Bilan culturel de mars: Ian Mc Ewan et Liv Strömquist fidèles au rendez-vous

Voici le compte rendu du mois de mars, placé sous le signe du crime et de l’amour ce qui est bien normal car j’imagine que ce sont deux des thèmes qui inspirent le plus les auteurs et producteurs de littérature et d’audiovisuel.

Ce mois-ci j’ai regardé trois séries qui parlent de meurtres. Le thème est commun, mais elles sont néanmoins très différentes :

  • « Carmel » est une mini-série de true crime qui revient sur le mystérieux meurtre de Maria Marta Garcia Belsunce, une femme assez fortunée retrouvée morte dans la salle de bain de sa maison au sein d’un Coutry Club (une sorte de quartier fermé et sécurisé où vivent les riches) en Argentine. Intéressant pour les amateurs de true crime puisqu’on y retrouve les témoignages de la famille, des suspects et même du Procureur.
  • « Les carnets de Max Liebermann » une série européenne qui se déroule dans le Vienne du début du XX°siècle et suit le duo improbable formé par un inspecteur de police bourru et endeuillé et un jeune médecin juif qui s’intéresse à l’esprit et aux théories d’un homme dont on parle beaucoup à l’époque, alias Sigmund Freud. J’ai aimé l’esthétique de cette série et la trajectoire des protagonistes. La première saison ne comportait que 3 épisodes, j’attends donc de voir si nous aurons une suite.
  • « How to get away with Murder?“. Archi connue celle-ci et pourtant j’ai eu du mal à « entrer dedans ». J’avais un a priori puisque je déteste Grey’s anatomy et que je n’ai pas aimé Bridgerton, elles aussi produites par Shonda Rhimes qui est est aux commandes de Murder. Cependant une fois passés les premiers épisodes et l’antipathie que m’inspire le personnage principal, j’ai été happée par une mécanique infernale et très bien huilée. Le scénario est dingue, les personnages sont dingues. Tout est too much mais il faut bien dire que c’est addictif et j’ai avalé les trois premières saisons (sur 6). Vivement la suite, même si c’est du grand n’importe quoi et qu’aucune personne réelle ne serait incapable d’encaisser un dixième de ce que les personnages vivent.

J’ai lu un nouveau roman graphique de Liv Strömquist « les sentiments du Prince Charles ». C’est le troisième roman graphique de cette autrice que je lis après « l’origine du monde » (qui traitait de la représentation du sexe féminin au cours de l’histoire et de nos jours) et « la rose la plus rouge s’épanouit » (au sujet de la difficulté de s’engager dans une relation amoureuse). Je conseille vraiment ces romans graphiques qui aident à comprendre le rapport entre les sexes au travers d’exemples de personnages historiques et/ou célèbres et en vulgarisant avec humour (bien que les propos ne soient pas toujours franchement feel good) des théories sociologiques et psychologiques. Dans cet opus, comme le titre l’indique, il est question de l’expression des sentiments et de comment un sexe a été amené à se dévouer à un autre au fil du temps.

JOUR 37 - Les sentiments du Prince Charles, Liv Strömquist // Chronique de  Claire Porcher — Lectures de Femmes

Enfin, j’ai lu « opération Sweet Tooth » de Ian Mc Ewan. Là aussi il s’agit d’une troisième lecture du même auteur (après « l’intérêt de l’enfant » et « une machine comme moi ») et je dois dire que c’est ma préférée. On y suit Serena, une jeune étudiante puis diplômée de mathématiques de Cambridge. Serena est passionnée de littérature et se voit recrutée par le MI6 et chargée d’approcher un jeune auteur dont la plume intéresse l’organisation sous un faux prétexte (lui octroyer une bourse). Petit souci, elle en tombe amoureuse… J’ai adoré ce livre qui mêle suspense, histoire d’amour, roman d’apprentissage le tout dans une ambiance délicieusement british et rétro comme je les aime. Les romans de Ian Mc Ewan sont tous bien différents mais ont en commun de placer systématiquement les personnages face à des dilemmes moraux passionnants. La lecture de ses romans m’ont donné envie de consacrer un article plus détaillé à Ian Mc Ewan et peut-être à d’autres auteurs.

Opération Sweet Tooth - Du monde entier - GALLIMARD - Site Gallimard

Et vous, ce mois de mars ?

Bilan culturel de janvier: documentaires et coup de coeur littéraire

Quoi de neuf en ce mois de janvier ? Balades sous la pluie, séries sous la couette, télétravail et patience, je pense que nous en sommes tous là.

J’ai passé moins de temps devant les écrans en ce mois de janvier, après un mois de décembre assez scandaleux. J’ai fait d’autres choses à la place, mais ça j’en parlerai un autre jour. Néanmoins, en janvier, j’ai regardé :

  • Un documentaire sur le Prince Philipp (le Duc d’Edimbourg) et un autre sur Elizabeth 2. Après ça et The Crown, je deviens assez incollable.
  • Un documentaire sur Selma Lagerlöf. Pour ceux qui ne la connaissent pas, il s’agit de l’auteure suédoise des aventures de Nils Holgersson (mon enfance a été bercée par les dessins animés tirés de son œuvre. Qui les a vus ?). Je savais qu’elle avait été la première femme à recevoir le Prix Nobel de littérature, mais j’ignorais à quel point elle était pionnière et en avance sur son temps. Elle a fait carrière en dépit de l’avis de son père, ne s’est jamais mariée, est devenue riche et a fréquenté plusieurs femmes. Une femme remarquable.
  • Bien sûr, comme on a commémoré les 74 ans de David Bowie et les 5 ans de sa disparition, j’ai pu regarder un documentaire sur lui aussi, réalisé à l’occasion de ses 50 ans.
  • J’ai regardé un classique qui trainait dans un coin de ma liste mentale des films à voir : La vie est belle de Frank Capra. Pas celui de Benigni donc, mais un film de 1946 avec James Stewart, souvent diffusé aux alentours de Noël. Un film dur et aussi extrêmement émouvant. Je n’avais jamais été autant émue par un film datant de cette époque, le noir et blanc, les intrigues m’empêchant sans doute de me connecter vraiment aux personnages. Ici on passe du désespoir à la magie avec une ode à la solidarité. Je comprends que cela soit devenu un classique de Noël. Dans la foulée, j’ai regardé un documentaire sur Frank Capra arrivé avec ses parents aux états unis quand il était petit et qui a adopté sa nouvelle patrie encore davantage que l’inverse. Je n’ai vu que ce film, mais il parait que sa carrière a été bercée par le rêve américain, lui-même l’ayant vécu. Pas totalement un mythe donc.
La Vie est belle (It's a wonderful Life) de Frank Capra - 1946 - Shangols
  • Comme 68 millions de foyers, j’ai regardé la première série des Chroniques des Bridgerton. Et…comment vous dire ? Il faut arrêter de citer Jane Austen et Donwton Abbey comme références, car cette série n’en a ni l’esprit, ni le scénario, ni la classe ni même le respect de l’histoire. J’aurais dû me méfier, c’est produit par la même société que Grey’s Anatomy et je déteste cette série. L’époque n’est qu’un prétexte à d’interminables regards langoureux et dialogues sur le mariage le mariage le mariage. On a flanqué un ou deux personnages un peu féministes sur le côté, mais c’est désespérément creux. L’amatrice de Period Drama que je suis n’approuve pas du tout, mais manifestement beaucoup y ont trouvé leur compte.
  • J’ai regardé la saison 7 de mon bien aimé Morse toujours aussi torturé. Seulement trois épisodes pour cette septième saison. L’une de mes préférées je pense avec son intrigue au long cours, des passages à Venise et plus d’airs d’Opera que jamais.
Endeavour' Recap: Season 7 Episode 1 | WTTW Chicago
Shaun Evans en smoking, yes please 🙂

Au rayon littérature, j’ai lu deux livres. J’ai adoré le premier Elegie pour un Américain de Siri Hustvedt (la femme de Paul Auster). Il coche beaucoup de cases sur la liste des choses qui me plaisent :

  • Une histoire d’immigration
  • Un personnage principal qui est psychiatre et toute une réflexion sur le métier et la question de la santé mentale du thérapeute
  • Un style irréprochable
  • Un secret de famille
  • New York
  • Des personnages denses qui se dévoilent peu à peu dans toute leur humaine complexité.

J’ai adoré et j’ai saoulé mes collègues avec ce livre pendant une bonne semaine. Je ne l’ai jamais dit, mais pour ceux qui l’auraient deviné, je travaille dans le champ de la santé mentale, c’est pourquoi je suis particulièrement sensible à certains points. Siri Hustvedt est elle-même thérapeute, mais le livre est accessible. Ce n’est pas le livre d’une psy, mais celui d’une écrivaine de grand talent qui sait utiliser ses connaissances de la psyché humaine.

Il était difficile pour Antonin Varenne et sa Toile du Monde de passer ensuite. J’ai trouvé ce court roman assez insipide. J’avais été attirée par le contexte  et l’époque (l’exposition universelle de Paris en 1900), mais je n’ai pas véritablement accroché. L’exposition n’est qu’un cadre, on n’y apprend pas grand-chose (oui je sais c’est un roman mais je m’attendais à une effervescence particulière) et je n’ai pas aimé le personnage principal…Bref.

Et sinon, dans mes oreilles ce mois-ci, il y a eu beaucoup de choses, mais j’ai apprécié écouter Harry Styles, Taylor Swift, Lana del Rey et Sir Paul Mc Cartney. Je ne mentionne même plus David…

Harry Styles flamboyant sur la couv' de Vogue shootée par Tyler Mitchell
26 ans et il a tout compris

Je suis assez contente de ce bilan, car même si j’ai perdu du temps devant Bridgerton, j’ai aussi regardé des émissions intéressantes. Et j’ai gardé du temps pour d’autres activités, intellectuelles ou non.

Et vous, comment avez-vous débuté cette année ? Les confinements vous ont-ils également amené à changer vos habitudes et/où à céder à l’appel du canapé ?

Bilan culturel de décembre

Nous voici donc en 2021 pour le dernier bilan de 2020.

En décembre, j’ai regardé deux films. Sans grande concentration, j’ai regardé le classique  West Side Story. J’aime bien les vieux films et les comédies musicales et je me demande ce que Spielberg va en faire puisqu’on nous en annonce une nouvelle version cette année. Du même Spielberg, j’ai regardé avec curiosité Ready Player One. Ce film a reçu de bonnes critiques et suit les péripétie futuristes de joueurs immergés dans un jeu video qui supplante peu à peu la vraie vie. Je m’attendais à quelque chose de plus violent, style Black Mirror, mais cela reste assez grand public. Ce n’est pas mon style de film mais je le regardais pas curiosité, étant interpellée par l’impact du gaming sur la vie de certains ados et jeunes (et moins jeunes) adultes. Je dirais que c’était instructif et au niveau des effets et de la réalisation, c’est assez irréprochable évidemment.

J’ai regardé trois séries durant ce mois de décembre. L’une « Sur la piste de l’éventreur du Yorkshire » pour satisfaire mon étrange penchant pour les émissions de true crime et mon attrait pour l’Angleterre (bon un peu moins le Yorkshire dans les années 70 du coup). Ensuite, j’ai continué à « dévorer » The Crown et j’ai adoré. Je ne sais pas comment vendre cette série, tout semble avoir été dit et écrit. Bien sûr je comprends que la famille royale s’en offusque et il faut garder à l’esprit qu’on ne saura jamais exactement ce qu’il se passe dans l’intimité d’une relation. Contrairement à ce que j’ai lu au sujet de la représentation manichéenne de la relation Charles-Diana, j’ai pu éprouver de l’empathie pour les deux. Bien sûr Diana ne pouvait qu’être broyée par « The Firm » comme les anglais appellent leur monarchie, mais Charles, jeune homme brimé, en manque d’affection, aux désirs et amours systématiquement contrariés, m’a également touchée. La série est construite de telle façon que l’on peut souvent comprendre malgré tout des comportements évidemment répréhensibles, voire odieux. Enfin, comme annoncé dans un précédent article, Home for Christmas m’a accompagnée durant les jours de Noël. J’ai trouvé cette deuxième saison à la hauteur de la première, pas niaise tout en étant magique (ahhhh la Norvège), romantique tout en ayant une vision réaliste du couple et surtout célébrant l’amitié, la solidarité, l’ouverture d’esprit et l’indépendance. Pour moi, c’est une grande réussite. Et je trouve que la série a fait le tour. J’ai du mal à l’admettre car j’aimerais qu’elle continue toujours, mais le risque est là ne n’avoir plus rien à raconter, en tout cas en ce qui concerne la protagoniste. Mais bon, si une saison 3 arrive, je serai dans les starting blocks.

Au rayon littérature enfin, j’ai lu Vu de l’extérieur, un court roman de Katherine Pancol. J’ai du mal à dire si j’ai aimé. La protagoniste m’a agacée tout au long de ma lecture. Un peu moins à la fin. Il faut cependant reconnaitre une peinture assez juste d’une personne ayant de gros troubles d’attachement  et victime d’abus qui se révèlent lorsqu’elle fonde une famille. J’ai également lu Le cercle des derniers libraires de Sylvie Baron. Une lecture doudou de fin d’année par excellence. Sylvie Baron, que je ne connaissais pas est qualifiée d’auteure de « romans policiers du terroir », et c’est exactement ce qu’est ce roman en plus d’être un manifeste militant pour la profession de libraire. Amateurs de livres et de mystère, ceci est pour vous. La surprise du mois est venue d’un livre prêté par une amie : Les oreilles de Buster de la suédoise Maria Ernestam. J’ai eu du mal à entrer dans ce livre et encore une fois à avoir de l’empathie pour la protagoniste, mais au fil de la lecture, j’ai vraiment été happée et je peux dire que j’ai beaucoup aimé ce livre. Il traite à nouveau ici de la pyschologie féminine, celle d’Eva, une dame qui approche de la soixantaine et qui, au travers d’un journal, se livre sur sa relation douloureuse avec sa mère (qu’elle annonce dès le début du roman, avoir tuée, mais on n’apprend pourquoi et comment que bien plus tard) et les conséquences de ce désamour sur sa vie. C’est très fin et c’est aussi un page turner. Les chapitres alternent entre le quotidien d’Eva et les révélations faites à son journal, les pièces du puzzle s’assemblent c’est assez addictif. Je recommande cette auteure, en tout cas ce livre. Il vaut la peine qu’on y consacre un peu d’effort au début.

Voici pour décembre donc. A suivre, mon top de cette année 2020. J’en profite pour vous souhaiter de belles découvertes en cette année. N’hésitez pas à donner votre avis et partager vos coups de cœur.

Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – BiblioBlog

La liste des choses accomplies – 2020

Qui dit fin d’année dit rétrospective. C’est l’occasion pour moi de feuilleter mon agenda et de faire la liste des évènements petits et grands qui ont émaillé l’année écoulée, de découvrir si j’ai atteint des objectifs (fixés à l’avance ou non) et de me surprendre car la liste est toujours plus longue que ce que j’aurais imaginé. Cette année, je ne pouvais pas plus que quiconque imaginer la tournure qu’elle allait prendre. Ainsi j’ai essayé de faire des renoncements l’occasion de changer mes habitudes (en prenant le temps de faire du tourisme dans mon propre pays), du temps dégagé une opportunité pour m’accorder des plaisirs simples, de l’observation de la nature un émerveillement nouveau et de chaque rencontre un vrai moment de connexion… Voici donc la liste des choses accomplies en 2020 (j’en avais rédigé deux en 2018, ici et ). Elle est bien entendu non exhaustive. En 2020, j’ai :

  • Lu 23 livres (5 de plus que l’an dernier)
  • Vu 27 séries (deux de moins que l’an dernier)
  • Regardé 14 films, dont 4 au cinéma. Douze de moins que l’an dernier, mais cela s’explique en partie par le fait que je préfère voir les films au cinéma et que nous avons été empêchés d’y aller la majeure partie de l’année. Chez moi, je me tourne plus facilement vers les séries.
  • Publié 44 articles (un de plus que l’an dernier)
  • Suivi une formation pour devenir directrice de mon service
  • Donné deux jours de formation à des confrères et consoeurs
  • Vu 3 pièces de théâtre seulement
  • Participé à trois anniversaires en une journée, le 8 février, life before covid où quand c’était la foire aux bulles (les belges comprendront)
  • Changé mes châssis et repeint mon salon (avec de l’aide)
  • Visité Utrecht et Amsterdam le temps d’un weekend (life before covid again)
Speelklok Museum Utrecht
  • Participé à deux colloques, l’un en présentiel, l’autre sur zoom
  • Fêté l’anniversaire de ma filleule sur zoom, beaucoup d’autres ont suivi, dont le mien
  • Accueilli ma filleule et sa sœur pour une nuit chez moi. Câliné copieusement ces enfants dès que possible
  • Beaucoup couru et marché durant le confinement
  • Continué après mais à un rythme plus modéré, malgré la fermeture des salles de sport
Merci Sissy Mua et ses lives gratuits
  • Arpenté le bocage du Pays de Herve avec une amie et collègue en refaisant le monde à de multiples reprises
  • Cousu…deux projets entamés mais pas encore terminés, j’ai encore besoin d’aide 😊
  • Fêté la fête des mères à l’extérieur autour d’un brunch tea late
  • Entamé les répétitions pour mon prochain spectacle, avec de vieux amis et un nouveau partenaire
  • Répété dans un verger en ville aux alentours du solstice d’été
  • Visité les jardins d’Annevoie
  • Visité le château et le parc d’Hélécine avec deux amies et vu un paon en pleine parade
  • Eté à Butgenbach et Robertville avec mon amie de toujours, nagé en eau libre et bravé ma peur de l’invisible aquatique
  • Enlacé et caressé des arbres, cela fait tellement de bien de sentir leur force et leur douceur
Merci à la photographe…
  • Colorié et envoyé des cartes à mes amis que je ne pouvais voir
  • Eté faire une séance d’escalade au bloc (c’est-à-dire sans être assuré et à maximum 4m de hauteur)
  • Bénéficié de cours de chant pour ma future pièce de théâtre, galéré et découvert un peu plus ma voix pour finalement m’amuser
  • Passé l’été en Belgique comme vous l’aurez compris…fait quelques incursions aux Pays Bas, mais je suis frontalière…
  • Commencé à apprendre la guitare et le solfège…un mélange de souffrance et de plaisir qui nécessite clémence, persévérance et humilité
  • Profité du soutien et de l’amour de mes exceptionnels amis et collègues
  • Expérimenté un soin énergétique, laissé tomber un peu mon esprit cartésien et ça a fait du bien
  • Enormément écouté David Bowie, sans qui 2020 aurait été insupportable
  • Découvert en moi une force insoupçonnée, celle de me débrouiller seule et de faire taire mes peurs (dans une certaine mesure) alors que j’ai trop eu tendance à me considérer comme fragile. Fluctuat nec mergitur comme dirait l’autre.
  • Pleuré quelques fois à chaudes larmes comme cette fois où, seule dans un coin hyper calme, je me suis fait morigéner par la police car j’avais traversé à 5m d’un passage piéton. Autant de peur que d’incompréhension…
  • Acheté enfin un nouvel appareil photo et capturé la lumière et les souvenirs dès que je le pouvais
Juillet
Bruxelles ma belle
  • Essayé d’apprendre le néérlandais à nouveau durant le premier confinement…je crois que je resterai éternellement bloquée au même niveau, que je qualifierais de « survie et politesse » 😊
  • Avancé en Espagnol, langue où mes progrès sont plus visibles et plus pérennes aussi
  • Essayé de sauver un hérisson et rencontré une dame extraordinaire qui les recueille et les soigne. Le genre de rencontre qui met du baume au cœur lorsque la misanthropie nous guette
  • Participé à un atelier d’écriture
  • Confectionné mes propres bougies à la cire d’abeille et de soja
  • Cuisiné…les gratins surtout
  • Transitionné vers une alimentation en grande majorité bio et en circuit court. Merci les petits producteurs
  • Fait du troc de vêtements
  • Décidé de passer à 4/5 temps en 2021, pour que cette liste l’an prochain soit vraiment incroyable
  • Fait contre mauvaise fortune bon cœur tant que je le pouvais

Des choses plus modestes que les voyages et les sorties, mais qui m’ont obligée à passer scrupuleusement l’année à la loupe et à souligner même les plus petites choses comme ces bougies sur lesquelles je procrastinais depuis l’hiver dernier. Néanmoins, je pense que j’ai tendance à me disperser. J’ai acheté de quoi broder et j’ai dû me freiner pour ne pas acheter de quoi tricoter. Au final je risque de ne pas en faire grand-chose, mais tant de choses m’attirent. Pour 2021, je voudrais néanmoins tenter de moins me disperser pour davantage faire avancer des projets qui me tiennent à cœur. Car souvent, je remarque que je me laisse distraire et emporter par l’envie du moment au détriment de certains projets, consciemment ou non. Procrastination ? Peur de l’échec ? Difficulté à renoncer à la profusion dont nous abreuve le monde ? Sans doute un peu de tout…

Et vous qu’avez-vous fait de sympa que vous n’auriez pas fait sans la crise ? Que voulez-vous poursuivre ? A quoi dédiez-vous ou voudriez-vous dédier plus de temps ? Dans de prochains articles, je compte partager mes vœux pour 2021 ainsi que mes tops séries/films/littérature…

Bilan culturel de novembre

Novembre déjà… A dater de ce mois, j’ai décidé d’alléger mes bilans. Je me dis qu’ils sont parfois trop long et que j’y mets beaucoup d’infos, comme des résumés, qui sont disponibles à un click. Je vais donc me concentrer davantage sur mes coups de cœur et les choses plus insolites que je découvrirais.

Au rayon des séries, je ne vais par exemple pas disserter sur l’excellent Jeu de la Dame (the Queen’s Gambit), qui est désormais la mini série la plus regardée de netflix. Je ne suis pas originale, j’ai beaucoup aimé. Moi aussi avant de dormir, j’essaie de visualiser le manche de ma guitare comme Beth le fait avec son échiquier dans l’espoir de devenir une virtuose. La drogue et l’alcool en moins 🙂

J’ai aussi commencé The Crown, je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps. J’arrive déjà à la fin de la saison 3 et, sans surprise, j’adore. Les acteurs sont stupéfiants. La troisième saison est déstabilisante puisque les acteurs changent tous puisque chaque saison narre une dizaine d’années de règne. Ils ne ressemblent pas tous à leurs prédécesseurs, mais l’accent, le phrasé et la gestuelle sont tellement travaillés à l’extrême que cela ne m’a pas dérangée. J’adore en apprendre davantage sur la grande Histoire et, au-delà du fait que c’est bien évidemment romancé, les personnages sont fascinants. Cette schizophrénies entre la femme et la reine. Les personnalités étouffées par le devoir. Les dilemmes et la solitude. The Crown est avant tout un portrait de famille passionnant. Mention spéciale pour moi aux épisodes qui parlent des amours contrariées de la Princesse Margaret et de l’enfance du duc d’Edimbourg et du Prince Charles, mes préférés jusqu’ici.

Helena Bonham Carter jouera la Princesse Margaret dans la saison 3 de The  Crown | Premiere.fr
Helena Bonham Carter et Vanessa Kirby, deux sublimes princesses Margaret

Complètement absorbée par ces deux séries, il me semble que je n’ai vu qu’un seul film The Bookshop. Il n’est pas du tout feel good comme on pourrait s’y attendre. J’ai aimé (Angleterre + librairie : combo sûr), sans être bouleversée.

Suite à ma lecture des Désorientés d’Amin Maalouf, un des coups de cœur de cette année dont j’ai parlé ici, j’ai regardé deux documentaires proposés par Arte sur l’histoire compliquée du Liban et de la région alentours. Cela m’a bizarrement donné envie d’y aller, je me suis sentie extrêmement touchée par ces destins brisés, ce pays de lumière sans cesse ravagé, ces personnes poussées à l’exil.

Au niveau littéraire, j’ai lu Journal d’un Vampire en pyjama de Mathias Malzieu (le chanteur du groupe Dyonisos par ailleurs pour les connaisseurs). Il s’agit du journal de bord de son hospitalisation alors qu’on lui détecte une grave maladie auto immune et qu’il frôle la mort. Ca se lit vite, c’est poétique et plein de douceur, bien qu’un peu « niais » pour moi par moments.

J’ai également dévoré le 4° volume de la série Chronique des Clifton, Juste retour des choses de Jeffrey Archer. C’est une lecture facile et agréable, mais on n’est pas sur du Jonathan Coe.

J’ai lu deux bandes dessinées de la talentueuse Liv Strömquist « L’origine du monde » et « la rose la plus rouge s’épanouit » ». Il s’agit de vulgarisation comico tragique féministe je dirais. En tout cas, l’auteure est étiquetée féministe. Je n’y ai pas vu de militantisme, mais effectivement, le premier traite de la représentation et des violences faites au sexe féminin (l’organe) et le second s’interroge sur pourquoi les gens ne savent plus tomber amoureux et se laisser aller à vivre intensément leurs sentiments. Cela m’a fait sourire et m’a aussi rendue triste, mais j’y reviendrai. Quoi qu’il en soit, je vous recommande chaudement les ouvrages de Liv Strömquist. Pour ma part, je compte bien lire « les sentiments du prince Charles ».

La Rose la plus rouge s'épanouit, de Liv Strömquist : décortiquer l'amour  dans ses moindres détails - Missives

Enfin, j’ai lu le superbe roman de Pierre Lemaître « au revoir là haut ». Je ne sais s’il est besoin de le présenter. On m’a prêté ce livre, dont j’avais entendu parler (aussi parce qu’Albert Dupontel en a tiré un film) mais vers lequel je ne serais sans doute pas allée de moi-même. Je me suis complètement laissée emporter par l’épopée de ces deux anciens poilus au sortir de la Grande Guerre, où l’un a perdu la moitié de son visage en sauvant la vie de l’autre. Encore une fois, sont réunis ici des ingrédients qui font souvent que j’aime un roman : l’histoire (ici on j’en ai appris pas mal sur le sort des démobilisés de l’après guerre, souvent laissés pour compte alors que seuls les morts étaient élevés au rang de héros), des personnages très touchants et un brin fantasques qui donnent un côté malgré tout « léger » à l’histoire. J’ai commencé à regarder le film de suite après, mais je n’ai pas accroché et je ne l’ai pas encore terminé. Le roman est, je pense, amené à devenir un classique du genre.

Je dois encore mentionner dans ce bilan une dernière chose. Ce n’est ni un film, ni une série, ni un roman, mais un « programme ». Ce n’est pas une application à proprement parler mais cela se passe sur internet. Il s’agit de « Mémorable », une initiative du journal Le Monde qui permet, selon leurs termes, de « cultiver votre mémoire de façon ludique et personnalisée et d’approfondir vos connaissances ». Là aussi j’en reparlerai surement car je suis conquise avec mes cinq leçons par semaine et je me suis abonnée pour 6 mois. Toutes les infos ici, où vous pourrez également tester gratuitement le programme durant une semaine.

Voilà, un bilan plus littéraire cette fois-ci. J’ai eu du mal à me résoudre à reconfiner cette fois-ci et je dois dire que dans les moments difficiles de ma vie, la lecture m’apporte toujours un grand réconfort. Comme je le dis souvent, lorsqu’on est en compagnie de bons auteurs et personnages, on n’est jamais seul ni mal accompagné. J’espère que vous aussi vous parvenez à illuminer les obscures soirées de ce début d’hiver avec de belles découvertes.

Bilan culturel de septembre/octobre

Eh bien et bien, que de retard accumulé depuis la rentrée. Je me suis aussi aperçue que mes bilans me prenaient beaucoup de temps car je livre souvent un synopsis. Or si une œuvre intéresse le lecteur, il peut en retrouver la trame en un clic. Pour ce bilan qui couvre deux mois, j’ai donc décidé d’alléger l’écriture et la lecture en partageant avant tout mes impressions. Pour que cela reste un plaisir aussi d’y revenir…

En ces mois de septembre/octobre, j’ai lu 3 livres si je ne me trompe pas. Deux d’entre eux étaient cependant de véritables pavés :

  • « Les absentes » du Belge Vincent Engel. J’attendais beaucoup de ce roman tant j’avais aimé « Retour à Montechiarro », lu il y a deux ans. D’autant que la trame nous donne des nouvelles des personnages aimés puisqu’il s’agit à nouveau d’une saga qui nous fait traverser les époques et qu’on y retrouve la Toscane, Venise, mais aussi Bruxelles. J’ai cependant été un peu déçue. Tout d’abord, deux des trois personnages principaux (chaque partie conte l’histoire d’un homme, lié directement ou indirectement aux deux autres et également liés à « retour à Montechiarro ») me sont apparus peu sympathiques. J’ai par contre aimé découvrir Domenico Della Rocca plus en profondeur. Ensuite, le style m’est apparu un peu lourd. Vincent Engel écrit ses romans à la façon de classiques du XIX°. Et si c’est finement ciselé, à renfort de beaux mots (j’avoue j’en ai appris, j’en ai aussi laissé passer, flemme de prendre le dico) et de longues phrases, au final, ça me fatiguait un peu. Impression qu’il en faisait trop. Ceci dit, c’est un tour de force de maintenir cette qualité durant 600 pages, peu de contemporains en sont sans doute capables.
  • « Les désorientés » d’Amin Maalouf. Attention ici, coup de cœur majeur. Et comme souvent, il m’est difficile de mettre des mots sur ce que j’aime le plus. J’ai commandé ce livre connaissant Amin Maalouf de réputation et me promettant depuis longtemps de lire « les identités meurtrières ». Je me suis décidée pour ce roman à la lecture d’un article concernant les explosions récentes à Beyrouth qui le recommandait pour comprendre ce que vivait et avait vécu le peuple libanais. J’ai donc adoré lire ce roman et suivre son protagoniste, Adam, double de l’auteur, qui revient au pays après plus de vingt ans d’exil en France, pour assister aux funérailles d’un ami avec qui il était brouillé. Ce roman, en plus d’aborder les conflits identitaires et l’histoire du pays, est très poétique. La langue est belle et c’est important pour moi. C’est un roman qui touche à l’essentiel, qui parle d’amour, d’amitié, de compromis, de souvenirs… Les personnages sont beaux et complexes et certaines réflexions sur le couple et sur la lecture m’ont bouleversée. Je l’ai tant aimé que j’envie ceux qui ne l’ont pas encore lu. Je me suis moi-même empressée de le prêter à un ami en le sommant de le lire.
Les Désorientés, Amin Maalouf | Livre de Poche
  • « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafón. Ce best seller espagnol me fait de l’œil depuis des années et pourtant je n’étais pas sûre que ce serait mon style. J’ai un peu la même histoire avec ce livre qu’avec « Duma Key » de Stephen King. Je voulais arriver au bout, les débuts ont été un peu difficiles, mais je ne suis pas déçue de m’être accrochée car mon intérêt a été crescendo. C’est un roman d’atmosphère, une atmosphère post franquiste et inquiétante, presque gothique. Il y a beaucoup de personnages intrigants et il faut renoncer un bon moment à comprendre où l’auteur veut nous emmener. A la Barcelone lumineuse qu’on connait, l’auteur oppose une Barcelone hivernale, brumeuse, qui recèle des secrets teintés de violence. A lire pour les amateurs de ce genre d’atmosphère et d’aventure.  Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter par les suites. Avez-vous lu ce roman et d’autres de Zafón ?

Au niveau cinéma, j’ai vu 4 longs métrages, deux à la télévision et deux au cinéma. Commençons par ces derniers :

  • « David Copperfield » de Armando Ianucci. J’ai adoré cette adaptation du classique de Charles Dickens. Classique que je n’ai pas lu, mais que j’ai désormais envie de lire. L’histoire est riche en rebondissements et en personnages farfelus et le casting est impressionnant. Dev Patel est parfaitement charmant en David Copperfield et je décerne une mention spéciale à Hugh Laurie en parfait doux dingue. Le pari inédit (en tout cas je n’avais jamais vu cela) de distribuer les acteurs sans tenir compte de leur origine ethnique est absolument réussi, à tel point que je me demande pourquoi personne ne l’avait jamais fait avant. J’ai été surprise au début, mais le code passe très bien. Les costumes et la photographie sont magnifiques, c’est à la fois léger, drôle, grave et émouvant… Certaines histoires résisteront toujours au passage du temps et rien ne vaut un bon classique de temps en temps. Je recommande chaudement le visionnage de ce film qui m’a dépaysée et enchantée deux heures durant et encore bien après.
The Personal History of David Copperfield - Wikipedia
  • Dans un tout autre style « Corpus Christi » de Jan Komasa, un véritable coup de poing venu tout droit de Pologne. Alors cela peut être rédhibitoire pour certains, mais je vous assure que ce film vaut la peine. Il est extrêmement fort. C’est l’histoire de Daniel, un jeune délinquant qui sort d’incarcération. Il rêve de devenir prêtre, mais sait que cela ne sera jamais possible puisqu’il a un casier. Cependant, lorsque, en route pour la menuiserie où il doit entamer sa réinsertion, il a l’opportunité de se faire passer pour un prêtre et de prendre la tête d’une paroisse reculée, il n’hésite pas longtemps. Commence alors un chemin inattendu de rédemption pour le jeune homme ainsi que pour les gens de la paroisse, récemment marquée par un accident tragique. J’ai adoré ce film, absolument sublimé par la prestation de son jeune acteur Bartosz Bielenia, magnétique aux grands yeux clairs. Ce film pose beaucoup de questions et on en ressort un peu sécoué néanmoins : a-t-on vraiment droit à une deuxième chance ? comment accorder et obtenir le pardon ? peut-on vraiment changer ? La foi (en Dieu ou en quelque chose de plus grand que soi, comme une mission) peut-elle sauver les hommes ? A voir ! PS : nullement besoin d’être croyant pour apprécier je précise.
Le film de la semaine] Corpus Christi, un vertigineux drame social - Cinéma  - FocusVif
  • J’ai re re re re revu le dernier « Harry Potter » et cela méritait d’être mentionné, car c’est toujours aussi bien.
  • J’ai vu « Normandie nue » de Philippe le Guay, avec François Cluzet. C’est une comédie dramatique française qui voit un maire et agriculteur normand essayer de convaincre ses ouailles d’accepter la proposition d’un célèbre photographe américain de les photographier tout/tous nus sur un champ du village. Le maire (Cluzet) y voit là une opportunité de donner une visibilité au monde agricole en souffrance. J’ai bien aimé ce film, mais je l’ai trouvé un peu gentil. Je m’attendais à quelque chose de plus politique, mais finalement cela dérive plutôt sur une chronique de la vie rurale avec de multiples intrigues secondaires : jalousies, amour, reproches, etc… J’ai donc été un peu déçue. Ceci dit l’angle d’approche est original et on passe un bon moment, surtout si on est fan de Cluzet.

Au rayon séries, j’en compte également quatre à mon actif :

  • « Wallander », une série policière suédoise (mais tournée en anglais) qui met en scène un jeune inspecteur Wallander. L’inspecteur Wallander, protagoniste des romans de Henning Mankell, a déjà fait l’objet d’une série où il était interprété par Kenneth Branagh. Ici, la série est pas mal et l’acteur est charmant, mais je ne vois pas en quoi elle est un prequel puisque l’action se déroule clairement de nos jours. Un bon polar cependant.
  • “The end of the f**king world” saison 2. J’avais adoré la saison 1 de ce road trip avec deux adolescents écorchés et qui avaient sacrément du mal à gérer et/ou ressentir leurs émotions. Cette seconde salve est moins réussie je dirais, mais ceci dit, il est presqu’impossible de retrouver la candeur de la première saison et c’est ce qui faisait son charme. Alyssa et James sont de nouveau très attendrissants. Cette saison met davantage en avant les difficultés d’Alyssa et introduit un nouveau personnage, Bonnie, elle aussi blessée et en quête de revanche. Je conseille à tout le monde de regarder cette série très intelligente, attendrissante et finement écrite, loin des clichés habituels sur l’adolescence et les émois amoureux.
  • « Le dernier mot », une autre série netflix, allemande cette fois. J’ai été séduite par le pitch qui met en scène une femme de 50 ans qui, pour faire face à la mort de son mari, décide de devenir auteur et oratrice professionnels d’éloges funèbres. Cette série qui aborde bien entendu le thème du deuil et assez loufoque et il ne faut pas avoir peur des pétages de plombs et de certaines situations grotesques. A d’autres moments, elle est très originale, les personnages sont bien construits (même si certains sont très énervants) et on s’y surprend à philosopher et à vivre de vrais moments de poésie. Elle a le mérite de nous rappeler que le deuil n’est pas un processus linéaire avec un début et une fin et qu’il est important de faire de notre vie une fête dès qu’on le peut (bon ici vu le contexte actuel, il faut se montrer créatifs, mais c’est bon à rappeler). Un ovni à découvrir, c’est vite regardé puisque je pense qu’il s’agit de 8 épisodes d’une demi-heure.
  • « L’aliéniste » saison 2. Une fois n’est pas coutume, voici une série dont je préfère la deuxième saison à la première. Si vous n’avez pas vu cette série, sachez nous emmène sur dans les pas d’un pionnier de la psychiatrie (Daniel Brühl, impeccable comme toujours), d’une enquêtrice féministe (Dakota Fanning, là où on ne l’attendait pas) et d’un journaliste (Luke Evans) dans le New York de 1890. J’avais trouvé la première saison vraiment glauque, elle nous emmenait dans les milieux de la prostitution enfantine. Cette deuxième saison, qui fait la part belle au personnage de Sara Howard et aux  femmes en général, est toujours très sombre et violente, mais je ne sais pas, j’ai trouvé cela moins glauque. Il y est pourtant cette fois question d’avortements clandestins, d’une clinique inquiétante et de vol (et meurtre) de bébés. Ames sensibles et/où allergiques aux sujets tabous, s’abstenir. De mon côté, j’ai adoré. Cette série nous plonge dans une atmosphère et une esthétique drôlement de saison et tient véritablement en haleine.
The Alienist' Season 2 Review: 'Angel of Darkness' Is Another Dud |  IndieWire

Voilà, c’est tout pour ce bilan de début d’automne. Et vous avez-vous vu/lu de belles choses ? Qu’aimez-vous regarder en cette saison ? Moi j’adore accorder certaines lectures et séries avec la saison, je recherche donc paradoxalement des ambiances cosy à la Gilmore Girls (j’attends pour cela la saison 2 de Virgin River) ou anxiogènes et sombres (et là, je vais bientôt me tourner vers « Rebecca »).

Bilan culturel d’août

Voici le temps venu d’aller prier pour mon salut  de dresser la liste de mes consommations littéraires et cathodiques du mois d’août.

Ce faisant, je m’aperçois qu’elle n’est pas très longue, preuve que j’ai été raisonnable au niveau des écrans, mais aussi que certaines productions exigent du temps.

C’est ainsi  que, à moins d’un oubli (fort possible), je n’ai terminé aucun livre en août, alors que j’ai été en vacances. Je suis actuellement plongée dans la lecture d’un pavé de Vincent Engel « Les absentes », qui vient compléter la lecture de « Retour à Montechiarro » qui m’avait enchantée il y a un an et demi de cela. Mais j’en reparlerai lors du bilan de septembre puisqu’il me reste 150 pages à lire.

Au niveau des séries, j’en ai terminé deux. J’ai tout d’abord achevé de visionner les 4 saisons de « Bron » ou « The Bridge », série policière dano-suédoise dont je parlais déjà le mois dernier. J’ai adoré les deux dernières saisons. L’atypique Saga Bauer change de partenaire et, même si j’aimais bien le précédent, j’ai craqué pour le nouveau duo. Ils se révèlent mutuellement des choses sur eux-mêmes et on apprend à mieux comprendre l’énigmatique Saga. Les intrigues sont toujours aussi complexes et il faut s’accrocher mais ça vaut le coup.

Saga Norén and Henrik Sabroe in the third season of The ...

J’ai aussi regardé les trois épisodes de la saison 1 (j’ignore si une suite est prévue, j’aimerais que oui) de « Van Der Valk ». La production est anglaise mais les enquêtes se déroulent à Amsterdam, ce qui m’a réjouie. On y côtoie les mondes de l’art, de la mode et des cafés typiques. En plus Van Der Valk, dépourvu d’humour mais très charismatique, vit sur un bateau. Une belle mention pour cette série d’enquêtes.

Enfin, grand bonheur pour moi, je suis retournée au cinéma. Cela m’avait énormément manqué. Je sais que tout peut désormais venir à nous, mais je reste attachée à l’expérience des salles obscures et du très grand écran. C’est tellement différent. Je suis allée voir deux films en ce mois d’août.

Tout d’abord « La odisea de los giles » (« les loosers héroïques), présenté comme le successeur de « Relatos Salvajes » (« les nouveaux sauvages ») qui est le film le plus drôle du monde. Non sérieusement, bon ça se discute peut-être, mais il doit absolument figurer dans le top 5. J’ai tellement ri devant Relatos Salvajes qu’à ce niveau, j’ai été un peu déçue. Cette comédie sociale argentine est loin d’être aussi drôle, mais il y a néanmoins de très bons moments et on se prend au jeu. Je vous laisse aller checker le pitch et vous invite à découvrir le cinéma argentin.

Ensuite, dans un tout autre style, je suis allée voir « Vivarium », une production irlando-dano-belge si je ne m’abuse. Avec Jesse Eisenberg et Imogen Poots (inconnue pour moi mais dont je salue la prestation). Ce film est…comment dire, malaisant. Il faut en être conscient et je déconseille d’aller le voir si on est déjà en crise existentielle. C’est cependant un objet cinématographique réussi, autant du point de vue du jeu qu’au niveau esthétique (ambiance surréaliste à la Magritte). Je vous copiecolle le résumé de wikipedia : « À la recherche de leur première maison, Gemma et Tom effectuent une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier, Martin. Par la suite, le jeune couple se retrouve piégé dans un lotissement de maisons identiques appelé « Vauvert » (« Yonder » —Là-bas en anglais—). Malgré leurs efforts pour s’en échapper, ils vont devoir rester dans la maison, élever un enfant qui n’est pas le leur et faire face à un destin qui leur échappe complètement et totalement imposé par une force mystérieuse. »

'Vivarium' Review | Hollywood Reporter

On peut classer ce film dans la science fiction, entre dystopie et horreur. Il ne se passe pas grand-chose, mais l’angoisse est là, planante et on assiste aussi impuissant que les protagonistes à une fin qui ne peut être de bon augure. J’ai bien aimé ce film, qui m’a intriguée, mais je l’ai trouvé un peu longuet. On en ressort avec l’envie de prendre une bonne bouffée d’air frais (pas pratique avec le masque) et un regard nouveau sur le ciel et les nuages (ceux qui ont vu comprendront). Cependant, je n’ai pas compris qu’on en parle comme d’une critique de la société de consommation, je n’y ai vu aucune référence personnellement, si ce n’est que le jeune couple souhaite acheter une maison. A part cela, ils ne sont pas du tout des caricatures de consommateurs du peu que l’on voit d’eux avant que cela dérape. Gemma est une institutrice et Tom est élagueur/jardinier. Ils semblent plutôt baba cools justement et il est étonnant de les voir suivre l’agent immobilier. Moi j’ai plutôt ressenti un appel à sortir de nos cadres de référence et à apprécier à nouveau les petits plaisirs de la vie, à jouir de la mixité et de la différence. Quelqu’un d’entre vous a-t-il vu ce film ? Cela m’intéresserait de connaitre votre avis.

Voilà, c’est déjà fini pour ce mois-ci. Et dans deux jours je reprends déjà le boulot. C’est moi ou la crise sanitaire bouleverse complètement nos repères temporels ?

Bonne reprise à vous si vous devez aussi rentrer à l’école ou au boulot.

Bilan culturel de juin

Hello,

Juin a rimé avec beau temps. Juin a rimé avec la possibilité d’entamer la préparation d’un spectacle en voyant les gens en vrai. Bonheur. Juin a rimé avec des escapades. Juin a rimé avec la reprise d’une prudente vie sociale. Juin a relégué netflix à une place acceptable dans ma vie. Voici donc le bilan le plus maigre de 2020 !

En ce mois de juin, j’ai regardé la troisième saison de Marcella. J’avais déjà vu les deux premières et même si j’étais déjà mitigée à l’époque quant à cette flic traumatisée, colérique et égoïste, j’étais scotchée par les intrigues et par la performance d’Anna Friel (non sans rappeler Claire Danes dans Homeland, pour le côté folie). Pour cette troisième saison, Marcella (qui ne tourne toujours pas très rond) a quitté Londres et bosse comme agent infiltré dans une famille de la mafia Irlandaise. Je n’ai pas accroché, je ne parviens pas à avoir de l’empathie avec le personnage. Cette saison est probablement la dernière et pour moi en tout cas c’en est assez.

J’ai découvert Community, une série décrite comme culte et décalée, terminée depuis un petit temps déjà. J’avais envie de la tester car elle a débarqué sur netflix il y a peu et Gillian Jacobs (vue et approuvée dans « Love ») est au casting. Cette série est assez indescriptible et n’est pas destinée à tout le monde. On rit ou on ne comprend rien/déteste. Moi, j’adore. Voici ce qu’en dit wikipedia, pour vous faire une idée… « Community met en scène un groupe d’étudiants d’un community college, établissement d’enseignement supérieur américain souvent considéré comme inférieur à l’université et qui accueille pour cette raison de nombreux élèves en difficulté ainsi que des adultes souhaitant reprendre leurs études. (…)La série repose en partie sur de très nombreuses références plus ou moins appuyées (et souvent parodiques) à des films, des séries, des genres cinématographiques et la culture contemporaine en général, utilisant souvent le métahumour (de l’humour à propos de l’humour) ainsi que des procédés de narration non-linéaires (épisode en huis clos, parodie de Law and Order, parties de paintball : parodie de « Paintball » le film, épisode en 8-bits, histoires alternatives du dé, épisode en pâte à modeler animée, etc.) et abattant parfois le quatrième mur. » Tout un programme…

Myers-Briggs® Personality Types Of Community Characters

J’ai enfin regardé la première saison de la série « Bron » ou « The Bridge » qui met en scène un duo d’enquêteurs dano-suédois. Le sympathique et extraverti Martin collabore avec Saga Noren, atteinte d’autisme Asperger ( bien que cela ne soit toujours pas nommé au point où j’en suis, fin de la deuxième saison) pour résoudre une série de crimes concernant leurs deux pays, de part et d’autre du pont de l’Oresund (avez-vous suivi les articles concernant mon voyage au Danemark). Il faut être concentré car le scénario est bien ficelé mais extrêmement touffu et je regarde en suédois (ou en danois à certains moments, je ne sais pas, bien malin qui fera la différence). Le personnage de Saga ne ressemble à aucun autre et Sofia Helin a vu, à juste titre, sa performance saluée par la critique. Je poursuis mon visionnage et cela me donne envie de retourner en Scandinavie.

BRON || BROEN

J’ai tout de même pris le temps de lire deux romans également. J’ai poursuivi ma relation avec Jonathan Coe en lisant « Numéro 11 » qui se déroule dans l’angleterre contemporaine, héritière de celle de son chef d’œuvre « Testament à l’Anglaise ». Ce roman est construit d’une façon originale, mais difficile à décrire en peu de mots. Disons que ce sont des nouvelles reliées entre elles par deux amies, le chiffre 11 et les descendants des Winshaw. Je l’ai apprécié sans l’adorer, il m’a surtout donné envie de relire le fameux Testament à l’Anglaise. Voici la quatrième de couverture. « Le numéro 11 renvoie, bien entendu, au domicile du ministre de l’Économie britannique. Enfin, c’est aussi celui du bus où vient se réchauffer une chanteuse oubliée, en ces temps de crise. Mais peut-être s’agit-il de l’adresse de cette maison où deux gamines découvrent un étrange cadavre. À moins qu’il ne désigne la table où, lors d’un dîner de gala, un détective va démasquer un tueur d’humoristes. Ou encore le nombre d’étages souterrains qu’une richissime famille londonienne veut ajouter à sa demeure pour de mystérieuses raisons… Dans ce nouveau roman – son onzième –, Jonathan Coe entrelace cinq récits délirants, où se croisent les destins de deux femmes, Rachel et Alison, des années 1990 à aujourd’hui, dans une Angleterre désormais gouvernée par les descendants des héros malveillants de Testament à l’anglaise, les Winshaw. Une satire mordante et virtuose. »

J’ai également lu « Anatomie d’un scandale » de Sarah Vaughan. J’avais découvert cette autrice avec « la ferme du bout du monde » à l’été 2018. Ce roman est bien différent. Il y est question de deux femmes, une procureure et l’épouse du premier Ministre du Royame-Uni. La première doit faire condamner l’époux de la seconde. Sans trop en dévoiler, je dirais que Sarah Vaughan signe ici un roman engagé et interpellant sur la question du viol, du consentement (la fameuse zone grise, même si elle n’est pas mentionnée telle quelle) et de la reconstruction. Je l’ai trouvé extrêmement pertinent et d’actualité. Les personnages féminins sont construits en profondeur et on s’y attache. Le personnage du Premier Ministre est également très intelligemment édifié, tout en ambigüités. Je recommande chaudement cette lecture.

Voilà, c’est tout pour ce mois de juin. Point encore de cinéma, pas d’expositions non plus… J’espère que vous profitez également sagement des retrouvailles avec vos proches. N’oubliez pas de rester prudent…les chiffres sont à nouveau en augmentation et même si j’ai aimé le confinement, je redoute d’être à nouveau séparée de certaines personnes…

A bientôt,

C.

Bilan culturel de mai

Eh bien, eh bien, on dirait que ce mois de mai a été riche en lectures et visionnage de séries et de films. Pourtant, je jure que j’ai travaillé, que j’ai fait du sport et que j’ai même revu les gens que je pouvais voir… Et pourtant, ce mois ci, j’ai regardé 5 séries (ou plutôt 5 saisons de séries, certaines étant des mini séries) et 3 films. De plus, j’ai lu 3 livres (je les ai même dévorés).

Commençons par les séries :

  • J’ai terminé les saisons disponibles de Grace & Frankie et même si les intrigues peinent à se renouveler (disputes, réconciliations, Frankie fait un truc dingue, Grace fait une crise de nerfs et ainsi de suite), je continue à avoir une tendresse infinie pour cette saison et son casting d’octogénaires absolument désopilants. C’est ma série doudou, qui m’a tenu compagnie durant mes pauses de midi les jours où je télétravaillais. Je la recommande, ça se mange sans faim, comme un bonbon. Je dois attendre désormais la septième saison, qui sera la dernière. Deuil douloureux en perspective, alors que je ne suis pas remise de la fin de Poldark.

Tellement de répliques cultes…

  • J’ai regardé la saison 5 d’ Je ne m’étendrai pas sur le sujet, j’ai l’impression d’en parler tous les mois. J’ai bien aimé cette saison, mieux que la précédente. Le dernier épisode était à couper le souffle avec ses allers retours entre les années 60 et le 18° siècle. Jolie réalisation et très belle performance d’acteurs, surtout Caitriona Balfe.
  • Avec un peu de retard, j’ai englouti la saison 4 de La casa de Papel. Je pourrais pinailler sur le fait que toutes ces intrigues sentimentales au milieu d’un braquage cassent le rythme et sont invraisemblables dans un contexte de tension requérant tant de précision, mais le fait est que…bordel, ça marche. A chaque épisode un cliffhanger qui fait qu’il est impossible de ne pas binger cette série. J’ai également regardé l’espèce de making of/examen du phénomène né avec cette série et c’était assez intéressant. Les personnages sont captivants et esthétiquement c’est assez irréprochable. Et quel plaisir d’entendre parler espagnol. On attend la suite !
  • Et pour entendre parler italien, à défaut de pouvoir me rendre prochainement dans mon deuxième pays, j’ai regardé Il Processo, une série judiciaire comme son nom l’indique. J’ai bien aimé cette série et je me suis attachée aux personnages. Il y a 8 épisodes et cela se passe à Mantoue. Je ne connais pas cette ville, mais cela m’a donné très envie d’y aller, le décor est somptueux.
  • Enfin nous allons en Irlande, j’ai regardé Rebellion – Resistance une série irlandaise. Il y a deux saisons, certains personnages apparaissent dans les deux, mais une bonne partie du casting est renouvelé. Cela m’a frustrée car les trois personnages centraux de la première partie sont trois femmes et on n’en a plus de nouvelles par la suite. A part ça, j’ai adoré cette série qui retrace les évènements ayant précédé et mené à l’indépendance de l’Irlande dans le sillage de la première guerre mondiale. J’en ai beaucoup appris et cela m’a donné envie de me documenter sur le sujet. L’histoire de l’Irlande est en effet très complexe. Ici on la vit essentiellement du côté des rebelles, mais il est impossible de dissocier les deux camps puisque cela a divisé des familles et des amis, certains engagés dans l’armée britannique et d’autres luttant pour l’indépendance. Ils étaient prêts à donner leur vie et la série est très violente et parfois dure à regarder. Il y a 100 ans en Europe, les gens mourraient encore pour que les leurs soient libres…que nous réserve l’avenir ?

les protagonistes de la première saison

Les trois films que j’ai vus sont :

  • La tête haute d’Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve et Rod Paradot. Ce film, je l’ai trouvé très juste et très touchant. Il trace le parcours d’un jeune garçon, de ses 4 ans à son entrée dans l’âge adulte. Ce jeune garçon qui grandit sans père et avec une mère profondément immature est très tôt pris en charge par les services d’assistance à l’enfance. C’est un film assez dur mais réaliste et bourré d’humanité et surtout d’un regard bienveillant, tant sur lui que sur le système et ses limites.
  • The Breakfast Club de John Hughes. Il s’agit ici d’un classique ou en tout cas d’un film culte qui a marqué toute une génération à sa sortie en 1985. La situation est très simple, il s’agit d’un huis clos lors d’un samedi où 5 ados sont collés dans une classe de leur lycée. Chacun est un peu stéréotypé à la base : le sportif, le délinquant, la bizarre, la reine du lycée, l’intello… Au fil de la journée, ils se révèlent sous le regard des autres, ils se cherchent, se trouvent, tombent les masques et en apprennent davantage sur eux-mêmes et les autres. Je comprends qu’on fasse toujours référence à ce film dans d’autres films et séries car il capture tellement bien les anxiétés, colères et insécurités de cette période de la vie. J’aurais aimé le voit plus jeune…

The Breakfast Club | Trailer & Artwork

  • Ce qui nous lie de Cédric Klapisch avec Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Francois Civil. Une histoire qui se déroule dans un vignoble. Une fratrie s’y retrouve au décès de leur père et doit décider de comment assurer sa succession. Un cadre magnifique pour un film tout en justesse, porté par trois comédiens convaincants. Pas besoin d’être amateur de vin pour apprécier.

Enfin, au niveau littéraire, j’ai dévoré :

  • Nos espérances de Anna Hope, l’histoire d’une amitié entre trois femmes, entre Londres et le Kent, entre les années 90 et la moitié des années 2010. Une amitié née à l’aube de l’âge adulte et qui doit faire face aux jalousies et ambitions déçues des héroïnes. J’aime beaucoup ce genre de livre où les chapitres s’alternent en donnant la parole à chacune des protagonistes tour à tour (même si le livre est écrit à la troisième personne). C’est très dynamique, cela se passe entre Londres et le Kent et les thèmes abordés sont variés : l’amitié, la trahison, le deuil, la maternité, la carrière… J’ai apprécié cette lecture, mais je dois dire que cette amitié ne m’a pas fait rêver. Je me suis dit que j’avais de la chance avec les miennes.
  • Le livre des Baltimore de Joël Dicker. Après ma déception à la lecture de « La disparition de Stéphanie Mailer », j’ai néanmoins poursuivi avec de roman qu’on m’a prêté. Ici encore cependant, j’ai eu le sentiment que l’auteur en faisait trop et manquait de la demi mesure nécessaire pour que l’on puisse s’attacher vraiment à ses personnages. Les critiques que j’ai lues à l’égard de son dernier roman « la chambre 622 » ne me donnent pas très envie de le lire. Il est toujours un raconteur hors pair, mais cela manque d’authenticité. J’ai l’impression qu’il veut être le nouveau Douglas Kennedy. Je ne crache cependant pas sur deux de ses premiers romans, l’éblouissant « La vérité sur l’affaire Harry Québert », qu’on ne présente plus et, surtout, le méconnu « les derniers jours de nos pères », un coup de cœur dont j’ai parlé ici.
  • Middle England de Jonathan Coe. Une valeur sure pour moi ici par contre. Jonathan Coe sait nous faire aimer ses personnages, leurs manies, leurs défauts et leur cœur. Pas de manichéisme et un regard bienveillant sur eux certainement, même s’il sait être sans concession. Il reconvoque dans ce roman les personnages qu’il avait créés dans son diptyque « Bienvenue au Club » et « le cercle fermé ». La bande d’ados de Birmingham a désormais la cinquantaine et l’Angleterre doit choisir si elle va ou non quitter l’Union Européenne. Un livre à mettre entre les mains de tous ceux qui aiment l’Angleterre, l’autodérision et qui désirent mieux comprendre la culture et la mentalité de ce pays si proche du notre et pourtant si différent. Un coup de cœur qui m’a donné envie de me replonger dans ses autres romans. Lu en anglais sans trop de problème en plus !

Middle England: Amazon.co.uk: Jonathan Coe: 9780241309469 ...

Et vous, avez-vous profité du confinement pour lire au jardin ou regarder des films qui attendaient depuis longtemps ?

Journal de Confinement 9: du 11 au 17 mai

Cette semaine, la Belgique a rouvert ses magasins. Cette semaine il y a donc eu des files de fous dès lundi matin devant des enseignes telles qu’Ikea, Primark et Action…. Tout cela m’a fait revenir en tête la « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon…

Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires

Cette semaine, je ne suis allée dans aucun magasin. Je suis déjà dans une transition depuis un moment comme vous le savez. Je n’ai pas eu de mal à ne pas m’acheter de vêtements et les grandes enseignes ne me font plus rêver. Bien sûr j’ai quand même craqué durant cette période de confinement. Pour des livres essentiellement. Et pour une tablette reconditionnée après avoir poussé mon vieil ipod au bout de ses limites…

Cette semaine, j’ai pu constater les bienfaits du sport sur mon corps. Sans doute une combinaison de plusieurs choses. L’augmentation de l’entrainement par intervalles à haute intensité. Les sorties plus longues pour l’endurance. L’alimentation globalement très saine et surtout la possibilité offerte par le confinement d’écouter vraiment son corps. De manger la juste quantité au juste moment. De ne pas vivre des fringales émotionnelles ou de fatigue.

Cette semaine, et le sujet est délicat, j’ai ressenti de la colère face à la saga de la tentative désespérée de sauvetage de Brussels airlines (qui appartient désormais à Luftansa) par l’Etat Belge. Mes excuses aux éventuels employés de cette compagnie qui passeraient par ici. Je parle d’un endroit où je ne suis peut-être pas légitime puisque mon salaire a été préservé puisque je fais partie d’un secteur dit « essentiels »… Mais cela me désespère de voir l’argent qu’on est prêt à investir pour sauver une industrie polluante et non essentielle, alors même que l’auto entreprenariat, l’emploi local et le monde de la culture (des milliers et des milliers d’emplois donc nous profitons tous) sont laissés à l’abandon… Je rêve tellement que l’Etat investisse ces millions dans la culture, dans le rail également. Pour que nous puissions voyager sans détruire la planète…

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Heureusement, après cette semaine, il y a eu un weekend.

Un samedi consacré à une fête des mères décalée sur la terrasse familiale. Un brunch généreux de chez Tea Late dégusté sous un soleil généreux. Nous avons mangé le salé à midi et le sucré à 16h et il en restait. J’ai encore déjeuné le lendemain matin d’un savoureux yaourt cassis avec du granola aux pépites de chocolat et une datte en bonus. Entre les rounds salé et sucré, une balade dans la bois, à écouter les oiseaux. Et à travers champs aussi, à observer les rapaces qui planent en profitant des courants sans un battement d’ailes…

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Un dimanche de retrouvailles avec C., mon amie de toute une vie. Qui vit à 7km de chez moi et que je n’avais plus vue depuis deux bons mois. Nous avons le droit de nous promener dans la nature en respectant la distanciation sociale. Nous explorons un coin que nous ne connaissions pas au bord de la rivière, une petite enclave préservée où s’ébattent les nouvelles familles de cygnes, de canards, d’oies, de poules d’eau et de bernaches. Je ne me lasse pas de ces moments passés à observer la nature…

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Demain, nous serons encore un peu plus déconfinés. Des enfants vont reprendre le chemin de l’école. Je vais aller plus souvent physiquement au travail. Des précautions seront prises, mais des contacts doivent être repris… Ce qui est fou avec cette maladie, c’est cette suspicion autour de notre propre corps, de ses vibrations, des irrégularités de la respiration… Ce questionnement, ce doute de soi-même lorsqu’on sort d’un magasin… Est-ce que vous l’avez aussi ? Je me sens bien. Mais je ne suis pas sûre de ne pas être porteuse. Je prends toutes les précautions. J’espère que vous aussi, j’espère que cela suffira. Pour que puisse renaître une saine insouciance en ce qui concerne les contacts humains et que nous puissions nous soucier sérieusement de tout le reste.

Je vous souhaite une belle semaine. Profitez des petites choses. Voyez vos proches si vous le pouvez. Ne les touchez pas. Aimez-les autrement. Et surtout, prenez soin de vous.