24h à Lille

Le weekend dernier, j’ai eu la chance d’aller à Lille. J’y allais pour retrouver mon amie V., qui vit à Paris. Cela faisait des années que nous ne nous étions pas vues, la vie faisant que… J’ai choisi d’y aller en train, de regarder défiler mon pays par la fenêtre, de  faire halte dans des gares inconnues aux noms de clubs de footballs. Il m’a fallu plus de trois heures aller et plus de trois heures retour pour parcourir quoi…250km ? Vive les transports en commun. Mais je ne regrette pas, ce voyage a été la césure avec une semaine difficile. L’occasion d’écouter de la musique, de me sentir rajeunir et partir à l’aventure. Pas besoin d’aller loin et pour longtemps pour se sentir en voyage, en transit, en découverte…

Lille und die Sch'tis | Urlaubsguru.de

Arrivée à Lille, repérage de l’hotel, serrer une amie dans ses bras, se dire qu’elle nous a manqué, mais aussi qu’elle n’a pas changé, partir à la découverte des places à l’architecture familière puisque flamande, apéro en terrasse, flâner, parler, se re découvrir, se sentir comme si on ne s’était jamais quittées, se dire que c’était bien trop long, mise à jour de nos vies, souvenirs, se dire que la petite flamme qui nous anime est intacte après des épreuves qui l’ont forcée à l’hibernation, se balader, sans carte, être des touristes désorganisées, ne pas prendre de photos correctes mais capturer l’instant avec tous ses sens, être présente, se détendre, laisser les soucis s’éloigner comme un nuage après l’orage, profiter de la parenthèse que l’on a réussi à s’octroyer, dormir, se réveiller, dormir, se régénérer, dormir sans culpabilité. Le matin venu repartir à l’assaut de la ville, sans se presser, sans urgence, s’émerveiller rue de la Clef, l’arpenter, ne pas savoir où poser le regard, s’arrêter dans une jolie brasserie pour un café, repartir, se faire un cadeau, un cadeau qu’on ne se serait pas fait avant, avoir la satisfaction de pouvoir se l’octroyer, rêver à l’été, se dire qu’on a de la chance d’avoir rencontré de belles personnes, des personnes rares, qui nous connaissent, qui voient notre âme et qu’une fois que l’on a saisi cela, qu’importent la distance et le temps, on n’est jamais seul, il suffit de regarder le ciel…

Mes bonnes adresses et bons plans :

  • Railpass en Belgique jusque Tournai ou Courtrai puis acheter juste l’aller retour pour Lille. Ca revient alors à plus ou moins 27 euros aller-retour de n’importe où en Belgique.
  • L’hotel Balladins : je ne connaissais pas cette chaine qui a plusieurs établissements en France et même en Belgique. 65 euros la nuit pour une chambre double. L’un des meilleurs rapports qualité-prix de ma vie : en face de la gare mais au calme car les chambres donnent sur l’arrière, salle de bain spacieuse et propre, literie très confortable, coffres avec clefs pour laisser les bagages, terrasse avec vue au 7° étage depuis la salle du petit déjeuner. Un vrai bon plan, je leur ai mis 10 sur booking.
  • Dans la boutique Lili Cabas, rue de la Clef, je me suis offert une robe. Elle est plus chère que les robes de la fast fashion. 120 euros, mais j’ai tellement économisé ces derniers mois que je l’ai emportée sans culpabilité. Pas seulement économiquement parlant puisqu’elle est en viscose naturelle (sans microplastiques) et de fabrication française. C’est l’étiquette « made in Roubaix » qui a attiré mon regard. Je vous invite à découvrir la marque Quintessence, fabrication européenne et livraison possible.

Les petits plaisirs

Bonjour à tous, me revoici avec un nouvel article un peu différent. En ce moment je procrastine un peu beaucoup et je n’ai toujours pas rédigé mon bilan tri et minimalisme annoncé début février. La faute au splendide temps de février qui m’avait donné des envies de nettoyage de printemps et à celui de mars (plutôt inqualifiable) qui me laisse aujourd’hui avec l’énergie d’un mollusque sous valium. J’ai donc décidé de ne pas m’auto-flageller et de reporter de bel objectif à des jours plus doux et plus propices, lorsque j’en aurai l’envie.

Néanmoins, les dernières semaines n’ont pas été trop dégueulasses et je saisis l’occasion pour lister ici les choses qui m’ont fait plaisir malgré le temps maussade, découvertes et moments simples qui égaient le quotidien si on prend le temps de les savourer :

  • Décorer un arbre de Pâques : alors oui c’est clairement commercial et non minimaliste, mais j’avais craqué l’an dernier sur de jolies décos. Là, j’ai juste acheté des branches de cerisier et deux nouvelles boules (celles qui ressemblent à de petites montgolfières) et je ne culpabilise même pas car, tout comme mon sapin de Noël en son temps, ce petit arbre me procure du plaisir au quotidien. Il n’est pas très grand et c’est une pointe de verdure que j’apprécie, n’ayant ni jardin ni terrasse. Vous allez me dire que Pâques est encore loin, mais voilà, je l’ai fait dans la frénésie des beaux jours de février. N’est-il pas adorable ?

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  • Programmer une escapade d’une nuit à Lille pour retrouver une amie que je n’ai pas vue depuis (beaucoup) trop longtemps. La vie a fait que…mais elle m’a beaucoup manqué et je me réjouis ! L’occasion de parler, refaire le monde, découvrir mieux Lille, dénicher je l’espère des endroits cosy où prendre le thé et des artisans inspirants. Et puis j’adore passer la nuit à l’hôtel !!!
  • Parcourir des guides sur l’Angleterre empruntés à la bibliothèque et commencer une liste de lieux à ne pas manquer lors d’un périple qui n’a pas encore de début ni de durée. Se laisser aller à rêver et s’imaginer parcourir la côte en train jusqu’en Cornouailles et dans les Cotswolds…
  • S’essayer à un atelier couture. On pourrait facilement me décrire comme l’antithèse de « la fille bonne à marier » (patriarcat mon ami, que de belles expressions tu nous as inventées) : je n’aime ni cuisiner, ni jardiner, ni coudre, ni rien… La cuisine, je pense que c’est foutu, mais mes ambitions écologiques et de simplicité m’ont poussée à m’inscrire à un atelier zéro déchet chez Koxinel’s à Liège. J’ai passé une après-midi fantastique, ça m’a vidé la tête et j’étais comme dans un petit cocon créatif. Je n’ai pas vu le temps passer et j’ai été guidée pas à pas. Moi qui y allais juste dans une logique anti gaspi et pour pouvoir me débrouiller un minimum, j’ai trouvé ça amusant de dessiner un patron et se servir d’une machine. J’ai bien envie d’y retourner dans une formule « coudre un sweat ou une jupe » et de voir si je peux devenir plus autonome et fabriquer des vêtements ou de jolies choses à offrir. J’ai trouvé cela très reposant, quasi méditatif, moi qui ai un travail très cérébral et qui passe mon temps dans ma tête de façon générale.
  • Passer du temps avec ma filleule qui aura deux ans fin du mois. Après une phase où elle ne réclamait que ses parents, voilà qu’elle s’ouvre et m’adopte peu à peu. Moi, je l’ai aimée dès le début et mon cœur fond lorsqu’elle m’appelle marraine et court dans mes bras. La regarder grandir est une magnifique aventure et je rêve de plein de moments de complicité futurs avec elle et sa grande sœur.

Voilà, c’est tout pour le moment. Et vous quels sont vos plaisirs du moment et vos découvertes ?

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Roadtrip au Danemark 5: Mon + épilogue

Me voici enfin arrivée au cinquième et dernier carnet de voyage de notre roadtrip au Danemark. Vous pouvez retrouver mes autres articles en cliquant sur les liens ci-après :

Roadtrip au Danemark 1: Odense

Roadtrip au Danemark 2: Roskilde

Roadtrip au Danemark 3: Helsingor et le château de Kronborg

Roadtrip au Danemark 4: Copenhague

En route pour l’île de Møn. Je ne l’écrirai qu’une fois correctement, car c’est vraiment pénible la manœuvre pour insérer ce caractère nordique et je suis trop nulle pour créer un raccourci clavier, si toutefois c’est possible J. A prononcer Meun. La route est belle, elle dure un peu plus d’une heure et nous traversons encore de majestueux ponts.  Nous arrivons enfin à Stege, petit bourg et « capitale » de l’île. Nous rejoignons le Birkely Bed and Breakfast où notre sympathique hôte nous accueille. Je vous recommande ce logement : petit déjeuner copieux si vous payez un supplément (nous avons eu assez pour nous faire des sandwiches pour le midi), chambre spacieuse, tranquillité et salle de bain à partager avec la seule autre chambre.

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C’est le soir, promenade dans Stege, le bord de l’eau, le bras de mer intérieur, les jolies petites maisons, les anciens remparts et l’unique porte qui subsiste. Nous sommes surprises par la présence d’une jolie maquette de bateau suspendue dans la nef de l’Eglise. Nous avions lu que les églises de l’île étaient décorées dans le style « naïf », mais ce fut une double surprise d’y trouver des navires, offerts par des marins en échange de protection. Avant d’aller plus loin , une définition de l’art naïf selon wikipedia : L’art naïf désigne la manière d’aborder la peinture par les « peintres naïfs », dont l’une des principales caractéristiques plastiques consiste en un style pictural figuratif ne respectant pas — volontairement ou non — les règles de la perspective sur les dimensions, l’intensité de la couleur et la précision du dessin. Le résultat, sur le plan graphique, évoque un univers d’enfant, d’où l’utilisation du terme « naïf ». L’inspiration des artistes naïfs est généralement populaire et le terme s’applique aussi à des formes d’expression populaires de différents pays, notamment au courant artistique le plus connu d’Haïti .

Le lendemain matin, il fait gris et un peu pluvieux. Direction la falaise de craie, le principal point d’intérêt touristique de l’île avec les fresques naïves et les tumulus dont je parlerai plus tard. Wikipedia encore nous apprend que ces falaises font 7km de long, sont en craie et culminent à 128m. Nous décidons de ne pas nous garer au parking du geocenter, mais plutôt sur un petit parking forestier et de faire les derniers hectomètres à pieds dans les bois. Il pleuvine et nous trouvons des balises dans les bois. Nous croisons des cyclistes et nous nous apercevons bientôt qu’un triathlon se prépare sur le site. Nous n’avons pas visité le géocenter, il a l’air intéressant et a été primé pour son architecture en grande partie souterraine pour ne pas détériorer le paysage.

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Le lieu se targue de disposer du « plus grand escalier du Danemark » (près de 1000 marches). Il est très bien conçu et se marie à la végétation en épousant les flancs escarpés. Attention, il faut être en forme, par contre, pas trop de sensation de vertige grâce aux arbres. Nous marchons beaucoup, parcourons également le sentier côtier avec vue sur le vide, descendons, remontons, capturons le paysage sous un maximum d’angles de vue. C’est joli, sauvage et sur la plage étroite, les galets sont mouillés par la pluie et on joue avec la peur qu’une vague un peu trop forte vienne lécher la falaise, nous mouillant ou nous emportant. Et dire que demain, les triathlètes nageront dans cette eau avant de remonter l’escalier…comment se mettre dans le rouge d’entrée de jeu.

Après une pause au café du Geocenter, retour à la voiture direction les églises où nous admirons les fresques naïves, peuplées de monstres et d’histoires oubliées, les bateaux, les jolis cimetières qui pourraient presque figurer sur une carte postale. Nous visitons ainsi les 3 églises principales : Keldby, Elmelund et Fanefjord. Il est facile de circuler sans gps en suivant simplement les plaques et c’est plaisant de se laisser aller en faisant confiance au prochain carrefour. L’île est petite et il y a peu de circulation.

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Ensuite c’est parti pour la dernière attraction touristique de l’île, impossible à manquer quand on voyage avec une préhistorienne : les tumulus (qui sont des chambres funéraires) et les dolmens. Le premier est long d’une quinzaine de mètres, mais on ne peut y pénétrer. Le deuxième dispose de deux couloirs et en se trainant dans l’un deux, on peut « contempler » des restes humains à travers une vitre. Le tout à la lumière de nos téléphones…inquiétant et insolite. Au troisième, S. se fait mal au crâne en sur estimant la hauteur du « plafond » (ou en sous-estimant sa taille) et se consolera en admirant la vue posée sur les dolmens voisins. La journée, dernière de notre voyage au Danemark (le lendemain, lever tôt, ferry pour l’Allemagne et back home), se termine face à une pizza douteuse dans un bar de Stege.

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Epilogue

Comme vous avez pu le lire, j’ai adoré ce voyage. J’ai aimé le début, et adoré la fin. Mes coups de cœur vont à Tivoli, Helsingor, les longues balades dans Copenhague et Mon qui, sur un petit territoire nous a permis de profiter d’expériences et découvertes incroyablement variées.

Le Danemark c’est cher, mais finalement pas tant que ça. En s’y prenant à l’avance, on a dégotté des prix plus que corrects pour l’Europe. On a aussi souvent trouvé (à part sur Mon) un bon rapport qualité prix pour la bouffe. On a dépensé quand il fallait pour visiter, on avait quand même fait le trajet pour ça. Enfin, on a voyagé en voiture et on avait emmené de quoi petit déjeuner et faire des breaks ainsi que des couverts. Ne vous laissez pas trop vite décourager en vous disant que c’est impayable.

Le transport : c’était cool d’y aller en voiture, franchement sans hésiter. Bon ça dépend où vous vivez, mais depuis la Belgique ou l’Est de la France, c’est pas pire que de descendre dans le Sud. A part Hambourg où ça bouchonnait (genre comme à Lyon), on n’a pas regretté. Pas de location, pas de frais supplémentaires, le carburant était moins cher qu’ici, les routes sont excellentes et les gens roulent de façon très disciplinée. En plus, l’avion, ben ça pollue donc à éviter tant qu’on peut.

Je retournerais volontiers au Danemark, en voiture ou même en train (la liaison pour Copenhague se fait moyennant un ou deux changements en Allemagne). Je rêve d’aller en Norvège maintenant, pourquoi pas en y allant par le pont de l’Oresund…

A bientôt dans de prochains carnets de voyage, le prochain n’est pas encore fixé, mais j’ai des idées tant pour le nord que pour le sud…

PS: dernière image humoristique: on ne sait pas pourquoi mais le jour du départ, nous nous sommes aperçues avec effroi que mon gps qui normalement inclut toute l’Europe, refusait de nous accompagner au Danemark…

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Frontière germano-danoise

 

Roadtrip au Danemark 3: Helsingor et le château de Kronborg

Troisième étape de notre voyage au Danemark qui a duré même pas 10 jours mais qui s’étire durant des mois sur éclats d’âme. Nous décidons de visiter le château de Kronborg à Helsingor, ou Elseneur en français. Cela nous demande de faire un détour vers le Nord avant de replonger vers la capitale dans la soirée. Le château de Frederiksborg était également tentant, mais j’ai craqué pour Helsingor qui serait le château qui a inspiré Shakespeare pour écrire sa plus célèbre tragédie, Hamlet. Impossible à manquer pour une comédienne anglophile fan de l’auteur. Etonnement, il semblerait que Shakespeare n’ait jamais visité cet endroit, il n’a donc été inspiré que par des récits et des œuvres picturales pour donner un cadre aux tragiques aventures du fils du roi du Danemark.

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Cette visite, et cette journée en général, a été mon premier grand coup de cœur du séjour et je m’en rappellerai longtemps. Le soleil nous accompagnait toujours, il n’y avait pas trop de monde et l’endroit est tout simplement somptueux, en bord de mer avec vue sur la Suède. Le château est encerclé de canons car c’est l’entrée vers la mer Baltique et c’était il y a quelques siècles un important point de contrôle pour repérer les envahisseurs éventuels. Les navires marchands devaient également s’acquitter d’une taxe en passant, sous peine de se voir pris pour cible.

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Nous avons passé plusieurs heures à visiter ce merveilleux château, à contempler la Suède voisine du haut des tours et à écouter le ressac des vagues sur les galets en appréciant chaque instant dans ce cadre magnifique. Nous avons également bénéficié d’une visite guidée des appartements royaux, salles de réception et des sous sols où logeaient les armées en temps de guerre dans d’effroyables conditions. Il se raconte que les banquets duraient des jours et qu’un roi, je ne me souviens plus lequel, aimait faire tirer des salves de coups de canons. Les immenses fenêtres se brisaient alors parfois et les petites mains du château devaient s’employer à les remplacer durant le sommeil des puissants afin que les festivités puissent reprendre dès leur réveil. Imaginez-vous… J’ai également été émue en découvrant une pièce dédiée à une expo photo de portraits des comédiens et comédiennes venus jouer Hamlet lors de représentations au sein même de la forteresse au fil du temps, de Laurence Olivier à Jude Law, etc…

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vue sur la Suède

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Une fois cette enchanteresse visite achevée, nous dirigeons nos pas vers le centre ville. Nous marquons un premier arrêt près du centre culturel voisin du château et nous sirotons notre première limonade danoise en plein soleil avec vue sur de rutilants voiliers restaurés.

Nous poursuivons par une visite de la ville en suivant partiellement un sentier touristique tracé au sol. Après deux heures d’une balade qui nous envoie de la mignonnerie dans les mirettes en veux tu en voilà, nous retournons à la voiture et prenons la direction de Copenhague. Que de jolis souvenirs déjà engrangés alors que nous n’avons pas encore atteint la capitale…A suivre…

Roadtrip au Danemark 2: Roskilde

En route pour la seconde étape de mon périple danois. Ça prend du temps, mais distiller les récits durant plusieurs mois fait durer le plaisir. Et pour garder les détails frais en mémoire, j’ai écrit manuellement dans un carnet de voyage à mon retour. Ecrire à la main est vraiment quelque chose que j’apprécie et dans mon joli carnet, j’ai également collé des morceaux de plans, des tickets et des cartes de restaurants. Cela fait de beaux souvenirs. Bref, nous nous étions quittés à Odense. La seconde étape du voyage était Roskilde qui se situe sur une autre île. Nous avons quitté la Fionie pour l’île de Seeland et traversé notre premier vrai grand pont, appelé liaison du Grand Belt et long de 18 kilomètres. Ai-je besoin de mentionner que c’était assez flippant impressionnant ?

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Nous faisons étape pour deux nuits au BB Roskilde où nous sommes accueillis par notre hôte Robert. Le studio est conforme aux photos sur booking. Elle est située sous leur maison et dispose d’une petite terrasse arborée. Ambiance « hyggelig » à souhait. Salon, coussins, lits moelleux. Déco cosy et de bon goût, chaleureuse sans être chargée. Je me couche et poursuis la lecture de « Désaxé » de Lars Kepler, un polar nordique dont je parlais ici et qui permet de rester d’humeur nordique (et inquiétante).

Nous avons choisi Roskilde comme étape pour plusieurs raison : sa proximité avec Copenhague (pour l’étape suivante), sa cathédrale classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, son fjord et son musée des bateaux vikings.

Nous avons énormément marché durant notre journée de visite. Le temps est radieux. Nous descendons au fjord via un parc et de tranquilles quartiers. Ensuite, nous le longeons jusqu’au centre ville. Nous empruntons un sentier qui passe à l’arrière de jardins donnant sur la mer et je fantasme sur la vue que j’aurais d’une de ces demeures. Certaines disposent même de mini vérandas au fond du jardin et je m’imagine tellement y lire et siroter mon thé emmitouflée dans des plaids réconfortants en automne et au printemps lorsqu’il fait trop frais pour profiter de la terrasse. Quel rêve !

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Nous visitons le Musée des bateaux vikings. Comme à Odense, il faut prévoir un petit budget, mais la muséographie est très belle et le ticket nous donne droit à plusieurs visites guidées. On peut aisément y passer une demi-journée et les amateurs d’archéologie s’y retrouveront. Pour ma part, lire les panneaux m’a suffi à l’intérieur du musée et j’ai décroché de la visite guidée, mais j’ai beaucoup aimé celle proposée en extérieur. Là bas, un charmant guide spécialisé en archéologie expérimentale -ils s’attèlent à construire des bateaux en utilisant les techniques de l’époque- nous explique la démarche avec passion.

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Direction ensuite la fameuse cathédrale et ça monte, ça monte. Je ne la trouve pas magnifique de l’extérieur, mais l’intérieur regorge de merveilles à découvrir. C’est ici que reposent la majorité des monarques danois et le tombeau de l’actuelle reine est déjà prêt à l’accueillir, dissimulé jusqu’à son décès aux yeux du public par une installation assez improbable. A noter également une chaire impressionnante, un balcon royal aux motifs finement ciselés et l’horloge qui représente la scène de St Georges terrassant le dragon et qui s’anime toutes les heures, le dragon succombant dans un étrange cri/grincement. A l’étage, détail typiquement danois, les différentes étapes de construction-restructuration-agrandissement de la cathédrale à travers des siècles sont représentées sur des maquettes en légo réalisées par un passionné. Amusant.

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L’après-midi touche à sa fin et nous constatons qu’en ce dimanche la ville est déserte. Ironiquement, l’endroit le plus insolite que nous visitons sera le cimetière, premier d’une longue série. Je reviendrai sur ce point, les cimetières scandinaves sont tellement plus « vivants » que ceux de chez nous !

Nous redescendons vers le fjord et visitions un quartier de petites maisons typiques avant de rejoindre notre airbnb au prix d’une longue marche et d’une montée éprouvante. Comme nous avons fait le tour de ce que nous voulions voir, nous décidons de consacrer la journée du lendemain  à la visite du château d’Helsingør, au prix d’un léger détour  avant de rejoindre Copenhague dans la soirée. Suite au prochain épisode.

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Carte postale de Bruges

Matin d’hiver – le train vers la mer – la bruine dans le ciel flamand – les pavés luisants – effluves de chocolat dans les narines – poésie nordique – encore la bruine – marcher, flâner, se laisser aller au hasard des ruelles qui voient défiler le monde – la magie des illuminations sur le Markt – Beffroi des libertés –  les bateaux chargés de touristes bravant l’humidité, leur voyage de l’année – marcher encore marcher – souper et dormir sur un bateau – la chambre blanc or bois, cocon sur les flots – souvenirs de sorties scolaires – parures rubis et or sur les façades – les cygnes qui règnent sur le Minnewater – jardins secrets – le béguinage apaisant – encore des lumières – se réveiller sur le canal – parenthèse atypique – battre le pavé – se réchauffer avec un doux breuvage lacté – se retourner et encore s’émerveiller – souvenirs et chaud au cœur – reprendre la direction de la gare – voyager avec des yeux d’enfant…

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Adresses pour une escapade brugeoise de qualité :

  • le Boat hotel de barge : un hôtel sur une ancienne barge à 5 min à pieds de la gare, 5 min du Minnewater et 15 min du Beffroi, c’est charmant, le personnel est absolument adorable et parle français. La literie est très bonne et le petit déjeuner est compris. Je vous conseille également leur restaurant. Un sans faute pour ma part.
  • L’espresso bar I love Coffee : à 200 mètres du Markt, une chouette adresse, déco industrielle lounge, un vertigineux choix de latte aromatisés, mais aussi des thés et des limonades maison. Un vrai coffee bar davantage fréquenté par les habitués que par les touristes, ce qui est malheureusement difficile à trouver dans l’hyper centre.
  • Olleke : attention les geeks craquage en vue, petite boutique (mais en ligne je vois qu’on peut commander) pour les fans de Harry Potter principalement, mais aussi du Seigneur des anneaux, les Animaux Fantastiques, Star Wars et Stanger Things. Produits dérivés, papeterie, figurines pop… J’ai craqué sur un pins du vif d’or et je suis une Potterhead comblée.
  • La féérie de Noël dans ce magasin, filiale d’un producteur allemand de décorations de Noël. Je pense que je n’en ai jamais vu de plus beau : décorations, calendriers de l’avent, horloges, maisons de poupées, etc… Le tout apparemment fait main, en bois, en verre et en métal. Les prix sont un peu élevés forcément, mais rien que pour le plaisir des yeux ça vaut le détour et pour (vous) faire un cadeau qui ne soit pas « made in china », la bonne adresse.
  • Une adresse que je n’ai pas testée, mais dont j’ai admiré plusieurs fois le lustre magistral, les ouvriers au travail et les délices exposés, Le Merveilleux qui, comme son nom l’indique propose cette pâtisserie à base de meringue dans des variations que je n’aurais pu imaginer. Pour ma prochaine visite sans doute, cela faisait rêver en tout cas…

Roadtrip au Danemark 1: Odense

Il y a maintenant plus de deux mois que je suis revenue du Danemark. Je suis partie avec mon amie S. pour un roadtrip là-bas. Je rêvais de retourner en Scandinavie depuis ma visite de Stockholm et de son archipel qui remonte déjà à l’été 2017.Tout vient à point à qui sait attendre et je n’ai pas été déçue.

Dans cet article, je vous parlais de l’émotion si particulière et de ce sentiment d’appartenance que je ressentais lorsque je voyageais dans le Sud et particulièrement en Espagne ou en Italie. J’adore également le Nord, pour de toutes autres raisons…la sérénité qui s’en dégage, une impression de ralenti, les intérieurs douillets, le blond polaire des enfants, le bois naturel et la chaume… Il y a bien aussi une émotion du nord qui s’empare de moi presque dès que je franchis la frontière qui me sépare des Pays-Bas et qui va crescendo à mesure que j’approche de la mer Baltique.

Notre voyage a compté plusieurs étapes et nous avons logé en 4 endroits différents. Je pense que cela ne tiendra pas en un seul article, mais sans doute en 3 ou 4.

Travel to Denmark - Episode 74 - Amateur Traveler Travel ...

C’est par Odense, capitale de la Fionie, que nous commençons, à l’issue d’une longue route qui nous aura permis d’apprécier un pays paralysé par les travaux, j’ai nommé l’Allemagne. Lorsque nous arrivons, au Danhostel d’Odense, réservé sur booking, l’heure du souper est déjà dépassée et nous trouvons simplement une enveloppe à mon nom scotchée au volet baissé de la réception. Cette enveloppe contient la clé d’un dortoir de 9 privatisé pour nous. L’atmosphère est étrange, il fait déjà noir et après un paquet de miracolis rapidement cuisiné dans la cuisine collective, nous nous retirons dans notre dortoir. Il y a plusieurs Danhostels au Danemark et deux à Odense. Nous avons dormi dans celui qui est hors du centre ville, situé dans un grand bâtiment en U avec des colombages et donnant sur une grande cour pavée. Nous avons également vu celui, beaucoup plus moderne, de Roskilde, au bord du Fjord. Le nôtre était correct, mais une fois payé le supplément pour les draps, ça ne nous est pas revenu moins cher que le reste. Je n’ai plus les prix exacts en tête, mais en s’y prenant 4-5 mois à l’avance sur booking, nous avons trouvé des logements à prix corrects (pour l’Europe du nord et des chambres privatives, il va sans dire que c’est plus cher qu’un dortoir au Pérou), je pense qu’on en a eu pour 40€ par personne et par nuit en moyenne. Par contre, je confirme, la vie est chère au Danemark, TOUT est cher…

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Le lendemain, nous voilà parties à l’assaut des rues d’Odense qui est, comme l’Allemagne, en travaux ! Mais de gros travaux… Odense est la ville natale du héros national Hans Christian Andersen. Et même si la ville lui rend déjà plus qu’hommage, les autorités ont décidé de construire un énorme parc qui s’annonce féérique en plein centre ville : chemins, espaces verts et lieux de détente inspirés par la vie et l’œuvre de H.C.A. au programme. Cela s’annonce délicieux, mais pour l’instant c’est à l’état de cratère et nous a occasionné bien des détours. Néanmoins, nous avons apprécié cette petite ville de charme et avons visité l’ensemble des musées dédiés à l’auteur. Avec un pass qui coûte environ 25€ on se lance sur ses traces et on peut visiter son musée, sa maison natale, la maison de son enfance, ainsi qu’un musée plus général sur l’histoire de la Fionie. Les maisons modestes et colorées du quartier où il est né sont toujours là et on a le sentiment de se promener dans une carte postale, tout est si petit, si calme, si doux… Nous en apprenons également un peu plus sur l’histoire de la ville et découvrons quelques endroits de charme et insolites :

  • la hutte des elfes qui fait partie du complexe muséal et ou enfants et adultes (nous ne nous sommes pas privées) peuvent se déguiser et déambuler dans ce qui ressemble à une tanière d’elfes avec arbres creux reconstitués, coins lecture, lits, ménagerie, tout pour se réinventer une vie de contes de fées et perdre toute notion du temps
  • les jardins communautaires, organisés comme de véritables campings, où les citadins et les amoureux de jardinage peuvent s’offrir un lopin de terre à fleurir ou cultiver. J’ai été séduite à cette idée et j’ai complètement craqué à la vue de leurs abris de jardin qui ressemblent davantage à des tiny houses.
  • Le parc derrière la cathédrale, sa roseraie et ses statues
  • L’horloge animée par des créatures fantastiques qui carillonne toutes les heures et offre un spectacle de quelques minutes sur la petite place qui fait face au musée Andersen.

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Cette première journée m’a charmée et le destin d’Andersen m’a touchée. Je me dis que je lirais bien ses contes en rentrant, c’est jusqu’à maintenant resté un vœux pieux. Je garde un souvenir de mon regard hébété face aux boites aux lettres des immeubles aux multiples étiquettes ornées de noms exotiques. Les rues larges, la place de choix réservée aux cyclistes, le silence, les gens ne crient pas ici, les petits personnages en papier plié qu’Andersen offrait aux enfants de ses amis, je me réjouis déjà d’être au lendemain et d’aller voir la mer.

Quelques adresses :