Bilan culturel de novembre

C’est calée bien au chaud dans mon divan et habillée du sweat molletonné que j’ai cousu cet été que je m’attèle à la rédaction de ce bilan. A la télévision, un plaisir coupable : le film de Noël de l’après-midi. A ma droite le sapin scintillant et parfumé de bonnes épices de Noël achetées au marché de Noël d’Aix la Chapelle. So Hyggelig ! Savez-vous qu’en Ecosse, il y a aussi un mot pour cette atmosphère ? C’est le « Colsie ».

Colsie - like the Scottish hygge. The habit of embracing ...

Durant ce mois de novembre, j’ai regardé avec beaucoup de plaisir la trilogie du « Hobbit » de Peter Jackson. J’ai retrouvé avec plaisir Gandalf, Galadriel et Legolas. Martin Freeman est parfait en Bilbon et mon seul regret est ne n’avoir vu au cinéma que le premier des trois films car ça vaut vraiment le coup de le voir sur grand écran. Je crois que France Télévision va rediffuser les trois épisodes du Seigneur des Anneaux et je pense que je vais craquer.

J’ai aussi regardé « Le temps qui reste » de François Ozon avec Melvil Poupaud, un acteur que je trouve absolument fascinant. Le film est très mélancolique et un peu bizarre par moment, mais je ne regrette pas de l’avoir regardé. On y rencontre également la grande Jeanne Moreau et ses scènes avec Melvil Poupaud (qui joue son petit fils) sont pour moi les plus belles du film.

Enfin, j’ai vu « New York Melody » un film de John Carney avec Keira Knightley et Mark Ruffalo. Comme son nom l’idique, il y est question de musique. C’est l’histoire de la rencontre entre une jeune musicienne au cœur fraichement brisé (par Adam Levine, de Maroon 5) et un producteur à la ramasse en plein divorce. J’ai adoré ce film, c’est une petite pépite pleine de créativité, un hymne à la résilience et à l’amitié. Pour autant il évite l’écueil du mélo gnangnan et pour une fois n’est pas axé sur une histoire d’amour. Mention spéciale à la garde robe de Keira Knightley, quel style…

Keira Knightley Scoopneck Sweater | Boyfriend jeans ...

En novembre, j’ai joué dans une pièce de théâtre et je suis aussi allée en voir une. Il s’agit de « Pourquoi Jessica a-t-elle quitté Brandon ? », une enquête inventive et atypique qui, comme son nom de l’indique pas, narre l’expérience de Brandon Bryant, un lanceur d’alerte américain qui menait des assassinats ciblés en Irak pour l’United States Air Force. La pièce est ce qu’on appelle une conférence gesticulée et j’ai appris beaucoup de choses et passé une bonne soirée même si cela ne rend pas nécessairement foi en l’humanité. A voir dans un théâtre près de chez vous.

Au rayon séries, j’ai regardé la cinquième saison de « Peaky Blinders » dont j’ai déjà parlé plusieurs fois. La famille Shelby a perdu de son unité mais le magnétisme est toujours là, même si j’ai souvent du mal à m’y retrouver dans les guerres et que le nombre de morts est vertigineux. Je pense tout de même regarder la suite car l’infiltration de Tommy en politique promet de belles intrigues.

Enfin, au niveau littérature, j’ai lu « Le chasseur de lapins » de ma valeur sûre en matière de polars, Lars Kepler. Cet opus réunit Joona Linna et Saga Bauer, ce qui n’arrive pas à chaque fois et j’ai pris énormément de plaisir à retrouver mes personnages favoris dans cette intrigue à nouveau parfaitement ficelée et horrifiante à souhait.

J’ai également lu un court roman de Joyce Carol Oates, « Zombi ». C’est le troisième ouvrage de cette auteure que je lis (après « Reflets en eau trouble » et « Blonde ») et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est surprenant. Il s’agit ici d’un récit à la première personne d’un tueur psychopathe. Si je salue la maitrise du style et l’audace de l’écrivaine, je dois dire que ce livre m’a mise mal à l’aise tout du long. Sans doute était-ce l’effet escompté. On est face à un personnage monstrueux et rien dans son histoire ne permet de comprendre comment il s’est développé ainsi. Souvent, lorsqu’on explore l’enfance des tueurs en série, on dégage des racines au mal. Pas ici et ça fait froid dans le dos.

Enfin, ce 30 novembre, j’ai eu la chance d’aller écouter Nancy Huston qui était invitée à s’exprimer par le magasine Imagine. Cette conférence m’a donné envie de relire ses livres (chronique de « Reflets dans un œil d’homme »ici) et de découvrir ceux que je n’ai pas encore lus. Elle mériterait sans doute un article à elle seule. Madame Huston répondait aux questions d’une délégation de Youth for Climate, ce qui lui a permis d’évoquer son parcours et ses engagements en faveur de l’écologie et de la cause féministe. A l’issue de cette conférence, je me sentais apaisée et admirative. Quelle classe ! Avez-vous déjà lu des ouvrages de Nancy Huston ? Si oui lesquels et quels sont vos coups de cœur ?

Voilà, c’est tout pour ce mois de novembre. J’espère que vous pouvez aussi profiter des soirées à rallonge pour lire et regarder de jolies choses dans une ambiance chaleureuse et réconfortante.

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Bilan culturel d’octobre

Bonjour à tou-te-s,

Je cours après le temps d’écrire en ce moment. J’accumule du retard, mais je constate avec bonheur que tous les jours d’anciens articles sont lus. Je vous remercie donc chers lecteurs, que vous soyez abonnés ou non. Je prends toujours autant plaisir à créer et rédiger le contenu que vous lisez et je pense que je le ferais même sans être lue, mais c’est sûr que ça motive ! N’hésitez pas à commenter et à me dire quels articles vous préférez. J’ai l’impression que ceux qui concernent l’écologie et le slowliving vous plaisent. Aujourd’hui, on se retrouve pour mon bilan culturel d’octobre, mais à l’approche des fêtes, je prévois également des billets sur la consommation responsable et l’écologie. A suivre donc…

En octobre, j’ai retrouvé une de mes séries anglaises chouchous, Les enquêtes de Vera. Cette saison, la neuvième, ne fait que 4 épisodes, donc je la savoure. Le personnage de Vera, vieille fille au look de paysanne fait toujours mouche avec son intelligence et sa bienveillance qui surprennent derrière son air bourru.

Je suis restée en Angleterre et j’ai poursuivi les aventures ou plutôt les mésaventures de la famille Shelby dans Peaky Blinders. A l’heure où j’écris, j’ai terminé la saison 5 et j’en parlerai en novembre. Je me demande tout de même à combien de flingues sur la tempe ou le front Tommy Shelby pourra survivre. Rien à voir, mais la musique de la série est tout simplement dingue, je pourrais écouter les épisodes les yeux fermés et ça vaudrait toujours la peine.

Je n’ai pas quitté le Royaume-Uni, mais j’ai rejoint l’Ecosse pour regarder, à la télévision cette fois, une autre série de la BBC « The Victim ». J’avais été quelque peu déçue par « The Bay », le mois dernier, mais « The Victim » a été une claque. Peut-être pas du niveau de Broadchurch, mais j’ai adoré cette série et je la recommande chaudement. L’histoire est originale. Ici point de meurtre, en tout cas au temps présent de la série. Les personnages principaux sont :

– une mère (à l’antipathie brillamment jouée par Kelly Mac Donald) qui a perdu son fils, assassiné des années plus tôt par un adolescent à peine plus âgé

– un jeune père de famille qui se fait tabasser et laisser pour mort sans raison apparente un soir d’Halloween.

Ces deux personnes, qui ne se sont jamais rencontrées, se retrouvent lors du même procès lorsque la première est accusée d’avoir provoqué et poussé à l’agression du second en révélant sur les réseaux sociaux qu’il était en fait le responsable de la mort de son enfant. L’adolescent coupable avait à l’époque reconnu les faits et retrouvé la liberté quelques années plus tard sous une nouvelle identité censée lui permettre de prendre un nouveau départ. Nul ne sait ce qu’il est devenu et Anna considère cela comme une injustice.

Cette série est un vrai suspense (Anna va-t-elle être condamnée ? Qui a agressé Craig ? Craig et Eddie J. Turner sont-ils la même personne ? et si ce n’est pas lui, où est-il ?), mais pose surtout intelligemment des questions nécessaires qui créent le malaise et pousseront chacun à se faire sa propre opinion : à quoi sert la justice ? à punir ? à réparer ? à protéger ? dans quel(s) cas a-t-on ou n’a-t-on pas droit à une seconde chance et qui peut en décider ? qui est la vraie victime du procès ?

Je ne spoile rien, mais vous aurez compris que j’ai été plus qu’emballée. Si vous l’avez vue, qu’en avez-vous pensé ?

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Côté cinéma, je suis redescendue en Angleterre et je suis allée voir Downton Abbey. J’ai savouré avec un grand plaisir mes retrouvailles avec le château, le personnel et la famille Crawley. Les scénaristes ont une nouvelle fois mis Dame Maggie Smith à l’honneur avec quelques répliques qui ne m’ont pas déçue, mais également des moments d’émotion. Certains trouvent que ce film est l’équivalent d’un Christmas Special, mais j’ai tout de même trouvé que c’était davantage que ça. J’ai aimé la dimension comique très présente et je trouve que c’est une belle conclusion pour la série. A noter que le film est visible sans avoir vu la série. On est sans doute un peu perdu au début évidemment, mais il suffit de se renseigner un peu. Par contre, attention, le film spoile la série bien entendu…

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Un peu de bonheur pour Tom et Thomas, deux de mes personnages favoris!

Côté littérature, j’ai changé de pays pour me rendre en Italie avec le court roman de Niccolo Ammaniti « Moi et toi ». Ammaniti est l’un des romanciers italiens contemporains les plus lus et il a récemment été le scénariste de la série « Il miracolo » (le miracle), chroniquée ici. Ce court roman parle de Lorenzo, un jeune adolescent doté d’une personnalité particulière et qui a du mal à s’intégrer. Pour se soustraire aux tracas de ses parents, il s’invente un groupe d’amis et une invitation à une semaine aux sports d’hiver. Le but : se ménager une semaine de tranquillité totale avec livres et jeux vidéos dans la cave de son immeuble. C’était sans compter sur le débarquement d’une demi-sœur quelque peu perturbée et avec laquelle il n’a jamais vécu. Ce roman se lit hyper vite et il est rempli d’humour et de sensibilité. J’ai été conquise et je le recommande, c’est un beau texte très touchant sur l’adolescence et l’amour.

Enfin, en octobre, j’ai eu l’occasion d’aller plusieurs fois à Bruxelles pour des activités diverses et variées, mais je pense rédiger un jour un article complet sur les adresses et activités insolites que j’ai pu découvrir dans cette capitale que j’aime de plus en plus.

D’ici là, je vous souhaite de bonnes lectures et de bons visionnages. Si vous avez des suggestions de livres pour cette saison, je suis preneuse. J’ai envie de lire des récits qui se passent dans des ambiances hivernales.

Bilan culturel de septembre

Bonjour à tous, me voici enfin avec le bilan de ce que j’ai regardé, vu et lu en septembre. Il y a beaucoup de choses et je ne m’étendrai pas sur tout, mais davantage sur mes éventuels coups de cœur.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la lecture. Je suis enfin venue à bout de Blonde de Joyce Carol Oates. C’est le deuxième roman de Oates que je lis après « Reflets en eau trouble » (chroniqué ici). C’est un livre très long (1100 pages quand-même) mais prenant sur la vie de Marylin Monroe ou plutôt de Norma Jean Baker. L’auteure précise au début que son roman ne se veut pas une biographie. En fait, elle nous immerge complètement dans la psyché de Marylin, au plus près de ses sentiments, de son discours intérieur ponctué de « oh ». J’ai aimé cette lecture et j’ai appris beaucoup de choses. Cependant c’était très dur et touchant, je ne savais pas à quel point cette femme avait souffert. On y découvre, derrière l’icône, une enfant abandonnée qui a toujours désespérément cherché à être aimée. Aimée pour ce qu’elle est mais incapable de trouver qui elle est et donc toujours en train d’essayer de plaire, en quête de consolation et finalement d’une vie très simple. Un très beau livre mais il faut être bien accroché et prêt à y investir du temps.

J’ai ensuite lu Les derniers jours de nos pères de Joël Dicker. Pour rappel, Joël Dicker est l’auteur suisse du best-seller (mérité) La vérité sur l’affaire Harry Québert. Ce livre est très différent et parle d’un pan de la seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas et qui n’a apparemment été rendu public que des décennies après la fin de la guerre. On y suit le quotidien d’hommes et d’une femme français ou franco-anglais qui s’engagent pour l’Angleterre et suivent une formation top secrète qu’ils doivent taire à leur famille pour être ensuite envoyés en France et mener des opérations de sabotage contre l’occupant et préparer le terrain pour le débarquement en Normandie en organisant et équipant les réseaux de résistance. Je n’en dis pas plus. J’ai été profondément émue par ce livre. Les personnages sont beaux, remplis d’idéaux et cela parle de grands sentiments, d’amour, d’amitié et de fraternité. Il y a du suspense aussi puisque c’est la guerre et qu’il y a des missions secrètes. Attention cependant, sortez les mouchoirs. Mais lisez-le tout de même, c’est un beau livre.

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Au niveau cinéma, je suis allée voir Deux moi  de  Cédric Klapisch qui filme deux solitaires dans le Paris contemporains. Ces jeunes gens cherchent leur place et ne la trouvent pas sur les réseaux sociaux. J’ai lu que ce film était présenté comme un plaidoyer pour les vraies rencontres et je trouve que c’est vrai. On rit, on pleure, on s’attache à ces personnages, des voisins qui ne se connaissent pas. Une autre chose qui m’a plu dans ce film c’est la représentation de la thérapie. Les deux personnages se retrouvent chacun chez le psy. Pas le même. Deux psys très différents. Au début, j’ai eu peur que ça tombe dans le cliché. Le cliché du psy qui ne dit rien (François Berléand) et le cliché de la psychanalyste allumée et imbue d’elle-même (Camille Cottin). Heureusement, il n’en n’est rien. Ce film donne une idée réaliste du travail thérapeutique et je lui dis merci. Les séances sont de mieux en mieux  et montrent que dans la vie tout prend du temps et demande de l’investissement.  Que rien n’est magique et que le temps entre les séances est aussi important. J’ai adoré ce film, son humour, ses personnages, ses valeurs. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant aimé un film français. Un sourire m’en reste accroché aux lèvres.

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Le second film que j’ai regardé est un film avec Romain Duris, l’acteur fétiche de Klapisch, ici sans Klapisch. Il s’agit d’Une nouvelle amie de François Ozon. Ce film, où Duris côtoie Anaïs Demoustier parle de non binarité sexuelle et de changement de sexe. En gros, après le décès de sa meilleure amie, une femme s’aperçoit que le mari de cette dernière a pris l’habitude de s’habiller en femme. Autour de ce secret se tisse une relation ambiguë entre eux. Autant le dire, je n’ai pas vraiment aimé ce film qui frise parfois le grotesque. Cela aurait pu être intéressant, mais ça va trop vite et le réalisateur veut selon moi y raconter trop de choses. Si vous voulez voir un film sur le sujet, je vous conseille plutôt les magnifiques Laurence Anyways du prodigieux Xavier Dolan Avec Melvil Poupaud ou Danish Girl avec Eddie Redmayne et Alicia Vikander. Deux films absolument époustouflants. Je n’ai pas vu Girl  de Lukas Dhont mais il est sur ma wish list. Je remarque en écrivant que ces films parlent tout d’une transition homme – femme. Connaissez vous des films qui parlent de la transition à l’inverse ?

Niveau séries enfin, j’en ai vu 4 :

  • La troisième saison de 13 reasons why qui a de nouveau été prenante mais douloureuse. J’ai aimé l’idée que la série s’attèle ici à voir la face cachée des bourreaux et comment on en arrive à devenir un salaud. Cela remettait un peu de nuance. Cependant, les personnages restent assez stéréotypés. Bryce veut changer mais ça a même l’air trop facile. Et puis comment une classe peut-elle vraiment cumuler autant de malheurs. Ces ados portent littéralement le poids du monde sur leurs épaules et raisonnent comme des gens de 40 ans. On annonce une saison 4 où Clay va enfin aller en thérapie. Je me réjouis tout de même de voir si ça lui arrachera un sourire.
  • J’ai vu The Bay à la télévision. Une série écossaire avec Morven Christie (vue dans Grantchester) qui parle de disparition de deux adolescents dans une petite ville côtière. Cette série a été comparée à Broadchurch et, comme vous le savez, je suis fan de ce genre de séries. Cependant…ce n’est pas Broadchurch. La barre a été mise haut c’est vrai, mais j’ai trouvé que cela manquait de suspense. Personnellement, j’avais bien vu la fin venir, mais c’est peut-être mon habitude de ce genre de scénarios qui fait que… Une bonne série, mais pas la meilleure.
  • Dead to Me une série Netflix avec Christina Applegate et Linda Cardellini, qui est une de mes chouchoux. On est sur un format de comédie à propos d’un sujet dramatique : le deuil d’une épouse qui perd son mari dans un accident de voiture avec délit de fuite. J’ai adoré cette série et les deux actrices. La veuve n’est pas des plus sympathiques et cela rend la série intéressante. Sa nouvelle amie est louche, mais on s’y attache. Le suspense est là, les rires aussi même si ça parle de mort, de colère et de mensonge. Un très bon moment.
  • Enfin, j’ai regardé une autre production netflix, Criminal. C’est une série en 4 fois 3 épisodes, chaque bloc d’épisodes étant indépendant. On suit 4 équipes d’enquêteurs (Espagne, Allemagne, France et Royaume-Uni) dans leur travail en salle d’interrogatoire. Les histoires sont variées, les stratégies aussi, mais ça ne révolutionne pas le genre. Comme il y a très peu d’épisodes et que les suspects/témoins changent à chaque fois, on n’a pas vraiment le temps de s’en imprégner. Si vous aimez les épisodes avec interrogatoires à suspense, mon must reste l’indétrônable (oui je sais je me répète) Line of Duty.

Voilà, c’est tout pour ce mois de septembre, il va déjà me falloir rédiger pour octobre. Et vous, qu’avez-vous vu ? Vous ai-je donné envie de voir ou lire quelque chose ici ou dans les derniers mois ?

 

Bilan culturel (tardif) d’août

Comme dit précédemment, le mois d’août a été un mois de vacances. Fait de voyages, de sorties et de temps passé en famille et avec des êtres chers. Mais bien entendu, qui dit vacances dit lecture au jardin, siestes littéraires, soirées netflix jusqu’à passé minuit, cinéma et visites. Bref, ce bilan sera fructueux et j’ai été ravie de pouvoir passer tant de temps à lire et de retourner au cinéma. L’atmosphère des salles obscures m’avaient manqué.

Commençons d’ailleurs par l’écho des salles obscures. Je suis allée voir deux films très différents. Tout d’abord Yesterday. Dans ce film feel good, il est question d’un jeune homme qui tente de percer dans la musique et qui, alors qu’il est sur le point d’abandonner, fait un accident et se réveille du coma qui s’ensuit dans un monde qui n’a pas connu les Beatles. La suite, vous l’imaginez. C’est effectivement une jolie comédie romantique. On y retrouve Lily James et le moins connu Himesh Patel. C’est frais, original, la musique était forcément à mon goût. Il y a Ed Sheeran aussi qui joue son propre rôle. C’est réalisé par Danny Boyle (qui ne craint pas l’écclectisme, après « Trainspotting » et « Slumdog Millionnaire » notamment) et scénarisé par Richard Curtis (« Good Morning England », « 4Mariages et un enterrement » et « Love Actually). Le film est agréable, même s’il n’arrive pas au genou des autres scénarios de Curtis et du délire de Slumdog Millionnaire. A voir tout de même, pour se réchauffer le cœur et écouter les Beatles encore et encore.

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Dans un tout autre genre, je suis allée voir Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino. Le film est long, mais je ne me suis pas ennuyée, j’ai même passé un bon moment. Cependant, on se demande pendant longtemps (et même encore maintenant en fait) où Tarantino voulait en venir en mettant en parallèle (et réécrivant) l’histoire de la Famille de Charles Manson  et de l’assassinat de Sharon Tate avec celle d’une star sur le déclin (Di Caprio) et de sa doublure (Pitt) dans le Hollywood des années 60. Au final, je crois qu’il a voulu se faire plaisir, rendre hommage à une époque et prendre son pied avec ses acteurs. Di Caprio est très drôle en acteur dépressif geignard et que dire de Brad Pitt, dans un rôle qui m’a rappelé celui qu’il tenait dans « Burn After Reading » et qui m’avait fait pleurer de rire. Et la violence me direz-vous ? Ceux qui ne l’aiment pas (mais iront ils voir Tarantino ?) seront soulagés car il y en a finalement peu et ceux qui l’aiment se régaleront durant les 15 dernières minutes hilarantes mais auront sans doute un goût de trop peu. Je n’en dis pas plus. Avez-vous vu le film ? Aimez-vous Tarantino ? Je sais que c’est un réalisateur qui divise et pour ma part, je suis loin d’avoir tout vu, mais j’arrive à le prendre au 36° degré donc j’aime bien.

Enfin, à la télévision, j’ai eu l’occasion de regarder « Testament of Youth » (mémoires de jeunesse), un film de James Kent avec Alicia Vikander dans le rôle principal, Kit Harington et Taron Egerton dans des seconds rôles. Il date de 2014, avant que tous trois deviennent des stars. Ce film est un film biographique basé sur les mémoires rédigées tout au long de sa vie par Vera Brittain, une écrivaine, pacifiste et féministe britannique. Je ne connaissais pas du tout Vera Brittain, une jeune femme qui s’est battue pour pouvoir faire des études avant de les abandonner pour devenir infirmière durant la première guerre mondiale. C’est un très beau film, mais il est aussi très triste et certaines scènes dans les hôpitaux sont dures à regarder. Néanmoins, je l’ai beaucoup aimé et cela m’a donné envie de lire les mémoires de Vera Brittain. Connaissez-vous le personnage et en avez-vous lu quelque chose ?

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Au niveau tourisme, j’en ai parlé ici et , mais je suis allée en Italie cet été. J’ai visité Vérone et je suis retournée à Florence, que je connais très bien. Je me suis fait plaisir en visitant à nouveau la Basilique de Santa Croce, un de mes endroits favoris sur terre. On y trouve notamment les tombeaux de Machiavel et Michelange et de superbes tableaux. Il y a également un cloître où était exposé un parcours retraçant les évènements de 1966 lors de la crue de l’Arno. La Basilique, proche du fleuve, avait été inondée et la population et des étudiants venus du monde entier s’étaient mobilisés pour sauver ses trésors. Je ne suis pas religieuse mais je suis fascinée par les chefs d’œuvre que la religion a inspirés aux hommes et je trouve un certain apaisement à fréquenter les églises.

Niveau lectures, j’ai terminé le cycle de l’ « amie prodigieuse »d’Elena Ferrante, avec « l’histoire de l’enfant perdue », toujours en Italien. Que dire ? J’ai été captivée par cette saga qui conte une histoire intime et nationale à la fois et ravie de réussir à la lire en italien sans difficulté. Je l’ai lu en Italie pour être dans l’ambiance et j’ai à nouveau passé un bon moment, même si la vie d’Elena et Lila n’est vraiment ni facile ni drôle. Cette amitié est parfois proche de la rage et n’est pas solaire, mais c’est ce lien particulier qui fait l’essence de l’histoire, la façon dont elles se construisent l’une face à l’autre, l’une avec l’autre et l’une contre l’autre. Elena m’a souvent énervée car je l’ai trouvée égoïste et mauvaise mère, mais aurais-je aussi mal jugé un personnage masculin ? A d’autres moments, j’ai eu de l’empathie pour elle et je resterai curieuse de savoir à quoi aurait ressemblé l’histoire si elle avait été contée par Lila…

Enfin, au rayon séries, j’ai regardé la troisème saison de la Casa de Papel qui a fait le job sans plus surprendre. J’ai bien aimé retrouver Berlin dans les flashbacks et Nairobi est devenue mon personnage préféré. Par contre, Tokyo est insupportable, tout ce qui arrive est toujours de sa faute. De même, Raquel ne sert pas à grand-chose. Mais bon, on veut du divertissement et il est clair qu’on en a.

J’ai également commencé une série dont j’entendais souvent parler (en bien). Il s’agit de Peaky Blinders qui suit une famille mafieuse dans le Birmingham d’après la première guerre. Je n’adore pas, car les histoires de gangsters c’est pas mon trip et bien souvent je ne comprends pas leurs embrouilles de chevaux et paris sportifs. Néanmoins, les personnages sont intéressants et ce qui me fait rester ce sont les intrigues familiales et aussi l’hypnotique Cillian Murphy, qui se fait casser la gueule en permanence mais qui n’abandonne jamais. Si vous aimez les histoires de clans, les atmosphères noires de début de siècle, les écorchés vifs (au propre comme au figuré) et la baston, cette série est faite pour vous…

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Voilà, c’est tout pour ce bilan du mois d’août qui s’est fait attendre. Et vous qu’avez-vous lu/vu/visité de bon ?

Voyage en Italie (1): Verona

Après la Croatie, maintenant l’Italie. L’été à thématique généalogique. Première étape du périple, la Vénétie de mon grand-père. Plus précisément Vérone où il passa une partie de son enfance, où je m’en vais à la rencontre de bribes d’histoire familiale, de souvenirs et d’êtres humains que je ne connais pas et qui me sont pourtant proches, par le sang, par l’histoire ou par le nom. Rouler 12h30 pour y arriver exténuée. Il fait chaud, très très chaud. 8 ans que je ne viens pas en Italie. 8 ans sans ce pays qui me coule dans les veines, dans lequel  j’ai vécu. A peine passée la frontière suisse s’installe le chaos. Ca me rebute autant que cela m’est soudain familier. Il y a toujours chez moi, la fille du nord, un coin de cœur en jachère, un brin de désorganisation dans l’âme, de la place pour les imprévus, les ralentissements, les risques. Redécouvrir les rives de l’Adige et son étrange couleur verte/grise. Marcher sur les remparts de l’ancienne ville fortifiée, déambuler au milieu des décors d’Aïda que l’on va bientôt installer pour quelques soirées dans les arènes emblématiques de la ville où ont lieu chaque été des opéras en plein air. La Piazza Bra juste en face et ses maisons colorées. Puis la piazza delle Erbe reliée par un étroit passage à la majestueuse Piazza dei  Signori, surplombée par la Torre dei Lamberti. Y découvrir une statue de Dante, l’ami toscan que je ne pensais retrouver que quelques jours plus tard. Retrouver des cousins et des oncles, quelques uns. On nous en promet plus, mais il fallait prévenir. En attendant, virée improvisée sur le lac de Garde dans une voiture conduite par un homme de 89 ans, petite frayeur grisante. Faire connaissance avec des gens qui portent le même nom que moi, alors que nous ne sommes plus que 4 ici au nord. Emotion. La pizza…comment font-ils pour lui donner ce goût ? De retour tard dans la nuit heureuse. Le lendemain montée au Castel San Pietro grâce au funiculaire remis à neuf. Vue panoramique et promenade outre Adige. Merci Vérone et à bientôt j’espère. Ce voyage commence bien.

Quelques recommandations :

  • Prévoir deux jours pour visiter Vérone, voire trois si vous souhaitez entrer dans les musées et églises
  • Restaurant : Osteria de Monte Baldo un vrai bon plan économique où prendre un repas ou un apéritif, dans le quartier de la piazza dei Signori.
  • Glace : la gelateria Savoia qui se trouve via Roma, à proximité de la Piazza Bra. Une maison familiale qui existe depuis 1939 où vous pourrez emporter un cornet en admirant les gâteaux glacés et réalisations plus fines des artisans glaciers
  • Le funiculaire et un dîner à la terrasse panoramique Re Teodorico, les prix sont un chouïa plus élevés, mais restent néanmoins plus que corrects, faut-il rappeler que le rapport qualité prix de la nourriture en Italie doit être le meilleur d’Europe occidentale ?
  • Le ponte Scaligero (beaucoup de bâtiments portent le nom de Scaliger, dérivé de la famille Della Scala qui régna sur Vérone durant 125 ans, aux 13° et 14° siècle) et le Castelvecchio
  • la Piazza Bra, Piazza delle Erbe, Piazza dei Signori
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Vue sur l’Adige et l’arrière du Duomo depuis la terrasse du Re Teodorico
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Dante sur la Piazza dei Signori, à l’arrière la Loggia del Consiglio
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La Torre dei Lamberti vue de la piazza delle Erbe

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Le Ponte Scaligero, construit entre 1354 et 1356

 

Bilan culturel de juin

Bonjour à tous,

Petit intermède dans mes récits de voyages passés et à venir pour vous parler de ma consommation littéraire et autre en ce mois de juin. Enfin, surtout littéraire car je ne suis toujours pas allée au cinéma en juin (mais j’y suis déjà allée ce mois-ci et plein d’autres films me font envie) et niveau séries, j’ai principalement continué des choses déjà entamées avant. Par contre, en Croatie j’ai renoué avec un temps de lecture quotidien conséquent et c’est donc avec plaisir que je vais pouvoir parler de plusieurs romans.

J’ai notamment et finalement terminé « Duma Key » de Stephen King. Le premier livre de cet auteur mythique que je lisais. J’avais déjà tenté 22/11/63 qui avait été encensé par la critique et les amateurs, mais il m’était tombé des mains assez rapidement. C’est une amie qui m’a offert Duma Key lors d’un souper à 4 après les fêtes où chacune proposait un livre et repartait avec le livre d’une autre. J’ai donc mis presque deux mois à terminer Duma Key, livre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, contrairement à plein d’autres de l’auteur. Voici la quatrième de couverture de l’édition du Livre de Poche :

Duma Key, une île de Floride à la troublante beauté, hantée par des forces mystérieuses, qui ont pu faire d’Edgar Freemantle un artiste célèbre… mais, s’il ne les anéantit pas très vite, elles auront sa peau ! Dans la lignée d’Histoire de Lisey ou de Sac d’os, un King subtilement terrifiant, sur le pouvoir destructeur de l’art et de la création.

Too much, kitsch, drôle, éminemment cinématographique façon série B, il y a du Tarantino chez King. Sabrina Champenois, Libération.

Terrifier son lecteur alors que son récit se déroule en plein soleil dans l’archipel des Keys, lieu paradisiaque à la végétation luxuriante et aux plages blondes, c’est ce que King fait de mieux. Tatiana de Rosnay, Le Journal du dimanche.

Ce que j’en ai pensé : Il faut savoir que le fantastique n’est pas mon genre de prédilection, mais ça vous l’aviez compris. Néanmoins, je suis contente d’avoir terminé ce bouquin assez conséquent. Il démarre en diesel et j’ai trouvé le début lent et même le milieu lent. Peut-être aussi parce que la fatigue me faisait clore les yeux après à peine une quinzaine de pages chaque soir sans vraiment réussir à m’immerger dans le récit. Cependant, je n’ai pas eu envie de laisser tomber comme pour d’autres livres. Je ne saurais dire ce qui a fait la différence, je pense que j’étais tout de même absorbée par l’atmosphère installée peu à peu par l’auteur. Pendant longtemps, j’ai senti quelque chose planer, une forme d’étrangeté, mais c’est seulement vers la fin du roman qu’elle est devenue menaçante puis terrifiante et à la fin, je ne pouvais quasiment plus lâcher le livre. Au final, ça m’a plutôt donné envie d’en lire un autre. A vous de me dire lequel. Etes-vous fan du maître ?

Au rayon séries, j’ai regardé les saisons 3 et 4 de « The Affair », une production de Showtime diffusée par Netflix. J’avais vu les deux premières saisons il y a longtemps (je pensais en avoir parlé ici mais je n’en retrouve pas la trace ) et j’étais ravie que la suite arrive sur Netflix. Je trouve cette série brillante, originale et captivante, bien que parfois, elle s’égare en voulant traiter trop de sujets à la fois. Au départ, le pitch est simple et le titre ne ment pas : on suit la relation extraconjugale de Noah et Allison (Ruth Wilson, vue en psychopathe dans Luther), ainsi que ses conséquences sur leurs vies et celles de leurs conjoints respectifs Helen (Maura Tierney – Urgences) et Cole (Joshua Jackson – Dawson, Fringe). Ce qui la rend exceptionnelle c’est :

  • La qualité incroyable de l’interprétation des acteurs principaux entre errance et résilience
  • La finesse psychologique et la construction des personnages qui traversent passion, deuil et traumatismes avec cohérence.
  • La force de se renouveler, même si certaines trames narratives de la troisième saison étaient évitables, c’est bien plus qu’une série sur une intrigue amoureuse.
  • Le portrait réaliste fait des psys et du travail de reconstruction, ainsi que de la dynamique familiale qui permet toujours une analyse plus poussée des actes posés.
  • Enfin, ce qui fait la particularité de la série et sa signature, le traitement des évènements selon plusieurs angles. Les épisodes sont divisés en deux et montrent au début les points de vue de deux personnes sur des évènements similaires. Par la suite, ce ne sera pas toujours le cas, mais les protagonistes se passent toujours le témoin de l’intrigue, le cédant occasionnellement à un personnage secondaire. C’est très innovant, parfois on ne sait plus où on en est après un épisode, mais cela rappelle surtout le caractère subjectif de l’expérience et la nécessité de prendre du recul avant de juger.

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Bref, sur le fond comme sur la forme, je vous recommande chaleureusement cette série. Attention cependant aux âmes sensibles, il y a pas mal de scènes assez crues et émotionnellement, cela peut aussi être violent. Si vous êtes déprimé, c’est à double tranchant.

Enfin, j’ai lu la trilogie de Douglas Kennedy « La symphonie du hasard ». Voici ce qu’en disait Christine Ferniot pour site de telerama lors de la sortie du premier tome :

Capable du meilleur (La poursuite du bonheur) et du moins bon (La Femme du Ve), Douglas Kennedy se révèle un champion des destins contraires. On s’installe dans ses romans avec l’assurance d’un plaisir confortable, renforcé par son sens de la dissection psychologique. Avec La Symphonie du hasard, le romancier se lance dans un ample projet : un roman fleuve couvrant une vingtaine d’années. Le premier volume de cette épopée américaine paraît ces jours-ci, les deux suivants seront disponibles en mars puis en mai 2018. Unissant petite et grande histoire, autobiographie et fiction, Douglas Kennedy réussit une fresque sociale et familiale pleine de trahisons, de mensonges et de culpabilité. Il choisit pour héroïne Alice, éditrice à New York, qui se souvient de son adolescence, dans les années 1970. Par son entremise, il plonge dans une famille middleclass de banlieue, une fratrie de trois enfants nés des amours d’une mère dépressive et d’un père catholique irlandais rigide et souvent absent.

Racisme, antisémitisme, homophobie, mais aussi éveil politique, coups d’Etat au Chili ou libération sexuelle… Douglas Kennedy lance son kaléidoscope et n’oublie jamais de serrer ses intrigues comme ses personnages en multipliant les détails de la vie quotidienne. On file boire une bière dans un « diner » décoré comme un wagon de train pour parler existentialisme. Van Morrison jaillit dans la sono. Les étudiantes fument des ­Viceroy et s’habillent « baba cool ». ­Richard Nixon prête encore serment sur les marches du Capitole… « Toutes les familles sont des sociétés secrètes », écrit le romancier, et en effet, les ­secrets ne manqueront pas — à commencer par un peu d’espionnage paternel à la solde de la CIA. Quand le premier tome s’achève sur un « A suivre » feuilletonnesque, on peste à l’idée d’attendre trois mois. C’est plutôt bon signe !

Douglas Kennedy est indéniablement un raconteur né, difficile de lâcher un de ses ouvrages. Comme dit plus haut, il y a eu du très bon et du moins bon, tant au niveau des intrigues (qui tendent à se répéter) que du style. Ici, on a un peu l’impression qu’une commande a été passée à l’auteur (mais est-ce une impression en fait?) et qu’il a dû livrer un produit fini rapidement. Je ne veux pas cracher outrageusement dans la soupe. J’ai aimé cette saga familiale (pour le coup tout à fait un de mes thèmes de prédilection) et suivre l’Histoire au travers des histoires et pérégrinations d’Alice. Cependant, j’ai trouvé aussi trop de clichés. Clichés sur la famille, clichés sur l’Amérique, clichés sur l’Irlande. Chaque détail du quotidien était convenu, les choses n’étaient pas bien dégrossies. Et, autre problème, les personnages ne sont pas des plus sympathiques, j’ai eu du mal à être en empathie avec Alice. Je trouvais que malgré ce qu’elle disait et pensait, les choses paraissaient glisser sur elle. Hormis les aléas de l’existence, ce qu’elle veut, elle l’obtient (une admission dans une université, la reconnaissance, un mec…) et ça manque globalement de nuance. Ceci dit, ça s’améliore et devient plus complexe je trouve lors du troisième tome. J’ai fini par m’attacher à Alice et aux personnages hétéroclites qui l’entourent et j’ai été touchée par les réflexions faites sur la façon dont nous pensons nous organiser pour ne pas souffrir, au risque de passer à côté du bonheur. J’en lirais un 4° ou un 5° avec plaisir, malgré cette pauvreté relative dans l’écriture. Si vous devez lire un Douglas Kennedy, je vous conseille « quitter le monde » ou « cet instant là » qui sont les deux ouvrages que j’ai préférés.

Voilà, j’ai beaucoup parlé alors que finalement, j’ai parlé de très peu de choses. Et vous, dites-moi, avez-vous des auteurs fétiches et d’autres qu’il vous faudrait encore absolument essayer ?

Bilan culturel de mai

Le mois de mai se termine et c’est donc le moment de faire mon bilan mensuel. J’espérais avoir une lecture à chroniquer, mais je n’ai toujours pas fini « Duma Key ». C’est une brique (plus de 800 pages) et je n’arrive pas à lire longtemps le soir car je suis déjà très fatiguée quand je vais au lit. Cependant, je n’abandonne pas, je m’envole pour une semaine de vacances demain et je sais donc que j’aurai sa peau prochainement.

J’ai été voir un film au cinéma, il s’agit des «Crevettes pailletées », un film français (rare) avec un acteur belge en premier rôle (Nicolas Gob) et une floppée d’acteurs pas très connus. Le pitch : un champion de natation (Gob) se voit contraint d’entraiter une équipe de waterpolo gay après avoir eu des propos homophobes à la télévision (en réalité il a traité de « pd » un journaliste gay sous le coup de la colère après une mauvaise performance). C’est une comédie, mais pas que. Bien sûr on rit face à la confrontation entre le champion et les « crevettes », mais on s’émeut aussi devant les vies, les combats et les blessures de ces hommes. Certaines scènes sont violentes et on verse une petite larme d’émotion à la fin. Un film sympathique que je recommande.

Pour le reste, je n’ai fait que regarder des séries :

  • La saison 6 de « Morse » est arrivée le dimanche soir sur France 3. Il n’y a que 4 épisodes à savourer. J’aime toujours autant cette série rétro et mélancolique. Celle-ci (de saison) est particulièrement triste cependant. Plus qu’un épisode…
  • J’ai commencé à regarder « Tiny House nation » sur Netflix. Ce sont des épisodes de 40 minutes où deux experts aident des personnes à terminer leur projet de mini maison et trouvent des solutions pour rentabiliser l’espace. J’adore !!! Cela se passe aux Etats-Unis et je n’ai encore regardé que deux épisodes, mais c’est tellement inspirant, je rêve clairement de ça si je ne trouve pas la petite maison (déjà construite) de mes rêves.
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fameuse déjà celle-ci, je me contenterai de plus petit 🙂
  • J’ai commencé à regarder une série anglaise complètement déjantée. Attention, il faut aimer quand c’est légèrement grotesque quand même. Ca s’appelle « Cuckoo » et ça raconte la vie chamboulée d’une famille d’anglais moyens lorsque leur fille revient d’une année sabbatique avec dans sa valise un mari américain complètement illuminé et baba cool qui se fait appeler Cuckoo. La première saison a eu un tel succès qu’elle a été reconduite, alors que deux des acteurs principaux (la fille et le fameux Cuckoo, joué par l’hilarant Andy Samberg) ne s’étaient engagés que pour une année. Les scénaristes ont donc dû s’adapter et les remplacer. Taylor Lautner (Twilight, oui je sais) a notamment rejoint la distribution. Je suis dans la troisième saison et en fait, cette série vaut surtout le coup pour le personnage du père de famille (Greg Davies) qui est extrêmement drôle dans le rôle du mec au bout de sa vie qui voudrait juste la paix mais qui est aussi très tenté de rester un mec cool pour faire plaisir à sa femme et sa fille. J’ai terminé la saison 3, il y en a 5 et je dois me retenir de ne pas tout binger.

Voilà, c’est tout pour ce mois de mai. Pas grand-chose me direz-vous. J’ai également continué à regarder au compte goutte mes favoris « The Affair », « Poldark » et « Outlander » dont j’ai déjà parlé mais que j’essaie de ne pas regarder d’une traite. J’aimerais en avoir encore pour l’automne, surtout les deux dernières. Je sais également que vont bientôt sortir les nouvelles saisons de « casa de papel », « Dark » et « Stranger Things », je vais avoir de quoi faire.

Et vous, quelles sont vos séries préférées du moment ? Aimez-vous binge watcher ou, comme moi, essayez vous de résister pour faire durer le plaisir ?