Un été en Belgique

Comme il fut différent du dernier été, cet été. Bien sûr, la vie est actuellement différente pour tout le monde, mais l’été dernier avait été particulier. Un été de grâce. Un été détendu. Un été de voyages. Un été qui s’étirait. Cet été, j’ai rapidement renoncé à mon voyage en Italie. Je n’allais pas pouvoir voir les gens que je voulais sur place. Je n’avais pas envie d’arpenter Florence masquée. Je n’avais pas envie de participer à la recrudescence de l’épidémie. Et il m’en coûte. Car, alors qu’avant l’été dernier, je n’avais pas été en Italie depuis 8 ans, ce voyage a été un électrochoc. Je n’envisage plus ma vie sans cette connexion régulière avec ce qui est ma deuxième terre, celle qui m’a vue devenir adulte et qui m’a révélé tant de secrets sur moi-même.

Se souvenir de quoi j’étais capable…

Cet été, je l’ai passé en Belgique. Je suis, et c’est un paradoxe vu ce que je viens d’énoncer, de ces personnes qui ne pensent pas qu’il faille absolument partir. Je crois qu’il est important si on le veut, de pouvoir feuilleter le monde et je suis attachée à certains chapitres. Cependant, je ne me reconnais pas dans cette course (du moins c’est ainsi que je la perçois) à partir toujours plus loin et à visiter un maximum de destinations. Comme pour le reste, je suis slow. J’aurai tendance à retourner dans les endroits où je me suis sentie bien, au détriment de nouvelles destinations, et à y passer du temps. Apprendre un peu la langue si possible, m’y laisser vivre.

Mais revenons à la Belgique. Cet été, j’ai découvert des endroits verdoyants. Je suis allée aux jardins d’Annevoie et au château d’Hélécine. J’y ai admiré des fontaines et un paon en pleine parade nuptiale. Je suis allée nager à Bütgenbach, j’ai dépassé ma peur des eaux troubles et sauvages et je me suis immergée dans le plaisir de communier avec la nature.

Annevoie
Hélécine
Bütgenbach
Reihardstein

Cet été, j’ai profité des jardins et piscines de mes amis. Je me suis gavée de l’amour de ma filleule et de sa sœur. J’ai été une marraine comblée. Je les aime tant et je suis bien rétribuée je dois dire.

Eijsden

Cet été, j’ai perdu un être cher. Une grand-mère, une marraine. Un départ qui a ravivé une ancienne blessure, mais qui est somme toute une délivrance. Une tristesse, de la nostalgie et un apaisement. Pour elle qui était lasse. Pour nous qui la voyions vivoter. La personne que j’avais connue n’était finalement plus là depuis longtemps.

Seraing

Cet été, j’ai passé du temps avec une personne chère à mon cœur qui vit une épreuve difficile et se prépare à un dur combat. J’ai passé des après-midis à profiter de sa sagesse, à marcher avec elle en me connectant à l’essentiel, à relativiser mes soucis sans les juger. A me découvrir à moi aussi une forme de maturité étonnante.

Pays de Herve

Cet été, j’ai lu chaque jour. J’ai écrit aussi. Un peu moins régulièrement pour le blog. Un peu plus sauvagement dans des fichiers secrets. Une soirée aussi dans un atelier d’écriture du mot qui délivre. J’en parlerai peut-être lors d’un autre article.

Cet été, je me suis offert un appareil photo et j’ai capturé. Je me suis prise au jeu de poser aussi. Chercher la lumière. Devenir figurante pour la nature. M’accorder le droit d’être jolie à défaut de me trouver belle.

Cet été, j’ai acheté les produits des petits producteurs de ma région. Je me suis prélassée dans un hamac. J’ai décidé de faire de la guitare. J’ai répété, sans relâche. J’apprends à chanter, je découvre ma voix, j’essaie de l’accepter. De prendre confiance et d’oser tout lâcher. Je me suis perdue et retrouvée.

Cet été, j’ai moins couru. J’ai tenté le yoga. J’ai médité. J’ai escaladé aussi, pour la première fois depuis 20 ans je pense. J’ai eu mal aux bras, ce qui veut dire que je manque de technique. J’ai hâte de continuer, de me dépasser, d’épouser les parois et d’aller plus haut. Car, qui sait, l’été prochain…

Cet été, il est passé en un éclair et le voici maintenant indien. Cette semaine, nous entrerons dans ma saison préférée, l’automne. Nous l’accueillerons sous une température absolument anachronique. Plaisante sans doute, mais inquiétante. J’ai pour ma part hâte de rallumer les bougies, d’apprendre mes premiers accords, d’arborer mes ocres et mes rouilles, d’entendre craquer le sol sous mes bottines. Bye bye summer of 2020 !

Et vous, comment a été votre été ? Aimez-vous l’automne ?

Anxiété

L’anxiété est une vieille compagne de route pour moi. Dès l’enfance, je l’ai sentie planer, comme une mauvaise fée qui se serait penchée sur mon berceau. Elle circule dans la famille et parmi les belles choses qui m’ont été léguées, elle figure avec sa moche dégaine et m’a souvent gâché de beaux moments, voire des relations. Elle me susurre à l’oreille des croyances vénéneuses déguisées en vérité. Des mensonges qui me conduisent à me sous estimer, à me faire endosser la casquette de metteuse en scène de scénarii catastrophe et à éviter toutes sortes de dangers imaginaires. Elle s’est déjà manifestée sans que je m’y attende, un matin d’été au réveil. Elle s’invite lorsque je tiens à quelqu’un ou quelque chose que j’ai peur de perdre. Comme je crains de la voir surgir, je la provoque parfois et elle ne manque pas d’apparaitre avec son cortège de pensées paralysantes et dévalorisantes. J’aimerais penser que je l’ai vaincue pour de bon, mais d’outre tombe elle me commande de ne pas être si présomptueuse. Et pourtant, je finis toujours par gagner. Bien sûr j’y perds des plumes, bien sûr certaines cicatrices sont douloureuses, mais je ne renie pas les apprentissages que je tire de ces croisades. Cette année, avec le confinement, j’ai eu l’occasion de beaucoup réfléchir et de me sentir « alignée », pleinement consciente de qui je suis, de ce que je veux et de comment y parvenir. Puis, le monde extérieur, un monde extérieur aux apparences trompeuses et chargé d’une menace nouvelle, a rouvert ses portes et tout cela a vacillé à nouveau. Une nuit, ma vieille ennemie m’a rendu visite. J’ai senti la chambre tourner à nouveau. J’ai eu la tentation de fuir, de me reconfiner en moi-même. Et puis je me suis levée. J’avais à faire, quelqu’un avait besoin de moi et je me devais d’honorer mon engagement envers cette personne et envers moi-même. Envers la femme que je suis devenue, envers la professionnelle fiable et solide que je suis. Depuis, le chemin se poursuit et plus de visite surprise. Pourtant, rien n’est plus facile qu’avant. Pourtant ma tanière est confortable et me fait de l’œil. Mais j’ai décidé de grandir encore, d’éclore un peu plus chaque jour, de prendre le risque de tomber en sachant que j’ai les épaules pour me relever (et surtout les jambes) et que, si je tends la main, il y a fort à parier que quelqu’un la saisira.

Belgique, 29 juillet 2020

Réflexions et rêves (dé)confinés

Dans une semaine, nous arriverons à la date du 8 juin. Tout le monde espère voir rouvrir le secteur Horeca et avec lui la possibilité de revoir nos amis, nos familles… On parle aussi de réouverture de frontières et de vacances à l’étranger. On a de plus en plus de mal à être dans le présent, on attend l’étape suivante. Pour ma part, je regarde aussi beaucoup dans le rétroviseur. Je vois les sacrifices, les bénéfices collatéraux aussi. J’espère que tout cela n’aura pas été vain. Qu’on ne va pas voir l’épidémie et les comportements égoïstes et destructeurs reflamber. Je suis cependant réaliste. Les gens qui nous dirigent n’ont pas changé et c’est plus que jamais à nous, en choisissant ce que nous faisons de notre temps et de notre argent, d’impulser un changement. Les habitudes acquises durant cette période résisteront elles à la peur de la récession, aux vieux automatismes…trop tôt pour le dire.

J’ai assez bien vécu cette période. Je n’aime pas la foule et je suis de nature introvertie. Cela ne signifie pas que je suis extrêmement timide, mais que je me ressource plutôt dans mon monde intérieur que dans le monde extérieur. J’ai toujours eu besoin de moments de solitude, de descendre au plus profond de moi. J’ai sans cesse des pensées qui fusent et de nombreux centres d’intérêt. Je regarde un film, qui m’emmène sur wikipedia pour chercher des infos, qui vont me donner envie de lire tel roman, de me plonger dans l’histoire d’un pays, d’une langue ou d’un savoir faire. Ainsi, je ne m’ennuie jamais. J’aime apprendre tout simplement et grâce à internet les ressources sont accessibles et illimitées. J’ai également besoin de contact avec la nature et de me dépenser physiquement. Cela m’aide à ordonner mes pensées et à ressentir calme et bien être. Ca aussi c’était permis donc je suis restée très détendue et en forme.

Je pourrais faire une longue liste ce que qui ne m’a pas manqué durant ces deux derniers mois :

  • Les réveils à 7h du matin
  • Les embouteillages
  • Les magasins
  • Le stress
  • Le manque de sommeil
  • Le bruit des voitures
  • La recherche d’une place de parking…

J’ai même vu plein de choses qui m’ont fait plaisir :

  • Les petites choses de la nature, car j’avais le temps de me promener
  • Les producteurs locaux qui avaient beaucoup de travail et ont sans doute fidélisé des clients
  • Les villes qui aménagent enfin de vrais espaces pour les cyclistes…il y avait toujours des objections mais quand on veut/doit, on peut…
  • Les attentions et les petits mots échangés sur messenger, par sms, par téléphone…
  • La créativité
  • La bienveillance générale des gens. Nous avons pris le temps de nous soucier des autres, vraiment.
  • Les applaudissements et les concerts de trompette de ma jeune voisine les soirs à 20h
  • Les initiatives d’entraide, même entre inconnus
  • Les prises de conscience qu’il est possible de vivre autrement

Bien sûr, le temps passant, certaines choses m’ont beaucoup manqué et me manquent toujours…

N’avoir pas vu ma filleule et beaucoup de mes amis durant deux mois et on n’est pas encore au bout. Ne pas pouvoir toucher cette enfant de 3 ans quand je la reverrai, alors que je l’avais dans les bras une fois par semaine.

Un restaurant ou juste un bar en plein air…c’est sans doute lié au besoin de sociabiliser aussi. Cela me manque beaucoup plus que les magasins. J’ai envie qu’on cuisine pour moi ! Et de manger avec des gens. Heureusement on a pu le refaire depuis 15 jours avec des personnes bien précises (4 max et toujours les mêmes en Belgique) et j’allais au travail une fois par semaine où je mangeais souvent avec un ou deux collègues de permanence en même temps que moi.

Un cinéma ! Je pense que si on rouvre à des séances en limitant le nombre de personnes, je ne bouderai pas mon plaisir d’y aller, même seule. Netflix c’est bien, mais j’aime trop l’atmosphère des salles obscures.

La possibilité de faire des répétitions avec mes partenaires. Nous entamons un projet que nous espérons porter sur scène en novembre. Quoi qu’il en soit, même s’il est reporté, nous sommes dans les starting blocks…mais chacun chez soi avec son texte et sur messenger.

Passer la frontière avec les Pays-Bas…c’est probablement l’un des aspects les plus étranges de tout ceci. Les frontaliers de tous pays se reconnaitront sans doute. J’ai juste envie d’aller me promener et boire un verre dans mes coins habituels, à 5-6km de chez moi, mais dans un autre pays.

Toutes ces choses ont trait à l’être et non à l’avoir. Je pense que c’est pareil pour beaucoup de monde. Même si j’ai déchanté chez décathlon, entre ruptures de stock et impossibilité d’essayer (plus le système de tailles de décathlons qui ne ressemble à rien d’autre et le fait qu’il ne restait quasi que du xs-mais qui rentre dedans- et du xxl), je manque de matériel et vais devoir ramener le peu que j’ai acheté.

Au final, à l’avenir, personnellement, je voudrais que, malgré le déconfinement, certaines choses ne changent plus et que d’autres changent urgemment.

Je voudrais travailler moins, arrêter de vendre mon temps pour de l’argent comme disent certains convaincus. Je voudrais conserver la possibilité de télétravailler de temps en temps une demi journée (c’est dur avec mon boulot) pour tout ce qui est administratif. Je voudrais ne plus perdre mon temps en faisant inutilement des magasins, en casant trop de choses dans mes weekends ou mes soirées. Voir mes amis peut-être moins parfois mais mieux. Je voudrais continuer à prendre le temps de faire du sport, mais m’autoriser aussi à ce que certains jours ce ne soit que 30 minutes à la maison plutôt que rien du tout ou l’épuisement. Je voudrais ne pas abandonner cette créativité et passer moins de temps devant la télé pour continuer à écrire, lire et faire des projets dans ma tête.

Pour le monde en général, j’espère aussi tellement de choses. Là aussi, comme beaucoup, mais pas toujours comme nos dirigeants et ceux qui ne pensent qu’à bâtir des empires. Financer le rail et non l’aérien. Produire en Europe. Consommer local. Pouvoir continuer le télétravail pour ceux qui le veulent et le peuvent, afin de désengorger les villes. On aurait ainsi une meilleure qualité d’air et ceux qui doivent se déplacer perdraient moins de temps. Tellement, tellement de choses encore…

Et vous ? Avez-vous changé vos habitudes ? Lesquelles ? Etes-vous introverti ou vous ressourcez vous dans l’énergie des contacts sociaux ? Que rêvez vous pour la suite ?

 

Message à moi-même 🙂

 

Journal de (dé)confinement 10: du 18 au 24 mai

Dixième journal de confinement, peut-être le dernier, qui sait… Lorsque j’ai commencé en mars, je ne sais pas si je me disais que cela pouvait durer si longtemps. Je ne sais même pas si nous sommes toujours en confinement. Les magasins ont ouvert, certaines classes aussi. A mon boulot, nous nous sommes équipés et je vais y aller plus souvent, un peu au compte gouttes. Nous y allons quand c’est vraiment nécessaire et sommes priés de ne pas nous attarder et de continuer à faire chez nous ce qui peut l’être. Cela me convient. Il fallait réamorcer une phase plus active en ce qui concerne le travail, mais y être la moitié du temps et gérer le reste depuis chez moi me convient. Je ne suis pas fatiguée et j’ai une belle peau. Je me suis pesée, je n’ai pas maigri (encore que, je me suis pesée le premier jour de mes règles, ce qui n’est pas très juste envers moi-même) mais mon corps a changé, je le sens dans mes vêtements et je le vois. Je pourrais carrément vivre sur ce rythme à long terme…

En dehors de ça, j’ai profité de mes parents, de leur jardin et du bois et de la campagne derrière chez eux. Je suis allée courir et marcher et ça m’a fait du bien de retrouver ces endroits familiers et pourtant interdits durant deux mois, de troquer les bords du fleuve asphaltés contre les bois, les champs et leurs sentiers pleins d’aspérités, le relief un peu plus changeant. Ca a été dur, j’ai dû raccourcir mes foulées, chercher mon souffle, ma cheville se plaint un peu…

Je ne suis pas retournée dans les magasins, je suis toujours confinée psychologiquement. Les pulsions d’achat ont disparu, pour peu qu’il en restait. Il faudrait que j’aille chez décathlon ou dans un magasin de sport, mes chaussures sont usées.

Je réfléchis beaucoup sur les habitudes que je veux garder, que je veux changer, mais je pense écrire un article entier là-dessus pour creuser le sujet. Je ne sais pas si ce journal de confinement est le dernier ou non. J’ai envie d’écrire sur d’autres choses, sous d’autres formats, même si inévitablement on y reviendra, c’est notre quotidien.

Cette semaine, je me suis sentie plutôt bien. Il y a eu un jour férié dont j’ai bien profité. Un vendredi où je me suis autorisée à ne répondre qu’en cas d’urgence et à différer des tâches, un samedi à ne pas faire grand-chose, à part aller courir un 7km plus vite que jamais. Merci les sentiers et les côtes, lorsque je retrouve le plat, tout me semble plus facile.

Il y a eu une pédicure que j’attendais depuis une semaine. En fait depuis plus que cela, mais elle ne pouvait pas travailler. Mes pieds ont repris forme humaine eux qui sont maltraités dans mes chaussures de sport et que je néglige trop souvent. J’espérais un massage, je m’en faisais une joie, ma pédicure prodigue des drainages lymphatiques merveilleux, mais le coronavirus m’en a privé. Drainer la lymphe peut déclencher des symptômes lorsqu’on est porteur d’un virus. Malheur, il ruine mon bonheur de la semaine celui-là.

Cette semaine, j’ai beaucoup lu. Vite, allègrement, au jardin, dans mon lit, dans mon bain, sur mon sofa. La lecture m’a toujours été d’un grand secours, me sauvant de l’ennui, de l’angoisse, de la solitude, de la tristesse… Ici je suis dans le plaisir pur de la lecture, je m’en donne à cœur joie.

Il y a eu des expérimentations culinaires, un art qui n’est pas du tout mon art de prédilection. Le temps et l’envie de manger mieux et d’apprendre à me servir des protéines végétales au service de ma santé et de ma forme me poussent à tenter des choses et j’y trouve une certaine satisfaction.

Cette semaine, on parle beaucoup des vacances dans la presse. De la Grande Bretagne qui va imposer une quarantaine. Mais aussi de pays comme l’Espagne et l’Italie qui ne prévoient pas cette mesure et invitent les touristes. La première vague n’est pas encore tarie…je me demande comment un tel risque peut-être pris à partir de la mi juin. Nous ne pouvons pas revoir nos proches (4 maximum en Belgique, même si je pense que 80% de la population triche) avant le 8 juin, mais nous pourrions partir à l’étranger une semaine ou deux plus tard… Alors qu’apparemment des dizaines de personnes ont été contaminées en Allemagne début mai au cours d’un service religieux…un seul service. Je me demande si tout cela est bien vrai. Tant d’efforts et de privations pour rouvrir tout d’un coup ? Pour ma part, je vais laisser passer juin et juillet avant d’envisager quoi que ce soit. Un peu de temps à la côte belge ou hollandaise. Ou ce fameux voyage en Italie, mais j’en doute. Pour le moment, vivant seule, je ne suis pas censée monter en voiture avec qui que ce soit… Il va nous falloir rester calme, car une tempête d’incohérences s’annonce.

Courage, ne vous précipitez pas, faites le bilan, notez ce que vous avez appris et ce que vous ne voulez plus, avant que tout reprenne, j’en ai bien peur, comme avant…

Journal de Confinement 9: du 11 au 17 mai

Cette semaine, la Belgique a rouvert ses magasins. Cette semaine il y a donc eu des files de fous dès lundi matin devant des enseignes telles qu’Ikea, Primark et Action…. Tout cela m’a fait revenir en tête la « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon…

Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires

Cette semaine, je ne suis allée dans aucun magasin. Je suis déjà dans une transition depuis un moment comme vous le savez. Je n’ai pas eu de mal à ne pas m’acheter de vêtements et les grandes enseignes ne me font plus rêver. Bien sûr j’ai quand même craqué durant cette période de confinement. Pour des livres essentiellement. Et pour une tablette reconditionnée après avoir poussé mon vieil ipod au bout de ses limites…

Cette semaine, j’ai pu constater les bienfaits du sport sur mon corps. Sans doute une combinaison de plusieurs choses. L’augmentation de l’entrainement par intervalles à haute intensité. Les sorties plus longues pour l’endurance. L’alimentation globalement très saine et surtout la possibilité offerte par le confinement d’écouter vraiment son corps. De manger la juste quantité au juste moment. De ne pas vivre des fringales émotionnelles ou de fatigue.

Cette semaine, et le sujet est délicat, j’ai ressenti de la colère face à la saga de la tentative désespérée de sauvetage de Brussels airlines (qui appartient désormais à Luftansa) par l’Etat Belge. Mes excuses aux éventuels employés de cette compagnie qui passeraient par ici. Je parle d’un endroit où je ne suis peut-être pas légitime puisque mon salaire a été préservé puisque je fais partie d’un secteur dit « essentiels »… Mais cela me désespère de voir l’argent qu’on est prêt à investir pour sauver une industrie polluante et non essentielle, alors même que l’auto entreprenariat, l’emploi local et le monde de la culture (des milliers et des milliers d’emplois donc nous profitons tous) sont laissés à l’abandon… Je rêve tellement que l’Etat investisse ces millions dans la culture, dans le rail également. Pour que nous puissions voyager sans détruire la planète…

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Heureusement, après cette semaine, il y a eu un weekend.

Un samedi consacré à une fête des mères décalée sur la terrasse familiale. Un brunch généreux de chez Tea Late dégusté sous un soleil généreux. Nous avons mangé le salé à midi et le sucré à 16h et il en restait. J’ai encore déjeuné le lendemain matin d’un savoureux yaourt cassis avec du granola aux pépites de chocolat et une datte en bonus. Entre les rounds salé et sucré, une balade dans la bois, à écouter les oiseaux. Et à travers champs aussi, à observer les rapaces qui planent en profitant des courants sans un battement d’ailes…

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Un dimanche de retrouvailles avec C., mon amie de toute une vie. Qui vit à 7km de chez moi et que je n’avais plus vue depuis deux bons mois. Nous avons le droit de nous promener dans la nature en respectant la distanciation sociale. Nous explorons un coin que nous ne connaissions pas au bord de la rivière, une petite enclave préservée où s’ébattent les nouvelles familles de cygnes, de canards, d’oies, de poules d’eau et de bernaches. Je ne me lasse pas de ces moments passés à observer la nature…

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Demain, nous serons encore un peu plus déconfinés. Des enfants vont reprendre le chemin de l’école. Je vais aller plus souvent physiquement au travail. Des précautions seront prises, mais des contacts doivent être repris… Ce qui est fou avec cette maladie, c’est cette suspicion autour de notre propre corps, de ses vibrations, des irrégularités de la respiration… Ce questionnement, ce doute de soi-même lorsqu’on sort d’un magasin… Est-ce que vous l’avez aussi ? Je me sens bien. Mais je ne suis pas sûre de ne pas être porteuse. Je prends toutes les précautions. J’espère que vous aussi, j’espère que cela suffira. Pour que puisse renaître une saine insouciance en ce qui concerne les contacts humains et que nous puissions nous soucier sérieusement de tout le reste.

Je vous souhaite une belle semaine. Profitez des petites choses. Voyez vos proches si vous le pouvez. Ne les touchez pas. Aimez-les autrement. Et surtout, prenez soin de vous.

 

Journal de (dé)Confinement 8: du 4 au 10 mai

Cette semaine il y a eu

Beaucoup de vidéos de Marina Rollman regardées…j’adore !

Beaucoup de sport en live avec 80 000 personnes !

Des orteils en sang après avoir couru 1h30, lentement, mais surement…

Du beau temps et une autorisation de revoir des proches, très peu, à partir de dimanche. Un respect à la lettre des consignes et une visite à mes parents dimanche. Une fête des mères dehors sous la pluie et sans cadeau. La réflexion que je dois être parmi les 1% de Belges stupides qui respectent tout à la lettre. Et qui se sont vus samedi…sous le soleil. Mais bon, j’étais contente quand même..

Une nouvelle obsession pour l’histoire de l’indépendance de l’Irlande suite au visionnage d’une série…tant d’obsessions, oui tant ! Quelqu’un a-t-il un roman irlandais à me conseiller ?

Des questions tant de questions…des articles lus, beaucoup…qui ne s’arrêtent sur aucune vérité incontestable ? Et que nous reste-t-il quand on ne peut se fier ni à Dieu, ni à la science ? L’argent ou l’art… Alors je regarde de jolies images, je lis, je colorie, je me languis…

C’est long, je ressens régulièrement une petite oppression au niveau du plexus solaire…celle que je ne ressentais avant que rarement, lorsque je passais exceptionnellement une journée sans mettre le nez dehors. Ce n’est pas de l’angoisse, c’est ce que je ne peux extérioriser physiquement, vocalement, socialement…

Ce qui est dur c’est de ne pas pouvoir planifier, échelonner, organiser, compter et décompter, se projeter…Vivre dans le présent n’est pas un acquis, c’est une pratique quotidienne.

Heureusement pour moi pas de mauvaise compagnie, un salaire toujours là, des messages tous les jours, un lieu de vie agréable, même si loin d’être idéal pour un confinement, une personnalité qui se prête à la solitude et un ennui qui ne me gagne jamais…

Et maintenant, l’ouverture des magasins, la reprise du travail et la relance de l’économie pour beaucoup de gens…et se demander quels seront les chiffres dans deux semaines…

Mais d’ici là, d’autres livres, des après-midi au jardin, des repas partagés, des courses au bord de l’eau, des mots doux échangés…on n’est pas si mal finalement…

Journal de confinement 7: du 27 avril au 3 mai

Cette semaine il y a eu…

Des anniversaires. Nous sommes beaucoup à être nés en avril dans ma famille… Celui de ma grand-mère, fêté depuis l’autre côté d’une vitre de sa maison de repos. Nous avons pu constater que pour elle aussi, la vie continuait. Celui de mon papa, arrivé à l’âge de la pension et qui termine sa carrière de bien étrange manière, lui qui n’a jamais chômé un seul jour.

De nouvelles cartes coloriées et envoyée à ma famille et mes amis, qui les reçoivent au compte goutte et m’envoient à leur tour de gentils messages.

Des larmes qui m’ont surprise alors que je me suis fait sévèrement réprimander par la police car je traversais à trois mètres d’un passage pour piétons. Ils avaient raison sur le fond, ils m’ont vue de loin. Cependant l’endroit était désert, j’étais seule et je me suis vraiment sentie agressée par leur ton (ils étaient masqués au début je n’ai pas compris ce qu’ils voulaient) et je dois être plus à fleur de peau que je ne l’imagine. Je respecte tellement les règles et j’ai si peu d’interactions que me faire ainsi crier dessus a fait déborder mes émotions…

De la lecture, l’après midi avec Yuval Noah Harari et le soir avec Jonathan Coe, en anglais.

Moins de soleil et de la pluie, ça a fait du bien à mes allergies et à la terre.

Des heures passées à faire du soutien téléphonique, un média si compliqué pour moi qui choisirais naturellement l’écriture ou le contact direct, impossibles actuellement… De la reconnaissance à certains moments, une cruelle impuissance à d’autres…

Du plaisir retrouvé à la course où j’ai pu recourir un peu plus longtemps à une reprise et plus court mais aussi plus rapide que jamais une autre fois. Cela fait du bien au moral.

Des bébés bernaches, 3, les premiers de la saison.

Un weekend de trois jours qui m’a fait du bien.

Un apéritif messenger avec mes amies de l’université.

La rédaction du centième article de mon blog.

Une balade avec deux amies et leurs chiens, en respectant les mesures de distanciation sociale. Presque 10 kms à parler en épiant les moindres frémissements de la nature.

Une diminution de la pression dans les hôpitaux…mais beaucoup de questions à la veille de la première étape du déconfinement.

Et vous, comment vivez vous à l’époque du coronavirus?

Mystical Terrarium no. 2 by Joy Laforme
J’adore ces illustrations de Joy Laforme… tellement dans l’air du temps 🙂

Journal de confinement 6: du 20 au 26 avril

Il n’y a plus de jours, plus de semaines. Le temps passe vite malgré tout. Je ne m’ennuie pas, je m’ennuie des autres un peu ça oui.

Cette semaine, il y a eu…

Des cartes d’anniversaire dans ma boite aux lettres, pour faire durer le plaisir.

Deux après-midi de travail au service. J’ai pris le temps de prendre en photo la glycine, les roses, d’autres fleurs dont j’ignore le nom dans le jardin. Il m’est revenu récemment une vieille envie de suivre une formation de naturaliste…

Une série terminée, j’ai fait trainer mais ça y est, j’ai tout vu de « The Good Place »

Moins de ras le bol que la semaine dernière au niveau du travail, même s’il reste profondément dénaturé par le télé travail…

Des pensées, des questions ? Nous ne revivrons pas comme avant longtemps, je n’ose pas dire jamais. Pas que je souhaite la remise en marche de cette société à toute vitesse, qui grouille, qui broie les individus, qui brusque et qui détruit la planète… Cette vie là peut changer. Mais qu’en est-il des rapports humains. Comment ferons-nous de nouvelles connaissances ? Quelles seront les nouvelles façons de se saluer ? Nos sourires et nos grimaces seront-ils durablement dissimulés derrière des masques ? Danserons-nous ensemble sans courir nous laver les mains ? On va bientôt permettre aux familles de se revoir…mais comment ? Et à titre personnel, qu’oserais-je ? Irai-je voir ma filleule ? Prendrai-je ma mère dans mes bras ? Quand aurai-je un masque qui me permettra d’entrer dans le salon de ma grand-mère sans aucune crainte de la mettre en danger ?

La fin de ma lecture du recueil d’Edgar Allan Poe et ma reprise (enfin) de « Sapiens ».

De petites avancées dans mon MOOC « Introduction à l’histoire contemporaine ».

Des séances de sport en appartement, à suer avec les lives de Sissy Mua.

Des joggings également, pas fameux. Je ne sais pas pourquoi ? Mon cycle, le manque de mouvement général (quand on vit dans trois pièces, on ne se dépense pas beaucoup), les allergies ? Patience… Une séance de mobilité/étirements qui fait du bien…

Du coloriage toujours, mais un peu moins…

Du temps passé sur ce maudit jeu « Mystère à Poudlard », je suis en deuxième année et je vais bientôt pouvoir jouer au Quidditch, voilà ma vie sociale fictive.

un bon résumé de moi 🙂

Des moments musicaux à ma fenêtre, des sourires échangés avec mes voisins, des applaudissements, des cris qui résonnent dans la ville…tous les soirs vers 20h.

Un cadeau d’anniversaire, celui de ma filleule qui a eu 3 ans le 30 mars, parce que je ne sais pas quand je la reverrai. Ca va renouveler un peu son stock de livres…

Du temps passé à observer les petits coins de nature autour de chez moi, à guetter les premières éclosions et les nouvelles floraisons… A profiter du calme de l’eau…

Un weekend consacré principalement à la lecture, presque sans écrans.

Du soleil, beaucoup de soleil, mais il parait que demain c’est fini… J’accueillerai volontiers la pluie: les sols, les allergiques et la santé publique en ont besoin…

 

Journal de confinement 5: du 13 au 19 avril

Lundi 13 avril

Dix à 15 degrés de moins et ça va tout de suite mieux. On se demandait si le beau temps allait chasser le Covid, mais non, c’est le froid qu’il nous faut. Les gens sont à nouveau terrés chez eux et à part les vrais sportifs et les gens qui vivent en appart, pas de rassemblements en vue. C’est triste de craindre le beau temps.

Déplacement professionnel indispensable.

Dépôt d’une jolie carte coloriée, d’une lettre et de photos à la maison de repos de ma marraine. Il n’y a toujours aucun cas là bas. Les résidents ne sont pas confinés en chambre et j’espère que prendre ses repas en collectivité l’aide à tenir.

Nouvelle activité créative, je m’en prends au « rendez-vous d’Essendilène » de Frison-Roche. Je l’embellis plus que je ne le saccage finalement… Cela pourrait devenir le support de mes prochains petits mots à des amis…

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Je fais la connaissance avec l’adorable bébé cocker de mon amie S. lors de ma promenade quotidienne. Cette adorable boule de poils n’a que faire de la distanciation sociale et se permet  même de me faire pipi dessus. Mon indulgence naturelle envers les animaux est décuplée car c’est ma première marque d’affection physique depuis un mois.

Lecture dans un bon bain, je fais connaissance avec Edgar Allan Poe en ce moment. Etonnant et terrifiant.

Enfin, je craque et commande un livre de dessins de Johanna Basford. Je n’arrive pas à savoir si c’est bien de soutenir les artistes et certaines enseignes (bon ici c’est la Fnac, pas top, mais pas amazon non plus) ou si c’est un manque de respect envers les services postaux. En même temps, les livraisons se font sans contact et cela permet à certains de ne pas perdre leur emploi…

Mardi 14 avril

Je n’ai pas eu l’envie de sortir aujourd’hui et je ne me suis pas forcée. Je pense que c’est le premier jour où je ne mets pas le nez dehors. J’ai accepté cette pesanteur. J’ai travaillé et vaqué à mes petites routines quotidiennes.

J’ai mis un nom sur ces insectes que je vois partout se reproduire en se moment. Ce sont des gendarmes. J’ai l’impression que ça se calme, mais ils grouillaient par paires sur les sentiers de campagnes et au bord de l’eau. Je remarque beaucoup plus de détails qu’avant, je pense aussi que le comportement des animaux change. Les oies pondent en bord de Meuse et du coup elles deviennent agressives. Je vais devoir me méfier, mais je me réjouis d’observer les oisons et canetons.

Tee hee. Because they can! : funny
Les avez-vous croisés vous aussi?

Mercredi 15 avril

« Grosse journée ». Travail, balade au bord de l’eau, réunion théâtre en vidéoconférence. Je prends des nouvelles de mes proches et tout va bien.

Le conseil national de sécurité annonce la réouverture des jardineries, la prolongation du confinement jusqu’au 3 mai et, plus surprenant, l’organisation de visites sur rendez-vous dans les maisons de repos. Pour une personne attitrée par sénior. Ce sera donc mon père qui pourra aller voir ma marraine (sa maman). Je ne sais pas comment cette nouvelle  va être reçue dans les maisons de repos où le personnel est déjà sous pression et fait tout son possible pour ne pas contaminer les résidents. C’est à double tranchant, mais il est vrai que mourir de solitude, ça arrive aussi…chez les personnes âgées, on appelle cela le « syndrome de glissement »…

Jeudi 16 avril

Cela devient dur de travailler. La charge physique et les heures prestées sont moindres, mais beaucoup moins d’opportunités de débriefer avec mes collègues et la charge mentale est bien là. Cet énervement me poursuit même durant mon jogging qui n’est pas fameux à nouveau.

Vendredi 17 avril

C’est le jour des coooooouuuuuuurses. Voilà où on en est, heureux de faire ce qui est habituellement la corvée hebdomadaire. Il me faut de la salade et des fruits. Je sens que mon énergie est en baisse. Je ne prends probablement pas assez l’air (team pas de jardin/balcon/terrasse) et ma masse musculaire doit avoir fondu étant donné que je fais essentiellement du cardio et plus de renfo.

Je passe à la pharmacie : vitamine D et complexe énergisant. J’avais peur de me faire gourmander car ce n’est pas essentiel, mais l’employée est charmante et prend le temps de me conseiller.

De retour encore un peu de travail, de l’avancement dans mon jeu Hogwarts Mistery (je me fais un peu de peine) et à 18h, je décide de me brancher sur le live de 18h sur la chaine de Sissy et Mua. Je suis motivée, ça se passe bien puis…youtube plante…enfin je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais en tout cas le live a buggé pour tout le monde. Apparemment il a repris ensuite mais j’étais déjà sous la douche. Dommage, à refaire ! Demain peut-être…

Koh Lanta…les vrais savent…TF1 se moque de nous…

Samedi 18 avril

Je m’éveille avec une raideur à la nuque…super… je vois que mon meilleur ami (qui vit en Allemagne et que je vois extrêmement rarement) m’a appelée…mais je dormais encore.

On sonne à la porte, le facteur dépose un colis…bizarre je n’ai rien commandé…ah mais demain c’est mon anniversaire. Ca vient de chez Sebio…quelqu’un a pensé à moi…savon d’alep, gel douche, hydrolat à la rose…j’ai quelques idées en tête, mais je ne suis pas sûre. Finalement les anniversaires en confinement c’est pas si mal ! Je ne m’y attendais absolument pas  et la personne doit bien me connaitre…

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Je rappelle mon ami et nous discutons durant 15 minutes. Il sait que mon anniversaire est demain mais y pense déjà aujourd’hui et craint d’oublier demain.

Le temps est orageux aujourd’hui…à 16h il fait déjà sombre…je mets Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, ça va bien avec le temps.

18h c’est reparti pour une séance de sport en vidéo !

J’étais à côté de la plaque quant au cadeau…les « coupables » bienfaitrices se sont « dénoncées » car elles avaient eu le message disant que le colis avait été livré…elles pensaient qu’il y aurait un mot, mais rien…

Dimanche 19 avril

C’est mon anniversaire. Petits et grands plaisirs du jour :

  • Les messages de mes amis au fil de la journée, même ceux qui sont loin et que je n’ai parfois pas vu depuis des mois ou des années… et je ne suis pas sur facebook donc pas de rappel, je suis vraiment chanceuse
  • Me laver les cheveux et me maquiller un peu, mettre un joli haut.
  • Mon amie S qui est venue en bas de chez moi avec sa chienne (elle vit à 1km) et m’a acheté le fameux Merveilleux que je m’étais promise de déguster.

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  • Dégustation devant Love Wedding Repeat sur netflix, j’étais curieuse de découvrir Jack Farthing et Eleanor Tomlinson hors de Poldark et c’était assez amusant.

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  • Changer mes draps et savourer d’avance le plaisir que j’aurai à m’y glisser ce soir.
  • La libraire de ma rue qui me livre en personne un roman de la part de mes amies
  • Une balade alors que le soleil se décide à sortir, vers 18h. Les glycines prennent lentement le relais des cerisiers du japon pour nous émerveiller. Les ancolies fleurissent au bord du ravel et forment un liseré violet sur les berges du fleuve. Les oies couvent dans les fourrés. Un couple de cygnes également…maman couve au fond d’une allée et papa monte la garde. La police a même mis une barrière pour empêcher les badauds d’aller les déranger.

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  • Le message vidéo de C., l’amie de toute une vie
  • Le rituel petit concert de 20h
  • La découverte d’un montage photo qui me fait beaucoup rire dans ma boite aux lettres, accompagné d’une carte et de petites attentions. J’ai les meilleurs amis du monde.
  • La lecture sur le canapé, ça y est, je me replonge dans « Sapiens »…je reprends dès le début en fait.
  • Une bougie parfumée et un épisode de Barnaby dans une ambiance austenienne pendant que je termine la rédaction et l’illustration de cet article…

Une semaine qui se termine bien, même s’il n’y a pas eu que du plaisir et que je pense beaucoup à qui n’a pas ma chance. Je me questionne également sur tous les drames qui se déroulaient dans le monde avant l’apparition du Covid, qui ont tué et tueront plus que le covid et qui sont désormais éclipsés dans les médias…

Et vous, comment s’est passée votre semaine ? Pouvez-vous toujours sortir ? Quels sont vos petits plaisirs ?

Journal de Confinement 4: du 6 au 12 avril

Je n’ai pas écrit tous les jours cette semaine. Les jours se ressemblent étrangement et je n’ai pas envie de me forcer à imaginer des mots nouveaux pour décrire la même chose. J’ai écrit lorsque j’en avais envie, lorsqu’une pensée, une image ou une impression demandait à être retranscrite…

Mardi 7

Premiers coloriages envoyés à des amis. Je poursuis ma production avec passion.

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Je parviens à me motiver à aller courir même si je suis allée au travail. Ce n’est pas facile aujourd’hui. Je décide de faire plus court en essayant d’aller plus vite, mais comme je ne parviens pas à maintenir l’accélération, je me force à poursuivre 2km de plus. Pas exceptionnel mais l’essentiel est de se dépasser un peu à chaque sortie, on ne peut pas être performant tous les jours.

Je regarde un reportage sur l’étude BBC Pandemic, une étude sur la propagation des virus réalisée en Grande Bretagne il y a deux ans. Je vais tenter de la regarder en replay car j’ai raté le début et c’était très intéressant. Ils avaient anticipé à quelle vitesse cela pouvait aller…

La jeune trompettiste de ma rue nous offre un véritable mini concert de jazz à 20h. Elle a mis un background avec un ampli et le temps suspend son vol encore davantage. Elle nous régale…

La lune est magnifique, mais je n’ai plus d’appareil photo correct et celui de l’ipad est complètement inefficace pour les scènes nocturnes. Vers 21h, la lune est toujours pile visible de la fenêtre qui fait face à mon divan, la plus grande.

Mercredi 8

J’ai pris le soleil dans la cour du boulot aujourd’hui, mes bras et mon cou en portent les premières marques.

Longue marche avec le soleil en déclin. J’en profite pour appeler une amie. Ma moyenne de pas quotidiens a mis du temps à remonter, mais elle franchira bientôt la barre des 10000 pas. Cela n’arrive que lorsque je suis en vacances et encore, souvent les vacances sont trop courtes pour compenser la sédentarité que je vis dans la vie dite « active ».

Ca y est je craque complètement et j’ai téléchargé une application qui me permet d’évoluer dans le monde d’Harry Potter, je pense que ça s’appelle Hogwarts Mistery. Je m’appelle Julia Granger (Team Hermione, always) et je suis en première année dans la maison Serdaigle.

House of Ravenclaw by DreamerWhit.deviantart.com on @DeviantArt
Comme Luna…un autre de mes personnages favoris

 

Samedi 11

Certains retapent une maison. Certains creusent une piscine dans leur jardin. Certains mettent en place un potager qui leur permettra d’être auto suffisants pour les mois à venir. Moi, je….nettoie tous les tiroirs et étagères de mon frigo-congélateur. Eh oui, dans un petit appartement, on a les chantiers qu’on a. Je voulais repeindre mon salon, mais je me suis dit que j’allais vite me retrouver au milieu d’un bordel monstre avec juste ma chambre pour me retrancher et qu’il valait mieux ne pas se lancer là dedans.

Encore un article, une contribution externe publiée sur le site de La Libre Belgique. Je m’y reconnais pas mal… https://www.lalibre.be/debats/opinions/apres-le-confinement-refusons-en-bloc-le-retour-a-nos-comportements-deshumanises-5e8f24e4d8ad581631d7269b

Promenade à vélo aujourd’hui. J’ai repéré un endroit où je voulais arriver. C’est si agréable de se balader parmi les pommiers et poiriers en fleurs, de découvrir de nouvelles perspectives sur le paysage, de sentir le vent sans en être incommodée comme lorsqu’on court. Je fais travailler un peu mes cuisses et je sens mes bras aussi qui travaillent pour maintenir le guidon dans sur des terrains irréguliers.

Récompense, une pizza 4 fromages que je vais retirer à la pizzeria en bas de chez moi, munie d’un masque cousu par ma maman. Premiers repas depuis le début du confinement qui n’est pas concocté par mes soins avec ce que j’ai à la maison. Elle est savoureuse, mais je n’ai plus l’habitude de manger si copieusement et si lourd.

Dimanche 12

Nuit de 12h. La digestion de la pizza ? J’ai besoin de dormir beaucoup, ça a toujours été comme ça, sans vraiment savoir pourquoi. Bien sûr, si je mets mon réveil, je peux me lever avant cela et être opérationnelle. Cependant, naturellement, je n’aurai jamais envie de me lever après moins de 9 ou 10h de sommeil, ce qui est difficile au quotidien. A ce jour, je n’ai jamais eu de mauvaise prise de sang. Mystère. Je pense que c’est constitutif. Et sans surprise, je suis plutôt du soir, donc j’accumule rapidement beaucoup de fatigue avec les semaines de travail qui s’enchainent. Lorsque je respecte davantage mon rythme et que je m’octroie davantage de sommeil le weekend, je me sens comme nouvelle.

J’ai tout de même du mal à émerger et je décide de sortir pour aller déposer un livre dans la boîte à livres la plus proche. Je cherche des livres anciens pour un projet créatif que j’ai envie de réaliser. Il ne faut pas qu’ils soient trop beaux ou que ce soient des classiques car je vais devoir leur « faire du mal ». Je prélève trois livres de la boite, mais je sens que cela va être compliqué. Suite bientôt, si j’y arrive.

Je me lasse un peu de courir seule, même si je suis régulière. Après un run plus court que d’habitude (5,7km), je décide d’aller faire des escaliers. Il y a une côte dans ma ville que l’on peut faire par la route ou par une série d’escaliers. Les marches ne sont pas trop hautes mais il faut faire attention car elles sont pavées et irrégulières. Je ne les ai pas comptées, je pense qu’il doit y en avoir environ 150…194, je viens de vérifier sur internet ! Je les ai gravies deux fois en trottant et j’étais en feu, mais contente de moi.

Je suis cependant triste car alors que majoritairement la journée a été extrêmement calme avec encore moins de voitures et de passage que d’habitude lorsque je suis sortie vers 13h30 (mais les gens étaient sans doute encore à table), j’ai observé lors de mon run des personnes ne respectant pas du tout les règles de confinement. Un groupe d’adolescents, mais aussi des enfants accompagnés par des adultes à vélo. Ils m’ont littéralement bloqué le passage car ils étaient à l’arrêt sur la rampe très étroite d’un pont. Je pense que c’était deux groupes de trois ou quatre personnes qui se rencontraient par hasard, mais ils étaient à l’arrêt, et ne m’ont pas permis de passer en respectant les distances de sécurité. Et il est certain qu’il ne s’agissait pas de personnes qui vivent sous le même toit.

Je comprends que les ados transgressent, mais je suis en colère contre les adultes. J’imagine que c’est dur quand on est confiné avec des enfants, j’imagine que certains se sentent à l’abri, mais pourquoi laisser vos enfants jouer tous ensemble dans les rues des villages quand je vois que vous avez tous des jardins. Je m’estime chanceuse, je n’ai aucun problème de santé et j’ai toujours mon salaire. Mes proches vont bien. Je ne subis pas de violence domestique. Mais ce n’est pas évident non plus d’être confinée seule, d’être confinée sans extérieur alors qu’il fait beau… Mais je le fais de bon cœur car je vois l’épuisement des soignants et je les respecte trop, car j’ai une grand-mère en maison de repos, car tout simplement cela n’a jamais été aussi facile d’aider son prochain. Alors de grâce restons chez nous et quand nous allons au supermarché ou faire du sport comme c’est encore autorisé, n’abusons pas. Je vivrais très mal que l’on me prive de ma balade quotidienne à cause d’une poignée d’inconscients, surtout si ces inconscients vivent dans des 4 façades et ne peuvent juste pas s’empêcher de faire un barbecue avec leurs voisins. C’était le coup de gueule du dimanche soir, je suis désolée, ça me fait du bien de l’écrire. Je reviendrai mieux disposée…

J’espère que tout va au mieux pour vous. Courage.