Ecologie et minimalisme: pourquoi ces efforts?

Bonjour à tous, je reviens ici avec un petit article motivationnel autour de l’écologie et du minimalisme. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été sensible à l’écologie, la nature, les animaux, le réchauffement climatique. J’ai arrêté très jeune de manger de la viande, bien avant l’engouement actuel pour le végétarisme ou le véganisme. Cependant c’est aussi une période où j’ai beaucoup pris l’avion sans trop me soucier de la planète, Ryanair était alors mon meilleur ami. Par ailleurs, ce n’est que depuis récemment que j’ai un véhicule à temps plein. J’ai longtemps longtemps utilisé les transports en commun pour la plupart de mes trajets. Je prenais aussi beaucoup de bains et me disais que toutes ces heures de train à réduire mon empreinte carbone méritaient bien cette petite récompense. Bref, j’y pensais sans faire de mon mieux. Aujourd’hui non plus, je ne fais pas de mon mieux. Faire de mon mieux signifierait reprendre le train et perdre parfois 45 min/1h à attendre parce que la SNCB a changé les horaires en 2014 et qu’ils ne matchent plus aussi bien ceux de mon boulot, cela signifierait renoncer pour de bon à l’avion (qui est moins cher que le train, j’ai regardé sérieusement pour aller en Toscane, on se fout de qui ?), cuisiner beaucoup plus notamment mes alternatives végétariennes au lieu de les acheter dans du plastique, renoncer pour de bon aux sodas, n’acheter que des marques éthiques ou en seconde main pour m’habiller, etc… On ne peut pas dire que je ne fais rien, au cours des derniers mois, j’ai entrepris beaucoup de petits changements :

  • J’ai décidé d’acheter plus raisonnablement et de donner-jeter-recycler régulièrement
  • J’ai commencé à acheter en vrac et un peu plus bio
  • Je prends moins de bains, même l’hiver, le sport aide car j’ai parfois davantage envie d’une douche
  • J’avais vachement diminué l’avion déjà, je ne l’ai pas pris pendant 5 ans et j’en reparlerai sans doute, mais je n’ai pas pris ryanair depuis 2011, les autres polluent tout autant mais si je peux éviter le foutage de gueule de l’ultra low cost
  • J’ai cessé de surconsommer des vêtements et suis même restée 4 mois sans en acheter. J’ai racheté un peu (5 pièces je pense au total) aux soldes, mais là je pense que c’est reparti pour une petite interruption.
  • Je choisis les contenants en verre plutôt que le plastique, je n’achète plus du tout de bouteilles d’eau, j’ai des sacs à vrac et des mouchoirs en tissu
  • J’ai pratiquement banni le plastique de ma salle de bain
  • J’utilise des détergents homemade ou écolos
  • J’ai changé de fournisseur d’énergie pour passer au 100% vert

Plus plein d’autres petites choses que je fais maintenant sans y penser et qui sont entrées dans ma routine. Certaines choses me demandent des efforts, d’autres pas du tout. Mon état d’esprit oscille entre deux pôles la plupart du temps.

L’un où je me dis que ce n’est pas assez, où j’en veux aux gens dans les centres commerciaux, aux gens qui prennent l’avion comme on prend le bus, à ceux qui sont pour la croissance à tout prix quand je me dis que la fin du monde est proche et que tout cela est bien dérisoire à côté. J’avais lu cet article (que je vous conseille) qui m’avait assez convaincue et impressionnée où un professeur d’université expliquait qu’il ne prendrait plus l’avion…jamais.

Puis il y a des jours de découragement où je me dis que les avions sont remplis de gens qui vont en voyage certes (et que c’est pas mal non plus dans le fond que des personnes aux revenus plus modestes puissent accéder à ce qui était autrefois un privilège) mais surtout de personnes qui voyagent pour le business et font des vols intercontinentaux pour 48h. Que les déchets plastiques des ménages devraient diminuer, mais qu’ils ne sont rien à côté de ceux des entreprises et qu’ils arrangent les lobbys pétroliers. Bref qu’il ne suffit pas de faire des efforts individuels et d’en vouloir aux autres. Car ces efforts ne sont produits en grande partie par une frange de la population, middle class, bobos, écolos, etc… Que les plus riches n’en ont cure apparemment (même ceux qui sont encore jeunes et vont vivre le réchauffement, même ceux plus vieux qui ont des petits enfants…) et que les plus défavorisés, dont les besoins primaires ne sont pas satisfaits (avoir un toit sur la tête, de quoi manger, des soins de santé, une sécurité…) ne peuvent tout simplement pas avoir la disponibilité mentale pour se soucier de ces enjeux là et que c’est bien normal.

Bref, que sans solution structurelle, qui contraint les entreprises et limite notre pouvoir d’achat de certaines choses, de par des règles claires ou simplement l’arrêt de la production de certaines choses, et bien on ne s’en sortira pas. Je ne parle pas de nivellement économique par le bas, mais si on continue à produire de l’huile de palme, la déforestation se poursuit et on continue à en consommer. Si elle est interdite, les entreprises devront trouver autre chose et on devra consommer autrement. On ne devrait plus avoir le choix. Limiter les trajets en avion, non en les réservant aux plus riches, mais en ayant un capital annuel, triennal, quinquennal, peu importe à ne pas dépasser. Les possibilités sont multiples. Elles demandent un gros travail au législateur et le législateur en bon apôtre de la sacro sainte croissance ne le fait pas. Je vous invite à lire cet article sur les travers de l’hyper responsabilisation individuelle qui résume assez bien ma pensée.

Dans ces jours là, la colère se mêle à la peur, se mêle à la tristesse et à un soupçon de misanthropie. Et pourtant, globalement, j’ai le moral, une vie dont je n’ai pas à me plaindre et je poursuivrai dans mes changements. Pourquoi ? Eh bien parce que cela va au-delà de l’écologie. J’ai découvert que j’étais plus heureuse en simplifiant ma vie et en étant davantage consciente de l’origine de ce que je consomme, des savoirs qui nous permettent de vivre de façon plus autonome et moins destructrice. Cela a commencé avec l’envie de désencombrer chez moi. Je sais que je serai amenée à nouveau à déménager au cours de ma vie et c’est fatigant de déménager. J’ai décidé que le jour où ça arriverait, je ne voulais pas m’épuiser, charrier des choses inutiles et passer ma vie avec des caisses d’objets fantômes qui ne verraient plus jamais la lumière du jour et ne feraient qu’occuper mon espace physique et mental. C’est parti d’un objectif de confort personnel à long terme. Puis j’y ai pris goût, j’ai trouvé ça reposant d’avoir un intérieur moins encombré et de savoir ce que j’avais, de mettre en valeur ce qui me plaisait. Ensuite, j’ai lu pas mal de blogs, regardé pas mal de vidéo youtubes inspirantes et c’est devenu un jeu. L’écologie est venue ensuite, j’ai eu un vrai déclic en allant au Danemark et en regardant (3 ans après tout le monde) le film Demain et sa suite Après demain. J’ai cessé d’acheter des vêtements, j’ai commencé à acheter en vrac, limiter le plastique et écrire mes articles sur les gestes écolos.

Au final, je continue parce que cela m’apporte des bienfaits à moi-même si ça ne sauvera pas le monde :

  • C’est mieux rangé chez moi
  • J’ai réalisé de sacrées économies notamment sur les vêtements
  • J’ai le plaisir de soutenir un commerce un peu plus local (je suis loin d’être au top)
  • Ma peau est plus belle
  • Je me sens plus zen
  • Je m’achète de jolies choses durables que je prends plaisir à réfléchir et choisir
  • Cela libère de l’espace mental pour ma créativité
  • Je sors moins souvent la poubelle (donc je paierai moins de taxes aussi)
  • Je passe moins de temps à faire mes courses

Et, chose la plus importante, même si je ne vais pas plus loin pour le moment (parce que c’est mon choix, je vais à mon rythme, cet entre deux me convient et ces fameux changements structurels je les attends quand-même…), je vis en accord avec ce que je pense. L’une des premières choses que je me souviens avoir apprises en arrivant à l’université, c’est la Théorie de la Dissonance Cognitive de Festinger (je vous invite à lire l’article wikipedia à ce sujet, c’est assez ludique et illustré et moi je trouve cela intéressant) qui dit, en gros résumé, que nous ressentons un état de tension interne lorsque nos valeurs, nos cognitions et nos actes ne sont pas cohérents. Par exemple, savoir que ce n’est pas bon de fumer et le faire quand même. Cette théorie dit que face à cet exemple banal, l’humain va typiquement culpabiliser (la tension interne). Pour s’arranger avec cette situation, il va peut-être tenter d’arrêter de fumer (pour que ses actes soient en accord avec ce qu’il sait). Il peut aussi se mettre à changer ses pensées pour que l’acte ne lui semble plus si néfaste, par exemple se dire « il faut bien mourir de quelque chose », « quand j’ai commencé, on ne savait pas que c’était si mauvais », « si j’arrête, je vais grossir et ça aussi c’est mauvais pour la santé », « je fais du sport alors ça compense ». De cette façon, il réduit la tension interne et retrouve du confort. Nous avons tous tendance à rechercher ce confort mental.

Pour moi c’est pareil avec la surconsommation et la pollution. Je suis désormais trop consciente pour faire comme si de rien n’était. Donc mes petits efforts sont finalement assez égoïstes puisqu’ils me font avant tout du bien à moi.

Voilà, je pense que je peux m’arrêter là, vous avez saisi. Cela me fait du bien de déplier ma pensée et de la mettre noir sur blanc. Peut-être penserez vous que je vais trop loin. Moi je pense que se faire du bien à soi, c’est faire du bien à la société et vice versa. Je suis quelqu’un qui vit autant que possible en accord avec de que je sens, avec mes intuitions et mes idéaux. Je pense que cela ne peut que faire du bien de prendre le temps d’identifier ce en quoi vous croyez, ce qui vous fait grandir et ce qui vous fait du bien sans causer de tort aux autres. Qu’en pensez-vous ? Je serais ravie d’avoir vos avis et de savoir ce que cet article vous inspire. Pour ma part, je continuerai à parler d’écologie et de simplicité sur cet espace virtuel sans que cela de devienne le thème principal. Il se fait que ça a pas mal occupé mon esprit ces derniers mois.  Je ne serai jamais parfaite, je ne vise pas à l’être, ni à faire culpabiliser les gens mais à partager ce qui fonctionne sur moi et à vous donner mes bons plans.

PS : disais un petit article en première phrase, mais il est super long. J’avais besoin de faire le tour de la question.

Les gestes écolos 3: électricité et menstruations

Bonjour à tous, me revoici avec un article écolo. Cela fait plusieurs semaines que j’attends de vous en parler car beaucoup de choses me trottent en tête, notamment en voyant les marches pour le climat, les mobilisations estudiantines, les jolies initiatives et en face, l’immobilisme des politiques qui ne se décident toujours par à limiter le pouvoir des lobbys et à mettre des contraintes aux multinationales qui détruisent notre planète. Je ferai un article là-dessus bientôt, qui parlera de mon point de vue sur la question, pourquoi faire des efforts, de l’espoir et aussi pourquoi persévérer dans cette voie peut être bénéfique à notre vie, même si cela ne change pas la face du monde. Mais j’y reviendrai, il est maintenant l’heure de parler des changements opérés dans ma vie. Ce qui est bien avec ces changements, c’est que ce ne sont pas des efforts, ce sont juste des choses qu’on fait une fois et qui font déjà la différence.

La première chose, c’est que j’ai fait les démarches pour changer de fournisseur d’électricité. J’ai délaissé un fournisseur classique (Essent, qui reste par contre mon fournisseur de gaz) pour confier mon approvisionnement électrique à Cociter (Comptoir Citoyen des Energies). Pourquoi ? Pas pour payer moins…encore une fois, si je comprends que beaucoup de monde doit regarder à chaque euro, j’ai la chance que cela ne soit pas mon cas et ce n’est pas ici le but de la démarche. Ma motivation est multiple :

  • investir dans une coopérative à taille humaine qui donne du travail aux gens ici, où l’on a directement une vraie personne qui répond à nos questions et est à notre écoute en cas de problème. Quel bonheur de ne pas atterrir dans un call center impersonnel après avoir tapé 3 numéros et été mis en attente plusieurs minutes.
  • être assuré que l’entreprise fournit de l’énergie verte et réinvestit dans les énergies renouvelables exclusivement. Car beaucoup de fournisseurs d’énergie dite « verte » réinvestissent tout de même leurs bénéfices dans le pétrole ou le nucléaire. Cociter a une cote de 20/20 chez Greenpeace.
  • Gagner un peu de sous : bon ça, c’est vraiment symbolique, mais pour souscrire un contrat, la coopérative demande que le client investisse en achetant une action auprès d’une des coopératives partenaires. En fait, Cociter redistribue l’énergie fournie par les éoliennes détenues par des coopératives citoyennes. En achetant les actions (dont le prix varie entre 125 et 250€ selon la coopérative), vous permettez aux coopératives de disposer de fonds afin de développer leur activité et grandir. Vous devenez donc actionnaire et chaque année vous êtes donc susceptible de percevoir des dividendes. Ceux-ci varient bien évidemment et sont plafonnés à 6%. C’est logique de plafonner, le but étant ici de pouvoir développer de nouveaux projets éoliens, de fournir une plus grande quantité d’énergie verte et non d’enrichir les actionnaires. Ceci dit, 6%, si on place une petite somme (le max étant je pense 5000 puisque ce sont des entreprises à taille humaine), c’est toujours plus rentable qu’un compte épargne.
  • Pouvoir admirer les éoliennes que je « finance » puisque j’ai acquis une action dans une coopérative située à une cinquantaine de km de chez moi.

Parc éolien de Chîvremont - Coopératives à la carte

Pour toute info supplémentaire, je vous invite à visiter leur site, ainsi que le site de Greenpeace qui vous informeront mieux que moi. Sachez qu’où que vous soyez en Wallonie, Cociter peut devenir votre fournisseur d’énergie. Si vous n’habitez pas cette région, consultez Greenpeace pour des alternatives près de chez vous ou faites une recherche sur internet, j’ai l’impression que ces initiatives se multiplient et ce serait étonnant qu’il n’en existe pas une qui peut vous satisfaire. Pour ma part, j’éprouve une grande satisfaction à l’issue de ce changement. Je me suis en quelque sortie rendue du pouvoir en posant un choix en accord avec mes valeurs. Je vous invite à examiner sérieusement la possibilité d’opérer vous aussi ce changement, que ce soit pour la planète ou parce que vous en avez marre d’enrichir des actionnaires multimilliardaires dans les pays du golfe par exemple.

Passons maintenant à mon second changement. Attention, sujet sensible puisque ce sujet concerne les règles, le sang, le cycle menstruel, les déferlantes, le débarquement des anglais…bref vous avez compris. Pour faire court, je cherchais une alternative aux protections traditionnelles. J’ai toujours détesté les tampons et en plus il y a des merdes fourrées dedans pour les blanchir. Ils en ont fait des bio mais cela ne règle pas le problème du choc toxique ni le problème que je n’aime pas en mettre (mais ça tout le monde s’en fout). Nous avons assisté à l’avènement de la coupe menstruelle. Une bénédiction pour certaines, écologique, économique, durable, bonne pour la santé. Mais cela ne réglait pas non plus le risque de syndrome du choc toxique, lié à la rétention du sang à l’intérieur du corps. Mais bon, c’est déjà super et tant mieux si cela convient à un grand nombre, mais les techniques invasives, toujours pas pour moi. Me restaient les serviettes hygiéniques. Pas de choc toxique, pas de problème d’insertion, mais de la pollution, des déchets, une sensation désagréable au bout de quelques heures, et toujours plein de merdes pour les blanchir parce que c’est bien connu, les règles c’est sale (dixit les marques et la société). Me restait la solution de pratiquer le flux instinctif libre (googlez pour en savoir plus car là, j’avoue que j’ai la flemme), mais j’ai préféré m’extasier sur la nouvelle découverte qu’internet a un jour livrée à mes petits yeux ébahis : la culotte de règles. Oui une culotte et basta. J’ai reçu plein de questions de mes copines, voici quelques réponses :

  • Elle ne sent pas ? NON
  • Elle ne perce pas ? NON
  • Mais c’est un lange ? NON, à peine plus épaisse qu’une culotte classique, et encore, juste au niveau de la zone inondable.
  • On la jette après combien de temps ? Elle est aussi durable qu’une culotte classique
  • Elle absorbe bien ? OUI

J’avais d’abord repéré les culottes de la marque THINX, qui bénéficiaient de bonnes critiques mais il fallait les acheter aux USA et je ne trouvais nulle part d’infos claires et sûres quant aux droits de douanes. Heureusement, après quelques mois d’attente, de recherche et de fréquentation de chaines youtubes ou sites féminins/istes, je suis tombée sur la cousine française de THINX qui s’appelle FEMPO. C’est une marque qui démarre, créée par deux femmes qui ont lancé leur start up à Paris. Je vous laisse vous renseigner sur leur site internet. Pour l’instant il y  deux modèles, la culotte (30€) et le shorty (32€) en noir. Elles sont en train de développer un modèle flux ++ (mais qu’est-ce qu’un flux ++ ? Moi le modèle normal me convient parfaitement, je tiens sans problème 12h, mais je ne pense pas avoir le pire flux du monde il est vrai.

Personnellement, je suis conquise par ce changement, il est même révolutionnaire pour moi. Je me souviens le plaisir que j’avais après plusieurs jours de règles, à retrouver la sensation du coton sur ma peau lorsqu’elles étaient enfin terminées. Eh bien ici, je ne perds jamais cette douce sensation. Pas d’odeur, pas de fuites, je me sens au sec et nette en permanence. Bien sûr elles sont un peu chères (et encore, ça dépend où vous achetez vos sous vêtements, mais si vous aimez la lingerie, 30 euros on y est vite), mais elles seront vite amorties quand on pense aux boites de tampons ou de serviettes qu’on n’achètera plus, aux poubelles de salle de bain qui ne déborderont plus, aux déchets que cela ne génèrera plus, au produits toxiques qui ne seront plus en contact avec notre peau, à la galère que c’était d’avoir ses règles (déjà) et d’avoir oublié de « refaire son stock » (en plus). Bref, un sans faute pour moi. Attention, le service clientèle est un peu lent, mais ici aussi, c’est à taille humaine et c’est un business qui démarre. Je vous conseille d’être généreuse au niveau des tailles pour être à l’aise car les modèles sont assez serrants, mais personnellement, pendant mon cycle, j’aime cette sensation d’être « contenue ». Pour l’entretien, il faut simplement rincer à l’eau froide (jamais chaude) puis mettre à la machine avec vos autres vêtements. J’ai commandé mon troisième modèle, car tourner avec deux est compliqué, mais je pense qu’avec 4 et une bonne organisation, cela suffira. En tout cas, pour moi c’est la liberté retrouvée, l’essayer, ça  été de suite l’adopter !

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Février: retour du less is more…

Février est de façon historique un mois qui ne me réussit pas. Un mois où on est crevé et où il faut travailler au lieu d’hiberner comme on le voudrait. Un mois où on a toujours froid, mais où les lumières de Noël ne nous réchauffent plus le cœur. Le mois où, m’a dit un jour mon médecin, on enregistre le plus grand nombre de débuts de congés maladie de longue durée. Un mois qui précède mars qui est encore si long et si hivernal.

Cette année, j’essaie de prendre février du bon pied. Et d’en faire un mois où je vais pouvoir reprendre mon challenge minimalisme et rangement. Un mois où la neige nous gratifie de sa lumière et pare les arbres moribonds de son élégance immaculée. Un mois pour marcher dans la campagne jusqu’à s’en rougir le bout du nez. Un mois propice à la lecture. Un mois où un jour, à la sortie du boulot, il ne fera pas encore noir. Un mois où prendre soin de soi de l’intérieur en se reposant, en mangeant sainement, en faisant la tournée minérale pour ceux qui ont envie ou doivent freiner leur consommation d’alcool, en écrivant/peignant/dessinant/cousant/cuisinant/étant créatif selon ses envies et talents, en prenant soin de sa peau qui tire, en faisant de jolis projets pour les beaux jours…

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Comme c’est un mois court et que j’ai récemment racheté quelques vêtements en soldes avec une pointe de culpabilité, je pense que c’est aussi l’occasion, avant que les beaux jours reviennent et qu’on ait tous envie de sortir, pour me remettre à un tri chez moi avant le nettoyage de printemps et le changement de garde robe.

Je ne sais pas encore comment je vais procéder, mais je vous invite à me rejoindre. J’avais pensé faire « un jour, un objet » comme je vous en avais parlé ici et , mais ce weekend, j’ai une envie irrépressible de tri alors je vais peut-être juste prendre une caisse et y mettre tout ce que je trouve à faire partir, puis continuer au fil des jours. A la fin du mois, ce qui sera dans cette caisse (il y a aussi des choses qui vont surement partir à la poubelle) sera sans doute donné chez Oxfam. J’y suis allée dernièrement et ça m’a fait un bien fou. Si cela vous dit, je vous propose de me suivre dans ce challenge. A la fin du mois, je ferai un bilan et une liste de ce dont je me serai séparée et je vous invite à faire de même. Vous verrez que c’est addictif. Et puis en février, il n’y a que 28 jours, c’est plus que faisable. Attention, veillez à recycler tout ce qui peut l’être bien sûr.

Bonne chance, je m’y mets de ce pas ! Je vous laisse avec quelques images et citations inspirantes…

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La liste des choses accomplies (2018)

J’en ai déjà parlé (ici), mais en fin d’année, plutôt que de (ou en tout cas avant de) prendre des bonnes résolutions, j’aime faire la liste de toutes les choses que j’ai accomplies durant l’année écoulée. Mes coups de cœur, mes voyages, mes réussites, mes découvertes…ce qui a fait de cette année une année unique. Cela permet de mettre de la vie sur le temps, de se remémorer les moments importants et de conjurer un peu ce sentiment que j’ai souvent (et je pense ne pas être la seule) que le temps file comme un mauvais courant d’air et que je n’en fais pas assez. J’ai commencé à le faire dans un joli carnet fin 2015, c’est donc la quatrième fois que je m’y attèle. Je vous partage ici ma liste de cette année, ceux qui me connaissent personnellement auront peut-être des ajouts à me suggérer. En 2018, j’ai :

  • Alimenté régulièrement mon blog (grande satisfaction même si peu de gens me lisent, car je procrastinais dessus depuis des années alors que j’aime écrire)
  • Donné une formation à d’autres professionnels avec mes collègues
  • Passé 5 jours à Valence ( j’en parle dans ces articles: 1, 2,3) avec ma maman où j’ai pu revoir N., une amie de longue date
  • Fêté mon anniversaire sous la pré-canicule, avec mes parents au bord de l’eau puis dans mon appartement avec mes amis, deux très bonnes soirées
  • Passé le weekend de l’ascension à la Mer du Nord avec D., S. et S., fait un bon jogging sur place et un tour à Bruges au retour
  • Suivi un cours intensif d’espagnol en mai juin. 10 fois 2h en 5 semaines, niveau B1. Là aussi un projet qui prenait la poussière depuis des lustres…
  • Vu deux magnifiques pièces au théâtre de ma ville
  • Fait un roadtrip au Danemark avec S. Les deux premiers articles concernant ce voyage ici et . J’en ai encore 3 à écrire pour les prochaines semaines.
  • Joué dans deux pièces de théâtre, une reprise de l’an dernier et une nouvelle création. J’en fais une priorité.
  • Cheminé vers le minimalisme et la consommation responsable, vous aurez pu le lire dans de nombreux articles sur ce blog.
  • Continué à aller régulièrement à la salle de sport, 3 fois par semaine la plupart du temps
  • Lu davantage de romans
  • Renoué avec mes visites à la bibliothèque
  • Cessé d’acheter des vêtements depuis la fin août…je ne sais pas combien de temps cette « détox » va encore durer…
  • Changé de fournisseur d’énergie et acquis une part dans une coopérative qui possède ses propres éoliennes. J’en reparle bientôt sur le blog.
  • Economisé régulièrement pour mon compte épargne grâce à la diminution de mes achats surnuméraires ou inutiles.
  • Passé deux jours à Bruges et dormi sur un bateau

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Eh bien ce n’est pas mal ! Ce que je fais aussi, généralement, dans mon carnet, c’est une liste de ce que j’aimerais accomplir dans l’année qui vient, mais aussi en général. Ce ne sont pas vraiment des résolutions, mais des souhaits. En ce qui concerne les accomplissements « généraux », cela permet de voir comment on évolue au fil du temps, si certains projets perdurent, s’il faut y mettre les moyens ou au contraire si ce n’était finalement pas destiné à être une envie qui dure.

Cette année, en ouvrant le carnet, je suis tombée sur la liste de ce que je souhaitais pour 2018, je vous la partage. En 2018, je voudrais :

  • Continuer à faire du sport 2 ou 3 fois par semaine, me muscler et pouvoir faire des sorties de 10km
  • Alimenter mon blog
  • Cheminer vers le minimalisme, la consommation responsable
  • Continuer à apprendre l’espagnol (j’avais commencé sur une appli)
  • Aller en Espagne
  • Lire en italien
  • Garder des traces écrites de ce que je vis.

Deux constats s’imposent :

  1. Cette liste est plus courte que celle des choses accomplies, il ne faut pas se surcharger et il faut laisser la vie nous surprendre
  2. J’ai tout accompli !!! Sans relire cette liste une seule fois durant l’année, il s’avère que j’ai vraiment tout fait, ce qui veut dire que je me connais de mieux en mieux et que ces souhaits étaient durables…

Voilà, j’espère que cet article vous a plu. Cela me fait tellement de bien que je voulais vraiment partager cela avec vous. Je vais aller écrire ma liste de souhaits pour 2019, mais je vais la garder pour moi. N’oubliez pas que souvent le mieux est l’ennemi du bien…

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Noël simple et magique

Le premier article de ce blog parlait de mon amour pour le mois de décembre. J’ai pris quelques jours de congé et j’en profite pour me gâter et écrire quelques billets pour le blog, l’occasion de dire ce que j’aime et peut-être de vous donner quelques idées, que vous aimiez ou non cette période. Pour passer un mois de décembre magnifique, j’aime :

  • Prendre une semaine de congé la première semaine de décembre. Je sais que tout le monde n’en a pas la possibilité et que si vous avez des enfants, vous privilégierez les vacances de fin d’année. Moi ça fait trois ans que je le fais et j’en suis ravie. Je prends le temps et les rues ne sont pas encore bondées. Je garde précieusement ces jours de congé toute l’année. Je préfère travailler quelques jours pendant les fêtes car ce que j’aime c’est l’ambiance de la période et pas le jour en lui-même.
  • Décorer mon sapin et mon appartement. Cette année j’ai acheté un sapin plus petit car l’ancien était trop grand pour ma pièce de vie. Il a déjà trouvé une nouvelle maison. Dans mon optique de désencombrement, je pense me défaire de quelques décorations superflues puisque j’ai fait plus sobre cette année et que j’ai trop de boules. Je ne me refuserai pas une décoration faite par un artisan si je la croise et que j’ai un coup de cœur, une jolie boule de verre par exemple.

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  • Ne pas courir dans les magasins car je ne fais pas de cadeaux pour Noël. Tradition familiale. J’aurai la chance d’en recevoir un de mes parents, mais je n’en demande même pas tant. Ce n’est pas par manque de moyens, c’est juste comme ça et personnellement cela me convient. Certains trouveront cela triste ou incompréhensible. Moi je trouve surtout que cette obligation crée des dettes, du stress et nous fait tomber dans le panneau de la surconsommation. Si vous souhaitez aller vous aussi vers plus de simplicité, offrez des expériences (cinéma, théâtre, massage,…), des choses qui se consomment (biscuits faits maison, vin) et/ou du temps. Le temps c’est de l’argent, mais à quoi sert l’argent ??? Moi ce qui me déprime ce sont les reportages sur les gens qui revendent leurs cadeaux dès le 26 décembre. Bien sûr, chacun ses traditions familiales et il est parfois difficile de s’en affranchir…
  • Ecrire et lire…prendre de l’avance pour mon blog, m’installer sur mon canapé avec des bougies…Il y a dix jours, je suis allée à la bibliothèque près de chez moi et cela m’a replongée en enfance. J’ai trouvé des livres que je voulais lire et la bibliothécaire m’a informée que cette bibliothèque était en réseau avec plein d’autres de la Province, du coup, grâce à ma cotisation annuelle, je peux faire venir à moi quasi tous les livres que je veux.

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  • Ecrire des cartes de Noël à envoyer par la poste. Je ne le fais pas chaque année, mais j’aime prendre ce temps et cela fait souvent plaisir. Ne pas faire de cadeaux matériels ne signifie pas que je n’offre rien, mais j’offre différemment: un goûter, une carte, mon temps…
  • Me promener en voiture ou à pieds dans les villages et admirer les décorations parfois exagérées et pas du tout minimalistes ou écologiquement intéressantes. C’est Noël après tout.
  • Mettre un feu qui crépite ou une playlist jazz d’automne ou de Noël sur mon écran télé via youtube. Ambiance assurée. Ou bien regarder le film de Noël de l’après midi. C’est toujours pareil, mais c’est une douceur nécessaire. Le tout en vaquant à mes occupations.
  • Penser à toutes les choses accomplies durant l’année écoulée. J’en parlais déjà ici, mais plutôt que de (ou avant de) prendre de bonnes résolutions pour l’année qui vient, je vous conseille d’écrire à la main (car cela encre et ancre) tout ce que vous avez fait durant les 12 mois de 2018 : une bonne résolution tenue, un objectif sportif atteint, des vacances, sorties, un moment passé avec un être cher…bref tout ce qui a rempli l’année. Plutôt que de toujours se focaliser sur ce qui reste à faire, cela fait un bien fou. L’occasion de se rendre compte de comment on remplit son temps, si cela nous convient ou non et parfois de revoir certaines priorités.
  • Me promener dans la neige si seulement il finit par y en avoir, espérer voir un rouge gorge, scruter les traces de pattes, admirer le givre sur les branches nues des arbres, rentrer boire un bon chocolat chaud…

Faut-il « trouver » sa vocation? Et comment? (Ted Talk)

Je suis sûre que beaucoup d’entre vous connaissent les ted talks (en français les conférences ted), et pour ceux qui ne connaissent pas, voici l’article qui en parle sur wikipedia.

De temps en temps, j’aimerais vous parler ici d’une ted talk qui m’a intéressée ou inspirée. Le sujet de celle que je veux vous partager aujourd’hui m’a beaucoup touchée personnellement et a mis récemment des mots sur quelque chose qui a été difficile à vivre pour moi pendant des années.

Le titre est « why some of us don’t have one true calling », qu’on pourrait traduire par « pourquoi certains d’entre nous n’ont pas une vraie vocation ». L’intervenante est une jeune femme qui s’appelle Emilie Wapnick et le lien est ici. Cette vidéo m’a fait un bien fou, j’étais face à mon écran et je me disais « mais oui mais oui, c’est ça, c’est exactement ça, tu as tout bon en fait ! ».

J’ai grandi en croyant en Jésus (pas longtemps mais bon…), au fait qu’un jour je rencontrerais « la bonne personne » et que mon futur métier finirait par s’imposer à moi comme une évidence. Comme pour la majorité des gens, ces certitudes ont toutes tôt où tard vacillé et j’en ai été assez déstabilisée. Surtout les deux dernières.

J’étais une très bonne élève, assidue et intéressée par la plupart des matières. Mais plus les années avançaient, plus j’entendais des gens se conforter dans un choix d’études supérieures, se projeter dans une carrière qui leur correspondrait et dont ils étaient certains que c’était « fait pour eux ». Bien sûr, énormément de personnes étaient aussi perdues que moi, mais moi je ne voyais que les premiers. Et je les enviais énormément. Je me demandais pourquoi cela ne m’arrivait pas à moi. Chaque choix envisagé me semblait frustrant et la formation parfaite n’existait pas. Mon estime de moi en a vraiment beaucoup souffert, car mes indécisions me donnaient l’impression de gâcher mon potentiel, moi qui avais toujours « performé » à l’école. J’aurais tant voulu suivre une voie évidente et gravir les échelons un à un jusqu’à atteindre un niveau d’excellence et, même si je ne me l’avouais pas, la reconnaissance des autres.

J’ai fini par faire un choix de dernière minute, en catastrophe, ce qui m’a plongée dans des angoisses et un sentiment d’insatisfaction importants. J’avais d’abord opté pour une formation assez généraliste, des études commerciales, qui me permettaient de toucher à toutes sortes de sujets. Je me suis sauvée de cette école où, clairement, je n’aurais pas été à ma place puisque tout était orienté vers le monde des affaires, la consommation, le profit. Comme vous le savez si vous me connaissez ou si vous me lisez un peu, c’est aux antipodes de ce que je suis (attention, je ne dis pas que toutes les personnes qui font HEC sont comme ça, ni que HEC est une mauvaise formation dénuée d’éthique, c’est juste ce que j’ai ressenti du haut de mes 18 ans, mais je suis sûre qu’on peut faire de très belles choses et s’engager dans un monde plus solidaire suite à des études commerciales). Je me suis ensuite inscrite dans la voie où je suis toujours actuellement. J’ai réussi chaque année d’études sans jamais retrouver le plaisir d’étudier que j’avais avant et en rêvant toujours d’un ailleurs que je ne parvenais pas à identifier. Je ne me reconnaissais pas non plus tout à fait dans mon amphi et toujours à l’heure actuelle, j’ai beaucoup de mal à répondre à la question « que fais tu dans la vie ? » (le small talk c’est si atroce non ?) en me limitant à décliner ma profession.

Heureusement, j’ai fait la paix avec ce parcours et avec moi-même au fil du temps. J’ai développé mes autres passions, je me suis aussi rendue compte que je pouvais amener qui j’étais dans la voie que j’avais choisie et même être assez bonne. Et surtout, ce que je fais est en adéquation avec des valeurs profondes et a un sens pour moi, ce qui me permet de supporter pas mal de choses désagréables et frustrantes liées à ma pratique professionnelle. Si je me suis trompée, ce n’est en tout cas pas lourdement. Si j’avais dû refaire des études ensuite (ce que j’ai entamé, puis abandonné), j’aurais pu faire beaucoup de choses et toujours aujourd’hui, des années après, il me vient régulièrement à l’idée de refaire un master en ci ou en ça en me disant « mais pourquoi ça n’existait pas quand j’avais 18 ans ? ». Mais je ne suis toujours pas fixée sur un sujet. Cela se voir sur ce blog aussi. Cela a sans doute été le cas pour beaucoup d’entre vous aussi et vous verrez pour beaucoup de personnes dans le public de la Ted Talk. Peut-être êtes-vous toujours en quête ? Peut-être vous êtes vous trompé ? Peut-être devez vous vous réorienter ? Mais peut-être aussi n’êtes vous pas si mal là où vous êtes ? Et surtout, je pense que notre réussite et notre talent ne s’exprime pas seulement dans les études et au travail. Nous sommes tellement plus que ça.

Ce sujet ne vous a peut-être pas atteints de la même façon que moi. Je pense que cela a été difficile à vivre aussi parce que toute mon enfance et mon adolescence, je faisais énormément dépendre mon estime de moi de mes résultats scolaires et que « la bonne élève » était une part importante de mon identité. Je me mettais donc une pression énorme pour trouver LA chose qui allait me permettre de continuer à briller et utiliser mes compétences. Je croyais également que c’était ce qui était attendu de moi et que si j’échouais, ce serait une déception pour tous. Je pensais que ceux qui savaient ce qu’ils voulaient faire m’étaient supérieurs. Alors qu’en réalité, mais il faut des années pour le comprendre, je n’étais juste pas comme ça.  Je n’étais pas le genre de fille qui allait subitement éclore en découvrant sa vocation. Mais tout était déjà là, il fallait juste que je l’accepte, que j’accepte de tâtonner, que mon chemin soit sinueux, que tout cela n’était pas grave. Il y a quelques mois, une amie (peut-être te reconnais tu ? surement…) m’a dit (je ne me rappelle plus les mots exacts) que je cultivais mes singularités avec talent. C’est l’un des meilleurs compliments que j’ai pu recevoir.

Je vous laisse avec la vidéo, dites moi ce que vous en pensez et n’hésitez pas à partager l’article ou la vidéo, surtout si vous connaissez des gens qui vivent des choses similaires ou si vous avez des jeunes ou des moins jeunes autour de vous qui doivent choisir une orientation. Vous pouvez aussi la montrer aux parents de ces gens-là. J’espère que cela pourra leur faire du bien autant qu’à moi et les aider à dédramatiser et à être cléments avec eux-mêmes. N’hésitez pas aussi à partager vos expériences ou des conférences TED intéressantes.

Les choses que j’ai cessé (ou que je tente de cesser) de surconsommer

Voici (le début du) vif du sujet. L’an dernier j’ai commencé à trier chez moi et à me dire que j’allais moins acheter. J’en avais parlé ici et . J’ai bien réussi à trier et il faut que je continue. Par contre, j’avoue avoir encore acheté beaucoup de choses. Mais cet été, j’ai fait rénover une partie de l’appartement et je suis partie en vacances au Danemark (un pays assez onéreux pour ceux qui l’ignorent), ce qui m’a coûté une petite somme, mais me satisfait au quotidien (la nouvelle salle de bain) et me laisse des souvenirs de qualité (le Danemark). J’ai donc tenté de reprendre certaines bonnes résolutions après cet « été de la grande vie » et cette fois ci cela marche mieux. Bon c’est tout frais, mais je me dis que l’écrire ici peut m’encourager ! Commençons sans plus attendre :

  • Les vêtements ! Evidemment ! Je n’ai pas un dressing de fou comparé à certain.e.s, mais j’en avais quand même trop. Là cela fait deux mois que je tiens et je vais vraiment tenter d’acheter mois et uniquement pour de gros coups de cœur ou des besoins. Mais beaucoup de choses de l’hiver dernier sont encore en bon état, y compris mes chaussures donc je vais tenter de ne pas me trouver d’excuses. Le bon plan pour moi : avoir supprimé l’appli H&M de mon ipod. C’était le diable ce machin : 50 euros par ci, 40 euros par là…
  • Le vernis à ongles : ça m’est un peu passé tout simplement. J’en ai encore une boite au frigo (oui oui ça se conserve mieux ainsi), mais je n’en achète plus et je sais déjà quelles teintes je ne porte jamais. Je pense qu’un désencombrement va s’imposer là aussi et que je vais m’en tenir à 2 ou 3 basiques, même si je ne vais pas jeter des vernis encore en bon état. Je ne rachèterai simplement pas.
  • Les serviettes en papier : je les kiffe pourtant, j’en achetais à chaque saison ou occasion, mais elles sont à usage unique et emballées dans du plastique. Là aussi, après épuisement du stock, j’aviserai et investirai peut-être dans des serviettes en tissus. Un peu plus de travail pour le colibri J
  • Les cosmétiques : plus précisément les crèmes, j’adore ! Et j’étais très sensible aux flacons et fragrances de gel douche, etc… J’étais même abonnée à la birchbox ! Puis j’ai vu dans envoyé spécial (ou cash investigation, je ne sais plus) que les compos des grandes marques n’étaient pas meilleures que celles de produits vendus en grande surface (ça c’est pour le porte monnaire) et qu’un pourcentage hallucinant du prix de vente finançait les égéries et les campagnes publicitaires (bim !). Du coup, là aussi je finis patiemment et me tournerai vers des alternatives cruelty free et bio. Un de mes projets est de les faire moi-même aussi. Pour ce qui est des gels douche et shampooing, je recharge ou j’achète en vrac, c’est tout à fait possible. Si vous n’êtes pas prêts à passer par là, achetez au moins des grands conditionnements pour produire moins de plastique (et encore une fois épargner).
  • La bouffe : no comment ! Work in progress… Plus d’organisation, moins d’impulsivité.
  • Les livres : bon, je ne surconsommais pas vraiment. J’aime les livres, j’aime lire… Mais je suis retournée à la bibliothèque cette année, notamment pour les guides touristiques du Danemark. Economie de place sur mes étagères et d’argent. Je me suis aussi forcée à donner une chance à plusieurs livres qui m’étaient tombés des mains comme on dit… Et avec les économies réalisées peu à peu grâce à tout ceci, je pense bientôt m’offrir une liseuse. J’adore les livres, mais cela prend beaucoup de place. Par contre, je sais que je craquerai peut-être pour quelques belles éditions qui me feront vraiment plaisir et que je paierai pour ce que je lis. La vie d’artiste et d’auteur est difficile, les best sellers ok, mais il faut que les gens puissent vivre les amis…

Declutter, Simple Living

Bon c’est déjà pas mal pour aujourd’hui il me semble. Si d’autres choses me viennent (surement), je referai un article.

Et vous avez-vous réussi à vous débarrasser d’une addiction de consommation ou souhaiteriez vous le faire ? Comment avez-vous fait ? Quels bienfaits en retirez ou espérez-vous ?

So I start a revolution from my bed…

Les fans d’Oasis capteront la référence. Me revoici suite à mon article qui énumérait la liste impressionnante des choses qui me font peur. Une amie m’a dit qu’elle aurait bien écrit « je suis révoltée » à la place de j’ai peur, elle n’a pas tort.

Suite à l’impuissance que j’éprouvais face à tout cela et à l’impossibilité de mener une vie en accord parfait avec mes valeurs, j’ai cherché de l’inspiration et j’ai notamment entendu parler de l’effet colibri que vous connaissez peut-être. L’idée est de renverser la prémisse qui dit que quoi que l’on fasse, tout ça ne sera jamais qu’une goutte d’eau dans l’océan des problèmes. Le colibri, en plein incendie de forêt, se rend au point d’eau, en prend une goutte et la libère sur le feu. Face à l’incrédulité des autres animaux qui lui disent que tout cela est vain, le colibri répond invariablement « oui mais au moins je fais ma part ».

J’ai décidé de faire ma part aussi, je change peu à peu des choses dans mon quotidien. Je me dis que si chacun choisissait un petit combat, alors ensemble cela ferait beaucoup de gouttes d’eau. Je me mets aussi à en parler autour de moi et j’ai décidé d’écrire une série d’articles d’idées, d’inspirations sur mon cheminement. Ce cheminement est très modeste et je suis loin d’être parfaite, mais si on veut être parfait et légitime en tout, on finit par se trouver des excuses pour ne rien entreprendre. J’espère que vous ne me trouverez pas trop moralisatrice, mais j’ai découvert que j’avais moi-même des comportements tellement absurdes…

yessir...

Dans mon discours, il va être question de temps et d’argent notamment. Je suis guidée par plusieurs convictions assez profondément ancrées en moi :

  • L’argent ne fait pas le bonheur ! Bien sûr, nous avons tous besoin de certaines choses comme un toit, de quoi manger et nous sentir en sécurité et soignés. Mais des études ont prouvé qu’au-delà d’un certain salaire, l’argent cessait d’accroitre le bonheur ressenti et au contraire provoquait du stress (sans doute aussi car gagner beaucoup d’argent implique de travailler beaucoup et dans des environnements stressants).
  • Ce qu’on possède nous possède. Nous sommes rendus esclaves de nos possessions matérielles, que ce soit par le biais de désirs inassouvis et convertis en frustrations, d’emprunts à rembourser et qui peuvent étrangler ou simplement de choses à gérer, nettoyer, organiser en permanence. Et ne parlons pas de quand il faut déménager ou faire une valise. Un de mes moteurs pour changer.
  • Rien ne vaut ni n’achète (ni ne rattrape) le temps passé avec nos proches, les activités qui nourrissent notre cœur et notre esprit et le repos que nous pouvons nous accorder et qui nous permet de jouir davantage de l’instant présent sans être toujours fatigué, pressé ou dans la culpabilité.

Ce sont des convictions, mais cela ne veut pas dire que je suis à l’abri du désir de gagner plus d’argent, de m’offrir de nouveaux vêtements, de remplir mon temps d’activités excitantes. Mais au fond, j’y reviens toujours et je sais que c’est en essayant de vivre en accord avec ces convictions que je me sens le plus heureuse et la moins angoissée.

Mes choix et les changements que j’opère nécessitent parfois un investissement économique et temporel. Je n’y pense pas mais on me demande souvent (quand je parle de ma visite dans un magasin d’achats en vrac par exemple) « mais ce n’est pas plus cher ? ». Ma réponse est « je ne sais pas vraiment et probablement oui ». Il faut arrêter de croire qu’une transition durable peut se faire sans effort et que cela ne nous coûtera pas quelques euros en plus. Il faut se demander ce qui est important pour nous. Pour moi, dépenser quelques euros de plus par ci pas là n’est pas un problème, surtout que par ailleurs j’ai coupé certaines dépenses (dont je reparlerai) qui me laissent au final avec un bilan (moral et financier) où je suis largement gagnante.

La suite bientôt…

Bilan culturel août/septembre (suite et fin)

Bonjour à tous, avant plusieurs articles qui vous reparleront de minimalisme et de simplicité, voici la suite de mon bilan estival. Cet article concerne les films et les livres que j’ai tout de même eu le temps de consommer en plus de la quantité ahurissante de séries que j’ai regardées. Que voulez-vous, je suis une vraie casanière accro à la fiction, quoi que, vous verrez qu’il n’y a pas que de la fiction.

Au rayon lectures, j’ai englouti 4 ouvrages tous bien différents :

  • « Rebecca » de Daphné du Maurier. Un classique de la littérature anglaise écrit dans les années 30 du siècle dernier. J’avais tenté de le lire déjà une fois et plutôt que d’acheter un autre livre, j’ai décidé de lui donner une autre chance. Et il faut croire que tout est une question de timing en ce bas monde car j’ai adoré ! Plus jeune, je lisais des classiques pour le plaisir (et un peu pour paraitre intelligente), et là, ça faisait longtemps que je ne m’attaquais pas à de la « grande » littérature. « Rebecca » commence lentement, mais plus on lit, plus on est accro. L’histoire (transposée au cinéma par Monsieur Hitchcock) est celle d’une jeune fille (dont le prénom n’est jamais révélé) qui, lors d’un voyage dans le Sud de la France où elle est la demoiselle de compagnie d’une dame américaine, tombe amoureuse d’un veuf plus âgé qu’elle. Ce dernier, dont on dit qu’il ne s’est jamais remis de la mort de son épouse Rebecca, lui propose contre toute attente de l’épouser et de s’installer avec lui dans sa fameuse demeure qui s’appelle Manderley, en Cornouailles. Ne vous méprenez pas, ce roman est un vrai thriller, une atmosphère étouffante s’en dégage (lu en pleine canicule estivale, peut-être que cela a contribué à me faire mieux plonger dans l’ambiance) et Daphné du Maurier réussit à faire de Manderley, de ses couloirs et de ses secrets, un personnage à part entière. La langue est magnifique, c’est là aussi qu’on voit la différence entre les grands auteurs et les bons auteurs. J’ai été conquise et je vous le recommande. Quand je lis un classique, j’adore aussi aller en lire les analyses lorsque j’ai terminé ma lecture, pour faire durer le plaisir. Ce roman, en plus du visionnage de la série Poldark, contribue grandement à nourrir une obsession grandissante pour la région des Cornouailles, au top sur ma travel wish list !
  • « La ferme du bout du monde » de Sarah Vaughan : toujours en Cornouailles décidément, mais plus léger. Idéal pour décompresser ou lire en vacances. Ce roman nous plonge dans deux époques et alterne les chapitres qui se déroulent durant la deuxième guerre mondiale et de nos jours dans une ferme de Cornouailles. Dans les années 40, y grandissent ensemble la jeune fille de la famille et des enfants mis à l’abri du chaos londonien qui aident les propriétaires. De nos jours, la petite fille de l’adolescente que l’on suit dans les années 40 s’y réfugie pour se remettre de l’échec de son couple et s’éloigner de Londres. Intrigues sentimentales et récit de la guerre vue de la campagne, espoirs et deuils, un roman assez réussi qui m’a donné envie d’en lire d’autres de l’auteure (malheureusement celui que j’ai trouvé parle d’un concours de cuisine et cela ne m’a pas attirée plus que cela).

Top 10 Views | Best of the Cornwall Guide

  • « Désaxé » de Lars Kepler : Lars Kepler, nom de plume d’un couple de suédois, écrit les meilleurs polars que j’ai lus ces dernières années depuis la saga millénium. Désaxé est je pense le 5ème tome de ce qu’on appelle la saga Joona Linna, du nom de l’inspecteur finlandais qui en est le protagoniste. Dans ce tome-ci, il est à nouveau à la poursuite d’un serial killer. Je vous conseille ces romans autant pour les intrigues originales et bien ficelées qui explorent les recoins les plus effrayants de l’humanité que pour l’évolution personnelle de personnages de Joona Linna et Saga Bauer, les policiers, même si Saga ne fait ici qu’une apparition anecdotique.
  • « Reflets dans un œil d’homme » de Nancy Huston. Nancy Huston est une auteure que j’adore. Elle est Canadienne mais basée à Paris et écrit aussi bien des romans que des essais. Dans celui-ci, elle s’attaque à la théorie du genre. C’est difficile à résumer, mais passionnant à lire. Il ne faut pas avoir peur de s’y attaquer car, sans vulgariser outre mesure, Nancy Huston distille un point de vue nuancé, argumenté et illustré de nombreuses rencontres, exemples, témoignages. Un vrai travail de recherche. Alors les hommes ne peuvent-ils s’empêcher de regarder les femmes et de les désirer ? Au départ, j’ai été un peu ébranlée dans mes convictions féministes, mais je me suis accrochée et ma pensée en est sortie complexifiée et enrichie sans me mettre en porte à faux avec mes valeurs. Très personnel, mais je pense que cette lecture est à mettre entre les mains des hommes comme des femmes.

Quatre lectures très satisfaisantes donc et très différentes. Au rayon films, j’ai vu un documentaire « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Il est sorti il y a déjà deux ou trois ans et je suis à la traine. Ce film, que nombre d’entre vous ont déjà vu, m’a énormément parlé. Je ne vais pas m’étendre ici car j’en reparlerai sans doute plus tard, mais il m’a donné la pêche et je vous conseille à tous de le voir ou le revoir. Je pense lire l’ouvrage lié au film prochainement.

Enfin, je suis allée une fois au cinéma, la première depuis des mois et des mois. Je suis allée voir « Blakkklansman » de Spike Lee qui raconte l’histoire vrai d’un duo de flics (un noir et un blanc) qui font équipe pour infiltrer le Klan au début des années 70. Je ne connaissais pas cette histoire. Le film traite d’un sujet très grave, le racisme envers les afro américains, mais comporte également un côté « buddy movie » et une touche d’humour appréciable. Drôle et révoltant, on se choque de l’accueil de la jeune recrue afro au commissariat, puis à la fin, face aux images des émeutes aux Etats Unis les mois et années passées, on se dit que rien n’a vraiment changé…

Voilà, c’est tout pour ce bilan de deux mois. Ouf c’était long. Si vous avez de bons plans, dites-moi. Surtout en termes de lectures, j’ai envie de relire l’un ou l’autre « classique », des suggestions ?

J’ai peur…

Bonjour, cet article ne sera pas positif, ni réjouissant. Il fera écho où non à des choses qui vous font aussi peur. Il n’est que le début de quelque chose de plus beau j’espère.

J’ai peur des extrémismes. J’ai peur des suprémacistes blancs. J’ai peur de ne pas avoir les mêmes chances qu’un homme parce que je suis une femme. J’ai peur du réchauffement climatique. J’ai peur parce que tout va tellement vite, trop vite. J’ai peur parce que ce n’est plus comme avant. J’ai peur des perturbateurs endocriniens. J’ai peur des banques, des multinationales, du monde de la finance et de l’argent virtuel. J’ai peur des centrales nucléaires. J’ai peur de ne pas assez maitriser certains sujets et de ne pas être légitime pour donner mon avis. J’ai peur du pouvoir de l’argent. J’ai peur de l’extinction massive des espèces animales. J’ai peur de manger le cancer. J’ai peur pour nos enfants, alors que je n’ai pas d’enfant, alors j’ai peur pour les enfants des autres. J’ai peur de consommer en sachant pertinemment que je me fais berner, que j’entretiens un système qui enrichit toujours plus certains, en appauvrit d’autres et nique la planète au passage. J’ai peur des robots. J’ai peur de la disparition de la notion de vie privée. J’ai peur de la course en avant. J’ai peur des gens qui avancent seuls et avec des œillères. J’ai peur de ne pas faire le poids. J’ai peur qu’il soit trop tard. J’ai peur de la dissolution des solidarités… J’ai peur ou je suis en colère, je ne sais plus vraiment.

Le but n’est pas d’en rester là, ce n’est que le prélude à d’autres articles. Cependant, avant de reparler de bonnes résolutions, de minimalisme, de slow living et de citoyenneté, j’éprouve le besoin de parler de tout ce qui me terrifie, de sortir cette boule d’angoisse de moi, de faire l’inventaire de tout ce qui nourrit cette boule que j’ai en regardant le journal, en lisant, en constatant…

Il y a quelques mois, lors d’un weekend aux Pays-Bas, un pays qui me relaxe, j’ai partagé avec deux amies qui se reconnaitront peut-être, mon sentiment d’impuissance face à mon envie de vivre en accord avec mes principes et l’impossibilité dans laquelle je me trouvais, dans laquelle j’entends beaucoup de gens se trouver face à la triple envie/contrainte de consommer à la fois écolo/bio, équitable et durable/local. Ce constat était assez déprimant.

Les mois ont passé et j’ai réfléchi, commencé à écouter et donc à entendre aussi les initiatives positives autour de moi, à en parler avec mes amis, ma famille. Je me suis aperçue que tout de même beaucoup de gens ne s’en foutaient pas et que ça faisait du bien. J’ai commencé à faire attention à certaines choses, puis je suis partie au Danemark, puis j’ai vu avec deux ans de retard le documentaire « Demain » de Cyril Dion et de Mélanie Laurent. Et j’ai décidé d’en faire un peu plus, sans me mettre la pression, mais au contraire pour me sentir mieux. De tout ça, je reparlerai plus tard, bientôt, dans de futurs articles. A venir un bilan culturel, le Danemark, et plus de minimalisme et de consommation responsable.

A bientôt…