Bilan culturel de mai

Le mois de mai se termine et c’est donc le moment de faire mon bilan mensuel. J’espérais avoir une lecture à chroniquer, mais je n’ai toujours pas fini « Duma Key ». C’est une brique (plus de 800 pages) et je n’arrive pas à lire longtemps le soir car je suis déjà très fatiguée quand je vais au lit. Cependant, je n’abandonne pas, je m’envole pour une semaine de vacances demain et je sais donc que j’aurai sa peau prochainement.

J’ai été voir un film au cinéma, il s’agit des «Crevettes pailletées », un film français (rare) avec un acteur belge en premier rôle (Nicolas Gob) et une floppée d’acteurs pas très connus. Le pitch : un champion de natation (Gob) se voit contraint d’entraiter une équipe de waterpolo gay après avoir eu des propos homophobes à la télévision (en réalité il a traité de « pd » un journaliste gay sous le coup de la colère après une mauvaise performance). C’est une comédie, mais pas que. Bien sûr on rit face à la confrontation entre le champion et les « crevettes », mais on s’émeut aussi devant les vies, les combats et les blessures de ces hommes. Certaines scènes sont violentes et on verse une petite larme d’émotion à la fin. Un film sympathique que je recommande.

Pour le reste, je n’ai fait que regarder des séries :

  • La saison 6 de « Morse » est arrivée le dimanche soir sur France 3. Il n’y a que 4 épisodes à savourer. J’aime toujours autant cette série rétro et mélancolique. Celle-ci (de saison) est particulièrement triste cependant. Plus qu’un épisode…
  • J’ai commencé à regarder « Tiny House nation » sur Netflix. Ce sont des épisodes de 40 minutes où deux experts aident des personnes à terminer leur projet de mini maison et trouvent des solutions pour rentabiliser l’espace. J’adore !!! Cela se passe aux Etats-Unis et je n’ai encore regardé que deux épisodes, mais c’est tellement inspirant, je rêve clairement de ça si je ne trouve pas la petite maison (déjà construite) de mes rêves.
Résultat de recherche d'images pour "tiny house nation"
fameuse déjà celle-ci, je me contenterai de plus petit 🙂
  • J’ai commencé à regarder une série anglaise complètement déjantée. Attention, il faut aimer quand c’est légèrement grotesque quand même. Ca s’appelle « Cuckoo » et ça raconte la vie chamboulée d’une famille d’anglais moyens lorsque leur fille revient d’une année sabbatique avec dans sa valise un mari américain complètement illuminé et baba cool qui se fait appeler Cuckoo. La première saison a eu un tel succès qu’elle a été reconduite, alors que deux des acteurs principaux (la fille et le fameux Cuckoo, joué par l’hilarant Andy Samberg) ne s’étaient engagés que pour une année. Les scénaristes ont donc dû s’adapter et les remplacer. Taylor Lautner (Twilight, oui je sais) a notamment rejoint la distribution. Je suis dans la troisième saison et en fait, cette série vaut surtout le coup pour le personnage du père de famille (Greg Davies) qui est extrêmement drôle dans le rôle du mec au bout de sa vie qui voudrait juste la paix mais qui est aussi très tenté de rester un mec cool pour faire plaisir à sa femme et sa fille. J’ai terminé la saison 3, il y en a 5 et je dois me retenir de ne pas tout binger.

Voilà, c’est tout pour ce mois de mai. Pas grand-chose me direz-vous. J’ai également continué à regarder au compte goutte mes favoris « The Affair », « Poldark » et « Outlander » dont j’ai déjà parlé mais que j’essaie de ne pas regarder d’une traite. J’aimerais en avoir encore pour l’automne, surtout les deux dernières. Je sais également que vont bientôt sortir les nouvelles saisons de « casa de papel », « Dark » et « Stranger Things », je vais avoir de quoi faire.

Et vous, quelles sont vos séries préférées du moment ? Aimez-vous binge watcher ou, comme moi, essayez vous de résister pour faire durer le plaisir ?

Bilan culturel d’avril

Nous sommes déjà le 12 mai, il est donc plus que l’heure pour moi de faire mon bilan culturel du mois d’avril. Comme je le disais dans mon article précédent, j’ai été très occupée ce mois. J’ai passé du temps avec des amis et j’avais pas mal d’engagements en soirée avec ma troupe de théâtre, sans parler des représentations.

Au niveau lecture, je n’ai rien à déclarer pour avril. J’ai commencé à lire « Duma Key » de Stephen King, mais j’avance très lentement sans encore avoir d’avis tranché. Je ne sais pas si ça me plait ou non. J’imagine que je vais tout de même parvenir à le lire avant la fin mai.

Je suis allée au théâtre voir Hamlet, avec Thomas Mustin (plus connu sous son nom de scène musical Mustii) dans le rôle titre. C’était une production de l’atelier théâtre Jean Vilar. J’ai un avis mitigé sur cette adaptation. Le texte n’était pas intégral et il était entrecoupé de moments musicaux, en anglais pour la plupart.

Mustii sera Hamlet au Jean Vilar (Ottignies-Louvain-la ...

Les plus :

  • De bons musiciens et de bons chanteurs et des morceaux qui me plaisaient, il y avait même du Bowie
  • Thomas Mustin est une bête de scène
  • La scénographie modulable et pivotante
  • Les monologues essentiels préservés
  • L’histoire reste compréhensible
  • On ne s’ennuie pas du tout

Les moins :

  • Je n’ai pas compris cette « revisite » de l’œuvre, c’était joli et bien fichu mais sans réel plus.
  • Pas compris le pourquoi des choix musicaux…c’était à mon goût mais je n’ai pas saisi si c’était destiné à apporter un plus ou à remplacer des morceaux de texte « coupés au montage »
  • Je ne comprenais pas bien Ophélie et un autre comédien, Polonius je pense
  • L’apparition d’un personnage au parler plus vulgaire qui croire la route d’Hamlet
  • Avec les coupures et les effets, on y perd en émotion. Hamlet était touchant, mais juste quand l’émotion affleurait, il y avait souvent quelque chose, un mouvement, un intermède, qui venait casser le moment.

Au final, j’ai passé un bon moment, même si j’ai eu l’impression d’assister à un exercice de style. Le texte  été en partie expurgé des considérations politiques pour se centrer sur la quête de sens d’Hamlet, sa révolte intemporelle face à la déception que sont les adultes, son tumulte intérieur entre désir de vengeance et tentation de choisir la mort. Cependant, l’émotion manquait, il aurait suffi de pas grand-chose pourtant.

Niveau séries, j’ai regardé deux deuxièmes saisons :

  • Celle d’ « Outlander », dont j’avais déjà parlé ici. La première partie de la saison m’a ennuyée car elle avait lieu en France et ce n’était plus la même ambiance. Heureusement, Jamie et Claire sont ensuite rentés en Ecosse et j’ai beaucoup aimé, même s’il y avait beaucoup de scènes de bagarre.
  • Celle d’ « Ennemi Public » , série belge de la RTBF, que j’ai bien préférée à « la Trève ». La première saison clôturait une intrigue (des meurtres d’enfants dans une petite ville des Ardennes) et en laissait une autre ouverte (la disparition vingt ans plus tôt de la sœur de l’inspectrice Chloé Müller). C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Angelo Bison, hypnotique, qui campe un assassin d’enfants en quête de rédemption et accueilli dans un monastère. L’intérêt de la série tient en bonne partie dans son interprétation, on se surprend à avoir de l’empathie pour lui, à croire en son changement, mais je n’en dis pas plus… A ses côtés, Stéphanie Blanchoud (Chloé Müller), Jean-Jacques Rausin (Michaël Charlier), Clément Manuel (frère Lucas), Pauline Etienne (Jessica Müller, adulte) et la jeune Fantine Harduin, entre autres… Une série qui donne l’occasion à des comédiens belges de tourner en Belgique et de jeter des ponts entre théâtre et télévision/cinéma. De plus, le suspense est réellement bien mené et on est vraiment tenus en haleine par la nouvelle intrigue, tout en suivant la vie des habitants de la communauté qui fait face aux conséquences de la première saison… A voir !

Résultat de recherche d'images pour

Enfin, sur netflix, j’ai regardé un stand up de Ricky Gervais intitulé « Humanity ». J’ai découvert cet acteur archiconnu outre manche dans la série « After Life », chroniquée ici. J’ai adoré ce spectacle humoristique qui traite de la question « peut-on rire de tout ? » de façon intelligente et drôle. Le comédien y parle aussi de son non désir d’enfants et de son amour pour les animaux. Il y a là tout ce que j’aime, c’est audacieux, engagé, grinçant, extrêmement second degré et cynique. Bien loin de l’humour gras et misogyne des humoristes quinquas français que je ne supporte pas. Je vous recommande chaudement ce spectacle décomplexé et intelligent. Il est très bien sous-titré et lorsqu’on comprend bien l’anglais on saisit également quelques jeux de mots bien fichus.

Voilà, c’est tout pour ce mois d’avril. Je reviens en mai avec de la lecture j’espère, ça me manque. Et vous, qu’avez-vous découvert ? Quelque chose vous donne envie ?

 

Bilan culturel de mars

Bonjour à tous et toutes, en établissant ma liste, je m’aperçois que ce mois ci, j’ai passé moins de temps devant ma télévision, ce qui n’est pas une mauvaise chose. J’ai eu des soirées bien occupées, je suis partie à Lille et je me suis produite sur scène dans un festival sympa.

Voici donc un bilan plus léger que précédemment. En termes de séries, j’ai regardé :

  • « Brokenwood », la série programmée en mars le dimanche soir par France 3. Et vous savez que je suis une fidèle. C’est je pense la quatrième saison de Brokenwood qui a été diffusée. Chaque saison ne comporte que 4 épisodes. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les enquêteurs néo zélandais. Un cadre que j’apprécie moins que celui de l’Angleterre, mais ici il y a davantage d’humour, des personnages réccurents même en dehors de ceux qui mènent l’enquête et une médecin légiste russe qui me fait beaucoup rire, amoureuse et un peu flippante.
  • « Deep Water » sur netflix, une série qui enquête sur des meurtres homophobes en Australie. L’enquêtrice principale est une femme et elle s’aperçoit que le cas actuel pourrait l’aider à résoudre le mystère qui entoure la mort de son frère une vingtaine d’années auparavant. J’ai apprécié cette série, sans pour autant que ce soir un coup de cœur. Elle compte 6 épisodes.
  • « Conversations with a killer : the Ted Bundy Tapes » encore sur netflix : à voir absolument pour tous les fans d’enquêtes sur les tueurs en série. Ted Bundy, sous ses airs de gendre idéal, est sans doute l’une des personnalités les plus énigmatiques et terrifiantes du 20° siècle. Vous découvrirez des vidéos inédites et des témoignages glaçants que je n’avais jamais vus auparavant. C’est extrêmement bien documenté, on y voit Bundy assurer sa propre défense devant un tribunal. On nous y explique aussi comment ce psychopathe à la très haute intelligence a pu berner tant de monde, s’évader et partir en cavale dans plusieurs états, chose qui ne serait sans doute plus possible de nos jours grâce à l’informatisation. Passionnant.
  • Mais le vrai coup de cœur, c’est « After Life » (toujours netflix), une minisérie en 6 épisodes de 25 minutes. C’est beaucoup trop court. On y suit un homme (Ricky Gervais, humoriste très connu en Angleterre) qui fait face au deuil de sa femme adorée, décédée d’un cancer plusieurs mois auparavant. Ou plutôt qui n’y fait pas face. Il décide de se suicider, puis renonce car il doit nourrir sa chienne…Il décide alors de continuer à vivre en s’employant à dire ce qu’il pense, sans ménager les gens qui tentent de lui venir en aide, voire en les poussant à bout. Regardez cette série, c’est un bijou d’humour et de sensibilité. Oui parce que c’est une comédie. J’ai tout aimé, les personnages secondaires sont colorés et attachants, les situations sont cocasses (le personnage principal travaille au journal local d’une petite bourgade anglaise où les gens inventent les prouesses les plus farfelues pour être à la une) et c’est bourré d’une humanité salvatrice. J’ai cependant regretté le trop plein de bons sentiments du dernier épisode, je trouve que cela aurait pu aller plus loin encore, avec une saison plus longue et une conclusion mieux amenée. On annonce une seconde saison, je ne sais pas ce sous quel angle on peut aborder une suite (à cause notamment de cette fin un peu trop rapidement emballée), mais je serai là.

After Life: La nueva serie del creador de The Office para ...

Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma ce mois de mars et cela me manque. Le seul film que j’ai regardé est « ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle (1958). J’aime de temps en temps regarder un classique ou un vintage, vous avez dû le remarquer dans mes bilans. Cela me rappelle que j’ai tout de même étudié le cinéma durant un an. Ce film est un thriller assez bien ficelé et considéré comme l’un des premiers de la Nouvelle Vague. Ce n’est pas le genre que je préfère, mis à part les films de Truffaut que j’affectionne (surtout la Nuit Américaine), mais il tient en haleine. Il est cependant difficile d’entrer en empathie avec les(anti)héros qui sont assez égoïstes et finalement malintentionnés. Mais bon c’est de la Nouvelle Vague noire.

Le monde selon Garp Streaming VF qualité HD

Enfin, mon unique lecture du mois est un livre que je regardais sur les étagères des librairies depuis des années. Il commence lui aussi à être vintage puisqu’il a été publié en 1978. Il s’agit de « le monde selon Garp » de John Irving. Voici le résumé de la quatrième de couverture : « Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde. » Eh bien je suis bien en peine pour dire si j’ai aimé ce roman. En tous les cas, il est inclassable et j’ai pris plaisir à le lire même s’il lui faut du temps pour se lancer. C’est une lecture parfois laborieuse mais ô combien originale. Je l’ai trouvé un peu décousu à certains moments ; il nous balade entre passé, présent et futur. Je me suis demandé si le personnage de Garp n’était pas un peu autiste, en tout cas il est atypique et obsessionnel, ce qui le rend parfois fatigant. John Irving réussit à transformer le quotidien en aventures parfois loufoques et limite grotesques… Comme d’autres critiques que j’ai lues, je trouve qu’il a peut-être essayé de mettre trop de choses dans un seul roman : paternité, violence, processus de création, émancipation, libération sexuelle, féminisme, voyage, infidélité, meurtres… Des nouvelles entières rédigées par Garp sont inclues dans le roman. Un ovni, adapté au cinéma avec Robin Williams dans le rôle titre. Au final, je crois que je vous recommande ce libre, j’ai aimé lire les critiques, la préface, etc… car il y a plus que l’histoire en elle-même. J’ajoute que, même si le roman a fêté ses quarante ans, il reste d’une grande actualité, je ne l’ai pas trouvé daté. Je suis également curieuse de lire un autre roman de John Irving qui qualifie celui-ci, même si c’est celui qui l’a rendu célèbre, de roman de jeunesse et admet son manque de structure. Bref, vous l’aurez compris, « le Monde selon Garp » ne ressemble à aucun autre roman.

Voilà, c’est tout pour ce mois ci. Le mois prochain, nous aurons Hamlet, Ennemi Public et peut-être mon premier Stephen King (je m’avance, oui).

 

Bilan culturel de février

Bonjour, me voici pour le rendez-vous mensuel avec ma consommation de produits culturels ou assimilés. En ce mois de février, je peux parler de 3 séries, un film, un livre et deux pièces de théâtre. Il y a eu du très bon mais également quelques déceptions. Commençons sans plus attendre avec les séries. J’en ai regardé et terminé 3 :

  • Friends from college 2 (netflix): cette série de deux saisons de 8 épisodes de +-25 minutes est parfaitement dispensable. Je ne dis pas qu’elle est mauvaise, mais c’est juste parce que cela rendrait plus difficile de m’auto justifier quant au temps passé à la regarder. J’avais regardé la première saison en grande partie parce qu’il y avait Cobie Smulders (Robin dans « How I met your mother ») et que j’espérais que ce soit une comédie chorale sur la vie d’adulte comme je les aime et qui vieillissent un peu en même temps que moi. En vrai ils sont antipathiques et égocentrés au possible et l’effet de groupe ne rachète pas les individus. J’ai regardé la seconde pour voir si ça s’améliorait et pas vraiment. En plus, détail stupide, mais ça crève les yeux que les acteurs n’ont pas tous le même âge alors qu’ils sont censés être copains de promo. Je me demande pourquoi ça a été renouvelé, beaucoup de gens ont dû faire la même chose que moi. Et la fin n’est pas une vraie fin et laisse supposer une saison 3. Du gâchis. La curiosité ne me reprendra pas ou alors à regarder en cas de grippe.
  • Case (netflix) : un nouveau scandinoir en 9 épisodes. Cette série islandaise suit un avocat dépravé qui remet le pied à l’étrier en enquêtant sur le suicide d’une jeune ballerine et en découvrant au final tout un réseau pédophile qui abuse de jeunes filles en difficulté. C’est assez trash mais bien mené. J’ai un peu de mal avec les séries trop glauques en termes de sexualité et de dépravation, je préfère une bonne murder story, mais cette série n’est pas mal dans son genre.
  • Hinterland (production BBC diffusée sur netflix): j’ai repris mon visionnage de cette série galloise dont j’avais regardé un seul épisode. Je n’avais pas accroché la première fois, mais ici j’ai littéralement dévoré les 3 saisons, comme quoi…Attention, la version française n’est pas disponible. Ce n’est pas un problème pour moi qui regarde quasi tout en V.O. Cette série a la particularité de posséder deux versions originales : les scènes sont tournées une fois en anglais et une fois en gallois. A voir si vous aimez comme moi les landes pluvieuses et les intrigues fouillées qui plongent volontiers leurs racines dans les générations passées. A chaque épisode une intrigue, mais également une enquête en filigrane sur l’ensemble des trois saisons à la fin desquelles une boucle est bouclée. L’occasion pour moi de découvrir un amour insoupçonné pour les prénoms gallois tels Gwilym et Aneirin. Après les Cotswolds et les Cornouailles, nouvelle obsession. Take me to the UK.

BBC One - Hinterland

J’ai été voir un seul film au cinéma, mais ce fut une bonne pioche puisqu’il s’agit de « Green book » de Peter Farrelly . Que dire qu’on n’ait pas déjà lu dans la presse à propos de ce film absolument sublime ? Viggo Mortensen y est impérial, voici notre classieux Aragorn transformé en videur italien en léger surpoids, raciste de surcroit et, disons le franchement, pas très intelligent. Il est méconnaissable et hilarant. En contrepartie, Mahershala Ali ne se laisse pas bouffer et y est d’une sensibilité et d’une distinction récompensées à juste titre par l’Académie des Oscars pour la deuxième fois déjà. Le duo fonctionne à merveille et nous les suivons dans l’Amérique profonde, celle du Sud, baignée dans le jazz des années soixantes et la ségrégation raciale nauséabonde. Une histoire racontée avec humour mais qui ne nous épargne pas les scènes coup de poing ou même les images plus simples qui nous arracheraient une larme, comme ce moment où, à l’arrêt pendant que Tony Vallelonga (Mortensen) change un pneu sur une route de campagne, le musicien Don Shirley (Ali), à l’arrière, et les paysans noirs du champ de coton d’en face se dévisagent incrédules et peinent à se reconnaitre… Cathy Immelen (la critique cinéma de la RTBF) parle d’un feel good movie et c’est aller loin je trouve, mais courrez néanmoins le voir, vous ne serez pas déçus !

'Green Book' Is A Poorly Titled White Savior Film

Deux pièces de théâtre étaient inscrites dans mon carnet de bal ce mois-ci :

  • « L’école des femmes » : Je pense que c’est la première fois que j’allais voir un Molière sur une scène professionnelle. J’ai eu le plaisir de revoir en jeune première la comédienne Suzanne Aubin qui m’avait éblouie en Chérubin dans « La Folle journée ou le mariage de Figaro » mis en scène par Rémy Braché en 2016. Ici j’ai passé un bon moment sans être conquise par la mise en scène ni par le texte qui, pour moi, n’est pas le plus drôle de Molière. Les rôles de valets, d’habitude si malicieux chez Molière, sont ici vraiment secondaires et se bornent à suivre les instructions de leur maitre. Je pense que « Le Mariage de Figaro » et, plus tôt cette saison, « Le Triomphe de l’Amour » (Marivaux dans une mise en scène de Podalydès) m’en ont tellement mis plein la vue en termes de jeu, scénographie et mise en scène que j’en deviens très exigeante…
  • « Candide et la Folie du Monde » : j’ai découvert cette production de la compagnie du Simorgh sur une scène plus petite. J’ai été séduite par cette adaptation poétique, musicale, corporellement inventive du classique de Voltaire. Candide est virevoltant et on est complètement embarqué dans ce voyage initiatique cruel qui est le sien. Les comédiens incarnent à eux 5 une foule de personnages dans un exercice transformiste tout en sobriété. Leur tournée continue et je vous conseille de les découvrir. Pour ma part, c’est avec plaisir que je verrais une autre production de la compagnie.

Enfin, comme il n’y avait que 28 jours à ma disposition, je n’ai lu qu’un seul roman, qui a d’ailleurs été assez vite lu. Il s’agit d’ « Agatha raisin : gare aux fantômes » de M.C. Beaton. Il y a quelque temps, j’avais pu découvrir lors de mes dimanches soirs (sponsorisés par France 3 comme vous commencez à le savoir) la série adaptée des romans de M.C. Beaton. Les aventures d’Agatha Raisin sont plutôt décalées et humoristiques et j’avais bien aimé le personnage assez hautain et antipathique de prime abord, mais finalement piquant comme j’aime bien. Elle faisait la team avec son ancien associé londonien (oui je ne dis pas les choses dans l’ordre mais Agatha est une quinqua célibataire qui bossait dans la com à Londres avant de prendre une retraite anticipée dans la superbe région des Cotswolds où les crimes commis la poussent à devenir détective amateur) et une jeune mère célibataire. Blessée en amour, elle lorgnait aussi sur son charmant voisin. J’ai été déçue par le roman par contre. Il parait qu’il faut les lire dans l’ordre, moi j’ai pris une nouveauté en bibliothèque et en fait je n’ai pas retrouvé l’Agatha de la série. J’ai aimé l’ambiance village anglais et mystère, mais l’obsession d’Agatha pour les hommes a irrité la féministe en moi. Elle ne pense qu’à ça ! Comment séduire, se faire belle, impressionner…c’était agaçant au possible et j’ai trouvé cette préoccupation omniprésente dérangeante. Je ne me rappelais pas le personnage de série comme ça. Bien sûr on sentait la sensibilité sous la carapace, mais ici elle était simplement pathétique. Une vraie caricature. Bref, si d’autres d’entre vous ont lu la série, est-ce comme cela à chaque fois ? C’est dommage car pour une lecture légère, ça aurait pu être vraiment parfait. Dois-je donner une seconde chance à Agatha ?

Et vous, qu’avez-vous vu/lu/entendu ? Si vous voulez échanger avec moi, n’hésitez pas à me laisser un commentaire et/ou à vous abonner pour ne pas rater mes billets culture. Bon mois de mars à vous, plein de jolies choses…

Bruxelles: Expo « Révolutions: Records and Rebels 1966-1970 »

Voir refleurir une plante qui ne nous donnait plus spécialement espoir, faire son sac de façon minimaliste et refermer la porte derrière soi sans pesanteur inutile, surprendre un papillon qui s’est lui aussi hasardé à devancer le printemps, prendre le train par un jour ensoleillé, avoir l’impression d’être en mai, télécharger de nouvelles playlists pour le voyage, enclencher « British classics » et démarrer avec « Beautiful ones » de Suede, amour adolescent presqu’oublié, trouver une place à l’étage avec baie vitrée et regarder défiler le paysage, la campagne en jachère, retrouver cette capitale que j’aime, se promener avec une amie de longue date dans un parc inconnu au tomber du jour et poursuivre la soirée à converser sur ce qui fait l’essentiel même si c’est dur, dormir, bruncher au soleil et savourer l’orange pressée par une main amie, sortir, marcher, flâner et se laisser porter jusqu’à destination, se laisser émerveiller, redécouvrir ses sens en portant un regard sur cette non quotidianité pourtant familière, battre le pavé et rentrer en se disant que c’était une belle journée…

Lifestyle: You Say You Want a Revolution? Records and ...

Comme à chaque fois que je me promène dans Bruxelles, je me dis que je n’en profite pas suffisamment. J’y suis allée principalement pour visiter l’exposition Revolutions: Records and Rebels 1966-70. Pour 10 euros, j’ai vécu une expérience immersive (grâce à la technologie Sennweiser : de la musique dans mes oreilles grâce à des écouteurs qui donne une impression que la musique est partout, à 360°) absolument magnifique durant presque 2 heures. Cette exposition a été conçue par les équipes du Victoria & Albert Museum, reconnu pour ses créations de qualité. Nous baignant dans la culture musicale des années 66 à 70 (la crème de la crème à mon humble avis), l’expo nous balade dans la société et les combats de l’époque : émancipation, féminisme, combats pour les droits des minorités ethniques et sexuelles, conquête de l’espace, manifestations estudiantines contre la guerre du Viet Nam, mai 68, etc… Le tout dans une esthétique léchée, qui va des affiches de festivals, aux costumes et au mobilier. On peut même revivre la prestation de Jimi Hendrickx à Woodstock sur écran géant, confortablement affalé sur un coussin fatboy. La fin de l’expo nous parle également des balbutiements de l’informatique et de l’éveil de la conscience écologique. Un triste rappel de ce que nous vivons aujourd’hui et qui montre que l’émancipation salvatrice a malheureusement rapidement fait place à l’individualisme et à la société de consommation que nous connaissons aujourd’hui. Place à de nouvelles luttes donc… Une expo à voir jusqu’au 10 mars (ce qui laisse deux weekends quand même) et que je vous recommande plus que vivement. J’ignore si elle va tourner dans d’autres villes et pays, j’espère que oui.

Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui. Si vous avez lu et apprécié cet article (ou pas), n’hésitez pas à commenter, liker et vous abonner à mon blog. Ca fait toujours plaisir d’avoir un retour plus concret que les statistiques anonymes de wordpress.

Bilan culturel de janvier

Bonjour, me revoici pour ce premier bilan du mois de janvier. Ce mois-ci, j’ai moins regardé netflix. D’une part parce que des choses intéressantes étaient programmées à la télévision (oui ça vaut encore la peine de regarder) et d’autre part parce que ce mois a été plus riche en sorties. J’étais rarement chez moi les soirs du weekend et j’ai eu l’occasion d’aller deux fois au cinéma et deux fois au théâtre. Je n’ai pas vraiment parlé de théâtre jusqu’ici, mais je me suis dit que quand je voyais des choses bien, j’allais tout de même les chroniquer ici. Je me freinais en me disant que de toute façon vous ne pourriez plus voir ce que j’ai vu puisque le théâtre est éphémère, puis je me suis dit que j’avais envie d’en garder une trace. Le théâtre est une partie très importante de ma vie. Les spectacles que je vais voir sont parfois encore programmés ou partent en tournée. Et au pire, je découvre un auteur sympa ou un metteur en scène que vous pourrez voir ailleurs dans d’autres productions. Ca m’intéresse d’ailleurs d’avoir des retours si vous avez vu la même chose que moi ailleurs monté par d’autres gens. Mais trêve de bavardages, commençons sans plus tarder.

Au théâtre, j’ai donc été voir deux spectacles, l’un dans le circuit professionnel et l’autre dans un théâtre amateur :

  • « Les Faux British » de De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields dans une Production du Théâtre bruxellois Le Public. L’histoire d’une bande d’amateurs de roman noir anglais qui se réunissent chaque année pour une représentation théâtrale d’une histoire de meurtre. Mais ce n’est pas l’intrigue en elle-même qui est palpitante. Il s’agit ici d’une comédie, presqu’une farce d’ailleurs qui va voir les apprentis acteurs faire preuve d’une détermination surhumaine pour mener cette représentation à bien malgré de multiples embûches : problèmes de texte, de matériel, de décors, blessures…bref tout y passe dans un comique de situation frôlant l’absurde et jusqu’à un final apocalyptique. La pièce est également programmée à Paris et sera de retour au Public en avril. Je vous la recommande. Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée, même si parfois c’était un peu too much, les avaries se produisant à un rythme effréné et parfois à la grosse louche. Les acteurs maitrisent leur sujet et vont jusqu’à se mettre en danger physiquement. Ils tournent à plusieurs équipes (deux en Belgique et deux en France) notamment pour parer aux blessures encourues. Chapeau pour cette interprétation très juste de mauvais comédiens par des comédiens professionnels. Pour passer une bonne soirée et se détendre en cas de grisaille et/ou de petit moral. Ce spectacle a remporté le Molière 2016 de la meilleure comédie.

LES FAUX BRITISH - Vaudeville catastrophe

  • « Le Nether », de Jennifer Haley (qui a travaillé notamment sur les séries Hemlock Grove et Mindhunter pour Netflix) dans une mise en scène de Luc Jaminet pour le théâtre Proscenium où elle est programmée jusqu’au 2 mars. Une pièce audacieuse et assumée qui nous questionne (parfois un peu trop, car pour ma part, j’aurais apprécié qu’on aille davantage au fond des choses plutôt que de juxtaposer) sur notre rapport au virtuel et à la criminalité sur internet. Je vous invite à lire le résumé sur leur site et la note du metteur en scène. Ce spectacle est déconseillé au moins de 16 ans et je pense même qu’à cet âge, il faut un adulte pour pouvoir débriefer, la pièce touchant au délicat sujet de la pédophilie. Les acteurs sont excellents et la scénographie enchanteresse. A voir ! A noter que c’est une première en francophonie et que Jennifer Haley est assurément une scénariste/dramaturge à suivre.

 

J’ai également repris ma fréquentation des salles de cinéma. J’y ai vu :

  • « Le retour de Mary Poppins » de Rob Marshall avec Emily Blunt, très convaincante dans le rôle titre. J’ai regretté de ne pouvoir le voir en V.O. et peut –être que pour cela aucune chanson ne m’a marquée ou peut-être parce que je n’ai plus 10 ans. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère du film, revoir le Londres d’antan… Les chorégraphies magiques étaient au rendez-vous, de même que la plongée dans un univers de dessin animé. C’était aussi très agréable de voir des acteurs anglais que j’aime, tels que Colin Firth ou Emily Mortimer. A noter également le caméo de Dick van Dyke qui incarnait le ramoneur Bert dans le premier film. Le film était assez long et malgré cela, aucun enfant dans la salle (et il y en avait) ne s’est montré bruyant ou impatient. La preuve d’une réussite !
  • « The Favourite » de Yorgos Lanthimos, avec Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone. C’est d’ors et déjà un de mes favoris de 2019, je le sens. Je vous invite à googler pour les références historiques de ce film en costume à nul autre pareil. La critique est assez unanime et je suis d’accord. C’est cruel, intelligent, drôle, décalé. On n’est pas très loin de la vérité historique, mais les trois actrices jouent des femmes de caractère tout en n’hésitant pas à nous les montrer jusque dans ce qu’elles ont de plus pathétique. Les rôles masculins sont pour une fois secondaires, on notera la présence de Nicholas Hoult, hilarant en noble poudré et perruqué. Courrez-y ! De mon côté, je vais guetter la possibilité de visionner d’autres films de ce réalisateur grec que je ne connaissais pas.

Movie Review - The Favourite (2018)

J’ai regardé 3 séries en ce mois de janvier. Je n’ai pas terminé de série netflix car je trouvais mon compte à la télévision et je ne voulais pas me remettre trop vite à Poldark ou Outlander dont je devrais ensuite attendre pendant (trop ?) longtemps les nouveaux épisodes. Voici donc ce que j’ai regardé :

  • Barnaby sur France 3, mes téléfilms anglais de vieille dame. Ça m’aide tellement à affronter les dimanches soirs.
  • « Il miracolo », une série italienne de Niccolò Ammaniti sur arte. J’étais ravie de pouvoir regarder une série italienne en V.O. En plus, Niccolò Ammaniti est l’un des premiers auteurs que j’ai lus lorsque je vivais en Italie, je me souviens d’avoir été marquée par son superbe roman « io non ho paura » (« je n’ai pas peur »). Cette série en 8 épisodes nous parle, comme son titre l’indique, d’un miracle, celui de la découverte dans la cache d’un mafieux, d’une statuette de 40 cm de la vierge qui pleure des larmes de sang. J’étais dubitative en ce qui concerne le pitch, n’étant moi-même pas croyante. J’ai lu qu’Ammaniti ne l’était pas non plus, alors je me suis tout de même lancée. Cette série n’est pas une série centrée sur la religion, mais bien sur notre rapport à la foi et sur le sens de la vie. Elle suit des personnages variés et nous dépeint l’impact que cette découverte aura sur eux : le premier ministre en plein réferendum à peine fictif sur la sortie de l’Italie de l’Union Européenne, son épouse, une chimiste qui consacre sa vie à prendre soin de sa mère malade, le solitaire général qui monte la garde et coordonne les opérations liées au « miracle », un prêtre à la dérive et une femme qui fut son amour de jeunesse. Leurs destins s’entremêlent à la faveur de la découverte… Ne vous attendez pas à une explication du miracle, ce n’est pas ici le propos. Ce sont des histoires profondément humaines. J’ai apprécié cette série et j’ai trouvé qu’elle ne ressemblait à aucune autre et était servie par une musique et des personnages qui prennent aux tripes.
  • « Spring Tide 2 », une série suédoise diffusée sur Arte. J’avais déjà regardé la première saison et j’aime à nouveau beaucoup celle-ci. Elle compte 10 épisodes et je n’ai pas encore vu les deux derniers. A voir si vous aimez les polars et appréciez les séries nordiques. Même si ici, une intrigue secondaire vous emmènera jusque Marseille.

Enfin, je n’ai terminé ce mois-ci qu’un court roman, le second que je lis de Yasmina Khadra. Je vous avais parlé ici de mon coup de foudre pour son roman « l’attentat ». J’ai maintenant lu « les sirènes de Badgad » et j’ai beaucoup aimé aussi, mais pas autant que « l’attentat », peut-être parce que je n’avais pas l’effet de surprise face à la beauté de la plume de l’auteur et qu’il m’était moins facile de m’identifier au personnage principal. En effet, si dans « l’attentat » il s’agit d’un jeune médecin palestinien bien intégré en Israël, l’anti-héros des « sirènes de Bagdad » est un jeune homme irakien vivant selon les traditions et le code d’honneur en vigueur dans les villages. On suit sa révolte face aux humiliations subies de la part des soldats américains qui occupent le pays et qui le mènent sur le chemin de la vengeance et du terrorisme. On se surprend néanmoins à le comprendre, à entrevoir comment, lorsqu’on vous prive de toute dignité et lorsqu’on prive un peuple de toute possibilité d’émancipation (que ce soit le tyran Saddam ou l’envahisseur « libérateur » américain) et d’autodétermination, une vie simple qui ne demandait qu’à se dérouler, peut basculer dans la rage et la destruction. Une lecture qui n’est pas légère, mais pas trop longue non plus et qui restitue à chacun sa part d’humanité et de compassion tout en dénonçant en filigrane toute forme de violence.

Voilà, c’est tout pour janvier. Avez-vous fait des découvertes dans mes bilans ou en avez-vous à me suggérer ?

Roadtrip au Danemark 5: Mon + épilogue

Me voici enfin arrivée au cinquième et dernier carnet de voyage de notre roadtrip au Danemark. Vous pouvez retrouver mes autres articles en cliquant sur les liens ci-après :

Roadtrip au Danemark 1: Odense

Roadtrip au Danemark 2: Roskilde

Roadtrip au Danemark 3: Helsingor et le château de Kronborg

Roadtrip au Danemark 4: Copenhague

En route pour l’île de Møn. Je ne l’écrirai qu’une fois correctement, car c’est vraiment pénible la manœuvre pour insérer ce caractère nordique et je suis trop nulle pour créer un raccourci clavier, si toutefois c’est possible J. A prononcer Meun. La route est belle, elle dure un peu plus d’une heure et nous traversons encore de majestueux ponts.  Nous arrivons enfin à Stege, petit bourg et « capitale » de l’île. Nous rejoignons le Birkely Bed and Breakfast où notre sympathique hôte nous accueille. Je vous recommande ce logement : petit déjeuner copieux si vous payez un supplément (nous avons eu assez pour nous faire des sandwiches pour le midi), chambre spacieuse, tranquillité et salle de bain à partager avec la seule autre chambre.

p1070023img_3165.jpg

C’est le soir, promenade dans Stege, le bord de l’eau, le bras de mer intérieur, les jolies petites maisons, les anciens remparts et l’unique porte qui subsiste. Nous sommes surprises par la présence d’une jolie maquette de bateau suspendue dans la nef de l’Eglise. Nous avions lu que les églises de l’île étaient décorées dans le style « naïf », mais ce fut une double surprise d’y trouver des navires, offerts par des marins en échange de protection. Avant d’aller plus loin , une définition de l’art naïf selon wikipedia : L’art naïf désigne la manière d’aborder la peinture par les « peintres naïfs », dont l’une des principales caractéristiques plastiques consiste en un style pictural figuratif ne respectant pas — volontairement ou non — les règles de la perspective sur les dimensions, l’intensité de la couleur et la précision du dessin. Le résultat, sur le plan graphique, évoque un univers d’enfant, d’où l’utilisation du terme « naïf ». L’inspiration des artistes naïfs est généralement populaire et le terme s’applique aussi à des formes d’expression populaires de différents pays, notamment au courant artistique le plus connu d’Haïti .

Le lendemain matin, il fait gris et un peu pluvieux. Direction la falaise de craie, le principal point d’intérêt touristique de l’île avec les fresques naïves et les tumulus dont je parlerai plus tard. Wikipedia encore nous apprend que ces falaises font 7km de long, sont en craie et culminent à 128m. Nous décidons de ne pas nous garer au parking du geocenter, mais plutôt sur un petit parking forestier et de faire les derniers hectomètres à pieds dans les bois. Il pleuvine et nous trouvons des balises dans les bois. Nous croisons des cyclistes et nous nous apercevons bientôt qu’un triathlon se prépare sur le site. Nous n’avons pas visité le géocenter, il a l’air intéressant et a été primé pour son architecture en grande partie souterraine pour ne pas détériorer le paysage.

p1070067p1070077p1070091p1070097

Le lieu se targue de disposer du « plus grand escalier du Danemark » (près de 1000 marches). Il est très bien conçu et se marie à la végétation en épousant les flancs escarpés. Attention, il faut être en forme, par contre, pas trop de sensation de vertige grâce aux arbres. Nous marchons beaucoup, parcourons également le sentier côtier avec vue sur le vide, descendons, remontons, capturons le paysage sous un maximum d’angles de vue. C’est joli, sauvage et sur la plage étroite, les galets sont mouillés par la pluie et on joue avec la peur qu’une vague un peu trop forte vienne lécher la falaise, nous mouillant ou nous emportant. Et dire que demain, les triathlètes nageront dans cette eau avant de remonter l’escalier…comment se mettre dans le rouge d’entrée de jeu.

Après une pause au café du Geocenter, retour à la voiture direction les églises où nous admirons les fresques naïves, peuplées de monstres et d’histoires oubliées, les bateaux, les jolis cimetières qui pourraient presque figurer sur une carte postale. Nous visitons ainsi les 3 églises principales : Keldby, Elmelund et Fanefjord. Il est facile de circuler sans gps en suivant simplement les plaques et c’est plaisant de se laisser aller en faisant confiance au prochain carrefour. L’île est petite et il y a peu de circulation.

p1070114p1070120p1070135p1070139p1070142p1070144

Ensuite c’est parti pour la dernière attraction touristique de l’île, impossible à manquer quand on voyage avec une préhistorienne : les tumulus (qui sont des chambres funéraires) et les dolmens. Le premier est long d’une quinzaine de mètres, mais on ne peut y pénétrer. Le deuxième dispose de deux couloirs et en se trainant dans l’un deux, on peut « contempler » des restes humains à travers une vitre. Le tout à la lumière de nos téléphones…inquiétant et insolite. Au troisième, S. se fait mal au crâne en sur estimant la hauteur du « plafond » (ou en sous-estimant sa taille) et se consolera en admirant la vue posée sur les dolmens voisins. La journée, dernière de notre voyage au Danemark (le lendemain, lever tôt, ferry pour l’Allemagne et back home), se termine face à une pizza douteuse dans un bar de Stege.

img_3186

p1070196

Epilogue

Comme vous avez pu le lire, j’ai adoré ce voyage. J’ai aimé le début, et adoré la fin. Mes coups de cœur vont à Tivoli, Helsingor, les longues balades dans Copenhague et Mon qui, sur un petit territoire nous a permis de profiter d’expériences et découvertes incroyablement variées.

Le Danemark c’est cher, mais finalement pas tant que ça. En s’y prenant à l’avance, on a dégotté des prix plus que corrects pour l’Europe. On a aussi souvent trouvé (à part sur Mon) un bon rapport qualité prix pour la bouffe. On a dépensé quand il fallait pour visiter, on avait quand même fait le trajet pour ça. Enfin, on a voyagé en voiture et on avait emmené de quoi petit déjeuner et faire des breaks ainsi que des couverts. Ne vous laissez pas trop vite décourager en vous disant que c’est impayable.

Le transport : c’était cool d’y aller en voiture, franchement sans hésiter. Bon ça dépend où vous vivez, mais depuis la Belgique ou l’Est de la France, c’est pas pire que de descendre dans le Sud. A part Hambourg où ça bouchonnait (genre comme à Lyon), on n’a pas regretté. Pas de location, pas de frais supplémentaires, le carburant était moins cher qu’ici, les routes sont excellentes et les gens roulent de façon très disciplinée. En plus, l’avion, ben ça pollue donc à éviter tant qu’on peut.

Je retournerais volontiers au Danemark, en voiture ou même en train (la liaison pour Copenhague se fait moyennant un ou deux changements en Allemagne). Je rêve d’aller en Norvège maintenant, pourquoi pas en y allant par le pont de l’Oresund…

A bientôt dans de prochains carnets de voyage, le prochain n’est pas encore fixé, mais j’ai des idées tant pour le nord que pour le sud…

PS: dernière image humoristique: on ne sait pas pourquoi mais le jour du départ, nous nous sommes aperçues avec effroi que mon gps qui normalement inclut toute l’Europe, refusait de nous accompagner au Danemark…

img_2931
Frontière germano-danoise