Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?

La liste des choses accomplies (2018)

J’en ai déjà parlé (ici), mais en fin d’année, plutôt que de (ou en tout cas avant de) prendre des bonnes résolutions, j’aime faire la liste de toutes les choses que j’ai accomplies durant l’année écoulée. Mes coups de cœur, mes voyages, mes réussites, mes découvertes…ce qui a fait de cette année une année unique. Cela permet de mettre de la vie sur le temps, de se remémorer les moments importants et de conjurer un peu ce sentiment que j’ai souvent (et je pense ne pas être la seule) que le temps file comme un mauvais courant d’air et que je n’en fais pas assez. J’ai commencé à le faire dans un joli carnet fin 2015, c’est donc la quatrième fois que je m’y attèle. Je vous partage ici ma liste de cette année, ceux qui me connaissent personnellement auront peut-être des ajouts à me suggérer. En 2018, j’ai :

  • Alimenté régulièrement mon blog (grande satisfaction même si peu de gens me lisent, car je procrastinais dessus depuis des années alors que j’aime écrire)
  • Donné une formation à d’autres professionnels avec mes collègues
  • Passé 5 jours à Valence ( j’en parle dans ces articles: 1, 2,3) avec ma maman où j’ai pu revoir N., une amie de longue date
  • Fêté mon anniversaire sous la pré-canicule, avec mes parents au bord de l’eau puis dans mon appartement avec mes amis, deux très bonnes soirées
  • Passé le weekend de l’ascension à la Mer du Nord avec D., S. et S., fait un bon jogging sur place et un tour à Bruges au retour
  • Suivi un cours intensif d’espagnol en mai juin. 10 fois 2h en 5 semaines, niveau B1. Là aussi un projet qui prenait la poussière depuis des lustres…
  • Vu deux magnifiques pièces au théâtre de ma ville
  • Fait un roadtrip au Danemark avec S. Les deux premiers articles concernant ce voyage ici et . J’en ai encore 3 à écrire pour les prochaines semaines.
  • Joué dans deux pièces de théâtre, une reprise de l’an dernier et une nouvelle création. J’en fais une priorité.
  • Cheminé vers le minimalisme et la consommation responsable, vous aurez pu le lire dans de nombreux articles sur ce blog.
  • Continué à aller régulièrement à la salle de sport, 3 fois par semaine la plupart du temps
  • Lu davantage de romans
  • Renoué avec mes visites à la bibliothèque
  • Cessé d’acheter des vêtements depuis la fin août…je ne sais pas combien de temps cette « détox » va encore durer…
  • Changé de fournisseur d’énergie et acquis une part dans une coopérative qui possède ses propres éoliennes. J’en reparle bientôt sur le blog.
  • Economisé régulièrement pour mon compte épargne grâce à la diminution de mes achats surnuméraires ou inutiles.
  • Passé deux jours à Bruges et dormi sur un bateau

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Eh bien ce n’est pas mal ! Ce que je fais aussi, généralement, dans mon carnet, c’est une liste de ce que j’aimerais accomplir dans l’année qui vient, mais aussi en général. Ce ne sont pas vraiment des résolutions, mais des souhaits. En ce qui concerne les accomplissements « généraux », cela permet de voir comment on évolue au fil du temps, si certains projets perdurent, s’il faut y mettre les moyens ou au contraire si ce n’était finalement pas destiné à être une envie qui dure.

Cette année, en ouvrant le carnet, je suis tombée sur la liste de ce que je souhaitais pour 2018, je vous la partage. En 2018, je voudrais :

  • Continuer à faire du sport 2 ou 3 fois par semaine, me muscler et pouvoir faire des sorties de 10km
  • Alimenter mon blog
  • Cheminer vers le minimalisme, la consommation responsable
  • Continuer à apprendre l’espagnol (j’avais commencé sur une appli)
  • Aller en Espagne
  • Lire en italien
  • Garder des traces écrites de ce que je vis.

Deux constats s’imposent :

  1. Cette liste est plus courte que celle des choses accomplies, il ne faut pas se surcharger et il faut laisser la vie nous surprendre
  2. J’ai tout accompli !!! Sans relire cette liste une seule fois durant l’année, il s’avère que j’ai vraiment tout fait, ce qui veut dire que je me connais de mieux en mieux et que ces souhaits étaient durables…

Voilà, j’espère que cet article vous a plu. Cela me fait tellement de bien que je voulais vraiment partager cela avec vous. Je vais aller écrire ma liste de souhaits pour 2019, mais je vais la garder pour moi. N’oubliez pas que souvent le mieux est l’ennemi du bien…

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Noël simple et magique

Le premier article de ce blog parlait de mon amour pour le mois de décembre. J’ai pris quelques jours de congé et j’en profite pour me gâter et écrire quelques billets pour le blog, l’occasion de dire ce que j’aime et peut-être de vous donner quelques idées, que vous aimiez ou non cette période. Pour passer un mois de décembre magnifique, j’aime :

  • Prendre une semaine de congé la première semaine de décembre. Je sais que tout le monde n’en a pas la possibilité et que si vous avez des enfants, vous privilégierez les vacances de fin d’année. Moi ça fait trois ans que je le fais et j’en suis ravie. Je prends le temps et les rues ne sont pas encore bondées. Je garde précieusement ces jours de congé toute l’année. Je préfère travailler quelques jours pendant les fêtes car ce que j’aime c’est l’ambiance de la période et pas le jour en lui-même.
  • Décorer mon sapin et mon appartement. Cette année j’ai acheté un sapin plus petit car l’ancien était trop grand pour ma pièce de vie. Il a déjà trouvé une nouvelle maison. Dans mon optique de désencombrement, je pense me défaire de quelques décorations superflues puisque j’ai fait plus sobre cette année et que j’ai trop de boules. Je ne me refuserai pas une décoration faite par un artisan si je la croise et que j’ai un coup de cœur, une jolie boule de verre par exemple.

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  • Ne pas courir dans les magasins car je ne fais pas de cadeaux pour Noël. Tradition familiale. J’aurai la chance d’en recevoir un de mes parents, mais je n’en demande même pas tant. Ce n’est pas par manque de moyens, c’est juste comme ça et personnellement cela me convient. Certains trouveront cela triste ou incompréhensible. Moi je trouve surtout que cette obligation crée des dettes, du stress et nous fait tomber dans le panneau de la surconsommation. Si vous souhaitez aller vous aussi vers plus de simplicité, offrez des expériences (cinéma, théâtre, massage,…), des choses qui se consomment (biscuits faits maison, vin) et/ou du temps. Le temps c’est de l’argent, mais à quoi sert l’argent ??? Moi ce qui me déprime ce sont les reportages sur les gens qui revendent leurs cadeaux dès le 26 décembre. Bien sûr, chacun ses traditions familiales et il est parfois difficile de s’en affranchir…
  • Ecrire et lire…prendre de l’avance pour mon blog, m’installer sur mon canapé avec des bougies…Il y a dix jours, je suis allée à la bibliothèque près de chez moi et cela m’a replongée en enfance. J’ai trouvé des livres que je voulais lire et la bibliothécaire m’a informée que cette bibliothèque était en réseau avec plein d’autres de la Province, du coup, grâce à ma cotisation annuelle, je peux faire venir à moi quasi tous les livres que je veux.

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  • Ecrire des cartes de Noël à envoyer par la poste. Je ne le fais pas chaque année, mais j’aime prendre ce temps et cela fait souvent plaisir. Ne pas faire de cadeaux matériels ne signifie pas que je n’offre rien, mais j’offre différemment: un goûter, une carte, mon temps…
  • Me promener en voiture ou à pieds dans les villages et admirer les décorations parfois exagérées et pas du tout minimalistes ou écologiquement intéressantes. C’est Noël après tout.
  • Mettre un feu qui crépite ou une playlist jazz d’automne ou de Noël sur mon écran télé via youtube. Ambiance assurée. Ou bien regarder le film de Noël de l’après midi. C’est toujours pareil, mais c’est une douceur nécessaire. Le tout en vaquant à mes occupations.
  • Penser à toutes les choses accomplies durant l’année écoulée. J’en parlais déjà ici, mais plutôt que de (ou avant de) prendre de bonnes résolutions pour l’année qui vient, je vous conseille d’écrire à la main (car cela encre et ancre) tout ce que vous avez fait durant les 12 mois de 2018 : une bonne résolution tenue, un objectif sportif atteint, des vacances, sorties, un moment passé avec un être cher…bref tout ce qui a rempli l’année. Plutôt que de toujours se focaliser sur ce qui reste à faire, cela fait un bien fou. L’occasion de se rendre compte de comment on remplit son temps, si cela nous convient ou non et parfois de revoir certaines priorités.
  • Me promener dans la neige si seulement il finit par y en avoir, espérer voir un rouge gorge, scruter les traces de pattes, admirer le givre sur les branches nues des arbres, rentrer boire un bon chocolat chaud…

Roadtrip au Danemark 1: Odense

Il y a maintenant plus de deux mois que je suis revenue du Danemark. Je suis partie avec mon amie S. pour un roadtrip là-bas. Je rêvais de retourner en Scandinavie depuis ma visite de Stockholm et de son archipel qui remonte déjà à l’été 2017.Tout vient à point à qui sait attendre et je n’ai pas été déçue.

Dans cet article, je vous parlais de l’émotion si particulière et de ce sentiment d’appartenance que je ressentais lorsque je voyageais dans le Sud et particulièrement en Espagne ou en Italie. J’adore également le Nord, pour de toutes autres raisons…la sérénité qui s’en dégage, une impression de ralenti, les intérieurs douillets, le blond polaire des enfants, le bois naturel et la chaume… Il y a bien aussi une émotion du nord qui s’empare de moi presque dès que je franchis la frontière qui me sépare des Pays-Bas et qui va crescendo à mesure que j’approche de la mer Baltique.

Notre voyage a compté plusieurs étapes et nous avons logé en 4 endroits différents. Je pense que cela ne tiendra pas en un seul article, mais sans doute en 3 ou 4.

Travel to Denmark - Episode 74 - Amateur Traveler Travel ...

C’est par Odense, capitale de la Fionie, que nous commençons, à l’issue d’une longue route qui nous aura permis d’apprécier un pays paralysé par les travaux, j’ai nommé l’Allemagne. Lorsque nous arrivons, au Danhostel d’Odense, réservé sur booking, l’heure du souper est déjà dépassée et nous trouvons simplement une enveloppe à mon nom scotchée au volet baissé de la réception. Cette enveloppe contient la clé d’un dortoir de 9 privatisé pour nous. L’atmosphère est étrange, il fait déjà noir et après un paquet de miracolis rapidement cuisiné dans la cuisine collective, nous nous retirons dans notre dortoir. Il y a plusieurs Danhostels au Danemark et deux à Odense. Nous avons dormi dans celui qui est hors du centre ville, situé dans un grand bâtiment en U avec des colombages et donnant sur une grande cour pavée. Nous avons également vu celui, beaucoup plus moderne, de Roskilde, au bord du Fjord. Le nôtre était correct, mais une fois payé le supplément pour les draps, ça ne nous est pas revenu moins cher que le reste. Je n’ai plus les prix exacts en tête, mais en s’y prenant 4-5 mois à l’avance sur booking, nous avons trouvé des logements à prix corrects (pour l’Europe du nord et des chambres privatives, il va sans dire que c’est plus cher qu’un dortoir au Pérou), je pense qu’on en a eu pour 40€ par personne et par nuit en moyenne. Par contre, je confirme, la vie est chère au Danemark, TOUT est cher…

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Le lendemain, nous voilà parties à l’assaut des rues d’Odense qui est, comme l’Allemagne, en travaux ! Mais de gros travaux… Odense est la ville natale du héros national Hans Christian Andersen. Et même si la ville lui rend déjà plus qu’hommage, les autorités ont décidé de construire un énorme parc qui s’annonce féérique en plein centre ville : chemins, espaces verts et lieux de détente inspirés par la vie et l’œuvre de H.C.A. au programme. Cela s’annonce délicieux, mais pour l’instant c’est à l’état de cratère et nous a occasionné bien des détours. Néanmoins, nous avons apprécié cette petite ville de charme et avons visité l’ensemble des musées dédiés à l’auteur. Avec un pass qui coûte environ 25€ on se lance sur ses traces et on peut visiter son musée, sa maison natale, la maison de son enfance, ainsi qu’un musée plus général sur l’histoire de la Fionie. Les maisons modestes et colorées du quartier où il est né sont toujours là et on a le sentiment de se promener dans une carte postale, tout est si petit, si calme, si doux… Nous en apprenons également un peu plus sur l’histoire de la ville et découvrons quelques endroits de charme et insolites :

  • la hutte des elfes qui fait partie du complexe muséal et ou enfants et adultes (nous ne nous sommes pas privées) peuvent se déguiser et déambuler dans ce qui ressemble à une tanière d’elfes avec arbres creux reconstitués, coins lecture, lits, ménagerie, tout pour se réinventer une vie de contes de fées et perdre toute notion du temps
  • les jardins communautaires, organisés comme de véritables campings, où les citadins et les amoureux de jardinage peuvent s’offrir un lopin de terre à fleurir ou cultiver. J’ai été séduite à cette idée et j’ai complètement craqué à la vue de leurs abris de jardin qui ressemblent davantage à des tiny houses.
  • Le parc derrière la cathédrale, sa roseraie et ses statues
  • L’horloge animée par des créatures fantastiques qui carillonne toutes les heures et offre un spectacle de quelques minutes sur la petite place qui fait face au musée Andersen.

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Cette première journée m’a charmée et le destin d’Andersen m’a touchée. Je me dis que je lirais bien ses contes en rentrant, c’est jusqu’à maintenant resté un vœux pieux. Je garde un souvenir de mon regard hébété face aux boites aux lettres des immeubles aux multiples étiquettes ornées de noms exotiques. Les rues larges, la place de choix réservée aux cyclistes, le silence, les gens ne crient pas ici, les petits personnages en papier plié qu’Andersen offrait aux enfants de ses amis, je me réjouis déjà d’être au lendemain et d’aller voir la mer.

Quelques adresses :

Faut-il « trouver » sa vocation? Et comment? (Ted Talk)

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous connaissent les ted talks (en français les conférences ted), et pour ceux qui ne connaissent pas, voici l’article qui en parle sur wikipedia.

De temps en temps, j’aimerais vous parler ici d’une ted talk qui m’a intéressée ou inspirée. Le sujet de celle que je veux vous partager aujourd’hui m’a beaucoup touchée personnellement et a mis récemment des mots sur quelque chose qui a été difficile à vivre pour moi pendant des années.

Le titre est « why some of us don’t have one true calling », qu’on pourrait traduire par « pourquoi certains d’entre nous n’ont pas une vraie vocation ». L’intervenante est une jeune femme qui s’appelle Emilie Wapnick et le lien est ici. Cette vidéo m’a fait un bien fou, j’étais face à mon écran et je me disais « mais oui mais oui, c’est ça, c’est exactement ça, tu as tout bon en fait ! ».

J’ai grandi en croyant en Jésus (pas longtemps mais bon…), au fait qu’un jour je rencontrerais « la bonne personne » et que mon futur métier finirait par s’imposer à moi comme une évidence. Comme pour la majorité des gens, ces certitudes ont toutes tôt où tard vacillé et j’en ai été assez déstabilisée. Surtout les deux dernières.

J’étais une très bonne élève, assidue et intéressée par la plupart des matières. Mais plus les années avançaient, plus j’entendais des gens se conforter dans un choix d’études supérieures, se projeter dans une carrière qui leur correspondrait et dont ils étaient certains que c’était « fait pour eux ». Bien sûr, énormément de personnes étaient aussi perdues que moi, mais moi je ne voyais que les premiers. Et je les enviais énormément. Je me demandais pourquoi cela ne m’arrivait pas à moi. Chaque choix envisagé me semblait frustrant et la formation parfaite n’existait pas. Mon estime de moi en a vraiment beaucoup souffert, car mes indécisions me donnaient l’impression de gâcher mon potentiel, moi qui avais toujours « performé » à l’école. J’aurais tant voulu suivre une voie évidente et gravir les échelons un à un jusqu’à atteindre un niveau d’excellence et, même si je ne me l’avouais pas, la reconnaissance des autres.

J’ai fini par faire un choix de dernière minute, en catastrophe, ce qui m’a plongée dans des angoisses et un sentiment d’insatisfaction importants. J’avais d’abord opté pour une formation assez généraliste, des études commerciales, qui me permettaient de toucher à toutes sortes de sujets. Je me suis sauvée de cette école où, clairement, je n’aurais pas été à ma place puisque tout était orienté vers le monde des affaires, la consommation, le profit. Comme vous le savez si vous me connaissez ou si vous me lisez un peu, c’est aux antipodes de ce que je suis (attention, je ne dis pas que toutes les personnes qui font HEC sont comme ça, ni que HEC est une mauvaise formation dénuée d’éthique, c’est juste ce que j’ai ressenti du haut de mes 18 ans, mais je suis sûre qu’on peut faire de très belles choses et s’engager dans un monde plus solidaire suite à des études commerciales). Je me suis ensuite inscrite dans la voie où je suis toujours actuellement. J’ai réussi chaque année d’études sans jamais retrouver le plaisir d’étudier que j’avais avant et en rêvant toujours d’un ailleurs que je ne parvenais pas à identifier. Je ne me reconnaissais pas non plus tout à fait dans mon amphi et toujours à l’heure actuelle, j’ai beaucoup de mal à répondre à la question « que fais tu dans la vie ? » (le small talk c’est si atroce non ?) en me limitant à décliner ma profession.

Heureusement, j’ai fait la paix avec ce parcours et avec moi-même au fil du temps. J’ai développé mes autres passions, je me suis aussi rendue compte que je pouvais amener qui j’étais dans la voie que j’avais choisie et même être assez bonne. Et surtout, ce que je fais est en adéquation avec des valeurs profondes et a un sens pour moi, ce qui me permet de supporter pas mal de choses désagréables et frustrantes liées à ma pratique professionnelle. Si je me suis trompée, ce n’est en tout cas pas lourdement. Si j’avais dû refaire des études ensuite (ce que j’ai entamé, puis abandonné), j’aurais pu faire beaucoup de choses et toujours aujourd’hui, des années après, il me vient régulièrement à l’idée de refaire un master en ci ou en ça en me disant « mais pourquoi ça n’existait pas quand j’avais 18 ans ? ». Mais je ne suis toujours pas fixée sur un sujet. Cela se voir sur ce blog aussi. Cela a sans doute été le cas pour beaucoup d’entre vous aussi et vous verrez pour beaucoup de personnes dans le public de la Ted Talk. Peut-être êtes-vous toujours en quête ? Peut-être vous êtes vous trompé ? Peut-être devez vous vous réorienter ? Mais peut-être aussi n’êtes vous pas si mal là où vous êtes ? Et surtout, je pense que notre réussite et notre talent ne s’exprime pas seulement dans les études et au travail. Nous sommes tellement plus que ça.

Ce sujet ne vous a peut-être pas atteints de la même façon que moi. Je pense que cela a été difficile à vivre aussi parce que toute mon enfance et mon adolescence, je faisais énormément dépendre mon estime de moi de mes résultats scolaires et que « la bonne élève » était une part importante de mon identité. Je me mettais donc une pression énorme pour trouver LA chose qui allait me permettre de continuer à briller et utiliser mes compétences. Je croyais également que c’était ce qui était attendu de moi et que si j’échouais, ce serait une déception pour tous. Je pensais que ceux qui savaient ce qu’ils voulaient faire m’étaient supérieurs. Alors qu’en réalité, mais il faut des années pour le comprendre, je n’étais juste pas comme ça.  Je n’étais pas le genre de fille qui allait subitement éclore en découvrant sa vocation. Mais tout était déjà là, il fallait juste que je l’accepte, que j’accepte de tâtonner, que mon chemin soit sinueux, que tout cela n’était pas grave. Il y a quelques mois, une amie (peut-être te reconnais tu ? surement…) m’a dit (je ne me rappelle plus les mots exacts) que je cultivais mes singularités avec talent. C’est l’un des meilleurs compliments que j’ai pu recevoir.

Je vous laisse avec la vidéo, dites moi ce que vous en pensez et n’hésitez pas à partager l’article ou la vidéo, surtout si vous connaissez des gens qui vivent des choses similaires ou si vous avez des jeunes ou des moins jeunes autour de vous qui doivent choisir une orientation. Vous pouvez aussi la montrer aux parents de ces gens-là. J’espère que cela pourra leur faire du bien autant qu’à moi et les aider à dédramatiser et à être cléments avec eux-mêmes. N’hésitez pas aussi à partager vos expériences ou des conférences TED intéressantes.

Bilan culturel d’octobre

Bonjour,

Après une petite série d’articles sur le style de vie plus simple et les efforts écologiques que je fais, me revoici avec les découvertes culturelles du mois. Je pense que je vais alterner les articles ayant trait à des sujets de société, des réflexions et d’autres davantage axés sur l’art, la littérature et les voyages aussi.

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Tout de suite, le bilan culturel du mois d’octobre. On commence avec les séries :

  • J’ai terminé les 3 saisons disponibles sur Netflix de Poldark et cela reste un grand coup de cœur. J’attends impatiemment la suite et je trouve que l’intrigue parvient à se renouveler en traitant toujours autant des intrigues sentimentales que de la réalité sociale de cette fin de 18° siècle en Cornouailles. Et Ross Poldark est l’un des personnages les plus charismatiques qu’il m’ait été donné de voir sur petit écran. A consommer sans modération pour les amoureux de l’Angleterre et des séries en costumes historiques.

"I would rather fail fighting than throw up my hands and wait for the end."--Ross

  • Dans la même veine, je me suis lancée dans la série Outlander. Le pitch est simple : à la fin de la seconde guerre mondiale, un couple de jeunes mariés anglais se retrouve en Ecosse. En touchant des pierres dressées où se tiennent des rituels ancestraux, Claire, la jeune femme, se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18° siècle, terre de clans qui lutte contre les anglais. Là bas, elle rencontre un séduisant Highlander, mais se retrouve aussi face à l’ancêtre vicieux et sans pitié de son mari du 20° siècle. La série est un peu beaucoup à l’eau de rose et assez sulfureuse, pas mal de scènes chaudes et de scènes sanguinolentes aussi. Les paysages écossais sont fabuleux et la plastique de Sam Heughan également. On est emportés, mais le scénario n’est pas fou fou, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du couple qui affronte 1000 dangers et doit les surmonter. Par contre, aucun développement, en tout cas dans la première saison du thème du voyage dans le temps. On apprend au cours de la saison que le personnage de Claire n’est pas le seul à avoir fait cette expérience, mais je reste sur ma faim. Néanmoins, je compte continuer à regarder cette série parfaite pour les longues soirées d’hiver. Par contre sur netflix Belgique, seules deux saisons sont disponibles alors qu’il y en a 4 sur netflix France, quelqu’un connait il la cause de cette injustice ?
  • Sur ARTE, j’ai regardé la seconde saison d’une série danoise qui s’appelle « Les Héritiers» et qui est absolument excellentes pour ceux qui aiment les séries nordiques mais veulent autre chose que des polars ou si vous aimez vous plonger dans les sagas familiales et leurs secrets. La série aborde ici le thème de la fratrie, une fratrie adulte qui se retrouve à gérer le patrimoine de la mère lorsqu’elle décède. Entre l’enfant caché, le père hippie, gentil mais inconsistant, le névrosé dont le père s’est suicidé, celle qui dirige tout et le petit dernier, on peut tour à tour éprouver de l’empathie ou de l’agacement pour chacun d’eux. C’est assez intense (voire violent) émotionnellement, mais j’ai aimé le fait que malgré les conflits et les trahisons, cette famille possède quelque chose de très fort, un héritage familial à la fois lourd et merveilleux qui les unit. Passionnant. A voir s’il y aura une saison 3. Les deux premières comptaient je pense chacune 8 épisodes de 50 minutes plus ou moins.
  • Au rayon comédies à regarder en faisant du sport ou en repassant (doublé en français et d’une durée de 25 minutes plus ou moins), j’ai terminé New Girl, pas trop accroché à Kimmy Schmidt et quasi fini Grace et Frankie. J’ai donc entamé The Good Place, l’histoire d’une jeune femme qui arrive au Paradis (appelé le bon endroit) lors de son décès et à qui l’on explique que c’est un privilège qu’on n’octroie qu’aux gens exceptionnellement bons, altruistes et désintéressés, les autres finissant au mauvais endroit. Le problème c’est que la protagoniste se rend immédiatement compte qu’il y a une grosse erreur de casting, elle qui a mené sa vie de façon égoïste et superficielle. Cependant, par crainte de se retrouver projetée au mauvais endroit, elle va tout faire pour cacher cette méprise et s’atteler à devenir une bonne personne. La série fait le job sans être exceptionnelle. On sourit sans rire aux éclats. Il y a aussi un peu de suspense. Parfait en pédalant ou en repassant des chemises.

Au niveau des lectures, j’ai lu « Les nouveaux monstres » de Simonetta Greggio, qui n’est autre de la suite de « Dolce Vita », dont j’avais parlé ici. Cette lecture m’a énormément plu, mais je suis consciente que c’est sans doute parce que je m’intéresse à l’histoire et que j’ai vécu deux ans en Italie. Si le sujet vous tente et que vous aimez comme moi apprendre sans toutefois avoir le courage d’ingurgiter de classiques et/ou fastidieux livres d’histoire, ces romans sont pour vous. Celui-ci s’attache à la période qui va de 1978, l’année de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, et poursuit jusqu’en 2014 en nous contant les années de plomb, le monstre de Florence, la bande de la Magliana et en dénonçant les collusions entre le Vatican, l’état italien et la Mafia. Le tout mis en parallèle avec les secrets de famille des deux narrateurs, le destin national se mêle aux destins personnels des membres d’une famille. Passionnant et extrêmement bien construit.

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Enfin, j’ai assisté à une représentation du « Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène du grand Denis Podalydès, le tout dans la magnifique salle du Théâtre de Liège. Tout était réuni pour une soirée d’enchantement : le texte de Marivaux, l’une des plus belles langues qu’il m’ait été donné d’entendre (un peu dur de se faire l’oreille au début, mais en 10-15 minutes on s’habitue et ça coule comme un nectar dans l’oreille), la scénographie qui m’a fait penser au bayou louisianais (mais peut-être juste à moi), le cadre et les acteurs. Si le spectacle passe près de chez vous, courrez-y. Même si vous n’êtes pas fan de théâtre, cela vaut la peine de se risquer à un classique et d’en prendre plein les yeux, juste pour voir si vous n’aimez vraiment pas ça. Moi en tout cas, c’est pour des moments comme cela que j’ai l’impression que la vie vaut d’être vécue, magiques et hors du temps.

Et vous qu’est-ce qui vous a distrait ou fait rêver?

J’ai peur…

Bonjour, cet article ne sera pas positif, ni réjouissant. Il fera écho où non à des choses qui vous font aussi peur. Il n’est que le début de quelque chose de plus beau j’espère.

J’ai peur des extrémismes. J’ai peur des suprémacistes blancs. J’ai peur de ne pas avoir les mêmes chances qu’un homme parce que je suis une femme. J’ai peur du réchauffement climatique. J’ai peur parce que tout va tellement vite, trop vite. J’ai peur parce que ce n’est plus comme avant. J’ai peur des perturbateurs endocriniens. J’ai peur des banques, des multinationales, du monde de la finance et de l’argent virtuel. J’ai peur des centrales nucléaires. J’ai peur de ne pas assez maitriser certains sujets et de ne pas être légitime pour donner mon avis. J’ai peur du pouvoir de l’argent. J’ai peur de l’extinction massive des espèces animales. J’ai peur de manger le cancer. J’ai peur pour nos enfants, alors que je n’ai pas d’enfant, alors j’ai peur pour les enfants des autres. J’ai peur de consommer en sachant pertinemment que je me fais berner, que j’entretiens un système qui enrichit toujours plus certains, en appauvrit d’autres et nique la planète au passage. J’ai peur des robots. J’ai peur de la disparition de la notion de vie privée. J’ai peur de la course en avant. J’ai peur des gens qui avancent seuls et avec des œillères. J’ai peur de ne pas faire le poids. J’ai peur qu’il soit trop tard. J’ai peur de la dissolution des solidarités… J’ai peur ou je suis en colère, je ne sais plus vraiment.

Le but n’est pas d’en rester là, ce n’est que le prélude à d’autres articles. Cependant, avant de reparler de bonnes résolutions, de minimalisme, de slow living et de citoyenneté, j’éprouve le besoin de parler de tout ce qui me terrifie, de sortir cette boule d’angoisse de moi, de faire l’inventaire de tout ce qui nourrit cette boule que j’ai en regardant le journal, en lisant, en constatant…

Il y a quelques mois, lors d’un weekend aux Pays-Bas, un pays qui me relaxe, j’ai partagé avec deux amies qui se reconnaitront peut-être, mon sentiment d’impuissance face à mon envie de vivre en accord avec mes principes et l’impossibilité dans laquelle je me trouvais, dans laquelle j’entends beaucoup de gens se trouver face à la triple envie/contrainte de consommer à la fois écolo/bio, équitable et durable/local. Ce constat était assez déprimant.

Les mois ont passé et j’ai réfléchi, commencé à écouter et donc à entendre aussi les initiatives positives autour de moi, à en parler avec mes amis, ma famille. Je me suis aperçue que tout de même beaucoup de gens ne s’en foutaient pas et que ça faisait du bien. J’ai commencé à faire attention à certaines choses, puis je suis partie au Danemark, puis j’ai vu avec deux ans de retard le documentaire « Demain » de Cyril Dion et de Mélanie Laurent. Et j’ai décidé d’en faire un peu plus, sans me mettre la pression, mais au contraire pour me sentir mieux. De tout ça, je reparlerai plus tard, bientôt, dans de futurs articles. A venir un bilan culturel, le Danemark, et plus de minimalisme et de consommation responsable.

A bientôt…

L’émotion du Sud

« Muchas gracias corazon ! », cette phrase lancée par une jeune serveuse espagnole à qui je venais de rappeler le détail de nos consommations pour qu’elle puisse nous les facturer, m’a marquée. Le mot doux, la confiance (j’aurais pu la rouler), la chaleur de sa voix… Il y a ceux qui disent les espagnols fiers et arrogants, que je ne comprends pas, et puis il y a moi et cette émotion qui me gagne lorsque je me rends en Italie ou en Espagne, l’émotion du Sud…

IMG_2317.JPGLa sensation de dépaysement mêlée au sentiment d’être à la maison, la lumière orangée des réverbères à la tombée du jour qui donne l’impression de déambuler dans un décor filtré en sépia, les rires bruyants émanant d’une poignée de quinquas attablés avec vue sur mer autour d’une bière… Le rire est-il dans leur voix ou dans le regard que je pose sur eux ? Je ne saurais le dire. Ce sont peut-être aussi tous ces souvenirs, ceux de la plus belle année de ma vie, qui froissent mon objectivité et me font chausser ces lunettes roses.

Peu importe, quand je suis dans le Sud non francophone, je me sens connectée à une partie de mon cœur que la vie de tous les jours a tendance à laisser en jachère, à la part tactile et fantasque contenue dans mon ADN, à une certaine idée du bonheur… Je m’y retrouve et c’est bon.

Et vous, avez-vous un rapport particulier à certaines destinations ? Vous y sentez-vous plus vivant, plus zen, plus séduit ?