Aujourd’hui, je vous présente une lecture du terroir, celle du recueil de nouvelles de Jean-Yves Buron. Cela faisait un moment que j’étais tentée par cette lecture et j’ai finalement craqué lorsque j’ai trouvé l’ouvrage dans la librairie indépendante du coin de ma rue « L’Oiseau Lire ».
J’ai dévoré ce recueil en quelques heures. Je n’ai pas l’habitude de lire des nouvelles car je reste souvent sur ma faim, mais le fait d’avoir pour cadre commun la ville de Liège m’a donné une impression de microcosme même si les 5 premières nouvelles dépeignent des univers totalement différents et si le style d’écriture est éclectique. Dans chaque nouvelle, on retrouve néanmoins des éléments récurrents : la transmission des ambitions de justices sociale et écologique de l’auteur, une dose agréable d’histoire du patrimoine (on sent l’historien amoureux de sa ville) ainsi qu’une touche plus ou moins importante de surnaturel ou en tout cas de décalé. Un hommage poétique à Boris Vian dans « Lettre à ma fille » m’a également touchée. En lisant la dernière nouvelle, j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus développée, mais c’est sans doute parce que je ne suis pas habituée aux formats plus courts.
Je ne regrette pas ma lecture et cela m’a donné envie de soutenir davantage d’auteurs de ma région qui s’engagent dans une démarche d’auto-édition.
Petite lecture complètement hors saison. Je l’ai vu partout partout sur mon instagram durant la période de Noël, j’ai fini par le lire en février et voilà seulement que je livre mon avis. J’abandonne toute idée de cohérence.
Alors celui-ci il cochait aussi toutes les cases de ce qu’on attend d’un cosy mystery de Noël : la campagne anglaise, une demeure familiale mystérieuse, au moins un meurtre, des énigmes, des descriptions culinaires et un arbre généalogique au début du roman. Malheureusement, j’ai été déçue. J’ai trouvé cette histoire de famille à la fois trop tordue et trop prévisible. Je ne vais pas m’étendre sur ce qui était prévisible car beaucoup de gens ont aimé et n’ont peut-être pas vu venir la fin. Mon feeling et mon avis n’engagent que moi. J’ai trouvé qu’il y avait trop de meurtres, pas assez de cosy (et pas suffisamment bien écrit pour que cela devienne un vrai polar), trop d’invraisemblances alors que les idées de départ (les énigmes) étaient bonnes. Il y a beaucoup de bonne volonté à vouloir moderniser le genre en introduisant des personnages issus de la communauté LGBT. Tout va trop vite et au final l’ambiance est malsaine. Bref, j’ai été déçue, probablement parce que j’en attendais beaucoup, j’attendais sans doute un « Testament à l’Anglaise » (le meilleur de Jonathan Coe) version cosy mystery. Je serais vraiment curieuse d’avoir l’avis de personnes qui ont lu ce roman, qu’est-ce qui vous a plu ? Déplu ? Je me sens presque mal de ne pas l’avoir apprécié et je ne suis personne pour critiquer la plume d’un(e) autre, mais je ne peux par dire autre chose.
Dans le même style, j’ai nettement préféré les deux volumes des « détectives du Yorkshire » (de Julia Chapman) que j’ai eu l’occasion de lire, « Agatha Raisin » (l’une des deux séries de cosy mysteries de M.C. Beaton) , « le cercle des derniers libraires » (de Sylvie Baron qui importe le genre en France) ou encore « le murder club du jeudi » (Richard Osman). Pour les amateurs, Caroline, de la chaine et boutique Caro from Woodland, a fait une vidéo assez complète sur le sujet. Vous pouvez la retrouver ici. Pour ma part, je pense que je lirai volontiers d’autres tomes des détectives du Yorkshire, c’est la série qui m’a le plus convaincue.
Nouvelle box Kube, nouvelle lecture, nouvelle chronique.
Cette fois, j’avais choisi de recevoir une des lectures chroniquée par les trois fondateurs de Kube (soit on donne des instructions soi-même, soit on demande à recevoir l’un des livres qu’ils recommandent chaque mois).
Résumé : Bennett Driscoll avait jadis un nom dans le monde de l’art londonien. Depuis que sa femme l’a quitté et que sa fille vole de ses propres ailes, il a décidé de mettre en location sur AirBed sa maison devenue trop grande pour lui. Pas loin de devenir accro aux commentaires laissés sur le site par ses hôtes, Bennett, à cinquante-cinq ans, est retranché dans l’atelier au fond du jardin avec la nette impression de faire du surplace. Est-ce l’image d’Alicia, par la fenêtre, qui le renvoie à sa propre solitude ? Celle d’Emma à ses obsessions et à ses angoisses d’artiste ? Ou celle de Kirstie à son incapacité à rebondir ? Sa rencontre avec Claire, serveuse dans un bar à vins de Soho, est peut-être l’occasion de faire un pas en avant ; encore faut-il lui expliquer pourquoi il est un étranger dans sa propre maison. Dans ce roman au sarcasme et à la liberté de ton savoureux, Kate Russo nous fait presque oublier, par sa légèreté, la profondeur des maux qu’elle dépeint.
Ce livre cochait plein de cases a priori : un personnage d’artiste, un questionnement existentiel, Londres… En plus la couverture m’avait aussi séduite. Au final, j’ai bien aimé mais sans plus. C’est très bien écrit et là n’est pas le problème, mais j’ai été un peu frustrée par le fait que l’autrice nous présente des personnages féminins bien dessinés et vivant un moment charnière de leur vie pour ensuite les zapper lorsqu’elles quittent la maison de Bennett. J’aurais aimé connaitre la suite de leur histoire, les choix qu’elles allaient faire, la façon dont chacune allait se reconstruire. Finalement, elles m’intéressaient autant sinon davantage que Bennett qui est également un personnage sympathique mais dont les choix m’ont parfois laissée perplexe. Au final une bonne lecture détente, mais pas de coup de cœur.
« N’importe qui aurait pu s’aventurer jusque-là, jusqu’à une maison qui ne figure même pas sur le plan et, dans ce cas, je me demande combien de temps la personne en question aurait mis à se rendre compte, d’une façon ou d’une autre, que l’histoire n’est pas le summum de ce qui compte en l’occurrence. Que ce n’est pas un récit unique, ni même multiple, qui fait la réalité. Que ce qui compte c’est l’étoffe du temps et du lieu, tous les évènements survenus un jour menant tous autant qu’ils sont à une rencontre qui ne dut rien au hasard, la chaleur du matin, les chants d’oiseaux et une conversation entre deux femmes qui avaient besoin, chacune à sa manière, de dire tout haut les histoires qu’elles conservaient in petto depuis bien longtemps – des histoires ordinaires, certes, d’amour perdu et de chagrin, et par-dessus tout de choses ni dites ni faites, mais des histoires qui ne font pas moins partie de l’étoffe pour autant. »
Kate, étudiante à la dérive, fait des « enquêtes » cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce. Au cours d’une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats. Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire.
Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.
Avec sa prose magnétique et tendre, John Burnside rend le monde aux vivants et rappelle que seules les histoires nous sauvent.
J’ai beaucoup aimé ce roman, cette rencontre presque fortuite entre deux personnes. Au fil du roman, on se demande qui de Jean ou de Kate sauve l’autre. Kate troque sa sobriété contre des histoires et offre à Jean un réceptacle à l’histoire de sa vie et de ceux qui ont compté pour elle. C’est une histoire de deuil, de transmission, de guérison. L’auteur est écossais mais son roman se déroule aux U.S.A. et évoque souvent l’histoire, certains personnages des récits de Jean s’engageant dans l’armée ou dans la lutte pour les droits civiques. J’ai aussi adoré l’atmosphère feutrée et intimiste du roman. Kate évoque les évènements de sa vie qui se déroulent en parallèle de leurs rencontres, mais le cœur du roman ce sont les échanges entre les deux femmes, dans un café en ville où Jean tente de débusquer les aliments secrets contenus dans les pâtisseries de la patronne ou dans la cuisine de sa maison, nichée au cœur de la forêt et dont la description fait presque monter aux narines l’odeur des beignets aux pommes cuisinés par les deux femmes. Cette maison est un cocon où l’on vit en harmonie avec la nature. Le roman débute en plein été et se referme quasiment sur ton titre. Si je devais lui donner une note, ce serait sans doute un 8/10.
Aujourd’hui, je viens vous parler de mon dernier coup de cœur littéraire ou plutôt d’un coup de cœur tout simplement. Il est venu à moi dans une box kube. Si vous ne connaissez pas le concept, il s’agit d’un abonnement mensuel (on peut aussi le faire en one shot, en offrant une carte cadeau ou pour soi-même, il existe également des coffrets thématiques mais je vous conseille de visiter leur site) à une box qui comprend un livre, ainsi que des goodies et souvent un thé à découvrir et/où une gourmandise. Le livre est choisi par un libraire indépendant sur base d’envies de lectures (style recherché, auteurs favoris, derniers livres lus) renseignée auparavant. Vous pouvez aussi choisir de recevoir l’un des trois livres chroniqués chaque mois par les fondateurs de Kube. Pour ma première box, j’avais renseigné des envies et j’ai donc reçu un roman qui se passe en Ecosse au XVII siècle.
Je vous laisse lire la quatrième de couverture : « Au cœur de l’Ecosse du XVII siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d’une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d’Irlande, l’interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Depuis sa geôle, la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s’efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l’esprit de Charles »
J’ai d’abord été dubitative face à ce roman parlant de solitude et d’une époque tellement révolue, mais finalement, j’ai été happée en quelques pages par le personnage de Corrag, jeune femme au cœur pur condamnée pour sa différence, l’écriture parfois lyrique de Susan Fletcher et l’atmosphère générale du roman. Les chapitres alternent entre la longue « confession » de Corrag, de sa fuite depuis l’Angleterre à son témoignage à propos du massacre du clan Mc Donald, et les lettres écrites par le révérend Leslie à sa femme, empreinte au fil du temps de plus en plus d’empathie envers la soi-disant sorcière.
Ce roman m’a plu car il mêle un côté historique (le contexte politique de l’écosse est brièvement résumé en fin d’ouvrage et permet de s’y retrouver) et un autre très contemplatif. Corrag fait à certains moments quasi corps avec la nature et certains passages sont d’une beauté bouleversante. Je ne me suis pas du tout ennuyée malgré les longs passages descriptifs qui nous transportent vraiment dans un autre temps et d’autres lieux et aident à comprendre qui est Corrag. Ce roman est aussi un hymne à la tolérance face à la différence, à ces gens en marge, que nous ne comprenons pas, qui sont pourvus d’une sensibilité différente. Bref, si vous aimez l’Ecosse, que vous êtes fan d’Outlander, que vous chercher un roman hivernal avec un personnage féminin dont la fragilité est toute la force et que vous êtes sensibles à la nature, ce roman est fait pour vous. Il me tarde maintenant de découvrir davantage de romans de Susan Fletcher et je remercie Kube et Manon G. , la libraire au nez fin qui a choisi un livre parfait pour moi.
Perdu toute routine d’écriture et sportive, déserté mes cahiers, mon espace virtuel et mes baskets. Je l’ai déploré, mais c’est la vie et j’ai essayé de ne pas me malmener outre mesure…
Vécu des perturbations majeures au boulot. Le navire a tangué et fluctuat nec mergitur mais quand-même. Un peu ne nausée mais la houle n’a pas précipité l’équipage à fond de cale…
Repris une thérapie et réalisé ce faisant que j’avais parcouru un sacré bout de chemin et que j’avais désormais les reins plus solides qu’avant…
Mené à bien un projet théâtral en gestation depuis un an et demi, mis à mal lui aussi par des soucis d’équipage ainsi que par la pandémie et les mesures sanitaires fluctuantes et parfois incohérentes…
Poursuivi mes cours de guitare en académie, ainsi que commencé des cours de solfège à proprement parlé. Fini d’être une autodicacte en freestyle. Les progrès sont là…
Ces derniers temps, j’ai:
Regardé (et pas encore terminé) l’excellente série danoise Borgen qui n’en finit pas de me passionner
Vu au cinéma « The French Dispatch » de Wes Anderson et « Madres Parallelas » de Pedro Almodovar que j’ai tous deux adorés. J’avais précédemment été déçue par « Lui » de Guillaume Canet…décidément le cinéma français n’est pas mon préféré…
Eté me balader dans Bruxelles la nuit pour profiter du Festival Bright…un enchantement que je compte bien vivre chaque année…
Lu un tome des « Détectives du Yorkshire » (les cosy mysteries, un plaisir coupable assumé) et « L’hôtel de verre » d’Emily St John Mandel. J’ai adoré ce dernier, de la même autrice que « Station Eleven », un de mes plus gros coups de cœur dont j’avais chanté les louanges ici.
Fait plusieurs virées chez Intratuin, une chaine de jardineries (mais c’est tellement plus que ça) néérlandaise. J’y ai profité de l’ambiance de Noël et fait quelques achats pour installer une déco de Noël féérique chez ma Mamy (elle était ravie).
Re-couru quelques kilomètres sous la pluie, juste après Noël, et eu de bonnes sensations. Le sport m’a vraiment manqué. Je suis retournée deux fois en salle de sport aussi et j’ai ressenti de belles courbatures la deuxième fois.
Eté marcher en forêt, découvert les ruches du Sart Tilman et le petit magasin insolite qu’elles approvisionnent, tenus par un couple de passionnés d’apiculture qui font tout eux-mêmes… Joli, un peu kitsch et délicieux…
Perdu le sommeil et l’appétit puis retrouvé brutalement les deux, actuellement en recherche d’un équilibre, merci décembre…
Contemplé l’avenir avec optimisme
Passé Noël en famille et un superbe réveillon de nouvel an, loufoque à souhaits, entre amis (à grands renforts d’auto tests)…
Eté aux thermes et nagé dans l’eau tiède sous la nuit noire, à la lueur des étoiles et des bougies…si relaxant…
Ecrit et reçu des cartes de vœux
Eté sur la foire d’octobre à Liège, entre amis et avec ma filleule. Régressé pas mal en ces deux occasions.
Décoré des oranges avec des clous de girofles, activité méditative satisfaisante, même si exigeant plus de dextérité qu’il n’y parait pour obtenir un résultat un tant soi peu joli.
Craqué sur les décos de Noël et de petits plaisirs variés chez Dille & Kamille
Entamé un traitement orthodontique auquel je songe depuis 10 ans
Caressé des alpagas…
Eté patiné avec ma filleule, sa sœur et leur maman. Eu envie de recommencer avec les enfants et même entre adultes. Ca m’a redonné des envies de montagne, de neige (bon ça c’est perpétuel) et de glisse…
En 2022, sont d’ores et déjà prévus :
De la guitare encore et toujours
Du théâtre, faut-il le préciser
Un atelier d’écriture fin de ce mois de janvier
Un voyage en Norvège en juin
Des fêtes d’anniversaire à n’en plus finir…génération 1982 nous sommes là !
L’été s’achève (a-t-il vraiment débuté?). La rentrée scolaire est actée et ne nous reste que l’espoir d’un été indien pour nous dire que tout n’a pas été pourri. Heureusement quand il fait moche, il nous reste la lecture, le cinéma, le théâtre et les musées. Voici donc à quoi j’ai passé une partie de mon temps ces deux derniers mois.
Lors de mon séjour à Florence, j’ai re découvert le Palazzo Vecchio et j’ai fait ma première visite au Palazzo Medici Riccardi. Ces visites guidées m’ont enchantée et permis de réviser l’histoire de ma ville de cœur en plus de m’en mettre plein la vue à coups de sculptures, fresques, chapelles et détails architecturaux.
Il y a deux jours je suis retournée au Théâtre pour la première fois depuis mars 2020. Je suis allée voir « La dernière nuit du monde », un texte de Laurent Gaudé, mis en scène et interprété par l’excellent Fabrice Murgia, accompagné sur scène de la magnifique Nadine Baboy. Une atmosphère feutrée et onirique pour évoquer ce monde qui rêve d’une pillule magique qui lui permettrait de se passer de sommeil pour faire « déborder le jour » et rugir encore davantage. J’ai beaucoup aimé. La scénographie et le travail sur les éclairages étaient hyper léchés.
A Avignon
Au rayon cinématographique, j’ai adoré « Promising young woman » dont j’ai parlé dans mon post précédent. J’ai apprécié « Blackbird », un drame familial sur le droit à l’euthanasie. Je me suis plongée avec plaisir dans « My Salinger Year » que j’ai aimé pour son ambiance d’automne New Yorkais, les costumes, les évocations littéraires, mais qui est assez pauvre au niveau du scénario. Cela m’a donné envie de relire « L’Attrape Cœur » et de lire « Franny et Zooey » par contre. Enfin, sur netflix, j’ai été déçue par « dans les angles morts ». J’attendais un thriller, j’ai eu un film d’horreur qui ne m’a pas effrayée et qui n’apporte rien de neuf. Je ne sais pas ce qui a poussé James Norton et Amanda Seyfried à aller patauger dans tant de platitude et de déjà vu.
Cette esthétique…
Je n’ai pas visionné beaucoup de séries, juste deux séries espagnoles pour m’imprégner de la langue (même si l’une est en galicien ce qui ne m’a pas beaucoup aidée même si je repérais bien les différences). Il s’agit de « après toi le chaos » et du « goût des marguerites » . Deux séries policières parfaitement dispensables.
Jusqu’ici j’ai lu 7 romans depuis début juillet, si je n’en oublie pas :
« Dans l’ombre du paradis » de Viveca Sten. Une enquête dans l’archipel de Stockholm.
« Je revenais des autres » , une mièvrerie assez mal écrite mais qui se laisse lire de Mélissa da Costa.
« le club des miracles relatifs » de Nancy Huston. Je pense que c’est le premier roman de Nancy Huston auquel je n’accroche pas. Trop désincarné et trop noir pour moi. Je ne pourrais même pas le résumer.
« La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot a également échoué à m’emporter.
« la commode aux tiroirs de couleur » d’Olivia Ruiz. Un roman court où l’autrice évoque la vie de sa grand-mère qui a fui enfant la dictature franquiste.
« L’engrenage du mal » un policier de Nicolas Feuz. Dispensable lui aussi. Je l’ai lu assez vite mais j’y ai trouvé des invraisemblances.
Enfin j’ai lu, « Impossible » de Erri de Luca. Je l’ai lu en italien et j’ai adoré. Deux autres romans d’Erri de Luca sont sur ma pile à lire et je pense lui consacrer un article à part. Avez-vous déjà lu quelque chose de lui ?
Voilà, c’est tout pour cet été. Ce que j’ai le plus apprécié est de pouvoir retourner au théâtre, le roman d’Erri de Luca ainsi que « Promising young woman » au cinéma.
Ce mois d’avril a été le plus frais depuis 35 ans et on l’a bien senti passer. Comme la vie sociale n’est pas encore vraiment déconfinée (on peut se voir dehors mais il a fait froid), ça a laissé le temps à la lecture et au visionnage. Alors quel est le bilan de ce mois ?
Ce mois ci j’ai terminé une série netflix et j’ai regardé un film et un documentaire.
J’ai regardé la série mexicaine « qui a tué Sara ? » dont je dirais que le principal mérite est de m’avoir fait pratiquer la compréhension à l’audition de l’espagnol. J’adore le cinéma espagnol et argentin, mais niveau séries je suis souvent déçu. Je trouve souvent cela « too much ». Tout va trop vite, trop fort, c’est sulfureux, c’est mafieux, la richesse est démesurée, la violence aussi. Je me suis même lassée sur certains aspects de « la casa de papel » même si il y a un plaisir intellectuel dans cette dernière et que l’iconographie fait mouche. Ici, comme dans « la disparition de Soledad » l’intrigue fonctionne (une deuxième saison risque de suivre vu la fin de celle-ci), les méchants sont détestables, il y a l’un ou l’autre personnage un peu plus dense, mais je nourris également une antipathie certaine pour la victime. Cette Sara a un vilain air de peste il faut bien le dire. Bref, à quand de nouvelles séries anglaises ou une production hispanophone à la hauteur de son cinéma.
Je suis arrivée, je ne sais absolument plus comment, sur le documentaire « Evelyn » d’Orlandon Von Einsiedel. Evelyn était le jeune frère d’Orlando et il s’est suicidé il y a une dizaine d’années. Face au deuil impossible de sa famille, Orlando documente un trail qu’il réalise avec son frère et sa sœur sur les traces du disparu. J’ai tellement été touchée par cette œuvre à la fois personnelle et universelle que j’ai décidé d’en rédiger une chronique que je publierai à part. J’ai d’ailleurs décidé de sortir mes coups de cœur des bilans pour leur donner davantage de visibilité.
Enfin, sur netflix à nouveau, j’ai visionné « The Dig » un film anglais au casting impeccable (Ralph Fiennes, Carey Mulligan, Johnny Flynn et Lily James pour ne citer qu’eux) qui narre l’histoire vraie (mais romancée) d’une femme férue d’archéologie qui fait appel aux services d’un autodidacte pour explorer des tumulus (tumuli ?) sur sa propriété. Le tout durant la seconde guerre mondiale. Tout y est : le jeu d’acteur, la reconstitution d’époque, la romance, la campagne anglaise, la quête envers les éléments (la météo, les accidents de chantier) et les opportunistes (les pontes des grands musées qui veulent raffler la mise et reléguer au second plan l’homme modeste et cultivé qui les a devancés. A regarder absolument, même si vous n’y connaissez rien en archéologie ou si cela ne vous intéresse pas. On en ressort tout ému.
Ralph Fiennes et Carey MulliganJohnny Flynn et Lily James
Plus atypique, j’ai écouté une conférence gratuite d’Aurélie Valognes sur son processus de création littéraire. Je n’ai lu aucun de ses romans et je ne sais pas si j’aimerais, mais je trouve toujours cela inspirant d’écouter les artistes parler de leur travail et de comment cela se passe en coulisses. Et il faut bien le dire, l’histoire d’Aurélie Valognes fait un peu rêver.
Je n’ai toujours pas terminé la brique « Sapiens » de Yuval Noah Harari, mais j’ai emprunté à la bibliothèque sa version BD. Je ne crois pas qu’elle couvre tout l’ouvrage de référence mais c’est un sacré morceau. Je ne suis pas du tout une fan de BD à la base, mais je dois dire que lire Liv Strömquist m’a encouragée et que je m’aperçois que cela fonctionne super bien pour vulgariser. C’est digeste et truffé d’humour. Les auteurs arrivent à en faire un périple puisque le tout est raconté du point de vue de Harari qui raconte l’histoire à sa nièce. Une réussite, j’attends la suite (mais j’ignore si elle est prévue).
Pour terminer, j’ai lu deux romans. Le premier, « Le cœur cousu de Carole Martinez, a été un coup de cœur pour l’amie qui me l’a prêté. Pas pour moi. Je dois reconnaitre l’incroyable imagination de l’auteur qui nous emmène en fait dans un conte lui-même fait de sous contes qui racontent l’histoire des femmes d’une même famille dans une époque indéterminée (le début du 20° siècle ?) et qu’on situe en Andalousie et en Afrique du nord. J’ai peiné à être touchée par ces personnages achétypaux et presque surnaturels. La prose très chargée et très poétique pour un roman ne m’a pas non plus transportée. Je l’ai trouvée belle mais je suis restée en dehors. A chacun de se faire une idée.
J’ai également lu, « Dernière nuit à Montréal » d’Emily St John Mandel. J’avais adoré « Station Eleven » de cette même autrice. Ce roman est un roman noir, un autre genre donc. Je l’ai aimé sans l’adorer.
On y retrouve le thème de la quête et de l’errance. Tout y est très lent et si cela rend l’atmosphère des rues glacées de Montréal très dense et vivante, tout en contraste avec le courant d’air qu’est Lilia, cette jeune femme après laquelle court le narrateur sans jamais parvenir à la saisir. En parallèle, on suit l’histoire de Lilia, petite fille enlevée par son père à l’âge de 7 ans et en cavale depuis. Pourquoi l’a-t-il enlevée ? Cet évènement résonne comme une onde se choc et ne laissera pas indemnes ceux qui s’y trouvent mêlés. Un bon suspense teinté de spleen. A ne pas lire si vous êtes déprimés par contre.
Voilà, c’est tout pour ce mois ci, mais hier je suis retournée au cinéma, dans le cadre de Still Standing for Culture (et c’était calme, distancié et masqué) et j’ai hâte de vous parler du chef d’oeuvre que je suis allée voir, « Drunk » de Thomas Vinterberg.
Après une année de bilans mensuels et faisant suite à des articles du même genre ici et là, voici ce que j’ai préféré en 2020 et que je vous conseille chaudement si vous êtes en panne d’inspiration.
Au niveau cinéma tout d’abord, j’ai aimé, dans le désordre :
Le saisissant, violent et musical Whiplash de Damien Chazelle qui met en scène la confrontation entre un jeune prodige de la batterie et son professeur aux méthodes peu orthodoxes
Le mélancolique Suite Française avec Michelle Williams et Matthias Schoenaerts en amants impossibles durant la seconde guerre mondiale. Un très joli film basé sur une histoire vraie
J’ai adoré Réparer les vivants, cette ode à la vie et ce plaidoyer bouleversant pour le don d’organes, tiré d’un roman de Maylis de Kerangal. A voit absolument !
Armando Iannuccim’a conquise mettant en scène unDavid Copperfield au casting casting sans discrimination raciale. Une fable joyeuse, fantasque, colorée et des acteurs qui se délectent visiblement d’être là et donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Enfin, dans un autre registre, je ne peux pas ne pas mentionner l’un des films de l’année : le polonais Corpus Christi et son jeune acteur Bartosz Bielenia qui crève l’écran en délinquant cherchant la rédemption dans la religion, au propre comme au figuré.
Au niveau des séries, il y en a aussi pour tous les goûts :
Virgin River , pour ceux et j’imagine surtout celles qui savent apprécier un peu d’eau de rose et que le décor des Rocheuses ne gâche en rien. Une série doudou parfaite pour l’hiver.
J’ai terminé The Good Place , ce bonbon aussi philosophique que déjanté, aussi hilarant qu’émouvant. Tout ce qu’on aime. Vous l’aurez deviné, en cuisine j’aime aussi le sucré salé 😊
Pour les amateurs de drame en costume, d’épopée et encore une fois de romance, on ne présente plus Outlandermême si les première et troisième saisons restent mes préférées et que rien ne me consolera de Poldark, la meilleure série !
Pour parfaire votre culture historique et approcher une période qu’on nous enseigne peu, je vous conseille Rebellion/Resistance qui parle donc de rébellion, de résistance et surtout da lutte fratricide des Irlandais pour leur indépendance.
Il faut bien une série policière dans ce top éclectique, la voici, elle est scandinave (tiens donc) et c’est Bron/The Bridge (aussi ici et là) qui a occupé une bonne partie de mes soirées d’été. A voir non seulement pour les scénari de qualité mais aussi pour la prestation de Sofia Helin qui campe sans faute et durant 4 saisons l’inspectrice Saga Noren, atteinte d’un trouble du spectre autistique (bien que cela ne soit jamais clairement mentionné). Une prouesse !
Pour continuer dans la noirceur, j’ai adoré la saison 2 de L’aliéniste, meilleure selon moi que la première (et qui peut être vue indépendamment). Une plongée dans le New York de la fin du 19°, peuplée de personnages inquiétants et mentalement dérangés, traqués par un trio de choc interprété par Dakota Fanning, Luke Evans et Daniel Brühl, tous trois impeccables.
Dois-je vraiment mentionner que j’ai beaucoup aimé Le jeu de la Dame ? J’imagine que vous ne m’avez pas attendue pour en entendre parler et, sans doute, le regarder. Cette mini-série est je pense devenue la plus regardée de l’histoire de netflix et ce, en seulement quelques semaines. Les amateurs d’échec remercient les producteurs.
En novembre et décembre, j’ai découvert The Crown (et ici aussi), une série manifestement créée pour les gens comme moi et qui m’a plongée dans un état quasi extatique du début à la fin. Je la recommande aux connaisseurs de la famille royale mais aussi et tout autant à ceux qui s’en fichent et aux anti royalistes. C’est avant tout une histoire de famille et de devoir absolument fascinante et divinement bien jouée.
Enfin, j’ai déjà crié mon amour pour Home for Christmas dans mon billet de décembre et cette série norvégienne romantique et moderne mérite largement sa présence dans mon top. Que vais-je devenir en décembre 2021 puisque je pense que l’intrigue est bouclée ???
Enfin nous arrivons à la littérature. En 2020, j’ai aimé :
Middle England d’un de mes auteurs favoris, Jonathan Coe, qui n’a pas son pareil pour créer des personnages attachants et so british et nous plonger au cœur de moments politiques décisifs, ici le pré Brexit.
Toutes les histoires d’amour du monde où Baptiste Beaulieu nous emmène sur les traces des amours de ses aïeux en temps de guerre, tout en délicatesse.
Mon coup de cœur de l’année va au sublime roman d’Amin Maalouf Les désorientés. J’ai été séduite, emportée et bouleversée tant par le fond que par la forme.
J’ai découvert et beaucoup aimé aussi deux bandes dessinées de l’auteure suédoise féministe Liv Stromquist , L’origine du Monde qui traite de la représentation du sexe féminin et La rose la plus rouge s’épanouit qui aborde le thème de l’engagement amoureux.
J’ai plongé dans l’univers fantasque et meurtri de Pierre Lemaître et son Au revoir là haut, qui m’en a appris sur la triste condition des poilus démobilisés.
Enfin, je me suis laissée peu à peu surprendre, après des débuts laborieux, par Les oreilles de Buster de Maria Ernestam où il est question de maternité toxique et d’une dame qui dort avec des oreilles de chien (des vraies) sous son oreiller.
Pour terminer, je retiens également des visites. Il y en a eu peu puisque pour moi le tourisme s’est arrêté en mars. C’est peut-être pour cela que je m’en souviens mieux. Il s’agit de ma visite du Speelklok Museum à Utrecht et de l’expo Monet :The immersive Experience à Bruxelles. Deux moments qui me rappellent combien les lieux de culture me manquent.
Nous voici donc en 2021 pour le dernier bilan de 2020.
En décembre, j’ai regardé deux films. Sans grande concentration, j’ai regardé le classique West Side Story. J’aime bien les vieux films et les comédies musicales et je me demande ce que Spielberg va en faire puisqu’on nous en annonce une nouvelle version cette année. Du même Spielberg, j’ai regardé avec curiosité Ready Player One. Ce film a reçu de bonnes critiques et suit les péripétie futuristes de joueurs immergés dans un jeu video qui supplante peu à peu la vraie vie. Je m’attendais à quelque chose de plus violent, style Black Mirror, mais cela reste assez grand public. Ce n’est pas mon style de film mais je le regardais pas curiosité, étant interpellée par l’impact du gaming sur la vie de certains ados et jeunes (et moins jeunes) adultes. Je dirais que c’était instructif et au niveau des effets et de la réalisation, c’est assez irréprochable évidemment.
J’ai regardé trois séries durant ce mois de décembre. L’une « Sur la piste de l’éventreur du Yorkshire » pour satisfaire mon étrange penchant pour les émissions de true crime et mon attrait pour l’Angleterre (bon un peu moins le Yorkshire dans les années 70 du coup). Ensuite, j’ai continué à « dévorer » The Crown et j’ai adoré. Je ne sais pas comment vendre cette série, tout semble avoir été dit et écrit. Bien sûr je comprends que la famille royale s’en offusque et il faut garder à l’esprit qu’on ne saura jamais exactement ce qu’il se passe dans l’intimité d’une relation. Contrairement à ce que j’ai lu au sujet de la représentation manichéenne de la relation Charles-Diana, j’ai pu éprouver de l’empathie pour les deux. Bien sûr Diana ne pouvait qu’être broyée par « The Firm » comme les anglais appellent leur monarchie, mais Charles, jeune homme brimé, en manque d’affection, aux désirs et amours systématiquement contrariés, m’a également touchée. La série est construite de telle façon que l’on peut souvent comprendre malgré tout des comportements évidemment répréhensibles, voire odieux. Enfin, comme annoncé dans un précédent article, Home for Christmas m’a accompagnée durant les jours de Noël. J’ai trouvé cette deuxième saison à la hauteur de la première, pas niaise tout en étant magique (ahhhh la Norvège), romantique tout en ayant une vision réaliste du couple et surtout célébrant l’amitié, la solidarité, l’ouverture d’esprit et l’indépendance. Pour moi, c’est une grande réussite. Et je trouve que la série a fait le tour. J’ai du mal à l’admettre car j’aimerais qu’elle continue toujours, mais le risque est là ne n’avoir plus rien à raconter, en tout cas en ce qui concerne la protagoniste. Mais bon, si une saison 3 arrive, je serai dans les starting blocks.
Au rayon littérature enfin, j’ai lu Vu de l’extérieur, un court roman de Katherine Pancol. J’ai du mal à dire si j’ai aimé. La protagoniste m’a agacée tout au long de ma lecture. Un peu moins à la fin. Il faut cependant reconnaitre une peinture assez juste d’une personne ayant de gros troubles d’attachement et victime d’abus qui se révèlent lorsqu’elle fonde une famille. J’ai également lu Le cercle des derniers libraires de Sylvie Baron. Une lecture doudou de fin d’année par excellence. Sylvie Baron, que je ne connaissais pas est qualifiée d’auteure de « romans policiers du terroir », et c’est exactement ce qu’est ce roman en plus d’être un manifeste militant pour la profession de libraire. Amateurs de livres et de mystère, ceci est pour vous. La surprise du mois est venue d’un livre prêté par une amie : Les oreilles de Buster de la suédoise Maria Ernestam. J’ai eu du mal à entrer dans ce livre et encore une fois à avoir de l’empathie pour la protagoniste, mais au fil de la lecture, j’ai vraiment été happée et je peux dire que j’ai beaucoup aimé ce livre. Il traite à nouveau ici de la pyschologie féminine, celle d’Eva, une dame qui approche de la soixantaine et qui, au travers d’un journal, se livre sur sa relation douloureuse avec sa mère (qu’elle annonce dès le début du roman, avoir tuée, mais on n’apprend pourquoi et comment que bien plus tard) et les conséquences de ce désamour sur sa vie. C’est très fin et c’est aussi un page turner. Les chapitres alternent entre le quotidien d’Eva et les révélations faites à son journal, les pièces du puzzle s’assemblent c’est assez addictif. Je recommande cette auteure, en tout cas ce livre. Il vaut la peine qu’on y consacre un peu d’effort au début.
Voici pour décembre donc. A suivre, mon top de cette année 2020. J’en profite pour vous souhaiter de belles découvertes en cette année. N’hésitez pas à donner votre avis et partager vos coups de cœur.