Voyage en Italie (1): Verona

Après la Croatie, maintenant l’Italie. L’été à thématique généalogique. Première étape du périple, la Vénétie de mon grand-père. Plus précisément Vérone où il passa une partie de son enfance, où je m’en vais à la rencontre de bribes d’histoire familiale, de souvenirs et d’êtres humains que je ne connais pas et qui me sont pourtant proches, par le sang, par l’histoire ou par le nom. Rouler 12h30 pour y arriver exténuée. Il fait chaud, très très chaud. 8 ans que je ne viens pas en Italie. 8 ans sans ce pays qui me coule dans les veines, dans lequel  j’ai vécu. A peine passée la frontière suisse s’installe le chaos. Ca me rebute autant que cela m’est soudain familier. Il y a toujours chez moi, la fille du nord, un coin de cœur en jachère, un brin de désorganisation dans l’âme, de la place pour les imprévus, les ralentissements, les risques. Redécouvrir les rives de l’Adige et son étrange couleur verte/grise. Marcher sur les remparts de l’ancienne ville fortifiée, déambuler au milieu des décors d’Aïda que l’on va bientôt installer pour quelques soirées dans les arènes emblématiques de la ville où ont lieu chaque été des opéras en plein air. La Piazza Bra juste en face et ses maisons colorées. Puis la piazza delle Erbe reliée par un étroit passage à la majestueuse Piazza dei  Signori, surplombée par la Torre dei Lamberti. Y découvrir une statue de Dante, l’ami toscan que je ne pensais retrouver que quelques jours plus tard. Retrouver des cousins et des oncles, quelques uns. On nous en promet plus, mais il fallait prévenir. En attendant, virée improvisée sur le lac de Garde dans une voiture conduite par un homme de 89 ans, petite frayeur grisante. Faire connaissance avec des gens qui portent le même nom que moi, alors que nous ne sommes plus que 4 ici au nord. Emotion. La pizza…comment font-ils pour lui donner ce goût ? De retour tard dans la nuit heureuse. Le lendemain montée au Castel San Pietro grâce au funiculaire remis à neuf. Vue panoramique et promenade outre Adige. Merci Vérone et à bientôt j’espère. Ce voyage commence bien.

Quelques recommandations :

  • Prévoir deux jours pour visiter Vérone, voire trois si vous souhaitez entrer dans les musées et églises
  • Restaurant : Osteria de Monte Baldo un vrai bon plan économique où prendre un repas ou un apéritif, dans le quartier de la piazza dei Signori.
  • Glace : la gelateria Savoia qui se trouve via Roma, à proximité de la Piazza Bra. Une maison familiale qui existe depuis 1939 où vous pourrez emporter un cornet en admirant les gâteaux glacés et réalisations plus fines des artisans glaciers
  • Le funiculaire et un dîner à la terrasse panoramique Re Teodorico, les prix sont un chouïa plus élevés, mais restent néanmoins plus que corrects, faut-il rappeler que le rapport qualité prix de la nourriture en Italie doit être le meilleur d’Europe occidentale ?
  • Le ponte Scaligero (beaucoup de bâtiments portent le nom de Scaliger, dérivé de la famille Della Scala qui régna sur Vérone durant 125 ans, aux 13° et 14° siècle) et le Castelvecchio
  • la Piazza Bra, Piazza delle Erbe, Piazza dei Signori
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Vue sur l’Adige et l’arrière du Duomo depuis la terrasse du Re Teodorico
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Dante sur la Piazza dei Signori, à l’arrière la Loggia del Consiglio
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La Torre dei Lamberti vue de la piazza delle Erbe

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Le Ponte Scaligero, construit entre 1354 et 1356

 

Les beaux mots (1)

J’inaugure ici une nouvelles rubrique sur mon blog, une rubrique où garder une trace et partager les phrases qui me touchent par leur beauté ou leur vérité, au hasard de mes lectures. Les mots qui m’émeuvent, ceux pourquoi je lis, ceux qui me bousculent, ceux que j’aimerais pouvoir écrire…

Je vous retranscris ici quelques bribes de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel, dont j’avais parlé ici et qui me restera je le sais longtemps en mémoire…

Narrant un enterrement : « Sur le parvis, une fine pluie d’automne s’épuisait comme un chagrin lâché trop tôt. »

« S’il avait aimé Agnese comme un homme aime une femme, s’il avait été plus jeune, peut-être aurait-il fait ce choix-là, ou bien l’aurait-il emmenée loin d’ici avec lui. Mais les enfers collent à la semelle des émigrés, et son père était mort parce que son cœur était rivé à une porte de pierre, à une vision de l’homme qu’il n’avait pu défendre qu’à mots murmurés ou tracés dans le secret de carnets intimes. Agnese le traitait de suicidaire, et c’était sans doute vrai ; il se suicidait parce qu’il n’avait ni la force ni l’envie de vivre autrement, de changer d’être, de partir guerroyer à Troie quand l’ennemi menaçait Ithaque. La mort choisie devient parfois l’unique moyen de rester fidèle à un projet de vie, même s’il met un terme à cette même vie – celle-ci du moins se prolonge dans l’echo du dernier cri de liberté, dans les ondes du coup que l’on porte, en son âme et conscience, à son corps désormais d’aucune utilité. »

« Il y a beaucoup d’abbayes en Belgique et en France, et certaines sont plus belles que celles-ci ; mais aucune n’accède à la grâce que ce pays concède aux masures les plus humbles, les plus délabrées. Monte Oliveto ! Lorsque je l’ai aperçue sur cet éperon sec, briques rouges sur roche sombre, j’en ai eu le souffle coupé. La Toscane, Agnese ! Quelle féminité faite de blessures, de douceur cerclée d’épreuves… Durant des siècles, les hommes y ont bâti des citadelles, des forteresses, s’y sont livré des guerres sans merci ; depuis plus longtemps encore, des paysans en ont fait le jardin le plus splendide, d’une simplicité telle qu’on la croirait naturelle. La guerre y a perdu la bataille ; tout ici n’est plus que paix… »

Je n’ai rien à ajouter…les mots ont-ils également un pouvoir sur vous ?

The Everygirl's 2018 #bucketlist #theeverygirl

 

Séries, films, livres: mon top de 2017-18

Bonjour à tous et à toutes, en ce début d’année je vous propose un top de ce que j’ai aimé au cours des derniers mois. J’ai décidé de démarrer à partir d’octobre 2017 car c’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes bilans mensuels. J’ai aimé beaucoup de choses, je cible généralement bien ce qui me convient. Cependant je vais essayer de chosir. Les titres en gras sont ceux qui m’ont le plus marquée. Je ne vais pas redétailler tout, mais plutôt indiquer quelques mots clef qui vous permettrons de savoir à quoi vous attendre. Pour plus d’infos, je vous invite à parcourir mes bilans qui sont plus détaillés. Si vous ne savez pas quoi regarder/lire, à vos blocs notes.

On commence par les séries policières, un de mes genres favoris comme vous savez :

  • Happy valley : une série anglaise qui déboite avec une femme dans le rôle principal
  • Luther : série anglaise avec Idriss Elba, sombre et violence
  • Mindhunter : production netflix sur les débuts de la psychologie criminelle, tueurs en série, tirée d’une histoire vraie
  • Broadchurch : le top du top avec David Tennant, Olivia Colman et Jodie Whitaker, meurtre d’un enfant sur les côtes anglaises, un final incroyable
  • Casa de papel : est-il besoin de la présenter ?
  • Endeavour : mon chouchou, diffusé sur France 3
  • Line of duty : le top du top au niveau scénaristique, un vrai coup de cœur !
  • Bodyguard : un vétéran de guerre traumatisé est affecté à la protection de la ministre de la justice, terrorisme et suspense
Line of Duty season 4 finale: Ted Hastings star drops a ...
Les chasseurs de ripoux de Line of Duty

Séries dramatiques :

  • Poldark : Cornouailles 1770, ici aussi un gros coup de cœur pour les personnages, l’histoire, les paysages, amour, politique et vie rurale.
  • Les héritiers : saga familiale danoise autour d’un héritage, diffusée sur Arte
  • 13 reasons why : la série coup de poing qui parle viol, suicide et harcèlement chez les adolescents, dur mais nécessaire.
  • This is us : love love love !!! histoire d’une famille américaine qui mêle le présent et le passé. Impossible à résumer, mais tellement de belles choses et d’émotions !
  • Stranger things : pour les enfants des années 80 nostalgique des films de l’époque ou on résout des mystères en bande et à vélo. Surnaturel, suspense et humour au rendez-vous !
‘This Is Us’ Cast: Meet Chrissy Metz, Justin Hartley And ...
Les protagonistes de This is us à travers les âges

Comédies/formats courts :

  • The end of the f***ing wolrd: un adolescent psychopathe et une fille en colère font une virée pour échapper à leur vie, bijou d’humour noir et d’émotion.
  • New Girl: une série doudou sur une bande de colocataires déjantés à Los Angeles, emmenée par l’adorable Zooey Deschanel.
  • Grace and Frankie: avec Jane Fonda, deux femmes de 75 ans et + que tout oppose se voient contraintes d’emménager ensemble lorsque leurs mari respectifs les quittent et leur avouent leur homosexualité et leur futur mariage par la même occasion. Hilarant !
  • Lovesick: la recherché de l’amour à Glasgow au temps des MST. J’ai littéralement fondu !
  • Love : ici aussi, l’amour évidemment, sans fard, sans glamour mais authentique. Un bijou !
Love | Apaixonados por Séries
La rencontre de Mickey et Gus dans « Love »

Au niveau cinématographique, voici ce que je retiens :

  • 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh : la détermination d’une mère à découvrir qui a tué sa fille dans une petite bourgade de l’Amérique profonde.
  • Darkest Hour de Joe Wright : la vie de Winston Churchill et sa gestion du conflit mondial
  • Nos plus belles années de Sidney Pollack : un film de 1973 avec Barbra Streisand et Robert Redford au sommet de sa beauté. L’histoire d’amour contrariée entre un playboy et une militante communiste entre 1937 et 1950.
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent : le film qui m’accompagne dans ma prise de confiance et mon chemin vers une vie plus simple, responsable et durable.
  • 1900 de Bernardo Bertolucci (1976) : une amité entre deux garçons aux origines sociales opposées entre 1900 et 1945 dans l’Italie qui assiste à la montée du fascisme
Darkest Hour: Not Their Finest - Fort Worth Weekly
L’incroyable transformation de Gary Oldman en Winston Churchill

J’ai recommencé à lire davantage en 2018, j’ai donné une deuxième chance à certains livres et je ne l’ai pas regretté :

  • « L’attentat » de Yasmina Khadra : poétique et déchirant
  • « Dolce Vita » et  « Les nouveaux Monstres » de Simonetta Greggio : instructif
  • La saga « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante : chronique d’une amitié qui dure une vie dans les quartiers populaires de Naples, une écriture intime qui m’a happée, lu en italien.
  • « Rebecca » de Daphné du Maurier : un classique de la littérature anglaise, roman gothique fascinant et angoissant.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston : un essai absolument passionnant sur les rapports entre les sexes en occident
  • « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel : saga toscane, coup de cœur de cette fin d’année.
  • Les romans de Lars Kepler que je continue à adorer
22 best images about Manderley on Pinterest | Cornwall ...
Le célèbre incipit de « Rebecca »

Voilà, j’espère que cela vous donnera des idées, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos belles découvertes de l’année écoulée et si je vous ai donné envie de découvrir certaines choses. De mon côté, je vais poursuivre ces articles. J’aimerais regarder davantage de films, mais la production de séries est tellement intense et de qualité ces dernières années que j’ai regardé beaucoup moins de longs métrages. Je me suis en revanche tournée vers certains classiques et j’aime enrichir ma culture historique défaillante grâce au cinéma et à la littérature, surtout en ce qui concerne l’histoire de l’Italie et de l’Angleterre, deux pays chers à mon cœur comme vous l’aurez compris.

Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?

Bilan culturel d’octobre

Bonjour,

Après une petite série d’articles sur le style de vie plus simple et les efforts écologiques que je fais, me revoici avec les découvertes culturelles du mois. Je pense que je vais alterner les articles ayant trait à des sujets de société, des réflexions et d’autres davantage axés sur l’art, la littérature et les voyages aussi.

Si vous souhaitez voir les articles précédemment écrits sur un thème donné, il vous suffit de cliquer sur les mots clé en dessous des articles et l’historique des articles qui y ont trait s’affichera.

Tout de suite, le bilan culturel du mois d’octobre. On commence avec les séries :

  • J’ai terminé les 3 saisons disponibles sur Netflix de Poldark et cela reste un grand coup de cœur. J’attends impatiemment la suite et je trouve que l’intrigue parvient à se renouveler en traitant toujours autant des intrigues sentimentales que de la réalité sociale de cette fin de 18° siècle en Cornouailles. Et Ross Poldark est l’un des personnages les plus charismatiques qu’il m’ait été donné de voir sur petit écran. A consommer sans modération pour les amoureux de l’Angleterre et des séries en costumes historiques.

"I would rather fail fighting than throw up my hands and wait for the end."--Ross

  • Dans la même veine, je me suis lancée dans la série Outlander. Le pitch est simple : à la fin de la seconde guerre mondiale, un couple de jeunes mariés anglais se retrouve en Ecosse. En touchant des pierres dressées où se tiennent des rituels ancestraux, Claire, la jeune femme, se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18° siècle, terre de clans qui lutte contre les anglais. Là bas, elle rencontre un séduisant Highlander, mais se retrouve aussi face à l’ancêtre vicieux et sans pitié de son mari du 20° siècle. La série est un peu beaucoup à l’eau de rose et assez sulfureuse, pas mal de scènes chaudes et de scènes sanguinolentes aussi. Les paysages écossais sont fabuleux et la plastique de Sam Heughan également. On est emportés, mais le scénario n’est pas fou fou, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du couple qui affronte 1000 dangers et doit les surmonter. Par contre, aucun développement, en tout cas dans la première saison du thème du voyage dans le temps. On apprend au cours de la saison que le personnage de Claire n’est pas le seul à avoir fait cette expérience, mais je reste sur ma faim. Néanmoins, je compte continuer à regarder cette série parfaite pour les longues soirées d’hiver. Par contre sur netflix Belgique, seules deux saisons sont disponibles alors qu’il y en a 4 sur netflix France, quelqu’un connait il la cause de cette injustice ?
  • Sur ARTE, j’ai regardé la seconde saison d’une série danoise qui s’appelle « Les Héritiers» et qui est absolument excellentes pour ceux qui aiment les séries nordiques mais veulent autre chose que des polars ou si vous aimez vous plonger dans les sagas familiales et leurs secrets. La série aborde ici le thème de la fratrie, une fratrie adulte qui se retrouve à gérer le patrimoine de la mère lorsqu’elle décède. Entre l’enfant caché, le père hippie, gentil mais inconsistant, le névrosé dont le père s’est suicidé, celle qui dirige tout et le petit dernier, on peut tour à tour éprouver de l’empathie ou de l’agacement pour chacun d’eux. C’est assez intense (voire violent) émotionnellement, mais j’ai aimé le fait que malgré les conflits et les trahisons, cette famille possède quelque chose de très fort, un héritage familial à la fois lourd et merveilleux qui les unit. Passionnant. A voir s’il y aura une saison 3. Les deux premières comptaient je pense chacune 8 épisodes de 50 minutes plus ou moins.
  • Au rayon comédies à regarder en faisant du sport ou en repassant (doublé en français et d’une durée de 25 minutes plus ou moins), j’ai terminé New Girl, pas trop accroché à Kimmy Schmidt et quasi fini Grace et Frankie. J’ai donc entamé The Good Place, l’histoire d’une jeune femme qui arrive au Paradis (appelé le bon endroit) lors de son décès et à qui l’on explique que c’est un privilège qu’on n’octroie qu’aux gens exceptionnellement bons, altruistes et désintéressés, les autres finissant au mauvais endroit. Le problème c’est que la protagoniste se rend immédiatement compte qu’il y a une grosse erreur de casting, elle qui a mené sa vie de façon égoïste et superficielle. Cependant, par crainte de se retrouver projetée au mauvais endroit, elle va tout faire pour cacher cette méprise et s’atteler à devenir une bonne personne. La série fait le job sans être exceptionnelle. On sourit sans rire aux éclats. Il y a aussi un peu de suspense. Parfait en pédalant ou en repassant des chemises.

Au niveau des lectures, j’ai lu « Les nouveaux monstres » de Simonetta Greggio, qui n’est autre de la suite de « Dolce Vita », dont j’avais parlé ici. Cette lecture m’a énormément plu, mais je suis consciente que c’est sans doute parce que je m’intéresse à l’histoire et que j’ai vécu deux ans en Italie. Si le sujet vous tente et que vous aimez comme moi apprendre sans toutefois avoir le courage d’ingurgiter de classiques et/ou fastidieux livres d’histoire, ces romans sont pour vous. Celui-ci s’attache à la période qui va de 1978, l’année de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, et poursuit jusqu’en 2014 en nous contant les années de plomb, le monstre de Florence, la bande de la Magliana et en dénonçant les collusions entre le Vatican, l’état italien et la Mafia. Le tout mis en parallèle avec les secrets de famille des deux narrateurs, le destin national se mêle aux destins personnels des membres d’une famille. Passionnant et extrêmement bien construit.

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Enfin, j’ai assisté à une représentation du « Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène du grand Denis Podalydès, le tout dans la magnifique salle du Théâtre de Liège. Tout était réuni pour une soirée d’enchantement : le texte de Marivaux, l’une des plus belles langues qu’il m’ait été donné d’entendre (un peu dur de se faire l’oreille au début, mais en 10-15 minutes on s’habitue et ça coule comme un nectar dans l’oreille), la scénographie qui m’a fait penser au bayou louisianais (mais peut-être juste à moi), le cadre et les acteurs. Si le spectacle passe près de chez vous, courrez-y. Même si vous n’êtes pas fan de théâtre, cela vaut la peine de se risquer à un classique et d’en prendre plein les yeux, juste pour voir si vous n’aimez vraiment pas ça. Moi en tout cas, c’est pour des moments comme cela que j’ai l’impression que la vie vaut d’être vécue, magiques et hors du temps.

Et vous qu’est-ce qui vous a distrait ou fait rêver?

Bilan culturel de juillet

Me revoici pour le rendez-vous mensuel où je parle de mes trouvailles. J’ai beaucoup travaillé ce mois de juillet, ne m’arrêtant qu’à la fin avec un agenda non moins chargé. Cela fait une éternité que je ne suis plus allée au cinéma ou voir une expo. La sélection sera cette fois ci très limitée.

J’ai regardé qu’une seule série. Elle n’est pas excellente, mais son but était d’entretenir ce que j’avais appris d’espagnol et de m’y baigner un peu les oreilles. Il s’agit de « Mar de Plastico » qui n’est pas une série netflix, mais c’est là qu’on la trouve. Elle comporte deux saisons de 13 épisodes d’une heure chacun donc on peut tenir un bon bout de temps avec. Mar de Plastico, où mer de plastique, désigne les immenses étendues recouvertes par des serres dans la région d’Almeria (en Andalousie) et où sont produits une grande quantité de fruits et légumes destinés à l’exportation. C’est une série policière, le suspense est bien mené et c’est un programme qui se laisse regarder. Il y a de la romance aussi et quelques personnages charismatiques, notamment l’inspecteur de Police. La série a également cherché à aborder la thématique des travailleurs clandestins venus d’Afrique et de la traite des femmes russes et de l’intégration des gitans d’Andalousie ce qui fait beaucoup et le traitement est parfois caricatural (pourquoi les africains parleraient ils espagnol entre eux ?). Il y a aussi beaucoup de bastons et c’est un peu fatigant à la fin, tous ces mecs qui se cognent dessus. Néanmoins quelques acteurs sont très bons, il y a du suspense, la tension est caniculaire et ce n’est pas non plus dépourvu d’humour et de charme.

Je continue à regarder au goutte à goutte mes séries doudou « New Girl », « Grace et Frankie » et je rebinge un peu « Lovesick » aussi…

Niveau lecture, je me suis plongée dans le troisième tome, en Italien toujours, de la saga d’Elena Ferrante, « celle qui fuit et celle qui reste ». Je n’ai pas été déçue, même si la narratrice m’a souvent agacée par son égocentrisme et que je pense que le tome précédent, qui évoque l’adolescence, restera le plus intéressant et le plus fascinant en ce qu’il réussit à nous faire coller au plus près des émotions, espoirs et tourments liés à cette période. Ce troisième tome est quant à lui plus politique. Je ne tarderai pas à me plonger dans le quatrième et dernier tome de la saga, qui révèlera enfin (je l’espère) où est partie Lila.

Voilà, je pense ne rien oublier. Ma lecture du moment est plus légère et en français, mais ce sera pour le bilan du mois d’août.

 

Bilan culturel de mai et juin

Cette fin de printemps a été bien chargée pour moi, entre répétitions et cours d’espagnol, j’ai peut-être regardé moins de choses, mais j’ai surtout l’impression que c’est le premier weekend depuis longtemps où je ne dois pas travailler ou courir pour respecter mes engagements.

Ma mémoire me jouera peut être des tours, mais voici ce dont je me souviens. Ce que j’ai oublié ne m’aura pas marqué.

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J’ai lu le second roman de la série « l’amie prodigieuse » de Elena Ferrante. Toujours en italien et toujours assez vite et en me rendant compte qu’il me manque pas mal de vocabulaire, même si cela ne gêne absolument pas ma compréhension du roman. Je suis toujours aussi accro et j’ai déjà entamé le troisième. J’ai aimé suivre Lila et Elena dans leur entrée à l’âge adulte. Rappelons qu’on ignore toujours, malgré les rumeurs, l’identité exacte d’Elena Ferrante, qui est un pseudonyme. Certains pensent même que c’est un homme ou que les romans sont écrits à 4 mains. J’ai rarement été aussi passionnée par des livres qui ne sont pas des thrillers, mais l’auteur réussit tellement bien à saisir au plus près l’intimité des pensées de ses protagonistes qu’elles ont eu tôt fait de me coller à la peau, ou plutôt à l’esprit. L’âge venant et avec lui la conscience politique qui s’éveille ajoutent encore une dimension supplémentaire qui en fait, en plus des chroniques d’une relation très particulière, la chronique de l’Italie secouée par la lutte des classes et de la féminité rebelle en quête d’émancipation. A suivre.

J’ai regardé la seconde saison de « 13 reasons why » aussi. Je trouve toujours cette série d’utilité publique. On aurait tort de croire qu’elle est faite pour être regardée par les ados. Je suggère un visionnage accompagné. Il y a des plus et des moins dans cette série. J’ai apprécié le traitement des séquelles d’un viol par exemple, il n’y a pas ici de bonnes et de mauvaises victimes et en cela la série, bien qu’étant militante, les soustrait à la pression de porter plainte absolument. Je n’ai pas aimé les apparitions de Katherine Langford, en vision pour Clay, ce n’était clairement pas nécessaire. Sauf lors de la veillée pour lui dire au revoir. Clay lui-même m’a énervée, mais je suppose que geindre et être en colère perpétuellement était une étape nécessaire de son processus de deuil. J’ai été touchée énormément par Alex, Justin et Zach. J’ai aussi aimé qu’on donne plus de place aux adultes. Même si tout cela reste très américain (le cas particulier du traitement réservé aux sportifs n’est pas pertinent chez nous) et que le tout donne parfois l’impression qu’on nous fournit les tous les stéréotypes possibles d’adolescents, je la conseille. Elle a le mérite d’être unique en son genre, d’offrir une représentativité large aux (soi disant) minorités et d’être un fabuleux appel à tendre la main et à ne plus détourner les yeux face à la détresse des autres.

Marcella-series-2

J’ai enfin regardé la saison 2 de « Marcella », série britannique teintée de scandinoir diffusée sur netflix. Le personnage principal est insupportable, mais très bien joué. Marcella est une enquêtrice en plein divorce et en plein conflit avec son ex. De plus, elle est toujours hantée par la mort de son bébé six ans auparavant. Elle est incapable de gérer ses émotions et souffre d’absences qu’elle s’efforce de cacher aux autres. Mais elle assure en tant qu’enquêtrice. La voici ici confrontée à des meurtres d’enfants qui portent une signature rituelle. La série est violente et parfois choquante, mais c’est vraiment du bon suspense. Et je me suis surprise à penser que ce qu’on ne pardonne pas à Marcella, c’est peut-être d’être une femme. Un personnage qui ici ne contrôle pas ses émotions, manque parfois d’empathie et n’est pas vraiment une bonne mère. En fin de saison, elle a le mérite de se confronter à ses traumatismes et la série en général fait des traumatismes (infantiles ou non) un thème récurrent. Alors s’il y a une saison 3, ce que semble présager le final, je donnerai encore sa chance à Marcella.