Bilan culturel de décembre

Nous voici donc en 2021 pour le dernier bilan de 2020.

En décembre, j’ai regardé deux films. Sans grande concentration, j’ai regardé le classique  West Side Story. J’aime bien les vieux films et les comédies musicales et je me demande ce que Spielberg va en faire puisqu’on nous en annonce une nouvelle version cette année. Du même Spielberg, j’ai regardé avec curiosité Ready Player One. Ce film a reçu de bonnes critiques et suit les péripétie futuristes de joueurs immergés dans un jeu video qui supplante peu à peu la vraie vie. Je m’attendais à quelque chose de plus violent, style Black Mirror, mais cela reste assez grand public. Ce n’est pas mon style de film mais je le regardais pas curiosité, étant interpellée par l’impact du gaming sur la vie de certains ados et jeunes (et moins jeunes) adultes. Je dirais que c’était instructif et au niveau des effets et de la réalisation, c’est assez irréprochable évidemment.

J’ai regardé trois séries durant ce mois de décembre. L’une « Sur la piste de l’éventreur du Yorkshire » pour satisfaire mon étrange penchant pour les émissions de true crime et mon attrait pour l’Angleterre (bon un peu moins le Yorkshire dans les années 70 du coup). Ensuite, j’ai continué à « dévorer » The Crown et j’ai adoré. Je ne sais pas comment vendre cette série, tout semble avoir été dit et écrit. Bien sûr je comprends que la famille royale s’en offusque et il faut garder à l’esprit qu’on ne saura jamais exactement ce qu’il se passe dans l’intimité d’une relation. Contrairement à ce que j’ai lu au sujet de la représentation manichéenne de la relation Charles-Diana, j’ai pu éprouver de l’empathie pour les deux. Bien sûr Diana ne pouvait qu’être broyée par « The Firm » comme les anglais appellent leur monarchie, mais Charles, jeune homme brimé, en manque d’affection, aux désirs et amours systématiquement contrariés, m’a également touchée. La série est construite de telle façon que l’on peut souvent comprendre malgré tout des comportements évidemment répréhensibles, voire odieux. Enfin, comme annoncé dans un précédent article, Home for Christmas m’a accompagnée durant les jours de Noël. J’ai trouvé cette deuxième saison à la hauteur de la première, pas niaise tout en étant magique (ahhhh la Norvège), romantique tout en ayant une vision réaliste du couple et surtout célébrant l’amitié, la solidarité, l’ouverture d’esprit et l’indépendance. Pour moi, c’est une grande réussite. Et je trouve que la série a fait le tour. J’ai du mal à l’admettre car j’aimerais qu’elle continue toujours, mais le risque est là ne n’avoir plus rien à raconter, en tout cas en ce qui concerne la protagoniste. Mais bon, si une saison 3 arrive, je serai dans les starting blocks.

Au rayon littérature enfin, j’ai lu Vu de l’extérieur, un court roman de Katherine Pancol. J’ai du mal à dire si j’ai aimé. La protagoniste m’a agacée tout au long de ma lecture. Un peu moins à la fin. Il faut cependant reconnaitre une peinture assez juste d’une personne ayant de gros troubles d’attachement  et victime d’abus qui se révèlent lorsqu’elle fonde une famille. J’ai également lu Le cercle des derniers libraires de Sylvie Baron. Une lecture doudou de fin d’année par excellence. Sylvie Baron, que je ne connaissais pas est qualifiée d’auteure de « romans policiers du terroir », et c’est exactement ce qu’est ce roman en plus d’être un manifeste militant pour la profession de libraire. Amateurs de livres et de mystère, ceci est pour vous. La surprise du mois est venue d’un livre prêté par une amie : Les oreilles de Buster de la suédoise Maria Ernestam. J’ai eu du mal à entrer dans ce livre et encore une fois à avoir de l’empathie pour la protagoniste, mais au fil de la lecture, j’ai vraiment été happée et je peux dire que j’ai beaucoup aimé ce livre. Il traite à nouveau ici de la pyschologie féminine, celle d’Eva, une dame qui approche de la soixantaine et qui, au travers d’un journal, se livre sur sa relation douloureuse avec sa mère (qu’elle annonce dès le début du roman, avoir tuée, mais on n’apprend pourquoi et comment que bien plus tard) et les conséquences de ce désamour sur sa vie. C’est très fin et c’est aussi un page turner. Les chapitres alternent entre le quotidien d’Eva et les révélations faites à son journal, les pièces du puzzle s’assemblent c’est assez addictif. Je recommande cette auteure, en tout cas ce livre. Il vaut la peine qu’on y consacre un peu d’effort au début.

Voici pour décembre donc. A suivre, mon top de cette année 2020. J’en profite pour vous souhaiter de belles découvertes en cette année. N’hésitez pas à donner votre avis et partager vos coups de cœur.

Les oreilles de Buster – Maria Ernestam – BiblioBlog

La liste des choses accomplies – 2020

Qui dit fin d’année dit rétrospective. C’est l’occasion pour moi de feuilleter mon agenda et de faire la liste des évènements petits et grands qui ont émaillé l’année écoulée, de découvrir si j’ai atteint des objectifs (fixés à l’avance ou non) et de me surprendre car la liste est toujours plus longue que ce que j’aurais imaginé. Cette année, je ne pouvais pas plus que quiconque imaginer la tournure qu’elle allait prendre. Ainsi j’ai essayé de faire des renoncements l’occasion de changer mes habitudes (en prenant le temps de faire du tourisme dans mon propre pays), du temps dégagé une opportunité pour m’accorder des plaisirs simples, de l’observation de la nature un émerveillement nouveau et de chaque rencontre un vrai moment de connexion… Voici donc la liste des choses accomplies en 2020 (j’en avais rédigé deux en 2018, ici et ). Elle est bien entendu non exhaustive. En 2020, j’ai :

  • Lu 23 livres (5 de plus que l’an dernier)
  • Vu 27 séries (deux de moins que l’an dernier)
  • Regardé 14 films, dont 4 au cinéma. Douze de moins que l’an dernier, mais cela s’explique en partie par le fait que je préfère voir les films au cinéma et que nous avons été empêchés d’y aller la majeure partie de l’année. Chez moi, je me tourne plus facilement vers les séries.
  • Publié 44 articles (un de plus que l’an dernier)
  • Suivi une formation pour devenir directrice de mon service
  • Donné deux jours de formation à des confrères et consoeurs
  • Vu 3 pièces de théâtre seulement
  • Participé à trois anniversaires en une journée, le 8 février, life before covid où quand c’était la foire aux bulles (les belges comprendront)
  • Changé mes châssis et repeint mon salon (avec de l’aide)
  • Visité Utrecht et Amsterdam le temps d’un weekend (life before covid again)
Speelklok Museum Utrecht
  • Participé à deux colloques, l’un en présentiel, l’autre sur zoom
  • Fêté l’anniversaire de ma filleule sur zoom, beaucoup d’autres ont suivi, dont le mien
  • Accueilli ma filleule et sa sœur pour une nuit chez moi. Câliné copieusement ces enfants dès que possible
  • Beaucoup couru et marché durant le confinement
  • Continué après mais à un rythme plus modéré, malgré la fermeture des salles de sport
Merci Sissy Mua et ses lives gratuits
  • Arpenté le bocage du Pays de Herve avec une amie et collègue en refaisant le monde à de multiples reprises
  • Cousu…deux projets entamés mais pas encore terminés, j’ai encore besoin d’aide 😊
  • Fêté la fête des mères à l’extérieur autour d’un brunch tea late
  • Entamé les répétitions pour mon prochain spectacle, avec de vieux amis et un nouveau partenaire
  • Répété dans un verger en ville aux alentours du solstice d’été
  • Visité les jardins d’Annevoie
  • Visité le château et le parc d’Hélécine avec deux amies et vu un paon en pleine parade
  • Eté à Butgenbach et Robertville avec mon amie de toujours, nagé en eau libre et bravé ma peur de l’invisible aquatique
  • Enlacé et caressé des arbres, cela fait tellement de bien de sentir leur force et leur douceur
Merci à la photographe…
  • Colorié et envoyé des cartes à mes amis que je ne pouvais voir
  • Eté faire une séance d’escalade au bloc (c’est-à-dire sans être assuré et à maximum 4m de hauteur)
  • Bénéficié de cours de chant pour ma future pièce de théâtre, galéré et découvert un peu plus ma voix pour finalement m’amuser
  • Passé l’été en Belgique comme vous l’aurez compris…fait quelques incursions aux Pays Bas, mais je suis frontalière…
  • Commencé à apprendre la guitare et le solfège…un mélange de souffrance et de plaisir qui nécessite clémence, persévérance et humilité
  • Profité du soutien et de l’amour de mes exceptionnels amis et collègues
  • Expérimenté un soin énergétique, laissé tomber un peu mon esprit cartésien et ça a fait du bien
  • Enormément écouté David Bowie, sans qui 2020 aurait été insupportable
  • Découvert en moi une force insoupçonnée, celle de me débrouiller seule et de faire taire mes peurs (dans une certaine mesure) alors que j’ai trop eu tendance à me considérer comme fragile. Fluctuat nec mergitur comme dirait l’autre.
  • Pleuré quelques fois à chaudes larmes comme cette fois où, seule dans un coin hyper calme, je me suis fait morigéner par la police car j’avais traversé à 5m d’un passage piéton. Autant de peur que d’incompréhension…
  • Acheté enfin un nouvel appareil photo et capturé la lumière et les souvenirs dès que je le pouvais
Juillet
Bruxelles ma belle
  • Essayé d’apprendre le néérlandais à nouveau durant le premier confinement…je crois que je resterai éternellement bloquée au même niveau, que je qualifierais de « survie et politesse » 😊
  • Avancé en Espagnol, langue où mes progrès sont plus visibles et plus pérennes aussi
  • Essayé de sauver un hérisson et rencontré une dame extraordinaire qui les recueille et les soigne. Le genre de rencontre qui met du baume au cœur lorsque la misanthropie nous guette
  • Participé à un atelier d’écriture
  • Confectionné mes propres bougies à la cire d’abeille et de soja
  • Cuisiné…les gratins surtout
  • Transitionné vers une alimentation en grande majorité bio et en circuit court. Merci les petits producteurs
  • Fait du troc de vêtements
  • Décidé de passer à 4/5 temps en 2021, pour que cette liste l’an prochain soit vraiment incroyable
  • Fait contre mauvaise fortune bon cœur tant que je le pouvais

Des choses plus modestes que les voyages et les sorties, mais qui m’ont obligée à passer scrupuleusement l’année à la loupe et à souligner même les plus petites choses comme ces bougies sur lesquelles je procrastinais depuis l’hiver dernier. Néanmoins, je pense que j’ai tendance à me disperser. J’ai acheté de quoi broder et j’ai dû me freiner pour ne pas acheter de quoi tricoter. Au final je risque de ne pas en faire grand-chose, mais tant de choses m’attirent. Pour 2021, je voudrais néanmoins tenter de moins me disperser pour davantage faire avancer des projets qui me tiennent à cœur. Car souvent, je remarque que je me laisse distraire et emporter par l’envie du moment au détriment de certains projets, consciemment ou non. Procrastination ? Peur de l’échec ? Difficulté à renoncer à la profusion dont nous abreuve le monde ? Sans doute un peu de tout…

Et vous qu’avez-vous fait de sympa que vous n’auriez pas fait sans la crise ? Que voulez-vous poursuivre ? A quoi dédiez-vous ou voudriez-vous dédier plus de temps ? Dans de prochains articles, je compte partager mes vœux pour 2021 ainsi que mes tops séries/films/littérature…

Joyeux Noël…mais ça veut dire quoi en fait?

Joyeux Noël à tous, plus ou moins croyants, plus ou moins confinés, plus ou moins esseulés… J’ai toujours aimé la période de Noël et j’en ai déjà parlé ici. La veille et le jour de Noël sont traditionnellement calmes pour moi, j’ai une petite famille et tous ne sont pas aussi fans que moi des traditions, des lumières, des sapins et des rediffusions de classiques. Cependant, ils font un effort.

Cette année, le confinement (en Belgique chaque foyer ne peut voir qu’une personne et les personnes seules peuvent avoir deux contacts) n’a pas changé grand-chose pour moi en ce qui concerne le jour de Noël. C’est tout l’Avent qui m’a manqué. Mais que signifie Noël pour une non croyante telle que moi et pourquoi y suis-je si attachée ? Je ne peux l’expliquer rationnellement, je pense que ma nature introvertie fait de cette période où l’on profite de son intérieur et où on le pare de mille lumières me convient parfaitement. J’aime le thé, j’aime le chocolat chaud, j’aime les polars, j’aime les contes, j’aime le bruit de mon poële, j’aime le kitsch de Noël. Sans doute suis-je encore bien connectée avec la fascination enfantine éprouvée devant le sapin, les devantures enchanteresses des magasins, les vitrines des cafés et boutiques décorées à la main par des artistes. J’ai au fond du cœur l’espoir l’espoir de m’éveiller dans une ambiance feutrée, signe qu’il a neigé. Regarder et lire des histoires réconfortantes, prendre le temps d’écrire des cartes de vœux, dire des mots doux. J’aime à me promener dans les villages à la nuit tombée et admirer la façon dont certains transforment à coups de leds leurs maisons/jardins en tableaux lumineux. J’aime me rendre au cinéma, enfiler gants et bonnet pour aller ensuite boire un verre dans un café en ville avec des amis.

Point de tout cela cette année et j’ai eu du mal à entrer dans la période. Je me force d’habitude à attendre le 1 décembre pour faire mon sapin. Cette année, je n’avais pas le feu sacré en moi, mais je l’ai fait quand même et heureusement. J’ai plus que jamais besoin de magie, même si je suis la seule à en profiter. Les flammes dansantes, le scintillement, le feutre doré me réchauffent l’âme. Un Noël minimaliste mais réussi. Une maman qui se donne à fond aux fourneaux pour un menu 100 végétarien et qui fait la part belle au circuit court. Un bon jeu de société (mais pourquoi ne joue-t-on pas pendant l’année ?), une balade dans les bois pour prendre un peu de soleil sur la rétine et de l’air frais et vivifiant, des câlins félins, une lecture réconfortante sans prise de tête. Je pense que c’est cela Noël pour moi, un retranchement vers l’intérieur qui permet d’envoyer de l’amour à l’extérieur, des traditions réconfortantes et une lucarne d’où mon enfant intérieur me fait coucou et me dit de ne pas la perdre de vue.

Cette année, c’est tout au long de l’année que, beaucoup privée de tout, j’ai reçu de l’amour à la pelle. Par messages, lettres, vidéos, câlins virtuels ou réels (lorsque cela était permis ou raisonnable), d’amis, de collègues, d’enfants, d’adultes, de la famille ou d’inconnus. J’ai été touchée en plein cœur à de multiples reprises et je me sens le cœur gonflé. Cela a rendu le second confinement d’autant plus dur. Je crains un peu les mois qui arrivent, car ils n’auront pas Noël et seront long. Et mon cœur est si plein. Mais dans deux jours, on commence à vacciner ici. Serait-ce donc cela notre cadeau de Noël. Espérons le…

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël, quoi que cela puisse signifier pour vous…

Bilan culturel de novembre

Novembre déjà… A dater de ce mois, j’ai décidé d’alléger mes bilans. Je me dis qu’ils sont parfois trop long et que j’y mets beaucoup d’infos, comme des résumés, qui sont disponibles à un click. Je vais donc me concentrer davantage sur mes coups de cœur et les choses plus insolites que je découvrirais.

Au rayon des séries, je ne vais par exemple pas disserter sur l’excellent Jeu de la Dame (the Queen’s Gambit), qui est désormais la mini série la plus regardée de netflix. Je ne suis pas originale, j’ai beaucoup aimé. Moi aussi avant de dormir, j’essaie de visualiser le manche de ma guitare comme Beth le fait avec son échiquier dans l’espoir de devenir une virtuose. La drogue et l’alcool en moins 🙂

J’ai aussi commencé The Crown, je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps. J’arrive déjà à la fin de la saison 3 et, sans surprise, j’adore. Les acteurs sont stupéfiants. La troisième saison est déstabilisante puisque les acteurs changent tous puisque chaque saison narre une dizaine d’années de règne. Ils ne ressemblent pas tous à leurs prédécesseurs, mais l’accent, le phrasé et la gestuelle sont tellement travaillés à l’extrême que cela ne m’a pas dérangée. J’adore en apprendre davantage sur la grande Histoire et, au-delà du fait que c’est bien évidemment romancé, les personnages sont fascinants. Cette schizophrénies entre la femme et la reine. Les personnalités étouffées par le devoir. Les dilemmes et la solitude. The Crown est avant tout un portrait de famille passionnant. Mention spéciale pour moi aux épisodes qui parlent des amours contrariées de la Princesse Margaret et de l’enfance du duc d’Edimbourg et du Prince Charles, mes préférés jusqu’ici.

Helena Bonham Carter jouera la Princesse Margaret dans la saison 3 de The  Crown | Premiere.fr
Helena Bonham Carter et Vanessa Kirby, deux sublimes princesses Margaret

Complètement absorbée par ces deux séries, il me semble que je n’ai vu qu’un seul film The Bookshop. Il n’est pas du tout feel good comme on pourrait s’y attendre. J’ai aimé (Angleterre + librairie : combo sûr), sans être bouleversée.

Suite à ma lecture des Désorientés d’Amin Maalouf, un des coups de cœur de cette année dont j’ai parlé ici, j’ai regardé deux documentaires proposés par Arte sur l’histoire compliquée du Liban et de la région alentours. Cela m’a bizarrement donné envie d’y aller, je me suis sentie extrêmement touchée par ces destins brisés, ce pays de lumière sans cesse ravagé, ces personnes poussées à l’exil.

Au niveau littéraire, j’ai lu Journal d’un Vampire en pyjama de Mathias Malzieu (le chanteur du groupe Dyonisos par ailleurs pour les connaisseurs). Il s’agit du journal de bord de son hospitalisation alors qu’on lui détecte une grave maladie auto immune et qu’il frôle la mort. Ca se lit vite, c’est poétique et plein de douceur, bien qu’un peu « niais » pour moi par moments.

J’ai également dévoré le 4° volume de la série Chronique des Clifton, Juste retour des choses de Jeffrey Archer. C’est une lecture facile et agréable, mais on n’est pas sur du Jonathan Coe.

J’ai lu deux bandes dessinées de la talentueuse Liv Strömquist « L’origine du monde » et « la rose la plus rouge s’épanouit » ». Il s’agit de vulgarisation comico tragique féministe je dirais. En tout cas, l’auteure est étiquetée féministe. Je n’y ai pas vu de militantisme, mais effectivement, le premier traite de la représentation et des violences faites au sexe féminin (l’organe) et le second s’interroge sur pourquoi les gens ne savent plus tomber amoureux et se laisser aller à vivre intensément leurs sentiments. Cela m’a fait sourire et m’a aussi rendue triste, mais j’y reviendrai. Quoi qu’il en soit, je vous recommande chaudement les ouvrages de Liv Strömquist. Pour ma part, je compte bien lire « les sentiments du prince Charles ».

La Rose la plus rouge s'épanouit, de Liv Strömquist : décortiquer l'amour  dans ses moindres détails - Missives

Enfin, j’ai lu le superbe roman de Pierre Lemaître « au revoir là haut ». Je ne sais s’il est besoin de le présenter. On m’a prêté ce livre, dont j’avais entendu parler (aussi parce qu’Albert Dupontel en a tiré un film) mais vers lequel je ne serais sans doute pas allée de moi-même. Je me suis complètement laissée emporter par l’épopée de ces deux anciens poilus au sortir de la Grande Guerre, où l’un a perdu la moitié de son visage en sauvant la vie de l’autre. Encore une fois, sont réunis ici des ingrédients qui font souvent que j’aime un roman : l’histoire (ici on j’en ai appris pas mal sur le sort des démobilisés de l’après guerre, souvent laissés pour compte alors que seuls les morts étaient élevés au rang de héros), des personnages très touchants et un brin fantasques qui donnent un côté malgré tout « léger » à l’histoire. J’ai commencé à regarder le film de suite après, mais je n’ai pas accroché et je ne l’ai pas encore terminé. Le roman est, je pense, amené à devenir un classique du genre.

Je dois encore mentionner dans ce bilan une dernière chose. Ce n’est ni un film, ni une série, ni un roman, mais un « programme ». Ce n’est pas une application à proprement parler mais cela se passe sur internet. Il s’agit de « Mémorable », une initiative du journal Le Monde qui permet, selon leurs termes, de « cultiver votre mémoire de façon ludique et personnalisée et d’approfondir vos connaissances ». Là aussi j’en reparlerai surement car je suis conquise avec mes cinq leçons par semaine et je me suis abonnée pour 6 mois. Toutes les infos ici, où vous pourrez également tester gratuitement le programme durant une semaine.

Voilà, un bilan plus littéraire cette fois-ci. J’ai eu du mal à me résoudre à reconfiner cette fois-ci et je dois dire que dans les moments difficiles de ma vie, la lecture m’apporte toujours un grand réconfort. Comme je le dis souvent, lorsqu’on est en compagnie de bons auteurs et personnages, on n’est jamais seul ni mal accompagné. J’espère que vous aussi vous parvenez à illuminer les obscures soirées de ce début d’hiver avec de belles découvertes.

3 séries Netflix à voir en décembre

Avant mon bilan de novembre et sans attendre celui de décembre (parce qu’alors il sera trop tard), voici trois idées de séries à regarder au chaud sous un plaid :

  • « Virgin River », dont la saison 2 vient de sortir et dont j’avais parlé ici. En réalité, je dirais que c’est plutôt une série d’automne, mais netflix la fait sortir fin novembre. Si vous aimez les séries doudou, qui  mettent en scène des petites communautés rurales avec de beaux paysages et bien sûr une touche de romantisme, dirigez-vous vers Virgin River.
Is Virgin River Renewed for Season 3? - Virgin River Season 3 News
  • « Le Noël de trop », une mini série allemande en 3 épisodes, qui, pour une fois, a un homme pour personnage principal. Humour, secrets de famille et un soupçon de romance ici aussi. Les européens se mettent aux séries et films de Noël et c’est moins mièvres, bling bling et convenu que les productions américaines. Je viens de le regarder en deux jours et je valide.
Le Noël de trop - Série TV 2020 - AlloCiné
  • Et bien sûr, j’attends avec impatience de retrouver les aventures de Johanne, l’héroïne norvégienne de « Home for Christmas », un de mes coups de cœur de l’an dernier, donc j’avais parlé . La série s’était terminée sur un cliffhanger de maladeeeee et je me réjouis. Je pense que ça sort le 18 décembre. Ici aussi ambiance de Noël mais avec des personnages imparfaits, voire foireux, et en tout cas pas superficiels et parfaitement brushés sous la fausse neige. Parfait pour les derniers jours avant Noël.
Netflix vient de dévoiler la bande-annonce de sa série Home For Christmas  saison 2 | So Busy Girls

D’autres articles suivent. J’ai un peu délaissé le blog durant ce deuxième confinement, mais j’ai globalement eu du mal à me recentrer sur moi, mes projets et mon équilibre. C’est chose faite et j’ai plein d’idées alors à bientôt.

Quant à vous, si vous avez les tuyaux qui sortent un peu du schéma des téléfilms américains, je suis preneuse…

S’accrocher

Il y a plus ou moins deux heures, CNN a officialisé la nouvelle que j’attendais depuis 4 jours : Joe Biden et Kamala Harris vont faire leur entrée à la Maison Blanche et en déloger Donald Trump et Mike Pence. Leur histoire m’inspire cet article. Joe Biden a bientôt 78 ans, il a perdu sa première femme et une petite fille de 18 mois dans les années 70. Il s’est remarié et il y a 5 ans il a perdu son fils aîné d’un cancer. Aujourd’hui, à 78 ans, il est en coulisses, prêt à monter sur scène pour le plus grand rôle de sa vie. Cela peut paraitre quelque peu désespérant de penser que l’Amérique n’a pas d’alternative à Donald Trump qu’un homme de 78 ans. Mais aujourd’hui, cette élection me remplit d’optimisme. Parce que cet homme est un survivant et qu’il prouve que tant qu’on vit, rien n’est jamais terminé. Parce qu’il a à ses côtés une femme de couleur, la première à occuper cette fonction. Parce que c’est l’occasion pour les Etats Unis et le monde de renouer avec la décence, la vérité scientifique et la tolérance. Parce qu’ils se sont accrochés et que cela vaut la peine de s’accrocher.

Pour le moment, nous devons tous nous accrocher. Nous accrocher en attendant que la vague fléchisse. Nous accrocher face aux images de terrorisme, de conflits en Arménie et ailleurs, d’hôpitaux bondés…

Aujourd’hui, je retiens cette élection qui réinstalle de l’espoir pour le monde. Je m’accroche à cet espoir. Parce que je vois des gens se donner corps et âme pour prendre soin des autres. Parce qu’un magasin de producteurs locaux va s’installer dans ma rue, dans ma petite ville que je ne trouve pourtant pas très engagée pour l’écologie. Parce que mon école de musique ne ferme pas et va m’aider à supporter ce confinement. Parce que c’est l’automne et que la lumière est superbe. Parce qu’après cette tempête, je compte vivre beaucoup de belles choses.

S’accrocher. S’accrocher les uns aux autres. S’accrocher et s’accorder tant que possible. S’accrocher et remettre l’ouvrage sur le métier autant de fois qu’il le faudra. S’accrocher et continuer à rêver. S’accrocher et ne pas céder. S’accrocher à son centre de gravité. S’accrocher à ce qui nous fait du bien. S’accrocher et ne pas relâcher nos efforts. S’accrocher et prendre exemple. S’accrocher et patienter. S’accrocher parce que c’est la seule voie…

Courage à tous et à tous, plus ou moins sensibles à l’actualité, plus ou moins impactés par la situation sanitaire, plus ou moins effrayés ou émerveillés d’être tous ensemble sur ce grand bateau…

Et pour conclure, cette superbe chanson de Jacques Brel, « La Quête » :

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile

Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux

Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

Bilan culturel de septembre/octobre

Eh bien et bien, que de retard accumulé depuis la rentrée. Je me suis aussi aperçue que mes bilans me prenaient beaucoup de temps car je livre souvent un synopsis. Or si une œuvre intéresse le lecteur, il peut en retrouver la trame en un clic. Pour ce bilan qui couvre deux mois, j’ai donc décidé d’alléger l’écriture et la lecture en partageant avant tout mes impressions. Pour que cela reste un plaisir aussi d’y revenir…

En ces mois de septembre/octobre, j’ai lu 3 livres si je ne me trompe pas. Deux d’entre eux étaient cependant de véritables pavés :

  • « Les absentes » du Belge Vincent Engel. J’attendais beaucoup de ce roman tant j’avais aimé « Retour à Montechiarro », lu il y a deux ans. D’autant que la trame nous donne des nouvelles des personnages aimés puisqu’il s’agit à nouveau d’une saga qui nous fait traverser les époques et qu’on y retrouve la Toscane, Venise, mais aussi Bruxelles. J’ai cependant été un peu déçue. Tout d’abord, deux des trois personnages principaux (chaque partie conte l’histoire d’un homme, lié directement ou indirectement aux deux autres et également liés à « retour à Montechiarro ») me sont apparus peu sympathiques. J’ai par contre aimé découvrir Domenico Della Rocca plus en profondeur. Ensuite, le style m’est apparu un peu lourd. Vincent Engel écrit ses romans à la façon de classiques du XIX°. Et si c’est finement ciselé, à renfort de beaux mots (j’avoue j’en ai appris, j’en ai aussi laissé passer, flemme de prendre le dico) et de longues phrases, au final, ça me fatiguait un peu. Impression qu’il en faisait trop. Ceci dit, c’est un tour de force de maintenir cette qualité durant 600 pages, peu de contemporains en sont sans doute capables.
  • « Les désorientés » d’Amin Maalouf. Attention ici, coup de cœur majeur. Et comme souvent, il m’est difficile de mettre des mots sur ce que j’aime le plus. J’ai commandé ce livre connaissant Amin Maalouf de réputation et me promettant depuis longtemps de lire « les identités meurtrières ». Je me suis décidée pour ce roman à la lecture d’un article concernant les explosions récentes à Beyrouth qui le recommandait pour comprendre ce que vivait et avait vécu le peuple libanais. J’ai donc adoré lire ce roman et suivre son protagoniste, Adam, double de l’auteur, qui revient au pays après plus de vingt ans d’exil en France, pour assister aux funérailles d’un ami avec qui il était brouillé. Ce roman, en plus d’aborder les conflits identitaires et l’histoire du pays, est très poétique. La langue est belle et c’est important pour moi. C’est un roman qui touche à l’essentiel, qui parle d’amour, d’amitié, de compromis, de souvenirs… Les personnages sont beaux et complexes et certaines réflexions sur le couple et sur la lecture m’ont bouleversée. Je l’ai tant aimé que j’envie ceux qui ne l’ont pas encore lu. Je me suis moi-même empressée de le prêter à un ami en le sommant de le lire.
Les Désorientés, Amin Maalouf | Livre de Poche
  • « L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafón. Ce best seller espagnol me fait de l’œil depuis des années et pourtant je n’étais pas sûre que ce serait mon style. J’ai un peu la même histoire avec ce livre qu’avec « Duma Key » de Stephen King. Je voulais arriver au bout, les débuts ont été un peu difficiles, mais je ne suis pas déçue de m’être accrochée car mon intérêt a été crescendo. C’est un roman d’atmosphère, une atmosphère post franquiste et inquiétante, presque gothique. Il y a beaucoup de personnages intrigants et il faut renoncer un bon moment à comprendre où l’auteur veut nous emmener. A la Barcelone lumineuse qu’on connait, l’auteur oppose une Barcelone hivernale, brumeuse, qui recèle des secrets teintés de violence. A lire pour les amateurs de ce genre d’atmosphère et d’aventure.  Je ne sais pas encore si je vais me laisser tenter par les suites. Avez-vous lu ce roman et d’autres de Zafón ?

Au niveau cinéma, j’ai vu 4 longs métrages, deux à la télévision et deux au cinéma. Commençons par ces derniers :

  • « David Copperfield » de Armando Ianucci. J’ai adoré cette adaptation du classique de Charles Dickens. Classique que je n’ai pas lu, mais que j’ai désormais envie de lire. L’histoire est riche en rebondissements et en personnages farfelus et le casting est impressionnant. Dev Patel est parfaitement charmant en David Copperfield et je décerne une mention spéciale à Hugh Laurie en parfait doux dingue. Le pari inédit (en tout cas je n’avais jamais vu cela) de distribuer les acteurs sans tenir compte de leur origine ethnique est absolument réussi, à tel point que je me demande pourquoi personne ne l’avait jamais fait avant. J’ai été surprise au début, mais le code passe très bien. Les costumes et la photographie sont magnifiques, c’est à la fois léger, drôle, grave et émouvant… Certaines histoires résisteront toujours au passage du temps et rien ne vaut un bon classique de temps en temps. Je recommande chaudement le visionnage de ce film qui m’a dépaysée et enchantée deux heures durant et encore bien après.
The Personal History of David Copperfield - Wikipedia
  • Dans un tout autre style « Corpus Christi » de Jan Komasa, un véritable coup de poing venu tout droit de Pologne. Alors cela peut être rédhibitoire pour certains, mais je vous assure que ce film vaut la peine. Il est extrêmement fort. C’est l’histoire de Daniel, un jeune délinquant qui sort d’incarcération. Il rêve de devenir prêtre, mais sait que cela ne sera jamais possible puisqu’il a un casier. Cependant, lorsque, en route pour la menuiserie où il doit entamer sa réinsertion, il a l’opportunité de se faire passer pour un prêtre et de prendre la tête d’une paroisse reculée, il n’hésite pas longtemps. Commence alors un chemin inattendu de rédemption pour le jeune homme ainsi que pour les gens de la paroisse, récemment marquée par un accident tragique. J’ai adoré ce film, absolument sublimé par la prestation de son jeune acteur Bartosz Bielenia, magnétique aux grands yeux clairs. Ce film pose beaucoup de questions et on en ressort un peu sécoué néanmoins : a-t-on vraiment droit à une deuxième chance ? comment accorder et obtenir le pardon ? peut-on vraiment changer ? La foi (en Dieu ou en quelque chose de plus grand que soi, comme une mission) peut-elle sauver les hommes ? A voir ! PS : nullement besoin d’être croyant pour apprécier je précise.
Le film de la semaine] Corpus Christi, un vertigineux drame social - Cinéma  - FocusVif
  • J’ai re re re re revu le dernier « Harry Potter » et cela méritait d’être mentionné, car c’est toujours aussi bien.
  • J’ai vu « Normandie nue » de Philippe le Guay, avec François Cluzet. C’est une comédie dramatique française qui voit un maire et agriculteur normand essayer de convaincre ses ouailles d’accepter la proposition d’un célèbre photographe américain de les photographier tout/tous nus sur un champ du village. Le maire (Cluzet) y voit là une opportunité de donner une visibilité au monde agricole en souffrance. J’ai bien aimé ce film, mais je l’ai trouvé un peu gentil. Je m’attendais à quelque chose de plus politique, mais finalement cela dérive plutôt sur une chronique de la vie rurale avec de multiples intrigues secondaires : jalousies, amour, reproches, etc… J’ai donc été un peu déçue. Ceci dit l’angle d’approche est original et on passe un bon moment, surtout si on est fan de Cluzet.

Au rayon séries, j’en compte également quatre à mon actif :

  • « Wallander », une série policière suédoise (mais tournée en anglais) qui met en scène un jeune inspecteur Wallander. L’inspecteur Wallander, protagoniste des romans de Henning Mankell, a déjà fait l’objet d’une série où il était interprété par Kenneth Branagh. Ici, la série est pas mal et l’acteur est charmant, mais je ne vois pas en quoi elle est un prequel puisque l’action se déroule clairement de nos jours. Un bon polar cependant.
  • “The end of the f**king world” saison 2. J’avais adoré la saison 1 de ce road trip avec deux adolescents écorchés et qui avaient sacrément du mal à gérer et/ou ressentir leurs émotions. Cette seconde salve est moins réussie je dirais, mais ceci dit, il est presqu’impossible de retrouver la candeur de la première saison et c’est ce qui faisait son charme. Alyssa et James sont de nouveau très attendrissants. Cette saison met davantage en avant les difficultés d’Alyssa et introduit un nouveau personnage, Bonnie, elle aussi blessée et en quête de revanche. Je conseille à tout le monde de regarder cette série très intelligente, attendrissante et finement écrite, loin des clichés habituels sur l’adolescence et les émois amoureux.
  • « Le dernier mot », une autre série netflix, allemande cette fois. J’ai été séduite par le pitch qui met en scène une femme de 50 ans qui, pour faire face à la mort de son mari, décide de devenir auteur et oratrice professionnels d’éloges funèbres. Cette série qui aborde bien entendu le thème du deuil et assez loufoque et il ne faut pas avoir peur des pétages de plombs et de certaines situations grotesques. A d’autres moments, elle est très originale, les personnages sont bien construits (même si certains sont très énervants) et on s’y surprend à philosopher et à vivre de vrais moments de poésie. Elle a le mérite de nous rappeler que le deuil n’est pas un processus linéaire avec un début et une fin et qu’il est important de faire de notre vie une fête dès qu’on le peut (bon ici vu le contexte actuel, il faut se montrer créatifs, mais c’est bon à rappeler). Un ovni à découvrir, c’est vite regardé puisque je pense qu’il s’agit de 8 épisodes d’une demi-heure.
  • « L’aliéniste » saison 2. Une fois n’est pas coutume, voici une série dont je préfère la deuxième saison à la première. Si vous n’avez pas vu cette série, sachez nous emmène sur dans les pas d’un pionnier de la psychiatrie (Daniel Brühl, impeccable comme toujours), d’une enquêtrice féministe (Dakota Fanning, là où on ne l’attendait pas) et d’un journaliste (Luke Evans) dans le New York de 1890. J’avais trouvé la première saison vraiment glauque, elle nous emmenait dans les milieux de la prostitution enfantine. Cette deuxième saison, qui fait la part belle au personnage de Sara Howard et aux  femmes en général, est toujours très sombre et violente, mais je ne sais pas, j’ai trouvé cela moins glauque. Il y est pourtant cette fois question d’avortements clandestins, d’une clinique inquiétante et de vol (et meurtre) de bébés. Ames sensibles et/où allergiques aux sujets tabous, s’abstenir. De mon côté, j’ai adoré. Cette série nous plonge dans une atmosphère et une esthétique drôlement de saison et tient véritablement en haleine.
The Alienist' Season 2 Review: 'Angel of Darkness' Is Another Dud |  IndieWire

Voilà, c’est tout pour ce bilan de début d’automne. Et vous avez-vous vu/lu de belles choses ? Qu’aimez-vous regarder en cette saison ? Moi j’adore accorder certaines lectures et séries avec la saison, je recherche donc paradoxalement des ambiances cosy à la Gilmore Girls (j’attends pour cela la saison 2 de Virgin River) ou anxiogènes et sombres (et là, je vais bientôt me tourner vers « Rebecca »).

C’est reparti…plaisirs d’automne

Après la trêve estivale, nous revoici donc aux portes du confinement. A la fois tous dans le même bateau et seuls face à tant d’interrogations. Comment ne pas sombrer alors que cette saison est déjà pénible pour beaucoup et que nous faisons face à un échec politique et citoyen de grande ampleur. Voici la question que je me pose en ce dimanche matin pluvieux. J’aime cette saison, mais je suis affectée comme tout le monde. Affectée par ce climat anxiogène et déprimant. Affectée face à la probable annulation du spectacle que je devais jouer en novembre. Difficile de vivre ce retour en  arrière aussi positivement que je l’avais fait lors du confinement premier. En effet, le printemps et les journées qui allongeaient nous facilitait quand même la vie. La naïveté aussi. Alors comment faire pour affronter les journées de (télé)travail qui s’en viennent sans pouvoir profiter de nos proches et activités récréatives et culturelles. Voici mon kit de survie personnel pour traverser cette épreuve. Il est fait d’images, de moments, de projets et de microscopiques rituels salvateurs. Je vous invite à vous en inspirer et à dresser votre propre liste. Action !

Le Hygge ! Plus que jamais. Pour moi, ce sont des films réconfortants ou un feu de bois qui crépite dans ma télévision puisque je n’ai pas la chance d’avoir un âtre. Mes bougies à la cire végétales sont commandées, j’attends qu’elles me soient livrées pour illuminer mes soirées ! Ajouter à cela un bon thé ou un chocolat au Marshmallow et le tour est joué !

Home sweet home…

L’écriture ! Plus que jamais. Que ce soit ici sur mon espace virtuel, dans des fichiers secrets ou même sur papier. J’ai plusieurs fois ressenti une urgence à écrire ces dernières semaines. Pour évacuer, pour me recentrer, pour déplier mes pensées et savoir où j’en étais. Les mots sont plus que jamais mes amis.

Corollaire inévitable, la lecture ! Impossible de m’endormir sans lire et que j’aime aussi les après-midi pluvieux qui s’étirent, allongée à dévorer les mots. Je parcours également pinterest et ai créé un tableau poésie. J’ai délaissé la poésie ces dernières années, mais durant ma formation théâtrale, j’avais l’habitude d’en lire énormément et d’en déclamer. Les poètes sont les vrais messagers de l’âme.

Me remettre à l’espagnol. J’ai un abonnement Babbel que je sous utilise. Il est temps de m’y remettre pour programmer enfin ce voyage andalou dont je rêve depuis 15 ans. Quand tout cela sera terminé, je veux y foncer et m’y exprimer dans la langue locale.

La guitare. Une nouveauté de cette année. Mes cours ne sont pas (encore ?) suspendus et j’en suis ravie. J’éprouve un plaisir enfantin à débarquer dans une discipline totalement nouvelle. Je ne connaissais aucun accord et je ne sais pas lire la musique. Quelle sensation agréable de se mettre en totale ouverture et ne sachant rien face à quelqu’un qui sait tout. Et se laisser guider, questionner mais ne rien remettre en question, sentir ses doigts brûler et finalement la note juste résonner…

Les gratins ! C’est bête mais voilà où j’en suis arrivée. Je cuisine des gratins et je les stocke. Qui aurait cru que l’allergique aux fourneaux que je suis se défoulerait un jour ainsi. Bon, les gratins, c’est pas très compliqué, mais c’est bon et c’est très satisfaisant. Si je dois rester semi-confinée, ce sera aussi l’occasion de reprendre en main mon alimentation.

La forêt, les couleurs de la forêt, les bruits de la forêt, la texture de la forêt, les surprises de la forêt, la magie de la forêt…

Le sport. Il est mis à mal le sport, les salles ne sont plus très fréquentables et d’ailleurs elles sont fermées. Je n’ai pas repris d’abonnement mais du coup je suis privée de routine. Depuis l’été en vérité, elle laisse à désirer. Il ne me reste que la course et j’ai investi dans un harnais fluo pour le soir. Malheureusement le soir hors de question de partir seule dans les bois et les champs. Il va me falloir trouver de chouettes itinéraires urbains pour continuer. A compléter avec du travail au poids du corps à la maison. Plus dur l’hiver qu’au printemps d’être fit et confinée.

Mon projet couture. J’ai un patron, j’ai du tissus, y a plus qu’à… le plus dur, pour moi qui ai encore peu d’expérience, ce sera de dompter la machine. J’ai déjà cassé des aiguilles, je m’attends au pire, mais youtube sera mon ami et je peux toujours appeler à l’aide en visio.

Celle-ci, en bordeaux, sur le site de Cousette

Le théâtre. Certes nous ne jouerons pas en novembre, mais je chéris le temps passé avec mes partenaires, avec qui je traverse cette période depuis des mois. Avec qui j’ai des contacts réguliers, plus qu’avec beaucoup d’amis que j’ai renoncé à voir à cause de la situation sanitaire. J’espère pouvoir continuer à répéter et chanter avec eux en appliquant au maximum les gestes barrière. Parce que c’est mon évasion. Parce que j’ai besoin de m’inscrire dans un projet. Parce que nos rencontres sont des bulles d’insouciance dans un océan d’incertitude.

Instantané de répétition…

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vais en profiter pour faire du tri. Et scruter les annonces pour les ventes de maison. M’instruire toujours plus. Avoir des contacts avec mes proches en usant de créativité. Me reposer. Economiser pour profiter de l’après. Prendre soin de moi. Et si je cours et que j’écris et que j’apprends, je vais y arriver.

Je pense encore une fois à nos soignants. A nos professeurs. A mes collègues. Aux transporteurs. A tous ceux qui vont au front. A tous ceux qui souffrent économiquement aussi. Aux petits commerçants. Il nous revient tous ensemble de lutter contre l’obscurité et contre l’obscurantisme et la désinformation qui tuent dans les hôpitaux et aux abords des collèges. L’histoire de Samuel Paty me bouleverse profondément ces derniers jours. Alors dans cet hiver qui s’annonce rude, prenons soin de nous, des autres et gardons notre cœur et notre esprit ouvert, même si nous devons fermer la porte…

Courage à tous et toutes…

ça n’arrive qu’à moi

Voici un texte brut, écrit lors d’un après midi pluvieux du début d’automne chez une amie. Les consignes sont d’elle. Je ne les ai pas complètement respectées, mais il parait qu’elles sont là pour ça. Je le trouve un peu pompeux mon texte. Mon amie l’a trouvé « classe ». Moi ça me fait un bien fou d’écrire pour m’amuser, alors je décide de le publier ici. Bon weekend à tous

  1. Ça n’arrive qu’à moi
  2. Placer quelque chose qui me contrarie
  3. Pourtant

Il y a quelque chose de merveilleux et de terriblement triste à se dire que tout ça n’arrive qu’à moi. Que la vie est universelle mais que son expérience subjective est unique. Et que toute notre vie, nous la passons à chercher des êtres qui nous ressemblent pour assouvir ce besoin de connexion qui abolirait la solitude inhérente à notre condition. Ou, s’ils ne nous ressemblent pas, au moins des êtres qui auront cette curiosité et l’empathie nécessaire pour nous prendre la main et regarder au fond de notre âme sans jugement. Ça n’arrive qu’à moi et pourtant lorsqu’on tombe amoureux on a l’illusion d’être deux. Et puis on se réveille et on se rend compte qu’on est seul. Et c’est une petite mort. Ca n’arrive qu’à moi et pourtant nous l’avons tous vécu. Cette fois où un pigeon m’a chié sur la tête à ma première boum. Cette fois où j’ai rêvé que je volais et où je me suis éveillée au sommet d’une montagne. Et cette autre où ton regard m’a clouée au sol avant de me ressusciter. Alors, il ne me reste que les mots. Je cherche des livres écrits pour moi. Des livres qui me donneraient des nouvelles de moi, qui me raconteraient que je ne suis pas seule. Que c’est arrivé à d’autres, même si ce ne sont que des personnages de papier. Je rêve de m’éveiller ancrée parmi eux sur les pages d’un livre. Et comme je ne les trouve pas, j’écris. J’écris pour me donner la force d’avancer. J’écris pour savoir qui je suis. J’écris pour ne pas exploser. J’écris et ça n’arrive pas qu’à moi.

Un été en Belgique

Comme il fut différent du dernier été, cet été. Bien sûr, la vie est actuellement différente pour tout le monde, mais l’été dernier avait été particulier. Un été de grâce. Un été détendu. Un été de voyages. Un été qui s’étirait. Cet été, j’ai rapidement renoncé à mon voyage en Italie. Je n’allais pas pouvoir voir les gens que je voulais sur place. Je n’avais pas envie d’arpenter Florence masquée. Je n’avais pas envie de participer à la recrudescence de l’épidémie. Et il m’en coûte. Car, alors qu’avant l’été dernier, je n’avais pas été en Italie depuis 8 ans, ce voyage a été un électrochoc. Je n’envisage plus ma vie sans cette connexion régulière avec ce qui est ma deuxième terre, celle qui m’a vue devenir adulte et qui m’a révélé tant de secrets sur moi-même.

Se souvenir de quoi j’étais capable…

Cet été, je l’ai passé en Belgique. Je suis, et c’est un paradoxe vu ce que je viens d’énoncer, de ces personnes qui ne pensent pas qu’il faille absolument partir. Je crois qu’il est important si on le veut, de pouvoir feuilleter le monde et je suis attachée à certains chapitres. Cependant, je ne me reconnais pas dans cette course (du moins c’est ainsi que je la perçois) à partir toujours plus loin et à visiter un maximum de destinations. Comme pour le reste, je suis slow. J’aurai tendance à retourner dans les endroits où je me suis sentie bien, au détriment de nouvelles destinations, et à y passer du temps. Apprendre un peu la langue si possible, m’y laisser vivre.

Mais revenons à la Belgique. Cet été, j’ai découvert des endroits verdoyants. Je suis allée aux jardins d’Annevoie et au château d’Hélécine. J’y ai admiré des fontaines et un paon en pleine parade nuptiale. Je suis allée nager à Bütgenbach, j’ai dépassé ma peur des eaux troubles et sauvages et je me suis immergée dans le plaisir de communier avec la nature.

Annevoie
Hélécine
Bütgenbach
Reihardstein

Cet été, j’ai profité des jardins et piscines de mes amis. Je me suis gavée de l’amour de ma filleule et de sa sœur. J’ai été une marraine comblée. Je les aime tant et je suis bien rétribuée je dois dire.

Eijsden

Cet été, j’ai perdu un être cher. Une grand-mère, une marraine. Un départ qui a ravivé une ancienne blessure, mais qui est somme toute une délivrance. Une tristesse, de la nostalgie et un apaisement. Pour elle qui était lasse. Pour nous qui la voyions vivoter. La personne que j’avais connue n’était finalement plus là depuis longtemps.

Seraing

Cet été, j’ai passé du temps avec une personne chère à mon cœur qui vit une épreuve difficile et se prépare à un dur combat. J’ai passé des après-midis à profiter de sa sagesse, à marcher avec elle en me connectant à l’essentiel, à relativiser mes soucis sans les juger. A me découvrir à moi aussi une forme de maturité étonnante.

Pays de Herve

Cet été, j’ai lu chaque jour. J’ai écrit aussi. Un peu moins régulièrement pour le blog. Un peu plus sauvagement dans des fichiers secrets. Une soirée aussi dans un atelier d’écriture du mot qui délivre. J’en parlerai peut-être lors d’un autre article.

Cet été, je me suis offert un appareil photo et j’ai capturé. Je me suis prise au jeu de poser aussi. Chercher la lumière. Devenir figurante pour la nature. M’accorder le droit d’être jolie à défaut de me trouver belle.

Cet été, j’ai acheté les produits des petits producteurs de ma région. Je me suis prélassée dans un hamac. J’ai décidé de faire de la guitare. J’ai répété, sans relâche. J’apprends à chanter, je découvre ma voix, j’essaie de l’accepter. De prendre confiance et d’oser tout lâcher. Je me suis perdue et retrouvée.

Cet été, j’ai moins couru. J’ai tenté le yoga. J’ai médité. J’ai escaladé aussi, pour la première fois depuis 20 ans je pense. J’ai eu mal aux bras, ce qui veut dire que je manque de technique. J’ai hâte de continuer, de me dépasser, d’épouser les parois et d’aller plus haut. Car, qui sait, l’été prochain…

Cet été, il est passé en un éclair et le voici maintenant indien. Cette semaine, nous entrerons dans ma saison préférée, l’automne. Nous l’accueillerons sous une température absolument anachronique. Plaisante sans doute, mais inquiétante. J’ai pour ma part hâte de rallumer les bougies, d’apprendre mes premiers accords, d’arborer mes ocres et mes rouilles, d’entendre craquer le sol sous mes bottines. Bye bye summer of 2020 !

Et vous, comment a été votre été ? Aimez-vous l’automne ?