Nouvelles de moi(s) à moi, à vous…
Je ne sais pas qui passe encore ici. J’y pense souvent et je culpabilise ne ne pas pouvoir maintenir une régularité ou une ligne éditoriale, mais la vie est ainsi faite. A côté de la routine du boulot, du sport et des obligations « incompressibles », je suis assez cyclique. Tantôt séries, tantôt (et de plus en plus) livres. Tantôt sorties, journées sur les chemins, tantôt casanière, siestes en pleine journée. Et puis le théâtre, qui fout en l’air la routine, qui pousse à délaisser d’autres choses, qui fait vibrer…d’abord une fois par semaine, puis deux, puis des semaines entières, pour finir par des weekends de représentations intenses où tout tourne autour de ces moments de scène, de coulisses, d’after, avec un groupe qui a oeuvré durant de longs mois. Les paillettes de Titania sont désormais derrière moi. Mon costume gît toujours dans le sac dans lequel je l’ai ramené, il ne doit pas sentir très bon. J’ai encore mon texte en mémoire, mais ceux qui font du théâtre savent que ce n’est pas retenir son texte le plus difficile ni le plus merveilleux du théâtre…
Après deux semaines, j’ai récupéré de ma fatigue. Je métabolise l’après coup. Je retrouve une routine. J’ai écrit deux brouillons d’articles (une liste de plaisirs des derniers mois et une liste de chroniques littéraires) que je ne retrouve plus. Je croyais me les être envoyés par mail. Tant pis. Ils deviennent de plus en plus caduques. Je reposte régulièrement sur instagram. J’espère toujours faire une liste des livres lus depuis le début de l’année. Et axée sur mes coups de coeur. Les critiques, les résumés, internet en regorge. Ce que je cherche à transmettre c’est ce qui m’a marquée, ce qui m’a émue, ce qui pourrait vous/nous venir en aide dans certains des livres que je lis. Je prépare de nouveaux ateliers de bibliothérapie créative. Pour la bibliothèque de Visé, bientôt à Liège aussi j’espère. Comment trouver sa place? Comment trouver refuge? Comment résister face à un monde qui se dérègle? Comment tisser des liens qui nous construisent et nous accompagnent? Ce sont des thèmes qui reviennent souvent, qui me tiennent à coeur et auxquels mes lectures font souvent écho… Je devrais peut-être faire des listes de titres…mais ce qui me convient à moi ne résonnera pas de la même manière chez tout le monde. Là est la beauté de l’échange en groupe de bibliothérapie.
J’ai repris l’écriture aussi. J’écris un récit long, avec un début, un milieu, et je suppose une fin, que je n’entrevois pas encore. Après des années à avoir l’impression de ne rien avoir à raconter et surtout la certitude que tout a été dit mieux que je ne pourrai jamais le dire, je me suis lancée dans l’écriture d’un roman. D’un roman que j’écris pour moi. Mais quand j’en lis des passages à voix haute, je me dis que c’est quand même pas mal. J’abandonne l’idée d’avoir l’idée géniale, l’ambition de plaire au plus grand nombre, le syndrome de l’imposteur qui me dit que je ne suis pas à ma place. J’écris pour donner un contour à mes pensées, pour nourrir ma résilience et conjurer mes peurs profondes. J’écris aussi et avant tout avec plaisir, le plaisir d’avancer, d’ordonner, de dessiner, d’aborder les thèmes que je veux, comme je le veux, de formuler dans une histoire ce qui me tient à coeur, de créer la narration que j’aimerais lire. Pour le moment c’est le foutoir car j’écris par à coups, le style est inégal, le fond n’est pas toujours cohérent. Peu importe, tant que cela veut bien jaillir, je ne bride pas l’inspiration. L’élagage, la réécriture, les décisions, ce sera pour plus tard. Je me laisse le temps. Je n’ai pas de business plan ni de délais. Je sais juste qu’au printemps, je voudrais prendre une pause dans ma carrière et avancer là dessus. Pas une pause de six mois, mais plus que les 25 jours de vacances annuels, qui me semblent un minimum pour me reposer, partir une fois en vacances et dont je garde toujours quelques unités pour les semaines de représentations et les fêtes de fin d’année.
Alors voilà, c’était des nouvelles de moi à moi, de moi à vous qui avez tenu jusque là. Que je connais ou pas. Sinon je continue le sport, j’ai décoré chez moi pour l’automne. J’aimerais étirer, diluer cette saison qui me plait, mais je nous sens déjà toustes précipité.e.s vers Noël. Je lis goulument. Je viens de passer un weekend fait de balades et de nourriture réconfortante. Je tapote sur ce clavier avec la satisfaction de voir mes ongles nouvellement vernis. J’ai recueilli deux petits chats qui se retrouvaient à la rue. Ils sont en famille d’accueil chez mes parents. Je vais en adopter un. Deux si le second ne trouve pas de famille. Je vais m’arrêter ici. Je pense que finalement la spontanéité ne me va pas si mal…



