Accomplissements de 2024 et souhaits pour 2025

Me voici de retour avec l’un des articles que j’aime bien rédiger chaque année en reparcourant mon agenda. Cela me permet de me remémorer les bons souvenirs, d’en tirer de nouvelles satisfactions et de réfléchir à ce qu’il est important pour moi de poursuivre l’année suivante. Il s’agit de lister les choses accomplies et vécues en 2024. Bien sûr c’est loin d’être exhaustif, mais voici ce que j’ai réussi à identifier de significatif pour moi. En 2024, j’ai donc :

  • Validé mon cursus de solfège (4 ans de formation) et intégré un cours d’ensemble de guitares classiques en parallèle de mes cours individuels de guitare classique
  • Fait du sport deux fois par semaine en moyenne
  • Visité l’Irlande (Galway, le Connemara, le Burren et Dublin en tout cas) : j’ai adoré ce voyage avec mon amie Sophie. J’ai aimé la chaleur des Irlandais et j’y retournerais volontiers.
  • Joué Titania dans le Songe d’une nuit d’été. Une adaptation accompagnée par un groupe rock. Un rêve me concernant. J’avais joué Helena au tout début de ma pratique théâtrale et je rêvais d’incarner la reine des fées.
  • Entamé un projet d’écriture de roman, accompagnée d’une guide fantastique et d’un groupe de femmes qui partagent ce besoin d’écrire et de vivre une vie créative. De belles rencontres et la sensation d’être pleinement à ma place dans ce cocon créatif mensuel.
  • Animé 3 ateliers de bibliothérapie en bibliothèque.
  • Lu davantage et regardé moins de séries. Je n’ai compté ni les uns ni les autres, mais je sais que le ratio a bougé en faveur des livres. La création des ateliers m’y a énormément incitée, ainsi le petit monde des comptes littéraires sur instagram.
  • Percé deux trous supplémentaires à mes oreilles. J’y ai pensé des années et maintenant c’est fait.
  • Passé un we à Lille avec une amie que je n’ai pas souvent l’occasion de voir, mais qui est l’une des plus chères à mon cœur.
  • Profité d’un massage par mois : un cadeau que je me suis ocrtoyé malgré ma décision d’économiser.
  • Economisé en vue d’un projet en 2025. J’ai commencé à budgetiser mensuellement les dépenses annuelles et à conscientiser davantage où allait mon argent. De plus en plus j’ai besoin de donner du sens au temps que je passe au travail. En donner ce qu’il faut pour avoir la vie que je veux.
  • Assisté à des évènements divers et variés : pièces de théâtre,  concert de chorale, spectacle de gym de ma filleule, concert rock d’un groupe d’amis…
  • Revu à Bruxelles une amie que je n’avais pas vue depuis 15 ans
  • Visité le labyrinthe de Durbuy avec ma petite chérie
  • Assisté à une finale olympique, celle du waterpolo, remportée par la Serbie face à la Croatie. Une expérience que je ne regrette pas, même si un peu avant d’y aller je n’en n’avais plus envie (les billets étaient achetés depuis plus d’un an). Voir Paris au ralenti était vraiment une expérience étonnante et l’ambiance des JO était magique, même si beaucoup est sans doute à critiquer.
  • Eté en Bretagne en passant par Honfleur avec mon amoureux. Visité, mangé des crêpes et profité de la plage de Dinard et des sentiers côtiers.
  • Eté à Ostende 3 nuits dans un bel hôtel avec ma maman et profité de l’ambiance de Noël là-bas. Un petit luxe.
  • Adopté un chat et participé au sauvetage de plusieurs autres. Un chat qui me remplit de bonheur, même si sa sœur ne le vit pas ainsi.
Irlande, mai 2024…

En lisant cette liste, je réfléchis inévitablement à ce que je veux poursuivre, faire différemment ou découvrir pour l’année 2025. Et voici donc la liste :

  • Partir en Italie un mois ou plus. La raison de mes économies est que j’ai demandé un congé sans solde de 7 semaines en mai juin de cette année. J’ai déjà réservé 9 nuit dans une ferme du Chianti. Je dois continuer à planifier ce voyage qui se veut plus une retraite et une parenthèse qu’un voyage touristique. Je serai accompagnée par mon père dans ce périple. Je ressens fortement le besoin de me reconnecter à l’Italie (où je vais régulièrement mais où j’ai surtout vécu deux années qui ont grandement participé à forger la personne que je suis). Le processus d’écriture et la création des ateliers n’a fait que renforcer ce besoin de prendre un moment pour me consacrer à cette part de moi et de mon travail que j’aimerais développer. Ecrire, accompagner des gens grâce aux livres et à l’écriture, sortir du carcan qu’impose un travail sédentaire sans possibilité de télétravail. M’offrir une chambre à moi loin des obligations du quotidien en somme. C’est le projet du printemps qui se prépare autant sur le plan géographique et philosophique qu’économique.
  • Un projet de création théâtrale est également au programme pour 2025. Il commence très bientôt et devrait donner lieu à des représentations début octobre. Et quand je dis « création », je veux dire que cette fois-ci, le texte, c’est nous qui allons l’écrire. Une expérience nouvelle, grisante et un peu stressante. Serons-nous capable de produire une matière suffisamment bonne que pour en faire un spectacle?
  • Poursuivre ma pratique sportive régulière en mettant davantage l’accent sur le travail musculaire que sur le cardio, sachant que construire du muscle devrait m’aider pour améliorer mon cardio tandis que l’inverse n’est pas forcément vrai. Ce n’est pas en courant ou en marchant qu’on maintient sa masse musculaire, surtout quand on est une femme et qu’on n’a plus 20 ans ni même 30.
  • Continuer à lire, pour le plaisir, pour apprendre, pour le travail aussi. Voir si je peux continuer à proposer des ateliers en bibliothèque ou ailleurs.
  • Poursuivre ma démarche d’investir mon temps et mon argent dans les endroits importants pour moi. Travailler oui, mais pour pouvoir me ménager des espaces de liberté, de création, de voyage et de connexion avec mes proches. Voilà ce qui me tient à cœur. Je peux passer pour une radicale du budget, une rêveuse ou quelqu’un qui manque d’ambition financière et professionnelle, mais je pense vraiment qu’il faut que je m’écoute là-dessus. Travailler bien, diversifier mon travail et au final travailler plus uniquement si c’est cohérent avec mes valeurs et mes envies. Bien sûr j’ai des envies de maisons, de voyages et même de possessions matérielles, mais il s’agit de faire la balance entre ce que ça coûte et ce que ça ME coûte.
  • Continuer la guitare, même si je ne sais pas si ce sera encore réaliste après cette année scolaire. J’aime cela quand j’y suis, mais respecter l’horaire du cours et travailler entre les séances me coûte parfois et je me demande si c’est sur cela que je dois mettre la priorité quand je manque de temps pour aller faire du sport. Sans compte que la salle de sport et la guitare impliquent tous deux une dépense financière qui pourrait être épargnée ou investie ailleurs.
  • Dépoussiérer ma connaissance de l’Italien (et pratiquer ce qui sera le cas au printemps), mais aussi renouer avec l’apprentissage du néerlandais et le dépoussiérage de mes bonnes bases en espagnol. Apprendre une langue est un plaisir pour moi et se case facilement dans une journée si on a la bonne appli sous la main.
  • Continuer à me faire plaisir en m’offrant un massage mensuel, un moment créatif ou une expérience insolite. Pouvoir me confier le temps d’un instant ou d’une heure à quelqu’un qui va prendre soin de moi quand je le fais tant pour d’autres. Notamment parce que c’est mon métier.
  • Me connecter à la nature autant que je le peux. En apprendre plus sur elle, m’y immerger, sortir davantage.
  • Honorer les liens qui comptent pour moi sans pour autant me perdre dans les méandres d’un agenda surchargé.

Je pourrais sans doute lister des envies à l’infini, comme chacun.e d’entre nous, mais je pense qu’il est sage de s’arrêter là. Je n’aspire pas/plus aux ruptures, aux avant/après, mais plutôt à ce que les changements opérés soient lents et durables si c’est la condition pour qu’ils adviennent. J’admire quelquefois les impulsifs, je sais cependant que ce n’est pas mon tempérament. Je sais aussi que la plupart du temps, mes choix je les fais seule. Ce qui confère une liberté que peu ont, mais qui me prive aussi d’être guidée par la co-construction qui peut rassurer, épauler, canaliser, orienter… Les avantages et les inconvénients d’être son propre moteur, sa propre boussole dans un cœur à la fois sauvage et anxieux.

En 2025, je vous souhaite de vous accepter toujours plus, de faire coïncider votre vie avec vos valeurs et vos aspirations et d’opérer dans la mesure du possible les ajustements qui vous porteront vers plus de bonheur et de liens heureux.

Mon fond d’écran/vision board créé pour ce début 2025

Mes voeux et envies pour 2024

Me revoici depuis l’autre côté du réveillon. Happy New Year à tous. Si vous voulez de jolis voeux, Cécile Coulon s’en est déjà chargée sur sa page instagram que je vous laissse aller visiter. Je ne me frotte pas à l’exercice, je me suis contentée de partager les siens sur la page dédiée à mon blog.

Pour 2024, conformément à mon habitude, pas de résolutions démesurées, mais de la persévérance dans ce qui fonctionne pour moi, moins de ce qui ne me convient pas et quelques nouveaux rêves et défis tout de même. Voici ce que j’ai listé:

  • terminer et valiser mon cursus en solfège. Cela aura duré 4 ans et devrait s’achever en juin! Je m’y amuse mais c’est tout de même fatigant car c’est deux heures en soirée et cela demande beaucoup de concentration.
  • continuer le sport au moins deux fois par semaine. Depuis que je fais de la musique, j’ai abandonné les 3 sessions, il faut faire des choix.
  • Manger davantage de protéines. Parce que je suis végétarienne et pour que mes séances de sport soient efficaces.
  • Aller en Italie, comme chaque année
  • Aller en Irlande, pour la première fois
  • Continuer à lire, concevoir des ateliers et faire grandir mon projet professionnel alternatif
  • Ecrire. certes j’ai écrit, sur le blog, pour mon projet, pour réfléchir, mais j’aimerais enfin explorer une écriture fictionnelle et mener un projet raisonnable à son terme. Trop d’idées demandent sortir là.
  • Trier davantage et me débarrasser des objets inutiles, vieux cables (la flemme de tirer cela mon Dieu) et autres vêtements que je ne porte plus. Je songe à utiliser la technique d’avoir en permanence une boite ou un sac dans l’appartement où je mets les choses qui doivent partir.
  • continuer à épargner, que ce soit pour une maison ou pour des envies et nécessités plus ponctuelles grâce au système des enveloppes.
  • continuer à prendre le train plus régulièrement. S’il y a quelque chose de frustrant à se contraindre à des horaires, au moins c’est écologique, c’est reposant et une fois que c’est en marche on sait quand on arrive. Et si en plus je me motive à utiliser ce temps pour lire ou écouter des podcasts enrichissants c’est mieux.
  • Et enfin, ne pas surcharger mes soirées et mes weekends et c’est un grand défi. Car j’ai beaucoup d’ami.e.s, car j’aime être disponible et passer du temps avec eux.elles, mais parfois, mes weekends ressemblent à un tetris, mes soirs de semaine aussi… Oser dire non, dire que pas cette semaine là. Car sinon, je sais que je n’ai pas assez de temps de recharge (team introvertie, oui beaucoup d’amis, mais oui besoin de beaucoup de temps seule) et je néglige le sport, l’instrument, etc…

Voilà, je vais rester raisonnable et m’arrêter ici. Je ferai peut-être un bilan à mi année pour voir où j’en suis. J’adore lire ce genre d’articles écrits par d’autres. N’hésitez pas à partager et aussi à l’écrire vous-même. En étant raisonnables toujours car sinon le risque est de s’enfermer dans l’échec et le mécontentement. N’oubliez pas de noter ce dont vous pouvez déjà être fier.e, c’est important. C’est aussi pour cela que j’écris systématiquement la liste de mes accomplissements et découvertes en fin d’année. Tout comme les listes de gratitude, c’est excellent pour le moral et contre l’anxiété. Et qui n’a pas besoin d’un petit boost pour démarrer l’année?

Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman

J’en avais posté une image sur mon compte instagram le 3 août en disant qu’une chronique plus détaillée allait suivre sur le blog. La voici ! J’ai découvert ce roman grâce à une copine et partenaire de planches. Suite à mon processus de formation en bibliothérapie, j’ai organisé cet été des « apéros littéraires » auxquels j’ai convié des femmes de mon entourage plus ou moins proche à venir me parler des livres importants de leur parcours bibliothérapeutique : des livres qui les avaient reconnectées à elles, des livres qui étaient venues les « chercher », les transformer, qui leur avaient fait du bien, mais aussi qui les avaient secouées ou qui leur avaient délivré un message.

Trois belles soirées s’en sont suivies avec un petit noyau d’intéressées. Et c’est lors d’un échange de mails à propos de l’organisation de ces soirées, l’une d’entre elles m’a parlé d’ « Eleanor Oliphant va très bien », un roman acheté en langue originale dans un aéroport, premier prix des Cafés Costa ou quelque chose comme cela. Un roman qu’elle a cru léger et qu’on pourrait snober si on souhaite ne lire que de la « grande littérature » (mais qu’est-ce que la grande littérature et y en a-t-il de petites?). Ce roman lui avait fait quelque chose, suffisamment pour qu’elle me le cite. Et vous savez quoi, l’histoire se passe en Angleterre, on me parle d’un personnage atypique, le titre est ironique, j’ai foncé et je l’ai acheté sur Vinted.

Et je l’ai dévoré, il est tout simplement savoureux. Ce roman, il est un peu inqualifiable. Il est à la fois léger, plein d’humour et aussi très grave. Eleanor Oliphant est bizarre, un peu asociale et elle boit trop. Elle a peu d’empathie et de fantaisie, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse d’un chanteur de rock à la renommée très locale. Elle va alors sortir peu a peu de ce qui n’est pas une zone de confort, comme on pourrait le penser, mais une zone très traumatique. Car Eleanor n’est ni sociopathe ni autiste, non, elle est survivante de traumas multiples. Et sans basculer dans la psychotraumatologie, je trouve que le tout est amené avec une finesse, une intelligence, un humour et même un suspense qui font mouche. Peut-on renaitre après un trauma ? Le monde est-il plus dangereux à l’intérieur de nous ou à l’extérieur? Comment socialiser lorsqu’on ne nous a enseigné aucun code de conduite valable ? Voici les questions avec lesquelles Eleanor est, souvent bien inconsciemment, aux prises. Et je vous invite plus que chaleureusement à faire sa connaissance !

Rentrée et Tempérance

Bonjour à toustes, à toi qui passes par hasard ici, à ma maman certainement !

Il y a quelques mois j’avais décidé de reprendre mon blog en main avec une publication hebdomadaire, de recentrer ma ligne éditoriale autour de la littérature et de me créer un joli feed instagram. Un peu parce que je fonctionne comme cela (toujours se mettre des objectifs, planifier et essayer d’être disciplinée), un peu aussi car j’ambitionne de développer une activité en lien avec mon métier (psychologue) et la littérature. C’est en ce sens que j’ai entrepris une démarche de formation à la bibliothérapie avec Eloïse Steyaert du Mot qui délivre. Bref, force est de constater que je n’y parviens pas. J’ai essayé plusieurs fois et je pense qu’il faut que je lâche un peu de lest à ce niveau-là.

En plus du travail, je suis toujours impliquée dans ma troupe de théâtre, j’essaie de faire du sport deux fois par semaine et je fais du solfège et de la guitare. La belle vie. Et déjà beaucoup de choses. Mais je dois pourtant sans cesse me réfréner. J’ai failli m’inscrire à un workshop de crochet. Je me suis raisonnée en me disant que je devrais plutôt me débarrasser de la machine à coudre et du matériel qui l’accompagne et encombrent mon armoire. Je voudrais aussi rafraichir mon néerlandais et mon espagnol. Et aller courir. Et, et, et… J’ai toujours été comme cela, j’ai besoin d’apprendre, besoin de me fixer des objectifs. Et je ne suis pas satisfaite non plus quand les choses sont faites à moitié. Il faut donc que je me bride, mais ce mot ne me plait pas. Il faut que je me recentre, que je me concentre. Que j’accepte que j’aimerais toucher à tout, mais que l’important pour moi est aussi et  avant tout d’être constante et régulière dans des activités et des projets qui avancent et me procurent un sentiment d’accomplissement et de compétence.

Je ne me suis pas inscrite au crochet.

Je me suis remise assidument à la lecture. Parce que cela me fait du bien et parce que j’ai pour projet de créer des ateliers bibliothérapeutiques. Des ateliers qui viseraient à prodiguer du ressourcement, de l’apaisement, mais aussi à renouer avec sa créativité autour du média livre/littérature.

Je ne vais pas exiger de moi-même une publication hebdomadaire sur mon blog, car cela finit par devenir une exigence paralysante qui fait que je ne publie rien pendant des mois.

Je vais à la salle de sport deux fois par semaine. Je n’attends pas d’avoir beaucoup de temps pour y aller. J’y vais même pour une demi-heure intense plutôt que de sauter la séance par manque de temps ou d’énergie.

Je ne joue pas dans la pièce de ma troupe cette année. Je suis sereine, pourtant j’aime le projet. Mais je suis en convalescence d’une grosse opération et je dois l’accepter. Je me ressource et travaille dans l’ombre pour mieux repartir.

Je ne vais pas programmer de weekend à la Toussaint. Je vais prendre ce temps pour être à la maison. Et pour économiser pour ma liste de « voyages de rêve ».

Je ne sais pas si je vais acheter une maison où juste garder mon appartement et conserver le luxe de ne pas devoir travailler pour payer quitte à ne pas m’épanouir. Je vais peut-être me payer plus souvent des « vacances avec jardin ». A voir.

Voici mon mood de la rentrée, créer et persévérer. Nidifier pour mieux s’envoler. Et ne pas se disperser, mais approfondir. Car même si cela part d’une jolie pulsion de vie, cela risque de m’épuiser.

J’ai commencé la rédaction de cet article en me disant que j’allais y dresser la liste de mes dernières lectures, celles, nombreuses, que je n’ai pas eu le loisir de chroniquer individuellement. Mais la plume a dérapé et m’a emmenée là où j’en avais besoin. Déplier, observer, trier mes pensées. Penser pour mettre en actes. Ne pas s’y perdre. C’est aussi cela l’écriture pour moi. Alors je vais m’arrêter là.

J’espère que la fin de l’été se passe bien pour toi ou vous qui me lis(ez). Je ne sais pas si le mois de septembre à cet effet là sur vous. Pour moi c’est toujours une page blanche assez excitante qui ouvre également sur la saison où je me sens le mieux, l’automne. Je vous/me reviens quand je peux avec de nouveaux partages.

Au creux de l’effort, s’émerveiller des surprises de la nature…

« American Predator » de Maureen Callahan et quelques réflexion sur les contenus « True Crime »

La chronique d’aujourd’hui concerne un ouvrage « True crime », un genre très à la mode et controversé car accusé de glamouriser la violence et les auteurs de violence, surtout malheureusement à l’encontre des femmes. Moi-même je consomme ce contenu, mais je suis néanmoins interpellée par cet attrait et notamment la polémique autour de productions netflix, telles que « You » et « Dahmer ». L’une est une fiction, l’autre une série inspirée de faits réels et je ne les ai regardés ni l’un ni l’autre. Je pense que j’étais un peu à saturation et que le fait que j’ai pu abondamment lire combien le public trouvait les protagonistes beaux, attirants et suscitant l’empathie m’a un peu effrayée. Penn Badgley (qui campe le personnage principal de « You ») et Evan Peters (tour à tour érigé en sex symbol par certains et accusé d’être trop sexy pour incarner un tueur en série par d’autres) ont je pense eux-mêmes déclaré ressentir un certain malaise vis à vis de communautés de fans fantasmant sur les personnages qu’ils incarnent. Je ne sais pas quel est votre avis à ce sujet ni si vous en avez un, mais c’est une question qui me travaille. Le féminicide est enfin en passe de devenir un sujet politique et en même temps, j’ai le sentiment que tout une industrie en tire profit et que nous, public, femmes et hommes, sommes en quelque sorte fascinés par ces crimes.

Pour en revenir à l’ouvrage dont je voulais parler aujourd’hui, il relate la quête de divers agents des forces de l’ordre afin d’arrêter le ravisseur d’une jeune fille, dont on va rapidement s’apercevoir qu’il a déjà tué auparavant et pas qu’une seule personne. Il s’agit d’Israel Keyes et ce n’est pas un suspense car l’affaire a fait grand bruit et ses méthodes et sa préparation (il voyageait beaucoup et disséminait des « kits de meurtres » dans différents Etats pour n’y revenir commettre un méfait que des mois ou des années après) sont assez glaçants. Cet ouvrage est aussi haletant qu’écoeurant parfois. L’enquête est soignée et l’autrice a dû visionner les vidéos de la police et interroger les agents durant des heures et des heures pour nous livrer un résultat aussi complet. La jeunesse de Keyes est également documentée abondamment et donne des pistes pour comprendre l’horreur puisque, comme la plupart des tueurs en série, on découvre sans surprise qu’il n’a pas bénéficié d’une vie familiale « équilibrée » et favorisant le bon développement d’un enfant. Au final un ouvrage modèle du genre, assez malaisant, mais, pour en revenir à ce que je disais plus haut, c’est sans doute à considérer comme une réussite. Pour ma part, je pense que je vais m’écarter un peu de ce type de contenus et en revenir à des polars et enquêtes de pure fiction (un nouveau Lars Kepler est sorti et cet auteur fait partie de mes favoris) car je me rends compte que le suspense me plait et me détend, mais que j’ai de plus en plus tendance à être écoeurée face aux histoires de tueurs réels.

Rétrospective 2022

Fidèle à la tradition (parfois dans un carnet, parfois sur mon blog comme en 2018), j’ai dressé la liste non exhaustive des choses accomplies cette année. Cette année a été riche en célébrations puisque la plupart de mes amis et moi sommes nés en 1982, ce qui a donné lieu à de jolies fêtes d’anniversaire. J’ai également assisté à deux mariages et refréquenté les théâtres avec grand plaisir…

Janvier:

  • j’ai passé une soirée aux thermes Sané à Tongres
  • j’ai été à la patinoire de Liège avec ma filleule, sa soeur et leur maman
  • j’ai participé à un atelier d’écriture avec Le mot qui délivre

Février:

  • j’ai été voir une pièce en wallon au Trianon, une expérience amusante qui m’a fait me sentir jeune!
  • Je suis retournée au cinéma voir des films italiens « Io sto bene » et « Gli anni più belli« . Le second m’a fait pleurer de nostalgie
  • Je suis allée voir une expo immersive sur Magritte au musée de la Boverie
  • J’ai assisté à une représentation de « La Cerisaie » avec la divine Isabelle Huppert

Mars:

  • j’ai organisé un jeu de piste pour un anniversaire (pour une adulte) et cela a égayé mes journées pendant plusieurs semaines
  • j’ai participé à un atelier d’écriture
  • j’ai passé un weekend à Domburg, en Zélande et, malgré la saison, nous avons eu une chance incroyable car nous avons pu admirer l’éclosion du printemps sous un soleil radieux
  • je suis allée à Paris et j’ai pu y retrouver des amies, faire une balade en bateau sur la scène et visiter l’expo sur Marcel Proust au Musée du Carnavalet, organisée à l’occasion du centenaire de sa mort

Avril:

  • j’ai fêté mon anniversaire en au moins trois fois, entourée de la plupart des gens qui me sont chers, hormis ceux qui vivent à l’étranger
  • j’ai rejoué notre spectacle « Petit théâtre sans importance », créé en novembre 2021, lors d’un festival
  • je suis allée voir Alain Souchon qui, à 78 ans, a encore une voix qui tient très bien la route et déploie une énergie quasi juvénile sur scène

Mai:

  • j’ai organisé et animé une soirée quizz – blind test pour et avec ma troupe de théâtre. Une première!
  • j’ai présenté et réussi mes évaluations de solfège à l’académie. Je continue et petit à petit, ce que je joue commence à ressembler à quelque chose. Et surtout, cela m’amuse et me détend.
photo de bonheur choisie un peu au hasard

En juin, j’ai réalisé un de mes voyages de rêve. Je suis partie en Norvège! Les randos étaient difficiles, j’ai eu le mal de mer et mon sommeil était entravé par un soleil qui ne se coucha jamais, mais le sentiment qui m’habite en repensant à ce voyage est l’émerveillement. Calme, dépaysant, sauvage et merveilleux pays! Et une maison hyggelig à souhaits!

En juillet:

  • j’ai assisté à deux mariages sous le soleil
  • j’ai eu pour la première et j’espère dernière fois le covid!
  • je suis allée aux thermes Elaïsa, au coeur du part naturel de Haute Campine
  • j’ai passé à nouveau quelques jours en Zélande, à la Maison la Tulipe, à Zoutelande. Les Hortensias étaient en pleine floraison, la maison était magique et les plages d’une surprenante sérénité
  • j’ai à nouveau participé à un atelier d’écriture, mais en plein air cette fois!

En août, je suis partie en Italie. Retrouvailles, pizza, marche en montagne, piscine. J’ai également à nouveau visité une expo immersive, cette fois sur Léonard de Vinci. Elle se tenait dans une église désacralisée du centre de Florence et j’aurais bien passé la journée étendue à profiter des projections à 360 degrés sur les parois richement décorées et sculptées…

En septembre:

  • j’ai participé à deux jours de formation sur le thème des récits de vie et des albums jeunesse, cela m’a donné des idées de reconversion professionnelle partielle
  • j’ai passé un petit weekend à Bruxelles au cours duquel j’ai fait une matinée de yoga, suivie d’un brunch healthy et copieux

En octobre:

  • j’ai réitéré l’expérience du théâtre en wallon, dans une petite salle perdue dans la campagne à 45 minutes de chez moi. Une ambiance particulière et un public qui avait souvent deux fois moi âge ou presque
  • j’ai participé à une activité de team building façon escape game en extérieur dans les ruines d’un château médiéval. J’ai pu manipuler un arc à flèche mais je suis loin de posséder une adresse elfique
  • j’ai vu « Italie-Brésil 3 à 2« , une pièce de Davide Enia adaptée et interprétée par Fabrice Piazza. Le titre évoque un match de foot épique de la coupe du monde de 1982 et comment il est vécu minute par minute par les membres d’une famille sicilienne passionnée et superstitieuse. Un excellent moment pour tous, amateurs de football ou non, italiens ou non, je pense que tout le monde peut s’y plaire. Le tout accompagné d’un guitariste.
l’aubépine en automne
cosy à onderdepoort

Novembre:

  • j’ai joué dans 6 représentations des « Amoureux » de Carlo Goldoni, un classique du 18° siècle transposé dans l’univers musical et esthétique des années 60.
  • j’ai assisté, pour la première fois, au concert de la chorale d’une amie.

Et en décembre…je pense avoir tout dit dans le post précédent. J’ai le sentiment d’avoir bien profité de cette période que j’aime tant, même si elle est à nouveau passée à toute vitesse. Merci 2022 pour les souvenirs. Je réfléchis à présent à ce que je garde, ce que je laisse et ce que j’entreprends en 2023… Et vous? Quels souvenirs? Quels projets?

Toutes mes vies… (atelier d’écriture)

La semaine dernière, j’ai suivi un atelier d’écriture intime avec le mot qui délivre. Le thème « toutes mes vies ». Nous avons passé deux heures sur un exercices pour délier notre plume puis deux consignes plus conséquentes. Je me risque à publier ici le premier exercice ainsi que la première consigne. Si cela vous tente de faire pareil en commentaire, je me ferai un plaisir de vous lire…

Qu’est-ce qu’une vie ?

Une vie c’est un cadeau non sollicité pour celui qui le reçoit, parfois aussi pour celui, celle, ceux qui le conçoivent.

Une vie c’est un nouvel éphémère chaque matin.

Une vie c’est une table pas si rase sur laquelle il faut trouver où poser ce qui va nourrir l’envie de continuer.

Une vie ce n’est jamais tout à fait la nôtre. Une vie c’est se cogner à celle des autres.

« Une vie » c’est un roman de Maupassant (que je n’ai pas lu).

Une vie c’est au moins une chose qu’on a en commun.

Une vie c’est fait de hasards, de coïncidences, de nuits d’insomnies à faire des choix pour les défier, de matin gonflés de sommeil à force de ne pas y arriver…

La Liste de toutes mes vies

Ma vie de solitude choisie, d’introversion heureuse, d’intensité intérieure

Ma vie d’amie enthousiaste, entourée de mes frères et sœurs nés d’autres ventres

Ma vie d’éternelle étudiante, d’assoiffée d’apprentissages, d’incorrigibles éclectismes

Ma vie choisie sans enfant à moi, à écouter ceux des autres, à chérir ma filleule comme si elle était mon sang, à chérir mon enfance, à ne pas vouloir grandir

Ma vie de petite fille d’immigrés, au cœur morcelé, au cœur dont certains bouts ont la saveur de l’olive et des racines adriatiques

Ma vie d’énergies alternées, paressant sans culpabilité ou m’agitant avec avidité

Ma vie sur les planches, grisée par la poussière des coulisses, vivant pour le pouls agité des soirs de première, pour l’éblouissement des projecteurs, pour la transmission des mots

Ma vie pour la transmission finalement. Ma vie pour les histoires. Pour le lien tissé jour après jour. Pour les passages du clair à l’obscur.

Ma vie par procuration, héroïne de romans ou de films

Ma vie faite de petites absurdités et de grandes révélations

Ma vie d’amoureuse qui compose pour l’aimer aussi fidèlement que librement, pour rester libre d’être fidèle à moi-même.

Mes souhaits pour 2021

Après la liste des choses que j’ai accomplies en 2020, j’ai pris le temps de coucher sur papier une série de vœux ou d’intentions pour 2021. Je n’aime pas les résolutions, je trouve même cela stupide de penser qu’une fois pas an on est capable de tout changer. Surtout quand ce moment est le cœur de l’hiver, c’est-à-dire par la période la plus réjouissante pour se mettre au jogging ou arrêter de fumer je suppose. Par contre, je suis sensible aux rituels et j’aime en septembre et décembre faire le point, voir ce que je garde, ce que j’ai terminé, ce que j’aimerais amorcer (l’an dernier, j’avais réalisé un vision board). Et sortir du tout ou rien draconien.

En 2021, je voudrais continuer à progresser dans mon apprentissage simultané de la guitare folk et du solfège. Ce cours hebdomadaire est un phare dans mes semaines boulot/maison, all work and no play… Comme je suis débutante, il est assez gratifiant de voir qu’en travaillant les progrès sont substantiels puisque la marge de manœuvre est importante. J’ai bien fait d’enfin me décider.

Je voudrais également progresser dans mon apprentissage de l’espagnol. En réalité, j’ai écumé presque tous les cours de l’application Babbel, mais sans possibilité de pratiquer la langue, je perds. Je suis donc en train de refaire toutes les leçons de conjugaison. Mon abonnement est valable jusque fin février. Ensuite, j’aimerais m’inscrire à des tables de conversation et j’ai déjà pris des contacts pour après ce semi confinement dans lequel nous sommes plongés depuis maintenant deux mois et demi. Je pense faire de même pour l’italien. Je n’ai pas de problèmes de grammaire en italien, mais je voudrais enrichir mon vocabulaire.

Dans le même ordre d’idée et là ce n’est ni une résolution, ni une intention, ni un objectif, mais un vrai vœux : je voudrais aller en Italie. Nous rêvons tous d’escapades (et certains ne s’en privent pas, ce que je déplore au vu de l’évidence que cela participe à propager le virus), mais l’Italie me manque vraiment. J’y ai vécu, puis je n’y suis pas allée pendant plusieurs années et enfin, j’y suis retournée en 2019 pour un voyage qui m’a profondément reconnectée à moi-même et à mon amour de cette terre.

Pour changer de registre, cette année, j’aimerais mettre mes craintes de côté et, sinon acheter une maison, du moins en visiter. Je me sens à l’étroit dans mon appartement et surtout je souffre de ne voir que briques et asphalte par mes fenêtres, même si j’ai la chance de vivre dans un très joli centre-ville. Beaucoup de questions : revendre ? où aller ? sur quoi transiger et sur quoi non ? combien puis je me permettre de dépenser ? Bref…je pense que visiter permettra d’enclencher le processus et que j’aurai moins peur le jour où j’aurai un coup de cœur. Dans le même ordre d’idée, je souhaite progresser vers l’élimination du superflu de mon appartement. Au-delà de l’aspect anticonsumériste de mes efforts, ils découlent également du stress vécu lors du déménagement précédent (alors que je n’ai pas tant que ça pour être honnête, mais je déteste gérer le matériel, je m’en sors beaucoup mieux avec les humains) et de l’envie de me sentir libre de bouger.

Je souhaite également conserver une routine sportive. Durant le premier confinement, j’étais vraiment bien. Cet hiver c’est plus dur. Je n’ai jamais arrêté de faire du sport, mais je n’en n’ai pas toujours fait plusieurs fois pas semaine ni en planifiant des entrainements cohérents et complets et j’aimerais reprendre. Cela me fera un bien fou je le sais. J’ai d’ailleurs réservé en ligne un créneau pour tester une nouvelle piscine. Et, objectif de l’an dernier déjà, j’aimerais refaire de l’escalade. Je n’ai eu qu’une fois l’occasion d’aller faire du bloc cette année et je n’ai pas vu le temps passer. Par contre, j’ai fait connaissance avec les courbatures aux avant bras.

Et enfin, éternel objectif, sans cesse remis sur le métier, j’aimerais continuer à écrire. Ecrire sur ce blog, écrire pour aller mieux car j’ai découvert que durant les « bas », cela fait vraiment partie des outils qu’il faut que j’exploite et enfin, pratiquer l’écriture littéraire maintenant que j’ai diminué mon temps de travail et investi dans un ordinateur flambant neuf. Si je suis ultra motivée, j’ai même dans un coin de ma tête l’idée d’utiliser un max les investissements de cette année (appareil photo et ordinateur) afin de réaliser de courtes vidéos.

Au rayon du moins, j’espère troquer une partie des sodas (mon péché mignon) pour de l’eau et les heures passée devant netflix pour regarder des longs métrages et lire des essais notamment. J’ai déjà diminué et je m’aperçois que je me sens beaucoup plus satisfaite lorsque je consacre davantage de temps à la lecture ou la guitare et je souhaite continuer sur cette voie.

Un beau programme donc. Et encore, je me suis restreinte. Si je m’écoutais, je mettrais au programme de m’acharner à nouveau sur le néérlandais, faire de la danse (il me faudrait encore choisir entre contemporain, danses de salon ou claquettes…j’ai hésité 15 ans entre piano et guitare, ça peut me mener loin), faire du woofing (ça je le garde en tête), une série déraisonnable de voyages, courir 15 km sans peine (je plafonne depuis un moment niveau jogging) , me lever plus tôt le weekend, suivre des moocs…bref, j’ai un appétit d’expériences et une curiosité intellectuelle débordantes, mais je sens que je dois me freiner car je suis alors sujette à la procrastination et j’arrive à un âge (oh my god) où j’ai besoin d’accomplir vraiment les choses et de rêvasser moins. Sur cette un peu trop sérieuse, je clôture cette liste de désirs.

Et vous, avez-vous des rituels de fin/début d’année ? Vous sentez vous enthousiastes en ce début d’année ?

Une photo du Pacific Crest Trail….un vrai rêve…juste parce que j’avais envie (je ne connais pas la dame)

Joyeux Noël…mais ça veut dire quoi en fait?

Joyeux Noël à tous, plus ou moins croyants, plus ou moins confinés, plus ou moins esseulés… J’ai toujours aimé la période de Noël et j’en ai déjà parlé ici. La veille et le jour de Noël sont traditionnellement calmes pour moi, j’ai une petite famille et tous ne sont pas aussi fans que moi des traditions, des lumières, des sapins et des rediffusions de classiques. Cependant, ils font un effort.

Cette année, le confinement (en Belgique chaque foyer ne peut voir qu’une personne et les personnes seules peuvent avoir deux contacts) n’a pas changé grand-chose pour moi en ce qui concerne le jour de Noël. C’est tout l’Avent qui m’a manqué. Mais que signifie Noël pour une non croyante telle que moi et pourquoi y suis-je si attachée ? Je ne peux l’expliquer rationnellement, je pense que ma nature introvertie fait de cette période où l’on profite de son intérieur et où on le pare de mille lumières me convient parfaitement. J’aime le thé, j’aime le chocolat chaud, j’aime les polars, j’aime les contes, j’aime le bruit de mon poële, j’aime le kitsch de Noël. Sans doute suis-je encore bien connectée avec la fascination enfantine éprouvée devant le sapin, les devantures enchanteresses des magasins, les vitrines des cafés et boutiques décorées à la main par des artistes. J’ai au fond du cœur l’espoir l’espoir de m’éveiller dans une ambiance feutrée, signe qu’il a neigé. Regarder et lire des histoires réconfortantes, prendre le temps d’écrire des cartes de vœux, dire des mots doux. J’aime à me promener dans les villages à la nuit tombée et admirer la façon dont certains transforment à coups de leds leurs maisons/jardins en tableaux lumineux. J’aime me rendre au cinéma, enfiler gants et bonnet pour aller ensuite boire un verre dans un café en ville avec des amis.

Point de tout cela cette année et j’ai eu du mal à entrer dans la période. Je me force d’habitude à attendre le 1 décembre pour faire mon sapin. Cette année, je n’avais pas le feu sacré en moi, mais je l’ai fait quand même et heureusement. J’ai plus que jamais besoin de magie, même si je suis la seule à en profiter. Les flammes dansantes, le scintillement, le feutre doré me réchauffent l’âme. Un Noël minimaliste mais réussi. Une maman qui se donne à fond aux fourneaux pour un menu 100 végétarien et qui fait la part belle au circuit court. Un bon jeu de société (mais pourquoi ne joue-t-on pas pendant l’année ?), une balade dans les bois pour prendre un peu de soleil sur la rétine et de l’air frais et vivifiant, des câlins félins, une lecture réconfortante sans prise de tête. Je pense que c’est cela Noël pour moi, un retranchement vers l’intérieur qui permet d’envoyer de l’amour à l’extérieur, des traditions réconfortantes et une lucarne d’où mon enfant intérieur me fait coucou et me dit de ne pas la perdre de vue.

Cette année, c’est tout au long de l’année que, beaucoup privée de tout, j’ai reçu de l’amour à la pelle. Par messages, lettres, vidéos, câlins virtuels ou réels (lorsque cela était permis ou raisonnable), d’amis, de collègues, d’enfants, d’adultes, de la famille ou d’inconnus. J’ai été touchée en plein cœur à de multiples reprises et je me sens le cœur gonflé. Cela a rendu le second confinement d’autant plus dur. Je crains un peu les mois qui arrivent, car ils n’auront pas Noël et seront long. Et mon cœur est si plein. Mais dans deux jours, on commence à vacciner ici. Serait-ce donc cela notre cadeau de Noël. Espérons le…

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël, quoi que cela puisse signifier pour vous…

S’accrocher

Il y a plus ou moins deux heures, CNN a officialisé la nouvelle que j’attendais depuis 4 jours : Joe Biden et Kamala Harris vont faire leur entrée à la Maison Blanche et en déloger Donald Trump et Mike Pence. Leur histoire m’inspire cet article. Joe Biden a bientôt 78 ans, il a perdu sa première femme et une petite fille de 18 mois dans les années 70. Il s’est remarié et il y a 5 ans il a perdu son fils aîné d’un cancer. Aujourd’hui, à 78 ans, il est en coulisses, prêt à monter sur scène pour le plus grand rôle de sa vie. Cela peut paraitre quelque peu désespérant de penser que l’Amérique n’a pas d’alternative à Donald Trump qu’un homme de 78 ans. Mais aujourd’hui, cette élection me remplit d’optimisme. Parce que cet homme est un survivant et qu’il prouve que tant qu’on vit, rien n’est jamais terminé. Parce qu’il a à ses côtés une femme de couleur, la première à occuper cette fonction. Parce que c’est l’occasion pour les Etats Unis et le monde de renouer avec la décence, la vérité scientifique et la tolérance. Parce qu’ils se sont accrochés et que cela vaut la peine de s’accrocher.

Pour le moment, nous devons tous nous accrocher. Nous accrocher en attendant que la vague fléchisse. Nous accrocher face aux images de terrorisme, de conflits en Arménie et ailleurs, d’hôpitaux bondés…

Aujourd’hui, je retiens cette élection qui réinstalle de l’espoir pour le monde. Je m’accroche à cet espoir. Parce que je vois des gens se donner corps et âme pour prendre soin des autres. Parce qu’un magasin de producteurs locaux va s’installer dans ma rue, dans ma petite ville que je ne trouve pourtant pas très engagée pour l’écologie. Parce que mon école de musique ne ferme pas et va m’aider à supporter ce confinement. Parce que c’est l’automne et que la lumière est superbe. Parce qu’après cette tempête, je compte vivre beaucoup de belles choses.

S’accrocher. S’accrocher les uns aux autres. S’accrocher et s’accorder tant que possible. S’accrocher et remettre l’ouvrage sur le métier autant de fois qu’il le faudra. S’accrocher et continuer à rêver. S’accrocher et ne pas céder. S’accrocher à son centre de gravité. S’accrocher à ce qui nous fait du bien. S’accrocher et ne pas relâcher nos efforts. S’accrocher et prendre exemple. S’accrocher et patienter. S’accrocher parce que c’est la seule voie…

Courage à tous et à tous, plus ou moins sensibles à l’actualité, plus ou moins impactés par la situation sanitaire, plus ou moins effrayés ou émerveillés d’être tous ensemble sur ce grand bateau…

Et pour conclure, cette superbe chanson de Jacques Brel, « La Quête » :

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile

Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux

Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile