Bilan culturel de l’été 2021

L’été s’achève (a-t-il vraiment débuté?). La rentrée scolaire est actée et ne nous reste que l’espoir d’un été indien pour nous dire que tout n’a pas été pourri. Heureusement quand il fait moche, il nous reste la lecture, le cinéma, le théâtre et les musées. Voici donc à quoi j’ai passé une partie de mon temps ces deux derniers mois.

Lors de mon séjour à Florence, j’ai re découvert le Palazzo Vecchio et j’ai fait ma première visite au Palazzo Medici Riccardi. Ces visites guidées m’ont enchantée et permis de réviser l’histoire de ma ville de cœur en plus de m’en mettre plein la vue à coups de sculptures, fresques, chapelles et détails architecturaux.

Il y a deux jours je suis retournée au Théâtre pour la première fois depuis mars 2020. Je suis allée voir « La dernière nuit du monde », un texte de Laurent Gaudé, mis en scène et interprété par l’excellent Fabrice Murgia, accompagné sur scène de la magnifique Nadine Baboy. Une atmosphère feutrée et onirique pour évoquer ce monde qui rêve d’une pillule magique qui lui permettrait de se passer de sommeil pour faire « déborder le jour » et rugir encore davantage. J’ai beaucoup aimé. La scénographie et le travail sur les éclairages étaient hyper léchés.

La dernière nuit du monde | Festival d'Avignon
A Avignon

Au rayon cinématographique, j’ai adoré « Promising young woman » dont j’ai parlé dans mon post précédent. J’ai apprécié « Blackbird », un drame familial sur le droit à l’euthanasie. Je me suis plongée avec plaisir dans « My Salinger Year » que j’ai aimé pour son ambiance d’automne New Yorkais, les costumes, les évocations littéraires, mais qui est assez pauvre au niveau du scénario. Cela m’a donné envie de relire « L’Attrape Cœur » et de lire « Franny et Zooey » par contre. Enfin, sur netflix, j’ai été déçue par « dans les angles morts ». J’attendais un thriller, j’ai eu un film d’horreur qui ne m’a pas effrayée et qui n’apporte rien de neuf. Je ne sais pas ce qui a poussé James Norton et Amanda Seyfried à aller patauger dans tant de platitude et de déjà vu.

Critique : Mon année à New York - Cineuropa
Cette esthétique…

Je n’ai pas visionné beaucoup de séries, juste deux séries espagnoles pour m’imprégner de la langue (même si l’une est en galicien ce qui ne m’a pas beaucoup aidée même si je repérais bien les différences). Il s’agit de « après toi le chaos » et du « goût des marguerites » . Deux séries policières parfaitement dispensables.

Jusqu’ici j’ai lu 7 romans depuis début juillet, si je n’en oublie pas :

  • « Dans l’ombre du paradis » de Viveca Sten. Une enquête dans l’archipel de Stockholm.
  • « Je revenais des autres » , une mièvrerie assez mal écrite mais qui se laisse lire de Mélissa da Costa.
  • « le club des miracles relatifs » de Nancy Huston. Je pense que c’est le premier roman de Nancy Huston auquel je n’accroche pas. Trop désincarné et trop noir pour moi. Je ne pourrais même pas le résumer.
  • « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot a également échoué à m’emporter.
  • « la commode aux tiroirs de couleur » d’Olivia Ruiz. Un roman court où l’autrice évoque la vie de sa grand-mère qui a fui enfant la dictature franquiste.
  • « L’engrenage du mal » un policier de Nicolas Feuz. Dispensable lui aussi. Je l’ai lu assez vite mais j’y ai trouvé des invraisemblances.

Enfin j’ai lu, « Impossible » de Erri de Luca. Je l’ai lu en italien et j’ai adoré. Deux autres romans d’Erri de Luca sont sur ma pile à lire et je pense lui consacrer un article à part. Avez-vous déjà lu quelque chose de lui ?

Voilà, c’est tout pour cet été. Ce que j’ai le plus apprécié est de pouvoir retourner au théâtre, le roman d’Erri de Luca ainsi que « Promising young woman » au cinéma.

Retour au cinéma: « Drunk », « Adieu les cons », « Promising Young Woman »

Hello,

Cela fait plusieurs semaines que je déserte cet endroit et je me suis dit que pour me remotiver, il serait bon que je modifie mes habitudes. Ainsi dans mes bilans ou mes récits, je m’impose trop souvent d’être exhaustive et cela entraine chez moi de la procrastination. J’ai donc décidé de me lancer dans quelque chose de plus instinctif, plus « à l’envie » et davantage affranchi d’obligations de régularité ou de cohérence.

Ainsi j’avais envie de parler et de garder une trace des trois films que j’ai vus au cinéma depuis la réouverture (et même avant dans le cadre de « Still Standing for Culture ») et qui m’ont beaucoup plu. Ils sont toujours à l’affiche donc cet article ne sera peut-être pas vain si vous tombez dessus et cherchez l’inspiration.

Je suis allée voir « Adieu les cons » d’Albert Dupontel, avec lui-même et Virginie Efira. Honte à moi, je n’avais jamais vu Virginie Efira au cinéma et force est de constater que je souscris à tout le bien qu’on dit d’elle. Elle est absolument adorable et bouleversante dans ce rôle de mère condamnée qui cherche à retrouver l’enfant qu’on lui a enlevé à la naissance. Mais attention, Adieu les cons est avant tout une comédie, une comédie douce et irrévérencieuse. Il y a de l’élégance dans ce film et un petit côté Amélie Poulain. Poétique, même si plus grave. Des personnages secondaires fantasques et pleins de bons sentiments, un suspense tout de même et des gags. Un très beau film.

Adieu les cons de Albert Dupontel : Un Grand soir un peu trop tiède |  LeMagduCine

Dans un autre genre, mais toujours avec une héroïne féminine, je suis allée voir « Promising Young Woman » avec Carey Mulligan. Emerald Fennell, qui a réalisé et scénarisé cet ovni revanchard militant féministe et rose bonbon (oui, tout cela dans le même film) a raflé l’Oscar du Meilleur Scénario et c’est amplement mérité. Au passage on signalera que c’est son premier long métrage. On suit ici Cassie, une jeune femme qui, chaque weekend, sort en boite et feint d’être ivre jusqu’à ce qu’un homme finisse inmanquablement par la ramener et tenter d’avoir un rapport sexuel avec elle. La bande annonce décoiffe et capte l’attention. Les « bons samaritains » sont eux aussi un peu décoiffés lorsqu’ils s’aperçoivent qu’elle n’est pas du tout ivre, ils sont même complètement flippés et c’est absolument jouissif de la voir leur donner une bonne leçon (en tant que femme, car il faut le dire dans ce film les hommes prennent cher). Il est bien sûr ici question de vengeance et je vous laisse en découvrir tous les chapitres. Car si les motivations de Cassie sont rapidement devinées et exposées, la forme que prend cette quête de justice est absolument surprenante et cocasse. On est également surpris par le romantisme limite mielleux présent dans les intrigues parallèles (le film est très dense), mais à la fin, on en revient à l’adn annoncé au début. Mention spéciale à la bande originale à base de girls bands remixés et planants et de tubes des années 80. A voir absolument pour une piqûre de rappel plus que jamais utile de ce que sont le viol et le consentement.

Le parti pris militant de « Promising Young Woman »
Cassie le jour…
5 raisons de voir Promising Young Woman
Cassie la nuit

Enfin, c’est le premier film que j’ai vu lorsque je suis retournée au cinéma et cela fait déjà 3 mois, je voulais parler de « DRUNK » qui est et je pense va rester pour moi le film de l’année, mais aussi sans doute un de mes films préférés (en tout cas l’un des meilleurs, parce que bon, il ne détrônera peut-être pas l’histoire sans fin mais ils ne jouent pas dans la même catégorie disons). Je ne suis pas la seule à être de cet avis puisque ce film de Thomas Vinterberg a été multiprimé. Le pitch tient en peu de choses : 4 amis quadras/quinquas en manque de sens/piment/reconnaissance dans leur vie décident de tester une prétendue théorie qui énonce que nous serions nés avec un déficit d’alcool dans le sang équivalent à 0.5mg/litre. Ce qui suppose que pour être épanouis, nous devrions toujours être légèrement ivres. Original, mais au-delà de l’idée, ce quatuor d’acteurs (dont le fantastique Mads Mikkelsen) et leur réalisateur nous offrent un film élégant, sensible, bouleversant, drôle, triste et inoubliable sur l’amitié, la dépression, la place de l’homme dans sa famille, au travail, dans la société. Un film qui nous montre les hommes comme on les voit rarement : dans l’introspection, partageant leurs sentiments. Ivres certes mais pas vulgaires ou en train de tromper leur femme. En questionnement… C’est absolument épatant. Il est à noter que ce film n’est ni une apologie ni une condamnation de l’alcool, même si on en parlera inévitablement à la sortie et si je trouve qu’il serait bon que ce film soit montré massivement à un public jeune et accompagné. A chacun de se faire sa propre idée. Ici, comme parfois dans la vie, l’alcool et ensuite la gueule de bois sont avant tout des moyens d’aller au cœur de l’intimité des personnages et de leur essence et le pari est absolument réussi. A voir ABSOLUMENT. Oui en majuscule cette fois ci.

DRUNK - Café des images
Drunk : critique saoulographique

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Et vous, avez-vous vu de nouveaux films ? En avez-vous à conseiller ? Ma liste est longue, je lorgne sur pas mal d’affiches …  « Blackbird », « Falling », « Nomadland », « the Mauritanian »… je croule sous les bons films à voir… Sans parler des livres…

Bilan culturel de mai

Les beaux jours sont enfin arrivés, les possibilités de sorties aussi et, malheureusement, le surcroit de travail (espérons que ce dernier soit temporaire). J’ai donc déserté mon blog près d’un mois. Voici mon bilan du mois de mai alors que juin est déjà bien entamé.

Le premier mai, le cinéma de ma ville participait à l’opération « Still Standing for Culture » et a ouvert illégalement ses portes le temps d’une journée. J’y suis allée, respectant strictement les consignes (et, surprise, personne n’est contaminé dans les cinémas et les théâtres chaque fois qu’on fait un test) et j’ai vu « Drunk » de Thomas Vinterberg. Une claque, j’ai adoré, c’est pourquoi je vous conseille de courir le voir à présent que les cinémas sont rouverts en France et en Belgique et qu’il est programmé un peu partout. De mon côté, je lui consacrerai dans les prochains jours un article rien que pour lui. Parce qu’il le vaut bien.

Au niveau des séries, j’ai terminé « Murder » qui m’aura bien accrochée et accompagnée en soirée durant deux mois (90 épisodes tout de même). Il faut reconnaitre que la série est addictive, les comédiens, Viola Davis en tête, sont excellent et les scénaristes ont une imagination inépuisable et sont de véritables architectes/mécaniciens du suspense et des retournements de situation. Reste que ça devient de plus en plus tiré par les cheveux, ils sont dans des situations inextricables et le grand nettoyage/déballage final m’a à la fois déçue et laissée de marbre tant c’était devenu too much.  

J’ai regardé « Leonardo » en italien sur raiuno. Il s’agit d’une co production européenne (qui devrait donc bientôt débarquer sur les chaines françaises et belges) qui met en scène Leonardo da Vinci aux prises avec des accusations de meurtre sur une de ses amies. Ces accusations n’ont jamais existé et on ne peut pas dire que le suspense soit insoutenable donc, mais le reste est assez bien respecté : les différents voyages et commissions de Leonardo, la genèse de La Cène et de La Joconde y sont abordés. Et puis une belle brochette d’acteurs là aussi, Aidan Turner (mon chouchou de Poldark) en tête.

J’ai enfin regardé la saison 2 de « qui a tué Sara ? » et disons que m’entrainer l’oreille à l’espagnol est le plus grand bienfait de cette série par ailleurs d’assez mauvaise facture. Et je pense qu’une saison trois va nous être infligée mais que j’y réfléchirai à deux fois.

Au niveau littérature, j’ai désormais une belle pile de livres à lire. J’en ai demandé et reçu pas mal pour mon anniversaire. Suite à une critique lue en ligne, j’ai commencé à lire « Le Cherokee » de Richard Morgiève. Voici ce qu’en dit le résumé : 1954, USA : alors qu ‘il fait sa tournée de nuit à la première neige, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l’Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un chasseur Sabre, sans aucune lumière. Et sans pilote. C’est le branle-bas de combat. L’armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il se retrouve confronté à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure… Et on peut tomber amoureux d’un agent du FBI. Je ne suis pas allée au bout. Ce bouquin est vraiment étrange. En allant lire sur internet, j’ai compris qu’il y avait deux sortes de personnes : ceux qui l’érigent au rang de roman culte et ceux qui abandonnent en cours de route. Il est je pense truffé de références que je ne maitrise pas et le style m’a perdue… Il a reçu plusieurs prix donc j’imagine que c’est à chacun de se faire une idée. Pas pour moi en tout cas.

Plus léger, j’ai lu « Cœurs brisés, jambes cassées » de Maria Ernestam dont j’avais déjà lu « les oreilles de Buster » (chroniqué ici). J’ai apprécié ce livre qui est pour moi un roman de Noël (oui la saison est mal choisie mais je l’avais sous la main lorsque j’ai abandonné le Cherokee) sympathique mais où je n’ai pas retrouvé la causticité et la fêlure que j’avais fini par apprécié dans les oreilles de Buster. Néanmoins, la lecture fut plaisante et légère. Elle l’aurait encore plus été en période de fêtes sous un plaid avec un bon thé.

Voilà, c’est tout pour ce bilan printanier. Je n’ai pas vécu de grands transports comme vous pouvez le constater, le génialissime « Drunk » mis à part. Mais les vacances, les livres en attente et les cinémas ouverts vont sans doute rentre l’été plus intense à bien des niveaux.

Bilan d’avril: Sapiens, The dig et le retour d’Emily St John Mandel

Hello,

Ce mois d’avril a été le plus frais depuis 35 ans et on l’a bien senti passer. Comme la vie sociale n’est pas encore vraiment déconfinée (on peut se voir dehors mais il a fait froid), ça a laissé le temps à la lecture et au visionnage. Alors quel est le bilan de ce mois ?

Ce mois ci j’ai terminé une série netflix et j’ai regardé un film et un documentaire.

J’ai regardé la série mexicaine « qui a tué Sara ? » dont je dirais que le principal mérite est de m’avoir fait pratiquer la compréhension à l’audition de l’espagnol. J’adore le cinéma espagnol et argentin, mais niveau séries je suis souvent déçu. Je trouve souvent cela « too much ». Tout va trop vite, trop fort, c’est sulfureux, c’est mafieux, la richesse est démesurée, la violence aussi. Je me suis même lassée sur certains aspects de « la casa de papel » même si il y a un plaisir intellectuel dans cette dernière et que l’iconographie fait mouche. Ici, comme dans « la disparition de Soledad » l’intrigue fonctionne (une deuxième saison risque de suivre vu la fin de celle-ci), les méchants sont détestables, il y a l’un ou l’autre personnage un peu plus dense, mais je nourris également une antipathie certaine pour la victime. Cette Sara a un vilain air de peste il faut bien le dire. Bref, à quand de nouvelles séries anglaises ou une production hispanophone à la hauteur de son cinéma.

Je suis arrivée, je ne sais absolument plus comment, sur le documentaire « Evelyn » d’Orlandon Von Einsiedel. Evelyn était le jeune frère d’Orlando et il s’est suicidé il y a une dizaine d’années. Face au deuil impossible de sa famille, Orlando documente un trail qu’il réalise avec son frère et sa sœur sur les traces du disparu. J’ai tellement été touchée par cette œuvre à la fois personnelle et universelle que j’ai décidé d’en rédiger une chronique que je publierai à part. J’ai d’ailleurs décidé de sortir mes coups de cœur des bilans pour leur donner davantage de visibilité.

Enfin, sur netflix à nouveau, j’ai visionné « The Dig » un film anglais au casting impeccable (Ralph Fiennes, Carey Mulligan, Johnny Flynn et Lily James pour ne citer qu’eux) qui narre l’histoire vraie (mais romancée) d’une femme férue d’archéologie qui fait appel aux services d’un autodidacte pour explorer des tumulus (tumuli ?) sur sa propriété. Le tout durant la seconde guerre mondiale. Tout y est : le jeu d’acteur, la reconstitution d’époque, la romance, la campagne anglaise, la quête envers les éléments (la météo, les accidents de chantier) et les opportunistes (les pontes des grands musées qui veulent raffler la mise et reléguer au second plan l’homme modeste et cultivé qui les a devancés. A regarder absolument, même si vous n’y connaissez rien en archéologie ou si cela ne vous intéresse pas. On en ressort tout ému.

Historical drama 'The Dig' uncovers fascinating true story | Lifestyle |  oleantimesherald.com
Ralph Fiennes et Carey Mulligan
The Dig: How accurate is The Dig on Netflix on the Sutton Hoo treasure find  | Films | Entertainment | Express.co.uk
Johnny Flynn et Lily James

Plus atypique, j’ai écouté une conférence gratuite d’Aurélie Valognes sur son processus de création littéraire. Je n’ai lu aucun de ses romans et je ne sais pas si j’aimerais, mais je trouve toujours cela inspirant d’écouter les artistes parler de leur travail et de comment cela se passe en coulisses. Et il faut bien le dire, l’histoire d’Aurélie Valognes fait un peu rêver.

Je n’ai toujours pas terminé la brique « Sapiens » de Yuval Noah Harari, mais j’ai emprunté à la bibliothèque sa version BD. Je ne crois pas qu’elle couvre tout l’ouvrage de référence mais c’est un sacré morceau. Je ne suis pas du tout une fan de BD à la base, mais je dois dire que lire Liv Strömquist m’a encouragée et que je m’aperçois que cela fonctionne super bien pour vulgariser. C’est digeste et truffé d’humour. Les auteurs arrivent à en faire un périple puisque le tout est raconté du point de vue de Harari qui raconte l’histoire à sa nièce. Une réussite, j’attends la suite (mais j’ignore si elle est prévue).

Sapiens tome 1 - BDfugue.com

Pour terminer, j’ai lu deux romans. Le premier, « Le cœur cousu de Carole Martinez, a été un coup de cœur pour l’amie qui me l’a prêté. Pas pour moi. Je dois reconnaitre l’incroyable imagination de l’auteur qui nous emmène en fait dans un conte lui-même fait de sous contes qui racontent l’histoire des femmes d’une même famille dans une époque indéterminée (le début du 20° siècle ?) et qu’on situe en Andalousie et en Afrique du nord. J’ai peiné à être touchée par ces personnages achétypaux et presque surnaturels. La prose très chargée et très poétique pour un roman ne m’a pas non plus transportée. Je l’ai trouvée belle mais je suis restée en dehors. A chacun de se faire une idée.

J’ai également lu, « Dernière nuit à Montréal » d’Emily St John Mandel. J’avais adoré « Station Eleven » de cette même autrice. Ce roman est un roman noir, un autre genre donc. Je l’ai aimé sans l’adorer.

Dernière nuit à Montréal de Emily St John Mandel - Poche - Livre - Decitre

On y retrouve le thème de la quête et de l’errance. Tout y est très lent et si cela rend l’atmosphère des rues glacées de Montréal très dense et vivante, tout en contraste avec le courant d’air qu’est Lilia, cette jeune femme après laquelle court le narrateur sans jamais parvenir à la saisir. En parallèle, on suit l’histoire de Lilia, petite fille enlevée par son père à l’âge de 7 ans et en cavale depuis. Pourquoi l’a-t-il enlevée ? Cet évènement résonne comme une onde se choc et ne laissera pas indemnes ceux qui s’y trouvent mêlés. Un bon suspense teinté de spleen. A ne pas lire si vous êtes déprimés par contre.

Voilà, c’est tout pour ce mois ci, mais hier je suis retournée au cinéma, dans le cadre de Still Standing for Culture (et c’était calme, distancié et masqué) et j’ai hâte de vous parler du chef d’oeuvre que je suis allée voir, « Drunk » de Thomas Vinterberg.

Bilan de février: coups de coeur et déceptions, beaux mots inclus

Bonjour à tou-te-s,

28 jours mais tout de même un bilan conséquent en février. J’ai regardé un film, lu deux livres (dont un abandonné en cours de route cependant) et regardé 4 séries (en réalité des mini séries). Commençons d’ailleurs par ces dernières.

J’ai dévoré « Preuves d’Innocence » sur netflix qui documente le travail de l’Innocence Project aux USA. Si vous ne connaissez pas l’Innocence Project, il s’agit d’associations d’avocats bénévoles qui répondent à des demandes de condamnés (souvent à mort) qui clament leur innocence. Les failles du système judiciaire américain sont vertigineuses. J’ai adoré cette mini série documentaire. Notamment les extraits où des experts expliquaient comment fonctionne la mémoire des témoins et des victimes et à quel point un témoignage visuel doit être considéré avec la plus grande des précautions et non comme une preuve. Ensuite, j’ai regardé une nouvelle série noire venue du nord que j’ai également beaucoup aimée. Il s’agit des « meurtres de Valhalla », très efficaces. J’espère en voir une deuxième saison car j’ai aimé l’effeuillage psychologique progressif des deux enquêteurs et je voudrais les revoir à l’œuvre et en savoir plus sur ce qu’ils deviennent. J’ai été fidèle à « Grantchester » une de mes séries britanniques fétiches. Ceci dit, le personnage principal a changé puisque James Norton a quitté la série. On voit qu’ils ont essayé de donner un enjeu au nouveau pasteur mais c’est un peu fabriqué. Difficile de rivaliser avec les amours contrariées et le tempérament impétueux de Sydney Chambers. Enfin, j’ai regardé la série dont on parle beaucoup « Mon amie Adèle ». Je l’ai beaucoup aimée au départ, surtout les personnages de Louise, David et Rob (j’ai compris plus tard pourquoi je n’aimais pas Adèle). L’intrigue et le triangle amoureux tiennent en haleine et la fin est absolument renversante (c’est le cas de le dire). Cependant, je n’ai pas aimé l’intervention du surnaturel de plus en plus à la grosse louche. A la fin je me sentais comme à la fin de « Gone Girl » (le film le plus malaisant du monde on est bien d’accord) et cette histoire surnaturelle m’a un peu dégoûtée. Au final, je regrette un peu les 6 heures accordées à cette série.

Le film que j’ai regardé me laisse encore le sourire aux lèvres. Il s’agit de « Boyhood » de Richard Linklater, un film tourné en 12 ans et sorti en 2004. C’est une pépite unique en son genre, très émouvant puisque les acteurs se sont retrouvés régulièrement durant 12 ans et qu’on voit les jeunes acteurs devenir adultes. Patricia Arquette en mère courage à la vie sentimentale foireuse et Ethan Hawke en doux rêveur un peu inconsistant sont parfaits pour camper ce couple de parents divorcés. Ellar Coltrane et Lorelei Linklater sont attachants comme tout, frère et sœur soudés malgré les épreuves. Robert Linklater pose un regard empreint de bienveillance sur ces personnages qui savent nous toucher malgré la simplicité de l’histoire ou peut être justement grâce à cette simplicité et cette humanité. Cela me donne envie de revoir la trilogie des « before » avec Ethan Hawke et Julie Delpy. On y retrouve dans Boyhood cette connexion immédiate avec des personnages qui ouvrent grand leur cœur et n’ont pas peur de parler de leurs sentiments.

Boyhood
Il était si petit ❤
Before sunrise…magique…

Au rayon lecture, j’ai lu « Une machine comme moi » d’Ian Mc Ewan, l’un des auteurs britanniques contemporains les plus talentueux (deux de ses livres au moins ont été adaptés au cinéma « l’intérêt de l’enfant » et « sur la plage de chesil). Je viens de terminer un troisième livre de lui et même s’ils sont tous différents (pas la même époque, pas le même profil de personnages, le même milieu, etc), ils ont pour thème récurrent le questionnement éthique, les dilemmes, les accords passés avec notre conscience, etc… Les personnages ont une vie intérieure mouvementée. Il s’agit ici de l’histoire d’un homme qui adopte/achète un robot humanoïde, réaliste à s’y méprendre. Mais voulons nous que les machines restent des machines ou qu’elles soient comme nous ? Et comment les traitons nous quand elles échouent à nous satisfaire. Je ne saurais résumer cet ouvrage mais je le conseille vivement. C’est prenant, ce n’est pas de la science-fiction mais plutôt une sorte de dystopie et truffé d’originalités et de questionnements intéressants. Ian Mc Ewan mériterait sans doute que j’écrive un article complet sur son œuvre. J’en aurais bien envie mais il me faudrait du temps.

Enfin, le livre que je n’ai pas terminé est le classique de Jack Kerouac « Sur la route ». C’était déjà sa dernière chance et sans doute la dernière (puisque a la moitié j’ai abandonné et lu les dernières pages, chose que je ne fais jaaaaaaamais). Je n’ai pas connu avec lui l’épiphanie vécue avec « l’écume des jours » et « Rebecca » (délaissés puis retrouvés et aimés avec passion. Alors l’écriture est magnifique à certains moments, lyrique même et j’ai ressenti toutes sortes d’émotions vertigineuses vécues par le narrateur, mais….au bout d’un temps c’est tout le temps la même chose. Il croise machin et va avec lui à tel endroit où il retrouve avec une bande qu’il avait fréquenté sur la cote ouest, il repart en stop avec deux autres, galère, écoute les histoires de ses compagnons de route, et ainsi de suite. Une masse de personnages parmi laquelle je me perdais et une évolution que je ne sentais pas venir. Je me suis lassée de ce flux continu et de cette emphase quasi perpétuelle. A la fin je trouvais que rien de ressortait plus. Je comprends stylistiquement pourquoi c’est une référence et également que cela reflète sans doute une époque, un paradis perdu, la jeunesse…bref…au bout d’un temps j’ai trouvé ça…chiant. J’aurais tant voulu l’aimer pourtant. Et vous l’avez-vous lu ? Avec vous déjà détesté à la première lecture et aimé à la seconde ? Avez-vous déjà eu ce sentiment étrange qu’un livre était pour vous et finalement non ?

Quand même bien écrit j’avoue 🙂
Bon voilà, tout est dit…

N’hésitez pas à me laisser votre avis. Et rendez-vous en mars.

Films, séries, livres: mes favoris de 2020

Après une année de bilans mensuels et faisant suite à des articles du même genre ici et , voici ce que j’ai préféré en 2020 et que je vous conseille chaudement si vous êtes en panne d’inspiration.

Au niveau cinéma tout d’abord, j’ai aimé, dans le désordre :

  • Le saisissant, violent et musical Whiplash de Damien Chazelle qui met en scène la confrontation entre un jeune prodige de la batterie et son professeur aux méthodes peu orthodoxes
  • Le mélancolique Suite Française avec Michelle Williams et Matthias Schoenaerts en amants impossibles durant la seconde guerre mondiale. Un très joli film basé sur une histoire vraie
  • J’ai adoré Réparer les vivants , cette ode à la vie et ce plaidoyer bouleversant pour le don d’organes, tiré d’un roman de Maylis de Kerangal. A voit absolument !
  • Armando Iannucci  m’a conquise mettant en scène un David Copperfield au casting casting sans discrimination raciale. Une fable joyeuse, fantasque, colorée et des acteurs qui se délectent visiblement d’être là et donnent le meilleur d’eux-mêmes.
  • Enfin, dans un autre registre, je ne peux pas ne pas mentionner l’un des films de l’année : le polonais Corpus Christi et son jeune acteur Bartosz Bielenia qui crève l’écran en délinquant cherchant la rédemption dans la religion, au propre comme au figuré.

Au niveau des séries, il y en a aussi pour tous les goûts :

  • Virgin River , pour ceux et j’imagine surtout celles qui savent apprécier un peu d’eau de rose et que le décor des Rocheuses ne gâche en rien. Une série doudou parfaite pour l’hiver.
  • J’ai terminé The Good Place , ce bonbon aussi philosophique que déjanté, aussi hilarant qu’émouvant. Tout ce qu’on aime. Vous l’aurez deviné, en cuisine j’aime aussi le sucré salé 😊
  • Pour les amateurs de drame en costume, d’épopée et encore une fois de romance, on ne présente plus Outlander même si les première et troisième saisons restent mes préférées et que rien ne me consolera de Poldark, la meilleure série !
  • Pour parfaire votre culture historique et approcher une période qu’on nous enseigne peu, je vous conseille Rebellion/Resistance qui parle donc de rébellion, de résistance et surtout da lutte fratricide des Irlandais pour leur indépendance.
  • Il faut bien une série policière dans ce top éclectique, la voici, elle est scandinave (tiens donc) et c’est Bron/The Bridge (aussi ici et ) qui a occupé une bonne partie de mes soirées d’été. A voir non seulement pour les scénari de qualité mais aussi pour la prestation de Sofia Helin qui campe sans faute et durant 4 saisons l’inspectrice Saga Noren, atteinte d’un trouble du spectre autistique (bien que cela ne soit jamais clairement mentionné). Une prouesse !
  • Pour continuer dans la noirceur, j’ai adoré la saison 2 de L’aliéniste , meilleure selon moi que la première (et qui peut être vue indépendamment). Une plongée dans le New York de la fin du 19°, peuplée de personnages inquiétants et mentalement dérangés, traqués par un trio de choc interprété par Dakota Fanning, Luke Evans et Daniel Brühl, tous trois impeccables.
  • Dois-je vraiment mentionner que j’ai beaucoup aimé Le jeu de la Dame ? J’imagine que vous ne m’avez pas attendue pour en entendre parler et, sans doute, le regarder. Cette mini-série est je pense devenue la plus regardée de l’histoire de netflix et ce, en seulement quelques semaines. Les amateurs d’échec remercient les producteurs.
  • En novembre et décembre, j’ai découvert The Crown (et ici aussi), une série manifestement créée pour les gens comme moi et qui m’a plongée dans un état quasi extatique du début à la fin. Je la recommande aux connaisseurs de la famille royale mais aussi et tout autant à ceux qui s’en fichent et aux anti royalistes. C’est avant tout une histoire de famille et de devoir absolument fascinante et divinement bien jouée.
  • Enfin, j’ai déjà crié mon amour pour Home for Christmas dans mon billet de décembre et cette série norvégienne romantique et moderne mérite largement sa présence dans mon top. Que vais-je devenir en décembre 2021 puisque je pense que l’intrigue est bouclée ???

Enfin nous arrivons à la littérature. En 2020, j’ai aimé :

  • Middle England d’un de mes auteurs favoris, Jonathan Coe, qui n’a pas son pareil pour créer des personnages attachants et so british et nous plonger au cœur de moments politiques décisifs, ici le pré Brexit.
  • Toutes les histoires d’amour du monde où Baptiste Beaulieu nous emmène sur les traces des amours de ses aïeux en temps de guerre, tout en délicatesse.
  • Mon coup de cœur de l’année va au sublime roman d’Amin Maalouf Les désorientés . J’ai été séduite, emportée et bouleversée tant par le fond que par la forme.
  • J’ai découvert et beaucoup aimé aussi deux bandes dessinées de l’auteure suédoise féministe Liv Stromquist , L’origine du Monde qui traite de la représentation du sexe féminin et La rose la plus rouge s’épanouit qui aborde le thème de l’engagement amoureux.
  • J’ai plongé dans l’univers fantasque et meurtri de Pierre Lemaître et son Au revoir là haut, qui m’en a appris sur la triste condition des poilus démobilisés.
  • Enfin, je me suis laissée peu à peu surprendre, après des débuts laborieux, par Les oreilles de Buster de Maria Ernestam où il est question de maternité toxique et d’une dame qui dort avec des oreilles de chien (des vraies) sous son oreiller.

Pour terminer, je retiens également des visites. Il y en a eu peu puisque pour moi le tourisme s’est arrêté en mars. C’est peut-être pour cela que je m’en souviens mieux. Il s’agit de ma visite du Speelklok Museum à Utrecht et de l’expo Monet :The immersive Experience à Bruxelles. Deux moments qui me rappellent combien les lieux de culture me manquent.

Bilan culturel de septembre/octobre

Eh bien et bien, que de retard accumulé depuis la rentrée. Je me suis aussi aperçue que mes bilans me prenaient beaucoup de temps car je livre souvent un synopsis. Or si une œuvre intéresse le lecteur, il peut en retrouver la trame en un clic. Pour ce bilan qui couvre deux mois, j’ai donc décidé d’alléger l’écriture et la lecture en partageant avant tout mes impressions. Pour que cela reste un plaisir aussi d’y revenir…

En ces mois de septembre/octobre, j’ai lu 3 livres si je ne me trompe pas. Deux d’entre eux étaient cependant de véritables pavés :

  • « Les absentes » du Belge Vincent Engel. J’attendais beaucoup de ce roman tant j’avais aimé « Retour à Montechiarro », lu il y a deux ans. D’autant que la trame nous donne des nouvelles des personnages aimés puisqu’il s’agit à nouveau d’une saga qui nous fait traverser les époques et qu’on y retrouve la Toscane, Venise, mais aussi Bruxelles. J’ai cependant été un peu déçue. Tout d’abord, deux des trois personnages principaux (chaque partie conte l’histoire d’un homme, lié directement ou indirectement aux deux autres et également liés à « retour à Montechiarro ») me sont apparus peu sympathiques. J’ai par contre aimé découvrir Domenico Della Rocca plus en profondeur. Ensuite, le style m’est apparu un peu lourd. Vincent Engel écrit ses romans à la façon de classiques du XIX°. Et si c’est finement ciselé, à renfort de beaux mots (j’avoue j’en ai appris, j’en ai aussi laissé passer, flemme de prendre le dico) et de longues phrases, au final, ça me fatiguait un peu. Impression qu’il en faisait trop. Ceci dit, c’est un tour de force de maintenir cette qualité durant 600 pages, peu de contemporains en sont sans doute capables.
  • « Les désorientés » d’Amin Maalouf. Attention ici, coup de cœur majeur. Et comme souvent, il m’est difficile de mettre des mots sur ce que j’aime le plus. J’ai commandé ce livre connaissant Amin Maalouf de réputation et me promettant depuis longtemps de lire « les identités meurtrières ». Je me suis décidée pour ce roman à la lecture d’un article concernant les explosions récentes à Beyrouth qui le recommandait pour comprendre ce que vivait et avait vécu le peuple libanais. J’ai donc adoré lire ce roman et suivre son protagoniste, Adam, double de l’auteur, qui revient au pays après plus de vingt ans d’exil en France, pour assister aux funérailles d’un ami avec qui il était brouillé. Ce roman, en plus d’aborder les conflits identitaires et l’histoire du pays, est très poétique. La langue est belle et c’est important pour moi. C’est un roman qui touche à l’essentiel, qui parle d’amour, d’amitié, de compromis, de souvenirs… Les personnages sont beaux et complexes et certaines réflexions sur le couple et sur la lecture m’ont bouleversée. Je l’ai tant aimé que j’envie ceux qui ne l’ont pas encore lu. Je me suis moi-même empressée de le prêter à un ami en le sommant de le lire.
Les Désorientés, Amin Maalouf | Livre de Poche
  • « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafón. Ce best seller espagnol me fait de l’œil depuis des années et pourtant je n’étais pas sûre que ce serait mon style. J’ai un peu la même histoire avec ce livre qu’avec « Duma Key » de Stephen King. Je voulais arriver au bout, les débuts ont été un peu difficiles, mais je ne suis pas déçue de m’être accrochée car mon intérêt a été crescendo. C’est un roman d’atmosphère, une atmosphère post franquiste et inquiétante, presque gothique. Il y a beaucoup de personnages intrigants et il faut renoncer un bon moment à comprendre où l’auteur veut nous emmener. A la Barcelone lumineuse qu’on connait, l’auteur oppose une Barcelone hivernale, brumeuse, qui recèle des secrets teintés de violence. A lire pour les amateurs de ce genre d’atmosphère et d’aventure.  Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter par les suites. Avez-vous lu ce roman et d’autres de Zafón ?

Au niveau cinéma, j’ai vu 4 longs métrages, deux à la télévision et deux au cinéma. Commençons par ces derniers :

  • « David Copperfield » de Armando Ianucci. J’ai adoré cette adaptation du classique de Charles Dickens. Classique que je n’ai pas lu, mais que j’ai désormais envie de lire. L’histoire est riche en rebondissements et en personnages farfelus et le casting est impressionnant. Dev Patel est parfaitement charmant en David Copperfield et je décerne une mention spéciale à Hugh Laurie en parfait doux dingue. Le pari inédit (en tout cas je n’avais jamais vu cela) de distribuer les acteurs sans tenir compte de leur origine ethnique est absolument réussi, à tel point que je me demande pourquoi personne ne l’avait jamais fait avant. J’ai été surprise au début, mais le code passe très bien. Les costumes et la photographie sont magnifiques, c’est à la fois léger, drôle, grave et émouvant… Certaines histoires résisteront toujours au passage du temps et rien ne vaut un bon classique de temps en temps. Je recommande chaudement le visionnage de ce film qui m’a dépaysée et enchantée deux heures durant et encore bien après.
The Personal History of David Copperfield - Wikipedia
  • Dans un tout autre style « Corpus Christi » de Jan Komasa, un véritable coup de poing venu tout droit de Pologne. Alors cela peut être rédhibitoire pour certains, mais je vous assure que ce film vaut la peine. Il est extrêmement fort. C’est l’histoire de Daniel, un jeune délinquant qui sort d’incarcération. Il rêve de devenir prêtre, mais sait que cela ne sera jamais possible puisqu’il a un casier. Cependant, lorsque, en route pour la menuiserie où il doit entamer sa réinsertion, il a l’opportunité de se faire passer pour un prêtre et de prendre la tête d’une paroisse reculée, il n’hésite pas longtemps. Commence alors un chemin inattendu de rédemption pour le jeune homme ainsi que pour les gens de la paroisse, récemment marquée par un accident tragique. J’ai adoré ce film, absolument sublimé par la prestation de son jeune acteur Bartosz Bielenia, magnétique aux grands yeux clairs. Ce film pose beaucoup de questions et on en ressort un peu sécoué néanmoins : a-t-on vraiment droit à une deuxième chance ? comment accorder et obtenir le pardon ? peut-on vraiment changer ? La foi (en Dieu ou en quelque chose de plus grand que soi, comme une mission) peut-elle sauver les hommes ? A voir ! PS : nullement besoin d’être croyant pour apprécier je précise.
Le film de la semaine] Corpus Christi, un vertigineux drame social - Cinéma  - FocusVif
  • J’ai re re re re revu le dernier « Harry Potter » et cela méritait d’être mentionné, car c’est toujours aussi bien.
  • J’ai vu « Normandie nue » de Philippe le Guay, avec François Cluzet. C’est une comédie dramatique française qui voit un maire et agriculteur normand essayer de convaincre ses ouailles d’accepter la proposition d’un célèbre photographe américain de les photographier tout/tous nus sur un champ du village. Le maire (Cluzet) y voit là une opportunité de donner une visibilité au monde agricole en souffrance. J’ai bien aimé ce film, mais je l’ai trouvé un peu gentil. Je m’attendais à quelque chose de plus politique, mais finalement cela dérive plutôt sur une chronique de la vie rurale avec de multiples intrigues secondaires : jalousies, amour, reproches, etc… J’ai donc été un peu déçue. Ceci dit l’angle d’approche est original et on passe un bon moment, surtout si on est fan de Cluzet.

Au rayon séries, j’en compte également quatre à mon actif :

  • « Wallander », une série policière suédoise (mais tournée en anglais) qui met en scène un jeune inspecteur Wallander. L’inspecteur Wallander, protagoniste des romans de Henning Mankell, a déjà fait l’objet d’une série où il était interprété par Kenneth Branagh. Ici, la série est pas mal et l’acteur est charmant, mais je ne vois pas en quoi elle est un prequel puisque l’action se déroule clairement de nos jours. Un bon polar cependant.
  • “The end of the f**king world” saison 2. J’avais adoré la saison 1 de ce road trip avec deux adolescents écorchés et qui avaient sacrément du mal à gérer et/ou ressentir leurs émotions. Cette seconde salve est moins réussie je dirais, mais ceci dit, il est presqu’impossible de retrouver la candeur de la première saison et c’est ce qui faisait son charme. Alyssa et James sont de nouveau très attendrissants. Cette saison met davantage en avant les difficultés d’Alyssa et introduit un nouveau personnage, Bonnie, elle aussi blessée et en quête de revanche. Je conseille à tout le monde de regarder cette série très intelligente, attendrissante et finement écrite, loin des clichés habituels sur l’adolescence et les émois amoureux.
  • « Le dernier mot », une autre série netflix, allemande cette fois. J’ai été séduite par le pitch qui met en scène une femme de 50 ans qui, pour faire face à la mort de son mari, décide de devenir auteur et oratrice professionnels d’éloges funèbres. Cette série qui aborde bien entendu le thème du deuil et assez loufoque et il ne faut pas avoir peur des pétages de plombs et de certaines situations grotesques. A d’autres moments, elle est très originale, les personnages sont bien construits (même si certains sont très énervants) et on s’y surprend à philosopher et à vivre de vrais moments de poésie. Elle a le mérite de nous rappeler que le deuil n’est pas un processus linéaire avec un début et une fin et qu’il est important de faire de notre vie une fête dès qu’on le peut (bon ici vu le contexte actuel, il faut se montrer créatifs, mais c’est bon à rappeler). Un ovni à découvrir, c’est vite regardé puisque je pense qu’il s’agit de 8 épisodes d’une demi-heure.
  • « L’aliéniste » saison 2. Une fois n’est pas coutume, voici une série dont je préfère la deuxième saison à la première. Si vous n’avez pas vu cette série, sachez nous emmène sur dans les pas d’un pionnier de la psychiatrie (Daniel Brühl, impeccable comme toujours), d’une enquêtrice féministe (Dakota Fanning, là où on ne l’attendait pas) et d’un journaliste (Luke Evans) dans le New York de 1890. J’avais trouvé la première saison vraiment glauque, elle nous emmenait dans les milieux de la prostitution enfantine. Cette deuxième saison, qui fait la part belle au personnage de Sara Howard et aux  femmes en général, est toujours très sombre et violente, mais je ne sais pas, j’ai trouvé cela moins glauque. Il y est pourtant cette fois question d’avortements clandestins, d’une clinique inquiétante et de vol (et meurtre) de bébés. Ames sensibles et/où allergiques aux sujets tabous, s’abstenir. De mon côté, j’ai adoré. Cette série nous plonge dans une atmosphère et une esthétique drôlement de saison et tient véritablement en haleine.
The Alienist' Season 2 Review: 'Angel of Darkness' Is Another Dud |  IndieWire

Voilà, c’est tout pour ce bilan de début d’automne. Et vous avez-vous vu/lu de belles choses ? Qu’aimez-vous regarder en cette saison ? Moi j’adore accorder certaines lectures et séries avec la saison, je recherche donc paradoxalement des ambiances cosy à la Gilmore Girls (j’attends pour cela la saison 2 de Virgin River) ou anxiogènes et sombres (et là, je vais bientôt me tourner vers « Rebecca »).

Bilan culturel d’août

Voici le temps venu d’aller prier pour mon salut  de dresser la liste de mes consommations littéraires et cathodiques du mois d’août.

Ce faisant, je m’aperçois qu’elle n’est pas très longue, preuve que j’ai été raisonnable au niveau des écrans, mais aussi que certaines productions exigent du temps.

C’est ainsi  que, à moins d’un oubli (fort possible), je n’ai terminé aucun livre en août, alors que j’ai été en vacances. Je suis actuellement plongée dans la lecture d’un pavé de Vincent Engel « Les absentes », qui vient compléter la lecture de « Retour à Montechiarro » qui m’avait enchantée il y a un an et demi de cela. Mais j’en reparlerai lors du bilan de septembre puisqu’il me reste 150 pages à lire.

Au niveau des séries, j’en ai terminé deux. J’ai tout d’abord achevé de visionner les 4 saisons de « Bron » ou « The Bridge », série policière dano-suédoise dont je parlais déjà le mois dernier. J’ai adoré les deux dernières saisons. L’atypique Saga Bauer change de partenaire et, même si j’aimais bien le précédent, j’ai craqué pour le nouveau duo. Ils se révèlent mutuellement des choses sur eux-mêmes et on apprend à mieux comprendre l’énigmatique Saga. Les intrigues sont toujours aussi complexes et il faut s’accrocher mais ça vaut le coup.

Saga Norén and Henrik Sabroe in the third season of The ...

J’ai aussi regardé les trois épisodes de la saison 1 (j’ignore si une suite est prévue, j’aimerais que oui) de « Van Der Valk ». La production est anglaise mais les enquêtes se déroulent à Amsterdam, ce qui m’a réjouie. On y côtoie les mondes de l’art, de la mode et des cafés typiques. En plus Van Der Valk, dépourvu d’humour mais très charismatique, vit sur un bateau. Une belle mention pour cette série d’enquêtes.

Enfin, grand bonheur pour moi, je suis retournée au cinéma. Cela m’avait énormément manqué. Je sais que tout peut désormais venir à nous, mais je reste attachée à l’expérience des salles obscures et du très grand écran. C’est tellement différent. Je suis allée voir deux films en ce mois d’août.

Tout d’abord « La odisea de los giles » (« les loosers héroïques), présenté comme le successeur de « Relatos Salvajes » (« les nouveaux sauvages ») qui est le film le plus drôle du monde. Non sérieusement, bon ça se discute peut-être, mais il doit absolument figurer dans le top 5. J’ai tellement ri devant Relatos Salvajes qu’à ce niveau, j’ai été un peu déçue. Cette comédie sociale argentine est loin d’être aussi drôle, mais il y a néanmoins de très bons moments et on se prend au jeu. Je vous laisse aller checker le pitch et vous invite à découvrir le cinéma argentin.

Ensuite, dans un tout autre style, je suis allée voir « Vivarium », une production irlando-dano-belge si je ne m’abuse. Avec Jesse Eisenberg et Imogen Poots (inconnue pour moi mais dont je salue la prestation). Ce film est…comment dire, malaisant. Il faut en être conscient et je déconseille d’aller le voir si on est déjà en crise existentielle. C’est cependant un objet cinématographique réussi, autant du point de vue du jeu qu’au niveau esthétique (ambiance surréaliste à la Magritte). Je vous copiecolle le résumé de wikipedia : « À la recherche de leur première maison, Gemma et Tom effectuent une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier, Martin. Par la suite, le jeune couple se retrouve piégé dans un lotissement de maisons identiques appelé « Vauvert » (« Yonder » —Là-bas en anglais—). Malgré leurs efforts pour s’en échapper, ils vont devoir rester dans la maison, élever un enfant qui n’est pas le leur et faire face à un destin qui leur échappe complètement et totalement imposé par une force mystérieuse. »

'Vivarium' Review | Hollywood Reporter

On peut classer ce film dans la science fiction, entre dystopie et horreur. Il ne se passe pas grand-chose, mais l’angoisse est là, planante et on assiste aussi impuissant que les protagonistes à une fin qui ne peut être de bon augure. J’ai bien aimé ce film, qui m’a intriguée, mais je l’ai trouvé un peu longuet. On en ressort avec l’envie de prendre une bonne bouffée d’air frais (pas pratique avec le masque) et un regard nouveau sur le ciel et les nuages (ceux qui ont vu comprendront). Cependant, je n’ai pas compris qu’on en parle comme d’une critique de la société de consommation, je n’y ai vu aucune référence personnellement, si ce n’est que le jeune couple souhaite acheter une maison. A part cela, ils ne sont pas du tout des caricatures de consommateurs du peu que l’on voit d’eux avant que cela dérape. Gemma est une institutrice et Tom est élagueur/jardinier. Ils semblent plutôt baba cools justement et il est étonnant de les voir suivre l’agent immobilier. Moi j’ai plutôt ressenti un appel à sortir de nos cadres de référence et à apprécier à nouveau les petits plaisirs de la vie, à jouir de la mixité et de la différence. Quelqu’un d’entre vous a-t-il vu ce film ? Cela m’intéresserait de connaitre votre avis.

Voilà, c’est déjà fini pour ce mois-ci. Et dans deux jours je reprends déjà le boulot. C’est moi ou la crise sanitaire bouleverse complètement nos repères temporels ?

Bonne reprise à vous si vous devez aussi rentrer à l’école ou au boulot.

Bilan culturel de mai

Eh bien, eh bien, on dirait que ce mois de mai a été riche en lectures et visionnage de séries et de films. Pourtant, je jure que j’ai travaillé, que j’ai fait du sport et que j’ai même revu les gens que je pouvais voir… Et pourtant, ce mois ci, j’ai regardé 5 séries (ou plutôt 5 saisons de séries, certaines étant des mini séries) et 3 films. De plus, j’ai lu 3 livres (je les ai même dévorés).

Commençons par les séries :

  • J’ai terminé les saisons disponibles de Grace & Frankie et même si les intrigues peinent à se renouveler (disputes, réconciliations, Frankie fait un truc dingue, Grace fait une crise de nerfs et ainsi de suite), je continue à avoir une tendresse infinie pour cette saison et son casting d’octogénaires absolument désopilants. C’est ma série doudou, qui m’a tenu compagnie durant mes pauses de midi les jours où je télétravaillais. Je la recommande, ça se mange sans faim, comme un bonbon. Je dois attendre désormais la septième saison, qui sera la dernière. Deuil douloureux en perspective, alors que je ne suis pas remise de la fin de Poldark.

Tellement de répliques cultes…

  • J’ai regardé la saison 5 d’ Je ne m’étendrai pas sur le sujet, j’ai l’impression d’en parler tous les mois. J’ai bien aimé cette saison, mieux que la précédente. Le dernier épisode était à couper le souffle avec ses allers retours entre les années 60 et le 18° siècle. Jolie réalisation et très belle performance d’acteurs, surtout Caitriona Balfe.
  • Avec un peu de retard, j’ai englouti la saison 4 de La casa de Papel. Je pourrais pinailler sur le fait que toutes ces intrigues sentimentales au milieu d’un braquage cassent le rythme et sont invraisemblables dans un contexte de tension requérant tant de précision, mais le fait est que…bordel, ça marche. A chaque épisode un cliffhanger qui fait qu’il est impossible de ne pas binger cette série. J’ai également regardé l’espèce de making of/examen du phénomène né avec cette série et c’était assez intéressant. Les personnages sont captivants et esthétiquement c’est assez irréprochable. Et quel plaisir d’entendre parler espagnol. On attend la suite !
  • Et pour entendre parler italien, à défaut de pouvoir me rendre prochainement dans mon deuxième pays, j’ai regardé Il Processo, une série judiciaire comme son nom l’indique. J’ai bien aimé cette série et je me suis attachée aux personnages. Il y a 8 épisodes et cela se passe à Mantoue. Je ne connais pas cette ville, mais cela m’a donné très envie d’y aller, le décor est somptueux.
  • Enfin nous allons en Irlande, j’ai regardé Rebellion – Resistance une série irlandaise. Il y a deux saisons, certains personnages apparaissent dans les deux, mais une bonne partie du casting est renouvelé. Cela m’a frustrée car les trois personnages centraux de la première partie sont trois femmes et on n’en a plus de nouvelles par la suite. A part ça, j’ai adoré cette série qui retrace les évènements ayant précédé et mené à l’indépendance de l’Irlande dans le sillage de la première guerre mondiale. J’en ai beaucoup appris et cela m’a donné envie de me documenter sur le sujet. L’histoire de l’Irlande est en effet très complexe. Ici on la vit essentiellement du côté des rebelles, mais il est impossible de dissocier les deux camps puisque cela a divisé des familles et des amis, certains engagés dans l’armée britannique et d’autres luttant pour l’indépendance. Ils étaient prêts à donner leur vie et la série est très violente et parfois dure à regarder. Il y a 100 ans en Europe, les gens mourraient encore pour que les leurs soient libres…que nous réserve l’avenir ?

les protagonistes de la première saison

Les trois films que j’ai vus sont :

  • La tête haute d’Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve et Rod Paradot. Ce film, je l’ai trouvé très juste et très touchant. Il trace le parcours d’un jeune garçon, de ses 4 ans à son entrée dans l’âge adulte. Ce jeune garçon qui grandit sans père et avec une mère profondément immature est très tôt pris en charge par les services d’assistance à l’enfance. C’est un film assez dur mais réaliste et bourré d’humanité et surtout d’un regard bienveillant, tant sur lui que sur le système et ses limites.
  • The Breakfast Club de John Hughes. Il s’agit ici d’un classique ou en tout cas d’un film culte qui a marqué toute une génération à sa sortie en 1985. La situation est très simple, il s’agit d’un huis clos lors d’un samedi où 5 ados sont collés dans une classe de leur lycée. Chacun est un peu stéréotypé à la base : le sportif, le délinquant, la bizarre, la reine du lycée, l’intello… Au fil de la journée, ils se révèlent sous le regard des autres, ils se cherchent, se trouvent, tombent les masques et en apprennent davantage sur eux-mêmes et les autres. Je comprends qu’on fasse toujours référence à ce film dans d’autres films et séries car il capture tellement bien les anxiétés, colères et insécurités de cette période de la vie. J’aurais aimé le voit plus jeune…

The Breakfast Club | Trailer & Artwork

  • Ce qui nous lie de Cédric Klapisch avec Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Francois Civil. Une histoire qui se déroule dans un vignoble. Une fratrie s’y retrouve au décès de leur père et doit décider de comment assurer sa succession. Un cadre magnifique pour un film tout en justesse, porté par trois comédiens convaincants. Pas besoin d’être amateur de vin pour apprécier.

Enfin, au niveau littéraire, j’ai dévoré :

  • Nos espérances de Anna Hope, l’histoire d’une amitié entre trois femmes, entre Londres et le Kent, entre les années 90 et la moitié des années 2010. Une amitié née à l’aube de l’âge adulte et qui doit faire face aux jalousies et ambitions déçues des héroïnes. J’aime beaucoup ce genre de livre où les chapitres s’alternent en donnant la parole à chacune des protagonistes tour à tour (même si le livre est écrit à la troisième personne). C’est très dynamique, cela se passe entre Londres et le Kent et les thèmes abordés sont variés : l’amitié, la trahison, le deuil, la maternité, la carrière… J’ai apprécié cette lecture, mais je dois dire que cette amitié ne m’a pas fait rêver. Je me suis dit que j’avais de la chance avec les miennes.
  • Le livre des Baltimore de Joël Dicker. Après ma déception à la lecture de « La disparition de Stéphanie Mailer », j’ai néanmoins poursuivi avec de roman qu’on m’a prêté. Ici encore cependant, j’ai eu le sentiment que l’auteur en faisait trop et manquait de la demi mesure nécessaire pour que l’on puisse s’attacher vraiment à ses personnages. Les critiques que j’ai lues à l’égard de son dernier roman « la chambre 622 » ne me donnent pas très envie de le lire. Il est toujours un raconteur hors pair, mais cela manque d’authenticité. J’ai l’impression qu’il veut être le nouveau Douglas Kennedy. Je ne crache cependant pas sur deux de ses premiers romans, l’éblouissant « La vérité sur l’affaire Harry Québert », qu’on ne présente plus et, surtout, le méconnu « les derniers jours de nos pères », un coup de cœur dont j’ai parlé ici.
  • Middle England de Jonathan Coe. Une valeur sure pour moi ici par contre. Jonathan Coe sait nous faire aimer ses personnages, leurs manies, leurs défauts et leur cœur. Pas de manichéisme et un regard bienveillant sur eux certainement, même s’il sait être sans concession. Il reconvoque dans ce roman les personnages qu’il avait créés dans son diptyque « Bienvenue au Club » et « le cercle fermé ». La bande d’ados de Birmingham a désormais la cinquantaine et l’Angleterre doit choisir si elle va ou non quitter l’Union Européenne. Un livre à mettre entre les mains de tous ceux qui aiment l’Angleterre, l’autodérision et qui désirent mieux comprendre la culture et la mentalité de ce pays si proche du notre et pourtant si différent. Un coup de cœur qui m’a donné envie de me replonger dans ses autres romans. Lu en anglais sans trop de problème en plus !

Middle England: Amazon.co.uk: Jonathan Coe: 9780241309469 ...

Et vous, avez-vous profité du confinement pour lire au jardin ou regarder des films qui attendaient depuis longtemps ?

Bilan culturel d’avril

Je vous retrouve aujourd’hui pour dresser mon bilan culturel d’avril. Sans surprise, il n’y aura ni musée, ni pièce de théâtre, ni film récemment diffusé dans des salles désormais plus obscures que jamais. J’ai hâte et peur de savoir ce qui va être mis en place pour la reprise de la culture, grande oubliée des aides liées au confinement et toujours dans le flou total quant à des conditions de reprise. La santé avant tout, mais j’ai hâte de pouvoir retourner au théâtre et au cinéma. S’ils doivent rouvrir avec des petites jauges, j’y serai, masquée et désinfectée s’il le faut, pour les soutenir.

Je suis en cours de lecture de deux livres actuellement (oui, un pour les après-midi et l’autre dans mon lit le soir) et je n’en ai terminé deux en avril, un classique et un contemporain.

Je me suis tout d’abord lancée dans un recueil de nouvelles plus ou moins longues d’Edgar Allan Poe, intitulé « Le Chat Noir et autres histoires ». Il s’agit du deuxième volume d’une série de trois publié par les éditions Gallmeister, spécialisées dans la littérature américaine (Etats-Unis). Tout d’abord, je dois reconnaitre que dans ma tête Poe était Britannique…j’ignore pourquoi ce biais ethnocentré. Il a toujours été présent dans ma carte du monde (mal situé cependant) littéraire. Cité dans d’autres livres, dans des séries (The Following notamment, où le tueur en série est un spécialiste de l’auteur), des articles… J’avais l’idée d’un auteur ténébreux et d’une littérature inquiétante et je n’ai pas été détrompée par ce recueil ni par la biographie de Poe lue sur wikipedia. J’y ai appris que :

  • Ses parents sont morts alors qu’il était petit. Allan est le nom de sa famille adoptive. Il avait un frère et une sœur qui n’ont pas fait de vieux os
  • A 26 ans il a épousé sa cousine, âgée alors de 13 ans. Il l’a chérie toute sa vie sans qu’on sache si leur union avait été consommée. La jeune femme est décédée à 24 ans.
  • Poe est mort 3 ans plus tard, à l’âge de 40 ans. Sur les portraits, il a l’air d’en avoir 20 de plus.
  • Beaucoup de personnes de sa famille ont connu des maladies graves et en sont mortes. Son père était alcoolique et Edgar aussi.
  • On ignore les causes de sa mort, il a connu des épisodes de grande dépression (et des rumeurs de folie) et il consommait beaucoup d’alcool et de substances variées.
  • Il est considéré comme le précurseur du roman policier, de la science fiction et du fantastique.
  • Il a vécu une partie de sa vie en Angleterre, d’où ma confusion peut-être

Edgar Allan Poe Festival Schedule, Riverhead: Oct. 31- Nov. 2 ...
Tout un programme…

Ca donne envie hein ! Alors je n’ai jamais trop accroché aux nouvelles et aux recueils, c’est comme les courts métrages. Mais ici, je dois dire que j’ai tout dévoré. Enfin, cela m’a pris du temps tout de même car les récits sont extrêmement denses, truffés de références (mais j’ai abandonné au bout d’un temps les notes de bas de pages qui me ralentissaient et que je ne maitrisais de toute façon pas tant elles sont pointues et obscures même pour l’éditeur). On distingue clairement les prémisses du Sherlock Holmes et du Watson de Sir Arthur Conan Doyle. Certaines nouvelles font peur, insinuent le malaise et ne m’ont en tout cas pas laissée indifférente. La langue est très recherchée (bravo aux traducteurs également, l’un des premiers a été Baudelaire, ce qui n’est pas étonnant vu son goût du morbide). Certains contes (étiquetés comme sadiques, cruels, horrifiques dans la table des matières) se terminent bien et d’autres très mal. Les personnages sont soit de fins déducteurs soit de pauvres âmes s’aventurant aux confins de la folie. J’ai beaucoup aimé le meurtre de Marie Rouget où le détective amateur (et d’une perspicacité presque surhumaine) s’attache à démonter l’un après l’autre les raccourcis et les présomptions hasardeuses publiées dans la presse. Il dissipe par là peu à peu le voile opaque qui entoure le crime et invite le lecteur à ne pas s’engouffrer dans des hypothèses fondées uniquement sur la probabilité. J’ai trouvé qu’à l’époque où règnent les fake news et les contre vérités dans la presse de l’immédiateté, ce texte était d’une pertinence et d’une modernité surprenantes.

Le Chat noir et autres histoires - Edgar Allan Poe - éditions ...

J’ai également lu « la disparition de Stephanie Mailer » de Joël Dicker. C’est le troisième livre de lui que je lis après le tour de force de « la vérité sur l’affaire Harry Québert » et, dans un style tout autre « les derniers jours de nos pères » qui avait été un coup de cœur. Ici, Dicker repart sur le roman policier. J’ai dévoré le livre en trois jours, c’est un véritable « page turner ». Je lui ai cependant trouvé quelques défaut, c’est à mon sens le moins bon des trois que j’ai lus.

Les + :

  • Une intrigue menée au cordeau et dont on ne voit pas les ficelles
  • L’ambiance, le point fort de l’auteur qui, bien que Suisse, parvient une nouvelle fois à nous immerger complètement dans l’atmonsphère de New York et du New Jersey. On a envie de mettre sa plus belle robe et d’aller à un garden party face à l’Atlantique.
  • Le rythme toujours soutenu
  • La double temporalité, comme dans la Vérité sur l’affaire Harry Québert, qui nous fait voyager entre le présent et 20 ans auparavant.

Les moins :

  • Chaque chapitre est écrit du point de vue d’un personnage. Certains sont récurrents, mais tout de même 8 points de vue différents, ça fait beaucoup. En plus des deux époques, on s’y perd et c’est laborieux à certains moments. Et encore, je l’ai lu d’une traite. On ne sait pas pourquoi on a le point de vue de certains personnages et pas d’autres…
  • Le caractère très caricatural de certains personnages. C’est vraiment le point faible pour moi. Il y a des personnages très bien construits, notamment les policiers, mais certains autres sont vraiment grossiers et pas du tout creusés. La maitresse vraiment atroce sans qu’on sache pourquoi, le critique littéraire imbu de lui, l’ex flic complètement hallucinant. Je trouve vraiment que c’est très inégal et manque de subtilité. C’est ce qui m’a le plus déçue et surprise car il ne m’avait pas du tout habituée à cela.
  • Des moments extrêmement convenus, des répliques aussi… Cela va sans doute de pair avec le point précédent.
  • La fin m’a aussi laissée dubitative, mais c’est sans doute une question de personne.

En résumé, un très bon moment qui change les idées et nous emporte complètement. Une architecture à nouveau remarquable, mais un style que je ne comprends pas toujours, à se demander si l’ensemble du livre a finalement été écrit par la même personne, entre réalisme et farce. A vous de juger. Je sais que beaucoup de gens ont lu ces romans, je serais vraiment curieuse d’avoir vos avis. J’ai « Le livre des Baltimore » sur ma PAL donc je reviendrai surement bientôt vous en parler.

Concernant, les films, j’ai regardé « Love Wedding Repeat » sur netflix, le jour de mon anniversaire. C’est une sympathique comédie, pleine de quiproquos durant un mariage qui se passe à Rome. C’est un bon divertissement et j’ai apprécié retrouver des acteurs anglais que j’apprécie tels Freida Pinto (« slumdog millionaire »), Eleanor Tomlinson et Jack Farthing (dans un rapport avec avec des caractères bien différents de ceux qui ont été les leurs durant les 5 saisons de Poldark). Tout ça m’a donné envie d’assister à un beau mariage et d’aller en Italie, mais aucun des deux n’est au programme.

Bande-annonce du film Netflix "LOVE WEDDING REPEAT" (2020)

J’ai aussi regardé « Réparer les vivants » qui trainait sur mon disque dur depuis des lustres. C’est un film de Katell Quillévéré, basé sur le roman éponyme de Maylis de Kerangal. Ce film est très beau et m’a fait verser des larmes. Il s’agit d’un film qui parle du don d’organe. On y suit en parallèle le parcours de Simon, 17 ans, victime d’un accident de la route, et de Claire, 50 ans, en attente d’un cœur. C’est d’ailleurs avant tout une histoire de cœur lumineuse. Car c’est lui le centre de l’histoire, le cœur de Simon, la décision de ses parents de le donner. L’équipe médicale qui accompagne cette démarche et prend soin du cœur et des coeurs. Et enfin l’histoire de Claire, qui ne sait plus si elle doit y croire, boostée par ses deux garçons adultes qui veulent désespérément que leur mère vive. Une tranche de vie, triste et pleine d’espoir à la fois. Je suis fière d’avoir fait la démarche de m’enregistrer officiellement comme donneuse d’organe auprès de ma commune. En Belgique la démarche est très simple, il suffit d’aller signer un papier à la commune. Cela enlève à vos proches le poids de devoir se positionner en cas d’accident, même si bien sûr j’espère faire de vieux os avec mon vieux cœur.

Le film de la semaine] Réparer les vivants, discrètement ...
D’accord avec tout ça…

Enfin, j’ai regardé trois séries, en tout cas j’ai terminé des saisons de ces séries ou la série entière. Je n’aime pas binger lorsque je trouve une série que j’aime. Je dilue et j’en regarde souvent plusieurs en parallèle. J’ai mes petits rituels, les comédies lorsque je mange et les séries historiques en soirée, ce genre de chose.

J’ai terminé, enfin, « The Good Place » et ça a été dur d’en faire le deuil. Ironique pour une série qui parle de vie après la mort. J’ai adoré le développement des personnages, l’humour, les références à la pop culture, mais aussi à la philosophie. C’est à la fois très farfelu, coloré et joyeux, mais extrêmement profond puisque sont questionnés notre finitude et nos aptitudes au changement et à vivre la meilleure vie que nous pouvons. A consommer sans modération !

The Good Place saison 4 : un aperçu de l'ultime saison

J’ai aussi regardé la quatrième saison d’Outlander qui a enfin débarqué sur netflix. Je n’ai rien de particulier à en dire. Je regrette un peu que l’histoire se déroule désormais aux Etats Unis, mais je reste fan de la romance, de l’accent écossais et des paysages.

Enfin, j’ai consacré une grande partie de mon mois d’avril à ingérer les trois saisons de « The Last Kingdom », une série au casting international qui se passe au moment des guerres entre Saxons (pour l’unification de l’Angleterre) et les Vikings danois qui tentent d’envahir l’île. J’en ai entendu et lu du bon, notamment au niveau du respect de l’histoire. Je faisais des allers retours entre netflix et wikipedia où j’en ai appris sur la situation de la Grande Bretagne au 9° siècle. Le héro est un jeune saxon, Uhtred, qui, alors qu’il est enfant, est arraché à la cité dont il est l’héritier par les Vikings. Il est élevé par eux et possède donc une double culture. Pour les Vikings il est un Saxon et pour les Saxons, il est un Viking. Les intrigues et trahisons sont complexes. C’est violent. Beaucoup de personnages meurent et c’est parfois difficile à regarder. J’ai aimé suivre cette série qui m’a appris beaucoup de choses, mais parfois c’était trop. Trop de retournement d’alliances, trop de morts. Les hommes sont vaniteux et se trahissent. C’est difficile de s’attacher aux personnages je pense simplement parce que la vie à l’époque n’avait pas la même valeur que maintenant. Cela m’a fait relativiser la violence du monde actuel. A l’époque, la vie ne tenait vraiment qu’à un fil. La mort pouvait venir de l’envahisseur, d’un ami qui avait prêté une double allégeance, d’un marché ou de l’ambition de monter sur le trône. Néanmoins, il faut reconnaitre que la série est assez addictive, les acteurs sont charismatiques et il y a même des personnages féminins d’envergure…à voir si c’est vraiment historiquement crédible où si ça vise à rallier les audiences féminines. Une chose m’a dérangée par rapport à Alexander Dreymon, l’acteur allemand qui joue Uthred, c’est sa manière de parler. Il emploie un phrasé et un accent assez particuliers, ne parlant ni comme les Saxons, ni comme les Vikings. Cela n’a rien à voir avec un accent allemand non plus. J’ai trouvé cela exagéré, même si je suppose que c’est voulu, qu’on lui demande de jouer ainsi. J’imagine que c’est une façon de souligner qu’il n’appartient à aucune terre et aucun roi, mais parfois c’est fatigant. J’ai lu pas mal de théories à ce sujet mais aucune venant de lui ou de l’équipe. Avez-vous vu cette série et entendu cette troublante manière de parler ?

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Le roi Alfred of Wessex et Uhtred

Voilà, c’est tout pour le mois d’avril. J’espère que certains auront eu le courage de lire cet article jusqu’au bout, il faut croire que je suis inspirée en ce moment et que j’ai un peu plus de temps pour écrire. Et vous qu’avez-vous regardé/lu ? Connaissez-vous les séries/films/livres que j’évoque ?