Les petits plaisirs (mai 2019)

Bonjour à tous, ici le printemps peine à se faire une place. Les soirées s’allongent sans qu’il me soit possible d’aller marcher après le souper, chose que j’adore faire à cette période. Les semaines de travail s’enchainent et la charge mentale s’alourdit, forte du temps qui s’est écoulé depuis mon dernier break. C’est pourquoi je me suis dit qu’il serait bon ce weekend de rédiger un petit article sans prétention qui se concentre sur les petits plaisirs, les capsules qui permettent de voir le bon côté des choses lorsque la fatigue est là et que le soleil se fait désirer. Voici dont ce qui m’a mis le baume au cœur récemment :

Their faces are perfect reactions to the words. Morse = sadness. Thursday = anger and frustration, and concern, too.

 

  • Le cadeau fait main par une amie talentueuse et être touchée par le temps investi pour me faire plaisir. Merci à toi qui te reconnaîtras.
  • Ma maman qui m’annonce que le rosier que j’ai acheté et planté chez mes parents il y a quelques années arbore pas moins de 39 boutons. J’adore les roses et je me réjouis d’admirer cette plante extraordinaire.
  • Le retour de l’Inspecteur Morse le dimanche soir sur France 3 (hashtag old lady inside)
  • Ma filleule de deux ans qui crie « marraine » et me saute dans les bras dès que j’arrive. Je l’aime tant !
  • Manger en pleine conscience et plus lentement depuis quelques semaines. Se sentir plus légère.
  • Une bonne nouvelle financière qui va aider à la concrétisation de mon envie à moyen terme d’avoir mon propre jardin pour y voir fleurir un autre rosier.
  • La perspective de partir d’ici 15 jours pour un voyage que je me dis que je dois faire depuis siiiii longtemps. J’espère que le soleil y sera…

 

 

Dream

Voilà ce qui m’est venu à l’esprit et ça fait du bien. La vie est quand même clémente avec moi finalement. Et vous, quels sont les jolies choses, petites ou non, qui vous égaient au quotidien ? Partagez-les en commentaire si ça vous tente. Faites l’exercice quoi qu’il en soit, c’est bon pour la santé mentale !

Faut-il « trouver » sa vocation? Et comment? (Ted Talk)

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous connaissent les ted talks (en français les conférences ted), et pour ceux qui ne connaissent pas, voici l’article qui en parle sur wikipedia.

De temps en temps, j’aimerais vous parler ici d’une ted talk qui m’a intéressée ou inspirée. Le sujet de celle que je veux vous partager aujourd’hui m’a beaucoup touchée personnellement et a mis récemment des mots sur quelque chose qui a été difficile à vivre pour moi pendant des années.

Le titre est « why some of us don’t have one true calling », qu’on pourrait traduire par « pourquoi certains d’entre nous n’ont pas une vraie vocation ». L’intervenante est une jeune femme qui s’appelle Emilie Wapnick et le lien est ici. Cette vidéo m’a fait un bien fou, j’étais face à mon écran et je me disais « mais oui mais oui, c’est ça, c’est exactement ça, tu as tout bon en fait ! ».

J’ai grandi en croyant en Jésus (pas longtemps mais bon…), au fait qu’un jour je rencontrerais « la bonne personne » et que mon futur métier finirait par s’imposer à moi comme une évidence. Comme pour la majorité des gens, ces certitudes ont toutes tôt où tard vacillé et j’en ai été assez déstabilisée. Surtout les deux dernières.

J’étais une très bonne élève, assidue et intéressée par la plupart des matières. Mais plus les années avançaient, plus j’entendais des gens se conforter dans un choix d’études supérieures, se projeter dans une carrière qui leur correspondrait et dont ils étaient certains que c’était « fait pour eux ». Bien sûr, énormément de personnes étaient aussi perdues que moi, mais moi je ne voyais que les premiers. Et je les enviais énormément. Je me demandais pourquoi cela ne m’arrivait pas à moi. Chaque choix envisagé me semblait frustrant et la formation parfaite n’existait pas. Mon estime de moi en a vraiment beaucoup souffert, car mes indécisions me donnaient l’impression de gâcher mon potentiel, moi qui avais toujours « performé » à l’école. J’aurais tant voulu suivre une voie évidente et gravir les échelons un à un jusqu’à atteindre un niveau d’excellence et, même si je ne me l’avouais pas, la reconnaissance des autres.

J’ai fini par faire un choix de dernière minute, en catastrophe, ce qui m’a plongée dans des angoisses et un sentiment d’insatisfaction importants. J’avais d’abord opté pour une formation assez généraliste, des études commerciales, qui me permettaient de toucher à toutes sortes de sujets. Je me suis sauvée de cette école où, clairement, je n’aurais pas été à ma place puisque tout était orienté vers le monde des affaires, la consommation, le profit. Comme vous le savez si vous me connaissez ou si vous me lisez un peu, c’est aux antipodes de ce que je suis (attention, je ne dis pas que toutes les personnes qui font HEC sont comme ça, ni que HEC est une mauvaise formation dénuée d’éthique, c’est juste ce que j’ai ressenti du haut de mes 18 ans, mais je suis sûre qu’on peut faire de très belles choses et s’engager dans un monde plus solidaire suite à des études commerciales). Je me suis ensuite inscrite dans la voie où je suis toujours actuellement. J’ai réussi chaque année d’études sans jamais retrouver le plaisir d’étudier que j’avais avant et en rêvant toujours d’un ailleurs que je ne parvenais pas à identifier. Je ne me reconnaissais pas non plus tout à fait dans mon amphi et toujours à l’heure actuelle, j’ai beaucoup de mal à répondre à la question « que fais tu dans la vie ? » (le small talk c’est si atroce non ?) en me limitant à décliner ma profession.

Heureusement, j’ai fait la paix avec ce parcours et avec moi-même au fil du temps. J’ai développé mes autres passions, je me suis aussi rendue compte que je pouvais amener qui j’étais dans la voie que j’avais choisie et même être assez bonne. Et surtout, ce que je fais est en adéquation avec des valeurs profondes et a un sens pour moi, ce qui me permet de supporter pas mal de choses désagréables et frustrantes liées à ma pratique professionnelle. Si je me suis trompée, ce n’est en tout cas pas lourdement. Si j’avais dû refaire des études ensuite (ce que j’ai entamé, puis abandonné), j’aurais pu faire beaucoup de choses et toujours aujourd’hui, des années après, il me vient régulièrement à l’idée de refaire un master en ci ou en ça en me disant « mais pourquoi ça n’existait pas quand j’avais 18 ans ? ». Mais je ne suis toujours pas fixée sur un sujet. Cela se voir sur ce blog aussi. Cela a sans doute été le cas pour beaucoup d’entre vous aussi et vous verrez pour beaucoup de personnes dans le public de la Ted Talk. Peut-être êtes-vous toujours en quête ? Peut-être vous êtes vous trompé ? Peut-être devez vous vous réorienter ? Mais peut-être aussi n’êtes vous pas si mal là où vous êtes ? Et surtout, je pense que notre réussite et notre talent ne s’exprime pas seulement dans les études et au travail. Nous sommes tellement plus que ça.

Ce sujet ne vous a peut-être pas atteints de la même façon que moi. Je pense que cela a été difficile à vivre aussi parce que toute mon enfance et mon adolescence, je faisais énormément dépendre mon estime de moi de mes résultats scolaires et que « la bonne élève » était une part importante de mon identité. Je me mettais donc une pression énorme pour trouver LA chose qui allait me permettre de continuer à briller et utiliser mes compétences. Je croyais également que c’était ce qui était attendu de moi et que si j’échouais, ce serait une déception pour tous. Je pensais que ceux qui savaient ce qu’ils voulaient faire m’étaient supérieurs. Alors qu’en réalité, mais il faut des années pour le comprendre, je n’étais juste pas comme ça.  Je n’étais pas le genre de fille qui allait subitement éclore en découvrant sa vocation. Mais tout était déjà là, il fallait juste que je l’accepte, que j’accepte de tâtonner, que mon chemin soit sinueux, que tout cela n’était pas grave. Il y a quelques mois, une amie (peut-être te reconnais tu ? surement…) m’a dit (je ne me rappelle plus les mots exacts) que je cultivais mes singularités avec talent. C’est l’un des meilleurs compliments que j’ai pu recevoir.

Je vous laisse avec la vidéo, dites moi ce que vous en pensez et n’hésitez pas à partager l’article ou la vidéo, surtout si vous connaissez des gens qui vivent des choses similaires ou si vous avez des jeunes ou des moins jeunes autour de vous qui doivent choisir une orientation. Vous pouvez aussi la montrer aux parents de ces gens-là. J’espère que cela pourra leur faire du bien autant qu’à moi et les aider à dédramatiser et à être cléments avec eux-mêmes. N’hésitez pas aussi à partager vos expériences ou des conférences TED intéressantes.