Séries, films, livres: mon top de 2017-18

Bonjour à tous et à toutes, en ce début d’année je vous propose un top de ce que j’ai aimé au cours des derniers mois. J’ai décidé de démarrer à partir d’octobre 2017 car c’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes bilans mensuels. J’ai aimé beaucoup de choses, je cible généralement bien ce qui me convient. Cependant je vais essayer de chosir. Les titres en gras sont ceux qui m’ont le plus marquée. Je ne vais pas redétailler tout, mais plutôt indiquer quelques mots clef qui vous permettrons de savoir à quoi vous attendre. Pour plus d’infos, je vous invite à parcourir mes bilans qui sont plus détaillés. Si vous ne savez pas quoi regarder/lire, à vos blocs notes.

On commence par les séries policières, un de mes genres favoris comme vous savez :

  • Happy valley : une série anglaise qui déboite avec une femme dans le rôle principal
  • Luther : série anglaise avec Idriss Elba, sombre et violence
  • Mindhunter : production netflix sur les débuts de la psychologie criminelle, tueurs en série, tirée d’une histoire vraie
  • Broadchurch : le top du top avec David Tennant, Olivia Colman et Jodie Whitaker, meurtre d’un enfant sur les côtes anglaises, un final incroyable
  • Casa de papel : est-il besoin de la présenter ?
  • Endeavour : mon chouchou, diffusé sur France 3
  • Line of duty : le top du top au niveau scénaristique, un vrai coup de cœur !
  • Bodyguard : un vétéran de guerre traumatisé est affecté à la protection de la ministre de la justice, terrorisme et suspense
Line of Duty season 4 finale: Ted Hastings star drops a ...
Les chasseurs de ripoux de Line of Duty

Séries dramatiques :

  • Poldark : Cornouailles 1770, ici aussi un gros coup de cœur pour les personnages, l’histoire, les paysages, amour, politique et vie rurale.
  • Les héritiers : saga familiale danoise autour d’un héritage, diffusée sur Arte
  • 13 reasons why : la série coup de poing qui parle viol, suicide et harcèlement chez les adolescents, dur mais nécessaire.
  • This is us : love love love !!! histoire d’une famille américaine qui mêle le présent et le passé. Impossible à résumer, mais tellement de belles choses et d’émotions !
  • Stranger things : pour les enfants des années 80 nostalgique des films de l’époque ou on résout des mystères en bande et à vélo. Surnaturel, suspense et humour au rendez-vous !
‘This Is Us’ Cast: Meet Chrissy Metz, Justin Hartley And ...
Les protagonistes de This is us à travers les âges

Comédies/formats courts :

  • The end of the f***ing wolrd: un adolescent psychopathe et une fille en colère font une virée pour échapper à leur vie, bijou d’humour noir et d’émotion.
  • New Girl: une série doudou sur une bande de colocataires déjantés à Los Angeles, emmenée par l’adorable Zooey Deschanel.
  • Grace and Frankie: avec Jane Fonda, deux femmes de 75 ans et + que tout oppose se voient contraintes d’emménager ensemble lorsque leurs mari respectifs les quittent et leur avouent leur homosexualité et leur futur mariage par la même occasion. Hilarant !
  • Lovesick: la recherché de l’amour à Glasgow au temps des MST. J’ai littéralement fondu !
  • Love : ici aussi, l’amour évidemment, sans fard, sans glamour mais authentique. Un bijou !
Love | Apaixonados por Séries
La rencontre de Mickey et Gus dans « Love »

Au niveau cinématographique, voici ce que je retiens :

  • 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh : la détermination d’une mère à découvrir qui a tué sa fille dans une petite bourgade de l’Amérique profonde.
  • Darkest Hour de Joe Wright : la vie de Winston Churchill et sa gestion du conflit mondial
  • Nos plus belles années de Sidney Pollack : un film de 1973 avec Barbra Streisand et Robert Redford au sommet de sa beauté. L’histoire d’amour contrariée entre un playboy et une militante communiste entre 1937 et 1950.
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent : le film qui m’accompagne dans ma prise de confiance et mon chemin vers une vie plus simple, responsable et durable.
  • 1900 de Bernardo Bertolucci (1976) : une amité entre deux garçons aux origines sociales opposées entre 1900 et 1945 dans l’Italie qui assiste à la montée du fascisme
Darkest Hour: Not Their Finest - Fort Worth Weekly
L’incroyable transformation de Gary Oldman en Winston Churchill

J’ai recommencé à lire davantage en 2018, j’ai donné une deuxième chance à certains livres et je ne l’ai pas regretté :

  • « L’attentat » de Yasmina Khadra : poétique et déchirant
  • « Dolce Vita » et  « Les nouveaux Monstres » de Simonetta Greggio : instructif
  • La saga « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante : chronique d’une amitié qui dure une vie dans les quartiers populaires de Naples, une écriture intime qui m’a happée, lu en italien.
  • « Rebecca » de Daphné du Maurier : un classique de la littérature anglaise, roman gothique fascinant et angoissant.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston : un essai absolument passionnant sur les rapports entre les sexes en occident
  • « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel : saga toscane, coup de cœur de cette fin d’année.
  • Les romans de Lars Kepler que je continue à adorer
22 best images about Manderley on Pinterest | Cornwall ...
Le célèbre incipit de « Rebecca »

Voilà, j’espère que cela vous donnera des idées, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos belles découvertes de l’année écoulée et si je vous ai donné envie de découvrir certaines choses. De mon côté, je vais poursuivre ces articles. J’aimerais regarder davantage de films, mais la production de séries est tellement intense et de qualité ces dernières années que j’ai regardé beaucoup moins de longs métrages. Je me suis en revanche tournée vers certains classiques et j’aime enrichir ma culture historique défaillante grâce au cinéma et à la littérature, surtout en ce qui concerne l’histoire de l’Italie et de l’Angleterre, deux pays chers à mon cœur comme vous l’aurez compris.

Roadtrip au Danemark 3: Helsingor et le château de Kronborg

Troisième étape de notre voyage au Danemark qui a duré même pas 10 jours mais qui s’étire durant des mois sur éclats d’âme. Nous décidons de visiter le château de Kronborg à Helsingor, ou Elseneur en français. Cela nous demande de faire un détour vers le Nord avant de replonger vers la capitale dans la soirée. Le château de Frederiksborg était également tentant, mais j’ai craqué pour Helsingor qui serait le château qui a inspiré Shakespeare pour écrire sa plus célèbre tragédie, Hamlet. Impossible à manquer pour une comédienne anglophile fan de l’auteur. Etonnement, il semblerait que Shakespeare n’ait jamais visité cet endroit, il n’a donc été inspiré que par des récits et des œuvres picturales pour donner un cadre aux tragiques aventures du fils du roi du Danemark.

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Cette visite, et cette journée en général, a été mon premier grand coup de cœur du séjour et je m’en rappellerai longtemps. Le soleil nous accompagnait toujours, il n’y avait pas trop de monde et l’endroit est tout simplement somptueux, en bord de mer avec vue sur la Suède. Le château est encerclé de canons car c’est l’entrée vers la mer Baltique et c’était il y a quelques siècles un important point de contrôle pour repérer les envahisseurs éventuels. Les navires marchands devaient également s’acquitter d’une taxe en passant, sous peine de se voir pris pour cible.

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Nous avons passé plusieurs heures à visiter ce merveilleux château, à contempler la Suède voisine du haut des tours et à écouter le ressac des vagues sur les galets en appréciant chaque instant dans ce cadre magnifique. Nous avons également bénéficié d’une visite guidée des appartements royaux, salles de réception et des sous sols où logeaient les armées en temps de guerre dans d’effroyables conditions. Il se raconte que les banquets duraient des jours et qu’un roi, je ne me souviens plus lequel, aimait faire tirer des salves de coups de canons. Les immenses fenêtres se brisaient alors parfois et les petites mains du château devaient s’employer à les remplacer durant le sommeil des puissants afin que les festivités puissent reprendre dès leur réveil. Imaginez-vous… J’ai également été émue en découvrant une pièce dédiée à une expo photo de portraits des comédiens et comédiennes venus jouer Hamlet lors de représentations au sein même de la forteresse au fil du temps, de Laurence Olivier à Jude Law, etc…

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vue sur la Suède

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Une fois cette enchanteresse visite achevée, nous dirigeons nos pas vers le centre ville. Nous marquons un premier arrêt près du centre culturel voisin du château et nous sirotons notre première limonade danoise en plein soleil avec vue sur de rutilants voiliers restaurés.

Nous poursuivons par une visite de la ville en suivant partiellement un sentier touristique tracé au sol. Après deux heures d’une balade qui nous envoie de la mignonnerie dans les mirettes en veux tu en voilà, nous retournons à la voiture et prenons la direction de Copenhague. Que de jolis souvenirs déjà engrangés alors que nous n’avons pas encore atteint la capitale…A suivre…

Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?

Bilan Culturel de novembre

Bonjour, voici le bilan mensuel, j’essaie de ne pas perdre mes bonnes habitudes. Ce mois-ci j’ai été extrêmement occupée et je suis pas mal fatiguée aussi. Je pense que décembre sera le mois de la lecture et du retour au cinéma. En ce mois de novembre, je n’ai guère eu le temps ni le courage de m’éloigner de l’écran domestique.

A la télévision, j’ai pu regarder :

  • Le documentaire « le psychiatre et l’assassin » qui traite du cas difficile des malades mentaux placés en détention, du risque de passage à l’acte et des croisements entre la médecine et la justice pénale. Ce documentaire prend racine dans l’affaire Luc Meunier qui a pour la première fois vu un médecin psychiatre condamné pour l’homicide commis par un de ses patients. Ce documentaire était diffusé sur France 2.
  • La malédiction de la Vologne, prochainement diffusé sur France 2 (les 5 et 6 décembre), une série documentaire en 5 parties qui retrace la célèbre affaire Grégory Villemin, mystère judiciaire et familial non résolu depuis 1984. J’ai beaucoup aimé cette production car outre les faits rebattus sans cesse, elle a une dimension sociologique. Elle contextualise l’affaire dans ce que le narrateur (Denis Podalydès) nomme « les grandes familles de la Vologne » et le monde des ouvrier du textile, terreau fertile pour les jalousies et les rancoeurs. Des comédiens sont engagés pour dire les pv d’audition, c’est bien monté, pas kitsch du tout et pour s’y retrouver, un arbre généalogique reliant les protagonistes de façon lisible nous est présenté à diverses reprises. Chacun se fera son idée et le documentaire n’est pas là pour présenter une vérité. Au-delà du fait divers, je trouve qu’il élève le débat jusqu’à expliquer comment ce fait divers est aujourd’hui partie intégrante de l’histoire judiciaire et de celle de la région.
  • Les enquêtes de Vera sur France 3. Cette série fait partie des rares que je regarde encore à la télévision. Sur France 3, je regarde toujours les enquêtes de Vera, Endeavour (les enquêtes de Morse, dont je parle ici), Grantchester et Brokenwood (qui a la particularité d’être néo zélandaise). J’aime toujours autant me plonger dans les mystères de la lande anglaise avec un(e) policier(e) acariâtre aux blessures cachées. Ici l’Inspecteur Chef Vera Stanhope.

Sur netflix, ça a été assez écclectique et j’ai mis du temps à trouver mon bonheur (les suites d’Outlander et de Poldark m’attendent, mais j’aime postposer mes séries fétiches, je n’aime surtout pas ne plus en avoir en réserve). J’ai commencé par Maniac, que j’attendais avec impatience. Pourquoi ? Parce qu’il y a Emma Stone qui transforme en or pratiquement tout ce qu’elle touche, Seth Rogen et que cela parle de santé mentale dans un univers esthétiquement très léché. Eh bien j’ai été déçue et je n’ai pas pu aller au-delà du 4° épisode. J’ai essayé pourtant, mais j’ai détesté. Certes c’est beau, mais on est davantage dans une série d’hommages décalés au cinéma de genre que dans une réflexion sur ce que notre société fait de la souffrance et moi c’est ça que j’attendais. Je ne dis pas que c’est mauvais car manifestement plein de gens crient au génie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion. Peut-être qu’un jour je m’éveillerai en ayant envie de voir la suite, mais ce n’est pas demain la veille je pense.

Ensuite, j’ai achevé la première saison de The good Place dont j’ai parlé dans mon bilan précédent. C’est gentil, ça ne prend toujours pas aux tripes, mais comme je commençais à trouver ça un peu redondant, le final de la saison (qui compte 13 épisodes) nous offre un twist inattendu et sympathique. J’imagine donc que cela va rester la série qui peut m’accompagner durant le sport et le repassage. Si vous avez des suggestions en format court (20-25minutes), je suis preneuse puisque j’ai terminé Grace et Frankie ainsi que New Girl.

Bodyguard (2018) - Netflix Nederland - Films en Series on ...

Enfin, la palme du mois revient à Bodyguard dont j’avais lu le plus grand bien et qui ne m’a pas déçue. C’est l’histoire d’un vétéran de guerre brisé par ce qu’il a vu au front. A son retour, il entre dans la police et, après avoir déjoué un attentat, se voit assigné à la protection de la Ministre de l’Intérieur dont il ne partage pas du tout les positions politiques. Bodyguard est une mini série en 6 parties et son héros est fascinant, une telle intensité irradie de lui. Le personnage ne parle pas beaucoup et ce n’est pas facile de décrypter ce qu’il pense vraiment, mais les émotions sont très violentes. C’est admirablement joué et en plus il a l’accent écossais, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il faut le temps de s’y retrouver un peu dans les multiples personnages, mais ça vaut la peine. La série gagne également un bon point pour la représentation de personnages féminins forts. Je n’ai été qu’à moitié surprise lorsque j’ai vu à la fin que Jed Mercurio en était le producteur, tout comme il a produit Line of Duty, un coup de cœur absolu de cette année dont je parlais dans un précédent bilan. Vivement d’autres saisons.

Enfin, en cette fin de mois, j’ai tout de même réussi à terminer un livre. Il s’agit de Reflets en eau trouble de Joyce Carol Oates, une grande romancière américaine que je voulais découvrir depuis un moment. J’ai choisi un roman court parce que j’avais peu de temps et j’ai été surprise car c’est une lecture très originale, même si je ne sais pas si on peut qualifier cela d’exercice de style. L’auteur s’inspire d’un fait divers que je ne connaissais pas, l’accident de voiture de Ted Kennedy en 1969. Cet accident coûta la vie à sa jeune passagère et mit fin à ses ambitions présidentielles. Le roman n’est pas une chronique judiciaire ni politique. L’auteur nous livre en quelque sorte ce qui défile dans la tête de la jeune femme alors qu’elle vit ses derniers instants et que la voiture dont elle ne peut se libérer est engloutie. Comme le dit le 4° de couverture (éditions Babel), c’est « un roman bref et terrible, qui stigmatise le déclin moral, spirituel et intellectuel de la société américaine. Un conte cruel sur la puissance et la naïveté ». Sur ma pile à lire, du même auteur, m’attend Blondie, sur Marylin Monroe. Et vous ? Avez-vous déjà lu Joyce Carol Oates ? Des suggestions ?

Roadtrip au Danemark 1: Odense

Il y a maintenant plus de deux mois que je suis revenue du Danemark. Je suis partie avec mon amie S. pour un roadtrip là-bas. Je rêvais de retourner en Scandinavie depuis ma visite de Stockholm et de son archipel qui remonte déjà à l’été 2017.Tout vient à point à qui sait attendre et je n’ai pas été déçue.

Dans cet article, je vous parlais de l’émotion si particulière et de ce sentiment d’appartenance que je ressentais lorsque je voyageais dans le Sud et particulièrement en Espagne ou en Italie. J’adore également le Nord, pour de toutes autres raisons…la sérénité qui s’en dégage, une impression de ralenti, les intérieurs douillets, le blond polaire des enfants, le bois naturel et la chaume… Il y a bien aussi une émotion du nord qui s’empare de moi presque dès que je franchis la frontière qui me sépare des Pays-Bas et qui va crescendo à mesure que j’approche de la mer Baltique.

Notre voyage a compté plusieurs étapes et nous avons logé en 4 endroits différents. Je pense que cela ne tiendra pas en un seul article, mais sans doute en 3 ou 4.

Travel to Denmark - Episode 74 - Amateur Traveler Travel ...

C’est par Odense, capitale de la Fionie, que nous commençons, à l’issue d’une longue route qui nous aura permis d’apprécier un pays paralysé par les travaux, j’ai nommé l’Allemagne. Lorsque nous arrivons, au Danhostel d’Odense, réservé sur booking, l’heure du souper est déjà dépassée et nous trouvons simplement une enveloppe à mon nom scotchée au volet baissé de la réception. Cette enveloppe contient la clé d’un dortoir de 9 privatisé pour nous. L’atmosphère est étrange, il fait déjà noir et après un paquet de miracolis rapidement cuisiné dans la cuisine collective, nous nous retirons dans notre dortoir. Il y a plusieurs Danhostels au Danemark et deux à Odense. Nous avons dormi dans celui qui est hors du centre ville, situé dans un grand bâtiment en U avec des colombages et donnant sur une grande cour pavée. Nous avons également vu celui, beaucoup plus moderne, de Roskilde, au bord du Fjord. Le nôtre était correct, mais une fois payé le supplément pour les draps, ça ne nous est pas revenu moins cher que le reste. Je n’ai plus les prix exacts en tête, mais en s’y prenant 4-5 mois à l’avance sur booking, nous avons trouvé des logements à prix corrects (pour l’Europe du nord et des chambres privatives, il va sans dire que c’est plus cher qu’un dortoir au Pérou), je pense qu’on en a eu pour 40€ par personne et par nuit en moyenne. Par contre, je confirme, la vie est chère au Danemark, TOUT est cher…

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Le lendemain, nous voilà parties à l’assaut des rues d’Odense qui est, comme l’Allemagne, en travaux ! Mais de gros travaux… Odense est la ville natale du héros national Hans Christian Andersen. Et même si la ville lui rend déjà plus qu’hommage, les autorités ont décidé de construire un énorme parc qui s’annonce féérique en plein centre ville : chemins, espaces verts et lieux de détente inspirés par la vie et l’œuvre de H.C.A. au programme. Cela s’annonce délicieux, mais pour l’instant c’est à l’état de cratère et nous a occasionné bien des détours. Néanmoins, nous avons apprécié cette petite ville de charme et avons visité l’ensemble des musées dédiés à l’auteur. Avec un pass qui coûte environ 25€ on se lance sur ses traces et on peut visiter son musée, sa maison natale, la maison de son enfance, ainsi qu’un musée plus général sur l’histoire de la Fionie. Les maisons modestes et colorées du quartier où il est né sont toujours là et on a le sentiment de se promener dans une carte postale, tout est si petit, si calme, si doux… Nous en apprenons également un peu plus sur l’histoire de la ville et découvrons quelques endroits de charme et insolites :

  • la hutte des elfes qui fait partie du complexe muséal et ou enfants et adultes (nous ne nous sommes pas privées) peuvent se déguiser et déambuler dans ce qui ressemble à une tanière d’elfes avec arbres creux reconstitués, coins lecture, lits, ménagerie, tout pour se réinventer une vie de contes de fées et perdre toute notion du temps
  • les jardins communautaires, organisés comme de véritables campings, où les citadins et les amoureux de jardinage peuvent s’offrir un lopin de terre à fleurir ou cultiver. J’ai été séduite à cette idée et j’ai complètement craqué à la vue de leurs abris de jardin qui ressemblent davantage à des tiny houses.
  • Le parc derrière la cathédrale, sa roseraie et ses statues
  • L’horloge animée par des créatures fantastiques qui carillonne toutes les heures et offre un spectacle de quelques minutes sur la petite place qui fait face au musée Andersen.

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Cette première journée m’a charmée et le destin d’Andersen m’a touchée. Je me dis que je lirais bien ses contes en rentrant, c’est jusqu’à maintenant resté un vœux pieux. Je garde un souvenir de mon regard hébété face aux boites aux lettres des immeubles aux multiples étiquettes ornées de noms exotiques. Les rues larges, la place de choix réservée aux cyclistes, le silence, les gens ne crient pas ici, les petits personnages en papier plié qu’Andersen offrait aux enfants de ses amis, je me réjouis déjà d’être au lendemain et d’aller voir la mer.

Quelques adresses :

Bilan culturel d’octobre

Bonjour,

Après une petite série d’articles sur le style de vie plus simple et les efforts écologiques que je fais, me revoici avec les découvertes culturelles du mois. Je pense que je vais alterner les articles ayant trait à des sujets de société, des réflexions et d’autres davantage axés sur l’art, la littérature et les voyages aussi.

Si vous souhaitez voir les articles précédemment écrits sur un thème donné, il vous suffit de cliquer sur les mots clé en dessous des articles et l’historique des articles qui y ont trait s’affichera.

Tout de suite, le bilan culturel du mois d’octobre. On commence avec les séries :

  • J’ai terminé les 3 saisons disponibles sur Netflix de Poldark et cela reste un grand coup de cœur. J’attends impatiemment la suite et je trouve que l’intrigue parvient à se renouveler en traitant toujours autant des intrigues sentimentales que de la réalité sociale de cette fin de 18° siècle en Cornouailles. Et Ross Poldark est l’un des personnages les plus charismatiques qu’il m’ait été donné de voir sur petit écran. A consommer sans modération pour les amoureux de l’Angleterre et des séries en costumes historiques.

"I would rather fail fighting than throw up my hands and wait for the end."--Ross

  • Dans la même veine, je me suis lancée dans la série Outlander. Le pitch est simple : à la fin de la seconde guerre mondiale, un couple de jeunes mariés anglais se retrouve en Ecosse. En touchant des pierres dressées où se tiennent des rituels ancestraux, Claire, la jeune femme, se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18° siècle, terre de clans qui lutte contre les anglais. Là bas, elle rencontre un séduisant Highlander, mais se retrouve aussi face à l’ancêtre vicieux et sans pitié de son mari du 20° siècle. La série est un peu beaucoup à l’eau de rose et assez sulfureuse, pas mal de scènes chaudes et de scènes sanguinolentes aussi. Les paysages écossais sont fabuleux et la plastique de Sam Heughan également. On est emportés, mais le scénario n’est pas fou fou, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du couple qui affronte 1000 dangers et doit les surmonter. Par contre, aucun développement, en tout cas dans la première saison du thème du voyage dans le temps. On apprend au cours de la saison que le personnage de Claire n’est pas le seul à avoir fait cette expérience, mais je reste sur ma faim. Néanmoins, je compte continuer à regarder cette série parfaite pour les longues soirées d’hiver. Par contre sur netflix Belgique, seules deux saisons sont disponibles alors qu’il y en a 4 sur netflix France, quelqu’un connait il la cause de cette injustice ?
  • Sur ARTE, j’ai regardé la seconde saison d’une série danoise qui s’appelle « Les Héritiers» et qui est absolument excellentes pour ceux qui aiment les séries nordiques mais veulent autre chose que des polars ou si vous aimez vous plonger dans les sagas familiales et leurs secrets. La série aborde ici le thème de la fratrie, une fratrie adulte qui se retrouve à gérer le patrimoine de la mère lorsqu’elle décède. Entre l’enfant caché, le père hippie, gentil mais inconsistant, le névrosé dont le père s’est suicidé, celle qui dirige tout et le petit dernier, on peut tour à tour éprouver de l’empathie ou de l’agacement pour chacun d’eux. C’est assez intense (voire violent) émotionnellement, mais j’ai aimé le fait que malgré les conflits et les trahisons, cette famille possède quelque chose de très fort, un héritage familial à la fois lourd et merveilleux qui les unit. Passionnant. A voir s’il y aura une saison 3. Les deux premières comptaient je pense chacune 8 épisodes de 50 minutes plus ou moins.
  • Au rayon comédies à regarder en faisant du sport ou en repassant (doublé en français et d’une durée de 25 minutes plus ou moins), j’ai terminé New Girl, pas trop accroché à Kimmy Schmidt et quasi fini Grace et Frankie. J’ai donc entamé The Good Place, l’histoire d’une jeune femme qui arrive au Paradis (appelé le bon endroit) lors de son décès et à qui l’on explique que c’est un privilège qu’on n’octroie qu’aux gens exceptionnellement bons, altruistes et désintéressés, les autres finissant au mauvais endroit. Le problème c’est que la protagoniste se rend immédiatement compte qu’il y a une grosse erreur de casting, elle qui a mené sa vie de façon égoïste et superficielle. Cependant, par crainte de se retrouver projetée au mauvais endroit, elle va tout faire pour cacher cette méprise et s’atteler à devenir une bonne personne. La série fait le job sans être exceptionnelle. On sourit sans rire aux éclats. Il y a aussi un peu de suspense. Parfait en pédalant ou en repassant des chemises.

Au niveau des lectures, j’ai lu « Les nouveaux monstres » de Simonetta Greggio, qui n’est autre de la suite de « Dolce Vita », dont j’avais parlé ici. Cette lecture m’a énormément plu, mais je suis consciente que c’est sans doute parce que je m’intéresse à l’histoire et que j’ai vécu deux ans en Italie. Si le sujet vous tente et que vous aimez comme moi apprendre sans toutefois avoir le courage d’ingurgiter de classiques et/ou fastidieux livres d’histoire, ces romans sont pour vous. Celui-ci s’attache à la période qui va de 1978, l’année de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, et poursuit jusqu’en 2014 en nous contant les années de plomb, le monstre de Florence, la bande de la Magliana et en dénonçant les collusions entre le Vatican, l’état italien et la Mafia. Le tout mis en parallèle avec les secrets de famille des deux narrateurs, le destin national se mêle aux destins personnels des membres d’une famille. Passionnant et extrêmement bien construit.

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Enfin, j’ai assisté à une représentation du « Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène du grand Denis Podalydès, le tout dans la magnifique salle du Théâtre de Liège. Tout était réuni pour une soirée d’enchantement : le texte de Marivaux, l’une des plus belles langues qu’il m’ait été donné d’entendre (un peu dur de se faire l’oreille au début, mais en 10-15 minutes on s’habitue et ça coule comme un nectar dans l’oreille), la scénographie qui m’a fait penser au bayou louisianais (mais peut-être juste à moi), le cadre et les acteurs. Si le spectacle passe près de chez vous, courrez-y. Même si vous n’êtes pas fan de théâtre, cela vaut la peine de se risquer à un classique et d’en prendre plein les yeux, juste pour voir si vous n’aimez vraiment pas ça. Moi en tout cas, c’est pour des moments comme cela que j’ai l’impression que la vie vaut d’être vécue, magiques et hors du temps.

Et vous qu’est-ce qui vous a distrait ou fait rêver?

Bilan culturel août/septembre (suite et fin)

Bonjour à tous, avant plusieurs articles qui vous reparleront de minimalisme et de simplicité, voici la suite de mon bilan estival. Cet article concerne les films et les livres que j’ai tout de même eu le temps de consommer en plus de la quantité ahurissante de séries que j’ai regardées. Que voulez-vous, je suis une vraie casanière accro à la fiction, quoi que, vous verrez qu’il n’y a pas que de la fiction.

Au rayon lectures, j’ai englouti 4 ouvrages tous bien différents :

  • « Rebecca » de Daphné du Maurier. Un classique de la littérature anglaise écrit dans les années 30 du siècle dernier. J’avais tenté de le lire déjà une fois et plutôt que d’acheter un autre livre, j’ai décidé de lui donner une autre chance. Et il faut croire que tout est une question de timing en ce bas monde car j’ai adoré ! Plus jeune, je lisais des classiques pour le plaisir (et un peu pour paraitre intelligente), et là, ça faisait longtemps que je ne m’attaquais pas à de la « grande » littérature. « Rebecca » commence lentement, mais plus on lit, plus on est accro. L’histoire (transposée au cinéma par Monsieur Hitchcock) est celle d’une jeune fille (dont le prénom n’est jamais révélé) qui, lors d’un voyage dans le Sud de la France où elle est la demoiselle de compagnie d’une dame américaine, tombe amoureuse d’un veuf plus âgé qu’elle. Ce dernier, dont on dit qu’il ne s’est jamais remis de la mort de son épouse Rebecca, lui propose contre toute attente de l’épouser et de s’installer avec lui dans sa fameuse demeure qui s’appelle Manderley, en Cornouailles. Ne vous méprenez pas, ce roman est un vrai thriller, une atmosphère étouffante s’en dégage (lu en pleine canicule estivale, peut-être que cela a contribué à me faire mieux plonger dans l’ambiance) et Daphné du Maurier réussit à faire de Manderley, de ses couloirs et de ses secrets, un personnage à part entière. La langue est magnifique, c’est là aussi qu’on voit la différence entre les grands auteurs et les bons auteurs. J’ai été conquise et je vous le recommande. Quand je lis un classique, j’adore aussi aller en lire les analyses lorsque j’ai terminé ma lecture, pour faire durer le plaisir. Ce roman, en plus du visionnage de la série Poldark, contribue grandement à nourrir une obsession grandissante pour la région des Cornouailles, au top sur ma travel wish list !
  • « La ferme du bout du monde » de Sarah Vaughan : toujours en Cornouailles décidément, mais plus léger. Idéal pour décompresser ou lire en vacances. Ce roman nous plonge dans deux époques et alterne les chapitres qui se déroulent durant la deuxième guerre mondiale et de nos jours dans une ferme de Cornouailles. Dans les années 40, y grandissent ensemble la jeune fille de la famille et des enfants mis à l’abri du chaos londonien qui aident les propriétaires. De nos jours, la petite fille de l’adolescente que l’on suit dans les années 40 s’y réfugie pour se remettre de l’échec de son couple et s’éloigner de Londres. Intrigues sentimentales et récit de la guerre vue de la campagne, espoirs et deuils, un roman assez réussi qui m’a donné envie d’en lire d’autres de l’auteure (malheureusement celui que j’ai trouvé parle d’un concours de cuisine et cela ne m’a pas attirée plus que cela).

Top 10 Views | Best of the Cornwall Guide

  • « Désaxé » de Lars Kepler : Lars Kepler, nom de plume d’un couple de suédois, écrit les meilleurs polars que j’ai lus ces dernières années depuis la saga millénium. Désaxé est je pense le 5ème tome de ce qu’on appelle la saga Joona Linna, du nom de l’inspecteur finlandais qui en est le protagoniste. Dans ce tome-ci, il est à nouveau à la poursuite d’un serial killer. Je vous conseille ces romans autant pour les intrigues originales et bien ficelées qui explorent les recoins les plus effrayants de l’humanité que pour l’évolution personnelle de personnages de Joona Linna et Saga Bauer, les policiers, même si Saga ne fait ici qu’une apparition anecdotique.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston. Nancy Huston est une auteure que j’adore. Elle est Canadienne mais basée à Paris et écrit aussi bien des romans que des essais. Dans celui-ci, elle s’attaque à la théorie du genre. C’est difficile à résumer, mais passionnant à lire. Il ne faut pas avoir peur de s’y attaquer car, sans vulgariser outre mesure, Nancy Huston distille un point de vue nuancé, argumenté et illustré de nombreuses rencontres, exemples, témoignages. Un vrai travail de recherche. Alors les hommes ne peuvent-ils s’empêcher de regarder les femmes et de les désirer ? Au départ, j’ai été un peu ébranlée dans mes convictions féministes, mais je me suis accrochée et ma pensée en est sortie complexifiée et enrichie sans me mettre en porte à faux avec mes valeurs. Très personnel, mais je pense que cette lecture est à mettre entre les mains des hommes comme des femmes.

Quatre lectures très satisfaisantes donc et très différentes. Au rayon films, j’ai vu un documentaire « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Il est sorti il y a déjà deux ou trois ans et je suis à la traine. Ce film, que nombre d’entre vous ont déjà vu, m’a énormément parlé. Je ne vais pas m’étendre ici car j’en reparlerai sans doute plus tard, mais il m’a donné la pêche et je vous conseille à tous de le voir ou le revoir. Je pense lire l’ouvrage lié au film prochainement.

Enfin, je suis allée une fois au cinéma, la première depuis des mois et des mois. Je suis allée voir « Blakkklansman » de Spike Lee qui raconte l’histoire vrai d’un duo de flics (un noir et un blanc) qui font équipe pour infiltrer le Klan au début des années 70. Je ne connaissais pas cette histoire. Le film traite d’un sujet très grave, le racisme envers les afro américains, mais comporte également un côté « buddy movie » et une touche d’humour appréciable. Drôle et révoltant, on se choque de l’accueil de la jeune recrue afro au commissariat, puis à la fin, face aux images des émeutes aux Etats Unis les mois et années passées, on se dit que rien n’a vraiment changé…

Voilà, c’est tout pour ce bilan de deux mois. Ouf c’était long. Si vous avez de bons plans, dites-moi. Surtout en termes de lectures, j’ai envie de relire l’un ou l’autre « classique », des suggestions ?

Bilan culturel de juillet

Me revoici pour le rendez-vous mensuel où je parle de mes trouvailles. J’ai beaucoup travaillé ce mois de juillet, ne m’arrêtant qu’à la fin avec un agenda non moins chargé. Cela fait une éternité que je ne suis plus allée au cinéma ou voir une expo. La sélection sera cette fois ci très limitée.

J’ai regardé qu’une seule série. Elle n’est pas excellente, mais son but était d’entretenir ce que j’avais appris d’espagnol et de m’y baigner un peu les oreilles. Il s’agit de « Mar de Plastico » qui n’est pas une série netflix, mais c’est là qu’on la trouve. Elle comporte deux saisons de 13 épisodes d’une heure chacun donc on peut tenir un bon bout de temps avec. Mar de Plastico, où mer de plastique, désigne les immenses étendues recouvertes par des serres dans la région d’Almeria (en Andalousie) et où sont produits une grande quantité de fruits et légumes destinés à l’exportation. C’est une série policière, le suspense est bien mené et c’est un programme qui se laisse regarder. Il y a de la romance aussi et quelques personnages charismatiques, notamment l’inspecteur de Police. La série a également cherché à aborder la thématique des travailleurs clandestins venus d’Afrique et de la traite des femmes russes et de l’intégration des gitans d’Andalousie ce qui fait beaucoup et le traitement est parfois caricatural (pourquoi les africains parleraient ils espagnol entre eux ?). Il y a aussi beaucoup de bastons et c’est un peu fatigant à la fin, tous ces mecs qui se cognent dessus. Néanmoins quelques acteurs sont très bons, il y a du suspense, la tension est caniculaire et ce n’est pas non plus dépourvu d’humour et de charme.

Je continue à regarder au goutte à goutte mes séries doudou « New Girl », « Grace et Frankie » et je rebinge un peu « Lovesick » aussi…

Niveau lecture, je me suis plongée dans le troisième tome, en Italien toujours, de la saga d’Elena Ferrante, « celle qui fuit et celle qui reste ». Je n’ai pas été déçue, même si la narratrice m’a souvent agacée par son égocentrisme et que je pense que le tome précédent, qui évoque l’adolescence, restera le plus intéressant et le plus fascinant en ce qu’il réussit à nous faire coller au plus près des émotions, espoirs et tourments liés à cette période. Ce troisième tome est quant à lui plus politique. Je ne tarderai pas à me plonger dans le quatrième et dernier tome de la saga, qui révèlera enfin (je l’espère) où est partie Lila.

Voilà, je pense ne rien oublier. Ma lecture du moment est plus légère et en français, mais ce sera pour le bilan du mois d’août.

 

Bilan culturel de mai et juin

Cette fin de printemps a été bien chargée pour moi, entre répétitions et cours d’espagnol, j’ai peut-être regardé moins de choses, mais j’ai surtout l’impression que c’est le premier weekend depuis longtemps où je ne dois pas travailler ou courir pour respecter mes engagements.

Ma mémoire me jouera peut être des tours, mais voici ce dont je me souviens. Ce que j’ai oublié ne m’aura pas marqué.

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J’ai lu le second roman de la série « l’amie prodigieuse » de Elena Ferrante. Toujours en italien et toujours assez vite et en me rendant compte qu’il me manque pas mal de vocabulaire, même si cela ne gêne absolument pas ma compréhension du roman. Je suis toujours aussi accro et j’ai déjà entamé le troisième. J’ai aimé suivre Lila et Elena dans leur entrée à l’âge adulte. Rappelons qu’on ignore toujours, malgré les rumeurs, l’identité exacte d’Elena Ferrante, qui est un pseudonyme. Certains pensent même que c’est un homme ou que les romans sont écrits à 4 mains. J’ai rarement été aussi passionnée par des livres qui ne sont pas des thrillers, mais l’auteur réussit tellement bien à saisir au plus près l’intimité des pensées de ses protagonistes qu’elles ont eu tôt fait de me coller à la peau, ou plutôt à l’esprit. L’âge venant et avec lui la conscience politique qui s’éveille ajoutent encore une dimension supplémentaire qui en fait, en plus des chroniques d’une relation très particulière, la chronique de l’Italie secouée par la lutte des classes et de la féminité rebelle en quête d’émancipation. A suivre.

J’ai regardé la seconde saison de « 13 reasons why » aussi. Je trouve toujours cette série d’utilité publique. On aurait tort de croire qu’elle est faite pour être regardée par les ados. Je suggère un visionnage accompagné. Il y a des plus et des moins dans cette série. J’ai apprécié le traitement des séquelles d’un viol par exemple, il n’y a pas ici de bonnes et de mauvaises victimes et en cela la série, bien qu’étant militante, les soustrait à la pression de porter plainte absolument. Je n’ai pas aimé les apparitions de Katherine Langford, en vision pour Clay, ce n’était clairement pas nécessaire. Sauf lors de la veillée pour lui dire au revoir. Clay lui-même m’a énervée, mais je suppose que geindre et être en colère perpétuellement était une étape nécessaire de son processus de deuil. J’ai été touchée énormément par Alex, Justin et Zach. J’ai aussi aimé qu’on donne plus de place aux adultes. Même si tout cela reste très américain (le cas particulier du traitement réservé aux sportifs n’est pas pertinent chez nous) et que le tout donne parfois l’impression qu’on nous fournit les tous les stéréotypes possibles d’adolescents, je la conseille. Elle a le mérite d’être unique en son genre, d’offrir une représentativité large aux (soi disant) minorités et d’être un fabuleux appel à tendre la main et à ne plus détourner les yeux face à la détresse des autres.

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J’ai enfin regardé la saison 2 de « Marcella », série britannique teintée de scandinoir diffusée sur netflix. Le personnage principal est insupportable, mais très bien joué. Marcella est une enquêtrice en plein divorce et en plein conflit avec son ex. De plus, elle est toujours hantée par la mort de son bébé six ans auparavant. Elle est incapable de gérer ses émotions et souffre d’absences qu’elle s’efforce de cacher aux autres. Mais elle assure en tant qu’enquêtrice. La voici ici confrontée à des meurtres d’enfants qui portent une signature rituelle. La série est violente et parfois choquante, mais c’est vraiment du bon suspense. Et je me suis surprise à penser que ce qu’on ne pardonne pas à Marcella, c’est peut-être d’être une femme. Un personnage qui ici ne contrôle pas ses émotions, manque parfois d’empathie et n’est pas vraiment une bonne mère. En fin de saison, elle a le mérite de se confronter à ses traumatismes et la série en général fait des traumatismes (infantiles ou non) un thème récurrent. Alors s’il y a une saison 3, ce que semble présager le final, je donnerai encore sa chance à Marcella.

 

Bilan culturel de février et mars : entre féminisme, Histoire et poésie

Je peine à maintenir le cap et la régularité sur mon blog. Pas que je ne vive rien d’intéressant à raconter, au contraire. Je m’astreins à beaucoup de discipline sportive et théâtrale (avoir étudié un minimum avant de me présenter aux répétitions) et je suis frustrée car j’ai tellement d’objectifs parallèles, mais je suppose que la procrastination fait partie de moi et que j’aime bien aussi être vautrée sur mon canapé. Voici que nous sommes en route vers le solstice d’été et que la clarté me donne le courage, entre une séance jambes à la salle de sport et un épisode de mon bien aimé Endeavour Morse, de m’attabler et de pianoter sur mon clavier.

Voici donc ce que j’ai consommé ces deux derniers mois :

Séries : la saison 2 de Grace et Frankie, la saison 1 de Lovesick, la saison 2 de Stranger Things, la saison 1 de la Casa de Papel, 7 seconds , Collateral, One of us et Requiem. Les 4 derniers titres sont des coproductions anglaises de netflix (sauf Seven Seconds qui est américaine). Le format est la mini série (entre 4 et 8 épisodes) et, mis à part Requiem qui appelle une suite, il n’y aura pas de saison 2. Peu de comédie, beaucoup de drame, de suspense et de tension dans ce binge watching hivernal. Ce qui ressort du lot c’est :

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  • Lovesick !!!! Le pitch – un mec avec une MST forcé de recontacter toutes ses conquêtes sexuelles – ne m’emballait pas plus que ça. Puis j’ai lu un article sur Madmoizelle et je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et effectivement, pourquoi s’en priver ??? Ca se passe en Ecosse, ça parle d’amour et d’amitié, le héros (celui qui a la MST donc) est cute à se damner, et cet humour sarcastique….what’s not to love ? Le seul problème c’est que c’est trop court, 3 saisons rikiki à ce jour. Je me suis freinée et n’en ai regardé qu’une seule pour pas être en manque après. Go watch it !
  • La saison 2 de Stranger Things…faut il vraiment une explication ? Bon ok : bande de gosses pas farouches, années 80, nostalgie, monstres…excellent ! Sean Astin I love you !
  • La Casa de Papel : à trop trainer, maintenant tout le monde en parle, mais, quand je l’ai regardée, c’était pas comme ça. J’ai trouvé cette série en cherchant quelque chose à regarder en Espagnol pour rendre mon apprentissage sur Babbel plus vivant. Et comment dire ? Quel suspense, quelle originalité scénaristique, quel sens du détail et que de charisme (el Profesor te quiero…oui j’ai un homme dans chaque série, l’intelligence me séduit toujours). On se demande où cette histoire de prise d’otage dans la Maison de la Monnaie espagnole va nous emmener. On le saura demain puisque la seconde partie débarque sur Netflix. Ce sera la fin, on imagine mal une suite à une histoire de prise d’otage qui se termine et c’est sans doute mieux ainsi.
  • Dans les mini séries, j’épinglerais 7 seconds (dont je n’ai pas saisi le titre) pour son traitement périlleux et délicat de la question raciale aux USA (un thème qui revient dans beaucoup de séries et de films, ce qui est à la fois bon signe (on arrête de nier) et mauvais signe (ça n’a jamais été réglé) je suppose. En second, je dirais One of Us…je suis biaisée sans doute on me donne l’Ecosse, un double meurtre et un quasi huis clos familial et count me in ! C’est bien ficelé à nouveau mais c’est triste, je vous avertis.

Un documentaire : Secrets d’histoire « Les démons de Michel-Ange ». J’avoue, j’aime bien Stéphane Bern et puis ça m’a rappelé pas mal de souvenirs de ma vie en Italie. En ce moment, je ressens le besoin d’approfondir mes connaissances en histoire. Je n’étais pas réceptive ado et on ne me l’a, je pense, pas très bien enseigné. Je le regrette un peu maintenant et, moi qui aime me tenir au courant de l’actualité, je me sens très souvent extrêmement peu outillée pour comprendre les enjeux du monde moderne. De la lecture pas trop lourde à me recommander ?

J’ai pris le temps de lire 2 romans : « La maison du sommeil » de Jonathan Coe et « L’attentat » de Yasmina Khadra.

Le premier m’était tombé des mains il y a deux – trois ans et là, je l’ai lu en quelques soirs. Comme quoi c’est parfois une question de timing. Mes timides pas vers le minimalisme m’ont incitée à faire le tri dans ma bibliothèque et j’ai bien fait de donner une seconde chance à la maison du sommeil. Il y a pas mal de suspense et il faut un peu se concentrer car l’intrigue se déroule à deux époques différentes (un chapitre sur deux). Le twist final est inattendu, une fois de plus Coe ne fait pas dans la sobriété et aime les personnages absolutistes (un peu absurdes aussi). Son meilleur roman reste toutefois « Testament à l’Anglaise », saga familiale tourbillonnante et sidérante sur fond de tatchérisme.

J’avais déjà lu plusieurs livres de Jonathan Coe, mais encore jamais Yasmina Khadra, pourtant habitué des éloges du monde littéraire. Khadra, comme son nom ne l’indique pas, est un homme et Yasmina Khadra est un pseudonyme composé en réalité des deux prénoms de sa femme. C’était à la fois nécessaire (car il a servi dans l’armée pendant 25 ans) et révolutionnaire (quel acte féministe pour un algérien, je vous invite à aller lire ce qu’il dit de sa femme et ce qu’elle dit de lui, ça vous redonnerait foi en l’humanité). Je ne m’exprimerai pas sur la question israélo palestinienne, je n’ai pas eu la sensation de lire un ouvrage démagogique, même si la neutralité absolue n’existe pas. Bien sûr un tel roman ne peut qu’être politique, mais ce n’est pas ici son essence même. J’ai avant tout lu une histoire d’amour, une histoire d’amour qui se fracasse. J’ai lu une quête. J’ai lu l’histoire d’un homme qui perd tout ce qu’il a passé sa vie à gagner en fonçant aveuglément dans une seule direction en omettant de regarder en arrière de temps en temps. J’ai lu l’histoire de peuples qui avaient tout perdu et des fractures irrémédiables infligées à leur histoire et à leur dignité. J’ai lu de la nuance qui évitait la complaisance. Et plus que le fond, c’est la forme qui m’a séduite. Quel travail d’orfèvre et quelle puissance poétique. Ca chamboule et l’espace d’un instant, j’ai frôlé la sensation d’y être. Assurément je lirai d’autres livres de Yasmina Khadra.

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J’ai aussi vu 3 films au cinéma : « Wonder Wheel » de Woody Allen, « The Post » de Steven Spielberg et « Darkest Hour » (« Les heures sombres ») de Joe Wright. Je me suis beaucoup questionnée sur ce que signifiait pour une personne qui se dit féministe, d’aller voir un film de Woody Allen. Ses acteurs ne savent trop sur quel pied danser face aux accusations portées contre lui. La polémique suite à la couverture des Inrocks figurant Bertrand Cantat m’a amenée à me poser beaucoup de questions : si j’y vais, est-ce que je cautionne ? Peut-on aimer l’œuvre et mépriser les actes de l’homme ? A-t-on le droit de refuser à un homme, au nom de la décence, de s’afficher alors qu’il a purgé sa peine ? Est-il légitime d’exiger de lui une disparition plutôt qu’une réinsertion ? Le cheminement est toujours en cours et c’est l’important je pense, se poser des questions. Je n’écoute pas Bertrand Cantat, mais je suis allée voir « Wonder Wheel », l’atmosphère et est et Kate Winslet est tout bonnement au top, mais ça reste du Woody Allen sans trop d’inventivité, on sait où il va. Mais l’ambiance rétro et les couleurs de la fin de l’été dans une station balnéaire de la côte est en font tout de même un bon moment. Nous nous sommes tout de même demandées qui se moque de qui lorsque le personnage joué par Kate Winslet accuse son mari d’avoir un intérêt anormal (je ne me souviens plus des mots) pour sa propre fille (belle fille de Kate donc). Pied de nez à l’actualité ? Il faut oser ? Et convaincre une actrice de cette envergure de le jouer… A moins qu’Allen ne profite de cette réplique pour glisser une attaque plus directe à Mia Farrow , accusée d’avoir instigué ses enfants contre lui… Le saurons-nous un jour ?

« The Post » et « Darkest Hour » combinent un ensemble d’éléments appréciables qui les rendent difficilement criticables :

  • Des performances oscarisables et oscarisée pour Gary Oldman (qu’on ne reconnait tout simplement pas, big up au maquillage aussi)
  • On y apprend des choses, confer ce que j’ai dit plus haut
  • C’est compliqué au début, mais les éléments de compréhension de qui est qui nous sont distillés de sorte qu’on s’y retrouve avec un minimum de concentration
  • Du féminisme pour Meryl Strip
  • Tom Hanks a davantage de charme en vieillissant, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, malgré ce qu’on en dit !
  • Ces scènes au parlement anglais…ça vous prend aux tripes et je sais déjà que je visiterai l’endroit où se tenaient les réunions du cabinet de guerre de Churchill lors de ma prochaine escapade londonienne.
  • Voir Ben Mendelshon (Danny dans Bloodline) en George VI m’a fait plaisir et ses scènes avec Gary Oldman m’ont donné envie de revoir « A King Speech » (avec Colin Firth dans le même rôle faut il le rappeler) à la lumière de ce film ci. Ils devraient faire un coffret dvd si ça existe toujours…

Voilà, c’est tout pour le moment. Long et digressif, mais ça fait toujours autant de bien de ne pas juste laisser les choses filer mais de fixer ce qu’on a apprécié et qui mérite qu’on en laisse une trace. Je pense qu’en fin d’année, je ferai mon propre palmarès de découvertes toutes catégories…