Mes bonnes adresses à Valencia

Après les deux articles – l’un sur son atmosphère, l’autre sur son intérêt touristique- qui m’ont été inspirés par Valence, en voici un troisième qui reprend quelques bonnes adresses que j’ai pu tester.

Pour manger :

  • Vivir sin dormir: situé sur le paseo maritimo à quelques enjambées du port, voici une bonne adresse pas cher où se restaurer lors d’une journée à la plage. Vous y trouverez toutes sortes de pains toastés, tapas et autres spécialités, le tout pour un prix raisonnable. Nous avons essayé une salade (qui ressemble à une salade niçoise mais je ne me souviens pas si elle était qualifiée comme telle sur le menu) qui était généreuse, fraîche et bien assaisonnée.
  • Si vous poursuivez le long de la mer, suffisamment jusqu’à arriver à la plage de la Patacona, vous découvrirez ce qui est le coup de cœur de cet article, à savoir la Mas Bonita , un écrin cosy, un régal pour les papilles et pour les yeux. Ils possèdent aussi une adresse dans le quartier de la Russafa. J’ai été conquise par la déco blanche et bleue azur, la salle est assez grande (mais à la haute saison il vaut sans doute mieux réserver). A l’arrière, la terrasse (ou patio) a des allures de jardin secret. A l’avant on peut aussi bien sûr s’installer au soleil et en été, ils ouvrent également un bar sur la plage avec transats et cocktails. L’offre va du brunch aux gateaux qui sont spectaculaires et n’ont rien à envier aux pâtisseries anglaises, je vous conseille un petit tour sur leur instagram pour vous convaincre…
  • Les ruelles et petites places du centre ville regorgent d’endroit sympas, cependant il n’est pas toujours facile de se faire une place au soleil. En été, on préfèrera l’ombre, mais en mars, désireuse de profiter de chaque rayon, c’est chez Blanquita, sur une petite place à deux pas du mercado central, que j’ai trouvé mon bonheur. Personnel sympathique et décontracté, on mange simple, bien et pour une somme très modique. Pas le plus bel endroit de Valence, mais parfait pour une heure au soleil un peu en dehors de la frénésie urbaine.
  • Enfin, une adresse qui est dans tous les guides touristiques et qui vaut le détour, l’horchateria de Santa Catalina, lieu historique ou essayer la boisson traditionnelle l’horchata (lait de tubercules de suchet ou chufa) ou, si vous préférez un bon chocolat chaud à l’ancienne (bien épais et légèrement amer) dans lequel vous pourrez plonger des fartons, churros ou autres spécialités locales. Affolement du taux de glycémie à prévoir. Le lieu est aussi intéressant pour son architecture et semble ouvert tous les jours jusqu’assez tard (22h en mars, sans doute plus tard en été). A voir…

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Pour faire du shopping : le bonheur c’est que les magasins ouvrent très tard en Espagne, tout comme certains lieux touristiques tels que la cité des arts et des sciences. Parfait pour rentabiliser sa journée, que vous mangiez vers 19 h comme dans le nord ou à 22h à l’heure ibérique. Possible donc de caler une visite ou une séance shopping en soirée. Attention cependant à la fermeture de l’après-midi, beaucoup de boutiques (pas les grandes enseignes ou les centres commerciaux, mais plutôt les petites enseignes des quartiers comme Russafa ou El Carmen) font une coupure entre 14h et 17h plus ou moins… Je n’ai pas fait beaucoup de shopping et peu dans les plus petits quartiers, mais notre hôtel était proche du centre commercial El Saler, ce qui m’a permis de faire quelques achats. Lors de mon prochain voyage, j’espère découvrir davantage les créateurs locaux. A retenir :

  • Ale Hop : il y en a absolument partout et on y trouve de tout, il faut se retenir pour ne pas faire des achats compulsifs et inutiles, mais pour un souvenir ou si vous avez besoin de trousses et de matériel scolaire/papeterie, vous trouverez votre bonheur… Eventails, trousses à messages, carnets, pins, jeux pour enfants, serviettes de place, le tout décliné dans des imprimés variés et sympas…
  • Parfois : accessoires et bijoux. C’est aussi une chaine, donc les prix sont modiques et ce n’est pas disponible chez nous. Une bonne adresse pour (se) faire plaisir sans risque de croiser tous les jours quelqu’un avec la même paire de boucles.
  • Oysho : bien connu en France aussi et dispo à la livraison en Belgique. J’avais découvert cette marque lors de mes premiers séjours en Espagne. Belles matières, lingerie simple et féminine, articles de sport…ça vaut la peine d’y faire un tour car les prix espagnols sont de 5 à 10€ inférieurs aux prix pratiqués à l’étranger.
  • Violeta by Mango : pour les grandes tailles, c’est la petite sœur de Mango. Jolies coupes, jolies matières mettant en valeur la silhouette dans l’esprit élégant de Mango. Possibilité de commander depuis l’étranger. Prix moyens, également un peu inférieurs si on fait son shopping directement en Espagne.
  • Le magasin de Cecilia Plaza (C/Roteros 14 bajo, 46 003 Valencia, www.ceciliaplaza.com), une découverte plus locale, faite lors d’une balade en soirée dans le joli quartier d’El Carmen. Cecilia est illustratrice et nous avons été accueillies à la boutique par son mari qui s’est montré charmant. Elle s’inspire beaucoup de la nature et de vues urbaines oniriques. Certains diront que c’est enfantin, mais c’est surtout très poétique et joyeux. Dommage qu’il soit difficile d’emporter en avion de grandes reproductions, j’aurais volontiers craqué…

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Bilan culturel de juillet

Me revoici pour le rendez-vous mensuel où je parle de mes trouvailles. J’ai beaucoup travaillé ce mois de juillet, ne m’arrêtant qu’à la fin avec un agenda non moins chargé. Cela fait une éternité que je ne suis plus allée au cinéma ou voir une expo. La sélection sera cette fois ci très limitée.

J’ai regardé qu’une seule série. Elle n’est pas excellente, mais son but était d’entretenir ce que j’avais appris d’espagnol et de m’y baigner un peu les oreilles. Il s’agit de « Mar de Plastico » qui n’est pas une série netflix, mais c’est là qu’on la trouve. Elle comporte deux saisons de 13 épisodes d’une heure chacun donc on peut tenir un bon bout de temps avec. Mar de Plastico, où mer de plastique, désigne les immenses étendues recouvertes par des serres dans la région d’Almeria (en Andalousie) et où sont produits une grande quantité de fruits et légumes destinés à l’exportation. C’est une série policière, le suspense est bien mené et c’est un programme qui se laisse regarder. Il y a de la romance aussi et quelques personnages charismatiques, notamment l’inspecteur de Police. La série a également cherché à aborder la thématique des travailleurs clandestins venus d’Afrique et de la traite des femmes russes et de l’intégration des gitans d’Andalousie ce qui fait beaucoup et le traitement est parfois caricatural (pourquoi les africains parleraient ils espagnol entre eux ?). Il y a aussi beaucoup de bastons et c’est un peu fatigant à la fin, tous ces mecs qui se cognent dessus. Néanmoins quelques acteurs sont très bons, il y a du suspense, la tension est caniculaire et ce n’est pas non plus dépourvu d’humour et de charme.

Je continue à regarder au goutte à goutte mes séries doudou « New Girl », « Grace et Frankie » et je rebinge un peu « Lovesick » aussi…

Niveau lecture, je me suis plongée dans le troisième tome, en Italien toujours, de la saga d’Elena Ferrante, « celle qui fuit et celle qui reste ». Je n’ai pas été déçue, même si la narratrice m’a souvent agacée par son égocentrisme et que je pense que le tome précédent, qui évoque l’adolescence, restera le plus intéressant et le plus fascinant en ce qu’il réussit à nous faire coller au plus près des émotions, espoirs et tourments liés à cette période. Ce troisième tome est quant à lui plus politique. Je ne tarderai pas à me plonger dans le quatrième et dernier tome de la saga, qui révèlera enfin (je l’espère) où est partie Lila.

Voilà, je pense ne rien oublier. Ma lecture du moment est plus légère et en français, mais ce sera pour le bilan du mois d’août.

 

Visiter Valencia, Espagne

A la découverte de Valencia

Ce mois de mars, je suis allée à Valence, ou Valencia, en Espagne, pour la troisième fois. C’est une ville que je commence à connaitre et que j’ai découverte grâce à une magnifique rencontre, une amitié née lors de mes années italiennes.

Valence est la troisième ville d’Espagne après Madrid et Barcelone. Autour de moi, je ne connais pas grand monde qui y soit allé et j’en fais la publicité. Pour moi cette ville est fantastique, elle m’a inspiré mon article sur l’émotion du sud et elle a mille choses à offrir. Elle est maritime et n’est pas engorgée de touriste. Elle est située à 300 km plus ou moins au sud de Barcelone et fait face aux îles Baléares. Culture, nature, modernité, tradition, chacun peut y trouver son compte.

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A ne pas manquer selon moi :

  • Une promenade sans les Jardin del Turia : le fleuve Turia a été détourné suite à une importante crue en 1957. Son lit, surplombé de ponts datant d’époques différentes, a fait place à 7 km de promenades, de palmeraies, fontaines, terrains de sports, aires de jeux… Un véritable poumon dans la ville et un régal pour les yeux que ce soit vu d’en haut ou d’en bas. L’ancienne embouchure du fleuve est désormais occupée par la Ciudad de las Artes y las Ciencias.
  • La Ciudad de las artes y las ciencias précisément. Quoi qu’est-ce ? Un complexe culturel et muséal projeté par Santiago Calatrava et Felix Candela. Je vous laisse checker cela sur wikipedia. Toujours est il que c’est très impressionnant, c’est blanc, inspiré par la mer et quand cela se découpe sur un ciel bleu sans nuages (ou avec d’ailleurs), c’est un vrai ravissement pour les yeux. Je vous conseille vivement la visite del’Oneanografic, qui est l’un des plus grands aquariums d’Europe et est juste magnifique. Il n’y a pas que des poissons, mais aussi des oiseaux, des papillons, etc…répartis par biotopes. Le tout accompagné de musique douce et de lumières tamisées pour un effet zen garanti. J’aurais jamais cru autant aimer les méduses. Attention, c’est près de 30 euros pour un adulte..

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  • Le Mercat Central pour les amateurs d’architecture du début du siècle et une vraie ambiance du sud parmi les étals de fruits, de poissons frais, etc…
  • Le bioparc : c’est un zoo mais en mieux ! Tout d’abord, ils ont cherché à abolir les barrières visuelles entre le public et les animaux. En fait, il y a très peu de barrières/clôtures visibles, ils misent pour la sécurité sur les plans d’eau, les vitres, la pierre ou les différences de niveau : vous verrez les chimpanzés et les girafes depuis un passage, une espèce de corniche, qui les surplombe. Je ne sais pas si les animaux voient la différence, mais moi en tout cas je me suis davantage sentie en immersion. De base, je n’aime pas trop les zoos et je suis contre l’instrumentalisation des animaux, mais le Bioparc fait partie d’un programme de préservation de la faune africaine. Pour chaque espèce, ils expliquent si elle est en danger ou pas, le pourquoi de ce danger et comment ils participent au programme de sauvegarde. A voir absolument, je pense que si je vivais à Valence, je prendrais un abonnement.
  • L’albufera : je n’y suis pas allée cette fois-ci, mais j’aimerais beaucoup y retourner. Il s’agit d’une réserve naturelle au sud de Valence, une lagune. On peut s’y promener et y faire un tour en bateau. Au coucher du soleil, cela devient magique. Avec le bus touristique de Valence, plusieurs formules sont proposées pour s’y rendre, moyennant un supplément.
  • Le centre historique : plaza de la Virgen, les beaux bâtiments du quartier des banques, la vue sur la ville si vous osez gravir la tour du Micalet à la Cathédrale Santa Maria, la Lonja de la Seda, la estacion del Norte et son style art déco rococo (je vous conseille d’entrer admirer les détails), la poste sur la Plaça del Ajuntament (entrez également)…

Je vais m’arrêter ici dans mon plaidoyer pour cette ville que, pour ma part, je préfère largement à Barcelone. Dans un prochain article, je répertorierai mes bonnes adresses sur place, en ville et à la plage. Si vous passez par ici et que vous aimez Valence et/ou avez de bonnes adresses, n’hésitez pas à me les laisser dans les commentaires…

L’émotion du Sud’

« Muchas gracias corazon ! », cette phrase lancée par une jeune serveuse espagnole à qui je venais de rappeler le détail de nos consommations pour qu’elle puisse nous les facturer, m’a marquée. Le mot doux, la confiance (j’aurais pu la rouler), la chaleur de sa voix… Il y a ceux qui disent les espagnols fiers et arrogants, que je ne comprends pas, et puis il y a moi et cette émotion qui me gagne lorsque je me rends en Italie ou en Espagne, l’émotion du Sud…

IMG_2317.JPGLa sensation de dépaysement mêlée au sentiment d’être à la maison, la lumière orangée des réverbères à la tombée du jour qui donne l’impression de déambuler dans un décor filtré en sépia, les rires bruyants émanant d’une poignée de quinquas attablés avec vue sur mer autour d’une bière… Le rire est-il dans leur voix ou dans le regard que je pose sur eux ? Je ne saurais le dire. Ce sont peut-être aussi tous ces souvenirs, ceux de la plus belle année de ma vie, qui froissent mon objectivité et me font chausser ces lunettes roses.

Peu importe, quand je suis dans le Sud non francophone, je me sens connectée à une partie de mon cœur que la vie de tous les jours a tendance à laisser en jachère, à la part tactile et fantasque contenue dans mon ADN, à une certaine idée du bonheur… Je m’y retrouve et c’est bon.

Et vous, avez-vous un rapport particulier à certaines destinations ? Vous y sentez-vous plus vivant, plus zen, plus séduit ?

Bilan culturel de février et mars : entre féminisme, Histoire et poésie

Je peine à maintenir le cap et la régularité sur mon blog. Pas que je ne vive rien d’intéressant à raconter, au contraire. Je m’astreins à beaucoup de discipline sportive et théâtrale (avoir étudié un minimum avant de me présenter aux répétitions) et je suis frustrée car j’ai tellement d’objectifs parallèles, mais je suppose que la procrastination fait partie de moi et que j’aime bien aussi être vautrée sur mon canapé. Voici que nous sommes en route vers le solstice d’été et que la clarté me donne le courage, entre une séance jambes à la salle de sport et un épisode de mon bien aimé Endeavour Morse, de m’attabler et de pianoter sur mon clavier.

Voici donc ce que j’ai consommé ces deux derniers mois :

Séries : la saison 2 de Grace et Frankie, la saison 1 de Lovesick, la saison 2 de Stranger Things, la saison 1 de la Casa de Papel, 7 seconds , Collateral, One of us et Requiem. Les 4 derniers titres sont des coproductions anglaises de netflix (sauf Seven Seconds qui est américaine). Le format est la mini série (entre 4 et 8 épisodes) et, mis à part Requiem qui appelle une suite, il n’y aura pas de saison 2. Peu de comédie, beaucoup de drame, de suspense et de tension dans ce binge watching hivernal. Ce qui ressort du lot c’est :

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  • Lovesick !!!! Le pitch – un mec avec une MST forcé de recontacter toutes ses conquêtes sexuelles – ne m’emballait pas plus que ça. Puis j’ai lu un article sur Madmoizelle et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et effectivement, pourquoi s’en priver ??? Ca se passe en Ecosse, ça parle d’amour et d’amitié, le héros (celui qui a la MST donc) est cute à se damner, et cet humour sarcastique….what’s not to love ? Le seul problème c’est que c’est trop court, 3 saisons rikiki à ce jour. Je me suis freinée et n’en ai regardé qu’une seule pour pas être en manque après. Go watch it !
  • La saison 2 de Stranger Things…faut il vraiment une explication ? Bon ok : bande de gosses pas farouches, années 80, nostalgie, monstres…excellent ! Sean Astin I love you !
  • La Casa de Papel : à trop trainer, maintenant tout le monde en parle, mais, quand je l’ai regardée, c’était pas comme ça. J’ai trouvé cette série en cherchant quelque chose à regarder en Espagnol pour rendre mon apprentissage sur Babbel plus vivant. Et comment dire ? Quel suspense, quelle originalité scénaristique, quel sens du détail et que de charisme (el Profesor te quiero…oui j’ai un homme dans chaque série, l’intelligence me séduit toujours). On se demande où cette histoire de prise d’otage dans la Maison de la Monnaie espagnole va nous emmener. On le saura demain puisque la seconde partie débarque sur Netflix. Ce sera la fin, on imagine mal une suite à une histoire de prise d’otage qui se termine et c’est sans doute mieux ainsi.
  • Dans les mini séries, j’épinglerais 7 seconds (dont je n’ai pas saisi le titre) pour son traitement périlleux et délicat de la question raciale aux USA (un thème qui revient dans beaucoup de séries et de films, ce qui est à la fois bon signe (on arrête de nier) et mauvais signe (ça n’a jamais été réglé) je suppose. En second, je dirais One of Us…je suis biaisée sans doute on me donne l’Ecosse, un double meurtre et un quasi huis clos familial et count me in ! C’est bien ficelé à nouveau mais c’est triste, je vous avertis.

Un documentaire : Secrets d’histoire « Les démons de Michel-Ange ». J’avoue, j’aime bien Stéphane Bern et puis ça m’a rappelé pas mal de souvenirs de ma vie en Italie. En ce moment, je ressens le besoin d’approfondir mes connaissances en histoire. Je n’étais pas réceptive ado et on ne me l’a, je pense, pas très bien enseigné. Je le regrette un peu maintenant et, moi qui aime me tenir au courant de l’actualité, je me sens très souvent extrêmement peu outillée pour comprendre les enjeux du monde moderne. De la lecture pas trop lourde à me recommander ?

J’ai pris le temps de lire 2 romans : « La maison du sommeil » de Jonathan Coe et « L’attentat » de Yasmina Khadra.

Le premier m’était tombé des mains il y a deux – trois ans et là, je l’ai lu en quelques soirs. Comme quoi c’est parfois une question de timing. Mes timides pas vers le minimalisme m’ont incitée à faire le tri dans ma bibliothèque et j’ai bien fait de donner une seconde chance à la maison du sommeil. Il y a pas mal de suspense et il faut un peu se concentrer car l’intrigue se déroule à deux époques différentes (un chapitre sur deux). Le twist final est inattendu, une fois de plus Coe ne fait pas dans la sobriété et aime les personnages absolutistes (un peu absurdes aussi). Son meilleur roman reste toutefois « Testament à l’Anglaise », saga familiale tourbillonnante et sidérante sur fond de tatchérisme.

J’avais déjà lu plusieurs livres de Jonathan Coe, mais encore jamais Yasmina Khadra, pourtant habitué des éloges du monde littéraire. Khadra, comme son nom ne l’indique pas, est un homme et Yasmina Khadra est un pseudonyme composé en réalité des deux prénoms de sa femme. C’était à la fois nécessaire (car il a servi dans l’armée pendant 25 ans) et révolutionnaire (quel acte féministe pour un algérien, je vous invite à aller lire ce qu’il dit de sa femme et ce qu’elle dit de lui, ça vous redonnerait foi en l’humanité). Je ne m’exprimerai pas sur la question israélo palestinienne, je n’ai pas eu la sensation de lire un ouvrage démagogique, même si la neutralité absolue n’existe pas. Bien sûr un tel roman ne peut qu’être politique, mais ce n’est pas ici son essence même. J’ai avant tout lu une histoire d’amour, une histoire d’amour qui se fracasse. J’ai lu une quête. J’ai lu l’histoire d’un homme qui perd tout ce qu’il a passé sa vie à gagner en fonçant aveuglément dans une seule direction en omettant de regarder en arrière de temps en temps. J’ai lu l’histoire de peuples qui avaient tout perdu et des fractures irrémédiables infligées à leur histoire et à leur dignité. J’ai lu de la nuance qui évitait la complaisance. Et plus que le fond, c’est la forme qui m’a séduite. Quel travail d’orfèvre et quelle puissance poétique. Ca chamboule et l’espace d’un instant, j’ai frôlé la sensation d’y être. Assurément je lirai d’autres livres de Yasmina Khadra.

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J’ai aussi vu 3 films au cinéma : « Wonder Wheel » de Woody Allen, « The Post » de Steven Spielberg et « Darkest Hour » (« Les heures sombres ») de Joe Wright. Je me suis beaucoup questionnée sur ce que signifiait pour une personne qui se dit féministe, d’aller voir un film de Woody Allen. Ses acteurs ne savent trop sur quel pied danser face aux accusations portées contre lui. La polémique suite à la couverture des Inrocks figurant Bertrand Cantat m’a amenée à me poser beaucoup de questions : si j’y vais, est-ce que je cautionne ? Peut-on aimer l’œuvre et mépriser les actes de l’homme ? A-t-on le droit de refuser à un homme, au nom de la décence, de s’afficher alors qu’il a purgé sa peine ? Est-il légitime d’exiger de lui une disparition plutôt qu’une réinsertion ? Le cheminement est toujours en cours et c’est l’important je pense, se poser des questions. Je n’écoute pas Bertrand Cantat, mais je suis allée voir « Wonder Wheel », l’atmosphère et est et Kate Winslet est tout bonnement au top, mais ça reste du Woody Allen sans trop d’inventivité, on sait où il va. Mais l’ambiance rétro et les couleurs de la fin de l’été dans une station balnéaire de la côte est en font tout de même un bon moment. Nous nous sommes tout de même demandées qui se moque de qui lorsque le personnage joué par Kate Winslet accuse son mari d’avoir un intérêt anormal (je ne me souviens plus des mots) pour sa propre fille (belle fille de Kate donc). Pied de nez à l’actualité ? Il faut oser ? Et convaincre une actrice de cette envergure de le jouer… A moins qu’Allen ne profite de cette réplique pour glisser une attaque plus directe à Mia Farrow , accusée d’avoir instigué ses enfants contre lui… Le saurons-nous un jour ?

« The Post » et « Darkest Hour » combinent un ensemble d’éléments appréciables qui les rendent difficilement criticables :

  • Des performances oscarisables et oscarisée pour Gary Oldman (qu’on ne reconnait tout simplement pas, big up au maquillage aussi)
  • On y apprend des choses, confer ce que j’ai dit plus haut
  • C’est compliqué au début, mais les éléments de compréhension de qui est qui nous sont distillés de sorte qu’on s’y retrouve avec un minimum de concentration
  • Du féminisme pour Meryl Strip
  • Tom Hanks a davantage de charme en vieillissant, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, malgré ce qu’on en dit !
  • Ces scènes au parlement anglais…ça vous prend aux tripes et je sais déjà que je visiterai l’endroit où se tenaient les réunions du cabinet de guerre de Churchill lors de ma prochaine escapade londonienne.
  • Voir Ben Mendelshon (Danny dans Bloodline) en George VI m’a fait plaisir et ses scènes avec Gary Oldman m’ont donné envie de revoir « A King Speech » (avec Colin Firth dans le même rôle faut il le rappeler) à la lumière de ce film ci. Ils devraient faire un coffret dvd si ça existe toujours…

Voilà, c’est tout pour le moment. Long et digressif, mais ça fait toujours autant de bien de ne pas juste laisser les choses filer mais de fixer ce qu’on a apprécié et qui mérite qu’on en laisse une trace. Je pense qu’en fin d’année, je ferai mon propre palmarès de découvertes toutes catégories…