Bilan culturel de juillet

Me revoici pour le rendez-vous mensuel où je parle de mes trouvailles. J’ai beaucoup travaillé ce mois de juillet, ne m’arrêtant qu’à la fin avec un agenda non moins chargé. Cela fait une éternité que je ne suis plus allée au cinéma ou voir une expo. La sélection sera cette fois ci très limitée.

J’ai regardé qu’une seule série. Elle n’est pas excellente, mais son but était d’entretenir ce que j’avais appris d’espagnol et de m’y baigner un peu les oreilles. Il s’agit de « Mar de Plastico » qui n’est pas une série netflix, mais c’est là qu’on la trouve. Elle comporte deux saisons de 13 épisodes d’une heure chacun donc on peut tenir un bon bout de temps avec. Mar de Plastico, où mer de plastique, désigne les immenses étendues recouvertes par des serres dans la région d’Almeria (en Andalousie) et où sont produits une grande quantité de fruits et légumes destinés à l’exportation. C’est une série policière, le suspense est bien mené et c’est un programme qui se laisse regarder. Il y a de la romance aussi et quelques personnages charismatiques, notamment l’inspecteur de Police. La série a également cherché à aborder la thématique des travailleurs clandestins venus d’Afrique et de la traite des femmes russes et de l’intégration des gitans d’Andalousie ce qui fait beaucoup et le traitement est parfois caricatural (pourquoi les africains parleraient ils espagnol entre eux ?). Il y a aussi beaucoup de bastons et c’est un peu fatigant à la fin, tous ces mecs qui se cognent dessus. Néanmoins quelques acteurs sont très bons, il y a du suspense, la tension est caniculaire et ce n’est pas non plus dépourvu d’humour et de charme.

Je continue à regarder au goutte à goutte mes séries doudou « New Girl », « Grace et Frankie » et je rebinge un peu « Lovesick » aussi…

Niveau lecture, je me suis plongée dans le troisième tome, en Italien toujours, de la saga d’Elena Ferrante, « celle qui fuit et celle qui reste ». Je n’ai pas été déçue, même si la narratrice m’a souvent agacée par son égocentrisme et que je pense que le tome précédent, qui évoque l’adolescence, restera le plus intéressant et le plus fascinant en ce qu’il réussit à nous faire coller au plus près des émotions, espoirs et tourments liés à cette période. Ce troisième tome est quant à lui plus politique. Je ne tarderai pas à me plonger dans le quatrième et dernier tome de la saga, qui révèlera enfin (je l’espère) où est partie Lila.

Voilà, je pense ne rien oublier. Ma lecture du moment est plus légère et en français, mais ce sera pour le bilan du mois d’août.

 

Bilan culturel de mai et juin

Cette fin de printemps a été bien chargée pour moi, entre répétitions et cours d’espagnol, j’ai peut-être regardé moins de choses, mais j’ai surtout l’impression que c’est le premier weekend depuis longtemps où je ne dois pas travailler ou courir pour respecter mes engagements.

Ma mémoire me jouera peut être des tours, mais voici ce dont je me souviens. Ce que j’ai oublié ne m’aura pas marqué.

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J’ai lu le second roman de la série « l’amie prodigieuse » de Elena Ferrante. Toujours en italien et toujours assez vite et en me rendant compte qu’il me manque pas mal de vocabulaire, même si cela ne gêne absolument pas ma compréhension du roman. Je suis toujours aussi accro et j’ai déjà entamé le troisième. J’ai aimé suivre Lila et Elena dans leur entrée à l’âge adulte. Rappelons qu’on ignore toujours, malgré les rumeurs, l’identité exacte d’Elena Ferrante, qui est un pseudonyme. Certains pensent même que c’est un homme ou que les romans sont écrits à 4 mains. J’ai rarement été aussi passionnée par des livres qui ne sont pas des thrillers, mais l’auteur réussit tellement bien à saisir au plus près l’intimité des pensées de ses protagonistes qu’elles ont eu tôt fait de me coller à la peau, ou plutôt à l’esprit. L’âge venant et avec lui la conscience politique qui s’éveille ajoutent encore une dimension supplémentaire qui en fait, en plus des chroniques d’une relation très particulière, la chronique de l’Italie secouée par la lutte des classes et de la féminité rebelle en quête d’émancipation. A suivre.

J’ai regardé la seconde saison de « 13 reasons why » aussi. Je trouve toujours cette série d’utilité publique. On aurait tort de croire qu’elle est faite pour être regardée par les ados. Je suggère un visionnage accompagné. Il y a des plus et des moins dans cette série. J’ai apprécié le traitement des séquelles d’un viol par exemple, il n’y a pas ici de bonnes et de mauvaises victimes et en cela la série, bien qu’étant militante, les soustrait à la pression de porter plainte absolument. Je n’ai pas aimé les apparitions de Katherine Langford, en vision pour Clay, ce n’était clairement pas nécessaire. Sauf lors de la veillée pour lui dire au revoir. Clay lui-même m’a énervée, mais je suppose que geindre et être en colère perpétuellement était une étape nécessaire de son processus de deuil. J’ai été touchée énormément par Alex, Justin et Zach. J’ai aussi aimé qu’on donne plus de place aux adultes. Même si tout cela reste très américain (le cas particulier du traitement réservé aux sportifs n’est pas pertinent chez nous) et que le tout donne parfois l’impression qu’on nous fournit les tous les stéréotypes possibles d’adolescents, je la conseille. Elle a le mérite d’être unique en son genre, d’offrir une représentativité large aux (soi disant) minorités et d’être un fabuleux appel à tendre la main et à ne plus détourner les yeux face à la détresse des autres.

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J’ai enfin regardé la saison 2 de « Marcella », série britannique teintée de scandinoir diffusée sur netflix. Le personnage principal est insupportable, mais très bien joué. Marcella est une enquêtrice en plein divorce et en plein conflit avec son ex. De plus, elle est toujours hantée par la mort de son bébé six ans auparavant. Elle est incapable de gérer ses émotions et souffre d’absences qu’elle s’efforce de cacher aux autres. Mais elle assure en tant qu’enquêtrice. La voici ici confrontée à des meurtres d’enfants qui portent une signature rituelle. La série est violente et parfois choquante, mais c’est vraiment du bon suspense. Et je me suis surprise à penser que ce qu’on ne pardonne pas à Marcella, c’est peut-être d’être une femme. Un personnage qui ici ne contrôle pas ses émotions, manque parfois d’empathie et n’est pas vraiment une bonne mère. En fin de saison, elle a le mérite de se confronter à ses traumatismes et la série en général fait des traumatismes (infantiles ou non) un thème récurrent. Alors s’il y a une saison 3, ce que semble présager le final, je donnerai encore sa chance à Marcella.

 

Bilan culturel d’avril

Me voici de retour pour un bilan printanier. Il est plus léger que le précédent, notamment parce que nous avons eu de beaux jours qui m’ont éloignée des écrans, mais aussi parce que j’ai eu des weekends off (voyage et réception d’amis) qui ne m’ont pas laissé le temps de « consommer ». Cependant, je dois dire que le peu que j’ai regardé était de qualité.

J’ai dévoré la seconde partie de « La casa de papel », toujours en espagnol sous titré. Cette seconde partie a fait la part belle aux histoires plus personnelles qui ont amené les protagonistes à effectuer ce braquage. On a moins vu les otages et c’est un peu dommage. Je trouve que la série aurait davantage pu exploiter cette forme de résistance, les scénaristes ont préféré se concentrer sur la lutte police/braqueurs. Bien sûr le syndrome de Stockholm est évoqué et on souffre pour cette pauvre Ariadna, mais la seule figure d’opposition qui reste est un Arturo Roman de plus en plus caricatural et c’est pour moi la petite faiblesse du produit. J’ai tout de même adoré la série, les questions qu’elle pose, son côté militant. Les policiers ne sont pas de mauvais bougres, mais on a envie de chanter « Bella Ciao » avec Denver, Moscou et les autres… On annonce une saison 3, ce qui me laisse dubitative, mais j’ai quand même envie de savoir ce qu’ils sont devenus et d’en savoir plus sur le lien qui unit Berlin et le Professeur, ainsi que sur le passé de Tokyo. Ce personnage, qui tient la narration et est donc central, m’est apparu comme une salope égoïste la majorité du temps. J’aurais besoin de savoir comment elle en est arrivée là.

J’ai aussi regardé la cinquième (déjà) série d’ « Endeavour » (« les enquêtes de Morse » en français). Pour ceux qui l’ignorent, cette série anglaise, dont l’action se déroule dans l’Oxford des années 60, est le prequel d’une autre célèbre série anglaise qui a fait les beaux jours de la chaine ITV (pour une fois que ce n’est pas la BBC) de 1987 à 2000. Endeavour (que l’on peut traduire par « effort ») est en réalité le prénom que cache honteusement l’Inspecteur Morse, célibataire mélomane et cruciverbiste acharné. La série originale a également fait l’objet d’un autre spin off, « Lewis », qui suivait, dans les années 2000, les aventures de Lewis, autre fois sergent de Morse et qui formait avec lui un tandem complémentaire. Pourquoi regarder ces séries et plus particulièrement « Endeavour » :

  • Pour la complexité de leurs personnages, l’évolution y est explorée davantage en profondeur et sur la longueur, ce qui me plait. Pas de rebondissements comme dans les séries américaines, mais davantage d’introspection et de fêlures.
  • Les duos de flics anglais sont toujours intéressants et complexes
  • Pour la reconstitution de l’époque : les codes sociaux, l’esthétique, les luttes sociales des années 60.
  • Pour la beauté d’Oxford et la musique de Barrington Pheloung qui a composé le générique de Morse et Endeavour en utilisant du code Morse pour intro
  • Pour les personnages féminins, peu nombreux, mais touchants et progressistes telle la douce Joan qui cherche à s’affranchir de son père trop protecteur (l’Inspecteur Thursday) et la jeune recrue Shirley Trewlove qui brille par son esprit et son professionnalisme mais est confrontée au sexisme de certains

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« Nos plus belles années » (1973) de Sidney Pollack. Je regarde trop rarement des classiques ou simplement des films plus anciens. Celui-ci m’a captivée et touchée. Les tempéraments bien dessinés des protagonistes, tiraillés entre leur amour, les ambitions artistiques de l’un et le militantisme ardent de l’autre…et Robert Redford était vraiment magnifique.

Documentaire « embrace » de Taryn Brumfit. A voir absolument. C’est un film réalisé par une photographe australienne. C’est beau, touchant, féministe, body positive et ça ouvre les yeux une fois de plus en nous encourage à nous accepter et à concentrer notre énergie sur des choses tellement plus importantes que notre aspect.

J’ai également lu plusieurs pièces de théâtre car je suis en recherche de notre nouveau projet, mais je n’ai pas encore eu de coup de cœur. Je n’en parle pas ici car personnellement je ne lis du théâtre qu’en vue de trouver un texte à mettre en scène. S’il s’agit juste de profiter d’un moment de lecture, je préfèrerai souvent un roman ou un ouvrage de référence.

Bilan culturel de février et mars : entre féminisme, Histoire et poésie

Je peine à maintenir le cap et la régularité sur mon blog. Pas que je ne vive rien d’intéressant à raconter, au contraire. Je m’astreins à beaucoup de discipline sportive et théâtrale (avoir étudié un minimum avant de me présenter aux répétitions) et je suis frustrée car j’ai tellement d’objectifs parallèles, mais je suppose que la procrastination fait partie de moi et que j’aime bien aussi être vautrée sur mon canapé. Voici que nous sommes en route vers le solstice d’été et que la clarté me donne le courage, entre une séance jambes à la salle de sport et un épisode de mon bien aimé Endeavour Morse, de m’attabler et de pianoter sur mon clavier.

Voici donc ce que j’ai consommé ces deux derniers mois :

Séries : la saison 2 de Grace et Frankie, la saison 1 de Lovesick, la saison 2 de Stranger Things, la saison 1 de la Casa de Papel, 7 seconds , Collateral, One of us et Requiem. Les 4 derniers titres sont des coproductions anglaises de netflix (sauf Seven Seconds qui est américaine). Le format est la mini série (entre 4 et 8 épisodes) et, mis à part Requiem qui appelle une suite, il n’y aura pas de saison 2. Peu de comédie, beaucoup de drame, de suspense et de tension dans ce binge watching hivernal. Ce qui ressort du lot c’est :

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  • Lovesick !!!! Le pitch – un mec avec une MST forcé de recontacter toutes ses conquêtes sexuelles – ne m’emballait pas plus que ça. Puis j’ai lu un article sur Madmoizelle et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et effectivement, pourquoi s’en priver ??? Ca se passe en Ecosse, ça parle d’amour et d’amitié, le héros (celui qui a la MST donc) est cute à se damner, et cet humour sarcastique….what’s not to love ? Le seul problème c’est que c’est trop court, 3 saisons rikiki à ce jour. Je me suis freinée et n’en ai regardé qu’une seule pour pas être en manque après. Go watch it !
  • La saison 2 de Stranger Things…faut il vraiment une explication ? Bon ok : bande de gosses pas farouches, années 80, nostalgie, monstres…excellent ! Sean Astin I love you !
  • La Casa de Papel : à trop trainer, maintenant tout le monde en parle, mais, quand je l’ai regardée, c’était pas comme ça. J’ai trouvé cette série en cherchant quelque chose à regarder en Espagnol pour rendre mon apprentissage sur Babbel plus vivant. Et comment dire ? Quel suspense, quelle originalité scénaristique, quel sens du détail et que de charisme (el Profesor te quiero…oui j’ai un homme dans chaque série, l’intelligence me séduit toujours). On se demande où cette histoire de prise d’otage dans la Maison de la Monnaie espagnole va nous emmener. On le saura demain puisque la seconde partie débarque sur Netflix. Ce sera la fin, on imagine mal une suite à une histoire de prise d’otage qui se termine et c’est sans doute mieux ainsi.
  • Dans les mini séries, j’épinglerais 7 seconds (dont je n’ai pas saisi le titre) pour son traitement périlleux et délicat de la question raciale aux USA (un thème qui revient dans beaucoup de séries et de films, ce qui est à la fois bon signe (on arrête de nier) et mauvais signe (ça n’a jamais été réglé) je suppose. En second, je dirais One of Us…je suis biaisée sans doute on me donne l’Ecosse, un double meurtre et un quasi huis clos familial et count me in ! C’est bien ficelé à nouveau mais c’est triste, je vous avertis.

Un documentaire : Secrets d’histoire « Les démons de Michel-Ange ». J’avoue, j’aime bien Stéphane Bern et puis ça m’a rappelé pas mal de souvenirs de ma vie en Italie. En ce moment, je ressens le besoin d’approfondir mes connaissances en histoire. Je n’étais pas réceptive ado et on ne me l’a, je pense, pas très bien enseigné. Je le regrette un peu maintenant et, moi qui aime me tenir au courant de l’actualité, je me sens très souvent extrêmement peu outillée pour comprendre les enjeux du monde moderne. De la lecture pas trop lourde à me recommander ?

J’ai pris le temps de lire 2 romans : « La maison du sommeil » de Jonathan Coe et « L’attentat » de Yasmina Khadra.

Le premier m’était tombé des mains il y a deux – trois ans et là, je l’ai lu en quelques soirs. Comme quoi c’est parfois une question de timing. Mes timides pas vers le minimalisme m’ont incitée à faire le tri dans ma bibliothèque et j’ai bien fait de donner une seconde chance à la maison du sommeil. Il y a pas mal de suspense et il faut un peu se concentrer car l’intrigue se déroule à deux époques différentes (un chapitre sur deux). Le twist final est inattendu, une fois de plus Coe ne fait pas dans la sobriété et aime les personnages absolutistes (un peu absurdes aussi). Son meilleur roman reste toutefois « Testament à l’Anglaise », saga familiale tourbillonnante et sidérante sur fond de tatchérisme.

J’avais déjà lu plusieurs livres de Jonathan Coe, mais encore jamais Yasmina Khadra, pourtant habitué des éloges du monde littéraire. Khadra, comme son nom ne l’indique pas, est un homme et Yasmina Khadra est un pseudonyme composé en réalité des deux prénoms de sa femme. C’était à la fois nécessaire (car il a servi dans l’armée pendant 25 ans) et révolutionnaire (quel acte féministe pour un algérien, je vous invite à aller lire ce qu’il dit de sa femme et ce qu’elle dit de lui, ça vous redonnerait foi en l’humanité). Je ne m’exprimerai pas sur la question israélo palestinienne, je n’ai pas eu la sensation de lire un ouvrage démagogique, même si la neutralité absolue n’existe pas. Bien sûr un tel roman ne peut qu’être politique, mais ce n’est pas ici son essence même. J’ai avant tout lu une histoire d’amour, une histoire d’amour qui se fracasse. J’ai lu une quête. J’ai lu l’histoire d’un homme qui perd tout ce qu’il a passé sa vie à gagner en fonçant aveuglément dans une seule direction en omettant de regarder en arrière de temps en temps. J’ai lu l’histoire de peuples qui avaient tout perdu et des fractures irrémédiables infligées à leur histoire et à leur dignité. J’ai lu de la nuance qui évitait la complaisance. Et plus que le fond, c’est la forme qui m’a séduite. Quel travail d’orfèvre et quelle puissance poétique. Ca chamboule et l’espace d’un instant, j’ai frôlé la sensation d’y être. Assurément je lirai d’autres livres de Yasmina Khadra.

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J’ai aussi vu 3 films au cinéma : « Wonder Wheel » de Woody Allen, « The Post » de Steven Spielberg et « Darkest Hour » (« Les heures sombres ») de Joe Wright. Je me suis beaucoup questionnée sur ce que signifiait pour une personne qui se dit féministe, d’aller voir un film de Woody Allen. Ses acteurs ne savent trop sur quel pied danser face aux accusations portées contre lui. La polémique suite à la couverture des Inrocks figurant Bertrand Cantat m’a amenée à me poser beaucoup de questions : si j’y vais, est-ce que je cautionne ? Peut-on aimer l’œuvre et mépriser les actes de l’homme ? A-t-on le droit de refuser à un homme, au nom de la décence, de s’afficher alors qu’il a purgé sa peine ? Est-il légitime d’exiger de lui une disparition plutôt qu’une réinsertion ? Le cheminement est toujours en cours et c’est l’important je pense, se poser des questions. Je n’écoute pas Bertrand Cantat, mais je suis allée voir « Wonder Wheel », l’atmosphère et est et Kate Winslet est tout bonnement au top, mais ça reste du Woody Allen sans trop d’inventivité, on sait où il va. Mais l’ambiance rétro et les couleurs de la fin de l’été dans une station balnéaire de la côte est en font tout de même un bon moment. Nous nous sommes tout de même demandées qui se moque de qui lorsque le personnage joué par Kate Winslet accuse son mari d’avoir un intérêt anormal (je ne me souviens plus des mots) pour sa propre fille (belle fille de Kate donc). Pied de nez à l’actualité ? Il faut oser ? Et convaincre une actrice de cette envergure de le jouer… A moins qu’Allen ne profite de cette réplique pour glisser une attaque plus directe à Mia Farrow , accusée d’avoir instigué ses enfants contre lui… Le saurons-nous un jour ?

« The Post » et « Darkest Hour » combinent un ensemble d’éléments appréciables qui les rendent difficilement criticables :

  • Des performances oscarisables et oscarisée pour Gary Oldman (qu’on ne reconnait tout simplement pas, big up au maquillage aussi)
  • On y apprend des choses, confer ce que j’ai dit plus haut
  • C’est compliqué au début, mais les éléments de compréhension de qui est qui nous sont distillés de sorte qu’on s’y retrouve avec un minimum de concentration
  • Du féminisme pour Meryl Strip
  • Tom Hanks a davantage de charme en vieillissant, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, malgré ce qu’on en dit !
  • Ces scènes au parlement anglais…ça vous prend aux tripes et je sais déjà que je visiterai l’endroit où se tenaient les réunions du cabinet de guerre de Churchill lors de ma prochaine escapade londonienne.
  • Voir Ben Mendelshon (Danny dans Bloodline) en George VI m’a fait plaisir et ses scènes avec Gary Oldman m’ont donné envie de revoir « A King Speech » (avec Colin Firth dans le même rôle faut il le rappeler) à la lumière de ce film ci. Ils devraient faire un coffret dvd si ça existe toujours…

Voilà, c’est tout pour le moment. Long et digressif, mais ça fait toujours autant de bien de ne pas juste laisser les choses filer mais de fixer ce qu’on a apprécié et qui mérite qu’on en laisse une trace. Je pense qu’en fin d’année, je ferai mon propre palmarès de découvertes toutes catégories…

Bilan culturel de janvier

Me voici de retour pour la liste mensuelle des choses bonnes et moins bonnes que j’ai vues ou lues durant le mois de janvier. Je suis assez satisfaite car cela fait environs deux mois que je lis à nouveau avant de m’endormir. Je ne regarde plus la télé dans ma chambre et je me rends compte que je me réjouis de ce petit rendez-vous avec un bon bouquin avant de fermer les yeux. Je ne me force pas mais j’espère garder cette routine. J’ai également décidé d’essayer de me repencher sur des livres qui m’étaient « tombés des mains » en cours de lecture… Cela va me permettre de rentabiliser mes achats et de ne pas en faire de nouveaux pendant un petit temps. J’ai une sélection de livre que j’aimerais lire sur mon ipod (je les prends en photo dans les magasins) et il faudra alors que je décide quoi en faire : m’en acheter certains, m’offrir une liseuse pour lutter contre l’encombrement et voyager léger ou reprendre le chemin de la bibliothèque comme lorsque j’avais 10 ans… Je suis en réflexion à ce niveau. Mais passons au bilan…

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Livres :

  • « l’amica geniale » ou « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante
  • « Dolce Vita 1959-1979 » de Simonetta Greggio

Pendant que j’apprends l’espagnol, je me reconnecte aussi peu à peu avec la culture italienne. Le premier connait un succès fou et bien que le sujet (la vie dans un quartier pauvre de Naples dans les années 60, racontée du point de vue des plus jeunes) et le style ne soient pas révolutionnaires, j’avoue qu’on est happé par cette histoire d’amitié tourmentée, il est facile de s’immerger dans le récit de la narratrice et de vivre avec elle les petits et grands drames de la vie, de l’école primaire à l’adolescence, ses rêves, ses premiers émois, son choc intergénérationnel. J’ai déjà acheté le second, toutjours dans la langue originale. Je ne m’en suis pas trop mal sortie jusque là, alternant les moments où je lisais tout d’une traite et ceux où j’étais plus motivée et où je m’arrêtais pour chercher des traductions.

Le second je l’ai lu en français et pour cause : son auteure, bien qu’italienne, écrit en français. Alternant chapitres qui traitent de la confession d’un vieux prince mourant et faits divers/épisodes de l’histoire de l’Italie durant les années de plomb, le rythme est assez soutenu. Il manque parfois un peu de contextualisation pour ceux qui en connaissent peu sur cette période chahutée de la péninsule transalpine, mais wikipedia est là et ça donne justement l’envie d’approfondir. En miroir des luttes du peuple et de la violence qui fait rage, des tableaux de fêtes felliniennes décadentes enrobent le récit  d’un voile de nostalgie et d’insouciance qui suffit à pallier la gêne liée à certaines incompréhensions du lecteur et à nous donner à apprécier la dualité de la révolte et de l’épicurisme dans la société d’après guerre. Je lirai sans doute aussi la suite, « les nouveaux monstres » qui traite de l’ascension de Silvio Berlusconi. J’ai hâte de voir si on l’on aura encore droit à ce montage alterné de chapitres ou à une autre originalité.

Films :

  • « 3 billboards outside Ebbing, Missouri » de Martin Mc Donagh
  • « New Years Eve » de Garry Marshall

Pas la peine de s’attarder sur le second, qui n’arrive pas à la cheville de Love Actually. Le premier par contre m’a positivement étonnée. Si on regarde la bande annonce, on s’attend à rire. Si on ne fait que lire (comme moi), on s’attend à un drame, la réalité est à mi chemin. Le jeu de Frances Mc Dormand a déjà été auréolé d’un golden globe, tout comme celui de Sam Rockwell, qui livre une prestation sans faute dans le rôle le plus intéressante du film. Les amateurs d’enquête au sens propre seront déçus, on assiste plutôt à une histoire qui traite de grands thèmes universels : vengeance, deuil, transmission, attitude face à la mort, rédemption… A voir.

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Séries:

  • « The end of the fucking world » saison 1
  • « New Girl » saisons 1 à 5
  • « Grace and Frankie » saison 2

Mention très special à la mini série britannique “the end of the f***ing world” et à ses jeunes interprètes pour cette justesse de ton qui sous des dehors de comédie noire (parfaitement réussie) nous régale d’un portrait d’adolescents aux prises avec leurs traumatismes familiaux, le traitement de leurs émotions et leur besoin d’être aimé… J’espérerais une suite, mais si cela s’arrête ici, je pense que c’est aussi bien, sachant que cette série est adaptée d’un roman graphique qui, lui, n’a je pense pas de suite.

Théâtre: « Le vent souffle sur Erzebeth » de Céline Delbecq

Voilà, je pense que je vais m’en tenir à cela pour ce mois-ci. Je pense qu’il faudrait sans doute que je consacre un article entier aux séries qui méritent le plus d’être bingées. On s’y perd si facilement sur netflix…

Bilan culturel novembre-décembre: Dark, The Party, …

A partir de la mi novembre, j’ai eu davantage de temps pour moi. Je n’en ai pas profité pour lire davantage et j’ai passé trop de temps (et encore à l’heure où j’écris ces lignes) à regarder des téléfilms de Noël.

Néanmoins, voici le bilan de ces deux mois.

Séries :

  • Broadchurch saison 3
  • Mindhunter saison 1
  • This is us saison 1
  • Dark saison 1
  • Glitch saisons 1 et 2

J’ai eu quelques coups de cœur ici. Glitch était pas mal du tout, même si j’ai pu relever certaines incohérences dans le scénario de cette série qui parle du retour inexpliqué à la vie de personnes mortes à des époques différentes et sans lien apparent entre elles. Les personnages sont attachants et l’intrigue est prenante, mais comment expliquer qu’une femme décédée depuis deux ans puisse se balader dans sa ville natale sans que personne ne la reconnaisse. Et que personne ne vienne voir ce que fait la police alors qu’il n’y a que plus que deux agents en poste. Mais bon, c’est le fin fond de l’Australie, peut-être sont ils habitués à vivre en autarcie. Une bonne série, sans plus, mais je regarderai tout de même la suite avec plaisir, surtout pour les personnages de Kirstie et Charlie.

J’ai également retrouvé Broadchurch (et David Tennant) avec plaisir. L’intrigue est à nouveau bien ficelée et j’ai apprécié le fait de continuer à suivre la famille Latimer, le sujet du deuil et de comment cela affecte leur couple est traité avec énormément de subtilité et de complexité. Même si rien n’égalera jamais le coup de poing que la première saison a mis dans nos faces, cette saison est une réussite. Mais j’ai limite davantage apprécié les retrouvailles avec mes personnages fétiches que l’intrigue en elle-même. Fait intéressant, il s’agit ici non pas d’un meurtre mais d’un viol et encore une fois, tout est cohérent et nuancé : regard porté sur la victime, stress post traumatique, notion de consentement. Dommage que toutes les victimes d’agressions sexuelles n’ont pas la « chance » de tomber sur les enquêteurs bienveillants de Broadchurch.

Mindhunter a également été un régal pour moi. Et j’en ai vu un rayon en termes de séries, émissions sur des enquêtes résolues ou non, portraits docu de criminels. Le sujet me fascine assez. Et cette série, qui suit les débuts de la psychologie criminelle et de la science du profilage à la fin des années 70 m’a de suite happée. Elle lève le voile sur une partie de l’histoire que je ne connaissais pas, celle de deux enquêteurs partis à la rencontre de vrais tueurs en série (mention spéciale à Cameron Britton dans le rôle de Ed Kemper) afin de décrypter leur trajectoire meurtrière et d’identifier des facteurs prédictifs permettant de prévenir le passage à l’acte ou des traits de personnalité utiles lors d’interrogatoires. La réussite de cette série doit beaucoup au personnage de l’agent Holden Ford qui est interprété par Jonathan Groff, idéalement servi par une écriture fine, évolutive et sans concessions. Ce personnage mérite une récompense, tant au niveau du scénario que de l’interprétation de l’acteur.

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Mes deux coups de cœur sont cependant This is us et Dark, dans deux styles complètement différents. This is us est une véritable ode à la famille, certes à l’américaine, mais c’est tellement plus que cela. Une émotion belle et brute se dégage de chaque épisode. Les sujets traités sont durs : maladie, mensonge, adoption, rivalités, addictions…mais les personnages sont magnifiques et ça fait du bien. Mention spéciale au tout premier épisode de la série qui est l’un des plus beaux toutes séries confondues selon moi. J’ai été littéralement scotchée et la suite ne m’a pas déçue. Dark est une série allemande, mais ne fuyez pas pour autant. Certains l’ont comparée à Stranger Things et il y a quelque chose dans l’atmosphère, le côté rétro et la bande d’ados qui y fait penser, mais cela s’arrête là. Le thème de Dark est autre et Dark est beaucoup plus…dark justement. Le scénario est bien ficelé, très très bien ficelé, mais attention il faut s’accrocher. On voit évoluer les personnages à différentes époques et ils sont donc interprétés chacuns par deux ou trois acteurs. Ils ont tous des noms et des physiques d’allemands (pas beaucoup) de mixité culturelle à Winden et donc c’est très compliqué à mémoriser, d’autant que la série nous amène peu à peu à comprendre les liens qui se nouent et se dénouent entre les familles et les générations. Je vous conseille de googler « Dark qui est qui ? » afin de vous aider à mémoriser sans trop vous spoiler. Là aussi j’espère une suite, même s’il faudra sans doute que je regarde à nouveau la saison 1 pour me remettre dans le bain. Je suis sûre d’y découvrir plein de détails qui m’ont échappé. Loin d’un énième polar nordique (sur lesquels je ne crache pas), Dark est vraiment suprenante.

Films :

  • « Le bonhomme de neige » de Tomas Alfredson d’après Jo Nesbo
  • « The Party » de Sally Potter

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J’ai été déçue par le premier, qui se laisse regarder, sans plus. Le second m’a beaucoup plus. Il a la particularité d’être en noir et blanc et de ne durer que 75 minutes. C’est une durée inhabituelle mais comme c’est un huis clos, point trop n’en faut et le film est soigneusement calibré pour n’en faire ni trop ni trop peu. Kristin Scott Thomas est impeccable, mais mes coups de cœur vont à Cillian Murphy, délicieusement agité et à Timothy Spall, à l’hébétude hilarante. Et le twist final est parfaitement envoyé.

Théâtre :

  • « Futur conditionnel » de Xavier Daugreilh
  • « Invasion » de Jonas Hassen Khemiri

Ce post est relativement long, je devrais peut-être me contenter de lister et revenir dans d’autres articles sur les sujets à développer.  J’espère davantage parler littérature dans le premier bilan de 2018. Vive les longues soirées d’hiver…

Bilan Culturel: octobre

J’inaugure ici une nouvelle série d’articles qui me permettront de garder une trace de toutes mes découvertes. Je pourrai y revenir pour en approfondir l’une ou l’autre et faire des liens ou livrer une plus ample réflexion si un sujet m’amène à faire des recherches par la suite.

J’ai pensé à plusieurs catégories : séries, films, documentaires, musique, concerts, littérature, vidéos inspirantes, spectacle vivant, visites…

Ce mois d’octobre n’a pas été particulièrement riche culturellement. Cela s’explique sans doute par le manque de temps et de motivation à sortir, tous deux liés à mon implication dans les répétitions du spectacle dans lequel je joue actuellement. Néanmoins, voici mes découvertes du mois d’octobre.

gosford-park

Séries :

  • « Happy Valley » (BBC), vu sur netflix
  • « Luther » (BBC), vu sur netlfix
  • « Stranger Things » (Netflix) Saison 1
  • « Mindhunter » (Netflix), première partie de la saison 1

Flims :

  • « le sens de la fête » (2017) de Toledano et Nakache, vu au cinéma
  • « Gosford Park » (2001) de Robert Altman
  • « American Sniper » (2014) de Clint Eastwood
  • « Kingsman 2 : le cercle d’or » (2017) de Matthew Vaughn

Vidéo : Ted Talk de Laurent Gounelle « comment devenir pleinement soi-même

De cette sélection, je retiens surtout Stranger Things et les trouvailles plus British. Stranger Things car cela me rappelle mon enfance et les films des années 80. De plus j’ai toujours aimé les films centrés sur les enfants et la bande de préados de cette série claque carrément. Pour le reste, Happy Valley et Luther comblent mon amour pour les séries policières anglaises, avec des personnages bien fouillés, écorchés vifs mais tellement charismatiques. La seconde mouture de Kingsman n’était pas aussi incroyable que la première, mais la barre était placée très haut. Quant à Gosford Park, je me souviens avoir voulou le voir à sa sortie, il y a très longtemps donc. Le casting est lêché et, si je l’ignorais au début, on reconnait très bien la signature de Julian Fellowes, scénariste de…Downton Abbey. L’intrigue criminelle sert déjà ici à dépeindre les rapports étroits entre le monde « d’en haut », les nobles, et celui d’en bas, « les domestiques ». Le tout est virevoltant et puis il y a Maggie Smith…what’s not to love ?

Pour le mois de novembre déjà en cours, j’espère avoir le temps de me poser devant un bouquin, je me rends compte que cela manque à cette sélection. Je sais aussi que j’irai prochainement au théâtre. A suivre…