« Evelyn » d’Orlando Von Einsiedel

J’ai récemment décidé de changer le format de mes bilans. En effet, en commençant ce blog, j’ambitionnais de parler de mes coups de cœur et si j’aime l’idée de conserver une trace de tout ce que je consomme, je trouve que ce qui me plait vraiment reste trop souvent noyé dans la masse. C’est pourquoi je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’un documentaire que j’ai regardé sur netflix. Je ne sais pas comment je suis tombée dessus (le hasard des suggestions, mais ça veut dire que je regarde vraiment des trucs assez glauques) ni pourquoi j’ai cliqué (thématique : le suicide…ah mais n’aurais-je pas un master en psycho ? ce doit être cela…), mais en tout car j’ai vraiment aimé et c’est pourquoi je lui dédie un article pour lui tout seul. ?

Evelyn Von Einsiedel (le frère du réalisateur donc) est un jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’est ôté la vie il y a de cela une dizaine d’année. S’apercevant que les années passent et que la famille ne parvient toujours pas à exprimer ses émotions, Orlando, son frère et sa sœur, trentenaires, décident de partir pour une longue marche, notamment à travers l’Ecosse, dans des endroits que leur frère affectionnait. Au long de cette marche, ils seront accompagnés successivement par leur mère, puis leur père et leur belle-mère et enfin leurs meilleurs amis. Ils évoqueront leurs souvenirs, heureux et traumatiques, la mémoire de leur frère, ce qui les lie et ce qui les sépare… Ils auront également l’occasion d’interagir avec des étrangers au long du périple, qui les questionnent sur ce qu’ils sont en train de faire (puisqu’ils sont tout de même suivis par des caméras) et s’aperçoivent que beaucoup ont connu, de près ou de loin, une tragédie semblable. J’ai trouvé ce film intime (notamment grâce aux extraits de vidéos familiales du temps où tout allait bien) mais pas impudique, comme si cette famille nous faisait un cadeau. J’ai été extrêmement émue par l’émotion, mais aussi la poésie et la lumière qui se dégagent de cette œuvre brute. Elle a également le mérite de briser les tabous autour de la maladie mentale (Evelyn avait un diagnostic de schizophrénie), de montrer des hommes qui acceptent de montrer leurs émotions et leurs larmes et de rappeler que le deuil n’est pas un processus linéaire avec une ligne d’arrivée claire. A la fin, j’avais envie de leur faire à tous un énorme hug (ce que fait d’ailleurs un inconnu avec la sœur à un moment).

Si vous parlez/comprenez l’anglais, je vous partage ci-après un poème de Nicholas Evans que la fratrie lit à la fin du film…

If I be the First of us to Die

If I be the first of us to die,
Let grief not blacken long your sky.
Be bold yet modest in your grieving.
There is a change but not a leaving.
For just as death is part of life,
The dead live on forever in the living.
And all the gathered riches of our journey,
The moments shared, the mysteries explored,
The steady layering of intimacy stored,
The things that made us laugh or weep or sing,
The joy of sunlit snow or first unfurling of the spring,
The wordless language of look and touch,
The knowing,
Each giving and each taking,
These are not flowers that fade,
Nor trees that fall and crumble,
Nor are the stone,
For even stone cannot the wind and rain withstand
And mighty mountain peaks in time reduce to sand.
What we were, we are.
What we had, we have.
A conjoined past imperishably present.
So when you walk the wood where once we walked together
And scan in vain the dappled bank beside you for my shadow,
Or pause where we always did upon the hill to gaze across the land,
And spotting something, reach by habit for my hand,
And finding none, feel sorrow start to steal upon you,
Be still.
Close your eyes.
Breathe.
Listen for my footfall in your heart.
I am not gone but merely walk within you.

Je vous laisse avec l’envie, ou non de voir cette jolie œuvre/hommage.

Ecrire…

Depuis que je suis toute petite, j’ai envie d’écrire. Mais qu’est ce que cela veut dire au juste avoir envie d’écrire ? Et pourquoi n’ai-je jamais « rien » écrit ? Par rien, j’entends une fiction avec un début et une fin. Une première majuscule et un point final. Une histoire. Un texte à faire relier et qui peut être mis entre les mains d’une tierce personne. Là est peut-être le problème. La définition du rien ou plutôt le fantasme du tout. Depuis que je sais écrire et lire, je rêve qu’un jour, j’écrirai un livre. Une fiction pour être précise. Or, au crépuscule de la trentaine, je n’ai toujours pas accouché de ce premier roman, de cette opera magna qui fera de moi une femme accomplie, une femme qui n’a pas oublié ses rêves de petite fille. Or pour écrire un roman, il faut deux choses essentielles : avoir quelque chose à dire et être prêt à travailler. Comme le premier, qui me parait également le prérequis, ne s’est jamais présenté (autrement que comme un début je veux dire), je n’ai jamais essayé de le forcer. Je ne ferai jamais partie de ces auteurs qui disent avoir besoin d’écrire pour vivre. Vous savez, ceux qui semblent possédés par des personnages et des messages plus grands qu’eux et qui racontent le besoin impérieux de les externaliser sous forme de récit. Je n’ai pas ces choses-là à dire. Je n’ai pas non plus le sentiment d’avoir quelque chose d’autobiographique qui vaille le coup à part des bribes de journal intime, mais il serait bien narcissique que de penser que cela a une quelconque valeur, tant du point de vue de la forme que du fond. D’autres auteurs eux, expliquent qu’il faut s’asseoir jour après jour à la table et se mettre à écrire, une phrase après l’autre, inlassablement et avec rigueur. Ainsi pourrait on également mettre au monde une histoire. Je ne l’ai jamais tenté non plus. Au fond, est-ce que je veux vraiment écrire un livre ? Et suffit pourquoi le voudrais-je ? Et le vouloir suffit-il ? Peut-être ne me suis-je pas encore détachée du moi idéal que je me suis façonnée sur mesure à l’adolescence que pour m’avouer que je ne l’écrirai pas ce livre. Que je ne l’écrirai pas et que ce n’est pas grave. Pourquoi est-il si important pour moi de m’identifier à une image de personne créative, d’artiste, d’intellectuelle. Je l’ignore. Au final, cela ne fait que nourrir une insatisfaction et il faudrait sans doute que je parvienne à me détacher de tout cela. Que je me détache de cette notion d’objectif, d’accomplissement, de performance. Ces idées abstraites et subjectives qui ont si souvent été un poison pour moi. N’osant pas parler de mes rêves de peur que l’on me questionne sur le pourquoi du comment je ne les ai pas atteints. Mais les questions les plus pertinentes et acérées ne risquent-elles pas de venir de moi-même ? Et n’ai-je pas mérité la liberté de penser ce que je veux de moi-même ? N’ai-je pas le devoir aussi d’arrêter de me regarder pour me tourner vers un monde ou d’autres histoires sont possibles que la mienne ? Que ma quête d’une image ? Ne ferais-je pas mieux d’accepter que je n’écrirai par ce livre. Mais que j’écris d’autres choses, qui sont lues ou pas. Que mon métier, que je n’ai pas eu le sentiment de choisir, j’y ai peu à peu trouvé un certain épanouissement. On ne sait pas toujours pourquoi on fait un choix, mais il faut pouvoir se demander pourquoi on le maintient et écouter les réponses. Et s’il n’y avait pas que la peur du changement ? Mes mots sont bien décousus et si je les publie, je ne m’attends pas à ce qu’ils soient intégralement compris, mais cela me fait du bien et elle est peut-être là ma plume. Une plume qui ordonne les états d’âmes, qui panse les blessures, qui décrit le chaos, qui lui donne sinon une forme du moins une ombre que je peux apprivoiser et surveiller du coin de l’œil. Elle est peut-être là ma plume et si j’écris, ne suis-je pas auteure malgré tout ?

Eclats d’âme en vrac

Je suis indignée par ce qu’il se passe en Russie, où l’on emprisonne un homme que l’on a cherché à empoisonner, sous des prétextes fallacieux, parce qu’il dénonce un régime totalitaire.

Je suis admirative de ce même homme, Alexeï Navalny, qui mène un combat désintéressé, plus grand que sa propre vie.

Je suis blasée de savoir qu’un engin s’est posé sur Mars et je me demande ce que l’argent  et les connaissances investis dans ce projet auraient pu changer à la pandémie mondiale et au réchauffement climatique…

Je suis réconfortée lorsque j’apprends que deux des plus grands milliardaires sud-coréens ont décidé de faire don de la moitié de leur fortune afin que de l’aide sociale puisse être apportée aux plus démunis de leur pays

Je suis remplie d’un amour que la pandémie m’empêche de donner et partager

Je suis bizarrement énergisée par cet amour, cette énergie et cet enfermement sans doute

Je suis reconnaissante, chaque jour en lisant la presse, d’être née dans un pays d’Europe et dans une bonne famille. J’ai sans doute plus de chance que 90% des gens sur cette planète.

Je suis impatiente d’être vaccinée. On nous le promettait pour mars ce vaccin, mais je désespère.

Je suis estomaquée de lire notre ancienne ministre de la santé qui s’en prend sur twitter à une psychiatre se disant heureuse d’être vaccinée et d’entrevoir de futures libertés. Mal lui en a pris à elle et sa morale mal placée.

Je suis révoltée par le sort des Ouïghours, esclavagisés en Chine au vu et au su de tout le monde. Révoltée face à l’inertie des gouvernements occidentaux. Révoltée par les multinationales qui profitent de cet esclavage moderne, cet anachronisme qui ne devrait pas exister. Révoltée de voir à quel point nous dépendons de la Chine financièrement parlant et de comment l’argent justifie tout. Pour plus d’infos je vous conseille de suivre le député européen Raphaël Glucksmann.

Je suis heureuse de gagner suffisamment bien ma vie que pour pouvoir actuellement travailler à 4/5° temps. Heureuse aussi d’être capable de résister aux sirènes de la consommation et de privilégier l’être à l’avoir.

Je suis frustrée car j’ai envie de danser, de serrer dans mes bras, d’embrasser.

Je suis stimulée par de riches conversations avec de belles personnes.

Je suis inspirée par mes lectures, par le printemps qui arrive.

Je suis plus que jamais attentive au petits plaisirs que je m’efforce de repérer et de reconnaitre comme tels.

Je suis fatiguée par cette société qui célèbre la liberté d’expression en même temps qu’elle flique de plus en plus la pensée, à l’affut du moindre faux pas adolescent ou de la moindre minorité offensée. Prête à condamner sans donner la possibilité de s’amender. Prête à interdire le débat. Prête à crier partout à l’appropriation culturelle. Vraiment fatiguée.

Je suis tout aussi excitée qu’effrayée par un futur déconfinement. Incroyablement excitée de revivre tant de belles choses, pas mal effrayée de ressortir d’une bulle un peu trop confortable.

Je suis libérée par cet acte d’écrire tant de sentiments, violents ou non, qui me traversent parfois en une journée comme tant d’autres.

Dans le bois derrière chez mes parents, 20 février 2021…

S’accrocher

Il y a plus ou moins deux heures, CNN a officialisé la nouvelle que j’attendais depuis 4 jours : Joe Biden et Kamala Harris vont faire leur entrée à la Maison Blanche et en déloger Donald Trump et Mike Pence. Leur histoire m’inspire cet article. Joe Biden a bientôt 78 ans, il a perdu sa première femme et une petite fille de 18 mois dans les années 70. Il s’est remarié et il y a 5 ans il a perdu son fils aîné d’un cancer. Aujourd’hui, à 78 ans, il est en coulisses, prêt à monter sur scène pour le plus grand rôle de sa vie. Cela peut paraitre quelque peu désespérant de penser que l’Amérique n’a pas d’alternative à Donald Trump qu’un homme de 78 ans. Mais aujourd’hui, cette élection me remplit d’optimisme. Parce que cet homme est un survivant et qu’il prouve que tant qu’on vit, rien n’est jamais terminé. Parce qu’il a à ses côtés une femme de couleur, la première à occuper cette fonction. Parce que c’est l’occasion pour les Etats Unis et le monde de renouer avec la décence, la vérité scientifique et la tolérance. Parce qu’ils se sont accrochés et que cela vaut la peine de s’accrocher.

Pour le moment, nous devons tous nous accrocher. Nous accrocher en attendant que la vague fléchisse. Nous accrocher face aux images de terrorisme, de conflits en Arménie et ailleurs, d’hôpitaux bondés…

Aujourd’hui, je retiens cette élection qui réinstalle de l’espoir pour le monde. Je m’accroche à cet espoir. Parce que je vois des gens se donner corps et âme pour prendre soin des autres. Parce qu’un magasin de producteurs locaux va s’installer dans ma rue, dans ma petite ville que je ne trouve pourtant pas très engagée pour l’écologie. Parce que mon école de musique ne ferme pas et va m’aider à supporter ce confinement. Parce que c’est l’automne et que la lumière est superbe. Parce qu’après cette tempête, je compte vivre beaucoup de belles choses.

S’accrocher. S’accrocher les uns aux autres. S’accrocher et s’accorder tant que possible. S’accrocher et remettre l’ouvrage sur le métier autant de fois qu’il le faudra. S’accrocher et continuer à rêver. S’accrocher et ne pas céder. S’accrocher à son centre de gravité. S’accrocher à ce qui nous fait du bien. S’accrocher et ne pas relâcher nos efforts. S’accrocher et prendre exemple. S’accrocher et patienter. S’accrocher parce que c’est la seule voie…

Courage à tous et à tous, plus ou moins sensibles à l’actualité, plus ou moins impactés par la situation sanitaire, plus ou moins effrayés ou émerveillés d’être tous ensemble sur ce grand bateau…

Et pour conclure, cette superbe chanson de Jacques Brel, « La Quête » :

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile

Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux

Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

C’est reparti…plaisirs d’automne

Après la trêve estivale, nous revoici donc aux portes du confinement. A la fois tous dans le même bateau et seuls face à tant d’interrogations. Comment ne pas sombrer alors que cette saison est déjà pénible pour beaucoup et que nous faisons face à un échec politique et citoyen de grande ampleur. Voici la question que je me pose en ce dimanche matin pluvieux. J’aime cette saison, mais je suis affectée comme tout le monde. Affectée par ce climat anxiogène et déprimant. Affectée face à la probable annulation du spectacle que je devais jouer en novembre. Difficile de vivre ce retour en  arrière aussi positivement que je l’avais fait lors du confinement premier. En effet, le printemps et les journées qui allongeaient nous facilitait quand même la vie. La naïveté aussi. Alors comment faire pour affronter les journées de (télé)travail qui s’en viennent sans pouvoir profiter de nos proches et activités récréatives et culturelles. Voici mon kit de survie personnel pour traverser cette épreuve. Il est fait d’images, de moments, de projets et de microscopiques rituels salvateurs. Je vous invite à vous en inspirer et à dresser votre propre liste. Action !

Le Hygge ! Plus que jamais. Pour moi, ce sont des films réconfortants ou un feu de bois qui crépite dans ma télévision puisque je n’ai pas la chance d’avoir un âtre. Mes bougies à la cire végétales sont commandées, j’attends qu’elles me soient livrées pour illuminer mes soirées ! Ajouter à cela un bon thé ou un chocolat au Marshmallow et le tour est joué !

Home sweet home…

L’écriture ! Plus que jamais. Que ce soit ici sur mon espace virtuel, dans des fichiers secrets ou même sur papier. J’ai plusieurs fois ressenti une urgence à écrire ces dernières semaines. Pour évacuer, pour me recentrer, pour déplier mes pensées et savoir où j’en étais. Les mots sont plus que jamais mes amis.

Corollaire inévitable, la lecture ! Impossible de m’endormir sans lire et que j’aime aussi les après-midi pluvieux qui s’étirent, allongée à dévorer les mots. Je parcours également pinterest et ai créé un tableau poésie. J’ai délaissé la poésie ces dernières années, mais durant ma formation théâtrale, j’avais l’habitude d’en lire énormément et d’en déclamer. Les poètes sont les vrais messagers de l’âme.

Me remettre à l’espagnol. J’ai un abonnement Babbel que je sous utilise. Il est temps de m’y remettre pour programmer enfin ce voyage andalou dont je rêve depuis 15 ans. Quand tout cela sera terminé, je veux y foncer et m’y exprimer dans la langue locale.

La guitare. Une nouveauté de cette année. Mes cours ne sont pas (encore ?) suspendus et j’en suis ravie. J’éprouve un plaisir enfantin à débarquer dans une discipline totalement nouvelle. Je ne connaissais aucun accord et je ne sais pas lire la musique. Quelle sensation agréable de se mettre en totale ouverture et ne sachant rien face à quelqu’un qui sait tout. Et se laisser guider, questionner mais ne rien remettre en question, sentir ses doigts brûler et finalement la note juste résonner…

Les gratins ! C’est bête mais voilà où j’en suis arrivée. Je cuisine des gratins et je les stocke. Qui aurait cru que l’allergique aux fourneaux que je suis se défoulerait un jour ainsi. Bon, les gratins, c’est pas très compliqué, mais c’est bon et c’est très satisfaisant. Si je dois rester semi-confinée, ce sera aussi l’occasion de reprendre en main mon alimentation.

La forêt, les couleurs de la forêt, les bruits de la forêt, la texture de la forêt, les surprises de la forêt, la magie de la forêt…

Le sport. Il est mis à mal le sport, les salles ne sont plus très fréquentables et d’ailleurs elles sont fermées. Je n’ai pas repris d’abonnement mais du coup je suis privée de routine. Depuis l’été en vérité, elle laisse à désirer. Il ne me reste que la course et j’ai investi dans un harnais fluo pour le soir. Malheureusement le soir hors de question de partir seule dans les bois et les champs. Il va me falloir trouver de chouettes itinéraires urbains pour continuer. A compléter avec du travail au poids du corps à la maison. Plus dur l’hiver qu’au printemps d’être fit et confinée.

Mon projet couture. J’ai un patron, j’ai du tissus, y a plus qu’à… le plus dur, pour moi qui ai encore peu d’expérience, ce sera de dompter la machine. J’ai déjà cassé des aiguilles, je m’attends au pire, mais youtube sera mon ami et je peux toujours appeler à l’aide en visio.

Celle-ci, en bordeaux, sur le site de Cousette

Le théâtre. Certes nous ne jouerons pas en novembre, mais je chéris le temps passé avec mes partenaires, avec qui je traverse cette période depuis des mois. Avec qui j’ai des contacts réguliers, plus qu’avec beaucoup d’amis que j’ai renoncé à voir à cause de la situation sanitaire. J’espère pouvoir continuer à répéter et chanter avec eux en appliquant au maximum les gestes barrière. Parce que c’est mon évasion. Parce que j’ai besoin de m’inscrire dans un projet. Parce que nos rencontres sont des bulles d’insouciance dans un océan d’incertitude.

Instantané de répétition…

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vais en profiter pour faire du tri. Et scruter les annonces pour les ventes de maison. M’instruire toujours plus. Avoir des contacts avec mes proches en usant de créativité. Me reposer. Economiser pour profiter de l’après. Prendre soin de moi. Et si je cours et que j’écris et que j’apprends, je vais y arriver.

Je pense encore une fois à nos soignants. A nos professeurs. A mes collègues. Aux transporteurs. A tous ceux qui vont au front. A tous ceux qui souffrent économiquement aussi. Aux petits commerçants. Il nous revient tous ensemble de lutter contre l’obscurité et contre l’obscurantisme et la désinformation qui tuent dans les hôpitaux et aux abords des collèges. L’histoire de Samuel Paty me bouleverse profondément ces derniers jours. Alors dans cet hiver qui s’annonce rude, prenons soin de nous, des autres et gardons notre cœur et notre esprit ouvert, même si nous devons fermer la porte…

Courage à tous et toutes…

ça n’arrive qu’à moi

Voici un texte brut, écrit lors d’un après midi pluvieux du début d’automne chez une amie. Les consignes sont d’elle. Je ne les ai pas complètement respectées, mais il parait qu’elles sont là pour ça. Je le trouve un peu pompeux mon texte. Mon amie l’a trouvé « classe ». Moi ça me fait un bien fou d’écrire pour m’amuser, alors je décide de le publier ici. Bon weekend à tous

  1. Ça n’arrive qu’à moi
  2. Placer quelque chose qui me contrarie
  3. Pourtant

Il y a quelque chose de merveilleux et de terriblement triste à se dire que tout ça n’arrive qu’à moi. Que la vie est universelle mais que son expérience subjective est unique. Et que toute notre vie, nous la passons à chercher des êtres qui nous ressemblent pour assouvir ce besoin de connexion qui abolirait la solitude inhérente à notre condition. Ou, s’ils ne nous ressemblent pas, au moins des êtres qui auront cette curiosité et l’empathie nécessaire pour nous prendre la main et regarder au fond de notre âme sans jugement. Ça n’arrive qu’à moi et pourtant lorsqu’on tombe amoureux on a l’illusion d’être deux. Et puis on se réveille et on se rend compte qu’on est seul. Et c’est une petite mort. Ca n’arrive qu’à moi et pourtant nous l’avons tous vécu. Cette fois où un pigeon m’a chié sur la tête à ma première boum. Cette fois où j’ai rêvé que je volais et où je me suis éveillée au sommet d’une montagne. Et cette autre où ton regard m’a clouée au sol avant de me ressusciter. Alors, il ne me reste que les mots. Je cherche des livres écrits pour moi. Des livres qui me donneraient des nouvelles de moi, qui me raconteraient que je ne suis pas seule. Que c’est arrivé à d’autres, même si ce ne sont que des personnages de papier. Je rêve de m’éveiller ancrée parmi eux sur les pages d’un livre. Et comme je ne les trouve pas, j’écris. J’écris pour me donner la force d’avancer. J’écris pour savoir qui je suis. J’écris pour ne pas exploser. J’écris et ça n’arrive pas qu’à moi.

Anxiété

L’anxiété est une vieille compagne de route pour moi. Dès l’enfance, je l’ai sentie planer, comme une mauvaise fée qui se serait penchée sur mon berceau. Elle circule dans la famille et parmi les belles choses qui m’ont été léguées, elle figure avec sa moche dégaine et m’a souvent gâché de beaux moments, voire des relations. Elle me susurre à l’oreille des croyances vénéneuses déguisées en vérité. Des mensonges qui me conduisent à me sous estimer, à me faire endosser la casquette de metteuse en scène de scénarii catastrophe et à éviter toutes sortes de dangers imaginaires. Elle s’est déjà manifestée sans que je m’y attende, un matin d’été au réveil. Elle s’invite lorsque je tiens à quelqu’un ou quelque chose que j’ai peur de perdre. Comme je crains de la voir surgir, je la provoque parfois et elle ne manque pas d’apparaitre avec son cortège de pensées paralysantes et dévalorisantes. J’aimerais penser que je l’ai vaincue pour de bon, mais d’outre tombe elle me commande de ne pas être si présomptueuse. Et pourtant, je finis toujours par gagner. Bien sûr j’y perds des plumes, bien sûr certaines cicatrices sont douloureuses, mais je ne renie pas les apprentissages que je tire de ces croisades. Cette année, avec le confinement, j’ai eu l’occasion de beaucoup réfléchir et de me sentir « alignée », pleinement consciente de qui je suis, de ce que je veux et de comment y parvenir. Puis, le monde extérieur, un monde extérieur aux apparences trompeuses et chargé d’une menace nouvelle, a rouvert ses portes et tout cela a vacillé à nouveau. Une nuit, ma vieille ennemie m’a rendu visite. J’ai senti la chambre tourner à nouveau. J’ai eu la tentation de fuir, de me reconfiner en moi-même. Et puis je me suis levée. J’avais à faire, quelqu’un avait besoin de moi et je me devais d’honorer mon engagement envers cette personne et envers moi-même. Envers la femme que je suis devenue, envers la professionnelle fiable et solide que je suis. Depuis, le chemin se poursuit et plus de visite surprise. Pourtant, rien n’est plus facile qu’avant. Pourtant ma tanière est confortable et me fait de l’œil. Mais j’ai décidé de grandir encore, d’éclore un peu plus chaque jour, de prendre le risque de tomber en sachant que j’ai les épaules pour me relever (et surtout les jambes) et que, si je tends la main, il y a fort à parier que quelqu’un la saisira.

Belgique, 29 juillet 2020

Journal de Confinement 4: du 6 au 12 avril

Je n’ai pas écrit tous les jours cette semaine. Les jours se ressemblent étrangement et je n’ai pas envie de me forcer à imaginer des mots nouveaux pour décrire la même chose. J’ai écrit lorsque j’en avais envie, lorsqu’une pensée, une image ou une impression demandait à être retranscrite…

Mardi 7

Premiers coloriages envoyés à des amis. Je poursuis ma production avec passion.

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Je parviens à me motiver à aller courir même si je suis allée au travail. Ce n’est pas facile aujourd’hui. Je décide de faire plus court en essayant d’aller plus vite, mais comme je ne parviens pas à maintenir l’accélération, je me force à poursuivre 2km de plus. Pas exceptionnel mais l’essentiel est de se dépasser un peu à chaque sortie, on ne peut pas être performant tous les jours.

Je regarde un reportage sur l’étude BBC Pandemic, une étude sur la propagation des virus réalisée en Grande Bretagne il y a deux ans. Je vais tenter de la regarder en replay car j’ai raté le début et c’était très intéressant. Ils avaient anticipé à quelle vitesse cela pouvait aller…

La jeune trompettiste de ma rue nous offre un véritable mini concert de jazz à 20h. Elle a mis un background avec un ampli et le temps suspend son vol encore davantage. Elle nous régale…

La lune est magnifique, mais je n’ai plus d’appareil photo correct et celui de l’ipad est complètement inefficace pour les scènes nocturnes. Vers 21h, la lune est toujours pile visible de la fenêtre qui fait face à mon divan, la plus grande.

Mercredi 8

J’ai pris le soleil dans la cour du boulot aujourd’hui, mes bras et mon cou en portent les premières marques.

Longue marche avec le soleil en déclin. J’en profite pour appeler une amie. Ma moyenne de pas quotidiens a mis du temps à remonter, mais elle franchira bientôt la barre des 10000 pas. Cela n’arrive que lorsque je suis en vacances et encore, souvent les vacances sont trop courtes pour compenser la sédentarité que je vis dans la vie dite « active ».

Ca y est je craque complètement et j’ai téléchargé une application qui me permet d’évoluer dans le monde d’Harry Potter, je pense que ça s’appelle Hogwarts Mistery. Je m’appelle Julia Granger (Team Hermione, always) et je suis en première année dans la maison Serdaigle.

House of Ravenclaw by DreamerWhit.deviantart.com on @DeviantArt
Comme Luna…un autre de mes personnages favoris

 

Samedi 11

Certains retapent une maison. Certains creusent une piscine dans leur jardin. Certains mettent en place un potager qui leur permettra d’être auto suffisants pour les mois à venir. Moi, je….nettoie tous les tiroirs et étagères de mon frigo-congélateur. Eh oui, dans un petit appartement, on a les chantiers qu’on a. Je voulais repeindre mon salon, mais je me suis dit que j’allais vite me retrouver au milieu d’un bordel monstre avec juste ma chambre pour me retrancher et qu’il valait mieux ne pas se lancer là dedans.

Encore un article, une contribution externe publiée sur le site de La Libre Belgique. Je m’y reconnais pas mal… https://www.lalibre.be/debats/opinions/apres-le-confinement-refusons-en-bloc-le-retour-a-nos-comportements-deshumanises-5e8f24e4d8ad581631d7269b

Promenade à vélo aujourd’hui. J’ai repéré un endroit où je voulais arriver. C’est si agréable de se balader parmi les pommiers et poiriers en fleurs, de découvrir de nouvelles perspectives sur le paysage, de sentir le vent sans en être incommodée comme lorsqu’on court. Je fais travailler un peu mes cuisses et je sens mes bras aussi qui travaillent pour maintenir le guidon dans sur des terrains irréguliers.

Récompense, une pizza 4 fromages que je vais retirer à la pizzeria en bas de chez moi, munie d’un masque cousu par ma maman. Premiers repas depuis le début du confinement qui n’est pas concocté par mes soins avec ce que j’ai à la maison. Elle est savoureuse, mais je n’ai plus l’habitude de manger si copieusement et si lourd.

Dimanche 12

Nuit de 12h. La digestion de la pizza ? J’ai besoin de dormir beaucoup, ça a toujours été comme ça, sans vraiment savoir pourquoi. Bien sûr, si je mets mon réveil, je peux me lever avant cela et être opérationnelle. Cependant, naturellement, je n’aurai jamais envie de me lever après moins de 9 ou 10h de sommeil, ce qui est difficile au quotidien. A ce jour, je n’ai jamais eu de mauvaise prise de sang. Mystère. Je pense que c’est constitutif. Et sans surprise, je suis plutôt du soir, donc j’accumule rapidement beaucoup de fatigue avec les semaines de travail qui s’enchainent. Lorsque je respecte davantage mon rythme et que je m’octroie davantage de sommeil le weekend, je me sens comme nouvelle.

J’ai tout de même du mal à émerger et je décide de sortir pour aller déposer un livre dans la boîte à livres la plus proche. Je cherche des livres anciens pour un projet créatif que j’ai envie de réaliser. Il ne faut pas qu’ils soient trop beaux ou que ce soient des classiques car je vais devoir leur « faire du mal ». Je prélève trois livres de la boite, mais je sens que cela va être compliqué. Suite bientôt, si j’y arrive.

Je me lasse un peu de courir seule, même si je suis régulière. Après un run plus court que d’habitude (5,7km), je décide d’aller faire des escaliers. Il y a une côte dans ma ville que l’on peut faire par la route ou par une série d’escaliers. Les marches ne sont pas trop hautes mais il faut faire attention car elles sont pavées et irrégulières. Je ne les ai pas comptées, je pense qu’il doit y en avoir environ 150…194, je viens de vérifier sur internet ! Je les ai gravies deux fois en trottant et j’étais en feu, mais contente de moi.

Je suis cependant triste car alors que majoritairement la journée a été extrêmement calme avec encore moins de voitures et de passage que d’habitude lorsque je suis sortie vers 13h30 (mais les gens étaient sans doute encore à table), j’ai observé lors de mon run des personnes ne respectant pas du tout les règles de confinement. Un groupe d’adolescents, mais aussi des enfants accompagnés par des adultes à vélo. Ils m’ont littéralement bloqué le passage car ils étaient à l’arrêt sur la rampe très étroite d’un pont. Je pense que c’était deux groupes de trois ou quatre personnes qui se rencontraient par hasard, mais ils étaient à l’arrêt, et ne m’ont pas permis de passer en respectant les distances de sécurité. Et il est certain qu’il ne s’agissait pas de personnes qui vivent sous le même toit.

Je comprends que les ados transgressent, mais je suis en colère contre les adultes. J’imagine que c’est dur quand on est confiné avec des enfants, j’imagine que certains se sentent à l’abri, mais pourquoi laisser vos enfants jouer tous ensemble dans les rues des villages quand je vois que vous avez tous des jardins. Je m’estime chanceuse, je n’ai aucun problème de santé et j’ai toujours mon salaire. Mes proches vont bien. Je ne subis pas de violence domestique. Mais ce n’est pas évident non plus d’être confinée seule, d’être confinée sans extérieur alors qu’il fait beau… Mais je le fais de bon cœur car je vois l’épuisement des soignants et je les respecte trop, car j’ai une grand-mère en maison de repos, car tout simplement cela n’a jamais été aussi facile d’aider son prochain. Alors de grâce restons chez nous et quand nous allons au supermarché ou faire du sport comme c’est encore autorisé, n’abusons pas. Je vivrais très mal que l’on me prive de ma balade quotidienne à cause d’une poignée d’inconscients, surtout si ces inconscients vivent dans des 4 façades et ne peuvent juste pas s’empêcher de faire un barbecue avec leurs voisins. C’était le coup de gueule du dimanche soir, je suis désolée, ça me fait du bien de l’écrire. Je reviendrai mieux disposée…

J’espère que tout va au mieux pour vous. Courage.

Si je n’avais plus peur…

J’y pense souvent, j’y pense encore plus maintenant en ces temps de solitude, alors je reprends l’idée de « Nous aussi, on voyage », un blog derrière lequel vibre une belle âme doublée d’une belle plume.

Si je n’avais plus peur…

Je travaillerais moins, sans me soucier de mes vieux jours, en ayant confiance dans le fait que ce sera assez, que je n’ai pas besoin de beaucoup…

J’entreprendrais seule ce voyage en Angleterre pour lequel je n’ai pas de partenaire. Je roulerais à gauche, je louerais une voiture automatique. J’irais en Cornouailles, je sympathiserais avec des locaux au pub du coin, je prendrais des photos et j’admirerais le coucher du soleil sur la lande…

J’irais au Canada, seule aussi s’il le faut, sans crainte de voir mon anxiété resurgir ou avec l’idée que si elle vient, je m’en sortirais toujours…

J’irais donner mon sang…

Je ne ferais pas peser ma supposée anxiété dans la balance de mes décisions…

J’écrirais une nouvelle, un roman, je ferais en sorte d’être lue davantage, j’oserais m’auto-promouvoir…

Je m’inscrirais à une course de 10 kilomètres, ou plus…

Je couperais ma frange moi-même, là maintenant…

Je me dirais peut-être que ça vaut la peine de laisser une autre chance à l’amour…

Je monterais dans le London Eye…

J’essaierais le deltaplane…

Je chercherais activement à acheter cette petite maison avec jardin ou à défaut ce petit terrain où je me débrouillerais pour déposer un habitat léger…

J’essaierais à nouveau de regarder « The Haunting of hill House » seule…

Je changerais de divan…

Je m’installerais à mon compte pour une partie de mon temps de travail…

Pour certaines choses, je ne sais pas si la peur est trop forte ou l’envie pas suffisante, mais si je n’avais pas peur, je verrais au moins si j’en ai l’énergie…

Et vous, que feriez-vous ? De mon côté, je pense que si on veut quelque chose du plus profond de ses tripes, il va falloir un jour se résoudre à le faire en ayant peur… Quelles peurs avez-vous vaincues ? Qu’avez-vous tenté ou réalisé en ayant la peur au ventre ?

Is fear holding you back from starting your business, big idea or life change? Learn a simple habit to get started faster than ever. #startingabusiness #motivation #getgoing #successtip #overcomefear

Pitié pour la nation…

Il y a quelques années, une amie qui voyageait aux USA m’a envoyé une carte postale sur laquelle figurait un poème inspiré de Khalil Gibran. Je l’ai affiché sur mon frigo et il n’a pas bougé depuis. Comme beaucoup, j’ai voté ce weekend. Mon pays s’avère aujourd’hui pratiquement ingouvernable et un raz de marée inquiétant va venir grossir les rangs du parlement européen. Je ne me livrerai pas à une analyse, je n’ai pas les compétences nécessaires, ni l’énergie. L’art et les mots sont une de mes plus grandes sources de réconfort. Je vous partage juste ce poème, suivi de ma traduction personnelle car je n’ai pas pu en trouver une sur le web… Bonne lecture !

« PITY THE NATION »
(After Khalil Gibran)

Pity the nation whose people are sheep

And whose shepherds mislead them

Pity the nation whose leaders are liars

Whose sages are silenced

And whose bigots haunt the airwaves

Pity the nation that raises not its voice

Except to praise conquerors

And acclaim the bully as hero

And aims to rule the world

By force and by torture

Pity the nation that knows

No other language but its own

And no other culture but its own

Pity the nation whose breath is money

And sleeps the sleep of the too well fed

Pity the nation Oh pity the people

Who allow their rights to erode

And their freedoms to be washed away

My country, tears of thee

Sweet land of liberty!

 

“PITIE POUR LA NATION”

(d’après Khalil Gibran)

Pitié pour la nation dont les habitants sont des moutons

Et dont les bergers font fausse route

Pitié pour la nation dont les dirigeants sont des menteurs

Dont les sages sont réduits au silence

Et où les bigots hantent les ondes

Pitié pour la nation qui n’élève pas la voix

Sauf pour louer les conquérants

Et acclamer les brutes comme des héros

Et qui souhaite diriger le monde

Par la force et la torture

Pitié pour la nation qui ne connait

Aucune autre langue que la sienne

Et aucune autre culture que la sienne

Pitié pour la nation

Dont le souffle est l’argent

Et qui dort du sommeil de ceux qui ont trop bien mangé

Pitié pour la nation Oh pitié pour le peuple

Qui laisse ses droits s’éroder

Et ses libertés s’effacer

 

Lawrence Ferlinghetti

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