Bilan culturel de janvier

Bonjour, me revoici pour ce premier bilan du mois de janvier. Ce mois-ci, j’ai moins regardé netflix. D’une part parce que des choses intéressantes étaient programmées à la télévision (oui ça vaut encore la peine de regarder) et d’autre part parce que ce mois a été plus riche en sorties. J’étais rarement chez moi les soirs du weekend et j’ai eu l’occasion d’aller deux fois au cinéma et deux fois au théâtre. Je n’ai pas vraiment parlé de théâtre jusqu’ici, mais je me suis dit que quand je voyais des choses bien, j’allais tout de même les chroniquer ici. Je me freinais en me disant que de toute façon vous ne pourriez plus voir ce que j’ai vu puisque le théâtre est éphémère, puis je me suis dit que j’avais envie d’en garder une trace. Le théâtre est une partie très importante de ma vie. Les spectacles que je vais voir sont parfois encore programmés ou partent en tournée. Et au pire, je découvre un auteur sympa ou un metteur en scène que vous pourrez voir ailleurs dans d’autres productions. Ca m’intéresse d’ailleurs d’avoir des retours si vous avez vu la même chose que moi ailleurs monté par d’autres gens. Mais trêve de bavardages, commençons sans plus tarder.

Au théâtre, j’ai donc été voir deux spectacles, l’un dans le circuit professionnel et l’autre dans un théâtre amateur :

  • « Les Faux British » de De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields dans une Production du Théâtre bruxellois Le Public. L’histoire d’une bande d’amateurs de roman noir anglais qui se réunissent chaque année pour une représentation théâtrale d’une histoire de meurtre. Mais ce n’est pas l’intrigue en elle-même qui est palpitante. Il s’agit ici d’une comédie, presqu’une farce d’ailleurs qui va voir les apprentis acteurs faire preuve d’une détermination surhumaine pour mener cette représentation à bien malgré de multiples embûches : problèmes de texte, de matériel, de décors, blessures…bref tout y passe dans un comique de situation frôlant l’absurde et jusqu’à un final apocalyptique. La pièce est également programmée à Paris et sera de retour au Public en avril. Je vous la recommande. Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée, même si parfois c’était un peu too much, les avaries se produisant à un rythme effréné et parfois à la grosse louche. Les acteurs maitrisent leur sujet et vont jusqu’à se mettre en danger physiquement. Ils tournent à plusieurs équipes (deux en Belgique et deux en France) notamment pour parer aux blessures encourues. Chapeau pour cette interprétation très juste de mauvais comédiens par des comédiens professionnels. Pour passer une bonne soirée et se détendre en cas de grisaille et/ou de petit moral. Ce spectacle a remporté le Molière 2016 de la meilleure comédie.

LES FAUX BRITISH - Vaudeville catastrophe

  • « Le Nether », de Jennifer Haley (qui a travaillé notamment sur les séries Hemlock Grove et Mindhunter pour Netflix) dans une mise en scène de Luc Jaminet pour le théâtre Proscenium où elle est programmée jusqu’au 2 mars. Une pièce audacieuse et assumée qui nous questionne (parfois un peu trop, car pour ma part, j’aurais apprécié qu’on aille davantage au fond des choses plutôt que de juxtaposer) sur notre rapport au virtuel et à la criminalité sur internet. Je vous invite à lire le résumé sur leur site et la note du metteur en scène. Ce spectacle est déconseillé au moins de 16 ans et je pense même qu’à cet âge, il faut un adulte pour pouvoir débriefer, la pièce touchant au délicat sujet de la pédophilie. Les acteurs sont excellents et la scénographie enchanteresse. A voir ! A noter que c’est une première en francophonie et que Jennifer Haley est assurément une scénariste/dramaturge à suivre.

 

J’ai également repris ma fréquentation des salles de cinéma. J’y ai vu :

  • « Le retour de Mary Poppins » de Rob Marshall avec Emily Blunt, très convaincante dans le rôle titre. J’ai regretté de ne pouvoir le voir en V.O. et peut –être que pour cela aucune chanson ne m’a marquée ou peut-être parce que je n’ai plus 10 ans. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère du film, revoir le Londres d’antan… Les chorégraphies magiques étaient au rendez-vous, de même que la plongée dans un univers de dessin animé. C’était aussi très agréable de voir des acteurs anglais que j’aime, tels que Colin Firth ou Emily Mortimer. A noter également le caméo de Dick van Dyke qui incarnait le ramoneur Bert dans le premier film. Le film était assez long et malgré cela, aucun enfant dans la salle (et il y en avait) ne s’est montré bruyant ou impatient. La preuve d’une réussite !
  • « The Favourite » de Yorgos Lanthimos, avec Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone. C’est d’ors et déjà un de mes favoris de 2019, je le sens. Je vous invite à googler pour les références historiques de ce film en costume à nul autre pareil. La critique est assez unanime et je suis d’accord. C’est cruel, intelligent, drôle, décalé. On n’est pas très loin de la vérité historique, mais les trois actrices jouent des femmes de caractère tout en n’hésitant pas à nous les montrer jusque dans ce qu’elles ont de plus pathétique. Les rôles masculins sont pour une fois secondaires, on notera la présence de Nicholas Hoult, hilarant en noble poudré et perruqué. Courrez-y ! De mon côté, je vais guetter la possibilité de visionner d’autres films de ce réalisateur grec que je ne connaissais pas.

Movie Review - The Favourite (2018)

J’ai regardé 3 séries en ce mois de janvier. Je n’ai pas terminé de série netflix car je trouvais mon compte à la télévision et je ne voulais pas me remettre trop vite à Poldark ou Outlander dont je devrais ensuite attendre pendant (trop ?) longtemps les nouveaux épisodes. Voici donc ce que j’ai regardé :

  • Barnaby sur France 3, mes téléfilms anglais de vieille dame. Ça m’aide tellement à affronter les dimanches soirs.
  • « Il miracolo », une série italienne de Niccolò Ammaniti sur arte. J’étais ravie de pouvoir regarder une série italienne en V.O. En plus, Niccolò Ammaniti est l’un des premiers auteurs que j’ai lus lorsque je vivais en Italie, je me souviens d’avoir été marquée par son superbe roman « io non ho paura » (« je n’ai pas peur »). Cette série en 8 épisodes nous parle, comme son titre l’indique, d’un miracle, celui de la découverte dans la cache d’un mafieux, d’une statuette de 40 cm de la vierge qui pleure des larmes de sang. J’étais dubitative en ce qui concerne le pitch, n’étant moi-même pas croyante. J’ai lu qu’Ammaniti ne l’était pas non plus, alors je me suis tout de même lancée. Cette série n’est pas une série centrée sur la religion, mais bien sur notre rapport à la foi et sur le sens de la vie. Elle suit des personnages variés et nous dépeint l’impact que cette découverte aura sur eux : le premier ministre en plein réferendum à peine fictif sur la sortie de l’Italie de l’Union Européenne, son épouse, une chimiste qui consacre sa vie à prendre soin de sa mère malade, le solitaire général qui monte la garde et coordonne les opérations liées au « miracle », un prêtre à la dérive et une femme qui fut son amour de jeunesse. Leurs destins s’entremêlent à la faveur de la découverte… Ne vous attendez pas à une explication du miracle, ce n’est pas ici le propos. Ce sont des histoires profondément humaines. J’ai apprécié cette série et j’ai trouvé qu’elle ne ressemblait à aucune autre et était servie par une musique et des personnages qui prennent aux tripes.
  • « Spring Tide 2 », une série suédoise diffusée sur Arte. J’avais déjà regardé la première saison et j’aime à nouveau beaucoup celle-ci. Elle compte 10 épisodes et je n’ai pas encore vu les deux derniers. A voir si vous aimez les polars et appréciez les séries nordiques. Même si ici, une intrigue secondaire vous emmènera jusque Marseille.

Enfin, je n’ai terminé ce mois-ci qu’un court roman, le second que je lis de Yasmina Khadra. Je vous avais parlé ici de mon coup de foudre pour son roman « l’attentat ». J’ai maintenant lu « les sirènes de Badgad » et j’ai beaucoup aimé aussi, mais pas autant que « l’attentat », peut-être parce que je n’avais pas l’effet de surprise face à la beauté de la plume de l’auteur et qu’il m’était moins facile de m’identifier au personnage principal. En effet, si dans « l’attentat » il s’agit d’un jeune médecin palestinien bien intégré en Israël, l’anti-héros des « sirènes de Bagdad » est un jeune homme irakien vivant selon les traditions et le code d’honneur en vigueur dans les villages. On suit sa révolte face aux humiliations subies de la part des soldats américains qui occupent le pays et qui le mènent sur le chemin de la vengeance et du terrorisme. On se surprend néanmoins à le comprendre, à entrevoir comment, lorsqu’on vous prive de toute dignité et lorsqu’on prive un peuple de toute possibilité d’émancipation (que ce soit le tyran Saddam ou l’envahisseur « libérateur » américain) et d’autodétermination, une vie simple qui ne demandait qu’à se dérouler, peut basculer dans la rage et la destruction. Une lecture qui n’est pas légère, mais pas trop longue non plus et qui restitue à chacun sa part d’humanité et de compassion tout en dénonçant en filigrane toute forme de violence.

Voilà, c’est tout pour janvier. Avez-vous fait des découvertes dans mes bilans ou en avez-vous à me suggérer ?

Une réflexion au sujet de « Bilan culturel de janvier »

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