Pitié pour la nation…

Il y a quelques années, une amie qui voyageait aux USA m’a envoyé une carte postale sur laquelle figurait un poème inspiré de Khalil Gibran. Je l’ai affiché sur mon frigo et il n’a pas bougé depuis. Comme beaucoup, j’ai voté ce weekend. Mon pays s’avère aujourd’hui pratiquement ingouvernable et un raz de marée inquiétant va venir grossir les rangs du parlement européen. Je ne me livrerai pas à une analyse, je n’ai pas les compétences nécessaires, ni l’énergie. L’art et les mots sont une de mes plus grandes sources de réconfort. Je vous partage juste ce poème, suivi de ma traduction personnelle car je n’ai pas pu en trouver une sur le web… Bonne lecture !

« PITY THE NATION »
(After Khalil Gibran)

Pity the nation whose people are sheep

And whose shepherds mislead them

Pity the nation whose leaders are liars

Whose sages are silenced

And whose bigots haunt the airwaves

Pity the nation that raises not its voice

Except to praise conquerors

And acclaim the bully as hero

And aims to rule the world

By force and by torture

Pity the nation that knows

No other language but its own

And no other culture but its own

Pity the nation whose breath is money

And sleeps the sleep of the too well fed

Pity the nation Oh pity the people

Who allow their rights to erode

And their freedoms to be washed away

My country, tears of thee

Sweet land of liberty!

 

“PITIE POUR LA NATION”

(d’après Khalil Gibran)

Pitié pour la nation dont les habitants sont des moutons

Et dont les bergers font fausse route

Pitié pour la nation dont les dirigeants sont des menteurs

Dont les sages sont réduits au silence

Et où les bigots hantent les ondes

Pitié pour la nation qui n’élève pas la voix

Sauf pour louer les conquérants

Et acclamer les brutes comme des héros

Et qui souhaite diriger le monde

Par la force et la torture

Pitié pour la nation qui ne connait

Aucune autre langue que la sienne

Et aucune autre culture que la sienne

Pitié pour la nation

Dont le souffle est l’argent

Et qui dort du sommeil de ceux qui ont trop bien mangé

Pitié pour la nation Oh pitié pour le peuple

Qui laisse ses droits s’éroder

Et ses libertés s’effacer

 

Lawrence Ferlinghetti

ready to frame!

Les petits plaisirs (mai 2019)

Bonjour à tous, ici le printemps peine à se faire une place. Les soirées s’allongent sans qu’il me soit possible d’aller marcher après le souper, chose que j’adore faire à cette période. Les semaines de travail s’enchainent et la charge mentale s’alourdit, forte du temps qui s’est écoulé depuis mon dernier break. C’est pourquoi je me suis dit qu’il serait bon ce weekend de rédiger un petit article sans prétention qui se concentre sur les petits plaisirs, les capsules qui permettent de voir le bon côté des choses lorsque la fatigue est là et que le soleil se fait désirer. Voici dont ce qui m’a mis le baume au cœur récemment :

Their faces are perfect reactions to the words. Morse = sadness. Thursday = anger and frustration, and concern, too.

 

  • Le cadeau fait main par une amie talentueuse et être touchée par le temps investi pour me faire plaisir. Merci à toi qui te reconnaîtras.
  • Ma maman qui m’annonce que le rosier que j’ai acheté et planté chez mes parents il y a quelques années arbore pas moins de 39 boutons. J’adore les roses et je me réjouis d’admirer cette plante extraordinaire.
  • Le retour de l’Inspecteur Morse le dimanche soir sur France 3 (hashtag old lady inside)
  • Ma filleule de deux ans qui crie « marraine » et me saute dans les bras dès que j’arrive. Je l’aime tant !
  • Manger en pleine conscience et plus lentement depuis quelques semaines. Se sentir plus légère.
  • Une bonne nouvelle financière qui va aider à la concrétisation de mon envie à moyen terme d’avoir mon propre jardin pour y voir fleurir un autre rosier.
  • La perspective de partir d’ici 15 jours pour un voyage que je me dis que je dois faire depuis siiiii longtemps. J’espère que le soleil y sera…

 

 

Dream

Voilà ce qui m’est venu à l’esprit et ça fait du bien. La vie est quand même clémente avec moi finalement. Et vous, quels sont les jolies choses, petites ou non, qui vous égaient au quotidien ? Partagez-les en commentaire si ça vous tente. Faites l’exercice quoi qu’il en soit, c’est bon pour la santé mentale !

Avril…

J’ai eu du mal à me poser pour écrire ces dernières semaines, du mal à trouver un sommeil réparateur, la procrastination m’a rendu visite. Aujourd’hui, je savoure cette pause du premier mai et j’en profite pour me refaire un peu le film du mois écoulé. Avril…

Avril, le mois du renouveau, le mois des magnolias, le mois des agneaux dans les prairies, le mois des premières salades en terrasse, un de mes mois préférés…

En avril, j’ai travaillé pas mal même si j’ai eu des jours off. J’ai senti que le dernier break était loin, j’ai eu envie de m’arrêter, mais sans vraiment pouvoir freiner. J’ai rêvé de travailler moins, de vivre encore plus simplement. De quitter le bruit de la ville, d’une tiny house avec un carré de verdure, d’assister aux éclosions printanières depuis ma fenêtre, de thés en pyjama, assise le matin au soleil sur un seuil qui serait à moi. De quitter un peu plus la frénésie du monde, de m’extraire des drames qui résonnent dans mes oreilles. Patience, un jour, bientôt peut-être…

design styles that are popular in modern homes. In reality, practitioners blend different elements from several decorating styles . #roomdesigntiles

En avril, j’ai fêté mon anniversaire, comme chaque année, avec mes amis et avec ma famille. J’ai pris congé ce jour là, il faisait beau, je portais ma nouvelle robe achetée à Lille, je me suis trouvée belle. J’étais bien, j’ai accueilli sereinement ce nouveau chiffre. L’âge est une telle question d’état d’esprit. Et de santé bien sûr, mais la santé j’ai la chance de l’avoir. Se sentir en équilibre, ici et maintenant, ne pas se mettre d’échéances et de pression chiffrée. Avant tel âge avoir fait ceci, à tel âge ne plus pouvoir se permettre cela. Bullshit les amis. On n’a qu’une vie ! Un midi en terrasse à siroter la première Amstel Radler citron de l’année, une soirée pizza entre amis à l’appartement, un restaurant avec mes parents, en bonne santé eux aussi, que demander de mieux ?

En avril, je suis montée sur scène. J’ai joué, j’ai crié, je me suis révoltée et j’ai mangé. J’ai porté avec des femmes magnifiques un texte féministe qui prône l’acceptation de soi et l’amour de son corps, notre seul et unique vaisseau sur cette terre. J’ai débattu, j’ai souri, je me suis passionnée. J’ai ressenti une immense fatigue, mais de celles qu’on apprécie car elles sont le reliquat de moments où l’on est pleinement mobilisés en faveur de ce en quoi nous croyons.

Image about quotes in My uploads by Yoni on We Heart It

Bonne fête du travail à tous. Je vous souhaite d’en faire un qui vous plait. D’y donner le meilleur de vous même  et de ne pas compter vos heures si c’est par passion. De ne pas travailler du tout si c’est votre choix. Ou d’avoir la force et la possibilité de vous ménager une vie qui vous ressemble à côté si vous êtes obligés d’en subir un qui ne vous plait pas. On a toujours un peu le choix…

 

24h à Lille

Le weekend dernier, j’ai eu la chance d’aller à Lille. J’y allais pour retrouver mon amie V., qui vit à Paris. Cela faisait des années que nous ne nous étions pas vues, la vie faisant que… J’ai choisi d’y aller en train, de regarder défiler mon pays par la fenêtre, de  faire halte dans des gares inconnues aux noms de clubs de footballs. Il m’a fallu plus de trois heures aller et plus de trois heures retour pour parcourir quoi…250km ? Vive les transports en commun. Mais je ne regrette pas, ce voyage a été la césure avec une semaine difficile. L’occasion d’écouter de la musique, de me sentir rajeunir et partir à l’aventure. Pas besoin d’aller loin et pour longtemps pour se sentir en voyage, en transit, en découverte…

Lille und die Sch'tis | Urlaubsguru.de

Arrivée à Lille, repérage de l’hotel, serrer une amie dans ses bras, se dire qu’elle nous a manqué, mais aussi qu’elle n’a pas changé, partir à la découverte des places à l’architecture familière puisque flamande, apéro en terrasse, flâner, parler, se re découvrir, se sentir comme si on ne s’était jamais quittées, se dire que c’était bien trop long, mise à jour de nos vies, souvenirs, se dire que la petite flamme qui nous anime est intacte après des épreuves qui l’ont forcée à l’hibernation, se balader, sans carte, être des touristes désorganisées, ne pas prendre de photos correctes mais capturer l’instant avec tous ses sens, être présente, se détendre, laisser les soucis s’éloigner comme un nuage après l’orage, profiter de la parenthèse que l’on a réussi à s’octroyer, dormir, se réveiller, dormir, se régénérer, dormir sans culpabilité. Le matin venu repartir à l’assaut de la ville, sans se presser, sans urgence, s’émerveiller rue de la Clef, l’arpenter, ne pas savoir où poser le regard, s’arrêter dans une jolie brasserie pour un café, repartir, se faire un cadeau, un cadeau qu’on ne se serait pas fait avant, avoir la satisfaction de pouvoir se l’octroyer, rêver à l’été, se dire qu’on a de la chance d’avoir rencontré de belles personnes, des personnes rares, qui nous connaissent, qui voient notre âme et qu’une fois que l’on a saisi cela, qu’importent la distance et le temps, on n’est jamais seul, il suffit de regarder le ciel…

Mes bonnes adresses et bons plans :

  • Railpass en Belgique jusque Tournai ou Courtrai puis acheter juste l’aller retour pour Lille. Ca revient alors à plus ou moins 27 euros aller-retour de n’importe où en Belgique.
  • L’hotel Balladins : je ne connaissais pas cette chaine qui a plusieurs établissements en France et même en Belgique. 65 euros la nuit pour une chambre double. L’un des meilleurs rapports qualité-prix de ma vie : en face de la gare mais au calme car les chambres donnent sur l’arrière, salle de bain spacieuse et propre, literie très confortable, coffres avec clefs pour laisser les bagages, terrasse avec vue au 7° étage depuis la salle du petit déjeuner. Un vrai bon plan, je leur ai mis 10 sur booking.
  • Dans la boutique Lili Cabas, rue de la Clef, je me suis offert une robe. Elle est plus chère que les robes de la fast fashion. 120 euros, mais j’ai tellement économisé ces derniers mois que je l’ai emportée sans culpabilité. Pas seulement économiquement parlant puisqu’elle est en viscose naturelle (sans microplastiques) et de fabrication française. C’est l’étiquette « made in Roubaix » qui a attiré mon regard. Je vous invite à découvrir la marque Quintessence, fabrication européenne et livraison possible.

Sept ans…

Sept ans aujourd’hui. Sept ans que j’ai fait pour la première fois l’expérience de perdre quelqu’un que j’aimais de tout mon cœur. Sept ans que je ne sais pas si tu as senti cet amour, si tu as su combien le tien m’était précieux, si je te l’ai suffisamment transmis la dernière fois que je t’ai vu, cette fois que je n’imaginais pas être la dernière même si j’aurais pu/dû m’en douter. Sept ans que tu me manques, même si cela fait longtemps que je vais mieux. Sept ans que je pense à toi en me disant que j’aimerais te raconter ou te montrer telle ou telle chose. Sept ans sans doute que tu serais toujours fier de moi puisque ton amour était inconditionnel et donc profondément partisan. Sept ans que je continue à rêver de toi de temps en temps sans jamais pouvoir me rassurer complètement. Sept ans, le temps d’amener un enfant à l’âge de raison, de faire plusieurs fois le tour du monde et même de devenir médecin. Sept ans et lorsqu’on a fait du tri dans la maison, j’ai pu voir des photos que je n’avais jamais vues, retrouver des bulletins scolaires qui m’ont mis les larmes aux yeux, te rencontrer sous les traits d’un enfant et de ce jeune homme que je n’ai pas reconnu tout de suite. Me dire que j’aurais aimé te poser davantage de questions. Que j’ai été naïve de croire que ces histoires que tu aimais raconter, souvent les mêmes d’ailleurs, étaient les seules que j’aurais dû connaitre. Qu’écrivais-tu dans le sable ce jour là ? Et puis sur quelle plage étais-tu alors que je n’existais pas encore ?

Sept ans de manque mais pas que. Sept ans et des regards dubitatifs sur ma tristesse qui durait, parce que c’est le cycle de la vie, que j’aurais dû m’y attendre, que je n’étais pas prête, que c’était, somme toute, « un bel âge ». J’ai toujours eu un problème avec la mort vois-tu et pourtant je sais que la vie est loin d’être toujours un cadeau, mais toi tu l’as aimée envers et contre tout. Sept ans que j’ai compris que tout le monde n’avait pas eu le bonheur d’avoir un grand-père comme toi. Sept ans que je réalise la chance que j’ai eu de t’avoir auprès de moi, solide, bienveillant, généreux. Sept ans que je pense à toi tous les jours car tu es la seule personne encadrée dans mon salon. Sept ans que je tente davantage d’être attentive et présente aux gens que j’aime dans ce tourbillon qu’est la vie. Sept ans que je m’intéresse encore plus à mes racines, aux témoignages des anciens et des gens d’ailleurs, à ces histoires d’un temps si différent du nôtre et dont j’ai la nostalgie sans l’avoir connu. Sept ans et c’est comme si c’était hier…

« Le tombeau des morts c’est le cœur des vivants »

Jean Cocteau

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Bruxelles: Expo « Révolutions: Records and Rebels 1966-1970 »

Voir refleurir une plante qui ne nous donnait plus spécialement espoir, faire son sac de façon minimaliste et refermer la porte derrière soi sans pesanteur inutile, surprendre un papillon qui s’est lui aussi hasardé à devancer le printemps, prendre le train par un jour ensoleillé, avoir l’impression d’être en mai, télécharger de nouvelles playlists pour le voyage, enclencher « British classics » et démarrer avec « Beautiful ones » de Suede, amour adolescent presqu’oublié, trouver une place à l’étage avec baie vitrée et regarder défiler le paysage, la campagne en jachère, retrouver cette capitale que j’aime, se promener avec une amie de longue date dans un parc inconnu au tomber du jour et poursuivre la soirée à converser sur ce qui fait l’essentiel même si c’est dur, dormir, bruncher au soleil et savourer l’orange pressée par une main amie, sortir, marcher, flâner et se laisser porter jusqu’à destination, se laisser émerveiller, redécouvrir ses sens en portant un regard sur cette non quotidianité pourtant familière, battre le pavé et rentrer en se disant que c’était une belle journée…

Lifestyle: You Say You Want a Revolution? Records and ...

Comme à chaque fois que je me promène dans Bruxelles, je me dis que je n’en profite pas suffisamment. J’y suis allée principalement pour visiter l’exposition Revolutions: Records and Rebels 1966-70. Pour 10 euros, j’ai vécu une expérience immersive (grâce à la technologie Sennweiser : de la musique dans mes oreilles grâce à des écouteurs qui donne une impression que la musique est partout, à 360°) absolument magnifique durant presque 2 heures. Cette exposition a été conçue par les équipes du Victoria & Albert Museum, reconnu pour ses créations de qualité. Nous baignant dans la culture musicale des années 66 à 70 (la crème de la crème à mon humble avis), l’expo nous balade dans la société et les combats de l’époque : émancipation, féminisme, combats pour les droits des minorités ethniques et sexuelles, conquête de l’espace, manifestations estudiantines contre la guerre du Viet Nam, mai 68, etc… Le tout dans une esthétique léchée, qui va des affiches de festivals, aux costumes et au mobilier. On peut même revivre la prestation de Jimi Hendrickx à Woodstock sur écran géant, confortablement affalé sur un coussin fatboy. La fin de l’expo nous parle également des balbutiements de l’informatique et de l’éveil de la conscience écologique. Un triste rappel de ce que nous vivons aujourd’hui et qui montre que l’émancipation salvatrice a malheureusement rapidement fait place à l’individualisme et à la société de consommation que nous connaissons aujourd’hui. Place à de nouvelles luttes donc… Une expo à voir jusqu’au 10 mars (ce qui laisse deux weekends quand même) et que je vous recommande plus que vivement. J’ignore si elle va tourner dans d’autres villes et pays, j’espère que oui.

Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui. Si vous avez lu et apprécié cet article (ou pas), n’hésitez pas à commenter, liker et vous abonner à mon blog. Ca fait toujours plaisir d’avoir un retour plus concret que les statistiques anonymes de wordpress.

Ecologie et minimalisme: pourquoi ces efforts?

Bonjour à tous, je reviens ici avec un petit article motivationnel autour de l’écologie et du minimalisme. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été sensible à l’écologie, la nature, les animaux, le réchauffement climatique. J’ai arrêté très jeune de manger de la viande, bien avant l’engouement actuel pour le végétarisme ou le véganisme. Cependant c’est aussi une période où j’ai beaucoup pris l’avion sans trop me soucier de la planète, Ryanair était alors mon meilleur ami. Par ailleurs, ce n’est que depuis récemment que j’ai un véhicule à temps plein. J’ai longtemps longtemps utilisé les transports en commun pour la plupart de mes trajets. Je prenais aussi beaucoup de bains et me disais que toutes ces heures de train à réduire mon empreinte carbone méritaient bien cette petite récompense. Bref, j’y pensais sans faire de mon mieux. Aujourd’hui non plus, je ne fais pas de mon mieux. Faire de mon mieux signifierait reprendre le train et perdre parfois 45 min/1h à attendre parce que la SNCB a changé les horaires en 2014 et qu’ils ne matchent plus aussi bien ceux de mon boulot, cela signifierait renoncer pour de bon à l’avion (qui est moins cher que le train, j’ai regardé sérieusement pour aller en Toscane, on se fout de qui ?), cuisiner beaucoup plus notamment mes alternatives végétariennes au lieu de les acheter dans du plastique, renoncer pour de bon aux sodas, n’acheter que des marques éthiques ou en seconde main pour m’habiller, etc… On ne peut pas dire que je ne fais rien, au cours des derniers mois, j’ai entrepris beaucoup de petits changements :

  • J’ai décidé d’acheter plus raisonnablement et de donner-jeter-recycler régulièrement
  • J’ai commencé à acheter en vrac et un peu plus bio
  • Je prends moins de bains, même l’hiver, le sport aide car j’ai parfois davantage envie d’une douche
  • J’avais vachement diminué l’avion déjà, je ne l’ai pas pris pendant 5 ans et j’en reparlerai sans doute, mais je n’ai pas pris ryanair depuis 2011, les autres polluent tout autant mais si je peux éviter le foutage de gueule de l’ultra low cost
  • J’ai cessé de surconsommer des vêtements et suis même restée 4 mois sans en acheter. J’ai racheté un peu (5 pièces je pense au total) aux soldes, mais là je pense que c’est reparti pour une petite interruption.
  • Je choisis les contenants en verre plutôt que le plastique, je n’achète plus du tout de bouteilles d’eau, j’ai des sacs à vrac et des mouchoirs en tissu
  • J’ai pratiquement banni le plastique de ma salle de bain
  • J’utilise des détergents homemade ou écolos
  • J’ai changé de fournisseur d’énergie pour passer au 100% vert

Plus plein d’autres petites choses que je fais maintenant sans y penser et qui sont entrées dans ma routine. Certaines choses me demandent des efforts, d’autres pas du tout. Mon état d’esprit oscille entre deux pôles la plupart du temps.

L’un où je me dis que ce n’est pas assez, où j’en veux aux gens dans les centres commerciaux, aux gens qui prennent l’avion comme on prend le bus, à ceux qui sont pour la croissance à tout prix quand je me dis que la fin du monde est proche et que tout cela est bien dérisoire à côté. J’avais lu cet article (que je vous conseille) qui m’avait assez convaincue et impressionnée où un professeur d’université expliquait qu’il ne prendrait plus l’avion…jamais.

Puis il y a des jours de découragement où je me dis que les avions sont remplis de gens qui vont en voyage certes (et que c’est pas mal non plus dans le fond que des personnes aux revenus plus modestes puissent accéder à ce qui était autrefois un privilège) mais surtout de personnes qui voyagent pour le business et font des vols intercontinentaux pour 48h. Que les déchets plastiques des ménages devraient diminuer, mais qu’ils ne sont rien à côté de ceux des entreprises et qu’ils arrangent les lobbys pétroliers. Bref qu’il ne suffit pas de faire des efforts individuels et d’en vouloir aux autres. Car ces efforts ne sont produits en grande partie par une frange de la population, middle class, bobos, écolos, etc… Que les plus riches n’en ont cure apparemment (même ceux qui sont encore jeunes et vont vivre le réchauffement, même ceux plus vieux qui ont des petits enfants…) et que les plus défavorisés, dont les besoins primaires ne sont pas satisfaits (avoir un toit sur la tête, de quoi manger, des soins de santé, une sécurité…) ne peuvent tout simplement pas avoir la disponibilité mentale pour se soucier de ces enjeux là et que c’est bien normal.

Bref, que sans solution structurelle, qui contraint les entreprises et limite notre pouvoir d’achat de certaines choses, de par des règles claires ou simplement l’arrêt de la production de certaines choses, et bien on ne s’en sortira pas. Je ne parle pas de nivellement économique par le bas, mais si on continue à produire de l’huile de palme, la déforestation se poursuit et on continue à en consommer. Si elle est interdite, les entreprises devront trouver autre chose et on devra consommer autrement. On ne devrait plus avoir le choix. Limiter les trajets en avion, non en les réservant aux plus riches, mais en ayant un capital annuel, triennal, quinquennal, peu importe à ne pas dépasser. Les possibilités sont multiples. Elles demandent un gros travail au législateur et le législateur en bon apôtre de la sacro sainte croissance ne le fait pas. Je vous invite à lire cet article sur les travers de l’hyper responsabilisation individuelle qui résume assez bien ma pensée.

Dans ces jours là, la colère se mêle à la peur, se mêle à la tristesse et à un soupçon de misanthropie. Et pourtant, globalement, j’ai le moral, une vie dont je n’ai pas à me plaindre et je poursuivrai dans mes changements. Pourquoi ? Eh bien parce que cela va au-delà de l’écologie. J’ai découvert que j’étais plus heureuse en simplifiant ma vie et en étant davantage consciente de l’origine de ce que je consomme, des savoirs qui nous permettent de vivre de façon plus autonome et moins destructrice. Cela a commencé avec l’envie de désencombrer chez moi. Je sais que je serai amenée à nouveau à déménager au cours de ma vie et c’est fatigant de déménager. J’ai décidé que le jour où ça arriverait, je ne voulais pas m’épuiser, charrier des choses inutiles et passer ma vie avec des caisses d’objets fantômes qui ne verraient plus jamais la lumière du jour et ne feraient qu’occuper mon espace physique et mental. C’est parti d’un objectif de confort personnel à long terme. Puis j’y ai pris goût, j’ai trouvé ça reposant d’avoir un intérieur moins encombré et de savoir ce que j’avais, de mettre en valeur ce qui me plaisait. Ensuite, j’ai lu pas mal de blogs, regardé pas mal de vidéo youtubes inspirantes et c’est devenu un jeu. L’écologie est venue ensuite, j’ai eu un vrai déclic en allant au Danemark et en regardant (3 ans après tout le monde) le film Demain et sa suite Après demain. J’ai cessé d’acheter des vêtements, j’ai commencé à acheter en vrac, limiter le plastique et écrire mes articles sur les gestes écolos.

Au final, je continue parce que cela m’apporte des bienfaits à moi-même si ça ne sauvera pas le monde :

  • C’est mieux rangé chez moi
  • J’ai réalisé de sacrées économies notamment sur les vêtements
  • J’ai le plaisir de soutenir un commerce un peu plus local (je suis loin d’être au top)
  • Ma peau est plus belle
  • Je me sens plus zen
  • Je m’achète de jolies choses durables que je prends plaisir à réfléchir et choisir
  • Cela libère de l’espace mental pour ma créativité
  • Je sors moins souvent la poubelle (donc je paierai moins de taxes aussi)
  • Je passe moins de temps à faire mes courses

Et, chose la plus importante, même si je ne vais pas plus loin pour le moment (parce que c’est mon choix, je vais à mon rythme, cet entre deux me convient et ces fameux changements structurels je les attends quand-même…), je vis en accord avec ce que je pense. L’une des premières choses que je me souviens avoir apprises en arrivant à l’université, c’est la Théorie de la Dissonance Cognitive de Festinger (je vous invite à lire l’article wikipedia à ce sujet, c’est assez ludique et illustré et moi je trouve cela intéressant) qui dit, en gros résumé, que nous ressentons un état de tension interne lorsque nos valeurs, nos cognitions et nos actes ne sont pas cohérents. Par exemple, savoir que ce n’est pas bon de fumer et le faire quand même. Cette théorie dit que face à cet exemple banal, l’humain va typiquement culpabiliser (la tension interne). Pour s’arranger avec cette situation, il va peut-être tenter d’arrêter de fumer (pour que ses actes soient en accord avec ce qu’il sait). Il peut aussi se mettre à changer ses pensées pour que l’acte ne lui semble plus si néfaste, par exemple se dire « il faut bien mourir de quelque chose », « quand j’ai commencé, on ne savait pas que c’était si mauvais », « si j’arrête, je vais grossir et ça aussi c’est mauvais pour la santé », « je fais du sport alors ça compense ». De cette façon, il réduit la tension interne et retrouve du confort. Nous avons tous tendance à rechercher ce confort mental.

Pour moi c’est pareil avec la surconsommation et la pollution. Je suis désormais trop consciente pour faire comme si de rien n’était. Donc mes petits efforts sont finalement assez égoïstes puisqu’ils me font avant tout du bien à moi.

Voilà, je pense que je peux m’arrêter là, vous avez saisi. Cela me fait du bien de déplier ma pensée et de la mettre noir sur blanc. Peut-être penserez vous que je vais trop loin. Moi je pense que se faire du bien à soi, c’est faire du bien à la société et vice versa. Je suis quelqu’un qui vit autant que possible en accord avec de que je sens, avec mes intuitions et mes idéaux. Je pense que cela ne peut que faire du bien de prendre le temps d’identifier ce en quoi vous croyez, ce qui vous fait grandir et ce qui vous fait du bien sans causer de tort aux autres. Qu’en pensez-vous ? Je serais ravie d’avoir vos avis et de savoir ce que cet article vous inspire. Pour ma part, je continuerai à parler d’écologie et de simplicité sur cet espace virtuel sans que cela de devienne le thème principal. Il se fait que ça a pas mal occupé mon esprit ces derniers mois.  Je ne serai jamais parfaite, je ne vise pas à l’être, ni à faire culpabiliser les gens mais à partager ce qui fonctionne sur moi et à vous donner mes bons plans.

PS : disais un petit article en première phrase, mais il est super long. J’avais besoin de faire le tour de la question.