Une belle soirée

Deuxième article de cette série destinée à fixer les moments de bonheur de ma vie, de façon à mieux les identifier et à m’en souvenir. Puisque le bonheur nécessite d’être reconnu comme tel. Il ne s’agit pas ici d’une journée, mais plutôt d’une soirée et d’une bonne partie de nuit. Alors qu’y a-t-il eu de spécial ce soir là, celui du 10 novembre ? :

  • Le fait rare et précieux de se sentir parfaitement à sa place, dans son élément, de le savoir et de voir que d’autres le remarquent aussi
  • Vivre une aventure de groupe, avec ses heurts, mais où se sont tissés des liens et où la complicité culmine ce soir là
  • Le sentiment intense de vivre un moment unique, authentique, simple et tellement fort
  • Les rires, les rires, les rires incontrôlables…
  • L’idée que cette aventure va se poursuivre, que nous avons gagné le droit à un second chapitre
  • Le sentiment d’invincibilité de ces jours là qui persiste encore aujourd’hui
  • L’émotion, le plaisir, les applaudissements, l’urgence, la présence…

J’espère me souvenir encore de cette soirée, ce qu’elle avait de magique c’est peut-être qu’elle n’était pas planifiée.

Une belle journée

Le bonheur est fugace. Et nous peinons souvent à le reconnaitre comme tel. Il y a quelques jours, je me suis dit que j’étais heureuse. Pas aux anges, pas comblée, mais heureuse. Pourtant je n’ai pas ce que l’on entend par « tout ce qu’il faut » pour être heureuse. Mais que faut il finalement et après qui ou quoi courrons nous ? Je ne saurais le dire exactement, mais je me suis sentie ce jour là le cœur léger, ayant renoué avec une forme d’insouciance et d’avidité pour la vie qu’il m’a souvent été difficile de ressentir ces dernières années. J’ai encore beaucoup de choses à régler dans ma vie, des démons à chasser, des peurs à dépasser, etc… Mais je me lève le cœur léger (même si je hais les matins) et je me couche généralement fatigué et trop tard mais sans craindre que la nuit tombe. Je reçois et donne de l’amour à des gens avec qui je vis des relations constructives. Mon job n’est pas le job de mes rêves, mais il a du sens pour moi et correspond à mes valeurs à défaut de me passionner. Je suis en bonne santé. Je suis raisonnable et pas trop matérialiste, ce qui me permet de dire que l’argent n’est pas un problème. Enfin, j’ai la chance et le temps d’être impliquée dans des projets qui me passionnent et me font me sentir vivante. Je me suis dit qu’il fallait que je fixe ce sentiment, pour m’en souvenir les mauvais jours, mais aussi parce que l’écrire c’est l’ancrer, encrer pour ancrer même si c’est de l’encre numérique…

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Et cette journée était particulièrement jolie, ce 14 octobre. De façon à m’en souvenir et à faire une expérience lue dans beaucoup de livres de développement personnel et de blogs, je liste en conclusion les bonheurs du jour :

  • me retrouver dans les bois baignés de lumière, encore tamisée par les feuillages mais où le sol commence à vraiment crépiter sous nos pas
  • refaire le monde au soleil avec des amies, échanger sur nos vies, nos projets
  • porter une blouse pour laquelle j’ai eu un coup de cœur, que je me suis autorisée à acheter car elle est d’une couleur que je ne porte jamais (en accord avec ma politique d’achat plus raisonnée concernant les fringues) et me sentir belle dedans
  • bosser sur mon projet au jardin, sous un soleil de fin d’après midi
  • ne pas me dépêcher, m’autoriser à reporter une tâche à un autre jour afin de profiter au mieux de celui qui est là
  • programmer une balade à vélo avec mon père
  • écrire cet article devant la télé, en pyjama, à la lumière des bougies et d’une guirlande lumineuse offerte par maman
  • savourer un carré de chocolat

J’imagine que c’est plus difficile à faire lors des jours maussades et c’est dans ces cas là qu’il faut avoir le courage de le faire pour un effet à long terme, s’entrainer à toujours chercher au moins une petite chose. Mais bon, je vais m’arrêter là et juste être satisfaite, sans toujours penser que je pourrais m’astreindre à plus.

Bienvenue à toi automne :-)

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Dans mon premier post sur ce blog, je criais mon amour au mois de décembre. J’adore toujours décembre, mais il n’est que l’apogée de la période de l’année que je préfère, celle qui va de septembre aux fêtes de fin d’année. Certains voient poindre leur dépression saisonnière avec la fin de l’été et le raccourcissement des jours, moi je suis ravie. D’autant qu’il fait plutôt frais et que l’automne est en avance. Ne vous méprenez pas, j’aime la chaleur, je la supporte même très bien, mais l’été est si décevant au nord. J’aime les étés du sud moi, ici je trouve simplement que l’automne est la saison qui a le meilleur « rapport qualité prix » .

De plus, comme je suis une éternelle étudiante, je suis toujours calquée sur un agenda scolaire. Janvier me semble moins propice aux résolutions, décisions et début que septembre. Je ne fais d’ailleurs jamais de résolutions en janvier. Je fais autre chose à ce moment là et j’en parlerai sans doute ici.

Par contre, j’aime prendre des nouvelles habitudes, tester de nouvelles choses, consulter les sites pour des formations ou des ateliers, regarder la nouvelle collection dans les magasins, etc…

Voici ce que j’ai envie de faire cet automne :

  • Prendre le temps d’écrire plus souvent et de publier au moins deux fois par mois sur mon blog. Cela implique d’éteindre la télé et de rester chez moi le vendredi soir, mais je suis sûre que cela me procurera beaucoup de satisfaction
  • Lire avant de m’endormir, j’ai déjà commencé, je ne regarde presque plus la télé ou youtube dans ma chambre
  • Continuer mon désencombrement (le point là-dessus dans un futur article), optimiser l’organisation de mon appartement
  • Par là, économiser, manger ce que j’ai chez moi et ne pas sortir m’acheter des sandwiches ou plats industriels le midi. Résister aux achats de fringues. Le but étant de pouvoir voyager en 2018 sans piocher (trop) dans mon épargne
  • Continuer le sport, au mois deux fois par semaine, trois idéalement. Ca devrait aller, je suis bien dans le rythme
  • Faire ma propre soupe, je viens de finir deux tasses de la première de la saison, ce qui m’a permis d’éviter de jeter l’un ou l’autre légume
  • Apprendre l’espagnol, ou du mois terminer les leçons que j’ai entamées sur l’appli Babbel
  • Me programmer des soirées créatives et inviter des personnes à se joindre à moi. A programmer en novembre.

Cela me semble déjà pas mal. Et vous ? Prenez vous des résolutions ? A quel moment ? Qu’est ce qui vous motive ? Que voulez vous commencer ?

Mon devoir de citoyenne

Lors de l’année écoulée, plus que jamais et comme beaucoup d’autres, je me suis demandé quel sens avait tout ça. La violence dans le monde, la violence au sein de notre société et non plus seulement la violence dans des contrées lointaines, les mesures économiques drastiques, l’encouragement à la délation, les résultats électoraux désespérants, sans parler des désastres écologiques et économiques que nous voyons à la télévisions ou que nous ne pouvons qu’anticiper. Il est alors facile pour une pessimiste telle que moi de basculer dans le nihilisme et de se questionner sur le sens même de l’existence. L’impression se renforce que, quoi qu’on fasse, de là où on est, on n’y pourra rien changer. Le risque est alors concret de ne plus vivre que dans la peur, la tristesse ou la colère. Que faire de ces émotions bien humaines, mais qui nous font mal et nous paralysent ? Il y a deux ans, lorsque la rédaction de Charlie Hebdo a été décimée, j’étais en plein cycle d’entrainement à la pleine conscience. Un programme de 8 semaines sur lequel je reviendrai peut-être. Notre instructrice a alors eu cette réflexion qui m’a marquée au début de notre séance hebdomadaire. Elle nous a dit que pour commencer, tout ce que nous pouvions faire, c’était vivre en conscience de nous-mêmes, en paix avec nous-mêmes pour ensuite pouvoir être en lien et en conscience avec les autres. Je ne me souviens plus de ses mots exacts, mais j’ai eu souvent l’occasion d’y repenser et je crois qu’elle a raison. Quand j’entendais parler mes grands parents, surtout mon grand-père issu de la vague d’immigration italienne dans les années 40, la vie me paraissait bien dure. La guerre bien sûr déjà en ce temps là. Mais aussi la pauvreté, les conditions de travail, les choix limités que chacun pouvait poser pour sa propre vie. Et finalement, malgré les avancées technologiques, la gratuité supposée de nos écoles et la qualité de notre système de sécurité sociale, les choses n’ont peut-être pas autant changé qu’on pourrait le croire. Mais je digresse, car en vérité, lorsque je l’écoutais parler, je ressentais aussi la chaleur qui se dégageait de la communauté d’alors : les collègues de travail, la famille, les gens du quartier, la cantine des ouvriers, les fêtes passées à danser et chanter. Je ne sais pas si c’était plus fort parce qu’entre immigrés il y avait le souci de se serrer les coudes et de se rappeler ensemble qui on était et d’écrire une histoire nouvelle, mais cela me semblait magique et je me suis souvent surprise à avoir la nostalgie (à cause de cet aspect chaleureux) d’une époque que je n’avais pas vécue. Une époque où le tissu social était plus dense, où les enfants jouaient dans les rues, où on ne laissait pas les personnes âgées seules et où chacun aidait son prochain comme il le pouvait. A la lumière de ce récit et des mots de ma prof de pleine conscience, je pense effectivement que le mieux que nous ayons à faire est de prendre soin de nous, de ne pas oublier, au-delà de l’individualisme, que nous sommes des animaux sociaux comme le disait Aristote et que nul ne s’en sort totalement seul. Il est de notre devoir premier de penser à notre bonheur, au sens que nous voulons donner à notre passage sur terre, à élargir nos horizons au-delà du métro-boulot-dodo. Je ne parle pas ici de prendre conscience que nous avons de la chance, même si mettre les choses en perspective peut toujours s’avérer utile. Je parle de pouvoir regarder plus largement sur notre chemin, d’essayer à notre mesure de laisser moins de personnes sur le côté. Nous sommes tous marqués par ces jeunes hommes (pour la plupart) qui, après un chemin plus ou moins long et plus ou moins invisible, semblent choisir de quitter l’humanité et la société qui les a vus grandir (plus ou moins, et souvent moins il faut le dire, de façon privilégiée) pour commettre des actes de barbarie. Comment ces gens ont-ils pu s’extirper du tissu social et choisir l’anéantissement des liens et l’anéantissement d’eux-mêmes, de leur famille, de leur futur et des valeurs de la religion ? Car si je ne m’abuse, toutes les religions prônent la solidarité et la valeur suprême de la vie. Comment n’avons-nous pas pu voir cela arriver et comment n’avons-nous rien fait. Lutter contre ces drames, c’est d’abord lutter contre la négativité qui est en nous, contre l’envie de ne plus parler à personne et le refus de comprendre ce qui nous arrive. C’est oser un sourire aux inconnus, accepter de rendre un service même si l’on n’a pas le temps, souligner les initiatives positives, refuser les discours haineux et leur opposer un optimisme minimal, ne pas croire qu’on connait tout de l’autre et oser aller voir comment est son monde. Se sentir à nouveau en lien avec les autres, connus et inconnus, espérer que la méfiance cesse un jour d’être un sentiment spontané face à ce qui ou celui qui ne nous est pas familier. Etre davantage en paix avec nous-mêmes et commencer à l’être avec les autres. C’est en tout cas la tâche que je m’assigne pour l’avenir et ce n’est pas facile, mais je suis convaincue que c’est vital.

Pour clôturer, je laisse la parole à Sénèque, qui parle du bonheur bien mieux que moi et qui définit si bien en quelques phrases ce que je commence à penser confusément :

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December, I love you…

b9553beffcef760dacd9a26a95457c58J’adore décembre, je voudrais pouvoir l’étirer à l’infini, surtout le début, parce que la frénésie de la fin a tendance à m’oppresser un peu. J’aime les bougies parfumées à la cannelle et au gingembre, cette époque où le mauvais goût s’affiche sans pudeur sur les pulls et les boules de Noël. J’aime regarder les décorations lumineuses exagérées dans les jardins des villages à la nuit tombée. J’aime même vaquer à mes occupations avec un film de Noël en arrière fond.

Je plains les gens qui courent après les cadeaux, je ne comprends pas bien cette pression. Je pense que Noël, qu’on soit croyant ou pas, est la fête du foyer et par là des gens que nous aimons. L’occasion de prendre le temps de leur accorder de l’attention, une action bienveillante, un mot venant du cœur. L’occasion aussi de prendre soin de nous, de revenir à l’enfant que nous étions et de lui faire un signe en lui disant qu’on ne le perd pas totalement de vue dans ce monde à mille à l’heure.

Décembre m’inspire et me donne envie d’être créative, d’enfin cesser de procrastiner et de meubler cet espace virtuel, d’y déposer ce que j’aime, ce qui me fait vibrer, ce qui me révolte, mes projets, mes doutes, mes coups de mou et mes coups d’éclats, car j’espère qu’il y en aura…