Bilan culturel de juin

Bonjour à tous,

Petit intermède dans mes récits de voyages passés et à venir pour vous parler de ma consommation littéraire et autre en ce mois de juin. Enfin, surtout littéraire car je ne suis toujours pas allée au cinéma en juin (mais j’y suis déjà allée ce mois-ci et plein d’autres films me font envie) et niveau séries, j’ai principalement continué des choses déjà entamées avant. Par contre, en Croatie j’ai renoué avec un temps de lecture quotidien conséquent et c’est donc avec plaisir que je vais pouvoir parler de plusieurs romans.

J’ai notamment et finalement terminé « Duma Key » de Stephen King. Le premier livre de cet auteur mythique que je lisais. J’avais déjà tenté 22/11/63 qui avait été encensé par la critique et les amateurs, mais il m’était tombé des mains assez rapidement. C’est une amie qui m’a offert Duma Key lors d’un souper à 4 après les fêtes où chacune proposait un livre et repartait avec le livre d’une autre. J’ai donc mis presque deux mois à terminer Duma Key, livre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, contrairement à plein d’autres de l’auteur. Voici la quatrième de couverture de l’édition du Livre de Poche :

Duma Key, une île de Floride à la troublante beauté, hantée par des forces mystérieuses, qui ont pu faire d’Edgar Freemantle un artiste célèbre… mais, s’il ne les anéantit pas très vite, elles auront sa peau ! Dans la lignée d’Histoire de Lisey ou de Sac d’os, un King subtilement terrifiant, sur le pouvoir destructeur de l’art et de la création.

Too much, kitsch, drôle, éminemment cinématographique façon série B, il y a du Tarantino chez King. Sabrina Champenois, Libération.

Terrifier son lecteur alors que son récit se déroule en plein soleil dans l’archipel des Keys, lieu paradisiaque à la végétation luxuriante et aux plages blondes, c’est ce que King fait de mieux. Tatiana de Rosnay, Le Journal du dimanche.

Ce que j’en ai pensé : Il faut savoir que le fantastique n’est pas mon genre de prédilection, mais ça vous l’aviez compris. Néanmoins, je suis contente d’avoir terminé ce bouquin assez conséquent. Il démarre en diesel et j’ai trouvé le début lent et même le milieu lent. Peut-être aussi parce que la fatigue me faisait clore les yeux après à peine une quinzaine de pages chaque soir sans vraiment réussir à m’immerger dans le récit. Cependant, je n’ai pas eu envie de laisser tomber comme pour d’autres livres. Je ne saurais dire ce qui a fait la différence, je pense que j’étais tout de même absorbée par l’atmosphère installée peu à peu par l’auteur. Pendant longtemps, j’ai senti quelque chose planer, une forme d’étrangeté, mais c’est seulement vers la fin du roman qu’elle est devenue menaçante puis terrifiante et à la fin, je ne pouvais quasiment plus lâcher le livre. Au final, ça m’a plutôt donné envie d’en lire un autre. A vous de me dire lequel. Etes-vous fan du maître ?

Au rayon séries, j’ai regardé les saisons 3 et 4 de « The Affair », une production de Showtime diffusée par Netflix. J’avais vu les deux premières saisons il y a longtemps (je pensais en avoir parlé ici mais je n’en retrouve pas la trace ) et j’étais ravie que la suite arrive sur Netflix. Je trouve cette série brillante, originale et captivante, bien que parfois, elle s’égare en voulant traiter trop de sujets à la fois. Au départ, le pitch est simple et le titre ne ment pas : on suit la relation extraconjugale de Noah et Allison (Ruth Wilson, vue en psychopathe dans Luther), ainsi que ses conséquences sur leurs vies et celles de leurs conjoints respectifs Helen (Maura Tierney – Urgences) et Cole (Joshua Jackson – Dawson, Fringe). Ce qui la rend exceptionnelle c’est :

  • La qualité incroyable de l’interprétation des acteurs principaux entre errance et résilience
  • La finesse psychologique et la construction des personnages qui traversent passion, deuil et traumatismes avec cohérence.
  • La force de se renouveler, même si certaines trames narratives de la troisième saison étaient évitables, c’est bien plus qu’une série sur une intrigue amoureuse.
  • Le portrait réaliste fait des psys et du travail de reconstruction, ainsi que de la dynamique familiale qui permet toujours une analyse plus poussée des actes posés.
  • Enfin, ce qui fait la particularité de la série et sa signature, le traitement des évènements selon plusieurs angles. Les épisodes sont divisés en deux et montrent au début les points de vue de deux personnes sur des évènements similaires. Par la suite, ce ne sera pas toujours le cas, mais les protagonistes se passent toujours le témoin de l’intrigue, le cédant occasionnellement à un personnage secondaire. C’est très innovant, parfois on ne sait plus où on en est après un épisode, mais cela rappelle surtout le caractère subjectif de l’expérience et la nécessité de prendre du recul avant de juger.

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Bref, sur le fond comme sur la forme, je vous recommande chaleureusement cette série. Attention cependant aux âmes sensibles, il y a pas mal de scènes assez crues et émotionnellement, cela peut aussi être violent. Si vous êtes déprimé, c’est à double tranchant.

Enfin, j’ai lu la trilogie de Douglas Kennedy « La symphonie du hasard ». Voici ce qu’en disait Christine Ferniot pour site de telerama lors de la sortie du premier tome :

Capable du meilleur (La poursuite du bonheur) et du moins bon (La Femme du Ve), Douglas Kennedy se révèle un champion des destins contraires. On s’installe dans ses romans avec l’assurance d’un plaisir confortable, renforcé par son sens de la dissection psychologique. Avec La Symphonie du hasard, le romancier se lance dans un ample projet : un roman fleuve couvrant une vingtaine d’années. Le premier volume de cette épopée américaine paraît ces jours-ci, les deux suivants seront disponibles en mars puis en mai 2018. Unissant petite et grande histoire, autobiographie et fiction, Douglas Kennedy réussit une fresque sociale et familiale pleine de trahisons, de mensonges et de culpabilité. Il choisit pour héroïne Alice, éditrice à New York, qui se souvient de son adolescence, dans les années 1970. Par son entremise, il plonge dans une famille middleclass de banlieue, une fratrie de trois enfants nés des amours d’une mère dépressive et d’un père catholique irlandais rigide et souvent absent.

Racisme, antisémitisme, homophobie, mais aussi éveil politique, coups d’Etat au Chili ou libération sexuelle… Douglas Kennedy lance son kaléidoscope et n’oublie jamais de serrer ses intrigues comme ses personnages en multipliant les détails de la vie quotidienne. On file boire une bière dans un « diner » décoré comme un wagon de train pour parler existentialisme. Van Morrison jaillit dans la sono. Les étudiantes fument des ­Viceroy et s’habillent « baba cool ». ­Richard Nixon prête encore serment sur les marches du Capitole… « Toutes les familles sont des sociétés secrètes », écrit le romancier, et en effet, les ­secrets ne manqueront pas — à commencer par un peu d’espionnage paternel à la solde de la CIA. Quand le premier tome s’achève sur un « A suivre » feuilletonnesque, on peste à l’idée d’attendre trois mois. C’est plutôt bon signe !

Douglas Kennedy est indéniablement un raconteur né, difficile de lâcher un de ses ouvrages. Comme dit plus haut, il y a eu du très bon et du moins bon, tant au niveau des intrigues (qui tendent à se répéter) que du style. Ici, on a un peu l’impression qu’une commande a été passée à l’auteur (mais est-ce une impression en fait?) et qu’il a dû livrer un produit fini rapidement. Je ne veux pas cracher outrageusement dans la soupe. J’ai aimé cette saga familiale (pour le coup tout à fait un de mes thèmes de prédilection) et suivre l’Histoire au travers des histoires et pérégrinations d’Alice. Cependant, j’ai trouvé aussi trop de clichés. Clichés sur la famille, clichés sur l’Amérique, clichés sur l’Irlande. Chaque détail du quotidien était convenu, les choses n’étaient pas bien dégrossies. Et, autre problème, les personnages ne sont pas des plus sympathiques, j’ai eu du mal à être en empathie avec Alice. Je trouvais que malgré ce qu’elle disait et pensait, les choses paraissaient glisser sur elle. Hormis les aléas de l’existence, ce qu’elle veut, elle l’obtient (une admission dans une université, la reconnaissance, un mec…) et ça manque globalement de nuance. Ceci dit, ça s’améliore et devient plus complexe je trouve lors du troisième tome. J’ai fini par m’attacher à Alice et aux personnages hétéroclites qui l’entourent et j’ai été touchée par les réflexions faites sur la façon dont nous pensons nous organiser pour ne pas souffrir, au risque de passer à côté du bonheur. J’en lirais un 4° ou un 5° avec plaisir, malgré cette pauvreté relative dans l’écriture. Si vous devez lire un Douglas Kennedy, je vous conseille « quitter le monde » ou « cet instant là » qui sont les deux ouvrages que j’ai préférés.

Voilà, j’ai beaucoup parlé alors que finalement, j’ai parlé de très peu de choses. Et vous, dites-moi, avez-vous des auteurs fétiches et d’autres qu’il vous faudrait encore absolument essayer ?

Bilan culturel d’avril

Nous sommes déjà le 12 mai, il est donc plus que l’heure pour moi de faire mon bilan culturel du mois d’avril. Comme je le disais dans mon article précédent, j’ai été très occupée ce mois. J’ai passé du temps avec des amis et j’avais pas mal d’engagements en soirée avec ma troupe de théâtre, sans parler des représentations.

Au niveau lecture, je n’ai rien à déclarer pour avril. J’ai commencé à lire « Duma Key » de Stephen King, mais j’avance très lentement sans encore avoir d’avis tranché. Je ne sais pas si ça me plait ou non. J’imagine que je vais tout de même parvenir à le lire avant la fin mai.

Je suis allée au théâtre voir Hamlet, avec Thomas Mustin (plus connu sous son nom de scène musical Mustii) dans le rôle titre. C’était une production de l’atelier théâtre Jean Vilar. J’ai un avis mitigé sur cette adaptation. Le texte n’était pas intégral et il était entrecoupé de moments musicaux, en anglais pour la plupart.

Mustii sera Hamlet au Jean Vilar (Ottignies-Louvain-la ...

Les plus :

  • De bons musiciens et de bons chanteurs et des morceaux qui me plaisaient, il y avait même du Bowie
  • Thomas Mustin est une bête de scène
  • La scénographie modulable et pivotante
  • Les monologues essentiels préservés
  • L’histoire reste compréhensible
  • On ne s’ennuie pas du tout

Les moins :

  • Je n’ai pas compris cette « revisite » de l’œuvre, c’était joli et bien fichu mais sans réel plus.
  • Pas compris le pourquoi des choix musicaux…c’était à mon goût mais je n’ai pas saisi si c’était destiné à apporter un plus ou à remplacer des morceaux de texte « coupés au montage »
  • Je ne comprenais pas bien Ophélie et un autre comédien, Polonius je pense
  • L’apparition d’un personnage au parler plus vulgaire qui croire la route d’Hamlet
  • Avec les coupures et les effets, on y perd en émotion. Hamlet était touchant, mais juste quand l’émotion affleurait, il y avait souvent quelque chose, un mouvement, un intermède, qui venait casser le moment.

Au final, j’ai passé un bon moment, même si j’ai eu l’impression d’assister à un exercice de style. Le texte  été en partie expurgé des considérations politiques pour se centrer sur la quête de sens d’Hamlet, sa révolte intemporelle face à la déception que sont les adultes, son tumulte intérieur entre désir de vengeance et tentation de choisir la mort. Cependant, l’émotion manquait, il aurait suffi de pas grand-chose pourtant.

Niveau séries, j’ai regardé deux deuxièmes saisons :

  • Celle d’ « Outlander », dont j’avais déjà parlé ici. La première partie de la saison m’a ennuyée car elle avait lieu en France et ce n’était plus la même ambiance. Heureusement, Jamie et Claire sont ensuite rentés en Ecosse et j’ai beaucoup aimé, même s’il y avait beaucoup de scènes de bagarre.
  • Celle d’ « Ennemi Public » , série belge de la RTBF, que j’ai bien préférée à « la Trève ». La première saison clôturait une intrigue (des meurtres d’enfants dans une petite ville des Ardennes) et en laissait une autre ouverte (la disparition vingt ans plus tôt de la sœur de l’inspectrice Chloé Müller). C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Angelo Bison, hypnotique, qui campe un assassin d’enfants en quête de rédemption et accueilli dans un monastère. L’intérêt de la série tient en bonne partie dans son interprétation, on se surprend à avoir de l’empathie pour lui, à croire en son changement, mais je n’en dis pas plus… A ses côtés, Stéphanie Blanchoud (Chloé Müller), Jean-Jacques Rausin (Michaël Charlier), Clément Manuel (frère Lucas), Pauline Etienne (Jessica Müller, adulte) et la jeune Fantine Harduin, entre autres… Une série qui donne l’occasion à des comédiens belges de tourner en Belgique et de jeter des ponts entre théâtre et télévision/cinéma. De plus, le suspense est réellement bien mené et on est vraiment tenus en haleine par la nouvelle intrigue, tout en suivant la vie des habitants de la communauté qui fait face aux conséquences de la première saison… A voir !

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Enfin, sur netflix, j’ai regardé un stand up de Ricky Gervais intitulé « Humanity ». J’ai découvert cet acteur archiconnu outre manche dans la série « After Life », chroniquée ici. J’ai adoré ce spectacle humoristique qui traite de la question « peut-on rire de tout ? » de façon intelligente et drôle. Le comédien y parle aussi de son non désir d’enfants et de son amour pour les animaux. Il y a là tout ce que j’aime, c’est audacieux, engagé, grinçant, extrêmement second degré et cynique. Bien loin de l’humour gras et misogyne des humoristes quinquas français que je ne supporte pas. Je vous recommande chaudement ce spectacle décomplexé et intelligent. Il est très bien sous-titré et lorsqu’on comprend bien l’anglais on saisit également quelques jeux de mots bien fichus.

Voilà, c’est tout pour ce mois d’avril. Je reviens en mai avec de la lecture j’espère, ça me manque. Et vous, qu’avez-vous découvert ? Quelque chose vous donne envie ?

 

Bilan culturel de mars

Bonjour à tous et toutes, en établissant ma liste, je m’aperçois que ce mois ci, j’ai passé moins de temps devant ma télévision, ce qui n’est pas une mauvaise chose. J’ai eu des soirées bien occupées, je suis partie à Lille et je me suis produite sur scène dans un festival sympa.

Voici donc un bilan plus léger que précédemment. En termes de séries, j’ai regardé :

  • « Brokenwood », la série programmée en mars le dimanche soir par France 3. Et vous savez que je suis une fidèle. C’est je pense la quatrième saison de Brokenwood qui a été diffusée. Chaque saison ne comporte que 4 épisodes. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les enquêteurs néo zélandais. Un cadre que j’apprécie moins que celui de l’Angleterre, mais ici il y a davantage d’humour, des personnages réccurents même en dehors de ceux qui mènent l’enquête et une médecin légiste russe qui me fait beaucoup rire, amoureuse et un peu flippante.
  • « Deep Water » sur netflix, une série qui enquête sur des meurtres homophobes en Australie. L’enquêtrice principale est une femme et elle s’aperçoit que le cas actuel pourrait l’aider à résoudre le mystère qui entoure la mort de son frère une vingtaine d’années auparavant. J’ai apprécié cette série, sans pour autant que ce soir un coup de cœur. Elle compte 6 épisodes.
  • « Conversations with a killer : the Ted Bundy Tapes » encore sur netflix : à voir absolument pour tous les fans d’enquêtes sur les tueurs en série. Ted Bundy, sous ses airs de gendre idéal, est sans doute l’une des personnalités les plus énigmatiques et terrifiantes du 20° siècle. Vous découvrirez des vidéos inédites et des témoignages glaçants que je n’avais jamais vus auparavant. C’est extrêmement bien documenté, on y voit Bundy assurer sa propre défense devant un tribunal. On nous y explique aussi comment ce psychopathe à la très haute intelligence a pu berner tant de monde, s’évader et partir en cavale dans plusieurs états, chose qui ne serait sans doute plus possible de nos jours grâce à l’informatisation. Passionnant.
  • Mais le vrai coup de cœur, c’est « After Life » (toujours netflix), une minisérie en 6 épisodes de 25 minutes. C’est beaucoup trop court. On y suit un homme (Ricky Gervais, humoriste très connu en Angleterre) qui fait face au deuil de sa femme adorée, décédée d’un cancer plusieurs mois auparavant. Ou plutôt qui n’y fait pas face. Il décide de se suicider, puis renonce car il doit nourrir sa chienne…Il décide alors de continuer à vivre en s’employant à dire ce qu’il pense, sans ménager les gens qui tentent de lui venir en aide, voire en les poussant à bout. Regardez cette série, c’est un bijou d’humour et de sensibilité. Oui parce que c’est une comédie. J’ai tout aimé, les personnages secondaires sont colorés et attachants, les situations sont cocasses (le personnage principal travaille au journal local d’une petite bourgade anglaise où les gens inventent les prouesses les plus farfelues pour être à la une) et c’est bourré d’une humanité salvatrice. J’ai cependant regretté le trop plein de bons sentiments du dernier épisode, je trouve que cela aurait pu aller plus loin encore, avec une saison plus longue et une conclusion mieux amenée. On annonce une seconde saison, je ne sais pas ce sous quel angle on peut aborder une suite (à cause notamment de cette fin un peu trop rapidement emballée), mais je serai là.

After Life: La nueva serie del creador de The Office para ...

Je n’ai pas eu le temps d’aller au cinéma ce mois de mars et cela me manque. Le seul film que j’ai regardé est « ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle (1958). J’aime de temps en temps regarder un classique ou un vintage, vous avez dû le remarquer dans mes bilans. Cela me rappelle que j’ai tout de même étudié le cinéma durant un an. Ce film est un thriller assez bien ficelé et considéré comme l’un des premiers de la Nouvelle Vague. Ce n’est pas le genre que je préfère, mis à part les films de Truffaut que j’affectionne (surtout la Nuit Américaine), mais il tient en haleine. Il est cependant difficile d’entrer en empathie avec les(anti)héros qui sont assez égoïstes et finalement malintentionnés. Mais bon c’est de la Nouvelle Vague noire.

Le monde selon Garp Streaming VF qualité HD

Enfin, mon unique lecture du mois est un livre que je regardais sur les étagères des librairies depuis des années. Il commence lui aussi à être vintage puisqu’il a été publié en 1978. Il s’agit de « le monde selon Garp » de John Irving. Voici le résumé de la quatrième de couverture : « Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin…Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde. » Eh bien je suis bien en peine pour dire si j’ai aimé ce roman. En tous les cas, il est inclassable et j’ai pris plaisir à le lire même s’il lui faut du temps pour se lancer. C’est une lecture parfois laborieuse mais ô combien originale. Je l’ai trouvé un peu décousu à certains moments ; il nous balade entre passé, présent et futur. Je me suis demandé si le personnage de Garp n’était pas un peu autiste, en tout cas il est atypique et obsessionnel, ce qui le rend parfois fatigant. John Irving réussit à transformer le quotidien en aventures parfois loufoques et limite grotesques… Comme d’autres critiques que j’ai lues, je trouve qu’il a peut-être essayé de mettre trop de choses dans un seul roman : paternité, violence, processus de création, émancipation, libération sexuelle, féminisme, voyage, infidélité, meurtres… Des nouvelles entières rédigées par Garp sont inclues dans le roman. Un ovni, adapté au cinéma avec Robin Williams dans le rôle titre. Au final, je crois que je vous recommande ce libre, j’ai aimé lire les critiques, la préface, etc… car il y a plus que l’histoire en elle-même. J’ajoute que, même si le roman a fêté ses quarante ans, il reste d’une grande actualité, je ne l’ai pas trouvé daté. Je suis également curieuse de lire un autre roman de John Irving qui qualifie celui-ci, même si c’est celui qui l’a rendu célèbre, de roman de jeunesse et admet son manque de structure. Bref, vous l’aurez compris, « le Monde selon Garp » ne ressemble à aucun autre roman.

Voilà, c’est tout pour ce mois ci. Le mois prochain, nous aurons Hamlet, Ennemi Public et peut-être mon premier Stephen King (je m’avance, oui).

 

Bilan culturel de février

Bonjour, me voici pour le rendez-vous mensuel avec ma consommation de produits culturels ou assimilés. En ce mois de février, je peux parler de 3 séries, un film, un livre et deux pièces de théâtre. Il y a eu du très bon mais également quelques déceptions. Commençons sans plus attendre avec les séries. J’en ai regardé et terminé 3 :

  • Friends from college 2 (netflix): cette série de deux saisons de 8 épisodes de +-25 minutes est parfaitement dispensable. Je ne dis pas qu’elle est mauvaise, mais c’est juste parce que cela rendrait plus difficile de m’auto justifier quant au temps passé à la regarder. J’avais regardé la première saison en grande partie parce qu’il y avait Cobie Smulders (Robin dans « How I met your mother ») et que j’espérais que ce soit une comédie chorale sur la vie d’adulte comme je les aime et qui vieillissent un peu en même temps que moi. En vrai ils sont antipathiques et égocentrés au possible et l’effet de groupe ne rachète pas les individus. J’ai regardé la seconde pour voir si ça s’améliorait et pas vraiment. En plus, détail stupide, mais ça crève les yeux que les acteurs n’ont pas tous le même âge alors qu’ils sont censés être copains de promo. Je me demande pourquoi ça a été renouvelé, beaucoup de gens ont dû faire la même chose que moi. Et la fin n’est pas une vraie fin et laisse supposer une saison 3. Du gâchis. La curiosité ne me reprendra pas ou alors à regarder en cas de grippe.
  • Case (netflix) : un nouveau scandinoir en 9 épisodes. Cette série islandaise suit un avocat dépravé qui remet le pied à l’étrier en enquêtant sur le suicide d’une jeune ballerine et en découvrant au final tout un réseau pédophile qui abuse de jeunes filles en difficulté. C’est assez trash mais bien mené. J’ai un peu de mal avec les séries trop glauques en termes de sexualité et de dépravation, je préfère une bonne murder story, mais cette série n’est pas mal dans son genre.
  • Hinterland (production BBC diffusée sur netflix): j’ai repris mon visionnage de cette série galloise dont j’avais regardé un seul épisode. Je n’avais pas accroché la première fois, mais ici j’ai littéralement dévoré les 3 saisons, comme quoi…Attention, la version française n’est pas disponible. Ce n’est pas un problème pour moi qui regarde quasi tout en V.O. Cette série a la particularité de posséder deux versions originales : les scènes sont tournées une fois en anglais et une fois en gallois. A voir si vous aimez comme moi les landes pluvieuses et les intrigues fouillées qui plongent volontiers leurs racines dans les générations passées. A chaque épisode une intrigue, mais également une enquête en filigrane sur l’ensemble des trois saisons à la fin desquelles une boucle est bouclée. L’occasion pour moi de découvrir un amour insoupçonné pour les prénoms gallois tels Gwilym et Aneirin. Après les Cotswolds et les Cornouailles, nouvelle obsession. Take me to the UK.

BBC One - Hinterland

J’ai été voir un seul film au cinéma, mais ce fut une bonne pioche puisqu’il s’agit de « Green book » de Peter Farrelly . Que dire qu’on n’ait pas déjà lu dans la presse à propos de ce film absolument sublime ? Viggo Mortensen y est impérial, voici notre classieux Aragorn transformé en videur italien en léger surpoids, raciste de surcroit et, disons le franchement, pas très intelligent. Il est méconnaissable et hilarant. En contrepartie, Mahershala Ali ne se laisse pas bouffer et y est d’une sensibilité et d’une distinction récompensées à juste titre par l’Académie des Oscars pour la deuxième fois déjà. Le duo fonctionne à merveille et nous les suivons dans l’Amérique profonde, celle du Sud, baignée dans le jazz des années soixantes et la ségrégation raciale nauséabonde. Une histoire racontée avec humour mais qui ne nous épargne pas les scènes coup de poing ou même les images plus simples qui nous arracheraient une larme, comme ce moment où, à l’arrêt pendant que Tony Vallelonga (Mortensen) change un pneu sur une route de campagne, le musicien Don Shirley (Ali), à l’arrière, et les paysans noirs du champ de coton d’en face se dévisagent incrédules et peinent à se reconnaitre… Cathy Immelen (la critique cinéma de la RTBF) parle d’un feel good movie et c’est aller loin je trouve, mais courrez néanmoins le voir, vous ne serez pas déçus !

'Green Book' Is A Poorly Titled White Savior Film

Deux pièces de théâtre étaient inscrites dans mon carnet de bal ce mois-ci :

  • « L’école des femmes » : Je pense que c’est la première fois que j’allais voir un Molière sur une scène professionnelle. J’ai eu le plaisir de revoir en jeune première la comédienne Suzanne Aubin qui m’avait éblouie en Chérubin dans « La Folle journée ou le mariage de Figaro » mis en scène par Rémy Braché en 2016. Ici j’ai passé un bon moment sans être conquise par la mise en scène ni par le texte qui, pour moi, n’est pas le plus drôle de Molière. Les rôles de valets, d’habitude si malicieux chez Molière, sont ici vraiment secondaires et se bornent à suivre les instructions de leur maitre. Je pense que « Le Mariage de Figaro » et, plus tôt cette saison, « Le Triomphe de l’Amour » (Marivaux dans une mise en scène de Podalydès) m’en ont tellement mis plein la vue en termes de jeu, scénographie et mise en scène que j’en deviens très exigeante…
  • « Candide et la Folie du Monde » : j’ai découvert cette production de la compagnie du Simorgh sur une scène plus petite. J’ai été séduite par cette adaptation poétique, musicale, corporellement inventive du classique de Voltaire. Candide est virevoltant et on est complètement embarqué dans ce voyage initiatique cruel qui est le sien. Les comédiens incarnent à eux 5 une foule de personnages dans un exercice transformiste tout en sobriété. Leur tournée continue et je vous conseille de les découvrir. Pour ma part, c’est avec plaisir que je verrais une autre production de la compagnie.

Enfin, comme il n’y avait que 28 jours à ma disposition, je n’ai lu qu’un seul roman, qui a d’ailleurs été assez vite lu. Il s’agit d’ « Agatha raisin : gare aux fantômes » de M.C. Beaton. Il y a quelque temps, j’avais pu découvrir lors de mes dimanches soirs (sponsorisés par France 3 comme vous commencez à le savoir) la série adaptée des romans de M.C. Beaton. Les aventures d’Agatha Raisin sont plutôt décalées et humoristiques et j’avais bien aimé le personnage assez hautain et antipathique de prime abord, mais finalement piquant comme j’aime bien. Elle faisait la team avec son ancien associé londonien (oui je ne dis pas les choses dans l’ordre mais Agatha est une quinqua célibataire qui bossait dans la com à Londres avant de prendre une retraite anticipée dans la superbe région des Cotswolds où les crimes commis la poussent à devenir détective amateur) et une jeune mère célibataire. Blessée en amour, elle lorgnait aussi sur son charmant voisin. J’ai été déçue par le roman par contre. Il parait qu’il faut les lire dans l’ordre, moi j’ai pris une nouveauté en bibliothèque et en fait je n’ai pas retrouvé l’Agatha de la série. J’ai aimé l’ambiance village anglais et mystère, mais l’obsession d’Agatha pour les hommes a irrité la féministe en moi. Elle ne pense qu’à ça ! Comment séduire, se faire belle, impressionner…c’était agaçant au possible et j’ai trouvé cette préoccupation omniprésente dérangeante. Je ne me rappelais pas le personnage de série comme ça. Bien sûr on sentait la sensibilité sous la carapace, mais ici elle était simplement pathétique. Une vraie caricature. Bref, si d’autres d’entre vous ont lu la série, est-ce comme cela à chaque fois ? C’est dommage car pour une lecture légère, ça aurait pu être vraiment parfait. Dois-je donner une seconde chance à Agatha ?

Et vous, qu’avez-vous vu/lu/entendu ? Si vous voulez échanger avec moi, n’hésitez pas à me laisser un commentaire et/ou à vous abonner pour ne pas rater mes billets culture. Bon mois de mars à vous, plein de jolies choses…

Bilan culturel de janvier

Bonjour, me revoici pour ce premier bilan du mois de janvier. Ce mois-ci, j’ai moins regardé netflix. D’une part parce que des choses intéressantes étaient programmées à la télévision (oui ça vaut encore la peine de regarder) et d’autre part parce que ce mois a été plus riche en sorties. J’étais rarement chez moi les soirs du weekend et j’ai eu l’occasion d’aller deux fois au cinéma et deux fois au théâtre. Je n’ai pas vraiment parlé de théâtre jusqu’ici, mais je me suis dit que quand je voyais des choses bien, j’allais tout de même les chroniquer ici. Je me freinais en me disant que de toute façon vous ne pourriez plus voir ce que j’ai vu puisque le théâtre est éphémère, puis je me suis dit que j’avais envie d’en garder une trace. Le théâtre est une partie très importante de ma vie. Les spectacles que je vais voir sont parfois encore programmés ou partent en tournée. Et au pire, je découvre un auteur sympa ou un metteur en scène que vous pourrez voir ailleurs dans d’autres productions. Ca m’intéresse d’ailleurs d’avoir des retours si vous avez vu la même chose que moi ailleurs monté par d’autres gens. Mais trêve de bavardages, commençons sans plus tarder.

Au théâtre, j’ai donc été voir deux spectacles, l’un dans le circuit professionnel et l’autre dans un théâtre amateur :

  • « Les Faux British » de De Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields dans une Production du Théâtre bruxellois Le Public. L’histoire d’une bande d’amateurs de roman noir anglais qui se réunissent chaque année pour une représentation théâtrale d’une histoire de meurtre. Mais ce n’est pas l’intrigue en elle-même qui est palpitante. Il s’agit ici d’une comédie, presqu’une farce d’ailleurs qui va voir les apprentis acteurs faire preuve d’une détermination surhumaine pour mener cette représentation à bien malgré de multiples embûches : problèmes de texte, de matériel, de décors, blessures…bref tout y passe dans un comique de situation frôlant l’absurde et jusqu’à un final apocalyptique. La pièce est également programmée à Paris et sera de retour au Public en avril. Je vous la recommande. Personnellement, j’ai passé une très bonne soirée, même si parfois c’était un peu too much, les avaries se produisant à un rythme effréné et parfois à la grosse louche. Les acteurs maitrisent leur sujet et vont jusqu’à se mettre en danger physiquement. Ils tournent à plusieurs équipes (deux en Belgique et deux en France) notamment pour parer aux blessures encourues. Chapeau pour cette interprétation très juste de mauvais comédiens par des comédiens professionnels. Pour passer une bonne soirée et se détendre en cas de grisaille et/ou de petit moral. Ce spectacle a remporté le Molière 2016 de la meilleure comédie.

LES FAUX BRITISH - Vaudeville catastrophe

  • « Le Nether », de Jennifer Haley (qui a travaillé notamment sur les séries Hemlock Grove et Mindhunter pour Netflix) dans une mise en scène de Luc Jaminet pour le théâtre Proscenium où elle est programmée jusqu’au 2 mars. Une pièce audacieuse et assumée qui nous questionne (parfois un peu trop, car pour ma part, j’aurais apprécié qu’on aille davantage au fond des choses plutôt que de juxtaposer) sur notre rapport au virtuel et à la criminalité sur internet. Je vous invite à lire le résumé sur leur site et la note du metteur en scène. Ce spectacle est déconseillé au moins de 16 ans et je pense même qu’à cet âge, il faut un adulte pour pouvoir débriefer, la pièce touchant au délicat sujet de la pédophilie. Les acteurs sont excellents et la scénographie enchanteresse. A voir ! A noter que c’est une première en francophonie et que Jennifer Haley est assurément une scénariste/dramaturge à suivre.

 

J’ai également repris ma fréquentation des salles de cinéma. J’y ai vu :

  • « Le retour de Mary Poppins » de Rob Marshall avec Emily Blunt, très convaincante dans le rôle titre. J’ai regretté de ne pouvoir le voir en V.O. et peut –être que pour cela aucune chanson ne m’a marquée ou peut-être parce que je n’ai plus 10 ans. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère du film, revoir le Londres d’antan… Les chorégraphies magiques étaient au rendez-vous, de même que la plongée dans un univers de dessin animé. C’était aussi très agréable de voir des acteurs anglais que j’aime, tels que Colin Firth ou Emily Mortimer. A noter également le caméo de Dick van Dyke qui incarnait le ramoneur Bert dans le premier film. Le film était assez long et malgré cela, aucun enfant dans la salle (et il y en avait) ne s’est montré bruyant ou impatient. La preuve d’une réussite !
  • « The Favourite » de Yorgos Lanthimos, avec Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone. C’est d’ors et déjà un de mes favoris de 2019, je le sens. Je vous invite à googler pour les références historiques de ce film en costume à nul autre pareil. La critique est assez unanime et je suis d’accord. C’est cruel, intelligent, drôle, décalé. On n’est pas très loin de la vérité historique, mais les trois actrices jouent des femmes de caractère tout en n’hésitant pas à nous les montrer jusque dans ce qu’elles ont de plus pathétique. Les rôles masculins sont pour une fois secondaires, on notera la présence de Nicholas Hoult, hilarant en noble poudré et perruqué. Courrez-y ! De mon côté, je vais guetter la possibilité de visionner d’autres films de ce réalisateur grec que je ne connaissais pas.

Movie Review - The Favourite (2018)

J’ai regardé 3 séries en ce mois de janvier. Je n’ai pas terminé de série netflix car je trouvais mon compte à la télévision et je ne voulais pas me remettre trop vite à Poldark ou Outlander dont je devrais ensuite attendre pendant (trop ?) longtemps les nouveaux épisodes. Voici donc ce que j’ai regardé :

  • Barnaby sur France 3, mes téléfilms anglais de vieille dame. Ça m’aide tellement à affronter les dimanches soirs.
  • « Il miracolo », une série italienne de Niccolò Ammaniti sur arte. J’étais ravie de pouvoir regarder une série italienne en V.O. En plus, Niccolò Ammaniti est l’un des premiers auteurs que j’ai lus lorsque je vivais en Italie, je me souviens d’avoir été marquée par son superbe roman « io non ho paura » (« je n’ai pas peur »). Cette série en 8 épisodes nous parle, comme son titre l’indique, d’un miracle, celui de la découverte dans la cache d’un mafieux, d’une statuette de 40 cm de la vierge qui pleure des larmes de sang. J’étais dubitative en ce qui concerne le pitch, n’étant moi-même pas croyante. J’ai lu qu’Ammaniti ne l’était pas non plus, alors je me suis tout de même lancée. Cette série n’est pas une série centrée sur la religion, mais bien sur notre rapport à la foi et sur le sens de la vie. Elle suit des personnages variés et nous dépeint l’impact que cette découverte aura sur eux : le premier ministre en plein réferendum à peine fictif sur la sortie de l’Italie de l’Union Européenne, son épouse, une chimiste qui consacre sa vie à prendre soin de sa mère malade, le solitaire général qui monte la garde et coordonne les opérations liées au « miracle », un prêtre à la dérive et une femme qui fut son amour de jeunesse. Leurs destins s’entremêlent à la faveur de la découverte… Ne vous attendez pas à une explication du miracle, ce n’est pas ici le propos. Ce sont des histoires profondément humaines. J’ai apprécié cette série et j’ai trouvé qu’elle ne ressemblait à aucune autre et était servie par une musique et des personnages qui prennent aux tripes.
  • « Spring Tide 2 », une série suédoise diffusée sur Arte. J’avais déjà regardé la première saison et j’aime à nouveau beaucoup celle-ci. Elle compte 10 épisodes et je n’ai pas encore vu les deux derniers. A voir si vous aimez les polars et appréciez les séries nordiques. Même si ici, une intrigue secondaire vous emmènera jusque Marseille.

Enfin, je n’ai terminé ce mois-ci qu’un court roman, le second que je lis de Yasmina Khadra. Je vous avais parlé ici de mon coup de foudre pour son roman « l’attentat ». J’ai maintenant lu « les sirènes de Badgad » et j’ai beaucoup aimé aussi, mais pas autant que « l’attentat », peut-être parce que je n’avais pas l’effet de surprise face à la beauté de la plume de l’auteur et qu’il m’était moins facile de m’identifier au personnage principal. En effet, si dans « l’attentat » il s’agit d’un jeune médecin palestinien bien intégré en Israël, l’anti-héros des « sirènes de Bagdad » est un jeune homme irakien vivant selon les traditions et le code d’honneur en vigueur dans les villages. On suit sa révolte face aux humiliations subies de la part des soldats américains qui occupent le pays et qui le mènent sur le chemin de la vengeance et du terrorisme. On se surprend néanmoins à le comprendre, à entrevoir comment, lorsqu’on vous prive de toute dignité et lorsqu’on prive un peuple de toute possibilité d’émancipation (que ce soit le tyran Saddam ou l’envahisseur « libérateur » américain) et d’autodétermination, une vie simple qui ne demandait qu’à se dérouler, peut basculer dans la rage et la destruction. Une lecture qui n’est pas légère, mais pas trop longue non plus et qui restitue à chacun sa part d’humanité et de compassion tout en dénonçant en filigrane toute forme de violence.

Voilà, c’est tout pour janvier. Avez-vous fait des découvertes dans mes bilans ou en avez-vous à me suggérer ?

Séries, films, livres: mon top de 2017-18

Bonjour à tous et à toutes, en ce début d’année je vous propose un top de ce que j’ai aimé au cours des derniers mois. J’ai décidé de démarrer à partir d’octobre 2017 car c’est à ce moment là que j’ai commencé à faire mes bilans mensuels. J’ai aimé beaucoup de choses, je cible généralement bien ce qui me convient. Cependant je vais essayer de chosir. Les titres en gras sont ceux qui m’ont le plus marquée. Je ne vais pas redétailler tout, mais plutôt indiquer quelques mots clef qui vous permettrons de savoir à quoi vous attendre. Pour plus d’infos, je vous invite à parcourir mes bilans qui sont plus détaillés. Si vous ne savez pas quoi regarder/lire, à vos blocs notes.

On commence par les séries policières, un de mes genres favoris comme vous savez :

  • Happy valley : une série anglaise qui déboite avec une femme dans le rôle principal
  • Luther : série anglaise avec Idriss Elba, sombre et violence
  • Mindhunter : production netflix sur les débuts de la psychologie criminelle, tueurs en série, tirée d’une histoire vraie
  • Broadchurch : le top du top avec David Tennant, Olivia Colman et Jodie Whitaker, meurtre d’un enfant sur les côtes anglaises, un final incroyable
  • Casa de papel : est-il besoin de la présenter ?
  • Endeavour : mon chouchou, diffusé sur France 3
  • Line of duty : le top du top au niveau scénaristique, un vrai coup de cœur !
  • Bodyguard : un vétéran de guerre traumatisé est affecté à la protection de la ministre de la justice, terrorisme et suspense
Line of Duty season 4 finale: Ted Hastings star drops a ...
Les chasseurs de ripoux de Line of Duty

Séries dramatiques :

  • Poldark : Cornouailles 1770, ici aussi un gros coup de cœur pour les personnages, l’histoire, les paysages, amour, politique et vie rurale.
  • Les héritiers : saga familiale danoise autour d’un héritage, diffusée sur Arte
  • 13 reasons why : la série coup de poing qui parle viol, suicide et harcèlement chez les adolescents, dur mais nécessaire.
  • This is us : love love love !!! histoire d’une famille américaine qui mêle le présent et le passé. Impossible à résumer, mais tellement de belles choses et d’émotions !
  • Stranger things : pour les enfants des années 80 nostalgique des films de l’époque ou on résout des mystères en bande et à vélo. Surnaturel, suspense et humour au rendez-vous !
‘This Is Us’ Cast: Meet Chrissy Metz, Justin Hartley And ...
Les protagonistes de This is us à travers les âges

Comédies/formats courts :

  • The end of the f***ing wolrd: un adolescent psychopathe et une fille en colère font une virée pour échapper à leur vie, bijou d’humour noir et d’émotion.
  • New Girl: une série doudou sur une bande de colocataires déjantés à Los Angeles, emmenée par l’adorable Zooey Deschanel.
  • Grace and Frankie: avec Jane Fonda, deux femmes de 75 ans et + que tout oppose se voient contraintes d’emménager ensemble lorsque leurs mari respectifs les quittent et leur avouent leur homosexualité et leur futur mariage par la même occasion. Hilarant !
  • Lovesick: la recherché de l’amour à Glasgow au temps des MST. J’ai littéralement fondu !
  • Love : ici aussi, l’amour évidemment, sans fard, sans glamour mais authentique. Un bijou !
Love | Apaixonados por Séries
La rencontre de Mickey et Gus dans « Love »

Au niveau cinématographique, voici ce que je retiens :

  • 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh : la détermination d’une mère à découvrir qui a tué sa fille dans une petite bourgade de l’Amérique profonde.
  • Darkest Hour de Joe Wright : la vie de Winston Churchill et sa gestion du conflit mondial
  • Nos plus belles années de Sidney Pollack : un film de 1973 avec Barbra Streisand et Robert Redford au sommet de sa beauté. L’histoire d’amour contrariée entre un playboy et une militante communiste entre 1937 et 1950.
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent : le film qui m’accompagne dans ma prise de confiance et mon chemin vers une vie plus simple, responsable et durable.
  • 1900 de Bernardo Bertolucci (1976) : une amité entre deux garçons aux origines sociales opposées entre 1900 et 1945 dans l’Italie qui assiste à la montée du fascisme
Darkest Hour: Not Their Finest - Fort Worth Weekly
L’incroyable transformation de Gary Oldman en Winston Churchill

J’ai recommencé à lire davantage en 2018, j’ai donné une deuxième chance à certains livres et je ne l’ai pas regretté :

  • « L’attentat » de Yasmina Khadra : poétique et déchirant
  • « Dolce Vita » et  « Les nouveaux Monstres » de Simonetta Greggio : instructif
  • La saga « l’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante : chronique d’une amitié qui dure une vie dans les quartiers populaires de Naples, une écriture intime qui m’a happée, lu en italien.
  • « Rebecca » de Daphné du Maurier : un classique de la littérature anglaise, roman gothique fascinant et angoissant.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston : un essai absolument passionnant sur les rapports entre les sexes en occident
  • « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel : saga toscane, coup de cœur de cette fin d’année.
  • Les romans de Lars Kepler que je continue à adorer
22 best images about Manderley on Pinterest | Cornwall ...
Le célèbre incipit de « Rebecca »

Voilà, j’espère que cela vous donnera des idées, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos belles découvertes de l’année écoulée et si je vous ai donné envie de découvrir certaines choses. De mon côté, je vais poursuivre ces articles. J’aimerais regarder davantage de films, mais la production de séries est tellement intense et de qualité ces dernières années que j’ai regardé beaucoup moins de longs métrages. Je me suis en revanche tournée vers certains classiques et j’aime enrichir ma culture historique défaillante grâce au cinéma et à la littérature, surtout en ce qui concerne l’histoire de l’Italie et de l’Angleterre, deux pays chers à mon cœur comme vous l’aurez compris.

Bilan culturel (chargé) de décembre

Bonjour, voici le bilan culturel du mois de décembre. J’ai été plus libre ce mois ci, sans le théâtre, et j’ai en plus eu la chance d’avoir des congés. J’ai donc pu me promener, reprendre le sport à un bon rythme et également lire, checker netflix et même sortir au cinéma. Ca me manquait tellement ! Je projette de faire un top de ce que j’ai le plus aimé en 2018 dans un article très bientôt. Stay tuned comme on dit !

Commençons tout de suite par les séries regardées en décembre. Sur netflix, j’ai terminé :

  • La saison 1 de sick note. J’ai surtout cliqué parce que c’est avec Rupert Grint et je pense avoir déjà laissé des indices qui vous permettent de savoir que je suis une fan inconditionnelle de Harry Potter. Le pitch tient en une ligne : un mec (Rupert Grint, très bon une fois de plus en loser) se fait diagnotiquer erronément un cancer et se retrouve embarqué dans une série de mensonges et d’aventures loufoques avec son médecin… C’est drôle, mais pas non plus fou. Il faut aimer l’humour absurde et les personnages un peu caricaturés et théâtraux.

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  • La saison 2 de The Good Place : je n’étais pas emballée plus que ça par la première, mais là ça y est, je kiffe cette série. J’avais peur que ça ne tourne en rond et finisse par me gaver (comme Kimmy Schmitt et surtout Orange is the new black – juste plus possible), mais j’ai été agréablement surprise. C’est toujours très drôle, ça amène à réfléchir et il y a un fichu suspense. La série est tellement originale que je pense qu’elle avait besoin d’une saison pour se poser. Vivement la suite, une saison 3 est disponible.
  • The innocent Man : cette série est une adaptation de la seule œuvre non fictionnelle de John Grisham, juriste devenu écrivain et spécialiste des romans judiciaires. Il y a 6 épisodes et la série traite de deux homicides survenus au début des années 80 dans une petite ville d’Oklahoma. Ces homicides ont donné lieu à des arrestations assez rapides sans preuves matérielles, principalement sur la base d’aveux vidéofilmés. Deux hommes ont été condamnés pour chaque crime et Grisham, des avocats, experts indépendants et l’équipe de The Innocence project tentent de prouver leur innocence. Révoltant et passionnant… Je vous conseille cette série qui fait froid dans le dos et rappelle qu’on peut se faire rapidement voler sa vie quand on est démuni dans certains bleds de l’Amérique profonde… On estime aux USA que 4% des personnes incarcérées sont innocentes, ce qui veut dire 90000 personnes.

J’ai également regardé pas moins de 3 séries à la télévision, eh oui :

  • Les enquêtes de Vera sur France 3. J’ai déjà parlé de cette série, la saison vient de s’achever. Elle fait partie de mes séries anglaises doudou du dimanche soir. France 3 alterne les diffusions de Grantchester, mon chouchou Endeavour (Morse), Vera et Barnaby pour mon plus grand plaisir. Oui je sais, on va dire que je regarde des trucs de vieux et c’est pas vrai et puis je m’en fous, j’ai une vieille âme que voulez vous.
  • La saison 2 de This is us…que dire, cette série est une vraie pépite que tout le monde devrait voir, j’en ai déjà parlé l’an dernier aussi. Que d’émotions, que de thèmes abordés, quels beaux personnages…je sens qu’elle va finir dans le top.

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  • La vérité sur l’affaire Harry Québert : ça faisait longtemps que je l’attendais, ayant comme beaucoup, lu le fabuleux et diabolique roman de Joël Dicker en…2015 je pense. J’avais été happée par ce récit et ce roman si « américain » écrit par un jeune suisse de 30 ans à peine. Je ne dévoile rien de l’intrigue. Je l’ai redécouverte en partie (elle est si sinueuse que j’en avais oublié des rebondissements) et j’ai apprécié cette série. Patrick Dempsey colle tout à fait à l’idée qu’on pouvait se faire du mélancolique Harry Québert. J’ai été plus surprise par le personnage de Marcus, davantage golden boy dans la série que dans les livres il me semble. J’ai eu envie de le gifler une ou deux fois. Les décors sont superbes, l’atmosphère est incroyable. Même si c’était diffusé sur TF1, j’avais activé la VO sous titrée et ça change tout. A voir que vous ayez lu le roman ou non…et si vous ne l’avez pas lu, lisez le il est incroyable.

C’est tout pour les séries, passons maintenant aux films, en allant du moins bon au meilleur :

  • Sur netflix j’ai regardé deux films produits par la plateforme et on ne peut plus dispensables : the Holiday Calendar pour l’ambiance de Noël (ne me jugez pas, n’avez-vous jamais péché ?) et Ibiza avec Gillian Jacobs (de « Love ») et Richard Madden (« Bodyguard »). J’ai regardé ce second lors d’une soirée papote avec une amie et principalement pour les acteurs (sous exploités) et parce que j’aime Ibiza (sous exploitée aussi…). Bref, dispensable comme j’ai dit.
  • Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindewald. Forcément j’y suis allée. Malgré les mauvaises critiques que j’avais lues. J.K Rowling forever et Eddie Redmayne forever. Par contre, je n’aime pas du tout Johnny Depp mais comme il joue une crapule, je peux le détester à mon aise, ça passe. Et Ezra Miller ( « Le monde de Charlie » et « We need to talk about Kevin ») au top, comme d’habitude. J’ai aimé ce film, mais je suis biaisée. Pas assez cependant pour ne pas me rendre compte que la première heure était très très lente, qu’il ne s’y passe rien et que leurs amourettes commençaient à m’ennuyer (what the fuck les gars, des gens vont mourir, ressaisissez vous !). Heureusement cela décolle ensuite et on a une vraie intrigue et du vrai suspense. On retourne à Poudlard/Hogwarts avec Jude Law en Albus Dumbledore jeune et ça forcément j’ai adoré. J’espère en voir plus dans le prochain film que j’irai fidèlement voir avec ma broche du vif d’or achetée à Bruges.
  • Dans ses yeux (« el secreto de sus ojos ») un film policier argentin de Juan José Campanella, sorti en 2009, avec Ricardo Darin. Ce film a reçu le Goya du meilleur film étranger en langue espagnole ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger, ça vous donne une idée du niveau. Voici les premières lignes du synopsis de wikipedia : En 1999 à Buenos Aires, un agent à la retraite du ministère fédéral de la justice, Benjamín Espósito, essaie d’écrire l’histoire d’une affaire criminelle qu’il a traitée 25 ans plus tôt et qui le hante toujours : le viol et le meurtre en juin 1974 d’une jeune femme mariée, Liliana Colotto. Il rencontre sa supérieure de l’époque, Irene, dont il est toujours secrètement amoureux, et évoque avec elle l’enquête qu’il a menée à cette époque avec son adjoint, Pablo Sandoval. Espósito et Sandoval, émus par la ferveur de l’amour que l’époux de la victime portait à sa femme et l’obstination de celui-ci à retrouver le coupable, ont refusé que le dossier soit classé… Je ne vous dévoile pas la suite. Au-delà du suspense et du final qui m’a scotchée, ce film est une magnifique et triste ode à l’amour véritable, qui pose la question de la vengeance et de la reconstruction après qu’il nous ait été enlevé. A voir pour les amateurs de cinéma étranger de qualité.

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  • 1900 de Bernardo Bertolucci. En hommage à ce sulfureux dinosaure du cinéma Italien, Arte a diffusé en deux soirées (5h20 de film) sa fresque historique sortie en 1976. Au casting, des paysans d’Emilie Romagne (région natale de Bertolucci), des acteurs italiens, mais aussi Gérard Depardieu, Donald Sutherland, Robert De Niro et Burt Lancaster, entre autres… Le film a été tourné en plusieurs langues et les acteurs français, anglais et américains ont été ensuite doublés par des comédiens italiens. Sans doute Bertolucci avait il une idée précise de qui il voulait dans son film et il s’est donné les moyens de ses ambitions. L’histoire suit les vies parallèles d’Alfredo Berlinghieri (De Niro), héritier d’une propriété terrienne prospère, et d’Olmo Dalcò (Depardieu), enfant batard de la communauté de domestiques qui travaille sur le domaine. Le film commence avec la naissance des deux enfants en 1901, le premier film se penche sur l’amitié qui se noue entre les deux gamins aux origines bien différentes en pleine montée du fascisme. La seconde partie les montre jeunes adultes et hommes murs alors que le destin les sépare à l’aube de la seconde guerre mondiale, Olmo partant alors combattre le fascisme. Le film se termine en 1945 lorsque l’Italie est libérée, au mois d’avril. Ce film m’a passionnée. Il m’a également étonnée, j’y ai vu des scènes (notamment de la nudité infantile) que je pense qu’on ne pourrait plus voir aujourd’hui. Ce film est violent et très émouvant aussi, car dans les hommes on continue à voir les enfants du début du film. Les scènes chorales où les paysans chantent leur résistance sont magnifiques. Encore ici, je vous conseille ce film qui ne m’a pas ennuyée une seule minute alors que j’ai regardé la seconde partie le soir de Noël et que j’étais bien crevée.

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Enfin, j’ai lu un livre que je devais lire depuis des années, depuis mon échange Erasmus à Florence en fait. Il s’agit de « Retour à Montechiarro » de Vincent Engel (auteur belge et professeur à l’UCL), paru en 2001. C’est un hasard ce mois-ci, que j’aie lu ce livre et vu le film de Bertolucci, c’était complémentaire et a aidé le puzzle à s’enrichir dans ma tête. Ici aussi, nous faisons un plongeon dans l’histoire de l’Italie en suivant les protagonistes de la famille Della Rocca sur plusieurs générations : de 1855, jusqu’à 1978, année de l’assassinat d’Aldo Moro. C’est un roman fleuve qui fait 700 pages environs. Certains passages sont si beaux que j’ai noté les numéros de page pour pouvoir les recopier avant de rendre le livre à la bibliothèque. Ici aussi il est question d’amours déchirantes, de l’histoire de l’Italie, mais aussi d’une déclaration d’amour à la Toscane. Montechiarro est un village fictif, mais dans ma tête, j’étais à San Giminiano, je parierais que Vincent Engel aussi. Les personnages féminins sont nombreux, ils résistent et n’existent pas qu’au travers des hommes, ce qui m’a plu. J’ai eu l’impression de lire un classique du 19° siècle, mais sans que cela soit rébarbatif du tout, je ne sais pas comment retranscrire mon expérience de lecture. J’ai eu le cœur retourné par ce livre et je n’ai qu’une seule hâte : retourner en Italie, en Toscane. Cela fait si longtemps…

Voilà pour ce bilan, je me rends compte qu’il est très chargé, mais surtout parce que je suis tombée sur des pépites ce mois ci et que j’avais énormément de choses à en dire. Et vous qu’est ce qui vous a fait vibrer ?

Bilan Culturel de novembre

Bonjour, voici le bilan mensuel, j’essaie de ne pas perdre mes bonnes habitudes. Ce mois-ci j’ai été extrêmement occupée et je suis pas mal fatiguée aussi. Je pense que décembre sera le mois de la lecture et du retour au cinéma. En ce mois de novembre, je n’ai guère eu le temps ni le courage de m’éloigner de l’écran domestique.

A la télévision, j’ai pu regarder :

  • Le documentaire « le psychiatre et l’assassin » qui traite du cas difficile des malades mentaux placés en détention, du risque de passage à l’acte et des croisements entre la médecine et la justice pénale. Ce documentaire prend racine dans l’affaire Luc Meunier qui a pour la première fois vu un médecin psychiatre condamné pour l’homicide commis par un de ses patients. Ce documentaire était diffusé sur France 2.
  • La malédiction de la Vologne, prochainement diffusé sur France 2 (les 5 et 6 décembre), une série documentaire en 5 parties qui retrace la célèbre affaire Grégory Villemin, mystère judiciaire et familial non résolu depuis 1984. J’ai beaucoup aimé cette production car outre les faits rebattus sans cesse, elle a une dimension sociologique. Elle contextualise l’affaire dans ce que le narrateur (Denis Podalydès) nomme « les grandes familles de la Vologne » et le monde des ouvrier du textile, terreau fertile pour les jalousies et les rancoeurs. Des comédiens sont engagés pour dire les pv d’audition, c’est bien monté, pas kitsch du tout et pour s’y retrouver, un arbre généalogique reliant les protagonistes de façon lisible nous est présenté à diverses reprises. Chacun se fera son idée et le documentaire n’est pas là pour présenter une vérité. Au-delà du fait divers, je trouve qu’il élève le débat jusqu’à expliquer comment ce fait divers est aujourd’hui partie intégrante de l’histoire judiciaire et de celle de la région.
  • Les enquêtes de Vera sur France 3. Cette série fait partie des rares que je regarde encore à la télévision. Sur France 3, je regarde toujours les enquêtes de Vera, Endeavour (les enquêtes de Morse, dont je parle ici), Grantchester et Brokenwood (qui a la particularité d’être néo zélandaise). J’aime toujours autant me plonger dans les mystères de la lande anglaise avec un(e) policier(e) acariâtre aux blessures cachées. Ici l’Inspecteur Chef Vera Stanhope.

Sur netflix, ça a été assez écclectique et j’ai mis du temps à trouver mon bonheur (les suites d’Outlander et de Poldark m’attendent, mais j’aime postposer mes séries fétiches, je n’aime surtout pas ne plus en avoir en réserve). J’ai commencé par Maniac, que j’attendais avec impatience. Pourquoi ? Parce qu’il y a Emma Stone qui transforme en or pratiquement tout ce qu’elle touche, Seth Rogen et que cela parle de santé mentale dans un univers esthétiquement très léché. Eh bien j’ai été déçue et je n’ai pas pu aller au-delà du 4° épisode. J’ai essayé pourtant, mais j’ai détesté. Certes c’est beau, mais on est davantage dans une série d’hommages décalés au cinéma de genre que dans une réflexion sur ce que notre société fait de la souffrance et moi c’est ça que j’attendais. Je ne dis pas que c’est mauvais car manifestement plein de gens crient au génie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion. Peut-être qu’un jour je m’éveillerai en ayant envie de voir la suite, mais ce n’est pas demain la veille je pense.

Ensuite, j’ai achevé la première saison de The good Place dont j’ai parlé dans mon bilan précédent. C’est gentil, ça ne prend toujours pas aux tripes, mais comme je commençais à trouver ça un peu redondant, le final de la saison (qui compte 13 épisodes) nous offre un twist inattendu et sympathique. J’imagine donc que cela va rester la série qui peut m’accompagner durant le sport et le repassage. Si vous avez des suggestions en format court (20-25minutes), je suis preneuse puisque j’ai terminé Grace et Frankie ainsi que New Girl.

Bodyguard (2018) - Netflix Nederland - Films en Series on ...

Enfin, la palme du mois revient à Bodyguard dont j’avais lu le plus grand bien et qui ne m’a pas déçue. C’est l’histoire d’un vétéran de guerre brisé par ce qu’il a vu au front. A son retour, il entre dans la police et, après avoir déjoué un attentat, se voit assigné à la protection de la Ministre de l’Intérieur dont il ne partage pas du tout les positions politiques. Bodyguard est une mini série en 6 parties et son héros est fascinant, une telle intensité irradie de lui. Le personnage ne parle pas beaucoup et ce n’est pas facile de décrypter ce qu’il pense vraiment, mais les émotions sont très violentes. C’est admirablement joué et en plus il a l’accent écossais, ce qui n’est pas pour me déplaire. Il faut le temps de s’y retrouver un peu dans les multiples personnages, mais ça vaut la peine. La série gagne également un bon point pour la représentation de personnages féminins forts. Je n’ai été qu’à moitié surprise lorsque j’ai vu à la fin que Jed Mercurio en était le producteur, tout comme il a produit Line of Duty, un coup de cœur absolu de cette année dont je parlais dans un précédent bilan. Vivement d’autres saisons.

Enfin, en cette fin de mois, j’ai tout de même réussi à terminer un livre. Il s’agit de Reflets en eau trouble de Joyce Carol Oates, une grande romancière américaine que je voulais découvrir depuis un moment. J’ai choisi un roman court parce que j’avais peu de temps et j’ai été surprise car c’est une lecture très originale, même si je ne sais pas si on peut qualifier cela d’exercice de style. L’auteur s’inspire d’un fait divers que je ne connaissais pas, l’accident de voiture de Ted Kennedy en 1969. Cet accident coûta la vie à sa jeune passagère et mit fin à ses ambitions présidentielles. Le roman n’est pas une chronique judiciaire ni politique. L’auteur nous livre en quelque sorte ce qui défile dans la tête de la jeune femme alors qu’elle vit ses derniers instants et que la voiture dont elle ne peut se libérer est engloutie. Comme le dit le 4° de couverture (éditions Babel), c’est « un roman bref et terrible, qui stigmatise le déclin moral, spirituel et intellectuel de la société américaine. Un conte cruel sur la puissance et la naïveté ». Sur ma pile à lire, du même auteur, m’attend Blondie, sur Marylin Monroe. Et vous ? Avez-vous déjà lu Joyce Carol Oates ? Des suggestions ?

Bilan culturel d’octobre

Bonjour,

Après une petite série d’articles sur le style de vie plus simple et les efforts écologiques que je fais, me revoici avec les découvertes culturelles du mois. Je pense que je vais alterner les articles ayant trait à des sujets de société, des réflexions et d’autres davantage axés sur l’art, la littérature et les voyages aussi.

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Tout de suite, le bilan culturel du mois d’octobre. On commence avec les séries :

  • J’ai terminé les 3 saisons disponibles sur Netflix de Poldark et cela reste un grand coup de cœur. J’attends impatiemment la suite et je trouve que l’intrigue parvient à se renouveler en traitant toujours autant des intrigues sentimentales que de la réalité sociale de cette fin de 18° siècle en Cornouailles. Et Ross Poldark est l’un des personnages les plus charismatiques qu’il m’ait été donné de voir sur petit écran. A consommer sans modération pour les amoureux de l’Angleterre et des séries en costumes historiques.

"I would rather fail fighting than throw up my hands and wait for the end."--Ross

  • Dans la même veine, je me suis lancée dans la série Outlander. Le pitch est simple : à la fin de la seconde guerre mondiale, un couple de jeunes mariés anglais se retrouve en Ecosse. En touchant des pierres dressées où se tiennent des rituels ancestraux, Claire, la jeune femme, se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18° siècle, terre de clans qui lutte contre les anglais. Là bas, elle rencontre un séduisant Highlander, mais se retrouve aussi face à l’ancêtre vicieux et sans pitié de son mari du 20° siècle. La série est un peu beaucoup à l’eau de rose et assez sulfureuse, pas mal de scènes chaudes et de scènes sanguinolentes aussi. Les paysages écossais sont fabuleux et la plastique de Sam Heughan également. On est emportés, mais le scénario n’est pas fou fou, l’essentiel de l’intrigue tourne autour du couple qui affronte 1000 dangers et doit les surmonter. Par contre, aucun développement, en tout cas dans la première saison du thème du voyage dans le temps. On apprend au cours de la saison que le personnage de Claire n’est pas le seul à avoir fait cette expérience, mais je reste sur ma faim. Néanmoins, je compte continuer à regarder cette série parfaite pour les longues soirées d’hiver. Par contre sur netflix Belgique, seules deux saisons sont disponibles alors qu’il y en a 4 sur netflix France, quelqu’un connait il la cause de cette injustice ?
  • Sur ARTE, j’ai regardé la seconde saison d’une série danoise qui s’appelle « Les Héritiers» et qui est absolument excellentes pour ceux qui aiment les séries nordiques mais veulent autre chose que des polars ou si vous aimez vous plonger dans les sagas familiales et leurs secrets. La série aborde ici le thème de la fratrie, une fratrie adulte qui se retrouve à gérer le patrimoine de la mère lorsqu’elle décède. Entre l’enfant caché, le père hippie, gentil mais inconsistant, le névrosé dont le père s’est suicidé, celle qui dirige tout et le petit dernier, on peut tour à tour éprouver de l’empathie ou de l’agacement pour chacun d’eux. C’est assez intense (voire violent) émotionnellement, mais j’ai aimé le fait que malgré les conflits et les trahisons, cette famille possède quelque chose de très fort, un héritage familial à la fois lourd et merveilleux qui les unit. Passionnant. A voir s’il y aura une saison 3. Les deux premières comptaient je pense chacune 8 épisodes de 50 minutes plus ou moins.
  • Au rayon comédies à regarder en faisant du sport ou en repassant (doublé en français et d’une durée de 25 minutes plus ou moins), j’ai terminé New Girl, pas trop accroché à Kimmy Schmidt et quasi fini Grace et Frankie. J’ai donc entamé The Good Place, l’histoire d’une jeune femme qui arrive au Paradis (appelé le bon endroit) lors de son décès et à qui l’on explique que c’est un privilège qu’on n’octroie qu’aux gens exceptionnellement bons, altruistes et désintéressés, les autres finissant au mauvais endroit. Le problème c’est que la protagoniste se rend immédiatement compte qu’il y a une grosse erreur de casting, elle qui a mené sa vie de façon égoïste et superficielle. Cependant, par crainte de se retrouver projetée au mauvais endroit, elle va tout faire pour cacher cette méprise et s’atteler à devenir une bonne personne. La série fait le job sans être exceptionnelle. On sourit sans rire aux éclats. Il y a aussi un peu de suspense. Parfait en pédalant ou en repassant des chemises.

Au niveau des lectures, j’ai lu « Les nouveaux monstres » de Simonetta Greggio, qui n’est autre de la suite de « Dolce Vita », dont j’avais parlé ici. Cette lecture m’a énormément plu, mais je suis consciente que c’est sans doute parce que je m’intéresse à l’histoire et que j’ai vécu deux ans en Italie. Si le sujet vous tente et que vous aimez comme moi apprendre sans toutefois avoir le courage d’ingurgiter de classiques et/ou fastidieux livres d’histoire, ces romans sont pour vous. Celui-ci s’attache à la période qui va de 1978, l’année de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, et poursuit jusqu’en 2014 en nous contant les années de plomb, le monstre de Florence, la bande de la Magliana et en dénonçant les collusions entre le Vatican, l’état italien et la Mafia. Le tout mis en parallèle avec les secrets de famille des deux narrateurs, le destin national se mêle aux destins personnels des membres d’une famille. Passionnant et extrêmement bien construit.

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Enfin, j’ai assisté à une représentation du « Triomphe de l’Amour » de Marivaux dans une mise en scène du grand Denis Podalydès, le tout dans la magnifique salle du Théâtre de Liège. Tout était réuni pour une soirée d’enchantement : le texte de Marivaux, l’une des plus belles langues qu’il m’ait été donné d’entendre (un peu dur de se faire l’oreille au début, mais en 10-15 minutes on s’habitue et ça coule comme un nectar dans l’oreille), la scénographie qui m’a fait penser au bayou louisianais (mais peut-être juste à moi), le cadre et les acteurs. Si le spectacle passe près de chez vous, courrez-y. Même si vous n’êtes pas fan de théâtre, cela vaut la peine de se risquer à un classique et d’en prendre plein les yeux, juste pour voir si vous n’aimez vraiment pas ça. Moi en tout cas, c’est pour des moments comme cela que j’ai l’impression que la vie vaut d’être vécue, magiques et hors du temps.

Et vous qu’est-ce qui vous a distrait ou fait rêver?

Bilan culturel août/septembre (séries only)

Bonjour,

Me revoici avec un bilan culturel qui va couvrir deux mois. J’ai eu la flemme d’écrire et pourtant j’ai beaucoup vu et lu. Les longues soirées étouffantes d’été ont été passées à lire dehors et à visionner des séries jusqu’assez tard en aérant chez moi lorsque j’étais en vacances. Je ne vais pas m’étendre ici sur tout ce que j’ai pu découvrir, il y a des choses assez dispensables.

Dans ce rayon, je rangerai quelques fictions policières en format mini série (6 à 8 épisodes) : le huis clos « Le chalêt » trop prévisible, « La forêt », l’espagnol « the invisible guardian » sympathique mais pas ouf non plus et le très-moyen-bien-que-British « Paranoid » où le personnage incarné par Indira Varma (la Zoé de Luther) m’a assez vite insupportée. Ensuite, un peu mieux il y a eu Safe avec Michaël C Hall sur un scénario de Harlan Coben quand-même. Mais pas de coup de cœur dans la liste ci-dessus.

Parmi les séries que je conseille, j’ai terminé (en tout cas ce qui était disponible sur netflix) :

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« Lovesick » et là j’ai vraiment été conquise, mon petit cœur a fondu pour leurs aventures. Je ne sais pas s’il y aura une saison 4, je pense qu’elle n’est pas nécessaire, mais c’était trop couuuuuurt !

  • « New Girl » : la série qui pour moi est quasi un nouveau Friends ou HIMYM. Ca donne envie de vivre en coloc et c’est extrêmement drôle. Les personnages sont bien caractérisés sans être outranciers et le dosage de comique et de sensibilité est toujours extrêmement bien balancé. I love it. Vivement la saison 7 qui sera je pense la dernière.
  • « Line of Duty » : coup de cœur majeur pour cette série de la BBC une fois de plus. J’ignore pourquoi la première saison n’est pas disponible sur netflix. Il n’y a que la 2 et la 3 (la série est toujours en production). Ce n’est pas nécessaire pour comprendre, mais référence y est faite et la série est tellement excellente que c’est rageant d’en perdre une saison. Plongée dans la police des polices, dans la traque aux flics véreux. Il y a de l’action, mais pas que. La particularité et atout majeur de cette série, ce sont les magistrales scènes d’interrogatoire et de contre interrogatoire qui sont des bijoux de suspense. Le spectacteur sait pas mal de choses, mais on ronge tout de même son frein en se demandant comment cela va tourner et les acteurs sont vraiment très bons. A voir absolument.

J’ai également entamé/terminé partiellement :

  • Poldark : là encore gros coup de cœur. Cette série historique remplace un peu Downton Abbey dans mon cœur. Il y a tout pour me plaire : des intrigues, de la romance, l’Angleterre de 1780 et un héros hyper charismatique, Ross Poldark, socialiste dans l’âme alors qu’il est bien né. Il joue un soldat britannique de retour en Cornouailles après la guerre d’Indépendance Américaine. Là il se apprend coup sur coup que son amour de jeunesse est sur le point d’épouser son cousin Francis et que son père est mort. Il va faire contre mauvaise fortune bon cœur et faire son possible pour rouvrir la mine familiale, non sans se heurter à de multiples problèmes. Cette série est un remake et une adaptation d’une série littéraire de Winston Graham. Il y a pas mal de rebondissements et quand on se demande ce qui va encore bien pouvoir tomber sur la tête du pauvre Ross, il y a toujours un twist inattendu. De nouveaux personnages sont aussi introduits de temps en temps pour ne pas que l’histoire se répète et accrochez vos cœurs car les scénaristes savent prendre leurs responsabilités et tuer un personnage qu’on aime quand il le faut. Et puis comment ne pas être subjugué par les sublimes plans de la mer et de la campagne des Cornouailles, un paysage et des criques souvent au centre des intrigues.
  • sans-titre
  • Love : ici on est sur du plus léger et un format plus court. Comme son titre l’indique, on est ici sur une comédie romantique, mais du romantisme sans vernis. Ce que j’aime dans cette série, c’est précisément qu’elle n’est pas glamour et nous présente des personnages réalistes, tantôt charmants, tantôt complètement foireux. Le couple est atypique, entre Gus la bonne poire, bien élevé et protecteur et Mickey, une rebelle alcoolique et quelque peu instable émotionnellement. L’angle est aussi intéressant puisque (attention spoiler) l’intrigue ne vise pas à nous faire languir trois ou quatre saisons en attendant qu’enfin ils s’embrassent. Elle nous présente au contraire les écueils que rencontrent les jeunes couples qui apprennent à se connaitre, entre espoirs et déconvenues, moments tendres ou franchement gênants. Et ça marche ! Mention spéciale aux très chouettes acteurs qui campent les rôles secondaires.

Vu la longueur de ce post, je pense m’interrompre ici et réécrire un article dans quelques jours concernant le reste du bilan (visites, livres, films). Je pense que sinon, cela risque de devenir indigeste. J’espère que cela peut vous inspirer pour vos soirées d’automne et n’hésitez pas à me donner aussi votre avis.