L’humanité au temps du Corona

Bonjour, ne me remerciez pas pour le jeu de mot en allusion à un célèbre roman (dites moi si vous avez la référence). Je voulais écrire un article sur mon état d’esprit du moment. Sur comment je vois dans cette épreuve collective un sursaut possible pour l’humanité, de l’espoir retrouvé dans notre capacité à être solidaires (malgré les comportements cons et égoïstes de certains), sur à quel point je sens mon coeur et mon sang italien vibrer de fierté et d’amour lorsque je vois des vidéos de chants sur les balcons de Naples, Rome, Florence…, sur cet étrange soulagement que j’éprouve à l’idée d’un ralentissement forcé par quelque chose de plus fort que nous. Je n’en dirai pas plus et je vous partage ici l’édito de Francis Van de Woestyne publié hier sur La Libre Belgique. Je le trouve si bien écrit et si inspirant. Prenez soin de vous et des autres, ralentissez et profitez des choses simples.

Voici le texte complet:

Trois semaines, au moins. Et sans doute plus. Sans école, sans café, sans bar, sans restaurant. Sans serrer la main d’un ami, sans embrasser une amie. Sans aller rendre visite à ses grands-parents. Sans faire la fête entre copains, sans dîner de famille. Sans aller au théâtre, au cinéma, au concert. Sans se dépenser dans une salle de sport, sans jouer au tennis, à l’intérieur.

Trois semaines, au moins. Pour aider sa voisine, qui ne peut plus se déplacer, à faire ses courses ; pour prendre en charge, de temps en temps, les enfants de son frère, de sa sœur. Pour aller se balader en forêt, épier le printemps qui s’éveille. Pour lire ou relire Proust, Yourcenar, Philippe Roth.

Trois semaines, au moins. Et sans doute plus. Pour réfléchir au sens de la vie, à notre manière de consommer, de nous déplacer. Pour nous rendre compte du magnifique système de soins de santé dont nous pouvons tous profiter. Pour admirer le travail des médecins traitants, des urgentistes, des pédiatres, des infirmières, des radiologues, de secrétaires médicales, de ceux et celles qui font de notre médecine un exemple.

Trois semaines, au moins, pour reprendre confiance, malgré tout, dans le système politique belge, malmené par quelques inconscients, incapables de s’entendre, privilégiant les intérêts partisans, sur l’intérêt général. Un entêtement qui pourrait prendre fin dans les heures ou les jours qui viennent. Fallait-il vraiment une pandémie pour que la Belgique dispose enfin, d’un gouvernement d’urgence, après neuf mois de tergiversations, d’irresponsabilité ?

Trois semaines pour vivre autrement. Sans dévaliser le petit épicier du coin ou la grande surface. Pour ne pas tomber dans cette folie qui a poussé des milliers de personnes à se ruer sur le thon, la farine, les sardines et… le papier WC.

Peut-être, finalement, garderons-nous de cette période une nouvelle sagesse, peut-être donnerons-nous un nouveau sens à notre vie. Pas pendant trois semaines. Mais pour longtemps, pour la vie, peut-être…

 

 

3 réflexions au sujet de « L’humanité au temps du Corona »

    1. Effectivement on nous annonce cela au compte goutte. J’espère que ce ne sera pas qu’une ligne de l’histoire mais qu’il y en aura de vrais bénéfices collatéraux pour tous et pour la planète. Merci pour votre commentaire.

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