarre.
  • Celle d’ « Ennemi Public » , série belge de la RTBF, que j’ai bien préférée à « la Trève ». La première saison clôturait une intrigue (des meurtres d’enfants dans une petite ville des Ardennes) et en laissait une autre ouverte (la disparition vingt ans plus tôt de la sœur de l’inspectrice Chloé Müller). C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Angelo Bison, hypnotique, qui campe un assassin d’enfants en quête de rédemption et accueilli dans un monastère. L’intérêt de la série tient en bonne partie dans son interprétation, on se surprend à avoir de l’empathie pour lui, à croire en son changement, mais je n’en dis pas plus… A ses côtés, Stéphanie Blanchoud (Chloé Müller), Jean-Jacques Rausin (Michaël Charlier), Clément Manuel (frère Lucas), Pauline Etienne (Jessica Müller, adulte) et la jeune Fantine Harduin, entre autres… Une série qui donne l’occasion à des comédiens belges de tourner en Belgique et de jeter des ponts entre théâtre et télévision/cinéma. De plus, le suspense est réellement bien mené et on est vraiment tenus en haleine par la nouvelle intrigue, tout en suivant la vie des habitants de la communauté qui fait face aux conséquences de la première saison… A voir !

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Enfin, sur netflix, j’ai regardé un stand up de Ricky Gervais intitulé « Humanity ». J’ai découvert cet acteur archiconnu outre manche dans la série « After Life », chroniquée ici. J’ai adoré ce spectacle humoristique qui traite de la question « peut-on rire de tout ? » de façon intelligente et drôle. Le comédien y parle aussi de son non désir d’enfants et de son amour pour les animaux. Il y a là tout ce que j’aime, c’est audacieux, engagé, grinçant, extrêmement second degré et cynique. Bien loin de l’humour gras et misogyne des humoristes quinquas français que je ne supporte pas. Je vous recommande chaudement ce spectacle décomplexé et intelligent. Il est très bien sous-titré et lorsqu’on comprend bien l’anglais on saisit également quelques jeux de mots bien fichus.

Voilà, c’est tout pour ce mois d’avril. Je reviens en mai avec de la lecture j’espère, ça me manque. Et vous, qu’avez-vous découvert ? Quelque chose vous donne envie ?

 

Bilan culturel de mars

Bonjour à tous et toutes, en établissant ma liste, je m’aperçois que ce mois ci, j’ai passé moins de temps devant ma télévision, ce qui n’est pas une mauvaise chose. J’ai eu des soirées bien occupées, je suis partie à Lille et je me suis produite sur scène dans un festival sympa.

Voici donc un bilan plus léger que précédemment. En termes de séries, j’ai regardé :

  • « Brokenwood », la série programmée en mars le dimanche soir par France 3. Et vous savez que je suis une fidèle. C’est je pense la quatrième saison de Brokenwood qui a été diffusée. Chaque saison ne comporte que 4 épisodes. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les enquêteurs néo zélandais. Un cadre que j’apprécie moins que celui de l’Angleterre, mais ici il y a davantage d’humour, des personnages réccurents même en dehors de ceux qui mènent l’enquête et une médecin légiste russe qui me fait beaucoup rire, amoureuse et un peu flippante.
  • « Deep Water » sur netflix, une série qui enquête sur des meurtres homophobes en Australie. L’enquêtrice principale est une femme et elle s’aperçoit que le cas actuel pourrait l’aider à résoudre le mystère qui entoure la mort de son frère une vingtaine d’années auparavant. J’ai apprécié cette série, sans pour autant que ce soir un coup de cœur. Elle compte 6 épisodes.
  • « Conversations with a killer : the Ted Bundy Tapes » encore sur netflix : à voir absolument pour tous les fans d’enquêtes sur les tueurs en série. Ted Bundy, sous ses airs de gendre idéal, est sans doute l’une des personnalités les plus énigmatiques et terrifiantes du 20° siècle. Vous découvrirez des vidéos inédites et des témoignages glaçants que je n’avais jamais vus auparavant. C’est extrêmement bien documenté, on y voit Bundy assurer sa propre défense devant un tribunal. On nous y explique aussi comment ce psychopathe à la très haute intelligence a pu berner tant de monde, s’évader et partir en cavale dans plusieurs états, chose qui ne serait sans doute plus possible de nos jours grâce à l’informatisation. Passionnant.
  • Mais le vrai coup de cœur, c’est « After Life » (toujours netflix), une minisérie en 6 épisodes de 25 minutes. C’est beaucoup trop court. On y suit un homme (Ricky Gervais, humoriste très connu en Angleterre) qui fait face au deuil de sa femme adorée, décédée d’un cancer plusieurs mois auparavant. Ou plutôt qui n’y fait pas face. Il décide de se suicider, puis renonce car il doit nourrir sa chienne…Il décide alors de continuer à vivre en s’employant à dire ce qu’il pense, sans ménager les gens qui tentent de lui venir en aide, voire en les poussant à bout. Regardez cette série, c’est un bijou d’humour et de sensibilité. Oui parce que c’est une comédie. J’ai tout aimé, les personnages secondaires sont colorés et attachants, les situations sont cocasses (le personnage principal travaille au journal local d’une petite bourgade anglaise où les gens inventent les prouesses les plus farfelues pour être à la une) et c’est bourré d’une humanité salvatrice. J’ai cependant regretté le trop plein de bons sentiments du dernier épisode, je trouve que cela aurait pu aller plus loin encore, avec une saison plus longue et une conclusion mieux amenée. On annonce une seconde saison, je ne sais pas ce sous quel angle on peut aborder une suite (à cause notamment de cette fin un peu trop rapidement emballée), mais je serai là.

After Life: La nueva serie del creador de The Office para ...

Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma ce mois de mars et cela me manque. Le seul film que j’ai regardé est « ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle (1958). J’aime de temps en temps regarder un classique ou un vintage, vous avez dû le remarquer dans mes bilans. Cela me rappelle que j’ai tout de même étudié le cinéma durant un an. Ce film est un thriller assez bien ficelé et considéré comme l’un des premiers de la Nouvelle Vague. Ce n’est pas le genre que je préfère, mis à part les films de Truffaut que j’affectionne (surtout la Nuit Américaine), mais il tient en haleine. Il est cependant difficile d’entrer en empathie avec les(anti)héros qui sont assez égoïstes et finalement malintentionnés. Mais bon c’est de la Nouvelle Vague noire.

Le monde selon Garp Streaming VF qualité HD

Enfin, mon unique lecture du mois est un livre que je regardais sur les étagères des librairies depuis des années. Il commence lui aussi à être vintage puisqu’il a été publié en 1978. Il s’agit de « le monde selon Garp » de John Irving. Voici le résumé de la quatrième de couverture : « Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde. » Eh bien je suis bien en peine pour dire si j’ai aimé ce roman. En tous les cas, il est inclassable et j’ai pris plaisir à le lire même s’il lui faut du temps pour se lancer. C’est une lecture parfois laborieuse mais ô combien originale. Je l’ai trouvé un peu décousu à certains moments ; il nous balade entre passé, présent et futur. Je me suis demandé si le personnage de Garp n’était pas un peu autiste, en tout cas il est atypique et obsessionnel, ce qui le rend parfois fatigant. John Irving réussit à transformer le quotidien en aventures parfois loufoques et limite grotesques… Comme d’autres critiques que j’ai lues, je trouve qu’il a peut-être essayé de mettre trop de choses dans un seul roman : paternité, violence, processus de création, émancipation, libération sexuelle, féminisme, voyage, infidélité, meurtres… Des nouvelles entières rédigées par Garp sont inclues dans le roman. Un ovni, adapté au cinéma avec Robin Williams dans le rôle titre. Au final, je crois que je vous recommande ce libre, j’ai aimé lire les critiques, la préface, etc… car il y a plus que l’histoire en elle-même. J’ajoute que, même si le roman a fêté ses quarante ans, il reste d’une grande actualité, je ne l’ai pas trouvé daté. Je suis également curieuse de lire un autre roman de John Irving qui qualifie celui-ci, même si c’est celui qui l’a rendu célèbre, de roman de jeunesse et admet son manque de structure. Bref, vous l’aurez compris, « le Monde selon Garp » ne ressemble à aucun autre roman.

Voilà, c’est tout pour ce mois ci. Le mois prochain, nous aurons Hamlet, Ennemi Public et peut-être mon premier Stephen King (je m’avance, oui).