Voyage en Italie (3): Réaliser ses rêves

Quand j’étais petite, je voulais devenir guide de haute montagne. J’allais chaque année en vacances dans les Vosges avec mes parents, souvent au printemps, parfois en été. J’avais de petits guides sur la faune et la flore des montagnes et cela me passionnait. Mes premiers écrits ont été les carnets de vacances que je rédigeais scrupuleusement lors de ces voyages que j’attendais toute l’année. J’y collais des renoncules séchées, j’y dessinais des chamois et décrivais les minéraux que j’achetais dans une boutique à Gérardmer. Je connaissais les grandes chaines de montagnes de chaque continent et j’avais appris par cœur le nom et l’altitude de leurs sommets. De retour dans le plat pays qui est le mien, je lisais les romans de Frison Roche et je regardais Belle et Sébastien. Le soir dans mon lit, je désespérais car autour de chez moi, pas l’ombre d’une montagne, nulle trace de sabots de bouquetins, pas de possibilité de cheminer vers cette vocation enfantine.

A l’âge de 12 ans, nous sommes partis à Val d’Isère. J’étais émerveillée, je me promenais avec mon petit guide de la faune et de la flore et je guettais l’apparition des gentianes, digitales et surtout des édelweiss, symbole des cimes par excellence. J’avais une broche en bois gravée à l’effigie de la Fleur et je me souviens en avoir acheté en jardinerie et les avoir replantées dans le jardin familial. Hélas, elles ne survécurent jamais. A l’adolescence, nous avons cessé d’aller à la montagne en été et j’ai gouté aux plaisirs du ski lors de séjours hivernaux. D’autres plans de carrière ont succédé à celui-là, mais j’aime toujours autant la montagne. J’adore également les jardins botaniques, je ne peux résister à une visite lorsqu’il y en a un à proximité lors de mes voyages. J’ai eu l’idée de devenir ingénieure des eaux et forêts, je lorgne toujours sur les edelweiss en jardinerie mais je les y laisse et il y a quelques années, j’ai également caressé l’idée de faire une formation pour devenir guide nature. Mais bon, il y a le théâtre, le travail, le sport, l’écriture, netflix et beaucoup d’autres envies, passions et centres d’intérêts. Comme le dit la chanson, je n’ai qu’une seule vie (ne me remerciez pas si vous l’avez maintenant en tête, c’est cadeau).

Cet été, après les retrouvailles familiales à Vérone, l’escapade au Lac de Garde et les retrouvailles avec ma Merveilleuse Toscane, j’avais dit à mon père que ça ne me déplairait pas de faire un arrêt en montagne. Nous avons donc fait étape à Ollomont, à la Grandze de François. Nous y sommes restés 3 nuits au lieu de 2 car il y a eu des orages et nous avons dû reporter d’un jour notre randonnée. J’ai adoré veiller dans ma petite chambre boisée et décorée à la montagnarde, à écouter l’orage craquer, pelotonnée sous mes plaids en lisant et sirotant une tasse de thé.

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Nous avons enfin pu partir en randonnée le jour avant de rentrer. Nous avons marché 12 km et sommes partis 5h en tout. Bien sûr, nous avons fait des pauses. J’ai remercié mes entrainements cardios durant l’ascension et j’avais les jambes tremblantes lors d’une descente d’une heure 30 et 800 mètres de dénivelé. En altitude, le bonheur, vue à 360 degrés et paysage qui change à chaque virage ou chaque montée. Il fait magnifique, tout est dégagé. Nous croisons un troupeau de vaches et mes oreilles se délectent du bruit caractéristique de leurs cloches. Nous continuons, nous pique niquons (un gros pain et un bloc de fromage découpés au couteau suisse, je n’aurais rien voulu d’autre) avec une vue à couper le souffle. Nous reprenons, nous voulons aller jusqu’à deux lacs repérés sur la carte. Nous passons deux mille mètres d’altitude et entrons dans le monde du SILENCE. Pas de vent, plus de vaches, aucun bruit parasite, nous ne croisons que des papillons, un sentiment de plénitude et de grande sérénité m’envahit. Je pense que je n’avais jamais entendu un tel silence, où alors je ne m’en rappelle pas. Il n’est pas pareil au silence de la nuit, synonyme d’arrêt, de pause et parfois inquiétant. Le silence des alpages est un silence plein de vie, un silence énergique et ressourçant. Je profite de ce moment et romps moi-même ce silence peu après. Un petit cri de joie, un petit cri enfantin parce que se réalise soudain un rêve en sommeil depuis l’enfance, un rêve que je n’aurais peut-être même plus pensé à écrire sur une bucket list. Là, sur le chemin qui nous mène au lac, j’ai trouvé des édelweiss sauvages, sans même chercher.

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Le 8 août 2019, là haut, je me suis sentie soudain pleine d’espoir, je me suis sentie parfaitement calme et je me suis sentie forte. J’ai éprouvé de la gratitude, pour la beauté du monde, pour ce moment et pour ce que mon corps me permet de faire.

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Je vous souhaite à tous de réaliser vos rêves…

Une belle journée: slowlife à Liège (et alentours)

Bonsoir, me revoici avec un article un peu différent, qui ne parlera peut-être pas à mes chers lecteurs abonnés, mais davantage aux personnes que je connais et à mes compatriotes s’il y en a qui me lisent.

J’aime ces journées de congé que je peux m’octroyer en semaine. J’aime aussi quand je n’ai pas d’horaire fixe et que je peux me laisser porter. Hier, j’ai décidé de mettre tout de même le réveil pour ne pas trainer trop et la voir me filer entre les doigts. Slow mais pas trop et finalement une belle journée bien remplie mais sans stress, sans exigence de rentabilité, sans rendez-vous à absolument honorer.

Et puis je m’éveille et il fait frais. J’avais tellement hâte de ressortir ma garde robe d’automne. Aujourd’hui j’ai osé, traitez moi de rabat joie si vous voulez, mais l’automne est ma saison préférée. A moi les collants, les derbies et les couleurs qui me vont au teint.

Me voilà partie pour la ville de Liège, sous le soleil qui se fait peu à peu une place. Lui aussi a choisi cette journée. L’occasion de profiter un peu de la ville en dehors du travail, de visiter quelques adresses connues, d’en repérer de nouvelles à tester. Direction Wattitude, un magasin qu’on ne présente plus aux liégeois et que je conseille à tous les visiteurs qui veulent découvrir les créations d’artistes wallons et les soutenir. Aujourd’hui cependant, je n’achète pas pour moi, mais pour gâter une amie. Passage ensuite chez Mahalo, la boutique de cosmétiques éthiques. Eponge de konjac pour masser délicatement ma peau, en affiner le grain et la nettoyer (testée et approuvée), savon produit localement dont j’entends parler depuis un moment et qui remplacera mon « Michelle, ma belle » de chez Lush et, enfin, achat inattendu d’un bain de bouche sans alcool (ceux de la grande distribution sont atroces pour moi) dont il suffit de diluer 3 gouttes dans un verre d’eau. Verdict dans les prochains jours…

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Ensuite pause chez Tea Late avant de repartir. Je suis assoiffée et il est presque midi, je ne vais pas m’attarder, mais je soutiens modestement cet endroit poétique et investi avec un cœur énorme par les jeunes propriétaires. Ils ont du mal à survivre car la rue est en travaux depuis des mois. Je vous le conseille. En plus, il y avait un coin de terrasse au soleil et un jeune matou peu farouche m’a tenu compagnie. Que demander de plus… C’est sûr, cet automne sera l’occasion de goûter les merveilles promises par la carte et de lire en sirotant un thé dans une ambiance surannée. Si vous ne connaissez pas, quelques mots clé : Alice au Pays des Merveilles, lunchs, brunchs, thé, pâtisserie homemade, terrasse, récup, vintage, éco responsable, zéro déchet et local… Je continue ou vous êtes convaincus ?

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Mon date chez Tea Late 🙂

Le temps de récupérer les passes Odyssée (opération subsidiée par le service Théâtre de la Province qui permet de profiter de 6 spectacles pour 10 euros) sur lequel figure mon prochain spectacle, et me voici en route pour un Vegaburger au soleil avec ma maman au bord de l’eau à l’aon’t bat eetcafé. Une tuerie pour moins de 12 euros : épicé comme il faut, copieux et il se tient (ne se désagrège par quand on essaie de le couper ou d’y mettre les dents). Moment 5 étoiles, impression d’être repartie en vacances.

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La meilleure des terrasses (photo de leur site)

Après une balade, vient le temps des courses car « ce qui est fait n’est plus à faire ». Premier raisin blanc de la saison pour le goûter, en attendant le retour du muscat tant attendu (eh oui certains attendent le beaujolais, moi j’attends le raisin). Dans un élan de courage et d’énergie, je décide de sortir courir dans la campagne entre Meuse et Canal. Aujourd’hui est une bonne journée aussi pour mes jambes, elles impriment une cadence honorable et régulière. Je me sens déliée, c’est facile, à deux secondes de mon record sur 5 kilomètres. Je me sens bien, je bats le bitume avec une régularité qui me met dans un état quasi méditatif et l’endorphine se libère. Au retour, un bon bain et me voici pour une soirée en tête à tête avec moi-même, avec l’écriture, avec la lecture, avec un weekend encore à savourer.

Je suis reconnaissante pour cette journée, pour l’énergie, pour avoir un corps qui ne se blesse jamais. Je suis heureuse que mes efforts pour laisser le stress à sa juste place paient, heureuse de vivre la plupart du temps comme je l’entends, heureuse d’être à l’aube de l’automne… Et vous, avez-vous passé une belle journée ? Pouvez-vous lister 3 choses qui vous ont fait du bien, qui vous motivent ou qui vous rendent heureux ? Faites l’exercice d’y réfléchir et répétez le souvent, cela alimentera les circuits neuronaux du bien-être…

Bon weekend à tous et toutes !

C.

La fin de l’été…

Après-demain, je reprendrai le chemin du travail. Après 4 semaines. La première fois je pense que je m’octroyais 4 semaines d’affilée. Et j’ai bien déconnecté, j’en ai même oublié le mot de passe de notre agenda commun à mes collègues et moi. Je ne m’y suis pas connectée durant 4 semaines, mais hier, j’ai ressenti le besoin de voir ce qui m’attendait. Ca va. Je prendrais bien 6 mois de congé sabbatique là tout de suite, mais je sais que ça va aller. Mais que cet état va me manquer. Cette légèreté, ce repos mental, cette sensation de corps délié et ces pensées qui me sont revenues. Celles qui me soufflent que tout est possible. Celles qui me prient de ne pas transiger sur mes priorités. Je pense que j’y reviendrai dans un prochain article. Un article sur la reprise, sur la façon dont je veux fixer mes priorités. Cela me fera sans doute du bien de déplier ma réflexion à l’approche de cette saison que j’aime, l’automne. Et d’avoir votre avis, chers lecteurs connus ou inconnus, fidèles ou de passage, si vous me faites l’honneur d’un commentaire. Je prévois d’écrire sur ces sensations, cette fin qui esquisse un renouveau… Mais l’heure est à la gratitude. Tout comme je le fais en fin d’année et comme j’en ai parlé ici , cette fin de période de vacances me donne envie de lister les jolis moments passés et les jolies choses de ces 4 semaines. Durant ces 4 semaines…

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J’ai eu la chance de vivre sans anxiété, ma vieille compagne, celle qui se pointe de temps en temps, souvent à l’improviste et jamais sur invitation ça c’est sûr. J’en parlerai peut-être ici un jour, mais elle m’avait saisie à l’aube un jour de juillet dernier et m’avait gâché une bonne partie de ce temps qui devait me permettre de recharger mes batteries. Résultat, un voyage annulé et juste le temps de me requinquer pour aller travailler. Heureusement que j’avais scindé mes vacances en deux parties et que j’ai pu profiter de mon voyage au Danemark. Ma vieille pote et moi nous connaissons depuis longtemps, et je trouve de mieux en mieux les clefs pour qu’elle ne s’éternise pas chez moi en abîmant mon moral en appliquant son filtre si peu flatteur sur ma réalité. Cet été, je suis restée détendue.

Yes Please.
désolée pour les moldus qui passent ici…

 

J’ai pu faire un voyage magnifique dont j’ai commencé à parler ici et dont je dois encore parler. J’ai vécu une expérience inédite en voyageant seule avec mon papa et ça s’est tout à fait bien passé. J’ai retrouvé un pays chéri, déserté depuis 8 ans et redécouvert des sensations oubliées. J’ai retrouvé ma chère Toscane et cela fera l’objet d’un article entier (ou plutôt d’une ode).

Cet été, j’étais mieux dans ma peau et j’ai bien supporté la chaleur. J’ai pu quitter mon appartement lorsqu’il y faisait trop chaud et passer des nuits de sommeil relativement réparateur. Ces épisodes caniculaires m’inquiètent, mais l’an dernier, je m’étais vraiment sentie oppressée.

J’ai pu coudre un sweat-shirt tout doux lors d’un atelier booké de longue date avec une amie. J’ai été absorbée par ce travail, je suis redevenue une élève attentive. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, ça a été dur, j’ai fait connaissance avec des logiques inconnues et déroutantes. J’ai été découragée, énervée sur moi-même et puis encouragée. Et puis j’avais le temps. Et quelle satisfaction au parfum enfantin face à ma création. Le plaisir de se connecter à des savoirs nouveaux, à des matières, au plaisir de voir le produit de son effort.

J’ai eu le temps de voir ma filleule chérie et elle m’a été confiée durant une petite journée. Quel plaisir de s’octroyer le luxe d’une sieste avec elle. Je sentir son petit corps détendu contre le mien et de la voir s’éveiller avec un grand sourire. Un concentré d’amour.

Durant mes vacances en Italie, j’ai pu lire le quatrième tome de l’amie prodigieuse, en Italien toujours. Cela m’enracinait encore davantage dans le pays. J’adore les siestes et le moment d’aller me coucher lorsque je voyage, sans télé, sans netflix, juste avec un livre.

J’ai eu la possibilité d’aller passer une journée avec une amie qui habite un peu plus loin que les autres. Nos agendas et les kms avaient repoussé cette sortie. Quel plaisir de se promener dans les bois, au bord d’un lac, de faire du bateau dans cette région si belle, si calme et pourtant pas si loin finalement. L’aventure est parfois au coin de la rue. La simple vue des écureuils roux et de la bruyère à flanc de colline m’a ravie.

J’ai pu faire une balade à vélo seule dans le vent, marcher avec des amis et courir. Constater que j’ai amélioré d’une minute mon temps habituel pour 5km, sans effort particulier, en étant tout à fait capable de poursuivre. Me demander si c’est dû à la détente ou aux kms parcourus en marchant en vacances.

J’ai pu vivre à mon rythme. Me coucher tard sans craindre le réveil. Me lever tard sans culpabiliser. Me rendre compte quand même que me lever tôt me permettait aussi de faire plein de choses. Avoir la possibilité de le décider. Le plus grand luxe des vacances, indubitablement.

J’ai aussi pu lire des articles inspirants, écouter un podcast dont je reparlerai, faire du tri, cuisiner un peu, aller au marché regarder les jolis tissus que je pourrais acheter si je décide de coudre encore, manger des glaces (beaucoup), boire des bières fruitées (quelques unes, l’alcool n’est pas mon truc), manger des barbecues végétariens, parler tard dans la nuit avec des amis, aller au cinéma (2 fois!), tout simplement passer des moments simples et conviviaux dans une insouciance qui ne m’est pas donnée toute l’année, que je dois même travailler. Mais peut-être est-ce ce qui fait son charme…

Best day of my life.

Et vous ? Avez-vous pu prendre des vacances ? A la maison ? Ailleurs ? Quels bons moments retenez-vous ? Qu’est-ce qui va vous motiver ?

Courage à ceux qui pour une raison ou une autre n’ont pas pu prendre de vacances ou pas pu se relaxer et heureux ceux pour qui le repos est à venir, profitez en bien…