Voyage en Italie (1): Verona

Après la Croatie, maintenant l’Italie. L’été à thématique généalogique. Première étape du périple, la Vénétie de mon grand-père. Plus précisément Vérone où il passa une partie de son enfance, où je m’en vais à la rencontre de bribes d’histoire familiale, de souvenirs et d’êtres humains que je ne connais pas et qui me sont pourtant proches, par le sang, par l’histoire ou par le nom. Rouler 12h30 pour y arriver exténuée. Il fait chaud, très très chaud. 8 ans que je ne viens pas en Italie. 8 ans sans ce pays qui me coule dans les veines, dans lequel  j’ai vécu. A peine passée la frontière suisse s’installe le chaos. Ca me rebute autant que cela m’est soudain familier. Il y a toujours chez moi, la fille du nord, un coin de cœur en jachère, un brin de désorganisation dans l’âme, de la place pour les imprévus, les ralentissements, les risques. Redécouvrir les rives de l’Adige et son étrange couleur verte/grise. Marcher sur les remparts de l’ancienne ville fortifiée, déambuler au milieu des décors d’Aïda que l’on va bientôt installer pour quelques soirées dans les arènes emblématiques de la ville où ont lieu chaque été des opéras en plein air. La Piazza Bra juste en face et ses maisons colorées. Puis la piazza delle Erbe reliée par un étroit passage à la majestueuse Piazza dei  Signori, surplombée par la Torre dei Lamberti. Y découvrir une statue de Dante, l’ami toscan que je ne pensais retrouver que quelques jours plus tard. Retrouver des cousins et des oncles, quelques uns. On nous en promet plus, mais il fallait prévenir. En attendant, virée improvisée sur le lac de Garde dans une voiture conduite par un homme de 89 ans, petite frayeur grisante. Faire connaissance avec des gens qui portent le même nom que moi, alors que nous ne sommes plus que 4 ici au nord. Emotion. La pizza…comment font-ils pour lui donner ce goût ? De retour tard dans la nuit heureuse. Le lendemain montée au Castel San Pietro grâce au funiculaire remis à neuf. Vue panoramique et promenade outre Adige. Merci Vérone et à bientôt j’espère. Ce voyage commence bien.

Quelques recommandations :

  • Prévoir deux jours pour visiter Vérone, voire trois si vous souhaitez entrer dans les musées et églises
  • Restaurant : Osteria de Monte Baldo un vrai bon plan économique où prendre un repas ou un apéritif, dans le quartier de la piazza dei Signori.
  • Glace : la gelateria Savoia qui se trouve via Roma, à proximité de la Piazza Bra. Une maison familiale qui existe depuis 1939 où vous pourrez emporter un cornet en admirant les gâteaux glacés et réalisations plus fines des artisans glaciers
  • Le funiculaire et un dîner à la terrasse panoramique Re Teodorico, les prix sont un chouïa plus élevés, mais restent néanmoins plus que corrects, faut-il rappeler que le rapport qualité prix de la nourriture en Italie doit être le meilleur d’Europe occidentale ?
  • Le ponte Scaligero (beaucoup de bâtiments portent le nom de Scaliger, dérivé de la famille Della Scala qui régna sur Vérone durant 125 ans, aux 13° et 14° siècle) et le Castelvecchio
  • la Piazza Bra, Piazza delle Erbe, Piazza dei Signori
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Vue sur l’Adige et l’arrière du Duomo depuis la terrasse du Re Teodorico
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Dante sur la Piazza dei Signori, à l’arrière la Loggia del Consiglio
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La Torre dei Lamberti vue de la piazza delle Erbe

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Le Ponte Scaligero, construit entre 1354 et 1356

 

Bilan culturel de juillet

Bonjour à tous, me voici de retour pour le rituel mensuel. Ce mois-ci, j’ai avec plaisir consacré davantage de temps à la lecture. L’été est pour moi une saison qui s’y prête. Je suis naturellement une couche tard – lève tard et c’est encore accentué l’été avec la lumière qui nous accompagne tard dans la soirée. Comme je lis principalement avant de m’endormir, cela m’aide à lire davantage. Par contre ne parlons pas du supplice de la sortie du lit les jours de travail.

Ce mois-ci, j’ai donc pu terminer 3 romans qui sortent un peu de mes habitudes de lecture. Un classique et deux romans contemporains qui se ressemblent plus qu’on ne pourrait le penser :

  • « Le dixième homme » de Graham Greene
  • « Dans la forêt » de Jean Hegland
  • « Station Eleven » d’Emily St John Mandel

Je voulais lire un roman de Graham Greene. Comme j’avais vu le film de Brighton Rock, mon choix s’est porté sur « Le dixième homme ». En fait, il présentait surtout l’avantage d’être disponible à ma bibliothèque. C’est un livre qui n’est pas très long (212 pages dans l’édition que j’ai lue). Il présente la particularité de n’avoir été publié qu’en 1983 alors qu’il a été écrit en 1944, commandé par la Metro Goldwin Mayer pour servir de base au scenario d’un film qui ne sera jamais tourné. L’histoire est simple : durant la guerre, les Allemands détiennent 30 otages et leur intiment un soir l’ordre de désigner eux-mêmes trois d’entre eux qui seront fusillés le lendemain matin. A l’issue du tirage au sort, l’un de ceux désignés offre sa fortune à qui voudra prendre sa place. Un homme accepte le marché et se sacrifie alors pour assurer l’avenir de sa sœur et de sa mère. Il devient « le dixième homme ».  Ce début est assez rapide et l’essentiel du roman se concentre ensuite sur les conséquences de ce choix sur celui qui a survécu et sur la famille de celui qui est mort. Au-delà d’être un suspense assez haletant (cela pourrait toujours faire un excellent film d’époque), les thèmes abordés sont le pardon, la culpabilité, le sens de la vie, le mensonge… Car passé le soulagement de voir sa vie épargnée, on se rend bien vite compte que le protagoniste s’est condamné à une demi-vie, dépossédé de ses biens, de son honneur et de son identité. J’ai beaucoup aimé cette lecture et je vous la recommande. Je n’ai pas du tout trouvé cela daté.

« Dans la forêt » est un roman publié discrètement par Jean Hegland en 1996. L’autrice a essuyé de nombreux refus avant que son texte soit accepté par une petite maison d’édition. Il a finalement connu un succès national aux Etats-Unis et a été adapté au cinéma en 2014. Ce n’est qu’en 2017 qu’il a été traduit en Français et il connait en ce moment un beau succès en librairie, plus de 20 ans après sa rédaction. Son accueil timide il y a 20 ans de même que son succès actuel s’expliquent peut-être par son thème. Il s’agit de deux jeunes femmes, deux sœurs de 17 et 18 ans qui vivent, comme le titre l’indique, dans une forêt au moment où la société telle que nous la connaissons s’effondre. Il n’est pas mentionné comment cela est arrivé mais dès le début du livre on comprend que depuis quelques semaines ou mois, il n’existe plus d’internet, d’électricité et que bientôt on ne peut plus trouver d’essence ni de nourriture dans les rayons des supermarchés de la ville voisine. L’histoire relate donc l’apprentissage de cette nouvelle vie pour Eve et Nell qui doivent plus que jamais apprivoiser la forêt et ses ressources, se prémunir des maladies et intrusions tout en soignant leur relation entre lutte pour la survie et moments de renoncement. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire où, de prime abord, il ne se passe pas grand-chose. La véritable aventure est ici avant tout intérieure, à mesure que s’opère chez Nell, la narratrice, un changement complet de perspective, de rapport à l’autre, à la vie et à la nature. Un roman que j’ai finalement beaucoup aimé et qui m’a captivée passées les premières dizaines de pages. Cela m’a aussi évidemment énormément fait réfléchir et fait prendre conscience à quel point je manque de connaissances et de compétences en termes de survie. Inquiétant à l’heure actuelle.

Enfin, j’ai eu un véritable coup de cœur pour « Station Eleven ». J’en avais eu un l’été dernier pour « Rebecca » (chroniqué ici) et depuis cette lecture, c’est le premier livre qui me captive ainsi. Il s’agit d’un roman post apocalyptique. Sans trop en dévoiler, je dirai juste qu’il ne s’agit pas d’une catastrophe écologique, mais rien de surnaturel non plus. Les chapitres alternent entre ce qui est le présent des personnages, à savoir l’an Vingt de la nouvelle ère, et de nombreux flash backs sur ce qui a précédé la chute de la civilisation et sur la façon dont les survivants se sont organisés après celle-ci. On y suit principalement une fanfare itinérante qui joue du Beethoven et du Shakespeare sur les routes depuis des années. Les chapitres se centrent sur des personnages qui ont connu une personne en commun, morte elle avant la chute.  Comme le précédent, ce roman fait un peu froid dans le dos et questionne notre pouvoir de résilience. Y sont abordées de nombreuses questions métaphysiques : les souvenirs sont ils un poids ou une force ? faut-il continuer à enseigner le monde d’avant aux enfants ? « Survivre ne suffit pas », tel est le leitmotiv de la fanfare. Je ne peux trouver le mot pour bien vendre ce roman mais je le conseille grandement, il est tout simplement magnifique, poétique, captivant. J’adore ce style de narration, éclatée au début et dont les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu sans effort, harmonieusement. Je lirai assurément les autres ouvrages de cette jeune autrice canadienne, des polars qui plus est.

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En parlant d’Eleven, admirez mon sens de la transition puisque je viens de regarder la troisième saison de « Stranger Things » (pour ceux qui ne regardent pas, Eleven est l’héroïne de la série, je ne vous ostracise pas, je n’ai jamais regardé Game of Thrones) et je voudrais épouser les frères Duffer ! Ou en tout cas l’un des deux. Quel bonheur cette série, j’ai l’impression que cette saison était la meilleure, mais j’avoue ne pas m’être repassée les deux premières saisons. J’ai tellement adoré, c’est bourré de références pop (et historique, les russes et les américains en prennent tous pour leur grade) qui me plongent dans une grande nostalgie, surtout le dernier épisode… « l’histoire sans fin », « retour vers le futur », mon âme d’enfant est toute émue. L’esthétique est folle, cela se clôture sur du David Bowie…on veut ma peau manifestement. J’ai ri (quelqu’un peut-il être plus drôle que Steve Harrington ? Seriously ?) eu peur et j’ai même versé une larme… Bref je suis prête pour la suite, mais il nous faut maintenant ronger notre frein durant quelques bons mois, si pas plus d’un an. Bon, revoir « Dark » saison 1 et regarder et comprendre la saison 2 devrait sans doute m’occuper un bon bout de temps.

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Girl Power!
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Funniest gang on earth

Niveau ciné, je suis allée voir « Rocketman » le biopic musical sur John Lennon et j’ai adoré. J’avais un a priori positif car je suis fan des deux films Kingsmen et donc de Taron Egerton qui joue Elton John dans Rocketman. Pour ceux qui ont vu Kingsmen, il est amusant de se rappeler le caméo hilarant de Sir Elton dans le second opus. Je me demande si c’est à cette occasion qu’Elton a pensé que ce jeune acteur pourrait l’incarner… Bref, pour en revenir au film, ce fut un excellent moment. On y découvre la jeunesse de Sir Elton, enfant sensible et délaissé, qui n’a véritablement reçu d’amour que de sa grand-mère. Musicalement, on se régale aussi puisque les meilleures chansons nous sont proposées. Cela donne lieu à des moments façon comédie musicale. Le reste du temps, le film est plus classique, les acteurs ne chantent pas les dialogues. Ce sont plutôt des capsules où la narration s’arrêtent et personnellement cela ne m’a pas dérangée, j’ai trouvé cela très originale. J’ai été touchée par l’histoire d’Elton. J’ai vu qu’il était producteur du film et je ne sais pas jusqu’où il a planché sur le scenario, mais le film ne m’a pas semblé édulcoré dans la mesure où l’on voit tout de sa descente aux Enfers. Je ne vous cache rien, Elton John est toujours vivant, donc cela se termine plutôt sur une note d’espoir. Mention spéciale à Jamie Bell (que je n’avais absolument pas reconnu) dans le rôle du meilleur ami et parolier d’Elton John, Bernie Taupin. J’ai été émue par cette histoire de l’amitié d’une vie et par la performance des acteurs. Richard Madden (vu dans Bodyguard) n’est pas mal non plus en producteur peu scrupuleux. Il se fait tailler un costard lui par contre. Et enfin, détail qui n’en n’est pas un : les légendaires mises en scène et costumes sont reconstitués et on en prend plein les yeux. A voir, sur grand écran si vous en avez encore la possibilité !

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Jamie Bell et Taron Egerton

Je conclus cet article avec un autre film vu à la télévision. En le regardant, je me suis aperçue que je l’avais déjà vu, probablement au cinéma, mais que j’avais oublié. Il s’agit de « Mr Holmes » de Bill Condon avec Ian Mc Kellen. On y suit un Sherlock de 93 ans, désormais à la retraite, qui se plonge dans sa mémoire défaillante à l’aide du jeune fils de sa gouvernante, pour résoudre une enquête qui le hante depuis des décennies. Parallèlement, l’homme et l’enfant cherchent à résoudre le mystère qui entoure la mortalité étrangement élevée de la colonie d’abeilles dont s’occupe le vieil homme. Ce film est inspiré d’un roman de Mitch Cullin et qui reprend le célèbre personnage de Sir Arthur Conan Doyle. C’est un film gentillet dirais-je, mais il ne ravira pas les puristes. En effet, Holmes, même affecté par le grand âge, est bien différent du personnage (quelque peu dénué d’affects et cocaïnomane, dont Benedict Cumberbatch propose une interprétation plus fidèle dans la série de la BBC) créé par Conan Doyle qui l’aurait sans doute renié. A voir par un après-midi pluvieux en repassant avec une tasse de thé à portée de main, ce que j’ai fait.

Voilà, c’est tout pour ce mois-ci. Je retiendrai principalement « Station Eleven », « Stanger Things » et « Rocketman ». Et vous, quoi de neuf ?

Voyage en Croatie (3): Ugljan

Bonjour, me revoici pour la suite et fin de mon voyage en Croatie. En réalité, je ne raconte pas les étapes chronologiquement puisque nous avons alterné les excursions longues, le temps passé à Zadar et, ce qu’on peut appeler les excursions courtes. Il s’agit des trois après-midis que nous avons passées sur l’île d’Ugljan qui se situe juste en face de Zadar. Son nom signifie l’île aux oliviers et il n’est absolument pas à remettre en question.  Elle en est recouverte, mais les figuiers parviennent néanmoins à se tailler une part de gâteau. Cette île fait 22km de long et 4km à son endroit le plus large. Au centre, c’est le maquis, le royaume des oliviers et des fleurs des champs. Il doit être fascinant de venir à la fin de l’été lorsque les olives et les figues sont mûres.

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Muline est sur la crique face à Rivanj

Sur la côté, les petits villages s’enchainent, ils sont sept je pense et sont presqu’entièrement  situés face à Zadar. De l’autre côté on trouve des petites criques et un relief plus escarpé qui fait face à l’archipel des Kornatis. Nous avons passé un après-midi à Kali, un autre à Preko et enfin le troisième, le jour avant de repartir, à Muline.

La traversée dure une petite vingtaine de minutes et ne coûte presque rien. On arrive alors à proximité du village de Preko. Pour aller à Kali, une marche de 3 km nous attend en longeant la mer et en admirant les jardins et potagers impressionnants des habitants. C’était manifestement la saison des artichauts. Kali n’est pas très touristique, mais c’était une étape importante pour nous car mon père y a passé une partie de ses étés enfant et adolescent et nous allions retrouver son cousin.

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Pour aller à Preko, il faut parcourir quelques centaines de mètres à l’opposé de Kali lorsqu’on arrive au port. Preko est un peu plus « touristique ». Le cousin de mon père nous a dit qu’en juin-juillet c’était la folie, mais début juin, tout paraissait si calme et serein. Nous avons cependant repéré énormément de petites maisons disponibles à la location pour les touristes. A Preko, on trouve des petits restaurants face à la mer, un bar, on peut également louer des vélos et il y a un supermarché. Le jour où nous y sommes allés, mon père et moi avons décidé de faire 8km à pieds pour monter jusqu’à un ancien fort/monastère  (San Mihovil) qui domine l’île et depuis lequel on peut admirer l’archipel des Kornatis. Nous avons ensuite passé la fin de journée étendus sur nos serviettes près du bar face à une autre petite île.

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Enfin, notre troisième excursion nous a menés à Muline. Pour ce faire, nous avons dû prendre une navette durant 30 minutes après le trajet en bateau. J’ai eu l’impression que ce bus parcourait l’île de long en large et qu’il n’y avait qu’une seule ligne, mais je me trompe peut-être. Une fois arrivés, nous avons mangé à la Pansion Stivon, sur une terrasse déserte qui donnait sur une crique non moins déserte. Seuls quelques bateaux à l’ancre à plusieurs dizaines de mètres du rivage rappelaient la civilisation. Je pense que je n’avais jamais connu une telle paix sur une plage en haute saison. Quel bonheur et quelle chance nous avons eue de pouvoir profiter de ce calme absolu durant plusieurs heures. Rien que le bruit des flots et la conscience de vivre un moment rare. J’en garde un souvenir ému.

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Pour conclure ce voyage, je dirais que je n’ai pas ressenti de connexion profonde avec le pays, même s’il m’a conquise. J’ai remarqué que les Croates étaient en moyenne plus grands que les italiens et les belges. Une drôle d’observation, mais étant plutôt grande, c’est une chose qui m’a frappée. Il était également étrange pour moi d’entendre mon père parler une langue à laquelle je ne comprenais rien et c’est aussi pour ça que, malgré la ressemblance qu’il peut y avoir entre la Dalmatie (occupée durant longtemps par les italiens) et l’Italie, je m’y suis sentie étrangère. J’espère tout de même y retourner un jour…

Présentement, mon prochain voyage commence le 30 juillet. En route pour Vérone (toujours sur les traces de ma famille), Florence (la ville de mon coeur, où j’ai étudié durant un an) et le Val d’Aoste (pour en prendre plein les yeux). Et vous, quels sont les pays ou les endroits où vous vous êtes sentis chez vous ou, au contraire, totalement dépaysés?

Pitié pour la nation…

Il y a quelques années, une amie qui voyageait aux USA m’a envoyé une carte postale sur laquelle figurait un poème inspiré de Khalil Gibran. Je l’ai affiché sur mon frigo et il n’a pas bougé depuis. Comme beaucoup, j’ai voté ce weekend. Mon pays s’avère aujourd’hui pratiquement ingouvernable et un raz de marée inquiétant va venir grossir les rangs du parlement européen. Je ne me livrerai pas à une analyse, je n’ai pas les compétences nécessaires, ni l’énergie. L’art et les mots sont une de mes plus grandes sources de réconfort. Je vous partage juste ce poème, suivi de ma traduction personnelle car je n’ai pas pu en trouver une sur le web… Bonne lecture !

« PITY THE NATION »
(After Khalil Gibran)

Pity the nation whose people are sheep

And whose shepherds mislead them

Pity the nation whose leaders are liars

Whose sages are silenced

And whose bigots haunt the airwaves

Pity the nation that raises not its voice

Except to praise conquerors

And acclaim the bully as hero

And aims to rule the world

By force and by torture

Pity the nation that knows

No other language but its own

And no other culture but its own

Pity the nation whose breath is money

And sleeps the sleep of the too well fed

Pity the nation Oh pity the people

Who allow their rights to erode

And their freedoms to be washed away

My country, tears of thee

Sweet land of liberty!

 

“PITIE POUR LA NATION”

(d’après Khalil Gibran)

Pitié pour la nation dont les habitants sont des moutons

Et dont les bergers font fausse route

Pitié pour la nation dont les dirigeants sont des menteurs

Dont les sages sont réduits au silence

Et où les bigots hantent les ondes

Pitié pour la nation qui n’élève pas la voix

Sauf pour louer les conquérants

Et acclamer les brutes comme des héros

Et qui souhaite diriger le monde

Par la force et la torture

Pitié pour la nation qui ne connait

Aucune autre langue que la sienne

Et aucune autre culture que la sienne

Pitié pour la nation

Dont le souffle est l’argent

Et qui dort du sommeil de ceux qui ont trop bien mangé

Pitié pour la nation Oh pitié pour le peuple

Qui laisse ses droits s’éroder

Et ses libertés s’effacer

 

Lawrence Ferlinghetti

ready to frame!

Les petits plaisirs (mai 2019)

Bonjour à tous, ici le printemps peine à se faire une place. Les soirées s’allongent sans qu’il me soit possible d’aller marcher après le souper, chose que j’adore faire à cette période. Les semaines de travail s’enchainent et la charge mentale s’alourdit, forte du temps qui s’est écoulé depuis mon dernier break. C’est pourquoi je me suis dit qu’il serait bon ce weekend de rédiger un petit article sans prétention qui se concentre sur les petits plaisirs, les capsules qui permettent de voir le bon côté des choses lorsque la fatigue est là et que le soleil se fait désirer. Voici dont ce qui m’a mis le baume au cœur récemment :

Their faces are perfect reactions to the words. Morse = sadness. Thursday = anger and frustration, and concern, too.

 

  • Le cadeau fait main par une amie talentueuse et être touchée par le temps investi pour me faire plaisir. Merci à toi qui te reconnaîtras.
  • Ma maman qui m’annonce que le rosier que j’ai acheté et planté chez mes parents il y a quelques années arbore pas moins de 39 boutons. J’adore les roses et je me réjouis d’admirer cette plante extraordinaire.
  • Le retour de l’Inspecteur Morse le dimanche soir sur France 3 (hashtag old lady inside)
  • Ma filleule de deux ans qui crie « marraine » et me saute dans les bras dès que j’arrive. Je l’aime tant !
  • Manger en pleine conscience et plus lentement depuis quelques semaines. Se sentir plus légère.
  • Une bonne nouvelle financière qui va aider à la concrétisation de mon envie à moyen terme d’avoir mon propre jardin pour y voir fleurir un autre rosier.
  • La perspective de partir d’ici 15 jours pour un voyage que je me dis que je dois faire depuis siiiii longtemps. J’espère que le soleil y sera…

 

 

Dream

Voilà ce qui m’est venu à l’esprit et ça fait du bien. La vie est quand même clémente avec moi finalement. Et vous, quels sont les jolies choses, petites ou non, qui vous égaient au quotidien ? Partagez-les en commentaire si ça vous tente. Faites l’exercice quoi qu’il en soit, c’est bon pour la santé mentale !

Avril…

J’ai eu du mal à me poser pour écrire ces dernières semaines, du mal à trouver un sommeil réparateur, la procrastination m’a rendu visite. Aujourd’hui, je savoure cette pause du premier mai et j’en profite pour me refaire un peu le film du mois écoulé. Avril…

Avril, le mois du renouveau, le mois des magnolias, le mois des agneaux dans les prairies, le mois des premières salades en terrasse, un de mes mois préférés…

En avril, j’ai travaillé pas mal même si j’ai eu des jours off. J’ai senti que le dernier break était loin, j’ai eu envie de m’arrêter, mais sans vraiment pouvoir freiner. J’ai rêvé de travailler moins, de vivre encore plus simplement. De quitter le bruit de la ville, d’une tiny house avec un carré de verdure, d’assister aux éclosions printanières depuis ma fenêtre, de thés en pyjama, assise le matin au soleil sur un seuil qui serait à moi. De quitter un peu plus la frénésie du monde, de m’extraire des drames qui résonnent dans mes oreilles. Patience, un jour, bientôt peut-être…

design styles that are popular in modern homes. In reality, practitioners blend different elements from several decorating styles . #roomdesigntiles

En avril, j’ai fêté mon anniversaire, comme chaque année, avec mes amis et avec ma famille. J’ai pris congé ce jour là, il faisait beau, je portais ma nouvelle robe achetée à Lille, je me suis trouvée belle. J’étais bien, j’ai accueilli sereinement ce nouveau chiffre. L’âge est une telle question d’état d’esprit. Et de santé bien sûr, mais la santé j’ai la chance de l’avoir. Se sentir en équilibre, ici et maintenant, ne pas se mettre d’échéances et de pression chiffrée. Avant tel âge avoir fait ceci, à tel âge ne plus pouvoir se permettre cela. Bullshit les amis. On n’a qu’une vie ! Un midi en terrasse à siroter la première Amstel Radler citron de l’année, une soirée pizza entre amis à l’appartement, un restaurant avec mes parents, en bonne santé eux aussi, que demander de mieux ?

En avril, je suis montée sur scène. J’ai joué, j’ai crié, je me suis révoltée et j’ai mangé. J’ai porté avec des femmes magnifiques un texte féministe qui prône l’acceptation de soi et l’amour de son corps, notre seul et unique vaisseau sur cette terre. J’ai débattu, j’ai souri, je me suis passionnée. J’ai ressenti une immense fatigue, mais de celles qu’on apprécie car elles sont le reliquat de moments où l’on est pleinement mobilisés en faveur de ce en quoi nous croyons.

Image about quotes in My uploads by Yoni on We Heart It

Bonne fête du travail à tous. Je vous souhaite d’en faire un qui vous plait. D’y donner le meilleur de vous même  et de ne pas compter vos heures si c’est par passion. De ne pas travailler du tout si c’est votre choix. Ou d’avoir la force et la possibilité de vous ménager une vie qui vous ressemble à côté si vous êtes obligés d’en subir un qui ne vous plait pas. On a toujours un peu le choix…

 

24h à Lille

Le weekend dernier, j’ai eu la chance d’aller à Lille. J’y allais pour retrouver mon amie V., qui vit à Paris. Cela faisait des années que nous ne nous étions pas vues, la vie faisant que… J’ai choisi d’y aller en train, de regarder défiler mon pays par la fenêtre, de  faire halte dans des gares inconnues aux noms de clubs de footballs. Il m’a fallu plus de trois heures aller et plus de trois heures retour pour parcourir quoi…250km ? Vive les transports en commun. Mais je ne regrette pas, ce voyage a été la césure avec une semaine difficile. L’occasion d’écouter de la musique, de me sentir rajeunir et partir à l’aventure. Pas besoin d’aller loin et pour longtemps pour se sentir en voyage, en transit, en découverte…

Lille und die Sch'tis | Urlaubsguru.de

Arrivée à Lille, repérage de l’hotel, serrer une amie dans ses bras, se dire qu’elle nous a manqué, mais aussi qu’elle n’a pas changé, partir à la découverte des places à l’architecture familière puisque flamande, apéro en terrasse, flâner, parler, se re découvrir, se sentir comme si on ne s’était jamais quittées, se dire que c’était bien trop long, mise à jour de nos vies, souvenirs, se dire que la petite flamme qui nous anime est intacte après des épreuves qui l’ont forcée à l’hibernation, se balader, sans carte, être des touristes désorganisées, ne pas prendre de photos correctes mais capturer l’instant avec tous ses sens, être présente, se détendre, laisser les soucis s’éloigner comme un nuage après l’orage, profiter de la parenthèse que l’on a réussi à s’octroyer, dormir, se réveiller, dormir, se régénérer, dormir sans culpabilité. Le matin venu repartir à l’assaut de la ville, sans se presser, sans urgence, s’émerveiller rue de la Clef, l’arpenter, ne pas savoir où poser le regard, s’arrêter dans une jolie brasserie pour un café, repartir, se faire un cadeau, un cadeau qu’on ne se serait pas fait avant, avoir la satisfaction de pouvoir se l’octroyer, rêver à l’été, se dire qu’on a de la chance d’avoir rencontré de belles personnes, des personnes rares, qui nous connaissent, qui voient notre âme et qu’une fois que l’on a saisi cela, qu’importent la distance et le temps, on n’est jamais seul, il suffit de regarder le ciel…

Mes bonnes adresses et bons plans :

  • Railpass en Belgique jusque Tournai ou Courtrai puis acheter juste l’aller retour pour Lille. Ca revient alors à plus ou moins 27 euros aller-retour de n’importe où en Belgique.
  • L’hotel Balladins : je ne connaissais pas cette chaine qui a plusieurs établissements en France et même en Belgique. 65 euros la nuit pour une chambre double. L’un des meilleurs rapports qualité-prix de ma vie : en face de la gare mais au calme car les chambres donnent sur l’arrière, salle de bain spacieuse et propre, literie très confortable, coffres avec clefs pour laisser les bagages, terrasse avec vue au 7° étage depuis la salle du petit déjeuner. Un vrai bon plan, je leur ai mis 10 sur booking.
  • Dans la boutique Lili Cabas, rue de la Clef, je me suis offert une robe. Elle est plus chère que les robes de la fast fashion. 120 euros, mais j’ai tellement économisé ces derniers mois que je l’ai emportée sans culpabilité. Pas seulement économiquement parlant puisqu’elle est en viscose naturelle (sans microplastiques) et de fabrication française. C’est l’étiquette « made in Roubaix » qui a attiré mon regard. Je vous invite à découvrir la marque Quintessence, fabrication européenne et livraison possible.