Bilan culturel de juillet

Bonjour à tous, me voici de retour pour le rituel mensuel. Ce mois-ci, j’ai avec plaisir consacré davantage de temps à la lecture. L’été est pour moi une saison qui s’y prête. Je suis naturellement une couche tard – lève tard et c’est encore accentué l’été avec la lumière qui nous accompagne tard dans la soirée. Comme je lis principalement avant de m’endormir, cela m’aide à lire davantage. Par contre ne parlons pas du supplice de la sortie du lit les jours de travail.

Ce mois-ci, j’ai donc pu terminer 3 romans qui sortent un peu de mes habitudes de lecture. Un classique et deux romans contemporains qui se ressemblent plus qu’on ne pourrait le penser :

  • « Le dixième homme » de Graham Greene
  • « Dans la forêt » de Jean Hegland
  • « Station Eleven » d’Emily St John Mandel

Je voulais lire un roman de Graham Greene. Comme j’avais vu le film de Brighton Rock, mon choix s’est porté sur « Le dixième homme ». En fait, il présentait surtout l’avantage d’être disponible à ma bibliothèque. C’est un livre qui n’est pas très long (212 pages dans l’édition que j’ai lue). Il présente la particularité de n’avoir été publié qu’en 1983 alors qu’il a été écrit en 1944, commandé par la Metro Goldwin Mayer pour servir de base au scenario d’un film qui ne sera jamais tourné. L’histoire est simple : durant la guerre, les Allemands détiennent 30 otages et leur intiment un soir l’ordre de désigner eux-mêmes trois d’entre eux qui seront fusillés le lendemain matin. A l’issue du tirage au sort, l’un de ceux désignés offre sa fortune à qui voudra prendre sa place. Un homme accepte le marché et se sacrifie alors pour assurer l’avenir de sa sœur et de sa mère. Il devient « le dixième homme ».  Ce début est assez rapide et l’essentiel du roman se concentre ensuite sur les conséquences de ce choix sur celui qui a survécu et sur la famille de celui qui est mort. Au-delà d’être un suspense assez haletant (cela pourrait toujours faire un excellent film d’époque), les thèmes abordés sont le pardon, la culpabilité, le sens de la vie, le mensonge… Car passé le soulagement de voir sa vie épargnée, on se rend bien vite compte que le protagoniste s’est condamné à une demi-vie, dépossédé de ses biens, de son honneur et de son identité. J’ai beaucoup aimé cette lecture et je vous la recommande. Je n’ai pas du tout trouvé cela daté.

« Dans la forêt » est un roman publié discrètement par Jean Hegland en 1996. L’autrice a essuyé de nombreux refus avant que son texte soit accepté par une petite maison d’édition. Il a finalement connu un succès national aux Etats-Unis et a été adapté au cinéma en 2014. Ce n’est qu’en 2017 qu’il a été traduit en Français et il connait en ce moment un beau succès en librairie, plus de 20 ans après sa rédaction. Son accueil timide il y a 20 ans de même que son succès actuel s’expliquent peut-être par son thème. Il s’agit de deux jeunes femmes, deux sœurs de 17 et 18 ans qui vivent, comme le titre l’indique, dans une forêt au moment où la société telle que nous la connaissons s’effondre. Il n’est pas mentionné comment cela est arrivé mais dès le début du livre on comprend que depuis quelques semaines ou mois, il n’existe plus d’internet, d’électricité et que bientôt on ne peut plus trouver d’essence ni de nourriture dans les rayons des supermarchés de la ville voisine. L’histoire relate donc l’apprentissage de cette nouvelle vie pour Eve et Nell qui doivent plus que jamais apprivoiser la forêt et ses ressources, se prémunir des maladies et intrusions tout en soignant leur relation entre lutte pour la survie et moments de renoncement. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire où, de prime abord, il ne se passe pas grand-chose. La véritable aventure est ici avant tout intérieure, à mesure que s’opère chez Nell, la narratrice, un changement complet de perspective, de rapport à l’autre, à la vie et à la nature. Un roman que j’ai finalement beaucoup aimé et qui m’a captivée passées les premières dizaines de pages. Cela m’a aussi évidemment énormément fait réfléchir et fait prendre conscience à quel point je manque de connaissances et de compétences en termes de survie. Inquiétant à l’heure actuelle.

Enfin, j’ai eu un véritable coup de cœur pour « Station Eleven ». J’en avais eu un l’été dernier pour « Rebecca » (chroniqué ici) et depuis cette lecture, c’est le premier livre qui me captive ainsi. Il s’agit d’un roman post apocalyptique. Sans trop en dévoiler, je dirai juste qu’il ne s’agit pas d’une catastrophe écologique, mais rien de surnaturel non plus. Les chapitres alternent entre ce qui est le présent des personnages, à savoir l’an Vingt de la nouvelle ère, et de nombreux flash backs sur ce qui a précédé la chute de la civilisation et sur la façon dont les survivants se sont organisés après celle-ci. On y suit principalement une fanfare itinérante qui joue du Beethoven et du Shakespeare sur les routes depuis des années. Les chapitres se centrent sur des personnages qui ont connu une personne en commun, morte elle avant la chute.  Comme le précédent, ce roman fait un peu froid dans le dos et questionne notre pouvoir de résilience. Y sont abordées de nombreuses questions métaphysiques : les souvenirs sont ils un poids ou une force ? faut-il continuer à enseigner le monde d’avant aux enfants ? « Survivre ne suffit pas », tel est le leitmotiv de la fanfare. Je ne peux trouver le mot pour bien vendre ce roman mais je le conseille grandement, il est tout simplement magnifique, poétique, captivant. J’adore ce style de narration, éclatée au début et dont les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu sans effort, harmonieusement. Je lirai assurément les autres ouvrages de cette jeune autrice canadienne, des polars qui plus est.

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En parlant d’Eleven, admirez mon sens de la transition puisque je viens de regarder la troisième saison de « Stranger Things » (pour ceux qui ne regardent pas, Eleven est l’héroïne de la série, je ne vous ostracise pas, je n’ai jamais regardé Game of Thrones) et je voudrais épouser les frères Duffer ! Ou en tout cas l’un des deux. Quel bonheur cette série, j’ai l’impression que cette saison était la meilleure, mais j’avoue ne pas m’être repassée les deux premières saisons. J’ai tellement adoré, c’est bourré de références pop (et historique, les russes et les américains en prennent tous pour leur grade) qui me plongent dans une grande nostalgie, surtout le dernier épisode… « l’histoire sans fin », « retour vers le futur », mon âme d’enfant est toute émue. L’esthétique est folle, cela se clôture sur du David Bowie…on veut ma peau manifestement. J’ai ri (quelqu’un peut-il être plus drôle que Steve Harrington ? Seriously ?) eu peur et j’ai même versé une larme… Bref je suis prête pour la suite, mais il nous faut maintenant ronger notre frein durant quelques bons mois, si pas plus d’un an. Bon, revoir « Dark » saison 1 et regarder et comprendre la saison 2 devrait sans doute m’occuper un bon bout de temps.

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Girl Power!
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Funniest gang on earth

Niveau ciné, je suis allée voir « Rocketman » le biopic musical sur John Lennon et j’ai adoré. J’avais un a priori positif car je suis fan des deux films Kingsmen et donc de Taron Egerton qui joue Elton John dans Rocketman. Pour ceux qui ont vu Kingsmen, il est amusant de se rappeler le caméo hilarant de Sir Elton dans le second opus. Je me demande si c’est à cette occasion qu’Elton a pensé que ce jeune acteur pourrait l’incarner… Bref, pour en revenir au film, ce fut un excellent moment. On y découvre la jeunesse de Sir Elton, enfant sensible et délaissé, qui n’a véritablement reçu d’amour que de sa grand-mère. Musicalement, on se régale aussi puisque les meilleures chansons nous sont proposées. Cela donne lieu à des moments façon comédie musicale. Le reste du temps, le film est plus classique, les acteurs ne chantent pas les dialogues. Ce sont plutôt des capsules où la narration s’arrêtent et personnellement cela ne m’a pas dérangée, j’ai trouvé cela très originale. J’ai été touchée par l’histoire d’Elton. J’ai vu qu’il était producteur du film et je ne sais pas jusqu’où il a planché sur le scenario, mais le film ne m’a pas semblé édulcoré dans la mesure où l’on voit tout de sa descente aux Enfers. Je ne vous cache rien, Elton John est toujours vivant, donc cela se termine plutôt sur une note d’espoir. Mention spéciale à Jamie Bell (que je n’avais absolument pas reconnu) dans le rôle du meilleur ami et parolier d’Elton John, Bernie Taupin. J’ai été émue par cette histoire de l’amitié d’une vie et par la performance des acteurs. Richard Madden (vu dans Bodyguard) n’est pas mal non plus en producteur peu scrupuleux. Il se fait tailler un costard lui par contre. Et enfin, détail qui n’en n’est pas un : les légendaires mises en scène et costumes sont reconstitués et on en prend plein les yeux. A voir, sur grand écran si vous en avez encore la possibilité !

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Jamie Bell et Taron Egerton

Je conclus cet article avec un autre film vu à la télévision. En le regardant, je me suis aperçue que je l’avais déjà vu, probablement au cinéma, mais que j’avais oublié. Il s’agit de « Mr Holmes » de Bill Condon avec Ian Mc Kellen. On y suit un Sherlock de 93 ans, désormais à la retraite, qui se plonge dans sa mémoire défaillante à l’aide du jeune fils de sa gouvernante, pour résoudre une enquête qui le hante depuis des décennies. Parallèlement, l’homme et l’enfant cherchent à résoudre le mystère qui entoure la mortalité étrangement élevée de la colonie d’abeilles dont s’occupe le vieil homme. Ce film est inspiré d’un roman de Mitch Cullin et qui reprend le célèbre personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est un film gentillet dirais-je, mais il ne ravira pas les puristes. En effet, Holmes, même affecté par le grand âge, est bien différent du personnage (quelque peu dénué d’affects et cocaïnomane, dont Benedict Cumberbatch propose une interprétation plus fidèle dans la série de la BBC) créé par Conan Doyle qui l’aurait sans doute renié. A voir par un après-midi pluvieux en repassant avec une tasse de thé à portée de main, ce que j’ai fait.

Voilà, c’est tout pour ce mois-ci. Je retiendrai principalement « Station Eleven », « Stanger Things » et « Rocketman ». Et vous, quoi de neuf ?

Bilan culturel de mai

Le mois de mai se termine et c’est donc le moment de faire mon bilan mensuel. J’espérais avoir une lecture à chroniquer, mais je n’ai toujours pas fini « Duma Key ». C’est une brique (plus de 800 pages) et je n’arrive pas à lire longtemps le soir car je suis déjà très fatiguée quand je vais au lit. Cependant, je n’abandonne pas, je m’envole pour une semaine de vacances demain et je sais donc que j’aurai sa peau prochainement.

J’ai été voir un film au cinéma, il s’agit des «Crevettes pailletées », un film français (rare) avec un acteur belge en premier rôle (Nicolas Gob) et une floppée d’acteurs pas très connus. Le pitch : un champion de natation (Gob) se voit contraint d’entraiter une équipe de waterpolo gay après avoir eu des propos homophobes à la télévision (en réalité il a traité de « pd » un journaliste gay sous le coup de la colère après une mauvaise performance). C’est une comédie, mais pas que. Bien sûr on rit face à la confrontation entre le champion et les « crevettes », mais on s’émeut aussi devant les vies, les combats et les blessures de ces hommes. Certaines scènes sont violentes et on verse une petite larme d’émotion à la fin. Un film sympathique que je recommande.

Pour le reste, je n’ai fait que regarder des séries :

  • La saison 6 de « Morse » est arrivée le dimanche soir sur France 3. Il n’y a que 4 épisodes à savourer. J’aime toujours autant cette série rétro et mélancolique. Celle-ci (de saison) est particulièrement triste cependant. Plus qu’un épisode…
  • J’ai commencé à regarder « Tiny House nation » sur Netflix. Ce sont des épisodes de 40 minutes où deux experts aident des personnes à terminer leur projet de mini maison et trouvent des solutions pour rentabiliser l’espace. J’adore !!! Cela se passe aux Etats-Unis et je n’ai encore regardé que deux épisodes, mais c’est tellement inspirant, je rêve clairement de ça si je ne trouve pas la petite maison (déjà construite) de mes rêves.
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fameuse déjà celle-ci, je me contenterai de plus petit 🙂
  • J’ai commencé à regarder une série anglaise complètement déjantée. Attention, il faut aimer quand c’est légèrement grotesque quand même. Ca s’appelle « Cuckoo » et ça raconte la vie chamboulée d’une famille d’anglais moyens lorsque leur fille revient d’une année sabbatique avec dans sa valise un mari américain complètement illuminé et baba cool qui se fait appeler Cuckoo. La première saison a eu un tel succès qu’elle a été reconduite, alors que deux des acteurs principaux (la fille et le fameux Cuckoo, joué par l’hilarant Andy Samberg) ne s’étaient engagés que pour une année. Les scénaristes ont donc dû s’adapter et les remplacer. Taylor Lautner (Twilight, oui je sais) a notamment rejoint la distribution. Je suis dans la troisième saison et en fait, cette série vaut surtout le coup pour le personnage du père de famille (Greg Davies) qui est extrêmement drôle dans le rôle du mec au bout de sa vie qui voudrait juste la paix mais qui est aussi très tenté de rester un mec cool pour faire plaisir à sa femme et sa fille. J’ai terminé la saison 3, il y en a 5 et je dois me retenir de ne pas tout binger.

Voilà, c’est tout pour ce mois de mai. Pas grand-chose me direz-vous. J’ai également continué à regarder au compte goutte mes favoris « The Affair », « Poldark » et « Outlander » dont j’ai déjà parlé mais que j’essaie de ne pas regarder d’une traite. J’aimerais en avoir encore pour l’automne, surtout les deux dernières. Je sais également que vont bientôt sortir les nouvelles saisons de « casa de papel », « Dark » et « Stranger Things », je vais avoir de quoi faire.

Et vous, quelles sont vos séries préférées du moment ? Aimez-vous binge watcher ou, comme moi, essayez vous de résister pour faire durer le plaisir ?

Bilan culturel de mars

Bonjour à tous et toutes, en établissant ma liste, je m’aperçois que ce mois ci, j’ai passé moins de temps devant ma télévision, ce qui n’est pas une mauvaise chose. J’ai eu des soirées bien occupées, je suis partie à Lille et je me suis produite sur scène dans un festival sympa.

Voici donc un bilan plus léger que précédemment. En termes de séries, j’ai regardé :

  • « Brokenwood », la série programmée en mars le dimanche soir par France 3. Et vous savez que je suis une fidèle. C’est je pense la quatrième saison de Brokenwood qui a été diffusée. Chaque saison ne comporte que 4 épisodes. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les enquêteurs néo zélandais. Un cadre que j’apprécie moins que celui de l’Angleterre, mais ici il y a davantage d’humour, des personnages réccurents même en dehors de ceux qui mènent l’enquête et une médecin légiste russe qui me fait beaucoup rire, amoureuse et un peu flippante.
  • « Deep Water » sur netflix, une série qui enquête sur des meurtres homophobes en Australie. L’enquêtrice principale est une femme et elle s’aperçoit que le cas actuel pourrait l’aider à résoudre le mystère qui entoure la mort de son frère une vingtaine d’années auparavant. J’ai apprécié cette série, sans pour autant que ce soir un coup de cœur. Elle compte 6 épisodes.
  • « Conversations with a killer : the Ted Bundy Tapes » encore sur netflix : à voir absolument pour tous les fans d’enquêtes sur les tueurs en série. Ted Bundy, sous ses airs de gendre idéal, est sans doute l’une des personnalités les plus énigmatiques et terrifiantes du 20° siècle. Vous découvrirez des vidéos inédites et des témoignages glaçants que je n’avais jamais vus auparavant. C’est extrêmement bien documenté, on y voit Bundy assurer sa propre défense devant un tribunal. On nous y explique aussi comment ce psychopathe à la très haute intelligence a pu berner tant de monde, s’évader et partir en cavale dans plusieurs états, chose qui ne serait sans doute plus possible de nos jours grâce à l’informatisation. Passionnant.
  • Mais le vrai coup de cœur, c’est « After Life » (toujours netflix), une minisérie en 6 épisodes de 25 minutes. C’est beaucoup trop court. On y suit un homme (Ricky Gervais, humoriste très connu en Angleterre) qui fait face au deuil de sa femme adorée, décédée d’un cancer plusieurs mois auparavant. Ou plutôt qui n’y fait pas face. Il décide de se suicider, puis renonce car il doit nourrir sa chienne…Il décide alors de continuer à vivre en s’employant à dire ce qu’il pense, sans ménager les gens qui tentent de lui venir en aide, voire en les poussant à bout. Regardez cette série, c’est un bijou d’humour et de sensibilité. Oui parce que c’est une comédie. J’ai tout aimé, les personnages secondaires sont colorés et attachants, les situations sont cocasses (le personnage principal travaille au journal local d’une petite bourgade anglaise où les gens inventent les prouesses les plus farfelues pour être à la une) et c’est bourré d’une humanité salvatrice. J’ai cependant regretté le trop plein de bons sentiments du dernier épisode, je trouve que cela aurait pu aller plus loin encore, avec une saison plus longue et une conclusion mieux amenée. On annonce une seconde saison, je ne sais pas ce sous quel angle on peut aborder une suite (à cause notamment de cette fin un peu trop rapidement emballée), mais je serai là.

After Life: La nueva serie del creador de The Office para ...

Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma ce mois de mars et cela me manque. Le seul film que j’ai regardé est « ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle (1958). J’aime de temps en temps regarder un classique ou un vintage, vous avez dû le remarquer dans mes bilans. Cela me rappelle que j’ai tout de même étudié le cinéma durant un an. Ce film est un thriller assez bien ficelé et considéré comme l’un des premiers de la Nouvelle Vague. Ce n’est pas le genre que je préfère, mis à part les films de Truffaut que j’affectionne (surtout la Nuit Américaine), mais il tient en haleine. Il est cependant difficile d’entrer en empathie avec les(anti)héros qui sont assez égoïstes et finalement malintentionnés. Mais bon c’est de la Nouvelle Vague noire.

Le monde selon Garp Streaming VF qualité HD

Enfin, mon unique lecture du mois est un livre que je regardais sur les étagères des librairies depuis des années. Il commence lui aussi à être vintage puisqu’il a été publié en 1978. Il s’agit de « le monde selon Garp » de John Irving. Voici le résumé de la quatrième de couverture : « Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde. » Eh bien je suis bien en peine pour dire si j’ai aimé ce roman. En tous les cas, il est inclassable et j’ai pris plaisir à le lire même s’il lui faut du temps pour se lancer. C’est une lecture parfois laborieuse mais ô combien originale. Je l’ai trouvé un peu décousu à certains moments ; il nous balade entre passé, présent et futur. Je me suis demandé si le personnage de Garp n’était pas un peu autiste, en tout cas il est atypique et obsessionnel, ce qui le rend parfois fatigant. John Irving réussit à transformer le quotidien en aventures parfois loufoques et limite grotesques… Comme d’autres critiques que j’ai lues, je trouve qu’il a peut-être essayé de mettre trop de choses dans un seul roman : paternité, violence, processus de création, émancipation, libération sexuelle, féminisme, voyage, infidélité, meurtres… Des nouvelles entières rédigées par Garp sont inclues dans le roman. Un ovni, adapté au cinéma avec Robin Williams dans le rôle titre. Au final, je crois que je vous recommande ce libre, j’ai aimé lire les critiques, la préface, etc… car il y a plus que l’histoire en elle-même. J’ajoute que, même si le roman a fêté ses quarante ans, il reste d’une grande actualité, je ne l’ai pas trouvé daté. Je suis également curieuse de lire un autre roman de John Irving qui qualifie celui-ci, même si c’est celui qui l’a rendu célèbre, de roman de jeunesse et admet son manque de structure. Bref, vous l’aurez compris, « le Monde selon Garp » ne ressemble à aucun autre roman.

Voilà, c’est tout pour ce mois ci. Le mois prochain, nous aurons Hamlet, Ennemi Public et peut-être mon premier Stephen King (je m’avance, oui).

 

Bilan culturel de février

Bonjour, me voici pour le rendez-vous mensuel avec ma consommation de produits culturels ou assimilés. En ce mois de février, je peux parler de 3 séries, un film, un livre et deux pièces de théâtre. Il y a eu du très bon mais également quelques déceptions. Commençons sans plus attendre avec les séries. J’en ai regardé et terminé 3 :

  • Friends from college 2 (netflix): cette série de deux saisons de 8 épisodes de +-25 minutes est parfaitement dispensable. Je ne dis pas qu’elle est mauvaise, mais c’est juste parce que cela rendrait plus difficile de m’auto justifier quant au temps passé à la regarder. J’avais regardé la première saison en grande partie parce qu’il y avait Cobie Smulders (Robin dans « How I met your mother ») et que j’espérais que ce soit une comédie chorale sur la vie d’adulte comme je les aime et qui vieillissent un peu en même temps que moi. En vrai ils sont antipathiques et égocentrés au possible et l’effet de groupe ne rachète pas les individus. J’ai regardé la seconde pour voir si ça s’améliorait et pas vraiment. En plus, détail stupide, mais ça crève les yeux que les acteurs n’ont pas tous le même âge alors qu’ils sont censés être copains de promo. Je me demande pourquoi ça a été renouvelé, beaucoup de gens ont dû faire la même chose que moi. Et la fin n’est pas une vraie fin et laisse supposer une saison 3. Du gâchis. La curiosité ne me reprendra pas ou alors à regarder en cas de grippe.
  • Case (netflix) : un nouveau scandinoir en 9 épisodes. Cette série islandaise suit un avocat dépravé qui remet le pied à l’étrier en enquêtant sur le suicide d’une jeune ballerine et en découvrant au final tout un réseau pédophile qui abuse de jeunes filles en difficulté. C’est assez trash mais bien mené. J’ai un peu de mal avec les séries trop glauques en termes de sexualité et de dépravation, je préfère une bonne murder story, mais cette série n’est pas mal dans son genre.
  • Hinterland (production BBC diffusée sur netflix): j’ai repris mon visionnage de cette série galloise dont j’avais regardé un seul épisode. Je n’avais pas accroché la première fois, mais ici j’ai littéralement dévoré les 3 saisons, comme quoi…Attention, la version française n’est pas disponible. Ce n’est pas un problème pour moi qui regarde quasi tout en V.O. Cette série a la particularité de posséder deux versions originales : les scènes sont tournées une fois en anglais et une fois en gallois. A voir si vous aimez comme moi les landes pluvieuses et les intrigues fouillées qui plongent volontiers leurs racines dans les générations passées. A chaque épisode une intrigue, mais également une enquête en filigrane sur l’ensemble des trois saisons à la fin desquelles une boucle est bouclée. L’occasion pour moi de découvrir un amour insoupçonné pour les prénoms gallois tels Gwilym et Aneirin. Après les Cotswolds et les Cornouailles, nouvelle obsession. Take me to the UK.

BBC One - Hinterland

J’ai été voir un seul film au cinéma, mais ce fut une bonne pioche puisqu’il s’agit de « Green book » de Peter Farrelly . Que dire qu’on n’ait pas déjà lu dans la presse à propos de ce film absolument sublime ? Viggo Mortensen y est impérial, voici notre classieux Aragorn transformé en videur italien en léger surpoids, raciste de surcroit et, disons le franchement, pas très intelligent. Il est méconnaissable et hilarant. En contrepartie, Mahershala Ali ne se laisse pas bouffer et y est d’une sensibilité et d’une distinction récompensées à juste titre par l’Académie des Oscars pour la deuxième fois déjà. Le duo fonctionne à merveille et nous les suivons dans l’Amérique profonde, celle du Sud, baignée dans le jazz des années soixantes et la ségrégation raciale nauséabonde. Une histoire racontée avec humour mais qui ne nous épargne pas les scènes coup de poing ou même les images plus simples qui nous arracheraient une larme, comme ce moment où, à l’arrêt pendant que Tony Vallelonga (Mortensen) change un pneu sur une route de campagne, le musicien Don Shirley (Ali), à l’arrière, et les paysans noirs du champ de coton d’en face se dévisagent incrédules et peinent à se reconnaitre… Cathy Immelen (la critique cinéma de la RTBF) parle d’un feel good movie et c’est aller loin je trouve, mais courrez néanmoins le voir, vous ne serez pas déçus !

'Green Book' Is A Poorly Titled White Savior Film

Deux pièces de théâtre étaient inscrites dans mon carnet de bal ce mois-ci :

  • « L’école des femmes » : Je pense que c’est la première fois que j’allais voir un Molière sur une scène professionnelle. J’ai eu le plaisir de revoir en jeune première la comédienne Suzanne Aubin qui m’avait éblouie en Chérubin dans « La Folle journée ou le mariage de Figaro » mis en scène par Rémy Braché en 2016. Ici j’ai passé un bon moment sans être conquise par la mise en scène ni par le texte qui, pour moi, n’est pas le plus drôle de Molière. Les rôles de valets, d’habitude si malicieux chez Molière, sont ici vraiment secondaires et se bornent à suivre les instructions de leur maitre. Je pense que « Le Mariage de Figaro » et, plus tôt cette saison, « Le Triomphe de l’Amour » (Marivaux dans une mise en scène de Podalydès) m’en ont tellement mis plein la vue en termes de jeu, scénographie et mise en scène que j’en deviens très exigeante…
  • « Candide et la Folie du Monde » : j’ai découvert cette production de la compagnie du Simorgh sur une scène plus petite. J’ai été séduite par cette adaptation poétique, musicale, corporellement inventive du classique de Voltaire. Candide est virevoltant et on est complètement embarqué dans ce voyage initiatique cruel qui est le sien. Les comédiens incarnent à eux 5 une foule de personnages dans un exercice transformiste tout en sobriété. Leur tournée continue et je vous conseille de les découvrir. Pour ma part, c’est avec plaisir que je verrais une autre production de la compagnie.

Enfin, comme il n’y avait que 28 jours à ma disposition, je n’ai lu qu’un seul roman, qui a d’ailleurs été assez vite lu. Il s’agit d’ « Agatha raisin : gare aux fantômes » de M.C. Beaton. Il y a quelque temps, j’avais pu découvrir lors de mes dimanches soirs (sponsorisés par France 3 comme vous commencez à le savoir) la série adaptée des romans de M.C. Beaton. Les aventures d’Agatha Raisin sont plutôt décalées et humoristiques et j’avais bien aimé le personnage assez hautain et antipathique de prime abord, mais finalement piquant comme j’aime bien. Elle faisait la team avec son ancien associé londonien (oui je ne dis pas les choses dans l’ordre mais Agatha est une quinqua célibataire qui bossait dans la com à Londres avant de prendre une retraite anticipée dans la superbe région des Cotswolds où les crimes commis la poussent à devenir détective amateur) et une jeune mère célibataire. Blessée en amour, elle lorgnait aussi sur son charmant voisin. J’ai été déçue par le roman par contre. Il parait qu’il faut les lire dans l’ordre, moi j’ai pris une nouveauté en bibliothèque et en fait je n’ai pas retrouvé l’Agatha de la série. J’ai aimé l’ambiance village anglais et mystère, mais l’obsession d’Agatha pour les hommes a irrité la féministe en moi. Elle ne pense qu’à ça ! Comment séduire, se faire belle, impressionner…c’était agaçant au possible et j’ai trouvé cette préoccupation omniprésente dérangeante. Je ne me rappelais pas le personnage de série comme ça. Bien sûr on sentait la sensibilité sous la carapace, mais ici elle était simplement pathétique. Une vraie caricature. Bref, si d’autres d’entre vous ont lu la série, est-ce comme cela à chaque fois ? C’est dommage car pour une lecture légère, ça aurait pu être vraiment parfait. Dois-je donner une seconde chance à Agatha ?

Et vous, qu’avez-vous vu/lu/entendu ? Si vous voulez échanger avec moi, n’hésitez pas à me laisser un commentaire et/ou à vous abonner pour ne pas rater mes billets culture. Bon mois de mars à vous, plein de jolies choses…

Bilan culturel de janvier

Bonjour, me revoici pour ce premier bilan du mois de janvier. Ce mois-ci, j’ai moins regardé netflix. D’une part parce que des choses intéressantes étaient programmées à la télévision (oui ça vaut encore la peine de regarder) et d’autre part parce que ce mois a été plus riche en sorties. J’étais rarement chez moi les soirs du weekend et j’ai eu l’occasion d’aller deux fois au cinéma et deux fois au théâtre. Je n’ai pas vraiment parlé de théâtre jusqu’ici, mais je me suis dit que quand je voyais des choses bien, j’allais tout de même les chroniquer ici. Je me freinais en me disant que de toute façon vous ne pourriez plus voir ce que j’ai vu puisque le théâtre est éphémère, puis je me suis dit que j’avais envie d’en garder une trace. Le théâtre est une partie très importante de ma vie. Les spectacles que je vais voir sont parfois encore programmés ou partent en tournée. Et au pire, je découvre un auteur sympa ou un metteur en scène que vous pourrez voir ailleurs dans d’autres productions. Ca m’intéresse d’ailleurs d’avoir des retours si vous avez vu la même chose que moi ailleurs monté par d’autres gens. Mais trêve de bavardages, commençons sans plus tarder.

Au théâtre, j’ai donc été voir deux spectacles, l’un dans le circuit professionnel et l’autre dans un théâtre amateur :

  • « Les Faux British » de De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields dans une Production du Théâtre bruxellois Le Public. L’histoire d’une bande d’amateurs de roman noir anglais qui se réunissent chaque année pour une représentation théâtrale d’une histoire de meurtre. Mais ce n’est pas l’intrigue en elle-même qui est palpitante. Il s’agit ici d’une comédie, presqu’une farce d’ailleurs qui va voir les apprentis acteurs faire preuve d’une détermination surhumaine pour mener cette représentation à bien malgré de multiples embûches : problèmes de texte, de matériel, de décors, blessures…bref tout y passe dans un comique de situation frôlant l’absurde et jusqu’à un final apocalyptique. La pièce est également programmée à Paris et sera de retour au Public en avril. Je vous la recommande. Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée, même si parfois c’était un peu too much, les avaries se produisant à un rythme effréné et parfois à la grosse louche. Les acteurs maitrisent leur sujet et vont jusqu’à se mettre en danger physiquement. Ils tournent à plusieurs équipes (deux en Belgique et deux en France) notamment pour parer aux blessures encourues. Chapeau pour cette interprétation très juste de mauvais comédiens par des comédiens professionnels. Pour passer une bonne soirée et se détendre en cas de grisaille et/ou de petit moral. Ce spectacle a remporté le Molière 2016 de la meilleure comédie.

LES FAUX BRITISH - Vaudeville catastrophe

  • « Le Nether », de Jennifer Haley (qui a travaillé notamment sur les séries Hemlock Grove et Mindhunter pour Netflix) dans une mise en scène de Luc Jaminet pour le théâtre Proscenium où elle est programmée jusqu’au 2 mars. Une pièce audacieuse et assumée qui nous questionne (parfois un peu trop, car pour ma part, j’aurais apprécié qu’on aille davantage au fond des choses plutôt que de juxtaposer) sur notre rapport au virtuel et à la criminalité sur internet. Je vous invite à lire le résumé sur leur site et la note du metteur en scène. Ce spectacle est déconseillé au moins de 16 ans et je pense même qu’à cet âge, il faut un adulte pour pouvoir débriefer, la pièce touchant au délicat sujet de la pédophilie. Les acteurs sont excellents et la scénographie enchanteresse. A voir ! A noter que c’est une première en francophonie et que Jennifer Haley est assurément une scénariste/dramaturge à suivre.

 

J’ai également repris ma fréquentation des salles de cinéma. J’y ai vu :

  • « Le retour de Mary Poppins » de Rob Marshall avec Emily Blunt, très convaincante dans le rôle titre. J’ai regretté de ne pouvoir le voir en V.O. et peut –être que pour cela aucune chanson ne m’a marquée ou peut-être parce que je n’ai plus 10 ans. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère du film, revoir le Londres d’antan… Les chorégraphies magiques étaient au rendez-vous, de même que la plongée dans un univers de dessin animé. C’était aussi très agréable de voir des acteurs anglais que j’aime, tels que Colin Firth ou Emily Mortimer. A noter également le caméo de Dick van Dyke qui incarnait le ramoneur Bert dans le premier film. Le film était assez long et malgré cela, aucun enfant dans la salle (et il y en avait) ne s’est montré bruyant ou impatient. La preuve d’une réussite !
  • « The Favourite » de Yorgos Lanthimos, avec Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone. C’est d’ors et déjà un de mes favoris de 2019, je le sens. Je vous invite à googler pour les références historiques de ce film en costume à nul autre pareil. La critique est assez unanime et je suis d’accord. C’est cruel, intelligent, drôle, décalé. On n’est pas très loin de la vérité historique, mais les trois actrices jouent des femmes de caractère tout en n’hésitant pas à nous les montrer jusque dans ce qu’elles ont de plus pathétique. Les rôles masculins sont pour une fois secondaires, on notera la présence de Nicholas Hoult, hilarant en noble poudré et perruqué. Courrez-y ! De mon côté, je vais guetter la possibilité de visionner d’autres films de ce réalisateur grec que je ne connaissais pas.

Movie Review - The Favourite (2018)

J’ai regardé 3 séries en ce mois de janvier. Je n’ai pas terminé de série netflix car je trouvais mon compte à la télévision et je ne voulais pas me remettre trop vite à Poldark ou Outlander dont je devrais ensuite attendre pendant (trop ?) longtemps les nouveaux épisodes. Voici donc ce que j’ai regardé :

  • Barnaby sur France 3, mes téléfilms anglais de vieille dame. Ça m’aide tellement à affronter les dimanches soirs.
  • « Il miracolo », une série italienne de Niccolò Ammaniti sur arte. J’étais ravie de pouvoir regarder une série italienne en V.O. En plus, Niccolò Ammaniti est l’un des premiers auteurs que j’ai lus lorsque je vivais en Italie, je me souviens d’avoir été marquée par son superbe roman « io non ho paura » (« je n’ai pas peur »). Cette série en 8 épisodes nous parle, comme son titre l’indique, d’un miracle, celui de la découverte dans la cache d’un mafieux, d’une statuette de 40 cm de la vierge qui pleure des larmes de sang. J’étais dubitative en ce qui concerne le pitch, n’étant moi-même pas croyante. J’ai lu qu’Ammaniti ne l’était pas non plus, alors je me suis tout de même lancée. Cette série n’est pas une série centrée sur la religion, mais bien sur notre rapport à la foi et sur le sens de la vie. Elle suit des personnages variés et nous dépeint l’impact que cette découverte aura sur eux : le premier ministre en plein réferendum à peine fictif sur la sortie de l’Italie de l’Union Européenne, son épouse, une chimiste qui consacre sa vie à prendre soin de sa mère malade, le solitaire général qui monte la garde et coordonne les opérations liées au « miracle », un prêtre à la dérive et une femme qui fut son amour de jeunesse. Leurs destins s’entremêlent à la faveur de la découverte… Ne vous attendez pas à une explication du miracle, ce n’est pas ici le propos. Ce sont des histoires profondément humaines. J’ai apprécié cette série et j’ai trouvé qu’elle ne ressemblait à aucune autre et était servie par une musique et des personnages qui prennent aux tripes.
  • « Spring Tide 2 », une série suédoise diffusée sur Arte. J’avais déjà regardé la première saison et j’aime à nouveau beaucoup celle-ci. Elle compte 10 épisodes et je n’ai pas encore vu les deux derniers. A voir si vous aimez les polars et appréciez les séries nordiques. Même si ici, une intrigue secondaire vous emmènera jusque Marseille.

Enfin, je n’ai terminé ce mois-ci qu’un court roman, le second que je lis de Yasmina Khadra. Je vous avais parlé ici de mon coup de foudre pour son roman « l’attentat ». J’ai maintenant lu « les sirènes de Badgad » et j’ai beaucoup aimé aussi, mais pas autant que « l’attentat », peut-être parce que je n’avais pas l’effet de surprise face à la beauté de la plume de l’auteur et qu’il m’était moins facile de m’identifier au personnage principal. En effet, si dans « l’attentat » il s’agit d’un jeune médecin palestinien bien intégré en Israël, l’anti-héros des « sirènes de Bagdad » est un jeune homme irakien vivant selon les traditions et le code d’honneur en vigueur dans les villages. On suit sa révolte face aux humiliations subies de la part des soldats américains qui occupent le pays et qui le mènent sur le chemin de la vengeance et du terrorisme. On se surprend néanmoins à le comprendre, à entrevoir comment, lorsqu’on vous prive de toute dignité et lorsqu’on prive un peuple de toute possibilité d’émancipation (que ce soit le tyran Saddam ou l’envahisseur « libérateur » américain) et d’autodétermination, une vie simple qui ne demandait qu’à se dérouler, peut basculer dans la rage et la destruction. Une lecture qui n’est pas légère, mais pas trop longue non plus et qui restitue à chacun sa part d’humanité et de compassion tout en dénonçant en filigrane toute forme de violence.

Voilà, c’est tout pour janvier. Avez-vous fait des découvertes dans mes bilans ou en avez-vous à me suggérer ?

Séries, films, livres: mon top de 2017-18

Bonjour à tous et à toutes, en ce début d’année je vous propose un top de ce que j’ai aimé au cours des derniers mois. J’ai décidé de démarrer à partir d’octobre 2017 car c’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes bilans mensuels. J’ai aimé beaucoup de choses, je cible généralement bien ce qui me convient. Cependant je vais essayer de chosir. Les titres en gras sont ceux qui m’ont le plus marquée. Je ne vais pas redétailler tout, mais plutôt indiquer quelques mots clef qui vous permettrons de savoir à quoi vous attendre. Pour plus d’infos, je vous invite à parcourir mes bilans qui sont plus détaillés. Si vous ne savez pas quoi regarder/lire, à vos blocs notes.

On commence par les séries policières, un de mes genres favoris comme vous savez :

  • Happy valley : une série anglaise qui déboite avec une femme dans le rôle principal
  • Luther : série anglaise avec Idriss Elba, sombre et violence
  • Mindhunter : production netflix sur les débuts de la psychologie criminelle, tueurs en série, tirée d’une histoire vraie
  • Broadchurch : le top du top avec David Tennant, Olivia Colman et Jodie Whitaker, meurtre d’un enfant sur les côtes anglaises, un final incroyable
  • Casa de papel : est-il besoin de la présenter ?
  • Endeavour : mon chouchou, diffusé sur France 3
  • Line of duty : le top du top au niveau scénaristique, un vrai coup de cœur !
  • Bodyguard : un vétéran de guerre traumatisé est affecté à la protection de la ministre de la justice, terrorisme et suspense
Line of Duty season 4 finale: Ted Hastings star drops a ...
Les chasseurs de ripoux de Line of Duty

Séries dramatiques :

  • Poldark : Cornouailles 1770, ici aussi un gros coup de cœur pour les personnages, l’histoire, les paysages, amour, politique et vie rurale.
  • Les héritiers : saga familiale danoise autour d’un héritage, diffusée sur Arte
  • 13 reasons why : la série coup de poing qui parle viol, suicide et harcèlement chez les adolescents, dur mais nécessaire.
  • This is us : love love love !!! histoire d’une famille américaine qui mêle le présent et le passé. Impossible à résumer, mais tellement de belles choses et d’émotions !
  • Stranger things : pour les enfants des années 80 nostalgique des films de l’époque ou on résout des mystères en bande et à vélo. Surnaturel, suspense et humour au rendez-vous !
‘This Is Us’ Cast: Meet Chrissy Metz, Justin Hartley And ...
Les protagonistes de This is us à travers les âges

Comédies/formats courts :

  • The end of the f***ing wolrd: un adolescent psychopathe et une fille en colère font une virée pour échapper à leur vie, bijou d’humour noir et d’émotion.
  • New Girl: une série doudou sur une bande de colocataires déjantés à Los Angeles, emmenée par l’adorable Zooey Deschanel.
  • Grace and Frankie: avec Jane Fonda, deux femmes de 75 ans et + que tout oppose se voient contraintes d’emménager ensemble lorsque leurs mari respectifs les quittent et leur avouent leur homosexualité et leur futur mariage par la même occasion. Hilarant !
  • Lovesick: la recherché de l’amour à Glasgow au temps des MST. J’ai littéralement fondu !
  • Love : ici aussi, l’amour évidemment, sans fard, sans glamour mais authentique. Un bijou !
Love | Apaixonados por Séries
La rencontre de Mickey et Gus dans « Love »

Au niveau cinématographique, voici ce que je retiens :

  • 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh : la détermination d’une mère à découvrir qui a tué sa fille dans une petite bourgade de l’Amérique profonde.
  • Darkest Hour de Joe Wright : la vie de Winston Churchill et sa gestion du conflit mondial
  • Nos plus belles années de Sidney Pollack : un film de 1973 avec Barbra Streisand et Robert Redford au sommet de sa beauté. L’histoire d’amour contrariée entre un playboy et une militante communiste entre 1937 et 1950.
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent : le film qui m’accompagne dans ma prise de confiance et mon chemin vers une vie plus simple, responsable et durable.
  • 1900 de Bernardo Bertolucci (1976) : une amité entre deux garçons aux origines sociales opposées entre 1900 et 1945 dans l’Italie qui assiste à la montée du fascisme
Darkest Hour: Not Their Finest - Fort Worth Weekly
L’incroyable transformation de Gary Oldman en Winston Churchill

J’ai recommencé à lire davantage en 2018, j’ai donné une deuxième chance à certains livres et je ne l’ai pas regretté :

  • « L’attentat » de Yasmina Khadra : poétique et déchirant
  • « Dolce Vita » et  « Les nouveaux Monstres » de Simonetta Greggio : instructif
  • La saga « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante : chronique d’une amitié qui dure une vie dans les quartiers populaires de Naples, une écriture intime qui m’a happée, lu en italien.
  • « Rebecca » de Daphné du Maurier : un classique de la littérature anglaise, roman gothique fascinant et angoissant.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston : un essai absolument passionnant sur les rapports entre les sexes en occident
  • « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel : saga toscane, coup de cœur de cette fin d’année.
  • Les romans de Lars Kepler que je continue à adorer
22 best images about Manderley on Pinterest | Cornwall ...
Le célèbre incipit de « Rebecca »

Voilà, j’espère que cela vous donnera des idées, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos belles découvertes de l’année écoulée et si je vous ai donné envie de découvrir certaines choses. De mon côté, je vais poursuivre ces articles. J’aimerais regarder davantage de films, mais la production de séries est tellement intense et de qualité ces dernières années que j’ai regardé beaucoup moins de longs métrages. Je me suis en revanche tournée vers certains classiques et j’aime enrichir ma culture historique défaillante grâce au cinéma et à la littérature, surtout en ce qui concerne l’histoire de l’Italie et de l’Angleterre, deux pays chers à mon cœur comme vous l’aurez compris.

Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?