Mes souhaits pour 2021

Après la liste des choses que j’ai accomplies en 2020, j’ai pris le temps de coucher sur papier une série de vœux ou d’intentions pour 2021. Je n’aime pas les résolutions, je trouve même cela stupide de penser qu’une fois pas an on est capable de tout changer. Surtout quand ce moment est le cœur de l’hiver, c’est-à-dire par la période la plus réjouissante pour se mettre au jogging ou arrêter de fumer je suppose. Par contre, je suis sensible aux rituels et j’aime en septembre et décembre faire le point, voir ce que je garde, ce que j’ai terminé, ce que j’aimerais amorcer (l’an dernier, j’avais réalisé un vision board). Et sortir du tout ou rien draconien.

En 2021, je voudrais continuer à progresser dans mon apprentissage simultané de la guitare folk et du solfège. Ce cours hebdomadaire est un phare dans mes semaines boulot/maison, all work and no play… Comme je suis débutante, il est assez gratifiant de voir qu’en travaillant les progrès sont substantiels puisque la marge de manœuvre est importante. J’ai bien fait d’enfin me décider.

Je voudrais également progresser dans mon apprentissage de l’espagnol. En réalité, j’ai écumé presque tous les cours de l’application Babbel, mais sans possibilité de pratiquer la langue, je perds. Je suis donc en train de refaire toutes les leçons de conjugaison. Mon abonnement est valable jusque fin février. Ensuite, j’aimerais m’inscrire à des tables de conversation et j’ai déjà pris des contacts pour après ce semi confinement dans lequel nous sommes plongés depuis maintenant deux mois et demi. Je pense faire de même pour l’italien. Je n’ai pas de problèmes de grammaire en italien, mais je voudrais enrichir mon vocabulaire.

Dans le même ordre d’idée et là ce n’est ni une résolution, ni une intention, ni un objectif, mais un vrai vœux : je voudrais aller en Italie. Nous rêvons tous d’escapades (et certains ne s’en privent pas, ce que je déplore au vu de l’évidence que cela participe à propager le virus), mais l’Italie me manque vraiment. J’y ai vécu, puis je n’y suis pas allée pendant plusieurs années et enfin, j’y suis retournée en 2019 pour un voyage qui m’a profondément reconnectée à moi-même et à mon amour de cette terre.

Pour changer de registre, cette année, j’aimerais mettre mes craintes de côté et, sinon acheter une maison, du moins en visiter. Je me sens à l’étroit dans mon appartement et surtout je souffre de ne voir que briques et asphalte par mes fenêtres, même si j’ai la chance de vivre dans un très joli centre-ville. Beaucoup de questions : revendre ? où aller ? sur quoi transiger et sur quoi non ? combien puis je me permettre de dépenser ? Bref…je pense que visiter permettra d’enclencher le processus et que j’aurai moins peur le jour où j’aurai un coup de cœur. Dans le même ordre d’idée, je souhaite progresser vers l’élimination du superflu de mon appartement. Au-delà de l’aspect anticonsumériste de mes efforts, ils découlent également du stress vécu lors du déménagement précédent (alors que je n’ai pas tant que ça pour être honnête, mais je déteste gérer le matériel, je m’en sors beaucoup mieux avec les humains) et de l’envie de me sentir libre de bouger.

Je souhaite également conserver une routine sportive. Durant le premier confinement, j’étais vraiment bien. Cet hiver c’est plus dur. Je n’ai jamais arrêté de faire du sport, mais je n’en n’ai pas toujours fait plusieurs fois pas semaine ni en planifiant des entrainements cohérents et complets et j’aimerais reprendre. Cela me fera un bien fou je le sais. J’ai d’ailleurs réservé en ligne un créneau pour tester une nouvelle piscine. Et, objectif de l’an dernier déjà, j’aimerais refaire de l’escalade. Je n’ai eu qu’une fois l’occasion d’aller faire du bloc cette année et je n’ai pas vu le temps passer. Par contre, j’ai fait connaissance avec les courbatures aux avant bras.

Et enfin, éternel objectif, sans cesse remis sur le métier, j’aimerais continuer à écrire. Ecrire sur ce blog, écrire pour aller mieux car j’ai découvert que durant les « bas », cela fait vraiment partie des outils qu’il faut que j’exploite et enfin, pratiquer l’écriture littéraire maintenant que j’ai diminué mon temps de travail et investi dans un ordinateur flambant neuf. Si je suis ultra motivée, j’ai même dans un coin de ma tête l’idée d’utiliser un max les investissements de cette année (appareil photo et ordinateur) afin de réaliser de courtes vidéos.

Au rayon du moins, j’espère troquer une partie des sodas (mon péché mignon) pour de l’eau et les heures passée devant netflix pour regarder des longs métrages et lire des essais notamment. J’ai déjà diminué et je m’aperçois que je me sens beaucoup plus satisfaite lorsque je consacre davantage de temps à la lecture ou la guitare et je souhaite continuer sur cette voie.

Un beau programme donc. Et encore, je me suis restreinte. Si je m’écoutais, je mettrais au programme de m’acharner à nouveau sur le néérlandais, faire de la danse (il me faudrait encore choisir entre contemporain, danses de salon ou claquettes…j’ai hésité 15 ans entre piano et guitare, ça peut me mener loin), faire du woofing (ça je le garde en tête), une série déraisonnable de voyages, courir 15 km sans peine (je plafonne depuis un moment niveau jogging) , me lever plus tôt le weekend, suivre des moocs…bref, j’ai un appétit d’expériences et une curiosité intellectuelle débordantes, mais je sens que je dois me freiner car je suis alors sujette à la procrastination et j’arrive à un âge (oh my god) où j’ai besoin d’accomplir vraiment les choses et de rêvasser moins. Sur cette un peu trop sérieuse, je clôture cette liste de désirs.

Et vous, avez-vous des rituels de fin/début d’année ? Vous sentez vous enthousiastes en ce début d’année ?

Une photo du Pacific Crest Trail….un vrai rêve…juste parce que j’avais envie (je ne connais pas la dame)

La liste des choses accomplies – 2020

Qui dit fin d’année dit rétrospective. C’est l’occasion pour moi de feuilleter mon agenda et de faire la liste des évènements petits et grands qui ont émaillé l’année écoulée, de découvrir si j’ai atteint des objectifs (fixés à l’avance ou non) et de me surprendre car la liste est toujours plus longue que ce que j’aurais imaginé. Cette année, je ne pouvais pas plus que quiconque imaginer la tournure qu’elle allait prendre. Ainsi j’ai essayé de faire des renoncements l’occasion de changer mes habitudes (en prenant le temps de faire du tourisme dans mon propre pays), du temps dégagé une opportunité pour m’accorder des plaisirs simples, de l’observation de la nature un émerveillement nouveau et de chaque rencontre un vrai moment de connexion… Voici donc la liste des choses accomplies en 2020 (j’en avais rédigé deux en 2018, ici et ). Elle est bien entendu non exhaustive. En 2020, j’ai :

  • Lu 23 livres (5 de plus que l’an dernier)
  • Vu 27 séries (deux de moins que l’an dernier)
  • Regardé 14 films, dont 4 au cinéma. Douze de moins que l’an dernier, mais cela s’explique en partie par le fait que je préfère voir les films au cinéma et que nous avons été empêchés d’y aller la majeure partie de l’année. Chez moi, je me tourne plus facilement vers les séries.
  • Publié 44 articles (un de plus que l’an dernier)
  • Suivi une formation pour devenir directrice de mon service
  • Donné deux jours de formation à des confrères et consoeurs
  • Vu 3 pièces de théâtre seulement
  • Participé à trois anniversaires en une journée, le 8 février, life before covid où quand c’était la foire aux bulles (les belges comprendront)
  • Changé mes châssis et repeint mon salon (avec de l’aide)
  • Visité Utrecht et Amsterdam le temps d’un weekend (life before covid again)
Speelklok Museum Utrecht
  • Participé à deux colloques, l’un en présentiel, l’autre sur zoom
  • Fêté l’anniversaire de ma filleule sur zoom, beaucoup d’autres ont suivi, dont le mien
  • Accueilli ma filleule et sa sœur pour une nuit chez moi. Câliné copieusement ces enfants dès que possible
  • Beaucoup couru et marché durant le confinement
  • Continué après mais à un rythme plus modéré, malgré la fermeture des salles de sport
Merci Sissy Mua et ses lives gratuits
  • Arpenté le bocage du Pays de Herve avec une amie et collègue en refaisant le monde à de multiples reprises
  • Cousu…deux projets entamés mais pas encore terminés, j’ai encore besoin d’aide 😊
  • Fêté la fête des mères à l’extérieur autour d’un brunch tea late
  • Entamé les répétitions pour mon prochain spectacle, avec de vieux amis et un nouveau partenaire
  • Répété dans un verger en ville aux alentours du solstice d’été
  • Visité les jardins d’Annevoie
  • Visité le château et le parc d’Hélécine avec deux amies et vu un paon en pleine parade
  • Eté à Butgenbach et Robertville avec mon amie de toujours, nagé en eau libre et bravé ma peur de l’invisible aquatique
  • Enlacé et caressé des arbres, cela fait tellement de bien de sentir leur force et leur douceur
Merci à la photographe…
  • Colorié et envoyé des cartes à mes amis que je ne pouvais voir
  • Eté faire une séance d’escalade au bloc (c’est-à-dire sans être assuré et à maximum 4m de hauteur)
  • Bénéficié de cours de chant pour ma future pièce de théâtre, galéré et découvert un peu plus ma voix pour finalement m’amuser
  • Passé l’été en Belgique comme vous l’aurez compris…fait quelques incursions aux Pays Bas, mais je suis frontalière…
  • Commencé à apprendre la guitare et le solfège…un mélange de souffrance et de plaisir qui nécessite clémence, persévérance et humilité
  • Profité du soutien et de l’amour de mes exceptionnels amis et collègues
  • Expérimenté un soin énergétique, laissé tomber un peu mon esprit cartésien et ça a fait du bien
  • Enormément écouté David Bowie, sans qui 2020 aurait été insupportable
  • Découvert en moi une force insoupçonnée, celle de me débrouiller seule et de faire taire mes peurs (dans une certaine mesure) alors que j’ai trop eu tendance à me considérer comme fragile. Fluctuat nec mergitur comme dirait l’autre.
  • Pleuré quelques fois à chaudes larmes comme cette fois où, seule dans un coin hyper calme, je me suis fait morigéner par la police car j’avais traversé à 5m d’un passage piéton. Autant de peur que d’incompréhension…
  • Acheté enfin un nouvel appareil photo et capturé la lumière et les souvenirs dès que je le pouvais
Juillet
Bruxelles ma belle
  • Essayé d’apprendre le néérlandais à nouveau durant le premier confinement…je crois que je resterai éternellement bloquée au même niveau, que je qualifierais de « survie et politesse » 😊
  • Avancé en Espagnol, langue où mes progrès sont plus visibles et plus pérennes aussi
  • Essayé de sauver un hérisson et rencontré une dame extraordinaire qui les recueille et les soigne. Le genre de rencontre qui met du baume au cœur lorsque la misanthropie nous guette
  • Participé à un atelier d’écriture
  • Confectionné mes propres bougies à la cire d’abeille et de soja
  • Cuisiné…les gratins surtout
  • Transitionné vers une alimentation en grande majorité bio et en circuit court. Merci les petits producteurs
  • Fait du troc de vêtements
  • Décidé de passer à 4/5 temps en 2021, pour que cette liste l’an prochain soit vraiment incroyable
  • Fait contre mauvaise fortune bon cœur tant que je le pouvais

Des choses plus modestes que les voyages et les sorties, mais qui m’ont obligée à passer scrupuleusement l’année à la loupe et à souligner même les plus petites choses comme ces bougies sur lesquelles je procrastinais depuis l’hiver dernier. Néanmoins, je pense que j’ai tendance à me disperser. J’ai acheté de quoi broder et j’ai dû me freiner pour ne pas acheter de quoi tricoter. Au final je risque de ne pas en faire grand-chose, mais tant de choses m’attirent. Pour 2021, je voudrais néanmoins tenter de moins me disperser pour davantage faire avancer des projets qui me tiennent à cœur. Car souvent, je remarque que je me laisse distraire et emporter par l’envie du moment au détriment de certains projets, consciemment ou non. Procrastination ? Peur de l’échec ? Difficulté à renoncer à la profusion dont nous abreuve le monde ? Sans doute un peu de tout…

Et vous qu’avez-vous fait de sympa que vous n’auriez pas fait sans la crise ? Que voulez-vous poursuivre ? A quoi dédiez-vous ou voudriez-vous dédier plus de temps ? Dans de prochains articles, je compte partager mes vœux pour 2021 ainsi que mes tops séries/films/littérature…

Joyeux Noël…mais ça veut dire quoi en fait?

Joyeux Noël à tous, plus ou moins croyants, plus ou moins confinés, plus ou moins esseulés… J’ai toujours aimé la période de Noël et j’en ai déjà parlé ici. La veille et le jour de Noël sont traditionnellement calmes pour moi, j’ai une petite famille et tous ne sont pas aussi fans que moi des traditions, des lumières, des sapins et des rediffusions de classiques. Cependant, ils font un effort.

Cette année, le confinement (en Belgique chaque foyer ne peut voir qu’une personne et les personnes seules peuvent avoir deux contacts) n’a pas changé grand-chose pour moi en ce qui concerne le jour de Noël. C’est tout l’Avent qui m’a manqué. Mais que signifie Noël pour une non croyante telle que moi et pourquoi y suis-je si attachée ? Je ne peux l’expliquer rationnellement, je pense que ma nature introvertie fait de cette période où l’on profite de son intérieur et où on le pare de mille lumières me convient parfaitement. J’aime le thé, j’aime le chocolat chaud, j’aime les polars, j’aime les contes, j’aime le bruit de mon poële, j’aime le kitsch de Noël. Sans doute suis-je encore bien connectée avec la fascination enfantine éprouvée devant le sapin, les devantures enchanteresses des magasins, les vitrines des cafés et boutiques décorées à la main par des artistes. J’ai au fond du cœur l’espoir l’espoir de m’éveiller dans une ambiance feutrée, signe qu’il a neigé. Regarder et lire des histoires réconfortantes, prendre le temps d’écrire des cartes de vœux, dire des mots doux. J’aime à me promener dans les villages à la nuit tombée et admirer la façon dont certains transforment à coups de leds leurs maisons/jardins en tableaux lumineux. J’aime me rendre au cinéma, enfiler gants et bonnet pour aller ensuite boire un verre dans un café en ville avec des amis.

Point de tout cela cette année et j’ai eu du mal à entrer dans la période. Je me force d’habitude à attendre le 1 décembre pour faire mon sapin. Cette année, je n’avais pas le feu sacré en moi, mais je l’ai fait quand même et heureusement. J’ai plus que jamais besoin de magie, même si je suis la seule à en profiter. Les flammes dansantes, le scintillement, le feutre doré me réchauffent l’âme. Un Noël minimaliste mais réussi. Une maman qui se donne à fond aux fourneaux pour un menu 100 végétarien et qui fait la part belle au circuit court. Un bon jeu de société (mais pourquoi ne joue-t-on pas pendant l’année ?), une balade dans les bois pour prendre un peu de soleil sur la rétine et de l’air frais et vivifiant, des câlins félins, une lecture réconfortante sans prise de tête. Je pense que c’est cela Noël pour moi, un retranchement vers l’intérieur qui permet d’envoyer de l’amour à l’extérieur, des traditions réconfortantes et une lucarne d’où mon enfant intérieur me fait coucou et me dit de ne pas la perdre de vue.

Cette année, c’est tout au long de l’année que, beaucoup privée de tout, j’ai reçu de l’amour à la pelle. Par messages, lettres, vidéos, câlins virtuels ou réels (lorsque cela était permis ou raisonnable), d’amis, de collègues, d’enfants, d’adultes, de la famille ou d’inconnus. J’ai été touchée en plein cœur à de multiples reprises et je me sens le cœur gonflé. Cela a rendu le second confinement d’autant plus dur. Je crains un peu les mois qui arrivent, car ils n’auront pas Noël et seront long. Et mon cœur est si plein. Mais dans deux jours, on commence à vacciner ici. Serait-ce donc cela notre cadeau de Noël. Espérons le…

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël, quoi que cela puisse signifier pour vous…

Un été en Belgique

Comme il fut différent du dernier été, cet été. Bien sûr, la vie est actuellement différente pour tout le monde, mais l’été dernier avait été particulier. Un été de grâce. Un été détendu. Un été de voyages. Un été qui s’étirait. Cet été, j’ai rapidement renoncé à mon voyage en Italie. Je n’allais pas pouvoir voir les gens que je voulais sur place. Je n’avais pas envie d’arpenter Florence masquée. Je n’avais pas envie de participer à la recrudescence de l’épidémie. Et il m’en coûte. Car, alors qu’avant l’été dernier, je n’avais pas été en Italie depuis 8 ans, ce voyage a été un électrochoc. Je n’envisage plus ma vie sans cette connexion régulière avec ce qui est ma deuxième terre, celle qui m’a vue devenir adulte et qui m’a révélé tant de secrets sur moi-même.

Se souvenir de quoi j’étais capable…

Cet été, je l’ai passé en Belgique. Je suis, et c’est un paradoxe vu ce que je viens d’énoncer, de ces personnes qui ne pensent pas qu’il faille absolument partir. Je crois qu’il est important si on le veut, de pouvoir feuilleter le monde et je suis attachée à certains chapitres. Cependant, je ne me reconnais pas dans cette course (du moins c’est ainsi que je la perçois) à partir toujours plus loin et à visiter un maximum de destinations. Comme pour le reste, je suis slow. J’aurai tendance à retourner dans les endroits où je me suis sentie bien, au détriment de nouvelles destinations, et à y passer du temps. Apprendre un peu la langue si possible, m’y laisser vivre.

Mais revenons à la Belgique. Cet été, j’ai découvert des endroits verdoyants. Je suis allée aux jardins d’Annevoie et au château d’Hélécine. J’y ai admiré des fontaines et un paon en pleine parade nuptiale. Je suis allée nager à Bütgenbach, j’ai dépassé ma peur des eaux troubles et sauvages et je me suis immergée dans le plaisir de communier avec la nature.

Annevoie
Hélécine
Bütgenbach
Reihardstein

Cet été, j’ai profité des jardins et piscines de mes amis. Je me suis gavée de l’amour de ma filleule et de sa sœur. J’ai été une marraine comblée. Je les aime tant et je suis bien rétribuée je dois dire.

Eijsden

Cet été, j’ai perdu un être cher. Une grand-mère, une marraine. Un départ qui a ravivé une ancienne blessure, mais qui est somme toute une délivrance. Une tristesse, de la nostalgie et un apaisement. Pour elle qui était lasse. Pour nous qui la voyions vivoter. La personne que j’avais connue n’était finalement plus là depuis longtemps.

Seraing

Cet été, j’ai passé du temps avec une personne chère à mon cœur qui vit une épreuve difficile et se prépare à un dur combat. J’ai passé des après-midis à profiter de sa sagesse, à marcher avec elle en me connectant à l’essentiel, à relativiser mes soucis sans les juger. A me découvrir à moi aussi une forme de maturité étonnante.

Pays de Herve

Cet été, j’ai lu chaque jour. J’ai écrit aussi. Un peu moins régulièrement pour le blog. Un peu plus sauvagement dans des fichiers secrets. Une soirée aussi dans un atelier d’écriture du mot qui délivre. J’en parlerai peut-être lors d’un autre article.

Cet été, je me suis offert un appareil photo et j’ai capturé. Je me suis prise au jeu de poser aussi. Chercher la lumière. Devenir figurante pour la nature. M’accorder le droit d’être jolie à défaut de me trouver belle.

Cet été, j’ai acheté les produits des petits producteurs de ma région. Je me suis prélassée dans un hamac. J’ai décidé de faire de la guitare. J’ai répété, sans relâche. J’apprends à chanter, je découvre ma voix, j’essaie de l’accepter. De prendre confiance et d’oser tout lâcher. Je me suis perdue et retrouvée.

Cet été, j’ai moins couru. J’ai tenté le yoga. J’ai médité. J’ai escaladé aussi, pour la première fois depuis 20 ans je pense. J’ai eu mal aux bras, ce qui veut dire que je manque de technique. J’ai hâte de continuer, de me dépasser, d’épouser les parois et d’aller plus haut. Car, qui sait, l’été prochain…

Cet été, il est passé en un éclair et le voici maintenant indien. Cette semaine, nous entrerons dans ma saison préférée, l’automne. Nous l’accueillerons sous une température absolument anachronique. Plaisante sans doute, mais inquiétante. J’ai pour ma part hâte de rallumer les bougies, d’apprendre mes premiers accords, d’arborer mes ocres et mes rouilles, d’entendre craquer le sol sous mes bottines. Bye bye summer of 2020 !

Et vous, comment a été votre été ? Aimez-vous l’automne ?

Anxiété

L’anxiété est une vieille compagne de route pour moi. Dès l’enfance, je l’ai sentie planer, comme une mauvaise fée qui se serait penchée sur mon berceau. Elle circule dans la famille et parmi les belles choses qui m’ont été léguées, elle figure avec sa moche dégaine et m’a souvent gâché de beaux moments, voire des relations. Elle me susurre à l’oreille des croyances vénéneuses déguisées en vérité. Des mensonges qui me conduisent à me sous estimer, à me faire endosser la casquette de metteuse en scène de scénarii catastrophe et à éviter toutes sortes de dangers imaginaires. Elle s’est déjà manifestée sans que je m’y attende, un matin d’été au réveil. Elle s’invite lorsque je tiens à quelqu’un ou quelque chose que j’ai peur de perdre. Comme je crains de la voir surgir, je la provoque parfois et elle ne manque pas d’apparaitre avec son cortège de pensées paralysantes et dévalorisantes. J’aimerais penser que je l’ai vaincue pour de bon, mais d’outre tombe elle me commande de ne pas être si présomptueuse. Et pourtant, je finis toujours par gagner. Bien sûr j’y perds des plumes, bien sûr certaines cicatrices sont douloureuses, mais je ne renie pas les apprentissages que je tire de ces croisades. Cette année, avec le confinement, j’ai eu l’occasion de beaucoup réfléchir et de me sentir « alignée », pleinement consciente de qui je suis, de ce que je veux et de comment y parvenir. Puis, le monde extérieur, un monde extérieur aux apparences trompeuses et chargé d’une menace nouvelle, a rouvert ses portes et tout cela a vacillé à nouveau. Une nuit, ma vieille ennemie m’a rendu visite. J’ai senti la chambre tourner à nouveau. J’ai eu la tentation de fuir, de me reconfiner en moi-même. Et puis je me suis levée. J’avais à faire, quelqu’un avait besoin de moi et je me devais d’honorer mon engagement envers cette personne et envers moi-même. Envers la femme que je suis devenue, envers la professionnelle fiable et solide que je suis. Depuis, le chemin se poursuit et plus de visite surprise. Pourtant, rien n’est plus facile qu’avant. Pourtant ma tanière est confortable et me fait de l’œil. Mais j’ai décidé de grandir encore, d’éclore un peu plus chaque jour, de prendre le risque de tomber en sachant que j’ai les épaules pour me relever (et surtout les jambes) et que, si je tends la main, il y a fort à parier que quelqu’un la saisira.

Belgique, 29 juillet 2020

Réflexions et rêves (dé)confinés

Dans une semaine, nous arriverons à la date du 8 juin. Tout le monde espère voir rouvrir le secteur Horeca et avec lui la possibilité de revoir nos amis, nos familles… On parle aussi de réouverture de frontières et de vacances à l’étranger. On a de plus en plus de mal à être dans le présent, on attend l’étape suivante. Pour ma part, je regarde aussi beaucoup dans le rétroviseur. Je vois les sacrifices, les bénéfices collatéraux aussi. J’espère que tout cela n’aura pas été vain. Qu’on ne va pas voir l’épidémie et les comportements égoïstes et destructeurs reflamber. Je suis cependant réaliste. Les gens qui nous dirigent n’ont pas changé et c’est plus que jamais à nous, en choisissant ce que nous faisons de notre temps et de notre argent, d’impulser un changement. Les habitudes acquises durant cette période résisteront elles à la peur de la récession, aux vieux automatismes…trop tôt pour le dire.

J’ai assez bien vécu cette période. Je n’aime pas la foule et je suis de nature introvertie. Cela ne signifie pas que je suis extrêmement timide, mais que je me ressource plutôt dans mon monde intérieur que dans le monde extérieur. J’ai toujours eu besoin de moments de solitude, de descendre au plus profond de moi. J’ai sans cesse des pensées qui fusent et de nombreux centres d’intérêt. Je regarde un film, qui m’emmène sur wikipedia pour chercher des infos, qui vont me donner envie de lire tel roman, de me plonger dans l’histoire d’un pays, d’une langue ou d’un savoir faire. Ainsi, je ne m’ennuie jamais. J’aime apprendre tout simplement et grâce à internet les ressources sont accessibles et illimitées. J’ai également besoin de contact avec la nature et de me dépenser physiquement. Cela m’aide à ordonner mes pensées et à ressentir calme et bien être. Ca aussi c’était permis donc je suis restée très détendue et en forme.

Je pourrais faire une longue liste ce que qui ne m’a pas manqué durant ces deux derniers mois :

  • Les réveils à 7h du matin
  • Les embouteillages
  • Les magasins
  • Le stress
  • Le manque de sommeil
  • Le bruit des voitures
  • La recherche d’une place de parking…

J’ai même vu plein de choses qui m’ont fait plaisir :

  • Les petites choses de la nature, car j’avais le temps de me promener
  • Les producteurs locaux qui avaient beaucoup de travail et ont sans doute fidélisé des clients
  • Les villes qui aménagent enfin de vrais espaces pour les cyclistes…il y avait toujours des objections mais quand on veut/doit, on peut…
  • Les attentions et les petits mots échangés sur messenger, par sms, par téléphone…
  • La créativité
  • La bienveillance générale des gens. Nous avons pris le temps de nous soucier des autres, vraiment.
  • Les applaudissements et les concerts de trompette de ma jeune voisine les soirs à 20h
  • Les initiatives d’entraide, même entre inconnus
  • Les prises de conscience qu’il est possible de vivre autrement

Bien sûr, le temps passant, certaines choses m’ont beaucoup manqué et me manquent toujours…

N’avoir pas vu ma filleule et beaucoup de mes amis durant deux mois et on n’est pas encore au bout. Ne pas pouvoir toucher cette enfant de 3 ans quand je la reverrai, alors que je l’avais dans les bras une fois par semaine.

Un restaurant ou juste un bar en plein air…c’est sans doute lié au besoin de sociabiliser aussi. Cela me manque beaucoup plus que les magasins. J’ai envie qu’on cuisine pour moi ! Et de manger avec des gens. Heureusement on a pu le refaire depuis 15 jours avec des personnes bien précises (4 max et toujours les mêmes en Belgique) et j’allais au travail une fois par semaine où je mangeais souvent avec un ou deux collègues de permanence en même temps que moi.

Un cinéma ! Je pense que si on rouvre à des séances en limitant le nombre de personnes, je ne bouderai pas mon plaisir d’y aller, même seule. Netflix c’est bien, mais j’aime trop l’atmosphère des salles obscures.

La possibilité de faire des répétitions avec mes partenaires. Nous entamons un projet que nous espérons porter sur scène en novembre. Quoi qu’il en soit, même s’il est reporté, nous sommes dans les starting blocks…mais chacun chez soi avec son texte et sur messenger.

Passer la frontière avec les Pays-Bas…c’est probablement l’un des aspects les plus étranges de tout ceci. Les frontaliers de tous pays se reconnaitront sans doute. J’ai juste envie d’aller me promener et boire un verre dans mes coins habituels, à 5-6km de chez moi, mais dans un autre pays.

Toutes ces choses ont trait à l’être et non à l’avoir. Je pense que c’est pareil pour beaucoup de monde. Même si j’ai déchanté chez décathlon, entre ruptures de stock et impossibilité d’essayer (plus le système de tailles de décathlons qui ne ressemble à rien d’autre et le fait qu’il ne restait quasi que du xs-mais qui rentre dedans- et du xxl), je manque de matériel et vais devoir ramener le peu que j’ai acheté.

Au final, à l’avenir, personnellement, je voudrais que, malgré le déconfinement, certaines choses ne changent plus et que d’autres changent urgemment.

Je voudrais travailler moins, arrêter de vendre mon temps pour de l’argent comme disent certains convaincus. Je voudrais conserver la possibilité de télétravailler de temps en temps une demi journée (c’est dur avec mon boulot) pour tout ce qui est administratif. Je voudrais ne plus perdre mon temps en faisant inutilement des magasins, en casant trop de choses dans mes weekends ou mes soirées. Voir mes amis peut-être moins parfois mais mieux. Je voudrais continuer à prendre le temps de faire du sport, mais m’autoriser aussi à ce que certains jours ce ne soit que 30 minutes à la maison plutôt que rien du tout ou l’épuisement. Je voudrais ne pas abandonner cette créativité et passer moins de temps devant la télé pour continuer à écrire, lire et faire des projets dans ma tête.

Pour le monde en général, j’espère aussi tellement de choses. Là aussi, comme beaucoup, mais pas toujours comme nos dirigeants et ceux qui ne pensent qu’à bâtir des empires. Financer le rail et non l’aérien. Produire en Europe. Consommer local. Pouvoir continuer le télétravail pour ceux qui le veulent et le peuvent, afin de désengorger les villes. On aurait ainsi une meilleure qualité d’air et ceux qui doivent se déplacer perdraient moins de temps. Tellement, tellement de choses encore…

Et vous ? Avez-vous changé vos habitudes ? Lesquelles ? Etes-vous introverti ou vous ressourcez vous dans l’énergie des contacts sociaux ? Que rêvez vous pour la suite ?

 

Message à moi-même 🙂

 

Journal de (dé)confinement 10: du 18 au 24 mai

Dixième journal de confinement, peut-être le dernier, qui sait… Lorsque j’ai commencé en mars, je ne sais pas si je me disais que cela pouvait durer si longtemps. Je ne sais même pas si nous sommes toujours en confinement. Les magasins ont ouvert, certaines classes aussi. A mon boulot, nous nous sommes équipés et je vais y aller plus souvent, un peu au compte gouttes. Nous y allons quand c’est vraiment nécessaire et sommes priés de ne pas nous attarder et de continuer à faire chez nous ce qui peut l’être. Cela me convient. Il fallait réamorcer une phase plus active en ce qui concerne le travail, mais y être la moitié du temps et gérer le reste depuis chez moi me convient. Je ne suis pas fatiguée et j’ai une belle peau. Je me suis pesée, je n’ai pas maigri (encore que, je me suis pesée le premier jour de mes règles, ce qui n’est pas très juste envers moi-même) mais mon corps a changé, je le sens dans mes vêtements et je le vois. Je pourrais carrément vivre sur ce rythme à long terme…

En dehors de ça, j’ai profité de mes parents, de leur jardin et du bois et de la campagne derrière chez eux. Je suis allée courir et marcher et ça m’a fait du bien de retrouver ces endroits familiers et pourtant interdits durant deux mois, de troquer les bords du fleuve asphaltés contre les bois, les champs et leurs sentiers pleins d’aspérités, le relief un peu plus changeant. Ca a été dur, j’ai dû raccourcir mes foulées, chercher mon souffle, ma cheville se plaint un peu…

Je ne suis pas retournée dans les magasins, je suis toujours confinée psychologiquement. Les pulsions d’achat ont disparu, pour peu qu’il en restait. Il faudrait que j’aille chez décathlon ou dans un magasin de sport, mes chaussures sont usées.

Je réfléchis beaucoup sur les habitudes que je veux garder, que je veux changer, mais je pense écrire un article entier là-dessus pour creuser le sujet. Je ne sais pas si ce journal de confinement est le dernier ou non. J’ai envie d’écrire sur d’autres choses, sous d’autres formats, même si inévitablement on y reviendra, c’est notre quotidien.

Cette semaine, je me suis sentie plutôt bien. Il y a eu un jour férié dont j’ai bien profité. Un vendredi où je me suis autorisée à ne répondre qu’en cas d’urgence et à différer des tâches, un samedi à ne pas faire grand-chose, à part aller courir un 7km plus vite que jamais. Merci les sentiers et les côtes, lorsque je retrouve le plat, tout me semble plus facile.

Il y a eu une pédicure que j’attendais depuis une semaine. En fait depuis plus que cela, mais elle ne pouvait pas travailler. Mes pieds ont repris forme humaine eux qui sont maltraités dans mes chaussures de sport et que je néglige trop souvent. J’espérais un massage, je m’en faisais une joie, ma pédicure prodigue des drainages lymphatiques merveilleux, mais le coronavirus m’en a privé. Drainer la lymphe peut déclencher des symptômes lorsqu’on est porteur d’un virus. Malheur, il ruine mon bonheur de la semaine celui-là.

Cette semaine, j’ai beaucoup lu. Vite, allègrement, au jardin, dans mon lit, dans mon bain, sur mon sofa. La lecture m’a toujours été d’un grand secours, me sauvant de l’ennui, de l’angoisse, de la solitude, de la tristesse… Ici je suis dans le plaisir pur de la lecture, je m’en donne à cœur joie.

Il y a eu des expérimentations culinaires, un art qui n’est pas du tout mon art de prédilection. Le temps et l’envie de manger mieux et d’apprendre à me servir des protéines végétales au service de ma santé et de ma forme me poussent à tenter des choses et j’y trouve une certaine satisfaction.

Cette semaine, on parle beaucoup des vacances dans la presse. De la Grande Bretagne qui va imposer une quarantaine. Mais aussi de pays comme l’Espagne et l’Italie qui ne prévoient pas cette mesure et invitent les touristes. La première vague n’est pas encore tarie…je me demande comment un tel risque peut-être pris à partir de la mi juin. Nous ne pouvons pas revoir nos proches (4 maximum en Belgique, même si je pense que 80% de la population triche) avant le 8 juin, mais nous pourrions partir à l’étranger une semaine ou deux plus tard… Alors qu’apparemment des dizaines de personnes ont été contaminées en Allemagne début mai au cours d’un service religieux…un seul service. Je me demande si tout cela est bien vrai. Tant d’efforts et de privations pour rouvrir tout d’un coup ? Pour ma part, je vais laisser passer juin et juillet avant d’envisager quoi que ce soit. Un peu de temps à la côte belge ou hollandaise. Ou ce fameux voyage en Italie, mais j’en doute. Pour le moment, vivant seule, je ne suis pas censée monter en voiture avec qui que ce soit… Il va nous falloir rester calme, car une tempête d’incohérences s’annonce.

Courage, ne vous précipitez pas, faites le bilan, notez ce que vous avez appris et ce que vous ne voulez plus, avant que tout reprenne, j’en ai bien peur, comme avant…

Journal de Confinement 9: du 11 au 17 mai

Cette semaine, la Belgique a rouvert ses magasins. Cette semaine il y a donc eu des files de fous dès lundi matin devant des enseignes telles qu’Ikea, Primark et Action…. Tout cela m’a fait revenir en tête la « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon…

Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires

Cette semaine, je ne suis allée dans aucun magasin. Je suis déjà dans une transition depuis un moment comme vous le savez. Je n’ai pas eu de mal à ne pas m’acheter de vêtements et les grandes enseignes ne me font plus rêver. Bien sûr j’ai quand même craqué durant cette période de confinement. Pour des livres essentiellement. Et pour une tablette reconditionnée après avoir poussé mon vieil ipod au bout de ses limites…

Cette semaine, j’ai pu constater les bienfaits du sport sur mon corps. Sans doute une combinaison de plusieurs choses. L’augmentation de l’entrainement par intervalles à haute intensité. Les sorties plus longues pour l’endurance. L’alimentation globalement très saine et surtout la possibilité offerte par le confinement d’écouter vraiment son corps. De manger la juste quantité au juste moment. De ne pas vivre des fringales émotionnelles ou de fatigue.

Cette semaine, et le sujet est délicat, j’ai ressenti de la colère face à la saga de la tentative désespérée de sauvetage de Brussels airlines (qui appartient désormais à Luftansa) par l’Etat Belge. Mes excuses aux éventuels employés de cette compagnie qui passeraient par ici. Je parle d’un endroit où je ne suis peut-être pas légitime puisque mon salaire a été préservé puisque je fais partie d’un secteur dit « essentiels »… Mais cela me désespère de voir l’argent qu’on est prêt à investir pour sauver une industrie polluante et non essentielle, alors même que l’auto entreprenariat, l’emploi local et le monde de la culture (des milliers et des milliers d’emplois donc nous profitons tous) sont laissés à l’abandon… Je rêve tellement que l’Etat investisse ces millions dans la culture, dans le rail également. Pour que nous puissions voyager sans détruire la planète…

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Heureusement, après cette semaine, il y a eu un weekend.

Un samedi consacré à une fête des mères décalée sur la terrasse familiale. Un brunch généreux de chez Tea Late dégusté sous un soleil généreux. Nous avons mangé le salé à midi et le sucré à 16h et il en restait. J’ai encore déjeuné le lendemain matin d’un savoureux yaourt cassis avec du granola aux pépites de chocolat et une datte en bonus. Entre les rounds salé et sucré, une balade dans la bois, à écouter les oiseaux. Et à travers champs aussi, à observer les rapaces qui planent en profitant des courants sans un battement d’ailes…

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Un dimanche de retrouvailles avec C., mon amie de toute une vie. Qui vit à 7km de chez moi et que je n’avais plus vue depuis deux bons mois. Nous avons le droit de nous promener dans la nature en respectant la distanciation sociale. Nous explorons un coin que nous ne connaissions pas au bord de la rivière, une petite enclave préservée où s’ébattent les nouvelles familles de cygnes, de canards, d’oies, de poules d’eau et de bernaches. Je ne me lasse pas de ces moments passés à observer la nature…

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Demain, nous serons encore un peu plus déconfinés. Des enfants vont reprendre le chemin de l’école. Je vais aller plus souvent physiquement au travail. Des précautions seront prises, mais des contacts doivent être repris… Ce qui est fou avec cette maladie, c’est cette suspicion autour de notre propre corps, de ses vibrations, des irrégularités de la respiration… Ce questionnement, ce doute de soi-même lorsqu’on sort d’un magasin… Est-ce que vous l’avez aussi ? Je me sens bien. Mais je ne suis pas sûre de ne pas être porteuse. Je prends toutes les précautions. J’espère que vous aussi, j’espère que cela suffira. Pour que puisse renaître une saine insouciance en ce qui concerne les contacts humains et que nous puissions nous soucier sérieusement de tout le reste.

Je vous souhaite une belle semaine. Profitez des petites choses. Voyez vos proches si vous le pouvez. Ne les touchez pas. Aimez-les autrement. Et surtout, prenez soin de vous.

 

Journal de (dé)Confinement 8: du 4 au 10 mai

Cette semaine il y a eu

Beaucoup de vidéos de Marina Rollman regardées…j’adore !

Beaucoup de sport en live avec 80 000 personnes !

Des orteils en sang après avoir couru 1h30, lentement, mais surement…

Du beau temps et une autorisation de revoir des proches, très peu, à partir de dimanche. Un respect à la lettre des consignes et une visite à mes parents dimanche. Une fête des mères dehors sous la pluie et sans cadeau. La réflexion que je dois être parmi les 1% de Belges stupides qui respectent tout à la lettre. Et qui se sont vus samedi…sous le soleil. Mais bon, j’étais contente quand même..

Une nouvelle obsession pour l’histoire de l’indépendance de l’Irlande suite au visionnage d’une série…tant d’obsessions, oui tant ! Quelqu’un a-t-il un roman irlandais à me conseiller ?

Des questions tant de questions…des articles lus, beaucoup…qui ne s’arrêtent sur aucune vérité incontestable ? Et que nous reste-t-il quand on ne peut se fier ni à Dieu, ni à la science ? L’argent ou l’art… Alors je regarde de jolies images, je lis, je colorie, je me languis…

C’est long, je ressens régulièrement une petite oppression au niveau du plexus solaire…celle que je ne ressentais avant que rarement, lorsque je passais exceptionnellement une journée sans mettre le nez dehors. Ce n’est pas de l’angoisse, c’est ce que je ne peux extérioriser physiquement, vocalement, socialement…

Ce qui est dur c’est de ne pas pouvoir planifier, échelonner, organiser, compter et décompter, se projeter…Vivre dans le présent n’est pas un acquis, c’est une pratique quotidienne.

Heureusement pour moi pas de mauvaise compagnie, un salaire toujours là, des messages tous les jours, un lieu de vie agréable, même si loin d’être idéal pour un confinement, une personnalité qui se prête à la solitude et un ennui qui ne me gagne jamais…

Et maintenant, l’ouverture des magasins, la reprise du travail et la relance de l’économie pour beaucoup de gens…et se demander quels seront les chiffres dans deux semaines…

Mais d’ici là, d’autres livres, des après-midi au jardin, des repas partagés, des courses au bord de l’eau, des mots doux échangés…on n’est pas si mal finalement…

Journal de confinement 7: du 27 avril au 3 mai

Cette semaine il y a eu…

Des anniversaires. Nous sommes beaucoup à être nés en avril dans ma famille… Celui de ma grand-mère, fêté depuis l’autre côté d’une vitre de sa maison de repos. Nous avons pu constater que pour elle aussi, la vie continuait. Celui de mon papa, arrivé à l’âge de la pension et qui termine sa carrière de bien étrange manière, lui qui n’a jamais chômé un seul jour.

De nouvelles cartes coloriées et envoyée à ma famille et mes amis, qui les reçoivent au compte goutte et m’envoient à leur tour de gentils messages.

Des larmes qui m’ont surprise alors que je me suis fait sévèrement réprimander par la police car je traversais à trois mètres d’un passage pour piétons. Ils avaient raison sur le fond, ils m’ont vue de loin. Cependant l’endroit était désert, j’étais seule et je me suis vraiment sentie agressée par leur ton (ils étaient masqués au début je n’ai pas compris ce qu’ils voulaient) et je dois être plus à fleur de peau que je ne l’imagine. Je respecte tellement les règles et j’ai si peu d’interactions que me faire ainsi crier dessus a fait déborder mes émotions…

De la lecture, l’après midi avec Yuval Noah Harari et le soir avec Jonathan Coe, en anglais.

Moins de soleil et de la pluie, ça a fait du bien à mes allergies et à la terre.

Des heures passées à faire du soutien téléphonique, un média si compliqué pour moi qui choisirais naturellement l’écriture ou le contact direct, impossibles actuellement… De la reconnaissance à certains moments, une cruelle impuissance à d’autres…

Du plaisir retrouvé à la course où j’ai pu recourir un peu plus longtemps à une reprise et plus court mais aussi plus rapide que jamais une autre fois. Cela fait du bien au moral.

Des bébés bernaches, 3, les premiers de la saison.

Un weekend de trois jours qui m’a fait du bien.

Un apéritif messenger avec mes amies de l’université.

La rédaction du centième article de mon blog.

Une balade avec deux amies et leurs chiens, en respectant les mesures de distanciation sociale. Presque 10 kms à parler en épiant les moindres frémissements de la nature.

Une diminution de la pression dans les hôpitaux…mais beaucoup de questions à la veille de la première étape du déconfinement.

Et vous, comment vivez vous à l’époque du coronavirus?

Mystical Terrarium no. 2 by Joy Laforme
J’adore ces illustrations de Joy Laforme… tellement dans l’air du temps 🙂