Journal de Confinement 3: 30/3 au 5/4

Lundi 30 mars

Réunion de boulot teams… On me livre mon ipad reconditionné commandé sur Backmarket. Le livreur sonne et ne prend même pas la peine d’attendre que j’ouvre la porte pour qu’il puisse déposer le colis dans le hall de mon immeuble. Comme si rien que de me voir penchée à la fenêtre lui avait fait entrevoir sa fin prochaine…peut-être que je devrais recommencer à me maquiller finalement…

Au tour de Marie la Sanglante, mais je suis quelque peu distraite…

Je sors courir, pas trop longtemps aujourd’hui. Il fait froid.

Je donne sa chance à une nouvelle série qu’on m’a recommandée, à la fois une amie et sur youtube au rayon des bonnes séries historiques: The Last Kingdom.

Mardi 31 mars

22 km à vélo, je découvre de nouveaux sentiers et un joli parc aménagé à l’arrière d’un quartier où je ne vais jamais, dans ma propre ville. Je regarde désespérément s’il n’y a pas une petite maison avec jardinet à vendre, je m’y verrais bien. En passant dans un village frontalier, je vois, à 50mètres de moi, sur un chemin bien connu, la frontière…bloquée, par des barrières et des blocs de béton…ça fait bizarre tout de même. Je ne sais jamais exactement où se situe la frontière…maintenant oui…

Le soir nouvelle réunion teams, avec mon groupe de théâtre cette fois…

Mercredi 1 avril

Journée de permanence physique au boulot. Désinfection des claviers et des téléphones. Réunion et appels téléphoniques, cela devient la routine. Je me suis de nouveau gâtée avec un croissant cannelle et un pain au chocolat que je mange durant ma vidéo-réunion.

Lors d’une pause, je lis cet article https://www.lalibre.be/debats/opinions/opposer-croissance-et-decroissance-a-l-heure-du-coronavirus-le-probleme-est-mal-pose-5e8366e1d8ad581631950e50 . Je trouve cela très intéressant. Pourquoi faudrait-il obligatoirement choisir entre croissance et décroissance ? Une croissance de qualité, humaniste et écologique est elle impossible ? Je vous conseille vivement de lire cet article rédigé par un philosophe confiné.

Après le travail, je rejoins S et nous marchons 10km en observant l’éveil du printemps dans les jardins, au bord de l’eau. Je lui fais part de ce regain de créativité et de mes nouvelles routines qui font tant de bien.

On m’a livré mes nouveaux feutres et des jolis carnets de coloriage illustrés par Johanna Basford, une star apparemment.

Après un appel vidéo d’1h30 avec mon amie C, je termine la journée avec les Vikings et les Saxons de The last Kingdom.

Enchanted Forest by Johanna Basford | Waterstones
Couverture d’un de mes chouchous de confinement

Jeudi 2 avril

Routine de travail matinale et choix du Secret d’Histoire du jour : Charles Quint…ça y est je commence à tout mélanger. Je songe à me créer une ligne du temps…mais avec quoi ? Un rouleau de papier toilette maintenant que j’en ai ?

J’allume mon four et sauve des bananes noircissantes en préparant des muffins banane pépites de chocolat. Pourquoi la pâte est-elle toujours meilleure que les gâteaux eux-mêmes ? Pourquoi ne la commercialise-t-on pas en petits pots au lieu de la cuire. Mystère…le confinement ouvre la voie à la résolution de beaucoup de questions existentielles…

Ceci dit, je me demande qui va manger tout ça…devrais-je prévoir une livraison sans contact dans le voisinage ?

Déjà l’heure d’enfiler mes baskets, je ne m’arrêterai qu’après 1h21 de course et 12 km au compteur. Je suis vraiment très satisfaite de moi aujourd’hui. Je n’étais pas à bout de force en plus, j’ai accéléré à la fin, mais j’avoue que seule, il est difficile de se motiver à courir plus longtemps. De plus, je ressens depuis quelques semaines des tensions à la cheville gauche et je crains les conséquences l’abus d’impacts. Pour l’instant ça ne se dégrade pas donc je continue mais je soigne la récupération et fais des exercices de proprioception à la maison pour la renforcer.

18 Motivational Running Quotes to Keep You Inspired | ACTIVE
So true…

Vendredi 3 avril 

Anne de France aujourd’hui. J’ai moins de travail que les autres jours, je passe quelques coups de fil mais dois également laisser des messages car certaines personnes ne répondent pas. Ce sera pour lundi car si j’ai laissé ma vie professionnelle entrer chez moi, je me fixe néanmoins la limite de ne pas travailler le soir ni le weekend.

Je me suis inscrite à un MOOC d’histoire contemporaine. On verra ce que ça donne. Je commencerai à bosser lundi, je pense que j’ai vu les meilleurs épisodes de Secrets d’Histoire, il me faut varier les supports.

C’est le jour des courses. Je trouve tout ce qu’il me faut. Je vais au magasin bio et dans un autre magasin de grande distribution et là, je fais la file pour la première fois. Je fais quelques courses pour l’infortunée S. qui a réussi à se blesser à la cheville dans son salon, une entorse légère dit-elle. J’effectue ma livraison et rentre en passant devant la maison de repos où vit ma marraine…que peut-elle comprendre à tout cela ?

Les nouvelles ne sont pas bonnes, les médicaments commencent à manquer dans les hôpitaux français. C’est terrifiant et impensable de se dire que l’on pourrait arriver à une situation où indépendamment de la place et du matériel disponible, on ne pourrait plus sédater les patients qui doivent être intubés, endormis ou tout simplement qui sont en souffrance en fin de vie.

Soirée Koh Lanta, un de mes seuls repères dans la semaine 🙂

Koh-Lanta: tempête chez les ex-Rouges
C’est là qu’on est content d’être à la maison

Samedi 4 avril

Les jours et les semaines commencent à se ressembler, aujourd’hui c’est grasse matinée et ménage en musique.  Le tri de ma garde robe commence également. L’occasion de me séparer également de certaines pièces que je n’ai pas du tout portées cet hiver et/où que je ne porterai pas cet été. Je fais du repérage sur Vinted où je pré sélectionne des vêtements avec soin, des choses que je dois remplacer et/ou qui vont bien s’agencer avec ce que j’ai déjà.

Il fait magnifique et c’est un jour de course. Je fais un peu plus court même si ça roule bien, j’essaie de ménager ma cheville.

Je regarde un film avant de m’enfiler mon épisode quotidien de The Last Kingdom. Il s’agit de « réparer les vivants » et me voilà forcément en larmes jusque pendant le générique « five years » de David Bowie. Ai-je déjà mentionné à quel point j’aime David Bowie ? L’occasion de pleurer un peu pour lui aussi.

David Bowie: Five Years (2013) - IMDb
Love, love, love…

Dimanche 5 avril

Le plus beau jour de cette semaine, météorologiquement parlant. Tout le monde va sans doute faire des barbecues et profiter de son jardin. Cette nuit, j’ai rêvé qu’on annonçait 40 degrés pour la semaine prochaine, ce qui serait un cauchemar dans mon appartement. Sans doute parce que je me dis que ça va durer longtemps et s’il commence à faire chaud, il faudra que je trouve une solution car ce ne sera pas vivable ici 24h/24.

Aujourd’hui sera un jour de randonnée. Je retourne dans le bois dont je vous ai parlé précédemment. Pas grand monde ouf, je souffle, j’écoute, j’inspire, j’admire, je marche consciente de chacun de mes pas, j’apprécie le sol meuble, les rayons du soleil qui zèbrent le sol, découpés par la canopée. Je suis dans ma bulle. Je m’arrête au bord d’un étang, personne ne s’approche, je m’assois. Bientôt je vois sur la rive en face une voiture de police. Elle est tolérante et fait demi-tour. Bien qu’immobile, il n’y a quasi personne dans les parages. Ca ne rigole pas (ceci dit ils ont raison, je suis sûre que des barbecues entre amis ont eu lieu ce jour), je suis reconnaissante de vivre en démocratie.  Je fais de petits détours, découvre des chemins, des rues, des vues, je rêve d’une tiny house sur une parcelle en lisière de bois. Je croise des gens que je connais, on se salue, on papote deux minutes séparés par la chaussée, toujours prudents. Je me sens reliée aux gens bizarrement. Nous sommes seuls, mais les contacts fortuits et brefs ont une intensité différente. Un sentiment de communauté exotique et inconnu. De retour, je m’offre ce à quoi j’ai pensé durant mes 3 heures de promenade : une glace. Le comptoir du glacier de ma rue est ouvert et je rentre savourer la première glace de 2020. Je suis assoiffée, je fais la part belle aux sorbets : citron et passion…accompagnés d’une stracciatella gourmande.

J’applaudis les soignants et le solo de trompette que nous offre chaque soir une jeune voisine. D’autres rues s’animent, je les entends, sans savoir bien distinguer l’origine des vivas.

Les nouvelles. L’Italie semble avoir franchi le pic de l’épidémie.  Je croise les doigts. Je me réchauffe le cœur en regardant un reportage sur la solidarité à la fin du JT de France 2. Prêt d’appartements près des hôpitaux pour le personnel soignant. Un épicier en montagne qui aide les anciens à se procurer tout ce dont ils ont besoin. Demain, le gâteau que j’ai acheté pour soutenir mon café chouchou Tea Late sera livré dans un hôpital liégeois. Génial un mec organise dans sa rue un quizz chaque soir « question sur un balcon ». Thomas Dutronc chante en direct maintenant, je l’aime bien lui « on ne sait plus s’ennuyer ».

La semaine s’achève, le printemps est là, je trouve que ça passe vite finalement. Quand on est créatif et intéressé par beaucoup de choses, on ne s’ennuie jamais. J’ai la chance d’avoir un mental disposé à la rêverie et j’ai toujours des nouvelles idées…pour le moment.

 

Bilan culturel de mars

Entre deux journaux de confinement, voici mon bilan du mois de mars. Sans surprise, je n’ai pas pu aller au cinéma ni au théâtre avant le coup d’arrêt asséné par le virus et j’essaie de limiter ma consommation de netflix. J’y arrive plutôt bien puisque je travaille encore et que je me consacre à d’autres activités pour lesquelles je n’ai pas le temps habituellement.

Par contre, je suis bonne cliente de youtube, plateforme sur laquelle je regarde chaque jour de semaine un épisode de Secrets d’Histoire. Je ne vais pas ici en refaire la liste, mais c’est devenu mon petit rituel quand je fais des pauses. Je le regarde en 5 ou 6 fois 15 minutes et je termine souvent vers 19h après le sport et avant une séance netflix ou de la lecture. Tout cela me donne envie de visiter beaucoup de chateaux.

Au niveau des séries, j’ai :

  • Regardé la 4° saison d’Outlander. Je suis assez mitigée. Sans en dire trop pour ceux qui souhaitent regarder, les saisons que j’ai préférées sont la 1 et la 3 car elles se passaient en Ecosse. Cela reste néanmoins un très bon divertissement et il n’est pas inintéressant de voir comment est dépeint le nouveau monde à la fin du XVIII ° siècle
Jamie Fraser Quotes - MagicalQuote
Il y a pire que d’être confinée avec Jamie Fraser…
  • J’ai retrouvé Barnaby le dimanche sur France 3, mon moment doudou avant de recommencer la semaine.

J’ai terminé « Rendez-vous avec le crime » de Julia Chapman. Il s’agit du premier tome d’une série de romans policiers assez légers qui se déroulent dans les montagnes du Yorkshire. On est bien loin de mes thrillers de Lars Kepler et c’est sans prétention, mais j’aime aussi un bon récit et l’aspect série qui nous plonge peu à peu au cœur d’une communauté fictive so British. Contrairement à la série Agatha Raisin dont la lecture m’avait déçue, je pense que je lirai d’autres tomes des détectives du Yorshire, c’est parfait pour les vacances notamment ou pour se détendre au coin du feu.

Les Détectives du Yorkshire - Tome 1 : Rendez-vous avec le crime ...

De mémoire, j’ai regardé deux longs métrages qui étaient sur mon disque dur (enregistré de la télé) depuis plusieurs mois :

  • Whiplash de Damien Chazelle (qui a ensuite réalisé  « Lalaland ») qui nous donne à voir la relation entre un jeune batteur hyper ambitieux et le chef d’orcheste de son conservatoire. Chef d’orchestre aux méthodes peu orthodoxes qui n’hésite pas à harceler, diminuer et même je dirais torturer ses étudiants. J’ai absolument adoré ce film, j’étais tenue en haleine comme devant un thriller. Les deux comédiens sont absolument fantastiques et ont été nommés aux Oscars. La musique tient également un rôle prépondérant et les séquences sont éblouissantes. Le jeune comédien est batteur dans la vraie vie et je ne suis moi-même pas musicienne mais j’y croyais à fond, même si j’imagine qu’il a été doublé pour certaines séquences. C’est un film d’apprentissage qui parle de passion et des limites à franchir…ou pas… Je vous le recommande chaudement.

Whiplash » : duel de mâles au sein d'un orchestre

  • Suite Française de Saul Dibb. Cela se passe durant la deuxième guerre mondiale. Je l’avais enregistré surtout parce que Michelle Williams, Kristin Scott Thomas et Matthias Schoenaerts figuraient au générique et que je les apprécie beaucoup. J’ai eu le plaisir de découvrir que Ruth Wilson (« Luther » et « The Affair ») et Lambert Wilson jouaient notamment dans cette adaptation d’un roman autobiographique d’Irène Némirovsky. L’histoire est celle d’une jeune femme qui vit avec son austère belle-mère en attendant que son mari revienne du front. Durant l’occupation, elles se retrouvent obligées d’héberger un jeune officier Allemand par lequel la jeune femme se sent rapidement attirée. J’ai beaucoup aimé ce film. Les personnages y vivent une belle évolution, surtout la détestable belle-mère qui révèle son cœur. C’est aussi une histoire d’amour tragique et il met en évidence la zone grise entre le bien et le mal alors qu’on se prend de sympathie pour un Allemand raffiné et contraint de faire la guerre tandis que la délation sévit entre les habitants du villages…
Suite française
Matthias Schoenaerts, plus hilarant que jamais  😉

Enfin, au rayon culture, comme je l’ai relaté dans mon dernier article, j’ai eu l’occasion de visiter le Speelklok Museum d’Utrecht ainsi que l’Hortus Botanicus d’Amsterdam.

Et voilà, c’est tout pour ce mois de mars. Et vous ? Comment résistez-vous à la tentation de passer trop de temps devant netflix ? Faites-vous des découvertes intéressantes ? Qui sont vos compagnons fictifs de confinement ?

Journal de Confinement 2: 22 – 29 mars

Lundi 23 mars : Animer une réunion d’équipe avec neuf personnes sur microsoft teams : Check !

Mais après « j’ai la tête qui éclaaaaaaate j’voudrais seulement dormir… ». Non je plaisante, c’est toujours la forme.

Durant mes moments de pause aujourd’hui, la reine Victoria succède à Elizabeth I et je poursuis mes coloriages apaisants.

L’après midi coups de fils professionnels pour m’assurer que les choses ne partent pas en vrille, ça a l’air d’aller.

Le soleil est toujours avec nous, je décide d’aller marcher jusqu’à un bois dont le parking a apparemment été fermé aux voitures car il y avait des regroupements. Je ne sais pas ce que les gens ne comprennent pas…  Du coup, lorsque j’y pénètre enfin après presque 5 kilomètres, j’y suis accueillie par un calme absolu. Une riveraine s’y débarrasse de ses herbes tondues me confirme que c’est fermé en bas près des parkings et des étangs mais que je devrais pouvoir le traverser et rejoindre la route en contrebas. Je me lance. En temps normal, cette situation, moi seule dans un bois, m’insécuriserait. Parce que je suis une femme. Parce qu’on entend trop de faits divers, de joggeuses violées… Aujourd’hui, je me sens en communion totale avec la nature et avec moi-même.  Je compatis avec ceux qui s’ennuient, moi je chéris ce temps qui me permet de déplier mes pensées, de me soulager du fardeau de la course permanente, de renouer avec ma créativité…  Dommage qu’il faille une crise sanitaire pour jouir de ce calme.

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Les bois sont si tranquilles, je fais le moins de bruit possible pour ne pas déranger la musique que joue la nature en sourdine. Tout se ressemble autour de moi et si je ne connaissais pas l’endroit, je pourrais imaginer qu’il s’étend à l’infini. Les petites touches vert tendre sur certains arbustes sont les seuls témoins de l’éveil du printemps alors que la « golden hour » sème la confusion et que l’on pourrait s’imaginer en automne. Le temps est suspendu et le calme est grand à l’intérieur de moi. Je me dis que je suis prête à voyager seule et que j’ai de la chance, après des années parfois tourmentées, comme tout le monde, d’être arrivée à ce stade de ma vie où je suis heureuse d’être confinée avec moi-même… Je retrouve mon chemin et la balade se poursuit et se conclut en plein soleil en longeant le fleuve pour rentrer.

De retour, réponse à quelques messages professionnels, souper sain et ablutions.

Je lis la presse et j’apprends avec soulagement que depuis samedi le nombre de cas avérés et de décès diminuent en Italie. Les articles fleurissent qui disent que le confinement n’aurait pas dû être la solution mise en place par les autorités. L’avenir nous confirmera si c’était un pis-aller comme l’affirment beaucoup de médecins et de spécialistes de la santé publique, mais quelle que soit la méthode, heureusement, elle semble commencer à porter ses fruits.

La soirée est consacrée à l’écriture et à quelques leçons de néérlandais.

Demain je vais reprendre ma voiture pour aller au travail. C’est mon tour de permanence. Là-bas j’aurai même un jardin. Je suis contente de quitter mon domicile, mais en même temps, je me suis faite à cette bulle où je ne suis un danger ni pour moi-même ni pour les autres et demain, il va me falloir croiser d’autres humains. Pas le choix, telle est ma mission…

Mardi 24 mars

Journée de travail au bureau, la première depuis mercredi dernier. Je me lave les cheveux,première fois depuis lundi 16. Oh my God, ils sont si volumineux et légers, je peine à les discipliner. Normalement une cure de sébum doit durer 1 mois, nous verrons donc ce que produisent 8 jours d’abstinence. Je compte espacer le plus possible durant le confinement. Comme on ne peut pas m’approcher, j’espère faire illusion.

En partant, je me concède deux viennoiseries à la boulangerie en bas de chez moi, mon péché consumériste de la semaine.

Journée au ralenti au bureau, nous gérons les choses par téléphone, nous mettons souvent des emplâtres sur des jambes de bois, mais on ne peut rien faire de plus actuellement. Le soleil nous accompagne toujours et je fais le plein de lumière au jardin.

Retour, souper frugal. Je repense à mes mots d’hier. Je me demande si je dois me sentir coupable de me sentir bien. Je vois la rage des médecins qui scandent que nous ne sommes pas en vacances. Ils ont raison, mais je décide de m’absoudre. Je travaille, je respecte toutes les recommandations (et ici nous pouvons toujours faire de l’exercice, même avec un ami, et moi je le fais seule) et je respecte profondément le travail et la souffrance des autres. Je pense que c’est leur faire honneur que de mettre à profit ce temps qui nous est donné à nous, bien portants contraints à ralentir, pour nous replier en nous-mêmes, prendre soin de notre santé et conserver notre bonne humeur. Je vois la créativité et les messages bienveillants fleurir autant que la nature et cela me réchauffe le cœur, moi souvent si désespérée par l’humanité. J’espère qu’un peu de cette conscience collective et de cette nouvelle présence aux autres et au monde qui nous entoure pourra survivre à la crise.

19h21, j’ai été distraite car j’écrivais un mail en même temps et lorsque je relève la tête, Stéphane Bern est en train de nous emmener sur les traces de la chambre d’évacuation des latrines de Catherine de Médicis. Véridique, il examine le reliquat de ce qu’ils supposent être un préservatif en boyau de mouton. Grandeur et décadence… Ouf, il ressort de là et nous voilà en Ecosse sur les traces de Marie Stuart. Je suis fan de Secret d’Histoire c’est fait. Ouille maintenant un vieux hallucine dans un château en ruine et voit Marie Stuart en train de se brosser les cheveux…comme le dit la voix off il « entretient une relation unique avec son fantôme ». Ahem !

Comme vous l’aurez compris, mon moment culture est aujourd’hui encore consacré à une reine. Je fonctionne par phases…demain Marie Stuart peut-être, ou Laurent le Magnifique… J’aimerais tant retenir tout cela, mon manque de culture historique m’ennuie beaucoup.

Je m’arrête ici, je vais sans doute poursuivre mon apprentissage du néérlandais avant de m’octroyer un épisode de série puis un livre et au lit. Pas de sport aujourd’hui, il me faudrait courir demain pour compenser toutes ces canneberges enrobées de chocolat que je m’offre au quotidien. On n’est jamais vraiment seul lorsqu’on a du chocolat…si ?

Mercredi 25 mars

Finalement il n’y aura eu ni sport ni pratique de la langue de Vondel hier.

J’ai entendu du bruit à ma fenêtre alors qu’il faisait noir et c’était des gens qui applaudissaient tandis que les cloches de la collégiale retentissaient. J’ai ouvert la fenêtre, applaudi et par là vu la tête de voisins dont j’ignorais jusque là l’existence. Une fille a joué quelques accords de guitare. Poésie… Je reçois de la poésie par mail aussi, ça fait du bien.

Ce matin, je traite quelques urgences à distance, j’alterne entre des tâches domestiques, du travail, de la culture. L’élu du jour est Voltaire. Je savoure le jus de 3 oranges bio de Sicile offertes par mon papa avant que nous soyons confinés. Quel goût merveilleux.

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La journée est une alternance de travail, de création, de moments d’apprentissage…

Après une première partie de journée productive, je suis prête pour aller courir. Je pars à travers champs, je me risque dans les bois où cette fois, d’autres joggeurs solitaires foulent les sentiers et parfois les inventent. J’ai perdu mon chemin et me retrouve à enjamber un tronc. Je quitte l’ombre des arbres et rejoins le soleil du bord du fleuve. Je suis en forme, mais cela se corse et je suis clémente avec moi-même lorsque je termine en marchant énergiquement. Avec le soleil, j’ai reçu un implacable vent de face sans espoir d’y échapper sur 3 kilomètres. J’ai donc été plus vite cette fois-ci mais un peu moins longtemps.

De retour, petite conversation avec ma filleule et sa sœur en vidéo. Je leur fais écouter mes voisins qui s’animent de soir en soir vers 20h, jouent de la trompette et de la guitare. Elles se montrent créatives elles-aussi et me font voir leurs productions du jour.

La soirée se termine avec le dernier épisode de la saison 4 d’Outlander, le début de l’écriture d’un article ainsi que quelques chapitres de ma lecture cocoon du moment « Rendez-vous avec le crime » de Julia Chapman.

Outlander notes: A Sam Heughan promo; new Richard Rankin quotes
Moi quand les gens ne respectent pas le social distancing…

jeudi 26 mars

Nouvelle réunion sur microsoft teams, nous sommes de plus en plus à l’aise. Mon directeur me fournit une attestation pour que je puisse me déplacer en cas de crise.

Comme hier, je me consacre au travail et aux emails professionnels, à Marie-Antoinette et au néérlandais. J’avance bien et même si je ne suis plus capable de tenir une conversation, je m’aperçois que toute une série de règles de grammaire et de conjugaison sont bien ancrées chez moi. Je fais peu d’erreurs et tout cela se dérouille peu à peu. J’espère garder cet état d’esprit lorsque, une fois le confinement terminé, j’aurai à nouveau des moments de vacances à la maison et des jours de congé en semaine ou même le dimanche. Trop de jours souvent passés certes à me détendre, mais également à faire des déplacements dispensables et à ne rien entreprendre pour apprendre de nouvelles choses.

Je sors faire une marche avec une personne qui a besoin de soutien, couverte par mon attestation. Même si cela sort de mon cadre actuel de travail, j’ai le sentiment que c’est utile et qu’une autre relation se tisse, tout en restant professionnelle.

Je vais faire des courses et me gâte avec une pizza 4 fromages bio que je garnis d’une tomate supplémentaire. Je m’octroie également un coca zéro (cohérence quand tu nous tiens). Malheureusement je crame à moitié la pizza mais ça va elle est tout de même mangeable.

Je m’informe, les hôpitaux de l’est de la France et de la région parisienne font face à un tsunami. Je crains que la même chose arrive ici. De toute façon, même si les services ne sont pas débordés, les patients qui décèdent ne revoient jamais leur famille. Je crains également pour les maisons de repos et pour ma marraine qui y réside et doit être tout à fait déconnectée… J’ignore même si elle a compris quelque chose et si elle nous reconnaitra lorsque nous pourrons retourner la voir…

Je m’arrête ici et vais me changer les idées en terminant mon article sur les Pays Bas et en regardant un film…

Vendredi 27 mars

Aujourd’hui je m’octroie un réveil plus tardif, je me sens vidée, hello la jolie période du mois. Je n’ai cependant pas trop à me plaindre et généralement je parviens à vivre tout à fait normalement, je suis juste plus fatiguée durant 24h.

Je sors pour aller à la poste envoyer une petite carte d’anniversaire à ma filleule qui aura 3 ans lundi. Je prends le temps d’insérer dans l’enveloppe un bouquet de bisous volants et invisibles 🙂 Ensuite direction le supermaché…il me faudrait vraiment du papier toilette… Première tentative, il y a une file monstre, les gens ont presque tous des masques… Où ont-ils eu ces fichus masques…on me dévisage comme si j’étais une pestiférée. Je rebrousse chemin et cherche une autre crèmerie. All right moins de monde ici, je ressors avec le Saint Graal…que j’ai dû demander à la caisse car il est rationné. J’étais presque gênée de le demander, comme si on dealait de la meth. Non mais…

Ici, comme je ne dois pas bouger, j’accueille l’abattement et offre à mon corps une sieste après ma quête victorieuse. Stéphane Bern et Napoléon ne font pas le poids…Je suis éveillée par un appel professionnel et en profite pour traiter quelques affaires courantes avant le weekend tant que je suis à nouveau opérationnelle.

16h15 départ pour une balade avec S. Je fais le plein de rayons de soleil, de vent de bord de Meuse, de cris d’oiseaux… Au retour arrêt à la librairie, je vais bientôt manquer de matériel de coloriage, mais je ne trouve pas ce qu’il me faut.

Sophie Wilmès annonce le prolongement des mesures jusqu’au 19 avril (officiellement mon anniversaire se fera en confinement) et probablement jusqu’au 3 mai. Panique à bord, je boycotte amazon et prends donc un peu de temps mais ouf, je refais mon stock : carnets de coloriage à la fnac (j’aurais voulu soutenir un libraire indépendant, mais ils ne livrent pas) et fournée de stabilo pen 68 chez ava pour élargir ma palette. Ok j’ai tout ce qu’il me faut.

Soirée Koh Lanta…les gens sont fous…je suis bien contente d’être seule !

Samedi…combien déjà…ah oui 28

Je suis contente car les statistiques de mon blog sont bonnes et mon article sur le weekend aux Pays Bas est apparemment beaucoup lu même si je ne reçois pratiquement aucun j’aime ni commentaire. Difficile de savoir si le contenu ne plait pas ou juste si les personnes ne prennent pas la peine de le signaler. Quoi qu’il en soit, ça me fait plaisir.

Jour de weekend donc…fini de procrastiner avec le ménage…mais d’abord un peu d’écriture, notamment ce journal que je complète en regardant du coin de l’œil des tutos broderie sur youtube. Alors que j’ai zéro matériel. Et si je me faisais livrer ? Est-ce anti confinement ? Ou au contraire est-ce bien de soutenir l’économie et de faire vivre les commerces qui livrent encore. J’ai des envies créatives. Je me rends compte que le rythme de la vie active anesthésie cet élan en moi et cela me frustre plus que je ne l’imagine.

Une playlist de rock and pop 2000’s plus tard et l’essentiel est fait. Merci à Damon Albarn, Gwen Stefani, Liam Gallagher et Chris Martin pour l’accompagnement de mon ménage chorégraphique. Demain, la salle de bain !

L’heure est venue d’aller courir. Je ne sais jamais à l’avance comment je serai, mais aujourd’hui, je suis bien. Je sens que je vais un peu plus rapidement que les deux, trois dernières fois et me demande si je vais tenir. Je déroule et pourtant au début j’ai le vent de face. 5km, je coince un peu. Mais je me rappelle que j’ai les jambes et qu’il n’y a pas de raison que je n’aie pas le souffle, il y a juste des moments comme ça dans un run où je me sens plus lourde. Je décide de me dire que mon second souffle va arriver, je continue, je bifurque vers un chemin qui m’emmène plus loin de chez moi, je ne me laisse pas le choix…et bam 10km à du 6’45’’ au km. Je suis satisfaite. Je ne comprends pas pourquoi ma forme n’est pas plus constante, mais c’est ainsi.

De retour, je m’offre un plaisir qui trainait au fond d’un tiroir depuis ma dernière visite chez lush il y a deux ou trois mois…elle s’appelle Twilight et c’est une bombe de bain….détente.

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Le film du jour est « Whiplash » et c’est un coup de maître, je vous en parlerai dans mon prochain bilan.

L’heure est venue de me glisser dans des draps propres avec mon livre doudou qui m’emmène dans les montagnes du Yorkshire.

Dimanche 29 mars

Lever tardif, pour une fois le changement d’heure ne m’inquiète pas et je ne suis pas en rush pour aller à la salle de sport avant 14h…matinée canapé et je termine mon roman. Opération limitation des écrans.

Fini le soleil, ça ne rigole pas aujourd’hui. Ce n’est pas grave car à 16h, je fête l’anniversaire de ma filleule sur microsoft teams, à l’heure où nous aurions dû nous réunir in real life. Pour l’occasion je sors m’acheter un Merveilleux pour que nous mangions une douceur tous ensemble. J’en profite pour marcher un peu et suis surprise par le vent glacial qui me fait mal aux joues. Lorsqu’il commence à NEIGER, je remonte chez moi.

14h49 Mon Dieu, j’adore « Grace & Frankie ». Jane Fonda est une déesse ! Tout le monde doit voir cette série, c’est tellement plein de punchlines hilarantes !

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Une photo de qualité médiocre pour une série de grande qualité

16h-17h : réunion de coronanniversaire en vidéoconférence. Nous chantons et mangeons du gâteau en même temps mais pas ensemble. Nous sommes en sept endroits différents (dont un de garde en service au poste de police qui doit quitter pour aller verbaliser des personnes qui contreviennent aux mesures de confinement grrr) et c’est très amusant. Nous nous promettons un bon gateau tous ensemble lorsqu’on pourra sortir.

Cette semaine se termine devant Marie de Médicis puis sans doute l’Inspecteur Barnaby ce soir. Je vais également pouvoir entamer « Une brève histoire de l’humanité », qui devrait, contrairement à ce qu’indique son nom, m’occuper pendant un bon moment.

Et vous comment allez-vous? Au travail plus que jamais? En télétravail? Bien? En manque de contacts sociaux? Courage à tous, prenez soin de vous et sauvez des vies en restant chez vous…

 

Weekend à Utrecht et Amsterdam

Le weekend avant le confinement, je suis partie à Utrecht et Amsterdam. A ce moment-là, on ne pensait pas encore au confinement, on appliquait juste les gestes barrière. C’est ce weekend-là que l’épidémie a vraiment explosé en Italie et c’est depuis ma chambre d’hôtel que j’ai suivi la décision de confiner le nord du pays. Je précise cela pour dire que je n’ai pas été imprudente au regard des informations et recommandations qui nous étaient communiquées. Ce voyage était prévu depuis deux ou trois mois et je l’aurais annulé sans hésiter si je m’étais aperçue que je mettais quiconque en danger.

J’avais réservé pour un hôtel à Utrecht qui se situe à 30min d’Asmterdam et qui nous permettait de rester à Utrecht le vendredi après-midi, puis de profiter d’une pleine journée à Amsterdam en prenant le train puisque nous avions déjà fait deux heures trente de route et donc le plus gros du trajet. Nous avons pris cette décision car les prix des hotels à Amsterdam sont tout bonnement exorbitants, j’en ai fait l’expérience il y a deux ans. Je ne recherche pas le luxe et ne suis pas prête à mettre 200 euros par personne pour une chambre standard. Amsterdam est victime de son succès et est toute petite par rapport à d’autres « stars » telles que Paris, Rome, Londres ou même Copenhague et la loi de l’offre et de la demande permet aux marchands de sommeil de vivre confortablement. Je vous recommande donc chaudement de réserver un appartement ou une chambre aux alentours de la ville et d’y accéder en train, c’est très confortable et je n’ai pas regretté mon choix d’aller à l’hôtel Hunfeld où, en plus, nous avons été upgradées. Notre chambre était grande, confortable et silencieuse là où, pour le même prix, nous avions bénéficié de 8m² à Amsterdam il y a deux ans.

Mais trève de considérations sanitaires et économiques, je vais vous présenter ici les points forts de ce weekend où nous avons malheureusement dû composer avec la pluie. Voici mes coups de cœur :

Utrecht

Le Speelklok Museum, une surprise inattendue nichée dans une église désacralisée toute repeinte de blanc. L’endroit se targue d’être le Musée le plus amusantes Pays-Bas et nous y avons effectivement passé un excellent moment qui nous a fait voyager dans le temps… Il s’agit d’un musée d’instruments de musique mécaniques, c’est-à-dire tout ce qui pouvait (et peut toujours) produire de la musique et même des décors animés sans musiciens. Cela va des pendules aux imposants orgues de foire en passant par les boites à musique et les carillons. C’est très poétique et ça m’a rappelé les musiques qu’on entend sur les foires et toute une série de films et de musiques de la belle époque. Il faut absolument faire la visite guidée, comprise dans le prix (et c’est pas donné, 14,5 euros) car la guide actionne les machines qui peuvent encore l’être pour le plus grands plaisir des grands et des petits (il y avait deux petits enfants et ils ont été extrêmement sages et captivés). Un excellent moment et un lieu insolite.

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Le parcours Lumen, une série d’installations lumineuses disséminées dans les recoins d’Utrecht, dans un tunnel, sous des ponts, à l’entrée des églises… Tous les soirs, des endroits en apparence anodins prennent vie… Je pense que des visites guidées sont possibles et bien sûr avec un smartphone de pointe (chose dont je ne dispose pas), c’est aussi très facile. A l’ancienne, j’avais repéré les endroits sur mon ipod à l’hôtel et les avais reportés manuellement sur le plan de la ville. Rien de tel qu’un bon jeu de piste, que le plaisir de trouver après avoir galéré un peu. Bon, on n’a pas tout trouvé et on a trouvé une installation qui n’était pas allumé, mais c’était une agréable promenade, l’idéal pour digérer avant d’aller se calfeutrer au chaud dans notre chambre d’hôtel.

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La gare d’Utrecht est également à voir, elle est moderne et étonnante avec son forum surplombé d’un toit d’alvéoles vitrées. En face, un gigantesque centre commercial ultra moderne, dans lequel je ne suis évidemment pas entrée, préférant flâner dans les cafés et jolies boutiques conceptuelles du centre ville.

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Pour manger, nous avons craqué sur wagamama le samedi au retour d’Amsterdam, une valeur sûre.

Le jour où nous sommes arrivées, nous avons opté pour un Italien le pizza klub, situé le long du canal. C’était délicieux et le serveur était extrêmement drôle et sympathique.

Notre hôtel ne disposant pas de salle à manger (seul un système de petit déjeuner basique qu’on nous dépose devant la porte est proposé mais ils conseillent eux-mêmes d’opter pour un petit déjeuner à l’extérieur), nous sommes allées manger chez Jozef le dimanche avant de repartir. Le lieu est magnifique, à la fois cosy, ancien et industriel. J’ai adoré l’atmosphère et nous avons très bien mangé. Cependant, pour moi qui avais envie de sucré, à part un yaourt aux fruits, il n’y avait pas vraiment d’option petit déjeuner et j’ai opté pour une tarte aux pommes…

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Amsterdam

J’ai déjà parlé de mon amour pour les jardins botaniques dans cet article sur Copenhague. Arrivées à Amsterdam, nous avons pris le métro pour deux arrêts afin de gagner du temps pour nous rendre à l’Hortus Botanicus. Ce n’est pas encore la belle saison, mais les plantes à bulbes sont déjà en fleurs. Nous avons néanmoins profité d’un déjeuner dans l’orangerie, baignée de soleil à cette heure là. Ensuite, la serre des trois climats où l’on passe de l’atmosphère étouffante de forêt tropicale à la chaleur sèche dans laquelle nous en apprenons davantage sur la survie des cactus et plantes grasses. L’hortus est également connu pour sa palmeraie où trônent quelques spécimens centenaires.

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Nous marchons ensuite le long des canaux jusqu’à la plaine des musées. Nous faisons un crochet par le Vondelpark et je trouve enfin les zevenlandenhuizen , une série de sept maisons construites chacune selon le style d’un pays d’Europe par l’architecte Tjeerd Kuypers. Un projet étonnant, amusant et assez réussi, niché dans une rue amstellodamoise typique à première vue.

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Nous poursuivons jusqu’au quartier du Jordaan et plus spécifiquemenent le carré formé par les negen straatjes et leurs jolis cafés, boutiques vintages, ateliers de créateurs et jolis étalages en tous genres…bijoux, jouets en bois, vêtements, design… Je m’offre une paire de boucles d’oreilles en souvenir et nous partageons une pause gourmande chez Pompadour où il est difficile de choisir parmi les mille plaisirs qui s’offrent à nous…

Malheureusement, la journée est passée vite, tout ferme à 18h et il commence à pleuviner… Nous prenons néanmoins notre temps sur le chemin du retour pour la gare, en profitant pour épier les jolis intérieurs néérlandais désormais baignés par des lumières artificielles étudiées qui se reflètent sur le miroir des canaux…

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Une belle journée et sans aucun doute un au revoir et non un adieu…

Et vous, avez-vous déjà visité Amsterdam et Utrecht ? Si oui quels sont vos endroits favoris et vos éventuels bons plans ?

Journal de Confinement 1 : 16 – 22 mars

Lundi 16/03 : avant le weekend, j’étais encore chaude, mais là, ça s’est refroidi au fil du weekend et aujourd’hui, je me dis qu’hier était ma dernière visite à mes parents jusqu’à… ? Au travail, il manque deux personnes qui ont des symptômes. Pas spécialement du Covid 19, mais peu importe, les consignes sont claires. Au moindre éternuement…

Réunion interminable pour savoir comment on va s’organiser. Permanences, travail à domicile, … Heureusement la météo est clémente, je milite pour qu’on poursuive la réunion dehors puisque nous avons la chance d’avoir un jardin. Ca me rappelle le temps du collège lorsqu’on implorait «M’sieur, on peut faire cours dehors ? », lors des premiers rayons de soleil. Faut-il préciser que la réponse a toujours été négative. Mes collègues sont plus collaborants que les professeurs.

Je rentre chez moi. Je réalise que je ne verrai plus ma filleule qui va sans doute fêter son troisième anniversaire en confinement. Si mes amis et parents vont me manquer, c’est facilement supportable avec le téléphone, les mails, messageries… Avec les tout petits, c’est plus difficile…A quand le prochain câlin ? Mon cœur se serre…

Je regarde les news et me sens un peu oppressée. Pourquoi pas faire une petite séance de yoga ?  Je m’y mets face à une vidéo, mais zut je n’ai pas de tapis idoine et sur le parquet ça fait mal aux genoux. Je dois m’en procurer un avant que tout ferme. Ah il y en a au boulot je pense, j’en emprunterai un demain avant de ne plus pouvoir y aller…

Après un épisode d’Outlander, je me couche et règle mon réveil car même si je ne vais pas bosser, je dois pouvoir répondre au téléphone si ma collègue de permanence appelle.

Or with a few people I am really close to..and of course, my cats

Mardi 17/03 : C’est la Saint Patrick, pas de fête pour les Irlandais je suppose. A 6h du matin, je vois que j’ai reçu un message d’une amie qui est au Canada. C’est étrange comme un destin commun nous pousse à nous rassembler. Quelque part ça fait chaud au cœur. C’est le même topo là bas.

Il fait à nouveau plein soleil. Je ne suis pas du matin, mais peut-être serait-il bon que je sorte faire mon jogging ou juste marcher tant que cela nous est autorisé… Je compte bien mettre à profit ce temps qui nous est donné et la fermeture de ma salle de sport pour ne pas me laisser aller et bosser mon cardio.

Je devais aller à la poste, je n’irai pas. C’est non essentiel et j’anticipe la future interdiction de déplacements non essentiels.

Ah si j’avais un jardin…

Je vais à l’épicerie à côté de chez moi. Il me faut du coca zéro…oui lynchez moi, il m’en faut…un peu… La vendeuse a peur de grossir suite à la fermeture de la salle de sport. Je propose de lui prêter mon vélo…

Gestion des urgences, reports et passation d’informations au travail. Tout est si calme dehors. Les gens sont plein de bon sens et même gentils, un Monsieur me propose de mettre un fauteuil pour moi dans son jardin si je viens avec un masque. Emergence des premiers bénéfices du coronavirus ? La bienveillance ? La solidarité ? La simplicité ? La conscience collective ? La sagesse ? Soyons fous.

Au retour, séance de sport en vidéo, ça va beaucoup mieux avec les tapis ramenés du boulot.

J’espère que tous ceux qui avaient besoin de papier toilette ont désormais un stock suffisant car il faudrait vraiment que je fasse des courses demain…

19h37 Devant le JT, en attente de l’annonce du confinement… Je me suis sentie comme effervescente aujourd’hui. A la fois stressée, de bonne humeur, prête à en découdre et oserais-je le dire un peu exaltée de vivre un moment qui sera retranscrit dans les livres d’histoire et qui mobilise l’Humanité contre un ennemi commun. Serait-ce ce qu’il lui fallait ?

Les gens vous mettent constamment la pression pour être plus sociable.

Mercredi 18/03 : Réveillée avant 9h et incapable de rester au lit, ce qui est anormal pour moi. Heureusement grand soleil. J’ai un peu les larmes aux yeux, un peu peur que cela dure longtemps pour moi qui vis en appartement. La Première Ministre autorise toujours le sport en extérieur et on peut même le faire avec un(e) ami(e) si on ne vit pas en famille. Je l’aime bien Sophie Wilmès. Maintenant il faut que je motive S à me retrouver en bord de Meuse pour marcher/courir à deux mètres l’une de l’autre. Ou bien faut-il éviter tant que l’on peut et que l’on supporte la solitude?…

Je pense que je vais faire une cure de sébum. Cela fait des années que j’en entends parler me demandant quand je pourrais bien assumer de rester des semaines sans me laver les cheveux. Bon, il me faudrait un chapeau un peu cool et je crois que je n’ai que des bonnets. Let’s see.

Je vais me préparer et voir s’il y a moyen d’aller chercher des livres à la bibliothèque avant le confinement annoncé à midi. Ensuite, je verrai si je passe au travail ou pas…il va bien falloir y aller à tour de rôle tout n’est pas possible à distance et nous devons pouvoir répondre à des personnes en crise.

La bibliothèque était fermée. Je ferai avec ce que j’ai, ça devrait aller, j’ai tout de même « une brève histoire de l’humanité » qui m’attend et c’est énorme.

Je me sens nerveuse et dispersée, je vais au boulot organiser les choses. Moi qui fais un travail constant pour scinder ma vie privée de mon boulot, voilà que cette épidémie réduit tout à néant. Il faudra que je me fasse un planning strict et que je ne bosse plus après une certaine heure…

Malgré tout je me suis sentie utile. Je rentre, j’enfile ma tenue de sport. Je vais faire une surprise à Mamy. Si j’ai bien compris, outre les déplacements essentiels, on peut être dehors pour faire du sport. Je vais donc chez elle à vélo. Mes pneus sont dégonflés, la flemme et je suis maladroite avec la pompe, tant pis, c’est mou mais j’y vais. Je me poste dans son jardin à 5 mètres de sa fenêtre et je l’appelle. Je lui dis de regarder par la fenêtre. Grand sourire, elle ne s’y attendait pas, elle va bien, elle a le moral, sacrée mamy. Je repars après avoir papoté 15-20 minutes et m’être tenue à une distance au-delà du double de ce qui est recommandé et de plus à l’extérieur.

Enormément de monde fait « de l’exercice », par contre je trouve aussi qu’il y a beaucoup de voitures en circulation, je soupçonne certains de ne pas faire que les déplacements « essentiels ».

C’est étrange ces regards échangés, j’ai la sensation de pouvoir lire dans les pensées des gens, je fais les mêmes sourires de connivence qu’eux, les mêmes moues « désolée je m’écarte un max, vous savez bien »… Un peu comme le matin après une victoire dans un match de coupe du monde, quand tout le monde est crevé et content, mais décuplé, car ici personne ne s’en fout (j’espère) et tout le monde est dans la même équipe.

Retour, douche, séance de yoga…je ne suis pas douée et cette séance va trop vite. Après avoir senti mes jambes qui ne me portaient plus et mon centre de gravité se faire la malle, je décide que c’est bon pour aujourd’hui…évitons de nous faire une commotion et de devoir faire appel aux services d’urgence.

Mes cheveux sont dégoûtants, jusque quand vais-je tenir cette cure de sébum ? Il faut que je fasse des courses, je mettrai un bonnet. Je sens que mes cheveux ne seront pas la chose la plus effrayante durant cette « virée shopping », je redoute un peu j’avoue…

Souper léger…j’ai mangé n’importe comment aujourd’hui. Ca y est, y a plus d’horaires, je retourne à l’état sauvage (ou je ne me respecte plus, tout dépend du point de vue). Ca me rappelle un peu mes périodes d’examens. Toujours à culpabiliser, ne pas pouvoir sortir et faire un max de trucs improductifs à la maison. Bon, je vais me faire une to do list professionnelle et une autre maison, je ferai le bilan…

Un peu de lecture et d’écriture, un bon thé (je vais enfin avancer dans l’écoulement de mon stock) et puis netflix and sleep ! Sereine ce soir.

Jeudi 19/03

J’ai dormi un peu plus tard aujourd’hui, j’ai surtout trouvé une position qui ne me fait pas mal au dos. Mon rendez-vous ostéo du 6 avril sera-t-il maintenu ? Mystère.

Beau soleil à nouveau. C’est beaucoup plus calme en bas de chez moi. Les gens doivent avoir fait leurs provisions car c’est le premier jour depuis le we qu’il n’y a pas de file (avec distanciation sociale) à la boulangerie et à la crèmerie.

Je me mets au travail, c’est très bizarre de parler avec mes usagers depuis mon salon. Je les appelle en numéro privé. C’est insolite…la distance n’est plus la même non plus, on échange de personne à personne sur la façon dont nous vivons cela. Je pense que les gens n’ont jamais autant communiqué depuis longtemps, depuis avant les nouvelles technologies peut-être. Technologies qui se révèlent bien utiles.

Je me risque dehors pour aller faire des courses. A mon arrivée, le magasin bio est désert. C’est le temps de midi. Ca se remplit peu à peu et je suis contente de passer à la caisse. Personne ne m’approche. Désespoir, même au magasin bio où tout est cher, il n’y a plus de papier toilette. J’envoie un sms à ma collègue pour lui dire que je vais devoir aller cueillir des feuilles…mais il n’y a pas encore beaucoup de feuilles.

Re travail. J’ai quand-même réussi à faire avancer des choses par téléphone et par mail, notamment sur un dossier épineux qui aurait sans doute requis de se parler en personne. Je soigne plus que jamais ma communication écrite. Ouf, ça devrait se calmer.

Je voulais courir avec S. mais elle a déjà couru ce matin. Je vais donc aller marcher avec elle. Je ferai une video de fitness pour compléter en rentrant et je courrai demain. Le ciel est gris maintenant, nous croiserons sans doute moins de facteurs de risques (les autres êtres humais) qu’hier.

Nous allons marcher, je lui ai demandé de me prêter un sécateur pour pouvoir couper quelques branches et me faire un arbre de Pâques. Il fait gris et il y a moins de monde qu’hier.

Vidéo avec ma filleule, sa grande sœur et leur maman, ma chère amie. Cela me réchauffe le cœur, elles sont créatives en matière de bisous volants et ma toute petite, qui va bientôt fêter ses 3 ans en confinement, embrasse même le téléphone de sa maman pour me faire un câlin. Elles me manquent déjà.

Séance de sport car j’ai besoin de fatigue physique et la marche ne m’a pas suffi. Je termine vers 20h…je ne vois personne aux fenêtres mais j’applaudis tout de même seule dans mon salon avant une douche bien méritée.

Vendredi 20/03 : Ce sont les 40 ans d’une amie, elle s’en souviendra toute sa vie. Finie la pression sociale à faire une fête. Il fait gris aujourd’hui. Je bosse un peu, je m’informe et la situation en Italie me fait énormément de peine.

En France, ça commence à chauffer aussi et l’intervention d’un médecin en colère sommant les gens de rester chez eux me fait culpabiliser car je voudrais aller courir, seule bien sûr, sans mettre personne en danger… Si on me dit d’arrêter je le ferai, mais c’est encore autorisé. Au moins aujourd’hui, comme il fait moche, je vais croiser peu de monde, moins que d’habitude.

Je me suis réinscrite sur Babbel pour faire du néérlandais, c’est sur ma « to do list confinement ». Je regarde un épisode de Grace & Frankie et cela me fait rire mais cela commence aussi à me faire bizarre de lire et regarder des programmes où les gens évoluent selon leur bon gré, comme si l’idée d’une nouvelle normalité était vraiment en train de s’implanter dans mon esprit.

10km en 1h12, lentement mais surement ? Il fait très gris, il y a beaucoup moins de monde. Je suis satisfaire car cela fait des semaines que je ne courais plus, notamment à cause des tempêtes qui se sont succédées tous les weekends de février. J’ai perdu en vitesse mais pas en endurance.

Retour, petit bain, coma d’1h30…vidée je suis finalement.

Je fais mon arbre de Pâques et je me rends compte que j’ai peut-être fait une erreur de casting niveau branches.  Il fait un peu la gueule, il me fait même un peu peur, n’a-t-il pas l’air de m’en vouloir ?

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J’ai un peu pitié même…

Soirée devant Koh Lanta, comme quoi, même au grand air, les gens sont prêts à s’entretuer.

Samedi 21/03 : Le printemps est arrivé…  Je suis sereine en imaginant la planète qui respire, mais alarmée par ce qu’il se passe en Italie.  Les chiffres grimpent ici aussi.

Mon père passe au magasin en bas de chez moi et je le reçois sur le seuil, à deux mètres de distance.

J’expédie quelques corvées et je sens déjà que je vais procrastiner sur toute une série de tâches qui figurent sur ma liste. Bon si ça dure encore beaucoup de semaines, je finirai bien par être à cour de distractions et par me réjouir de vider et dépoussiérer mes placards.

Le soleil sort un peu et moi aussi. En route pour une marche dans la campagne. Je frappe à la fenêtre de mes amis pour leur dire bonjour, je découvre des alternatives à mes chemins habituels et des points de vue que je ne connaissais point. Je vois aussi des gens qui trichent, des ados principalement. Il y a aussi les paranos, le nez dans leur écharpe qui même à trois mètres ne détournent pas le regard, en mode « on ne sait jamais si ça se transmettait en se regardant ».

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Soirée lecture et Outlander…everything is so quiet…

Dimanche 22/03 : Super, des rediffs de Friends…les épisodes du mariage de Ross et Emily quand Monica et Chandler tentent de cacher leur relation et que Chandler est tout le temps obligé d’embrasser Rachel et Phoebe. Qu’est-ce que c’était bon quand même cette série…

Appel de M. confinée chez ses parents. Si proches et pourtant si loin…

Quelques tâches domestiques et quelques vidéos youtube. Je décide de me cultiver et me lance dans le « Secrets d’Histoire » consacré à Elizabeth 1. Je le regarde par petits bouts tout au long de la journée.

Je sors courir 6 km, je voulais faire plus, mais je n’ai pas les jambes d’il y a deux jours. Frustration. Je vois des gens qui ne respectent pas les mesures de confinement. Des ados (ça je peux leur pardonner), des groupes d’enfants dans les ruelles des villages (alors que les maisons ont des jardins et une taille appréciable, je précise), un con qui ne freine pas alors que je traverse un passage pour piéton, des motards dans les chemins où je cours. Regain de misanthropie. Comme j’ai encore de l’énergie à évacuer, je me fais une petite séance de hiit en vidéo.

Je continue à me cultiver avec Stéphane Bern et je renoue avec le coloriage de mandalas. Je vais sans doute finir le livre que ma maman m’avait offert lors d’un arrêt maladie de près de trois mois en 2016. Je me sens extrêmement calme et tout stress m’a quittée.

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Tellement relaxant, et ça change des écrans…

Conversation vidéo avec mon amie C. Ca fait du bien de « voir » les gens. Ce confinement va peut-être me convertir aux échanges médiatisés.

Re coloriage et it’s blog and Barnaby Time.

Bonne nuit, bonne semaine et, de grâce, respectez l’effort collectif, ceux qui prennent des risques pour le bien de tous et les consignes en vigueur dans votre pays.

L’humanité au temps du Corona

Bonjour, ne me remerciez pas pour le jeu de mot en allusion à un célèbre roman (dites moi si vous avez la référence). Je voulais écrire un article sur mon état d’esprit du moment. Sur comment je vois dans cette épreuve collective un sursaut possible pour l’humanité, de l’espoir retrouvé dans notre capacité à être solidaires (malgré les comportements cons et égoïstes de certains), sur à quel point je sens mon coeur et mon sang italien vibrer de fierté et d’amour lorsque je vois des vidéos de chants sur les balcons de Naples, Rome, Florence…, sur cet étrange soulagement que j’éprouve à l’idée d’un ralentissement forcé par quelque chose de plus fort que nous. Je n’en dirai pas plus et je vous partage ici l’édito de Francis Van de Woestyne publié hier sur La Libre Belgique. Je le trouve si bien écrit et si inspirant. Prenez soin de vous et des autres, ralentissez et profitez des choses simples.

Voici le texte complet:

Trois semaines, au moins. Et sans doute plus. Sans école, sans café, sans bar, sans restaurant. Sans serrer la main d’un ami, sans embrasser une amie. Sans aller rendre visite à ses grands-parents. Sans faire la fête entre copains, sans dîner de famille. Sans aller au théâtre, au cinéma, au concert. Sans se dépenser dans une salle de sport, sans jouer au tennis, à l’intérieur.

Trois semaines, au moins. Pour aider sa voisine, qui ne peut plus se déplacer, à faire ses courses ; pour prendre en charge, de temps en temps, les enfants de son frère, de sa sœur. Pour aller se balader en forêt, épier le printemps qui s’éveille. Pour lire ou relire Proust, Yourcenar, Philippe Roth.

Trois semaines, au moins. Et sans doute plus. Pour réfléchir au sens de la vie, à notre manière de consommer, de nous déplacer. Pour nous rendre compte du magnifique système de soins de santé dont nous pouvons tous profiter. Pour admirer le travail des médecins traitants, des urgentistes, des pédiatres, des infirmières, des radiologues, de secrétaires médicales, de ceux et celles qui font de notre médecine un exemple.

Trois semaines, au moins, pour reprendre confiance, malgré tout, dans le système politique belge, malmené par quelques inconscients, incapables de s’entendre, privilégiant les intérêts partisans, sur l’intérêt général. Un entêtement qui pourrait prendre fin dans les heures ou les jours qui viennent. Fallait-il vraiment une pandémie pour que la Belgique dispose enfin, d’un gouvernement d’urgence, après neuf mois de tergiversations, d’irresponsabilité ?

Trois semaines pour vivre autrement. Sans dévaliser le petit épicier du coin ou la grande surface. Pour ne pas tomber dans cette folie qui a poussé des milliers de personnes à se ruer sur le thon, la farine, les sardines et… le papier WC.

Peut-être, finalement, garderons-nous de cette période une nouvelle sagesse, peut-être donnerons-nous un nouveau sens à notre vie. Pas pendant trois semaines. Mais pour longtemps, pour la vie, peut-être…

 

 

Bilan culturel de février

Bonsoir/bonjour,

Voici le bilan mensuel de ce que j’ai lu/vu en ce mois de février !

Je n’ai pas terminé de roman ce mois-ci. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas lu, bien au contraire. J’ai simplement lu pas mal de pièces de théâtre car je participe au choix de nos futurs projets. Ce n’est pas facile car nous voudrions travailler un répertoire plus léger, mais sans tomber dans l’anecdotique ou dans le boulevard. Les gens veulent souvent rire au théâtre, mais c’est tellement dur de trouver de bons textes. Ce qui fait qu’on se dirige souvent vers des pièces dramatiques et engagées. Mais de temps en temps, c’est agréable d’avoir l’opportunité de faire rire. A suivre.

Je suis allée voir une adaptation de 1984  de Georges Orwell au théâtre. Le metteur en scène avait réussi conserver l’histoire et sa mélancolie tout en la saupoudrant d’humour. La violence en était absente et j’ai malgré tout trouvé que l’œuvre avait été respectée même si je l’ai lue il y a sans doute 15 ans. Une lecture nécessaire qui est, je l’espère, toujours au programme dans les écoles.

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petite capture du film 1984, je vous invite à taper 1984 dans google image pour admirer l’iconographie consacrée à l’oeuvre

J’ai vu l’exposition Monet : The immersive experience, dont je vous parle ici, et qui est toujours d’actualité à Bruxelles. Je vous la recommande.

J’ai regardé un documentaire sur Winston Churchill ainsi qu’un numéro d’Envoyé Spécial sur la seconde main. J’ai beaucoup aimé les deux, instructif pour l’un et inspirant/motivant pour l’autre.

Enfin, j’ai regardé trois séries qui m’ont divertie sans pour autant que j’aie un coup de cœur :

  • « Glacé », une série française sur netflix. J’avoue que j’ai du mal avec les séries françaises et le cinéma français, ou plutôt que je préfère les contenus anglo-saxons. Malheureusement, cette série ne m’a pas fait changer d’avis. J’ai trouvé plusieurs personnages énervants et l’intrigue est rapidement devenue prévisible. Les inspecteurs tirent presque tout de suite les bons fils et on ne comprend pas pourquoi il leur faut 6 épisodes pour conclure.
  • « The sinner » sur netflix. J’ai regardé la saison 1 (avec Jessica Biel) et la saison 2 et pour le coup, les intrigues sont ici extrêmement inattendues. On sait dès le premier épisode qui a commis le meurtre et cette personne est même immédiatement placée en détention. Tout l’intérêt réside dans la ténacité d’un enquêteur (Bill Pullman) à la personnalité très spéciale qui s’attache à comprendre ce qui les a poussés à commettre l’irréparable. A voir.
  • Enfin, celle que j’ai préférée est « Intimidation/the stranger », l’adaptation d’un roman de Harlan Coben. C’est la deuxième collaboration de l’auteur avec netflix, il y avait déjà eu « Safe ». J’ai bien aimé cette série qui se passe dans une banlieue anglaise et dont le scénario est très bien ficelé. L’acteur principal est Richard Armitage qui incarnait Thorin Oakenshield dans la trilogie du Hobbit. J’ai toujours de la tendresse pour le casting des sagas tirées des romans de J.K. Rowling et de Tolkien. La policière est Siobhan Finneran, vue dans Downton Abbey et Happy Valley, deux valeurs sûres également.

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Voilà, c’est tout pour ce mois-ci. Je reviens en mars avec des lectures et d’autres visites culturelles puisque j’ai passé le weekend dernier aux Pays-Bas.

Bon mois de mars à vous et n’hésitez pas à partager vos coups de cœur du moment. Si vous souhaitez voir les prochains bilans, n’hésitez pas à suivre mon blog et à aimer les articles que vous préférez. Cela fait toujours plaisir d’avoir un retour sur le contenu proposé même si le plaisir premier reste d’utiliser cet espace pour déplier et écrire mes pensées et découvertes.