Nouvelles Ardentes de Jean-Yves Buron

Aujourd’hui, je vous présente une lecture du terroir, celle du recueil de nouvelles de Jean-Yves Buron. Cela faisait un moment que j’étais tentée par cette lecture et j’ai finalement craqué lorsque j’ai trouvé l’ouvrage dans la librairie indépendante du coin de ma rue « L’Oiseau Lire ».

J’ai dévoré ce recueil en quelques heures. Je n’ai pas l’habitude de lire des nouvelles car je reste souvent sur ma faim, mais le fait d’avoir pour cadre commun la ville de Liège m’a donné une impression de microcosme même si les 5 premières nouvelles dépeignent des univers totalement différents et si le style d’écriture est éclectique. Dans chaque nouvelle, on retrouve néanmoins des éléments récurrents : la transmission des ambitions de justices sociale et écologique de l’auteur, une dose agréable d’histoire du patrimoine (on sent l’historien amoureux de sa ville) ainsi qu’une touche plus ou moins importante de surnaturel ou en tout cas de décalé. Un hommage poétique à Boris Vian dans « Lettre à ma fille » m’a également touchée. En lisant la dernière nouvelle, j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus développée, mais c’est sans doute parce que je ne suis pas habituée aux formats plus courts.

Je ne regrette pas ma lecture et cela m’a donné envie de soutenir davantage d’auteurs de ma région qui s’engagent dans une démarche d’auto-édition.

Les beaux mots (1)

J’inaugure ici une nouvelles rubrique sur mon blog, une rubrique où garder une trace et partager les phrases qui me touchent par leur beauté ou leur vérité, au hasard de mes lectures. Les mots qui m’émeuvent, ceux pourquoi je lis, ceux qui me bousculent, ceux que j’aimerais pouvoir écrire…

Je vous retranscris ici quelques bribes de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel, dont j’avais parlé ici et qui me restera je le sais longtemps en mémoire…

Narrant un enterrement : « Sur le parvis, une fine pluie d’automne s’épuisait comme un chagrin lâché trop tôt. »

« S’il avait aimé Agnese comme un homme aime une femme, s’il avait été plus jeune, peut-être aurait-il fait ce choix-là, ou bien l’aurait-il emmenée loin d’ici avec lui. Mais les enfers collent à la semelle des émigrés, et son père était mort parce que son cœur était rivé à une porte de pierre, à une vision de l’homme qu’il n’avait pu défendre qu’à mots murmurés ou tracés dans le secret de carnets intimes. Agnese le traitait de suicidaire, et c’était sans doute vrai ; il se suicidait parce qu’il n’avait ni la force ni l’envie de vivre autrement, de changer d’être, de partir guerroyer à Troie quand l’ennemi menaçait Ithaque. La mort choisie devient parfois l’unique moyen de rester fidèle à un projet de vie, même s’il met un terme à cette même vie – celle-ci du moins se prolonge dans l’echo du dernier cri de liberté, dans les ondes du coup que l’on porte, en son âme et conscience, à son corps désormais d’aucune utilité. »

« Il y a beaucoup d’abbayes en Belgique et en France, et certaines sont plus belles que celles-ci ; mais aucune n’accède à la grâce que ce pays concède aux masures les plus humbles, les plus délabrées. Monte Oliveto ! Lorsque je l’ai aperçue sur cet éperon sec, briques rouges sur roche sombre, j’en ai eu le souffle coupé. La Toscane, Agnese ! Quelle féminité faite de blessures, de douceur cerclée d’épreuves… Durant des siècles, les hommes y ont bâti des citadelles, des forteresses, s’y sont livré des guerres sans merci ; depuis plus longtemps encore, des paysans en ont fait le jardin le plus splendide, d’une simplicité telle qu’on la croirait naturelle. La guerre y a perdu la bataille ; tout ici n’est plus que paix… »

Je n’ai rien à ajouter…les mots ont-ils également un pouvoir sur vous ?

The Everygirl's 2018 #bucketlist #theeverygirl